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Interviewfranceinfo — L'invité éco (sur Site radio)· 21 janvier 2025 7 minContradictoireFond programmatiqueÉconomie & entreprises

"Si on arrive à construire un équivalent de Nvidia en Europe, nos vies vont être révolutionnées", assure le président de Pasqal

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 80 %Attaque 10 %Défensif 10 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:55Invité politiquePromesse
    « Moi, je m'inscris dans cette vision-là. »
  • 1:19Invité politiqueFait
    « On fait du calcul quantique. Donc c'est l'informatique de demain. »

Temps de parole

  • Invité politique52 %
  • Présentateur48 %

2,7 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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0:01
Présentateur

Bonjour à toutes et à tous, toute cette semaine l'invité éco de France Info est à Davos, petite station de ski suisse où se tient jusqu'à vendredi le forum économique mondial. Des tables rondes, des rencontres, des hommes et des femmes politiques et des chefs d'entreprise venus du monde entier s'y côtoient et vous en faites partie. Oui, Georges-Olivier Raymond, bonjour. Bonjour Isabelle. Vous êtes le président de Pascal, entreprise spécialisée dans l'informatique quantique. C'est votre deuxième Davos. On va revenir dans un instant sur ce que ça apporte comme prise de contact et comme débouché.

Mais tout d'abord, j'aimerais connaître votre état d'esprit concernant le retour au pouvoir de Donald Trump. J'ai rencontré ici beaucoup de patrons qui considèrent que c'est synonyme d'opportunité, que ce sera bon pour le monde des affaires.

0:50
Invité politique

Est-ce que c'est aussi votre sentiment ? Oui, tout à fait. Moi, je m'inscris dans cette vision-là. Quand on est entrepreneur, on voit toujours des opportunités. Et franchement, il y en a. Alors, il montre un peu les muscles, c'est normal. Mais en Europe, on a aussi des muscles à nous de les montrer.

1:06
Présentateur

Vous êtes dans l'univers de la tech. Il y avait tous les patrons de la tech autour de lui, hier au Capitole pour la cérémonie d'investiture, Mark Zuckerberg, Jeff Bezos, évidemment Elon Musk. Si la tech est enthousiaste, vous l'êtes aussi ? Oui, bien sûr.

1:19
Invité politique

Et alors, j'ai prêché pour ma paroisse. On fait du calcul quantique. Donc c'est l'informatique de demain. Et ça marche. La physique quantique, c'est une science quand même qui, depuis un siècle, a toujours tenu ses promesses. Et elle continue à les tenir. Donc ça va marcher.

1:33
Présentateur

Et alors, vous avez commencé à le dire. En même temps, Donald Trump a promis des droits de douane plus élevés pour les produits qui arrivent d'Europe. Vous, vous travaillez beaucoup, Georges-Olivier Raymond, avec les États-Unis. Vous avez même noué un partenariat stratégique avec l'américain IBM. Est-ce que vous craignez un retour de bâton ?

1:52
Invité politique

Non, je ne le crains pas. Et pour revenir sur le partenariat avec IBM, on l'a mis en place à Davos il y a justement un an. Et c'est intéressant de regarder les conséquences que ça a eues. Parce qu'on a été les premiers à faire ça. Et ça a changé vraiment, je dirais, l'écosystème du quantique. Parce que quelques mois après, on a vu d'autres gens de la tech, Microsoft ou Google, avoir la même démarche qu'IBM avec des concurrents directs de Pascal. Voilà, ils l'ont fait après.

2:17
Présentateur

Donc ça montre que c'était une bonne idée.

2:19
Invité politique

Voilà. Et IBM a pris le premier. Et les autres ont pris les numéros 2 et 3.

2:22
Présentateur

Et donc vous pensez que demain, ce genre de partenariat stratégique de deux côtés de l'Atlantique, si chacun montre les muscles, ce sera quand même possible.

2:31
Invité politique

Exactement. On a un autre mot à dire dans cette bataille de tech.

2:34
Présentateur

Alors la présidente de la Commission européenne est intervenue ce matin ici à Davos, Ursula von der Leyen, a appelé les Européens à la responsabilité. Le monde change. Nous devons changer, a-t-elle dit, être plus compétitifs, être dans la course à l'innovation, lancer le chantier de l'union du marché des capitaux. Est-ce que vous vous dites qu'il est temps, effectivement, de passer aux actes ?

2:56
Invité politique

Oui, il est plus que temps. Enfin, ça fait longtemps que c'est discuté. Et la tech, c'est vraiment un moyen de changer notre vie. Moi, j'aime bien dire qu'à Pascal, on a l'ambition d'être le NVIDIA du quantique.

3:06
Présentateur

NVIDIA qui est donc le leader de la carte à puces dans le monde.

3:10
Invité politique

Oui. Et si on arrive à construire un NVIDIA équivalent en Europe, alors que ce soit nous ou un autre Européen, moi je compte vraiment que ce soit nous.

3:17
Présentateur

Enfin, en gros, vous voulez être le plus important, le plus grand, l'incontournable.

3:21
Invité politique

Oui. Et si on arrive à construire un NVIDIA équivalent en Europe, nos vies vont être révolutionnées. C'est des emplois, c'est des entreprises plus performantes, c'est une balance commerciale positive, ça va changer vraiment beaucoup de choses.

3:34
Présentateur

Et donc, il faut quoi ? Il faut plus de capitaux parce que vous, vous avez besoin, comme toutes les startups de la tech, de lever énormément d'argent, énormément de capitaux. Vous avez besoin de ça, vous avez besoin qu'il y ait une impulsion qui soit davantage donnée dans l'innovation. Ça manque vraiment en Europe comme ça existe aux États-Unis ?

3:53
Invité politique

Oui, ça manque un peu. On a encore un marché fragmenté, en fait. Il y a une union, mais ça reste encore très fragmenté, aussi bien sur les capitaux, en fait, que sur la partie, je dirais, plus business, clientèle. Et aujourd'hui, voilà, en Europe, on est mal équipé en fonds d'investissement, par exemple, qui sont capables de se déployer sur des entreprises qui sont encore tech, mais qui ne sont plus non plus au tout début, enfin qui ne sont plus des startups qui commencent à grossir comme Pascal. Et c'est là où on a un peu de... on a des difficultés.

4:20
Présentateur

Et ça fait partie des messages que vous faites passer dans les couloirs lors de vos rendez-vous avec les responsables politiques que vous voyez ici à Davos ?

4:29
Invité politique

Oui, c'est le premier message. Et le deuxième message qui suit, c'est les échelles de temps. Oui. Parce que les gens voient toujours le quantique comme quelque chose de très loin. Alors, il y a une partie qui est très loin, mais il y a une partie qui est aussi très proche. Donc, à Pascal, on suit les deux. On a cette capacité à pouvoir faire les deux en même temps. Mais il ne faut pas oublier le court terme. Le court terme, c'est un marché qui est en train d'émerger. C'est des applications qui pénètrent le monde de l'entreprise.

4:53
Présentateur

Alors, est-ce que vous pouvez nous donner quelques exemples, qu'on sache un peu de quoi vous parlez ?

4:56
Invité politique

Alors, EDF, la distribution d'électricité, c'est un grand problème. Mais voilà, il y a des multitudes de paramètres, des situations à optimiser. On a besoin de plus de puissance de calcul pour y arriver. On a travaillé aussi avec une banque, le Crédit Agricole, pour vraiment optimiser leur portefeuille de risque sur les crédits. Donc, c'est des choses vraiment très concrètes qui impactent la vie de tous les jours. Et je vous dis, c'est en train de se déployer et c'est en train d'arriver. On est à quelques années, deux ou trois ans, des premiers cas d'usage qui font mieux que le classique.

5:25
Présentateur

Alors, c'est votre deuxième année ici à Davos. Si vous y revenez, c'est que vous y trouvez forcément un intérêt parce que ça prend du temps, ça coûte de l'argent. Qu'est-ce que vous venez y chercher ? Des contrats, notamment ? Vous diffusez la bonne parole auprès des gens qui ne connaissent pas l'informatique quantique et notamment ceux du secteur privé ?

5:46
Invité politique

Pour porter la bonne parole, c'est une occasion unique pour parler aux dirigeants des grandes entreprises et souvent les décisions d'investir pour l'entreprise. Dans le quantique, ça passe tout en haut. Davos, c'est une opportunité unique pour ça. En plus, ils sont tous là.

6:01
Présentateur

C'est-à-dire que vous avez vraiment des rendez-vous de haut niveau que vous n'auriez pas par ailleurs ?

6:05
Invité politique

Oui, c'est un formidable accélérateur. Ce matin, j'ai rencontré un haut dirigeant de chez Siemens par exemple. Je peux faire ça qu'à Davos.

6:13
Présentateur

Vous avez noué également un partenariat avec Aramco. Alors, est-ce que vous pouvez me dire un petit peu en quoi ça consiste et qu'est-ce que ça permet à Pascal ?

6:21
Invité politique

Alors, Aramco, c'est une entreprise pétrolière qui a compris que le calcul quantique allait avoir un impact d'ici 2-3 ans. C'est-à-dire qu'elle allait changer la donne, allait faire mieux que le classique. Et en entreprise innovante, leaders de leur domaine, ils veulent être à la pointe. Ils veulent être sûrs de ne pas rater le virage quand il viendra. Donc, ils ont décidé de s'équiper en ordinateur quantique. Ils ont acheté une machine de Pascal. C'est quand même la première fois au monde qu'une entreprise aussi grande achète un ordinateur quantique aussi performant. Ils ont choisi une technologie française. Et c'est vraiment le signal que les entreprises s'engagent dans cette voie-là.

Si Aramco le fait, en fait, ça veut dire que c'est des choix éclairés. Donc, ça veut dire que tout le monde devrait le faire.

6:59
Présentateur

Et donc, vous êtes là, Georges-Olivier Raymond, notamment pour prêcher la bonne parole auprès des décideurs économiques et politiques qui sont ici à Davos. Georges-Olivier Raymond, merci, président de Pascal, invité éco de France Info depuis le Forum économique mondial de Davos où nous sommes donc toute cette semaine. Merci à vous.