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interviewFrance 2 — Les 4 Vérités· 24 juillet 2024 10 min

JO Paris 2024, c'est parti ! - Valérie Pécresse est l'invitée du 24 juillet 2024

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour, je suis Thomas Soto et vous écoutez Les 4V, un podcast de France Télévisions. Bonne écoute. 7h41, c'est l'heure de notre rendez-vous politique, Les 4V, avec Valérie Pécresse, présidente de la région Île-de-France. Bonjour Valérie Pécresse. Bonjour. Et bienvenue dans Les 4V. Vous travaillez sur cette date depuis des années, ça y est, on peut dire que nous y sommes. Première épreuve olympique à partir d'aujourd'hui avec du rugby à 7, du football. C'est la question rituelle un peu générale, mais allons-y.

0:28
Valérie Pécresse

Est-ce qu'on peut dire qu'on est prêt, ça y est, tout est prêt ? Écoutez, on est prêt, on est prêt, tout est opérationnel, tout commence aujourd'hui, puisque vous le savez, on a les premières épreuves, on va avoir le rugby à 7 au Stade de France, on va avoir le football au Parc des Princes. C'est la première fois qu'on va faire 100% de dessert en transport en commun de ces deux grandes infrastructures. Donc hier, évidemment, j'ai fait le check-up de tout. Je suis allée à Orly, je suis allée à la Gare du Nord. Aujourd'hui, j'irai à Roissy, à Saint-Denis-Pléiel. Bref, tout commence maintenant.

1:00
Présentateur

On va parler des transports dans un instant, mais c'est vrai que vous comprenez quand même, allez, peut-être la question de certains parisiens touristes qui ont vu une capitale un peu sous cloche depuis des jours avec certaines terrasses de café qui étaient désertes, des barrières de vent. On est dans une ambiance quand même sécuritaire un peu lourde pour ces Jeux.

1:14
Valérie Pécresse

Oui, je comprends et surtout, je comprends la détresse des commerçants, mais c'est très transitoire. Et puis, ils vont être remboursés au centuple parce que là, on est en train de leur faire une publicité pour l'Île-de-France qui est colossale. Ils vont s'y retrouver. Ils vont s'y retrouver.

1:31
Présentateur

L'un des points sensibles de l'organisation de ces Jeux, c'est l'opération Les Transports en Commun. Vous présidez effectivement Île-de-France Mobilité. Est-ce que vous pouvez nous assurer que le nombre de rats mis en service avec le nombre de conducteurs, bref, que tout sera opérationnel, que vous avez réussi à trouver suffisamment de monde pour assurer des transports corrects ?

1:48
Valérie Pécresse

D'abord, ce qu'il faut dire, c'est que ces Jeux, c'est un grand moment de la révolution des transports. Parce qu'on va ouvrir beaucoup de nouvelles lignes. Ces lignes, elles étaient prévues, mais il y a eu une énergie incroyable pour les ouvrir à temps. Et moi, je voudrais vraiment rendre un hommage très appuyé à tous ceux qui ont œuvré, aux centaines de milieux de français qui ont œuvré pour que ça marche, pour que ça fonctionne. Aujourd'hui, à la RATP, à la SNCF, chez les opérateurs, Société du Grand Paris, tout le monde s'y est mis. Et c'est fantastique. On va enfin desservir Orly en métro. La ligne 14 qui fonctionne. On va avoir le RERE qui va être prolongé jusqu'à la Défense.

On va avoir 400 navettes de bus qui vont faire l'accès au site. Un seul exemple, parce qu'il me tient à cœur, l'accessibilité handicap. Vous savez, on s'était fixé 174 gares accessibles. Là, la SNCF vient de m'annoncer qu'on était à 180 gares accessibles.

2:40
Présentateur

Toutes les nouvelles, effectivement. Mais vous avez suffisamment de conducteurs ? Parce que c'est ça le problème.

2:43
Valérie Pécresse

Et les anciennes qu'on met en accessibilité.

2:47
Présentateur

Est-ce que vous avez eu suffisamment de conducteurs ? Parce que c'est le problème et c'est souvent un métier qui a du mal à attirer ces dernières années.

2:52
Valérie Pécresse

Il y a eu un effort colossal, là aussi, de recrutement des conducteurs. Parce qu'on a eu, effectivement, vous le savez, des problèmes par le passé, l'année dernière. Et nous avons aussi des conducteurs qui viennent de province. Et que nous accueillons. Qui viennent renforcer les effectifs. Absolument, qui viennent renforcer les effectifs. Donc tout ça pour dire que, vraiment, on n'est pas à l'abri d'un aléa sur le réseau de transport. Mais on a 250 plans B qu'on a imaginés. 250 plans B. Donc ce que je dis à tous ceux qui vont venir, téléchargez l'application Paris Transport Public 2024. Parce que cette application vous donnera en direct, en direct, Transport Public GO 2024, c'est Paris 2024.

C'est l'application dans laquelle vous aurez les informations. Si une ligne est congestionnée, il faudra en prendre une autre. Et donc il faut l'application. Et puis prenez le pass Paris 2024. Parce que, comme ça, vous aurez, pardon, je vais dire un gros mot, zéro emmerde. Vous avez votre pass sur votre smartphone, vous avez votre pass téléchargé. Et vous pouvez circuler en illimité sur tout le réseau sans faire la queue au guichet. Et vous pouvez le télécharger avant de venir en Ile-de-France.

3:55
Présentateur

Très bien. Ile-de-France Mobilité qui a mis pas mal d'argent sur la table. En tout cas, quand on critique le plan transport devant vous en Réunion, Valérie Maigresse, ça peut parfois vous énerver, comme on l'a vu dans le documentaire lundi soir des frères Naudet sur France 2. On regarde 8 secondes d'extrait, on en parle juste après.

4:08
Valérie Pécresse

Et puis qu'on dise du bien les transports des JO aussi autour de cette table. Est-ce que je n'ai pas de l'argent pour te faire taper sur la gueule ?

4:16
Présentateur

Le transport bashing, ce n'est pas votre truc, ça ?

4:18
Valérie Pécresse

C'est-à-dire, bon, moi, c'est mon caractère. Quand je dis les choses, je les dis franco. Voilà, j'y vais franco. Mais je n'aime pas trop les coups de poignard dans le dos. Mais la vérité, c'est que c'est vrai que c'est un énorme effort. C'est un effort colossal. Et je ne pouvais pas laisser dire du mal de mes troupes, dire du mal de... Je vous dis, c'est centaines de milliers de personnes...

4:38
Présentateur

Avec la mairie de Paris, parfois, il y a eu des moments de tension dans la préparation de ces jeux.

4:40
Valérie Pécresse

Je veux dire, on se dit les choses avec Anne Hidalgo quand on a besoin de se lui dire. Je ne savais pas que c'était filmé, je ne savais pas que ce serait retransmis. Donc c'était vraiment off. Mais ce qu'elle sait aussi, c'est que quand il s'est agi de défendre la candidature des JO, j'ai toujours été là. Toujours. Et défendre Paris.

4:57
Présentateur

Ce qui est étonnant, effectivement, dans ces JO, Emmanuel Macron l'a dit hier soir, c'est qu'on a réussi à mettre ensemble une présidente de région de droite, une maire socialiste, un président de département de la Seine-Saint-Denis communiste, un président de la République centriste. Et tout le monde a réussi à travailler ensemble. Ça devrait être un exemple pour le pays, peut-être, maintenant.

5:12
Valérie Pécresse

Alors, c'est vrai qu'on a fait un travail formidable et qu'il y a pas mal de dossiers sur lesquels on peut trouver des accords transpartisans. On peut réussir à avoir une dynamique par-delà les frontières politiques. Moi, je le fais très souvent à la région Île-de-France. Quand il s'agit de prendre des décisions en matière d'écologie, en matière de social, on se retrouve tous. Mais les décisions difficiles, ça marche pas comme ça. Et vous savez, les décisions difficiles... Pourquoi ? Parce que quand il s'agit de dire où est-ce qu'on va faire des économies... D'ailleurs, c'était un sujet avec Anne Hidalgo, comment on équilibre le budget des JO.

Moi, j'ai décidé de pas laisser de dette JO aux Franciliens. Bon, et bien, c'était pas tout à fait partagé. Il y en a qui étaient dans le quoi qu'il en coûte, qui disaient mais dépensons, dépensons, puis on verra qui paye à la fin, vous voyez ? Ça, c'est deux conceptions différentes. Les économies, l'immigration, l'autorité, la fiscalité, ça, c'est des décisions difficiles à prendre et pour lesquelles il faut faire des choix politiques, pas administratifs, politiques. Et il y a un clivage droite-gauche encore dans ce pays sur ces genres de décisions.

6:10
Présentateur

Mais malgré tout, faisant nom, en fait, à la situation politique nationale, est-ce qu'on va pouvoir, selon vous, essayer de trouver quand même une coalition avec des gens de droite, des gens de gauche, le centre, pour travailler tous ensemble, malgré les différences et les divergences dont vous parlez ?

6:24
Valérie Pécresse

D'abord, disons que moi, j'approuve vraiment la décision du président de la République de faire une trêve politique pour les Jeux.

6:29
Présentateur

D'attendre la mi-août ?

6:30
Valérie Pécresse

D'attendre la mi-août, parce que là, tout le monde va nous regarder. Il faut qu'on donne le meilleur de nous-mêmes. Il faut qu'on soit totalement unis. Et il faut qu'on soit fiers d'être Français. Voilà. Et il faut qu'on soit derrière nos athlètes, notre maillot, notre drapeau. Donc, pour l'instant, très l'olympique, c'est très important. Mais ensuite, effectivement, il va falloir trouver un gouvernement. Moi, je n'ai pas compris. J'ai écouté avec attention le président de la République. Je n'ai pas compris où il voulait nous emmener, quelle ligne politique il voulait défendre. Et le problème, c'est qu'à un moment donné, il faut une direction, il faut un cap.

Il ne suffit pas de dire, je demande à tout le monde de se mettre ensemble. Ça, c'est un peu la stratégie de la défaut.

7:07
Présentateur

C'est lui qui doit faire nommer quelqu'un et dire, monter une coalition maintenant ?

7:10
Valérie Pécresse

Il faut qu'il nous dise où est-ce qu'il nous emmène. Je vous donne un seul exemple. Enfin, je peux même vous en donner deux. Mais un, le budget 2025. Il va...

7:18
Présentateur

On se prépare en ce moment, normalement.

7:18
Valérie Pécresse

Ben, normalement, il doit être préparé.

7:19
Présentateur

Vous avez terminé du budget.

7:20
Valérie Pécresse

Absolument. Et c'est pour ça que je sais bien que c'est la décision politique par excellence. Qu'est-ce qu'on va dépenser l'année prochaine ? Il faut trouver 20 milliards d'économies. On va les trouver où ? On va faire comment ? Là, c'est des décisions qui sont très politiques et sur lesquelles c'est très difficile. On ne peut pas faire travailler la gauche et la droite sur des sujets comme ça ? Je vous explique. Si, bien sûr, on peut. Mais trouver un accord, est-ce qu'on va y arriver ? Je n'en suis pas du tout sûre parce que je vous dis, quand tout va bien, c'est facile de s'entendre. Quand il s'agit de dépenser l'argent, c'est facile de s'entendre.

Quand il s'agit de prendre des décisions compliquées et le pays a besoin de décisions courageuses. Un deuxième exemple, la réforme des retraites. Aujourd'hui, si vous écoutez le Rassemblement National et le Nouveau Front Populaire, qui sont les rois de la démagogie, ils disent qu'il faut abroger la réforme des retraites. Moi, je suis d'une politique à l'ancienne, vous l'avez comprise. Je dis les choses et j'accepte d'être impopulaire. La vérité, c'est que si on revient sur la réforme des retraites, on va mettre nos retraites en faillite. On n'aura plus de retraites parce qu'on va vivre plus vieux. Tous les pays ont eu le même choix à faire. C'est un choix difficile. Il faut le faire.

8:29
Présentateur

Un dernier mot, Valérie Pécresse, pendant ce temps...

8:31
Valérie Pécresse

Les extrêmes nous mettraient à la faillite.

8:32
Présentateur

Du côté de la gauche, effectivement.

8:34
Valérie Pécresse

Et ils sont majoritaires.

8:35
Présentateur

Ils ont mis un nom, en tout cas hier sur la table. La gauche, Lucie Castex, était économiste de 37 ans. Ils ont quoi ? Ils ont la main maintenant, la gauche ? C'est à eux d'essayer de monter une coalition ? Parce qu'Emmanuel Macron, il a dit, c'est pas une question de nom, on verra plus tard.

8:46
Valérie Pécresse

Le problème, c'est qu'ils ne sont pas majoritaires. Contrairement à ce qu'ils essayent de faire croire.

8:50
Présentateur

Ils sont arrivés en tête, mais ils ne sont pas majoritaires.

8:53
Valérie Pécresse

La coalition du nouveau Front populaire est arrivée en tête, effectivement, de toutes les forces du Parlement. Mais quand il s'agit d'élire un président à l'Assemblée nationale, celui qui a été élu, celle qui a été élue, c'est Yael Brown-Pivet. Ce n'est pas le représentant du nouveau Front populaire. Donc la vérité, c'est qu'ils n'ont pas la majorité. Et l'autre vérité qui me distingue d'Emmanuel Macron, c'est que pour moi, il n'y a pas qu'un seul extrême à combattre aujourd'hui en France. Il n'y a pas que le Rassemblement national. Il y a aussi la France insoumise.

9:21
Présentateur

Oui, il faut l'exclure de toutes les conditions possibles.

9:23
Valérie Pécresse

Moi, je ne suis ni RN, ni France insoumise. Et quand je vois que le nouveau Front populaire s'est soumis à la France insoumise, parce que c'est ça la vérité, aujourd'hui, on le voit bien, je dis qu'il ne faut surtout pas qu'il gouverne la France.

9:37
Présentateur

Merci beaucoup Valérie Pécresse. Belle journée et bon JO, surtout. Ça commence aujourd'hui.

9:41
Valérie Pécresse

Ça commence aujourd'hui pour tous les Français et ce sera une grande fête.

9:44
Présentateur

Merci beaucoup. Merci aussi à Vivien Fonviel pour la traduction en langue des signes. C'était Les 4 V, un podcast de France Télévisions. S'il vous a plu, n'hésitez surtout pas à vous abonner. Vous pouvez également retrouver tous les replays en vidéo sur france.tv.