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interviewEurope 1 — L'interview politique du week-end· 20 septembre 2025 8 min

Reconnaissance de l'État palestinien : «Ce qui s'est passé le 7 octobre est ignoble», rappelle Karl Olive

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:02
Présentateur

Europe 1 Matin Week-end, 6h-9h, Alexis Delaflécher. Et à 8h13, c'est l'heure d'accueillir le deuxième invité d'Europe 1 Matin Week-end. Alexis Delaflécher, vous recevez maintenant Karl Olive, député Renaissance des Yvelines.

0:13
Karl Olive

Bonjour Karl Olive. Bonjour Messieurs-Dames.

0:16
Présentateur

Le Président de la République va donc reconnaître aux Nations Unies, lundi, dans deux jours, un État palestinien. Mais ce qui choque beaucoup de Français, c'est qu'ils veulent faire sans aucune condition. Ma première question est toute simple. Est-ce que c'était vraiment le bon moment pour reconnaître un État palestinien ?

0:31
Karl Olive

D'abord, moi je veux vous dire que je suis favorable à une solution à deux États, Israël et Palestine, car c'est pour moi la seule voie qui est une paix durable. Mais cela peut se faire qu'à certaines conditions, le démentellement du Hamas et la libération des otages. Je crois que cette position lucide, ma position, c'est une position lucide qui reconnaît à la fois le droit des Palestiniens et aussi, évidemment, le droit des Israéliens à vivre en sécurité. Ce qui s'est passé le 7 octobre est ignoble, c'est impensable. Moi, je me suis déplacé une semaine après avec une délégation parlementaire. Je pense avoir été un des seuls Français à m'être déplacé ensuite. Cela a été ignoble.

Mais ensuite, la manière, pour moi, dont a réagi M. Netanyahou, en ne faisant aucun discernement avec des populations palestiniennes qui sont également décimées, je crois que tout cela, il faut que cela s'arrête. Mais à des conditions. J'aurais préféré qu'on ait des conditions et que ce soit adossé à des conditions. Et cette position-là, c'est une position qui est également partagée, notamment, je le regardais tout à l'heure, par un certain nombre de pays d'identité. Je pense aux pays arabes, comme l'Arabie Saoudite, l'Égypte, la Jordanie, le Qatar, la Turquie. On pourrait citer d'autres pays comme l'Australie.

1:47
Présentateur

Renaissance, votre parti, est un partenaire du président de la République. Vous nous dites donc ce matin sur Europe 1 que vous n'êtes pas vraiment sur la même ligne qu'Emmanuel Macron, qui lui, dès lundi, sans condition, va donc reconnaître un État palestinien.

2:01
Karl Olive

Mais vous savez, on est quand même dans un parti quel qu'il soit. On n'est pas des députés gaudillots. Moi, j'ai ma liberté de penser. Je suis sur le terrain. À Poissy, dans les événements, on est aussi concerné par ce ruissellement, par les conséquences directes et indirectes de ce qui se passe. Les synagogues que nous avons à Poissy sont quasiment protégées 24 heures sur 24. J'ai le cœur qui saigne quand je vois cela. Et de la même manière, quand je vois jour après jour les bombardements sur les populations civiles palestiniennes, de la même manière, on ne peut que les condamner.

2:30
Présentateur

Il y a des craintes, justement. Vous savez que lundi, ce sera le nouvel an juif, Rosh Hashanah. Et ça interroge d'autant plus de voir le président de la République reconnaître, alors c'est peut-être un hasard du calendrier, que le président va reconnaître ce jour-là un État palestinien. Il y a beaucoup de Juifs en France qui craignent aussi que cette reconnaissance entraîne un antisémitisme qui est déjà de plus en plus débridé, qu'ils se disent peut-être que ça va continuer à augmenter et qu'on va peut-être franchir encore un nouveau cap avec cette reconnaissance.

D'ailleurs, vous l'avez vu, dans le Figaro, il y a une tribune publiée ce matin avec 20 personnalités de l'animateur Arthur en allant à Charlotte Gainsbourg qui disent au chef de l'État, Monsieur le Président, s'il vous plaît, oui à la reconnaissance d'un État palestinien, mais pas sans condition. Et qu'ils craignent aussi pour la communauté juive qui fêtera lundi, je le rappelle, le nouvel an juif, Rosh Hashanah.

3:21
Karl Olive

Je suis encore une fois, Monsieur le Président, sur cette longueur, c'est-à-dire de reconnaître l'existence de deux États qui ne sont pas l'un contre l'autre, mais plutôt ensemble pour une coexistence de la paix. Mais encore une fois, les pays arabes disent la même chose. Mais c'est vrai, quand je vois les actes antisémites de plus en plus nombreux et d'ailleurs parfois de partis politiques qui sont en fait à la manœuvre et qui alimentent, c'est insupportable. J'ai envie de dire stop. On est dans le bien-vivre ensemble. On doit pouvoir le cultiver. Et c'est encore une fois ce qu'on essaie de faire dans nos collectivités.

Chez nous, à Poissy, on n'a pas de difficultés majeures par rapport à cela. Mais il faut comprendre qu'aujourd'hui, voir des synagogues qui sont protégées, sécurisées 24 heures sur 24, il y a un logiciel qui ne fonctionne pas comme de la même manière, voire parfois des salles de prière qui sont aussi mises à l'index.

4:18
Présentateur

Gérald Darmanin, ministre des missionnaires de la justice, je le rappelle, veut justement, avant ce grand jour de Nouvel An juif lundi, il veut accélérer les choses sur des peines contre ces personnes, ces antisémites qui pourraient sévir en ce lundi. On va revenir en France, Carl Olive, avec des tensions sociales très fortes après la grève de jeudi dernier. Il y a une rencontre qui est prévue entre l'intersyndicale et le Premier ministre. C'est prévu mercredi prochain, mercredi 24 septembre, pour parler du budget 2026. Carl Olive, la pression sur les épaules de Sébastien Lecornu, on peut le dire, elle est maximale en ce moment.

4:54
Karl Olive

C'est le rôle d'un Premier ministre. On a pu échanger avec le Premier ministre et je crois que la politique, c'est un temps long. Et le fait, justement, d'arrêter la verticalité qui assomme ce pays, c'est-à-dire « je décide, vous exécutez », doit cesser. Et encore une fois, les maires de France ne fonctionnent pas du tout de cette manière-là. Les gilets jaunes, quand je propose au Président de la République de venir le voir avec l'association Génération Terrain, Transpartisan, pour lui dire « Président, il faut descendre sur le terrain, il faut aller écouter les Français, non pas en mono et en stéréo », ça a fonctionné.

Donc, moi, je salue la manière, la méthode de Sébastien Lecornu de voir...

5:28
Présentateur

Qui n'arrive pas pour l'instant à convaincre le Parti Socialiste et l'intersyndicale, il est encore très loin de les convaincre également.

5:34
Karl Olive

Alors là, on n'est pas sur l'horoscope. On verra à la fin, au moment de la composition du gouvernement. Mais recevoir les syndicats, les corps intermédiaires, les maires, se déplacer comme il l'a fait sur les différents endroits. Hier soir, M. Lecornu était à Arras, aux côtés de Gabriel Attal. Pour moi, c'est important. C'est important de se mettre autour de la table, monsieur, et d'aller chercher le plus petit commun dénominateur.

5:57
Présentateur

En tout cas, si nouvelle manif, il y a, car on craint à nouveau des débordements. Vous l'avez vu, jeudi dernier, Place de la Bastille, ça m'a fortement interpellé. Et beaucoup de Français, ça a choqué beaucoup de Français. On a vu cette guillotine installer Place de la Bastille avec marqué « si t'es écolo, plante un facho ». Pour moi, c'est un appel au meurtre. Qu'est-ce qu'on fait, Karl-Oliv, face à ce genre de dérive ?

6:17
Karl Olive

On dit que c'est d'une débilité sans nom. On dit que c'est d'une irrationalité.

6:20
Présentateur

Parce que je rappelle que Charlie Coeur, qu'aux Etats-Unis, a été assassiné. À quand, à Charlie Coeur, qu'en France ?

6:25
Karl Olive

Bien sûr, et vous avez raison. Et je pense que la décision du garde des Sceaux, Gérald Darmanin, de demander plus de célérité, de sévérité encore auprès de la justice, va dans ce sens-là. J'ai toujours dit, et y compris à votre micro, que toucher un élu, toucher un enseignant, toucher un pompier, c'est toucher la République, toucher un policier, c'est toucher la République et c'est abîmer la France. Et ce ne sont pas ce que souhaitent les Français. Les Français souhaitent vraiment une réciprocité entre les droits et les devoirs. Les Français souhaitent de la justice et de la justesse sociale. Les Français souhaitent que l'immense majorité vive tranquillement comme ils le font.

Et qu'on fasse la guerre à cette minorité qui pourrit la France.

7:06
Présentateur

Et malheureusement, je le rappelle à Tourcoing, après le lynchage d'un policier de la BAC, malheureusement, quatre des accusés ont été libérés. Une fois de plus, ça c'est difficile à expliquer aux Français.

7:15
Karl Olive

Oui, on aimerait que ce soit sans état d'âme et qu'il n'y ait pas un coup d'essai qui devient malheureusement parfois le coup de trop.

7:24
Présentateur

Il va falloir sévir. Merci beaucoup, Carl Olive, d'avoir été avec nous ce matin en direct dans ce studio d'Europe 1. Je rappelle que vous êtes député Renaissance des Évines et candidat à la mairie de Poissy. Merci d'avoir été avec nous. Merci. Merci.