Catherine Pégard : L'invité du jour du 04/04/2012 dans A La Bonne Heure - RTL - RTL
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 90 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 80 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:22OuverteRéponse directe
C'était une surprise pour vous, alors que tant d'autres avaient postulé à ce poste ?
- 2:08OuverteRéponse directe
Vous avez passé votre vie comme journaliste à observer le pouvoir. Est-ce que c'est facile après de l'exercer soi-même ?
- 3:09RelanceÉludée
Quand on doit sa nomination au fait du prince, est-ce que vous avez eu le sentiment d'un procès en sorcellerie ?
- 3:28OuverteRéponse directe
Vous avez annoncé les orientations de votre règne à Versailles. Notamment, vous allez poursuivre l'action de votre prédécesseur pour rapprocher l'art contemporain du patrimoine historique.
- 4:56OuverteRéponse directe
C'est-à-dire faire des créations, par exemple ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:33Invité politiqueFait
« Moi, je n'avais pas postulé à ce poste. »
- 1:40Invité politiqueFait
« Parce que c'est quand même un honneur de régner sur 60 jardiniers et sur l'ensemble du château de Versailles. »
- 2:36InvitéChiffre
« Il y a six millions de visiteurs. »
- 3:57Invité politiqueFait
« Louis XIV, qui s'entourait des plus grands autour de lui, de la création de son époque. »
- 4:20Invité politiqueFait
« Mais je pense que maintenant que ce pas a été fait, et on peut en discuter, mais je crois qu'il a eu raison de le faire. »
Temps de parole
- Catherine Pégard54 %
- Présentateur44 %
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Je vous présente notre avis. Elle a quitté les ors des palais de la République pour les lambris et les parquets cirés du plus beau château de la monarchie française. Après avoir tenu pendant un quart de siècle ses célèbres carnets au point, elle a effectué un passage au cabinet du président de la République à l'Elysée avant une nomination en forme de sacre. Elle règne aujourd'hui sur 800 hectares de parcs, 60 jardiniers, 11 hectares de toitures, 64 000 m² de salons, 2300 pièces contenant 6000 peintures, 15 000 gravures, 2100 sculptures.
Elle gère un budget de 100 millions d'euros annuels, un chantier de 350 millions sur 17 ans pour restituer la majesté de Versailles et l'offrir à voir au public le plus large. Avec sa méthode rigoureuse qui consiste à rencontrer les gens, les écouter et s'informer avant de décider, elle a réussi à s'imposer comme présidente de l'établissement public du château de Versailles. Elle qui a quitté la maison parisienne de la favorite, la Pompadour, pour le palais des rois. Il vaut mieux être chez le patron que chez sa maîtresse. Avec nous ce matin, c'est Catherine Pégard, notre invitée. J'aime bien cette petite musique. Tous les prêtres sont bons. C'est numéro 1 au top 50.
En tout cas, moi, régné sur 60 jardiniers, ça me laisse rêveuse.
C'est juste les jardiniers qui vous laissent rêveuse.
Moi, c'est tout le monde. Et la voiture, non. Honnêtement, moi. Ça doit bilayer sévère. Cher Catherine, vous avez pris vos fonctions de présidente de l'établissement public du château de Versailles en octobre dernier. C'était une surprise pour vous, alors que tant d'autres avaient postulé à ce poste ?
Moi, je n'avais pas postulé à ce poste. Donc, c'était évidemment une surprise et un honneur aussi. Parce que c'est quand même un honneur de régner sur 60 jardiniers et sur l'ensemble du château de Versailles.
Oui, c'est important.
Et donc, c'était d'abord un honneur. Maintenant, ça devient peu à peu un bonheur au bout de six mois. Puisque je fête avec vous mes six mois à la tête de l'établissement public du château de Versailles. Voilà.
Et vous, Stéphane, pas trop déçu de ne pas l'avoir obtenu ? Moi, je n'ai rien en fait. Je préfère y aller en touriste ou en animateur télé. Parce qu'on a fait beaucoup d'émissions grâce à Catherine aussi. Vous avez passé votre vie comme journaliste à observer le pouvoir. Est-ce que c'est facile après de l'exercer soi-même ?
Ah, ça fait un petit choc quand même. Parce que c'est changé complètement de rôle. C'est-à-dire qu'avant, j'étais... C'est l'envers, carrément. Ce n'est pas l'envers. Je pense que l'envers, c'est lorsque j'étais à l'Élysée. Là, je pense que c'est l'endroit. Mais vous avez monté quelques marches supplémentaires. Et tout le monde vous regarde.
Ah oui. Et puis, il y a du monde.
Il y a du monde.
Il y a beaucoup de... Il y a combien de visiteurs ? Il y a six millions de visiteurs.
Mais d'ailleurs, c'est parfois assez gratifiant. Parce que l'autre jour, j'ai fait un voyage à Pékin et au Japon. Alors, quand vous dites Catherine Pégard, ça laisse tout le monde assez froid. Surtout en Asie, où ils n'ont pas encore eu le temps de savoir que j'existais. Et quand vous dites que vous êtes à Versailles, tout d'un coup, vous prenez 20 centimètres, vous devenez top modèle et ils ont les lumières dans les yeux. Donc, c'est formidable. C'est Versailles. C'est un mot magique. Ça fait rêver tout le monde.
Alors, la tâche, est-elle plus difficile quand... Alors, c'est la seule question un peu quand même problématique. Quand on doit sa nomination au fait du prince, c'est-à-dire au président de la publique, est-ce que... Parce que vous avez eu parfois peut-être le sentiment d'un procès en sorcellerie lorsque vous avez été nommé, alors que vous avez évidemment les compétences.
Comme vous savez, je n'ai pas commenté les critiques lorsqu'elles ont été formulées. Donc, je ne vais pas commencer maintenant qu'elles sont en train de s'atténuer.
Bon, d'accord. Ça ne se passe pas mal. Eh bien, voilà. Le titre qui relance. Retour à l'envoyeur. Bien joué, c'est-à-dire que vous avez annoncé récemment les orientations de votre règne à Versailles. Notamment, vous allez poursuivre... Vous n'êtes pas une coupeuse de tête, en fait. Vous avez gardé tout le monde. Vous avez décidé de poursuivre l'action de votre prédécesseur pour rapprocher l'art contemporain du patrimoine historique. Mais est-ce que vous allez continuer dans ce qui nous apparaissait parfois un peu de la provocation ?
Mais je crois que Jean-Jacques Ayagon a été pionnier en la matière, ou on peut dire qu'il a été continuateur d'une certaine façon de ce qui avait été fait par Louis XIV, qui s'entourait des plus grands autour de lui, de la création de son époque. Oui, des plus grands du moment, en plus. Des plus grands du moment. Je crois que Jean-Jacques Ayagon a installé leur contemporain à Versailles. On peut critiquer le fait de l'y avoir installé par principe. Oui, je savais que M. Nolo allait dire ça.
Mais je pense que maintenant que ce pas a été fait, et on peut en discuter, mais je crois qu'il a eu raison de le faire, parce que ça a attiré à Versailles des publics nouveaux, des visiteurs qui ne seraient peut-être pas venus à Versailles, pas revenus à Versailles, et qui y reviennent pour l'art contemporain. Et moi, je pense que le moment était venu d'approfondir la relation de l'art contemporain avec le patrimoine historique.
Alors, ça paraît une formule comme ça, mais à mon avis, c'est plus profond que ça, parce qu'on peut essayer de faire en sorte que les artistes qui viennent à Versailles viennent pour Versailles, non pas se confronter à Versailles, mais voir en quoi leur œuvre est en résonance avec le château de Versailles aujourd'hui. Et c'est la raison pour laquelle j'ai demandé...
C'est-à-dire faire des créations, par exemple ?
Par exemple, en 2013, puisque c'est l'année sur laquelle j'aurais une influence plus grande. C'est ma première grande année. Oui, c'est l'année le nôtre. Et donc, pour l'année le nôtre, j'ai demandé à Giuseppe Pénone d'être l'artiste contemporain.
J'ai apprécié que ce n'est pas l'année du pâtissier, mais du jardinier du roi. Ce n'est pas le vôtre, quoi. Comme on disait, dans la vérité, c'est le jugement 3. Oui, c'est l'année le nôtre.
Et donc, si je peux finir sur mon Pénone ? Et donc, Pénone, il va venir...
Parce que c'est clair, Stéphane. Je comprends tout. Tu l'as voulu l'appeler. Je vois que je comprends. On a un peu d'autorité.
Voulez-vous qu'on fasse une pause et qu'on prenne après ?
C'est parce que vous m'attendez, alors j'essaie de parler pour occuper le terrain, c'est tout. Donc, terminé, pardon, Catherine, terminé. Non, mais Giuseppe Pénone, en plus, il a travaillé sur un arbre du château de Versailles, foudroyé par la tempête, qu'il avait acheté et qu'il a transformé dans une sculpture. Non, non, il l'a transformé en une sculpture qui sera donc exposée à Versailles en 2013 pour l'année le nôtre. Et je pense que là, on est dans la résonance de l'art contemporain avec ce qui a fait toute l'histoire de Versailles. Et j'essaierai de faire la même chose dans les années suivantes.
Catherine Pégard