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Podcast / conversationC à vous (sur YouTube)· 3 octobre 2023 3 minComplaisantPortrait personnelÉducation & rechercheÉconomie & entreprises

« Des lieux qui disent », livre d’Édouard Philippe - L’Édito de Patrick Cohen - C à vous -03/10/2023

Au micro : Patrick CohenSource d'origine 1 locuteur

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 80 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:00OuverteRéponse directe

    Vous avez lu le livre d'Édouard Philippe, et un mot d'abord sur son titre.

  • 0:04OuverteRéponse directe

    Parce que le livre eut mieux que son titre ?

  • 0:35OuverteRéponse directe

    L'école Michelet de Rouen, que vous avez intégrée en CP, ne suscite donc pas que des souvenirs d'enfance ?

  • 0:55OuverteRéponse directe

    Mais notre invité affirme que ce livre n'est pas un programme.

  • 1:08OuverteRéponse directe

    Vous ne direz donc pas qu'il faut doubler le salaire des enseignants ?

  • 1:26OuverteRéponse directe

    Le chapitre sur l'éducation vous a particulièrement intéressé ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:57PrésentateurFait
    « Il n'y a pas de programme mais il y a des convictions et avant cela des constats détaillés, documentés, chiffrés »
  • 1:15PrésentateurFait
    « Il faut à la fois les augmenter et faire fonctionner l'école autrement. »
  • 2:11PrésentateurChiffre
    « Depuis 40 ans, la France a considérablement augmenté les sommes consacrées à l'éducation de ses enfants. »
  • 2:22PrésentateurFait
    « Plus sensible encore sur celle d'une plus grande autonomie des établissements »
  • 2:55PrésentateurFait
    « Pompidou est le nœud gordien qu'il fallait défaire pour réformer la France. »

Temps de parole

  • Présentateur100 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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Présentateur

Patrick, vous avez lu le livre d'Edouard Philippe, et un mot d'ailleurs d'abord sur son titre. Oui, parce que le livre eut mieux que son titre. Pardon Edouard Philippe, je sais qu'il n'est pas facile de donner envie d'un livre politique par la grâce de quelques mots, mais on voit d'emblée que vous avez renoncé à piquer la curiosité du lecteur par ceux que vous avez choisis, des lieux qui disent, a priori ça ne dit pas grand chose, sauf la paronymie avec des hommes qui lisent, que vous avez publié il y a 6 ans et surtout, mais on ne le sait qu'une fois ouvert, cette façon originale de partir d'un lieu, d'un site ordinaire ou symbolique pour développer une réflexion politique ou sociétale.

L'école Michelet de Rouen, dans le quartier de la Croix-Saint-Pierre, que vous avez intégrée en CP, ne suscite donc pas que des souvenirs d'enfance. Le port du Havre vous conduit à réfléchir à notre politique de transport et d'aménagement du territoire. L'hôpital Charles-Nicolle à Rouen-en-Core aux questions de santé, etc. En somme, vous nous dites à la fois d'où vous venez et où vous voulez aller. Mais notre invité affirme que ce livre n'est pas un programme. Il n'y a pas de programme mais il y a des convictions et avant cela des constats détaillés, documentés, chiffrés, qui invitent davantage à la nuance, à des réponses complexes plutôt qu'à des slogans ou des solutions tranchées.

Vous ne direz donc pas qu'il faut doubler le salaire des enseignants, ce qu'Anne Hidalgo avait mis dans un livre avant la dernière présidentielle, mais qu'il faut à la fois les augmenter et faire fonctionner l'école autrement. Ce n'est pas un programme parce qu'il y a moins de propositions que d'observations, mais le citoyen électeur y trouvera largement son compte. Le chapitre sur l'éducation vous a particulièrement intéressé. C'est de là que vous venez, Edouard Philippe. Deux parents, profs de lettres, professeurs de l'enseignement public comme leurs amis et leurs voisins. Vous avez baigné là-dedans. C'est l'ouverture de votre livre avec ces phrases.

« Aucun sujet n'est plus important que celui de l'école. Aucun ministère ne mériterait autant que celui de l'éducation. Une politique de refondation complète. Aucune politique publique n'est aussi intimement liée au projet républicain. Or, vous faites le constat d'une lente dérive d'un affaissement de notre école dont il faut redouter qu'elle ne se termine en effondrement. » Alors après ces sentences définitives, on pourrait s'attendre à une promesse de révolution. Mais vous n'êtes pas un révolutionnaire.

Vous nous démontrez que le problème de l'école ne tient pas à un manque de moyens, que depuis 40 ans, la France a considérablement augmenté les sommes consacrées à l'éducation de ses enfants. Et vous vous interrogez prudemment sur la question des rythmes, de la formation des enseignants, plus sensible encore sur celle d'une plus grande autonomie des établissements, en sachant que tout ne sera pas réglé à l'école. Notre école est en crise, mais la crise qu'elle connaît n'est pas la sienne. C'est celle de notre société, celle de notre nation. Les amateurs de solutions clés en main en sortiront déçus. Pas ceux qui aiment aller au fond des sujets.

Un mot encore sur les citations aussi nombreuses que prestigieuses. Sur l'éducation, vous convoquez Pagnol, Barès, Jaurès, Gambetta, Péguy, Camus. Mais en conclusion de votre livre, votre référence, c'est Georges Pompidou. Pompidou est le nœud gordien qu'il fallait défaire pour réformer la France. C'était le titre de son livre. Peut-être était-il meilleur que le vôtre. Je parle du titre, pas du livre. Pompidou, ex-premier ministre devenu président, référence et peut-être modèle pour vous. Mais ce sera sûrement dans un autre livre. C'était le titre de son livre.