Eric Zemmour : Mon premier entretien après l’élection présidentielle
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La politique reprend ses droits maintenant sur BFM TV Politique Intérieure. Un scrutin en ligne de mire, les élections législatives. On va en parler avec l'invité exceptionnel de Bruce Toussaint, Éric Zemmour. Bonsoir à tous. C'est en effet la première fois qu'il accepte une interview depuis le premier tour de la présidentielle. Le président de Reconquête, candidat à cette présidentielle, Éric Zemmour. Bonsoir. Merci d'être avec nous pour une heure. On va avoir le temps de revenir longuement sur cette campagne, votre première. On va parler des législatives, bien sûr. On va évoquer le rôle que vous comptez jouer dans les cinq ans qui viennent.
On fera peut-être aussi un bilan personnel pour vous de cette séquence inédite, bien sûr. D'abord ce chiffre. Alors 7,07% des voix au premier tour de la présidentielle. J'imagine que c'est forcément une déception, mais c'est un peu plus que ça aussi. C'est un échec compte tenu de l'ambition que vous aviez affichée. Est-ce que c'est votre échec ?
Bien sûr. Je ne vais pas vous dire que c'est ma grande réussite. C'est évidemment mon échec et ma déception. À la fois, comme vous le dites, au regard de l'ambition que je m'étais proposée. Et pour être tout à fait honnête avec vous, de l'enjeu, de l'enjeu historique. Puisque je ne me lançais pas dans une présidentielle pour un petit objet. Je pense que j'y allais pour l'histoire. C'est-à-dire que je pense que notre pays est vraiment menacé de mort. Je ne faisais pas ça, vous savez, pour jouer ou pour faire carrière. J'avais fait carrière ailleurs et voilà. Donc effectivement...
Et donc que va retenir l'histoire ? Que vous avez été une comète ? La comète Zemmour ?
Alors voilà une bonne question. Vous savez, que va retenir l'histoire ? Est-ce qu'on peut gagner et avoir tort et perdre et avoir raison ? Je veux dire par là que, et c'est la question que vous posez, et je me la pose depuis trois semaines. Est-ce que l'histoire me donnera raison, même si les élections et les électeurs m'ont donné tort ? Ce n'est pas impossible. Vous savez, tout peut arriver. On a l'habitude de dire, la fameuse phrase d'Edgar Ford, on a à grand tort d'avoir raison trop tôt. Moi, je pense déjà qu'il est bien tard.
Juste pour bien comprendre, ça veut dire que depuis trois semaines, vous refaites le match en permanence. Vous essayez de comprendre, d'analyser, et du coup, vous ruminez un peu aussi, pour être honnête.
Oui, bien sûr, on essaye de comprendre, d'on recommence, qu'est-ce qui a marché, qu'est-ce qui n'a pas marché, qu'est-ce qui s'est passé. J'imagine qu'on peut en parler. On va y revenir longuement.
On va y revenir longuement, mais j'aimerais savoir, pour commencer cet entretien, votre état d'esprit. C'est la raison pour laquelle je pose toutes ces questions.
Évidemment qu'on refait le match, qu'on se dit qu'est-ce qu'on a manqué, qu'est-ce qui s'est passé, pourquoi ? Parce qu'ensuite, en plus, si vous voulez, je suis un cas un peu particulier. C'est-à-dire que si j'avais fait sept pour ma première candidature, après tout, il y en a beaucoup, je pourrais me consoler en me disant que j'ai fait plus qu'Alain Madelin, que Jean-Pierre Chevènement, que François Bayrou a fait sept lors de sa première présidentielle. Et que là, je fais plus que tous les vieux partis politiques. Ça ne me console pas, en vérité. Mais, vous voyez, je pourrais me consoler ainsi.
Mais, en revanche, vous avez raison, vu la percée incroyable, je suis monté à 16, 17, 18, en deux fois pourcentage. J'ai été au second tour plusieurs fois dans les sondages. Évidemment, la déception est immense.
Et, encore une fois, on va y revenir longuement, on va revoir des moments forts de votre campagne. Mais, comme ça, le premier diagnostic, est-ce que vous diriez que c'est l'outrance que vous avez payée ?
Ah, je ne pense pas du tout.
Ah, d'accord. Non, vraiment pas, d'abord. Ce n'est pas cette radicalité que certains vous ont reproché, beaucoup même ?
Oui, beaucoup m'ont reproché, mais moi, je ne me sens pas ni outrancier ni radical. Je note, d'ailleurs, que quand c'est la gauche qui est radicale, on lui traisse des louanges et on dit qu'elle gagne, puisque c'est la gauche radicale de Jean-Luc Mélenchon qui a gagné. Pourquoi ? Ça ne serait pas pareil à droite. Et puis, par ailleurs, vous savez, quand vous avez des diagnostics qui sont partagés par deux tiers des Français, vous n'êtes pas radical. Alors, si vous permettez, je vous en prie très précis.
Vous avez dit pendant toute la campagne, les Français sont d'accord avec moi, ils pensent comme moi. Mais ils vous ont dit l'inverse ? Et vous le répétez ce soir ?
Ah, mais vous savez, quand vous avez les deux tiers des Français qui disent que le grand emplacement existe et nous craignons, nous, la France, nous ne sommes plus en France comme d'habitude, comme avant...
Un sondage, une étude de je ne sais quel institut, mais l'élection, c'est un autre moment de vérité.
Parfait d'accord, mais vous avez raison. C'est pour ça qu'ils ont choisi autre chose. C'est pour ça qu'on parle. Pourquoi ça a bifurqué ainsi ? Mais moi, je continuerai à penser que c'est le sujet majeur. Et vous savez, on peut théoriser. Je sais bien que mon échec va satisfaire beaucoup de gens. Tous ceux qui sont contents de mettre la question identitaire sous le tapis. Tous ceux qui pensent que la démographie, la démographie, ne fait pas l'histoire. Moi, je pense le contraire. Et d'ailleurs, si vous voulez, je pense que cette élection ne m'a pas donné complètement tort. Du coup, c'est quoi ? C'est la forme qui a péché ? Ah non, je pense que c'est Poutine.
Si vous voulez, si on refait l'histoire, si vous me permettez, le 23 février au soir, je me couche avec...
C'est la veille de l'invasion.
La veille dans les sondages, je suis à 16,5. J'ai dépassé Marine Le Pen qui est à 16 et j'ai dépassé déjà depuis une semaine Valérie Pécresse qui est à 14. Je suis au second tour. Tous les commentateurs disent, c'est la logique. Emmanuel Macron, d'ailleurs, prépare à m'affronter. Ce sont les bruits qui courent de l'Elysée. Vous les avez les mêmes que moi, évidemment. A l'époque, on ne parle pas d'outrance. On ne parle pas où les mêmes parlent d'outrance, mais pour le déplorer, pour dire que ça va permettre d'arriver au second tour. Et puis, le 24 février, Vladimir Poutine envahit l'Ukraine.
Et là, il se passe un enchaînement absolument imprévisible, qui est que, si vous voulez, les électeurs, mes électeurs, une partie de mes électeurs, se rattachent, se rassemblent, se rameutent, j'allais dire, derrière Emmanuel Macron. Et qu'ensuite, voyant que je décline dans les sondages, voyant que je passe derrière Marine Le Pen, ceux qui étaient venus de chez Marine Le Pen, il y avait à peu près 30% d'électeurs de Marine Le Pen de 2017 qui étaient venus chez moi, craignant la montée de Jean-Luc Mélenchon, craignant que l'un des deux candidats de la droite nationale ne fût pas au second tour, sont revenus vers Marine Le Pen.
Oui, mais j'entends cette théorie qui est assez juste quand on regarde les dates, en effet, et on pourra aussi entendre quelques extraits ensemble tout à l'heure, mais Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen avaient des liens avec la Russie ?
Autrement plus étroits que les miens.
Évidemment.
Moi, je n'ai pas de banquier russe.
Pourquoi eux n'ont-ils pas subi ce que vous définissez ?
Eh bien, je vais vous répondre. Vous vous souvenez, à partir du 24 février, dans les médias, chez nos adversaires réciproques, tout le monde nous met dans le même sac. Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon, Éric Zemmour. Vous vous souvenez de ça ? Et puis, vous avez raison, dans les sondages, je suis le seul à en pâtir. Vous aurez remarqué que Valérie Pécresse, qui dit l'exact contraire de moi, qui dit qu'il faut lutter contre Poutine, qui m'accuse et qui me surnomme Vladimir Zemmour, ou, vous voyez, enfin, peu importe, elle aussi dégringole. Ça ne vous a pas échappé. Pourquoi ? Lourdement. Lourdement. Pourquoi ?
Parce que, en vérité, nous avons en commun un électorat qui a voté Fillon en 2017, qui est plutôt âgé, souvent plutôt bourgeois, et qui, de part et d'autre, a ce qu'on appelle dans la presse l'effet drapeau, c'est-à-dire ce col au président, parce qu'il y a danger, parce qu'il y a guerre. Et nous avons décliné tous les deux, parce que nous avouions un électorat en commun. L'électorat de Jean-Luc Mélenchon, l'électorat de Marine Le Pen n'a pas eu ce réflexe.
Alors, on peut entendre cette analyse. Merci. Pourquoi pas ? Moi, j'ai le sentiment, malgré tout, que vos propos sur les réfugiés ukrainiens ont eu un effet dévastateur sur votre campagne. Lorsque vous dites, je préférerais qu'ils restent en Pologne, plutôt qu'ils viennent en France,
je veux dire, objectivement, beaucoup de gens se sont demandé si vous aviez un cœur. Vous avez remarqué que ça vient après l'intervention de Poutine en Ukraine. Oui, absolument. Donc, s'il n'y a pas d'intervention en Ukraine, il n'y a pas de question des réfugiés ukrainiens.
Là-dessus, on est d'accord.
Maintenant, je ne vais pas éluder votre question avec la chronologie. Vous avez raison de poser cette question. C'est une question qui m'a travaillé moi-même. Moi, mon premier réflexe, si vous voulez, c'est de dire, bon, ils sont européens, ils sont chrétiens. Accordez-moi que c'est ma philosophie, que c'est le discours que j'ai développé depuis des années. Et on peut les accueillir, contrairement aux Africains ou aux musulmans, etc., d'autres civilisations. Et puis, je me dis, oui, mais on va me dire quand même, vous exagérez, M. Zemmour, ce sont des êtres humains. Après tout, s'il y a des massacres en Afrique, s'il y a des massacres au Moyen-Orient, vous ne les accueilleriez pas.
Je me souvenais du petit Hélan et de la photo, la fameuse photo avec cet enfant sur une plage, cet enfant mort, cette photo horrible. Et je me suis contenu. Je me suis dit, ah ben non, il ne faut pas qu'on m'accuse de ça. Donc, je vais dire, pas de réfugiés par principe.
Par souci de cohérence, vous voulez dire, par rapport à votre discours précédent.
Exactement. Et donc, je me suis laissé embarquer là-dedans. Et d'ailleurs... Donc, c'était une erreur. Sans doute. D'ailleurs, vous avez vu, quelques jours après, je corrige, je dis, bon, s'ils veulent venir, parce que je comprends que mon premier réflexe était le bon et que j'ai eu tort de le contenir.
Erreur d'appréciation ? Erreur de jugement sur le coup ? Erreur de... Vous n'avez pas senti ce qui était en train de se passer ?
C'est pas que j'ai... Justement, j'ai senti. Mais je me suis dit, il faut faire attention. Il ne faut pas se laisser embarquer dans ce sentiment, cette passion, vous voyez, légitime et touchante pour ces pauvres gens qui venaient, qui étaient en danger de mort.
Tout ça pour, au final, vous savez combien d'Ukrainiens ont rejoint la France ? 15 000, je crois. 70 000. 70 000. Au maximum, sachant que beaucoup... Il y a 15 000 enfants. 15 000 enfants. Bon, c'est 0,1% de la population française. On est d'accord. Voilà. On est d'accord. Il fallait donc les accueillir ?
Oui, puisqu'ils repartaient, en plus.
Oui. C'est intéressant de discuter avec vous de ce moment qui est en effet probablement le moment de bascule pour votre campagne parce que jusqu'ici, cette campagne, c'était quoi ? C'était la révélation d'un personnage inédit et puis aussi beaucoup de provoques, beaucoup d'outrances. Je reviens à ce mot. Beaucoup de choses qui ont surpris, choqué, frappé les esprits et on a le sentiment que finalement, vous vous êtes un peu enfermé dans cette stratégie.
Je vous assure que ce n'est pas du tout l'analyse que je fais. Alors allez-y. Pardonnez-moi, mais moi, je n'y vois pas d'outrance ni encore moins de provocation. D'abord parce que ça fait 20 ans que je dis la même chose. Donc, il ne fallait pas être étonné. On aurait été étonné si j'avais changé de discours. Accordez-moi que j'ai dit pendant la campagne ce que je disais avant, premièrement. Deuxièmement, vous savez, je vous répète. On peut se disputer pour des sujets économiques. On va en parler, j'imagine. On peut se disputer pour la retraite à 60 ans ou à 62 ans ou à 64 ans. Ce sont des sujets importants. Mais la vie ou la mort de la France, ça, c'est un sujet existentiel.
Et pour moi, il s'agit de la vie ou de la mort de la France.
Et les Français avaient envie que vous leur parliez de pouvoir d'achat. Et c'est là aussi votre erreur. C'est que vous, vous avez mis sur la table un sujet qui vous paraît essentiel. Et les Français vous ont dit « Non, mais nous, ce qui nous intéresse, c'est ça ».
Ce n'est pas mon erreur. Parce que moi, je ne faisais pas campagne pour faire campagne. Je ne faisais pas campagne pour faire carrière. Je faisais campagne pour dire aux Français « La France va mourir. Il y a un conflit de civilisation sur notre sol. Sinon, je n'aurais pas été candidat à l'élection présidentielle ». Donc, ce n'est pas une erreur. Que les Français m'aient dit « Ton sujet, c'est important, mais en vérité, on y pensera plus tard », c'est leur choix historique. Absolument. Et vous savez, les peuples n'ont pas forcément raison. Vous savez... Oui. Mais oui. Vous avez raison seul contre tous. Oui. En 1946, je vous donne un exemple.
Et ne croyez pas que je me compare au général de Gaulle. En 1946, le général de Gaulle dit « Voilà, la 4ème République est un mauvais régime. La question institutionnelle est primordiale. Elle empêche le pays d'être gouverné depuis 150 ans, depuis la mort de Louis XVI. Il faut régler cette question. Il n'est pas écouté. Il s'en va. 12 ans plus tard, on va le chercher pour lui dire « Bah oui, t'avais raison ». C'est tout. Je... Alors une fois... Vous espérez qu'on vient de vous chercher ? Ce n'est pas que j'espère. Parce que si on vient me chercher, ça veut dire que j'aurais eu raison. Et donc, il y aura vraiment le feu à la maison. Mais je pense que oui, j'aurais raison.
Est-ce qu'on viendra me chercher ou pas ? Ça, l'histoire le dira. Mais je pense que j'ai raison. Je pense qu'il y a un vrai conflit de civilisation sur notre soleil. Mais si vous me permettez, l'élection présidentielle, vous pouvez juger qu'elle me donne tort. Au-delà de mon cas personnel. Mais moi, je vous dis qu'elle me donne raison. Et si vous voulez, on peut en parler des résultats de cette élection présidentielle.
Ce que je vous propose, c'est de revenir un peu en arrière et de revoir, allez, cinq grands moments de cette campagne. Et ça démarre, bien sûr, avec l'annonce de votre candidature. Regardez.
Reculez, reculez. Reculez, reculez. L'ancien président de la République a dit lui-même qu'il savait que des terroristes seraient infiltrés parmi les migrants. Il a pris une décision absolument criminelle de laisser les frontières ouvertes. Aidez-moi. Rejoignez-moi. Dressez-vous. J'en appelle à ces militants, à ces cadres, à ces électeurs du Front National qui voient leurs idées végéter dans une opposition stérile depuis des décennies. J'en appelle à ces militants et ces électeurs des Républicains qui en ont assez de voir leurs élus se plier aux injonctions de la gauche et du politiquement correct.
Voilà, quelques-uns des moments forts de cette campagne. Bon, ça a été extrêmement intense. Vous avez vraiment cru, d'ailleurs, que vous alliez être président, sincèrement ?
C'était possible. Tout était possible dans cette campagne, vous l'avez vu. Vous savez, je continue de penser que si j'avais été au second tour, il y aurait eu une autre campagne. On n'aurait pas discuté de la même chose. On aurait discuté d'identité. On n'aurait pas attendu 23h30 pour parler d'immigration et d'identité lors du débat du second tour. Voilà, je pense que le visage de la second tour eût été différent et que la question aurait été posée aux Français. Mais encore une fois, ils auraient peut-être répondu que ce n'était pas le sujet. Mais en tout cas, moi, je pense, oui, que j'avais une chance, en tout cas, d'être au second tour et ensuite, d'affronter Emmanuel Macron.
Et on aurait vu.
Du coup, votre état d'esprit, à nouveau, aujourd'hui, c'est plutôt... C'est quoi ? C'est un sentiment un peu de déprime, voire de dégoût ? Non, mais sérieusement, qu'est-ce qui domine chez vous ?
Ni la déprime, ni le dégoût. L'inquiétude et l'espoir. L'inquiétude parce que je pense sincèrement que la situation est très grave et que, d'ailleurs, je vous dis, le résultat de cette présidentielle le prouve, mais on va développer cette idée. et l'espoir parce que je pense que Reconquête, mon parti, 120 000 adhérents, en six mois, honnêtement, on ne s'est jamais vu dans l'histoire de la Sainte-Armée publique, ce mouvement de jeunes, 20 000 jeunes, dynamiques, chaleureux, enthousiastes, tout cet enthousiasme n'est pas perdu. Donc, nous incarnons avec Reconquête l'espoir de ce pays et l'espoir que la France reste la France.
Alors, si on regarde de plus près vos scores, au premier tour, c'est intéressant, quand même. Très intéressant. La ville, vous faites le plus gros score. Saint-Tropez, 22%, bien connu pour ses problèmes d'islamisme et d'immigration. Grimaud, Bandeul, Saint-Jean-Cape-Ferrat, 21%, Neuilly-sur-Seine, 18%, Versailles, 18%, Paris 16%, c'est la droite, Figaro Magazine, en fait.
C'est vos lecteurs qui ont voté pour vous. C'est marrant, votre ironie, parce que c'est le vieux coup qu'on faisait déjà à Marine Le Pen quand on lui disait « Mais un tel lieu, on vote pour vous alors qu'il n'y a plus d'immigrés ». En vérité, vous savez bien que les Français, et heureusement, votent pour leur pays, c'est-à-dire pour la conscience qu'ils ont de ce qui se passe globalement dans leur pays, pas chez eux. Il ne faut pas exagérer. En plus, justement, dans les banlieues, il y a eu un autre vote. J'espère qu'on va enfin l'aborder. Absolument. Justement. Alors, justement. Alors, je vous réponds d'abord à votre question. Allez-y.
Effectivement, là où vous avez raison, c'est que ce qui est venu à moi, ce qui est resté, parce qu'en vérité, je vous renvoie à l'excellent article de Jérôme Fourquet, vous savez, le grand sondeur dans le Figaro, juste avant le 23 février, qui expliquait très bien la composition de mon électorat. Vous avez raison, les classes populaires du Nord, en particulier, sont restées avec Marine Le Pen. En revanche, les classes, je dirais, les commerçants, les artisans, les indépendants, plus beaucoup d'électeurs de François Fillon, de Saint-Tropez ou du XVIe, une bourgeoisie patriote, est venue à moi. Des gens que Marine Le Pen ne touchait pas et n'a pas touché.
Sauf qu'en moi, je leur ai demandé d'aller voter pour elle au second tour. Je le note. Ces gens-là, c'est exactement ceux que je voulais toucher. Vous me l'accordez. Je dis depuis le début de ma campagne, je veux rassembler l'électorat populaire qui vote déjà pour Marine Le Pen et une bourgeoisie patriote qui ne veut pas entendre parler de Marine Le Pen.
Oui, mais les territoires, Éric Zemmour, les territoires qui sont concernés par les sujets que vous avez mis en avant, ils n'ont pas voté pour vous ? Mais ils ont voté Marine Le Pen ?
Ou Mélenchon ? Attendez, attendez, attendez, ce n'est pas la même chose. Les classes populaires françaises et de ces quartiers-là ont voté pour Marine Le Pen en pensant que c'était mieux parce que son père parlait déjà d'immigration avant elle, que pour eux, le nom Le Pen, ça veut dire la lutte contre l'immigration, etc. quoi que dise Marine Le Pen. Très bien. Je maintiens que moi, j'ai un électorat qui est venu à moi qui n'aurait pas voté Marine Le Pen. Je tiens à le dire. Ce n'est pas négligeable. Maintenant, là où vous avez raison, c'est pour l'électorat des banlieues. Qu'est-ce qui s'est passé dans cette élection ? Venons-en à l'analyse. Allez-y. En fait, il y a eu trois blocs.
Le bloc macroniste, le bloc mélenchoniste et le bloc national. Vous êtes d'accord avec cette analyse ? Bien sûr. À peu près entre 11 et 13 millions d'électeurs pour chacun. Bon. Qu'est-ce qu'il y a dedans ? Le bloc macroniste. En gros, les retraités et les diplômés des grandes villes, des métropoles. Le bloc mélenchoniste. Les musulmans, des banlieues, 69% des musulmans ont voté Mélenchon. Et la jeunesse woke, gauchiste. des universités. C'est un peu plus que ça. Il fait 22% quasiment. Il fait, vous avez vu, dans les banlieues, il fait entre 50 et 65% dans les banlieues islamisées.
Des territoires où il y a malheureusement aussi beaucoup d'abstention, comme vous le savez.
Non, je vous assure. Allez-y. Ça, c'est le deuxième bloc. Non, mais c'est important. Donc, en fait, Mélenchon a concrétisé dans les urnes l'islamo-gauchisme. Islamo-gauchisme. Troisième bloc, le bloc national. Les classes populaires qui, de tout temps, depuis 20 ans, depuis que, vous vous souvenez, le professeur de Sciences Po, M. Perrineau, parlait de gaucho-lepénisme. Ça date de Jean-Marie Le Pen. Donc, les classes populaires qui votaient pour Marine Le Pen. Très bien, elles ont voté pour Marine Le Pen. Et, ma, si j'ose dire, la bourgeoisie patriote qui a voté pour moi. Ça, c'est le bloc national. Qu'est-ce qui se passe aujourd'hui ? Aujourd'hui, Macron a gagné. D'accord.
Sauf que si on voit à 10 ans, à 15 ans, qu'est-ce qui est en vérité qui se cache derrière cette victoire ? Je vous dis, Macron, c'est le vote des retraités. Les fameux boomers. La génération la plus nombreuse de l'histoire de France. Cette génération, elle vieillit. Ce n'est pas leur faire offense que de dire qu'elle est appelée à disparaître à l'horizon 2040, 2050. Qu'est-ce qui va rester ? Il va rester le bloc national et l'islamo-gauchisme. Face à face.
Et... C'est ça, votre pronostic ? Vous pensez qu'à la fin... C'est ça,
ma prophétie, même. C'est inévitable. Et dans ce cas-là, le vote pour Macron aura été, vous savez, le cri de la célèbre comtesse Dubarry quand elle monte à l'échafaud. Encore une minute, M. Lebrot.
Vous avez entendu sans doute ce qu'a dit Robert Ménard dans cette campagne. Il a dit que vous aimiez la France mais que vous n'aimiez pas les Français. Est-ce que les urnes ne lui ont pas un peu donné raison ?
Écoutez, si les lieux communs ont raison, alors sans doute. Mais ce n'est qu'un lieu commun. On disait déjà ça au général de Gaulle dans les années 60. Vous voyez, c'est plutôt flatteur pour moi. Par ailleurs, c'est stupide, pardonnez-moi. que si on aime la France, on aime forcément les Français. Les Français, les Français qui font la France. J'aime les Français autant que les autres. On a voulu me coller ça parce que j'aime l'histoire de France, parce que j'aime la grandeur de la France. En quoi ça serait ne pas aimer les Français ? Je le répète, il y a des sujets importants pour la vie de tous les jours des Français. Le pouvoir d'achat, les retraites, etc.
Ça ne veut pas dire que ce n'est pas important. D'ailleurs, j'en ai parlé souvent. J'ai fait de nombreux discours à ce sujet. Mais je persiste à dire qu'il y a une hiérarchie, que le rôle des politiques, c'est de hiérarchiser. Et c'est de dire qu'il y a la vie et la mort de la France et il y a les sujets seconds qui ne veut pas dire secondaires.
Éric Zemmour, vous vous souvenez forcément du débat avec Jean-Luc Mélenchon qui avait donné le vrai coup d'envoi de cette campagne présidentielle. C'était au début de l'automne sur BFM TV. Énorme audience d'ailleurs, ce qui donnait une idée déjà de l'engouement qu'il pouvait y avoir pour cette séquence politique. Mais au final, quand on regarde encore une fois les scores, Mélenchon, il vous a mis KO si on regarde le résultat du premier tour.
Électoralement ? Pas ce soir-là, mais électoralement. Vous savez, je vais vous dire, j'invite vos téléspectateurs à regarder ce débat-là et le débat de l'entre-deux-tours. Et ils verront quel est le vrai clivage, quel est le vrai enjeu, quel est le véritable débat. Ça, c'est une première chose. Deuxièmement, vous avez raison, électoralement, Jean-Luc Mélenchon a aspiré toute la gauche. C'est pour cela d'ailleurs, que je vous ai dit qu'il a donné une concrétisation à l'islamo-gauchisme. Et je dirais plus loin, c'est pour cela que la gauche n'existe plus qu'à travers l'islamo-gauchisme. Et c'est pour cela d'ailleurs que la stratégie de Marine Le Pen est pour moi dépassée.
C'est-à-dire que elle, qu'est-ce qu'elle veut ? Elle rêve d'associer un électorat de Jean-Luc Mélenchon, des populaires, à son électorat contre ce qu'elle appelle le bloc élitaire d'Emmanuel Macron. Mais on a bien vu que ce n'était pas possible tout simplement par la composition de cet électorat de Jean-Luc Mélenchon. En fait, je dirais, je dirais que Marine Le Pen et moi, nous avons perdu chacun notre tour. Moi, j'ai perdu au premier tour car je n'ai pas réussi à faire la jonction entre les classes populaires et la bourgeoisie patriote. Et Marine Le Pen a perdu au second tour parce que l'électorat de Mélenchon qu'elle guignait, qu'elle draguait, s'est détourné d'elle.
J'entends enfin, au bout de 20 à 25 minutes, une première autocritique. Éric Simard. Parce que j'ai le sentiment depuis le début de cet entretien que vous expliquez que tout le monde s'est trompé, que les Français ont eu tort, que vous avez eu raison et qu'au fond, vous êtes presque dans un déni.
Non, non, pas du tout. Je ne dis pas que les Français ont eu tort. Le prophète que personne n'écoute, quoi. Ah, mais c'est le sort souvent des prophètes. Et je vous répète, on peut avoir raison trop tôt. Moi, je pense que j'ai raison. Ça ne veut pas dire que j'ai gagné. Ça ne veut pas dire que je condamne les autres. Ça ne veut pas dire que, si vous voulez, je dis qu'ils ont eu tort. Non, j'ai perdu, j'ai eu tort, mais j'aurais raison. Je le sais. Voilà, maintenant, les gens m'ont le droit de ne pas me croire. Vous avez le droit de se moquer de moi. Je ne me moque pas de vous. Le vaincu a toujours tort.
J'essaie de comprendre, en effet, votre raisonnement et votre mécanisme de pensée aujourd'hui, après ce résultat. Juste pour finir sur Jean-Luc Mélenchon, vous avez vu, il veut être Premier ministre. Et vous, d'ailleurs, vous voulez de quoi ?
Moi, je n'aurais pas la prétention de vouloir être Premier ministre, surtout après avoir voulu être Président de la République. Mais moi, si vous voulez, je veux être le Président de Reconquête, c'est-à-dire le Président du Parti de l'Avenir. Je le pense sérieusement. Je pense vraiment que nous sommes l'avenir, en fonction de ce que je vous ai dit, en fonction de ce que je vois venir, inéluctablement. Et nous devons d'ailleurs être le parti de la transmission. Nous devons être le parti qui va transmettre la culture française, qui va transmettre l'amour de la France. Nous ne devons pas être un parti politique comme les autres. Vous savez, la plupart des partis songent à la prochaine élection.
Moi, à Reconquête, je veux penser à la prochaine génération. C'est-à-dire que je veux former une génération. Vous savez, il y a un... Vous n'avez pas mis dans... On va voir notre résumé. Il y a un meeting qui m'a particulièrement touché. C'est le dernier. Avec les jeunes. Vous savez, on a monté ça en quelques heures et il y a eu 4000, 5000 jeunes qui sont arrivés au Palais des Sports. Enthousiastes, chaleureux, etc. Et à un moment, dans mon discours, je leur dis je me demande vraiment comment vous avez fait pour affronter, surmonter, dépasser le politiquement correct, l'idéologie dominante, la propagande à l'école, dans les médias, à la télévision, au cinéma, etc.
Et un cri s'élève dans la salle. C'est grâce à vous. J'étais très surpris et en même temps très flatté. Et j'ai compris quelque chose. C'est-à-dire que j'avais mené un combat culturel, un combat métapolitique, comme on dit, qui était l'essentiel et l'essence même du combat politique et que je devais continuer et que je ne devais pas abandonner ce rôle-là même si je prenais désormais un rôle plus politique au sens exact du terme, c'est-à-dire dans l'action politique et dans l'agora politique. Je pense que je dois mêler toujours les deux. Et c'est pour ça que Reconquête sera un parti qui formera les jeunes.
Il y aura une école de formation, d'ailleurs, Marion Maréchal qui nous a rejoints et très attaché. Je ferai des conférences. Vous voyez ? Je ferai des conférences en province. La première conférence, d'ailleurs, ça sera sur la gauche et la droite.
Sujet que vous connaissez bien.
Sujet qui, je crois, est essentiel. Je crois être essentiel parce que, si vous voulez, et c'est d'ailleurs la grande querelle de cette présidentielle et c'est d'ailleurs ma querelle... Attendez, je ne comprends pas. Ça veut dire que vous redevenez journaliste, là ? Pas du tout. Pas du tout. Journaliste politique ? Non, non, pas du tout. Je suis... Conférencier ? Non, non, non. Je suis un politique mais le parti Reconquête n'est pas qu'un parti électoral. Je ne veux pas que le parti Reconquête soit comme les autres. Il doit, évidemment, il présente des élections. J'imagine qu'on va en parler, des législatives, etc. Il présente des candidats.
Mais je veux qu'il soit aussi un parti de formation, une école de pensée.
OK. Au début de cet entretien, on ne se refait pas. Vous analysez beaucoup ce qui s'est passé. C'est aussi ce que je vous demande, d'ailleurs. Vous analysez la situation politique mais vous êtes maintenant le président d'un parti. Souhaitez-vous être député ?
Écoutez, je vous avoue, je vais vous faire un aveu. Je suis très tenté. J'hésite encore pour une raison simple. Est-ce que je pourrais, en me présentant dans une circonscription, aider tous mes camarades qui sont sur le pont ? J'avoue que je n'ai pas encore, mais ce n'est pas une histoire de quelques jours, réglé cette question. Mais je n'ai pas... Zemmour,
comment pouvez-vous hésiter ? Sincèrement, quand on a mené cette campagne, cette aventure, quand on est un admirateur de Napoléon, on n'a pas envie de mener la bataille ?
Ah non, mais attendez, de toute façon, je mènerai la bataille. La bataille personnelle ? Voilà. Mais je vous avoue que... Trois semaines après, le premier tour ? Mon bonapartisme me tente et me pousse à me présenter. Mais encore une fois, je vous dis, si c'est possible, avec... Oui, parce que vous comprenez, il faut mener la campagne à Paris, il faut mener la campagne nationale, il faut mener la campagne pour aller aider les uns et les autres. Donc ce n'est pas évident. Mais, écoutez, vous n'avez plus que quelques jours à attendre. Vous êtes fatigué ? Non, ça va mieux. Non, mais sincèrement... Non, mais sincèrement, j'ai été fatigué, mais il n'y a pas de honte à être fatigué.
Après une campagne pareille, surtout, j'ai fait vraiment campagne, contrairement à d'autres.
Là, je suis un peu surpris, pardon, de votre hésitation. Vous avez la trouille, comme on dit, de perdre ?
Écoutez, une deuxième fois... Vous avez la trouille de perdre, je ne me serais pas présenté à l'élection présidentielle. Vous savez, ça, non. Je n'ai jamais pensé que j'allais claquer des doigts et devenir président de la République. Donc je me suis quand même présenté, alors que beaucoup de gens m'incitaient à ne pas me présenter. Et là, par ailleurs, je sais très bien que rien ne sera fait pour m'épargner si je me présente. Mais bon, si je perds, je perds. C'est la loi du genre. Non, non, ce n'est pas du tout ça qui me retient. Je vous ai donné ma raison.
Mais encore une fois... c'est qu'il faut que vous soyez un peu au four et au moulin. Exactement.
Exactement.
Bon. C'est... Mais vous verrez. Non, non, mais je... Encore une fois, compte tenu de tout ce qu'on a vu et de votre engagement depuis le début, ça ne colle pas, si vous me permettez. Mais c'est mon sentiment.
Je vous ai répondu, je suis très tenté d'y aller.
Vous avez une circonscription en tête ?
J'ai regardé les circonscriptions, j'en ai quelques-unes où j'ai fait des scores supérieurs à 20, mais à 20%. Mais bon, on verra, je ne sais pas encore... Le Var, je dirais. Pour être... Le Var, vous l'avez dit tout à l'heure, Saint-Tropez. Ou Paris. Paris ? Paris, Paris, Paris, Paris, 17ème, absolument.
D'accord. Donc décision... Imminente. Imminente. Voilà. Bon. Saint-Tropez pourrait être une des options, si j'ai compris. Non, non, mais la circonscription...
Autour.
Autour de Saint-Tropez, en effet. C'est pas que Saint-Tropez. Non, j'imagine, oui. Pas assez d'électeurs pour faire une... Cette élection, cette campagne législative, vous la menerez sans le Rassemblement National. Il n'y aura pas d'accord.
C'est ce que j'ai cru comprendre. Vous savez, il est intéressant de voir les évolutions et les négociations de part et d'autre. Vous avez vu, on parlait de Jean-Luc Mélenchon tout à l'heure, vous avez vu comment Jean-Luc Mélenchon négocie avec les autres partis. Absolument. Comment ils jettent la rancune à la rivière et comment... Ce qu'est un véritable accord. Quel pragmatisme. Ah, mais on est bien d'accord. Et quel sens politique. Et quel sens politique. Et vous avez vu comment les Verts, par exemple, qui avaient moins de 5%, c'est-à-dire moins que moi, qui n'ont même pas été remboursés, ont obtenu 100 circonscriptions et 30 gagnables, comme on dit.
Manifestement, Marine Le Pen n'est pas dans cette disposition d'esprit. Par votre faute, peut-être,
à cause de ce que vous avez dit le soir du second tour. Regardons ensemble un extrait de votre intervention. Regardez, et des gentillesses que vous balancez à la candidate du Rassemblement National.
Hélas, hélas, hélas, c'est la huitième fois que la défaite frappe le nom de Le Pen. Je voyais cette défaite venir depuis des années et ce n'est vraiment pas de gaieté de cœur que je l'annonçais. Sommes-nous donc condamnés à perdre ? Y a-t-il une fatalité pour que les idées nationales perdent toutes les élections alors qu'une majorité de notre peuple souhaite ardemment que la France reste la France ?
Bon. Alors. Vous l'avez un peu cherché. Franchement. Non, pas du tout.
Remettez-vous dans le contexte, si vous me permettez. Marine Le Pen a parlé avant moi. Elle a eu un air plutôt triomphant en parlant de victoire éclatante. C'est vrai.
ça a surpris.
Je vous avoue que ça m'a surpris et ça m'a peiné. J'avais l'impression ce soir-là d'être le seul désespéré par la victoire d'Emmanuel Macron. J'avais l'impression avec évidemment les 13 millions d'électeurs dont les miens pardonnez-moi qui ont voté à 80% pour Marine Le Pen sur mon appel. que vous dire ? Donc j'ai voulu rappeler des faits. J'ai voulu rappeler le réel qu'à ce rythme-là il faudrait attendre 2052 pour voir les idées nationales gagner. Pardonnez-moi, c'est en partie pour cela que je me suis présenté. C'est parce que je savais que Marine Le Pen ne gagnerait pas l'élection présidentielle.
je l'avais annoncé j'aurais pu me contenter de l'annoncer et voyez aujourd'hui je serais là triomphant en disant je vous l'avais bien dit. Non, j'ai préféré me jeter dans la fournaise et dire voilà ce que je vais proposer moi, ce que je vous ai dit tout à l'heure une autre alliance avec... etc. Maintenant vous montrez ce passage je l'assume. Vous ne montrez pas deux autres passages si vous me permettez. Allez-y.
Quelques phrases plus tard je dis j'ai essayé d'échapper à cela je me suis présenté et j'ai perdu donc je reconnaissais mon échec et surtout vous oubliez de mettre les comme extraits quinze jours plus tôt quand je viens au soir du premier tour annoncer et et et et appeler à voter pour Marine Le Pen sans aucune négociation je vous le rappelle je n'ai rien demandé est-ce que Marine Le Pen a remercié mes électeurs Emmanuel Macron l'a fait pour les électeurs
elle a fait preuve d'ingratitude
Madame Le Pen a dit qu'elle n'avait pas besoin de moi qu'elle n'avait pas besoin qu'elle ne voulait pas de moi qu'elle ne voulait pas de reconquête libre à elle est-ce qu'elle a remercié mes électeurs non il n'aurait jamais voté pour elle
vous l'a trouvé ingrate donc sur ce point là
c'est à vous de juger mais ce que je veux dire c'est que dans une campagne on se dit des choses plutôt désagréables moi elle a dit qu'il y avait des nazis autour de moi vous voyez pour un petit juif dont les parents sont énergétiques
vous avez cessé de dire
qu'elle était nulle j'ai jamais dit qu'elle était nulle j'ai dit qu'elle ne gagnerait pas vous avez non mais c'est pour vous dire que dans une campagne électorale on s'envoie des choses à la figure qui ne sont pas toujours agréables
mais vous avez
c'est le rôle du vainqueur de ouvrir les bras
bien sûr
et c'est mais je vais vous dire
mais ce soir là vous l'avez humilié mais pas du tout en disant que c'était la huitième fois qu'un Le Pen perdait la présidentielle même si c'est vrai factuellement comment voulez-vous après qu'il y ait à Brasson-Nous Folville c'est tout ça
c'est un prétexte le Rassemblement National ne voulait pas d'accord le Rassemblement National veut la mort de reconquête voilà c'est un fait mais est-ce que
pardon je vous repose la question est-ce que vous ne l'avez pas cherché en étant trop offensif contre Marine Le Pen pendant toute la campagne quand vous dites
elle c'est les chats moi c'est les livres un journaliste britannique me demande qu'est-ce qui me différencie de Marine Le Pen je lui dis ce qu'on aime le plus dans la vie moi c'est les livres elle c'est les chats c'est un fait encore une fois on a le droit d'être moqueur quand même encore une fois moi j'ai suivi des campagnes présidentielles depuis l'enfance
mais c'est Chirac Balladur au fond non non non attendez attendez pas du tout
et il n'y aura pas de pardon non pardonnez moi ce n'est pas Chirac Balladur moi je n'ai jamais promis à Marine Le Pen de ne pas me présenter contre elle moi je ne viens pas du rassemblement national je ne suis pas un dissident du rassemblement national vous avez piqué la moitié de son équipe pas du tout je n'ai rien piqué du tout les gens sont venus par conviction parce qu'ils estimaient que j'incarnais mieux leur conviction je n'ai rien piqué elle a même dit que j'étais allé ce qu'elle est payé vous voyez elle aussi les coûts ont été rendus bon voilà donc c'est pour vous dire que attendez attendez mais l'important n'est pas là l'important n'est pas là parce que vous avez parlé de sens politique de Jean-Luc Mélenchon absolument vous croyez que Jean-Luc Mélenchon n'est pas rancunier lui il est parti du PS bien sûr lui il a quitté tous ces gens là qui viennent aujourd'hui lui dire de s'allier avec lui
et il accepte bien sûr ce qui ne doit pas être simple
voilà merci je ne vous le fais pas dire ce que je veux dire par là c'est qu'est-ce qu'on va avoir pour les législatives puisqu'on parle des législatives on a à peu près trois blocs de 30% tout à fait vous êtes d'accord avec ça aussi évidemment Emmanuel Macron à 28% plus la moitié de LR et de PS ça fait à peu près 30% le bloc Mélenchoniste avec les 22% il a fait 22% c'est ça ?
c'est ça 22% plus Roussel plus Hidalgo plus les Verts ça fait 30% et le bloc national les 24% de Marine Le Pen les 7% et les 2% de Nicolas Dupont-Aignan ça fait 32% qu'est-ce qu'avec Mélenchon qui s'unit avec évidemment le camp macronien qui va s'unir soit le camp le bloc national s'unit et dans ce cas là selon les calculs j'ai vu des études mon équipe a fait ses propres calculs et les sondages ont évidemment fait des calculs le bloc national s'il y avait une alliance pourrait se retrouver au second tour dans 396 circonscriptions et donc gagner je dis pas qui c'est sûr entre 100 et 200 sièges
qui serait comparé au score actuel
le bloc mélenchoniste va gagner entre 100 et 150 sièges normalement et le bloc macroniste va gagner entre 200 et 250 300 que sais-je s'il n'y a pas d'accord comme vous avez raison le prêt à penser que va-t-il se passer le rassemblement national va venir avec 15 députés et il y aura 100 à 150 élus mélenchonistes donc ce que je dis moi c'est que Marine Le Pen préfère essayer de tuer Reconquête plutôt que de revenir avec une force à 100 150 élus et que simplement il faut que les électeurs de Reconquête évidemment mais les électeurs aussi qui ont pensé voter utile en se détournant au dernier moment de moi pour voter Marine Le Pen les électeurs de LR qui ne veulent pas aller avec Macron comme les LR vont aller tous ces gens-là doivent voter pour les seuls qui veulent l'union c'est-à-dire les élus les candidats de Reconquête parce que LR vous m'enfermez dans le débat avec Marine Le Pen mais il y a aussi LR absolument LR qui ne veut pas d'accord non plus moi j'ai décidé unilatéralement de ne pas mettre de candidat contre Marine Le Pen Nicolas Dupont-Aignan Eric Ciotti comme symbole mais LR ne veut pas d'accord non plus qu'est-ce qui va se passer LR aussi essaye de sauver sa boutique c'est tout et en fait les seuls qui veulent résister à la vague Mélenchoniste et au pouvoir Macronien c'est Reconquête
quel est votre message ce soir à Marine Le Pen est-ce que c'est encore sauvable est-ce que cette alliance après tout il reste encore quelques semaines est-ce que vous avez un message à Marine Le Pen peut-être même qu'elle vous regarde
ce soir et bien écoutez tout est possible tout est toujours qu'est-ce que vous lui dites je lui dis ce que je viens de lui dire si elle veut vraiment défendre les idées nationales et je ne doute pas qu'elle le veuille si elle veut vraiment résister à l'assemblée avec un grand groupe à la la force et la poussée Mélenchoniste au pouvoir macronien il faut qu'elle accepte de faire un accord je ne dis pas qu'elle me fasse un cadeau vous comprenez bien sûr je ne demande pas de cadeau simplement exactement et vous pourriez faire un geste d'apaisement ou avoir un mot aimable mais c'est être très aimable de dire qu'elle a gagné le combat vous savez moi je ne me présentais pas pour battre Marine Le Pen je ne me présentais pas pour battre Marine Le Pen mon objectif ce n'était pas cela Marine Le Pen a gagné elle est arrivée au second tour mais elle a perdu le second tour est-ce que vous vous êtes parlé depuis le premier tour oui car elle m'a appelé pour me remercier d'avoir appelé à voter pour elle sans discuter sans barguiner sans négocier donc je l'ai eu le lendemain parce que le soir et à l'occasion de ce coup de fil vous n'avez pas évoqué la suite ah non moi je ne voulais pas si vous voulez de négociation je voulais qu'elle fût libre et d'ailleurs elle l'a été puisque encore une fois elle a ignoré superbement reconquête et les électeurs de la droite d'ailleurs en général puisqu'elle s'est précipitée pour essayer d'avoir les voix de la gauche
est-ce que donc ça c'est après le premier tour après le deuxième tour est-ce que vous vous êtes parlé
non
même pas un sms rien non comment voulez-vous faire l'union si vous ne vous parlez pas
mais il y a des gens qui se parlent qui se parlent qui se parlent entre eux écoutez des gens de chez moi et des gens du rassemblement national Jordan Bardella est le président du parti et chez moi il y a Guillaume Pelletier il y a Philippe de Villiers il y a Stanislas Rigaud et d'autres qui ont des contacts qui ont des contacts bien donc le contact n'est pas rompu mais jamais il n'a jamais été rompu
vous avez essayé de l'appeler ?
non
bon vous hésitez vous vous c'est ce qu'on j'hésitais parce que c'est ce qu'on dit chez Marine Le Pen que vous avez essayé de l'appeler
ah alors là c'est complètement faux c'est complètement faux
je suis désolé
de vous le dire
on dit que vous avez appelé et qu'elle n'a pas voulu répondre vous voyez donc c'est vrai vous avez essayé de l'appeler ah non bon vous hésitez à être candidat on a bien compris au législatif vous prendrez une décision dans quelques jours absolument Marion Maréchal ne sera pas candidate
ah je ne sais pas comment ça ? écoutez si si elle peut être candidate si son état de santé le permet je ne sais pas ce qu'elle fera en tenue de sa grossesse vous voulez dire ? absolument mais c'est elle de décider Guillaume Pelletier sera candidat ? c'est à lui de décider ouais on a encore le temps de décider d'accord avec moi
vous avez quand même quelques têtes d'affiche et aucune ne semble vouloir y aller c'est embêtant quand même mais qui vous dit qu'ils n'iront pas ?
en tout cas ils ne se précipitent pas pour être candidat ah mais ça se réfléchit ça se on voit un peu comment on peut faire comment dans le meilleur des cas etc vous inquiétez pas il n'y aura pas de renoncement
bon s'il n'y a pas d'accord avec le RN il y aura combien de députés reconquêtes ? c'est difficile le mode de scrutin est pour vous terrible bien sûr c'est quoi ?
non non mais vous avez raison ça sera très difficile c'est quoi ? c'est zéro ? c'est un ? deux ? on verra on verra moi vous savez c'est évident que ce mode de scrutin est fait pour qu'il y ait des alliances
mais c'est ça
c'est pour ça d'ailleurs que moi je ne donc sans chance mais du coup un parti sans député c'est encore un parti ?
vous savez le Front National est resté longtemps un parti sans député Jean-Luc Mélenchon n'avait pas beaucoup de députés et pourtant c'est la présidentielle qui détermine la vie politique en France donc par ailleurs il y a encore une fois à reconquête beaucoup de choses au delà des députés il y a des mis adhérents il y a 120 000 adhérents il y a des jeunes il y a encore une fois un dynamisme un enthousiasme je pense qu'on peut compter là dessus et ce n'est pas rien surtout dans des partis où il n'y a plus rien où il n'y a plus de militants où il n'y a plus de jeunes où il n'y a plus rien en vérité
ça veut dire que vous êtes d'ores et déjà candidat à la présidentielle de 2027 ? nous verrons bien ça vous a traversé l'esprit ?
je vous avoue que tout m'a traversé l'esprit depuis trois semaines
y compris tout arrêté tout
j'ai ruminé tout de toute façon c'est normal c'est une épreuve tout est mais j'ai décidé de continuer j'ai décidé de continuer parce que je pense encore une fois que mon combat est le bon je vous le répète
mais il y a bien des moments où peut-être certains moments vous vous dites qu'est-ce que je suis venu faire dans cette galère ?
je crois que c'est humain mais vous savez encore une fois j'ai pas fait le choix de mon confort parce que si j'avais fait le choix de mon confort je serais resté dans mon ancienne vie j'ai fait le choix parce que vous me taquignez tout à l'heure sur le prophète mais parce que je pense vraiment que le destin du pays est en jeu je pense vraiment que nous sommes en danger je pense vraiment que le rôle d'un politique c'est le destin du pays c'est défendre la survie du pays
il y a un bon endroit pour être prophète c'est la télévision
ce n'est pas être prophète à la télévision c'est être prédicateur ce n'est pas exactement la même chose
c'est une nuance mais quand vous touchiez tous les soirs plusieurs centaines de milliers de personnes sur une autre chaîne d'information c'était déjà une forme d'influence très forte bien sûr
mais vous savez vous pourriez retourner ? ça aussi j'ai compris quelque chose pendant cette campagne
allez-y
c'est que l'influence culturelle métapolitique etc c'était important évidemment mais que contrairement à ce que certains disaient nos idées n'avaient pas du tout gagné pas du tout moi j'avais mené un combat que je croyais valeureux que je crois toujours valeureux qui a été utile j'espère j'ai vendu des livres j'ai influencé des gens j'ai fait des audiences à la télévision importante mais finalement mais finalement quand on défend la patrie quand on défend une certaine idée de la France quand on défend la volonté que la France reste française et ne soit plus ne soit pas ne devienne pas le terrain de jeu d'une autre civilisation on est diabolisé on est ostracisé on est traité de tous les noms alors et le bombardement est incessant le bombardement est incessant vous disiez que j'avais été victime de mon outrance de ma radicalité moi je pense surtout que j'ai été victime du bombardement médiatique incessant et du bombardement idéologique incessant qui se répand partout c'est vous qui avez tiré en premier Eric Zemmour vous l'avez
enfin écoutez je ne vais pas ressortir tout ce que vous avez déclaré
ça dépend ce que vous appelez en premier moi je vois un pays le pays que j'aime la France qui sombre
vous avez fait exploser cette campagne présidentielle
mais vous devriez vous devriez nous dire après
j'ai été victime du bombardement mais c'est vous qui avez bombardé
vous devriez nous en savoir gré j'ai posé pour moi la question fondamentale que tous les politiques que tous les candidats s'employaient à mettre sous le boisseau je dis bien tous les candidats donc pour moi j'ai fait oeuvre de salubrité publique pardonnez-moi ce moment d'immodestie mais je pense vraiment que j'ai posé la question de fond je vous le répète pour moi c'est la plus essentielle
personne n'en remet en cause votre conviction votre sincérité j'aimerais qu'on dise encore un mot sur les législatives donc du coup on a bien compris qu'il y a encore un peu d'hésitation pour vous pour certaines têtes d'affiche du mouvement qui va être candidat du coup
il en faut 577 mais on en aura 577 alors qui seront ces candidats nous avons beaucoup de candidats jeunes vous savez nous avons beaucoup je parlais tout à l'heure de la transmission que nous voyons à la hauteur d'une génération je pense que c'est important nous allons lancer beaucoup de jeunes dans cette campagne ils vont se faire les dents ils vont se former nous allons lancer beaucoup de nouveaux candidats nous aurons vous savez en 4 mois avoir 577 candidats alors que nous avions 1000 ou 1500 demandes c'est une prouesse
vous êtes d'accord avec moi ? d'autant plus que vous savez que chacun de ces candidats ou presque va être scruté son passé ses tweets ça ne m'a pas échappé non mais le Front National puis le RN a mis des années avant d'avoir des candidats entre guillemets respectables
mais vous verrez nous ne sommes pas le Front National nous sommes reconquêtes une sorte de casting comment ça s'organise écoutez nous avons eu depuis des mois une ou deux personnes responsables qui s'en sont occupées qui ont reçu les candidatures vous savez dans un parti de 120 000 adhérents et de 20 000 jeunes il y a beaucoup de gens qui veulent être candidats qui disent voilà moi j'aimerais être telle circonscription j'aimerais être candidat à ça depuis des mois nous travaillons à cela pas moi évidemment mais d'autres et petit à petit nous arrivons au bout de cette sélection qui n'a pas été facile car il y avait des gens de qualité donc il y aura 577 candidats il y aura et vous verrez qu'ils seront très bons
Stanislas Rigaud a des espoirs de votre mouvement et très courtisé par le RN ça ne vous a pas échappé
non ça ne m'a pas échappé
non
il ne m'a pas échappé que justement Stanislas Rigaud avait non seulement le talent mais la fidélité donc mais vous savez c'est les méthodes partisanes on ne veut pas d'un accord de parti à parti mais on veut débaucher les plus talentueux d'entre nous
est-ce que vous souhaitez à Emmanuel Macron de réussir ce deuxième quinquennat
bah ça dépend ce que vous appelez réussir pour la France si vous appelez réussir en fonction de mes idées je lui souhaite si vous appelez réussir en fonction de ses idées à lui c'est-à-dire toujours plus de déconstruction toujours plus de souveraineté européenne toujours plus de suppression de l'ENA et des préfets et du corps des diplomates toujours plus de McKinsey pour reprendre un terme à la mode de la campagne présidentielle là je ne pense pas mais il fera de ses idées il va pas il a gagné il a gagné haut la main il a gagné largement il faut le répéter 58-41 c'est large c'est une victoire large donc il a toute la légitimité et il gouvernera selon ses idées évidemment mais je le répète qui pour moi sont mauvaises pour moi Jean-Luc si vous voulez Emmanuel Macron et c'est dans le trois fils de ce que je vous ai dit Emmanuel Macron prépare la France de Jean-Luc Mélenchon Emmanuel Macron prépare la France de l'affrontement entre la France de Jean-Luc Mélenchon et la France de reconquête c'est ça qu'il prépare lui pense qu'il veut moderniser la France en vérité il veut dissoudre la France dans une grande union européenne c'est ça il n'a pas de conviction à ancrer il peut passer d'une idée à une autre vous avez vu il a fait campagne à droite et puis après il a fait campagne à gauche il a une seule conviction c'est le fédéralisme européen comment expliquez-vous vous étiez 11
contre lui comment expliquez-vous que ces arguments-là notamment celui-ci sur l'Europe ça n'est pas marché comment expliquez-vous qu'en fond il a été réélu ce qui d'ailleurs on le sait rarissime pour un président sortant
c'est ce que j'ai rappelé lors de mon report que vous m'avez reproché alors je m'ai reproché pourquoi ?
d'abord parce que parce qu'il n'a pas fait campagne qu'il a eu la chance vous savez fondamentalement vous savez vous connaissez le mot célèbre de Napoléon trouvez-moi un général qui a de la chance Macron a de la chance il n'a pas de la chance pour la France il a de la chance pour lui il a eu de la chance le Covid puis Poutine puis l'Ukraine ont permis qu'il ne fasse pas campagne puis l'affrontement avec Marine Le Pen a attendu il a fait campagne pendant 15 jours évidemment mais la victoire lui était acquise d'avance comme je l'avais dit il y a 5 ans comme je l'avais dit il y a 6 mois donc si vous voulez oui il a eu de la chance mais ça fait partie du destin de chacun
là évidemment on va voir ce qu'il fait pendant ce quinquennat vous souhaitez qu'il fasse des réformes néanmoins vous
vous savez j'ai j'ai dit au début de la campagne qu'il n'était plus temps de réformer la France mais de la sauver je maintiens il fera sans doute des réformes intéressantes il va peut-être allonger la durée de la retraite et moi je pense que c'est bien parce que je l'avais proposé le temps de la retraite bon très bien il va faire sans doute peut-être des réformes économiques utiles je n'en disconviens nullement mais pour moi ce n'est pas l'essentiel pour moi pendant 5 ans avec Emmanuel Macron il y aura 2 millions d'immigrés en plus il y aura toujours plus de violence toujours plus d'islamisation de territoire conquis de plus en plus par l'islam vous verrez de plus en plus de voile dans la rue de hijab il a dit lui-même que le voile était un acte féministe vous voyez où il en est ça je pense que si j'avais été au second tour il n'aurait pas osé le dire il va y avoir vous savez je voyais là ces jours-ci le maire de Grenoble qui est un des vers les plus proches de Jean-Luc Mélenchon qu'est-ce qu'il va faire dans quelques jours il va permettre de se baigner dans ses piscines de sa ville avec le costume de son choix donc le burkini donc un costume islamique ça va ça va s'étendre il va y en avoir de plus en plus ça va être ça le quinquennat d'Emmanuel Macron
et ça vous êtes fermement opposé à cela à cette décision
moi je pense que moi j'étais pour l'interdiction du voile dans la rue et pas seulement pour les jeunes filles mais aussi pour les dames plus âgées vous voyez je ne fais pas cette différence qui me paraît loufoque voilà je pense qu'il va y avoir ça il va y avoir toujours plus de de de souveraineté européenne comme il dit c'est à dire plus de déperdition de la souveraineté française d'ailleurs en contradiction avec son élection même bien
vous souhaitez qu'Emmanuel Macron ait une majorité finalement s'il n'y a pas d'accord entre le R et le M
mais moi je ne souhaite rien si vous voulez la logique des institutions c'est qu'il ait une majorité mais moi je m'inscris dans une autre logique c'est à dire que moi je pense que il faut qu'il y ait le maximum de députés proches de mes idées
je me doute mais entre une cohabitation et une majorité une cohabitation avec Mélenchon et une majorité pour Emmanuel Macron vous préférez quoi
vous savez finalement dans les mois qui vont suivre ça sera différent mais à l'échelle de l'histoire ça sera pareil Mélenchon Premier ministre ça sera pareil oui je pense que Mélenchon ne fait que si vous voulez Mélenchon c'est la fin de l'histoire du macronisme la France créolisée c'est la fin de l'histoire macronienne je vous l'ai dit les gens qui ont voté pour Macron ce sont des gens qui disent encore une minute monsieur le bourreau mais le bourreau passera
Eric Zemmour on est presque au terme de cet entretien
vous écrivez un livre ? j'écris des choses on verra si ça fera un livre j'écris vous savez j'ai besoin de ça moi comme de respirer donc je lis j'écris je mets en ordre un peu certaines pensées certaines impressions que j'ai eues donc je commence à écrire on verra si ça en fera un livre
j'ai un titre pour vous bah voyons
je transmettrai bon il y a un an
vous étiez donc journaliste éditorialiste polémiste je sais que vous détestez ce mot
vous serez où dans un an ? écoutez soit je serai à l'Assemblée Nationale élu de la République soit je serai président du parti Reconquête je serai les deux d'ailleurs les deux et voilà je mènerai mon parti je mènerai mon action politique je continuerai j'espère que vous m'inviterez je continuerai à parler aux français à leur dire ce que je pense à leur dire ce que je vois ce que j'annonce ce que je crains ce que j'espère voilà et à continuer à faire de la politique à ma manière
juste pour conclure sur l'aspect de la députation vous prendrez votre juste pour qu'on comprenne votre décision c'est quoi c'est cette semaine oui c'est oui là c'est d'ici à dimanche vous aurez pris une décision bien la toute dernière question Eric Zemmour vous avez rêvé d'un débat avec Emmanuel Macron vous auriez aimé faire ce débat d'entre deux tours évidemment je vous l'accord vous l'aviez imaginé autrement forcément du coup vous avez regardé quand même ce débat vous l'avez trouvé comment Marine Le Pen
vous savez je pense que ce genre de débat n'est pas facile il faut le reconnaître je pense qu'elle a eu très peur de recommencer la catastrophe de 2017 ce qui fait que elle a été très en dedans très réservée très réservée moi si vous voulez la seule chose que j'ai regretté c'est que elle ne nous donne pas l'idée qu'elle avait de la France sa vision qu'elle ne défende pas les idées nationales quand on parle d'immigration et d'identité de la France et à 23h30 ça prouve qu'on a d'autres priorités moi je ne l'aurais pas fait je n'aurais pas demandé non plus autant de sujets parce qu'autant de sujets ça veut dire forcément on reste dans la technocratie on reste dans les mesures alors que moi je voulais un débat politique avec Emmanuel Macron c'est-à-dire quelle France voulons-nous ce que j'ai essayé de faire avec vous ce que j'avais fait vous vous souvenez avec Jean-Luc Mélenchon absolument le débat dont nous avons parlé pour moi le vrai débat de la présidentielle ce fut entre Jean-Luc Mélenchon et moi et j'aurais aimé avoir un débat similaire c'est-à-dire presque de philosophie politique et d'action politique avec lui parce que je pense que nous avons deux visions de la France ce n'est pas du tout le débat qui a eu lieu donc je le regrette
bien merci Éric Zemmour merci Brousseau je suis sûr que vous ne voulez pas nous dire que vous êtes candidat
ne vous inquiétez pas vous le saurez bientôt je tente une dernière fois mais vous le saurez bientôt je vous assure vous refaites le coup
de la présidentielle vous nous avez fait attendre pendant je ne sais combien de temps
je règle encore quelques détails et vous verrez merci
donc c'est fait vous verrez j'aurais essayé jusqu'au bout Éric Zemmour sa première interview ce soir sur BFM TV pendant une heure on est revenu en effet sur tout ce qui a été cette campagne incroyable campagne présidentielle et sur ce résultat et bien sûr nous avons évoqué les législatives merci à vous d'avoir accepté notre invitation dans quelques instants et même tout de suite vous avez rendez-vous avec Aurélie Casse et Natacha Polony très bonne soirée sur BFM TV et on va débriefer ensemble cette interview
Éric Zemmour