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Discours / meetingÉlysée (sur YouTube)· 3 septembre 2021 23 minAutoproduitFond programmatiqueEnvironnement & énergieÉconomie & entreprisesÉducation & rechercheInstitutions & élections

Déclaration du Président Emmanuel Macron depuis le port de Marseille

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 85 %Attaque 5 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 83 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 11:00OuverteRéponse directe

    Sur ce sommet des océans, est-ce que vous pourriez préciser où est-ce que la France va l'accueillir et quand ?

  • 12:00OuverteRéponse directe

    Et est-ce que ce genre de sommet est vraiment efficace ?

  • 15:00RelanceRéponse partielle

    Monsieur le Président, il en a un autre aussi qui trouve que ça ne va pas assez vite, c'est Nicolas Hulot. Il a raison, il faut continuer à mobiliser. Il nous dit tout à l'heure la biodiversité, c'est 0,25 % du budget du plan de relance. Il faut aller plus fort.

  • 18:00OuverteRéponse directe

    Monsieur le Président vos propos d'hier soir sur les grèves trop nombreuses à Marseille, ça a fait bondir certains agents territoriaux marseillais qui vous renvoient le manque d'effectifs.

  • 21:00OuverteRéponse directe

    Cette déclaration fait beaucoup réagir. Il y a des syndicats qui sont pour, d'autres qui sont contre. Certains parlent d'une école qui deviendrait une petite entreprise. Qu'est-ce que vous répondez à ça ?

  • 25:00RelanceRéponse directe

    En général une expérimentation a vocation à être généralisée.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:00Emmanuel MacronFait
    « la France, comme vous le savez, a une stratégie et nous sommes en train de la pousser au niveau européen. »
  • 3:00Emmanuel MacronPromesse
    « nous serons le premier pays, nous Français, il faut le dire parce qu'on n'en parle je crois pas assez, nous serons les premiers, le 1er janvier prochain, à ne plus avoir de plastique autour de nos fruits et de nos légumes. »
  • 4:00Emmanuel MacronFait
    « Ce qu'ils ont très bien démontré, c'est que les microparticules sont ensuite là. Ce qu'il nous faut faire c'est changer nos usages, réduire l'utilisation du plastique partout où c'est possible. »
  • 5:00Emmanuel MacronFait
    « la loi dite Économie circulaire et maintenant d'ailleurs complétée par la loi qui a été promulguée cet été Climat et résilience, nous avons pris des mesures extrêmement drastiques pour sortir du plastique à usage unique. »
  • 6:00Emmanuel MacronFait
    « nous allons tenir cet objectif, je peux ici vous le confirmer et d'ailleurs on voit l'importance de ces choix. Il y avait plusieurs professionnels de ce sujet, en particulier du Parc naturel des Calanques et on voit que, lorsqu'on protège, on arrive à régénérer les espèces. »
  • 7:00Emmanuel MacronPromesse
    « nous allons pouvoir multiplier par 25 ces aires maritimes très fortement protégées en Méditerranée, ce qui crédibilise notre engagement. »
  • 8:00Emmanuel MacronFait
    « la France, comme vous le savez, a ses spécificités. Je veux saluer ici le legs de nos grands scientifiques et de nos grandes missions, parce que ce sont les grands scientifiques français qui ont d'ailleurs présidé par ces recherches dans les pôles au travail du GIEC. »
  • 9:00Emmanuel MacronFait
    « la France, avec Michel Rocard, qui a été la première à dire stop à l'exploitation de l'Antarctique en convainquant l'Australie puis en faisant suivre les autres pour que l'Antarctique soit protégé justement par un traité international qui, jusqu'en 2048, protège son espace. »
  • 12:00Emmanuel MacronFait
    « on l'a vu pour le One Planet Summit. Vous savez, on parle de biodiversité. La clé, c'est la coopération européenne et internationale donc la France va porter l'agenda biodiversité au niveau européen. »
  • 15:00Emmanuel MacronChiffre
    « Ce n'est pas 0,25 % ? Non, c'est beaucoup plus parce que tout le plan protéines, tout le plan de mécanisation par exemple du monde agricole, c'est pour la biodiversité. »
  • 16:00Emmanuel MacronFait
    « la Commission européenne d'ailleurs l'a dit, nous sommes le pays qui a mobilisé le plus de crédits à cet égard. »
  • 17:00Emmanuel MacronFait
    « notre plan protéines comme notre plan pour la mécanisation agricole sont absolument clés en la matière. »
  • 22:00Emmanuel MacronChiffre
    « il y a 15 000 agents dans la ville de Marseille. J'ai vu hier des gens formidables qui sont employés de la ville de Marseille. »
  • 24:00Emmanuel MacronFait
    « depuis 4 ans c'est bien une Éducation nationale forte que nous portons. »
  • 31:00Emmanuel MacronFait
    « pour la première fois dans notre histoire depuis trois ans, on a cassé la courbe, on l'a baissée. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Merci d'être là. Nous avons pu, ce matin, faire plusieurs opérations en mer, d'abord pour faire le point sur les initiatives qui sont prises en matière justement de lutte contre les pollutions plastique, de défense de la biodiversité puisque, j'y reviendrai, nous allons tenir ce congrès mondial de la nature ici à Marseille et c'est un engagement que nous avions pris. Je pense que c'était important de faire un point sur l'avancée des initiatives que nous avons prises en la matière.

Je veux saluer vraiment l'expédition 7e continent qui sont des engagés, des associatifs et ils ont pu nous expliquer et nous montrer avec l'ensemble de la délégation qui m'accompagnait d'abord l'importance de la prévention et de l'éducation, et je crois que c'est important de le partager avec vous. Face à la pollution plastique en mer, la solution n'est pas le ramassage en mer. C'est déjà trop tard.

Ce qu'ils ont très bien démontré, c'est que les microparticules sont ensuite là. Ce qu'il nous faut faire c'est changer nos usages, réduire l'utilisation du plastique partout où c'est possible et prévenir l'utilisation du plastique à proximité de la mer et donc l'arrivée du plastique en mer. À cet égard la France, comme vous le savez, a une stratégie et nous sommes en train de la pousser au niveau européen.

Cette stratégie, nous en avons parlé, elle est je crois pertinente. C'est maintenant l'exécution qui est en cours mais avec la loi dite Économie circulaire et maintenant d'ailleurs complétée par la loi qui a été promulguée cet été Climat et résilience, nous avons pris des mesures extrêmement drastiques pour sortir du plastique à usage unique. C'est ce qui fait qu'à cet égard d'ailleurs, nous serons le premier pays, nous Français, il faut le dire parce qu'on n'en parle je crois pas assez, nous serons les premiers, le 1er janvier prochain, à ne plus avoir de plastique autour de nos fruits et de nos légumes.

Et, pour tout ce qui pèse moins d'un kilo et demi, il y aura un conditionnement qui ne sera plus un conditionnement plastique et ça, c'est une vraie révolution parce que c'est un changement et c'est ce plastique à usage rapide qui polluait. C'est aussi grâce à cette stimulation que nous avons mise dans la loi, à la mobilisation des partenaires privés qui fait que nous sommes les premiers à innover avec ce premier conditionnement de la bouteille de lait sans plastique. Ce sont des choses comme ça qui vont continuer et, dans le plan de relance d'ailleurs, nous accompagnons les industriels pour qu'ils puissent sortir ou réduire la part de plastique dont on peut sortir.

Il ne faut là céder à aucun simplisme parce qu'on gardera toujours du plastique, parce que parfois c'est pire si on fait d'autres choix. On ne peut pas remplacer le plastique par du tout vert, ça n'aurait aucun sens et je crois que tous les gens qui connaissent ce sujet le disent, mais il faut réduire le plastique à usage unique et donc simplifier, ce qu'on est en train de faire avec des résultats. Ensuite on a pu souligner l'importance justement pour protéger la biodiversité des aires marines et naturelles protégées.

Sur ce sujet, vous savez que c'est l'engagement que j'ai pris au nom de notre pays il y a maintenant quelque temps, en me rendant aux îles Éparses, ensuite en présidant le One Planet Summit en début d'année. C'est que la France puisse tenir cet objectif de 30 % de protection dont 10 % de très forte protection pour nos aires naturelles. Nous allons tenir cet objectif, je peux ici vous le confirmer et d'ailleurs on voit l'importance de ces choix.

Il y avait plusieurs professionnels de ce sujet, en particulier du Parc naturel des Calanques et on voit que, lorsqu'on protège, on arrive à régénérer les espèces, à régénérer la biodiversité. Et, en l'espace de six ans, on retrouve des espèces qui étaient très fragiles et qui véritablement retrouvent une vie normale et beaucoup plus de stabilité. C'est pour ça que nous allons continuer de développer des parcs naturels régionaux, deux nouveaux ont été créés cette année, mais aussi qu'en Méditerranée on doit aller beaucoup plus loin.

Et ce que je vais annoncer cet après-midi au Congrès mondial de la nature, c'est une multiplication par 25 des aires maritimes à très forte protection. Ces aires maritimes naturelles aujourd'hui à très forte protection, c'est un choix qui est important parce que ça veut dire que ce sont des espaces où on ne fait plus de pêche, etc. On a négocié tous ces derniers mois et je veux remercier en particulier nos pêcheurs parce qu'on a trouvé la bonne organisation. 5 % ça ne va pas révolutionner mais c'est un vrai choix d'organisation qu'on a fait avec eux, avec toutes les parties prenantes.

Mais nous allons pouvoir multiplier par 25 ces aires maritimes très fortement protégées en Méditerranée, ce qui crédibilise notre engagement. Ensuite, en passant sur le Merlin qui est un bâtiment du ministère de la Culture, on a pu aller au cœur de cette mission de l'archéologie préventive. Et je tiens ici à le souligner parce que c'est aussi une spécificité de la relation qu'il y a entre la culture et l'écologie, j'en parlais hier en évoquant Marseille, et d'une histoire française parce que cette direction de la recherche archéologique sous-marine, elle a été créée par André Malraux il y a maintenant plusieurs décennies.

Et nous avons nous-mêmes réinvesti avec le choix de ces bateaux extrêmement innovants et peu polluants dont le Merlin, qui est un investissement décidé par le Comité interministériel de la mer en 2018. On a pu discuter de deux sujets importants qui sont au coeur aussi de nos engagements : la mer, les océans et les pôles. Sur les océans, nous avons évoqué l'importance du programme Starfish, étoile de mer donc, qui est un programme porté par la Commission européenne.

Je laisse à Frans Timmermans et à la présidente Von der Leyen les annonces importantes sur ce sujet mais je veux saluer ici l'engagement de la Commission européenne qui a travaillé très étroitement avec nous. Et nous sommes véritablement, de très loin, le premier continent à porter cette ambition de régénérer l'hydrosphère et donc les écosystèmes marins, c'est-à-dire empêcher la dégradation supplémentaire et permettre de régénérer partout. Et c'est un investissement massif en recherche mais aussi en changement des pratiques.

C'est ce que nous avons évoqué. Ensuite nous avons, en évoquant le sujet des mers et des océans, plusieurs défis face à nous : celui de continuer à convaincre, protéger des aires marines qui sont vulnérables ; celui d'avoir une très forte protection. C'est le choix que nous avons fait dans plusieurs endroits et on l'a lancé par exemple aux Éparses, vous vous en souvenez, quand nous nous étions rendus pour la première fois aux îles Éparses.

C'est de lancer des missions scientifiques. C'est de régler aussi la question du statut de la haute mer. Quand on parle des océans, 60 % des espaces ne dépendent d'aucune juridiction et donc dépendent du bon comportement de toutes les nations en haute mer.

Et on a besoin de régler ce sujet qui est un vrai sujet de coopération géopolitique et un sujet juridique sinon certaines puissances font n'importe quoi en très haute mer, peuvent détruire à la fois la biodiversité mais peuvent aussi faire des choix qui, d'un point de vue géopolitique, sont graves. C'est un travail que nous menons avec les Nations unies, avec toutes les parties prenantes et à la demande des Nations unies. C'est une idée qui vient d'ailleurs du représentant du secrétaire général Guterres.

La France va organiser dans les prochains mois ce que nous avons fait pour la biodiversité en début d'année, c'est-à-dire un One Ocean Summit qui va consister à mettre les scientifiques, les acteurs économiques, les acteurs régionaux et les Nations unies autour de la table pour pouvoir lancer des initiatives en matière de recherche, en matière de juridiction internationale et essayer aussi de bâtir, de compléter si je puis dire, le droit international qui nous permettra de protéger cet espace. J'ai pu faire un point avec notre ambassadeur pour les pôles et avec l'ensemble des acteurs de la recherche et de la géopolitique françaises sur ce sujet puisque la France, comme vous le savez, a ses spécificités. Je veux saluer ici le legs de nos grands scientifiques et de nos grandes missions, parce que ce sont les grands scientifiques français qui ont d'ailleurs présidé par ces recherches dans les pôles au travail du GIEC, qui ont, par le truchement de Paul-Émile-Victor, Monsieur Étienne qui était avec nous, lancé les grandes expéditions de recherche française dans les pôles et qui ont été des précurseurs.

Et c'est la France, avec Michel Rocard, qui a été la première à dire stop à l'exploitation de l'Antarctique en convainquant l'Australie puis en faisant suivre les autres pour que l'Antarctique soit protégé justement par un traité international qui, jusqu'en 2048, protège son espace et permet aux scientifiques du monde entier de travailler dans un cadre neutre. Notre objectif, c'est évidemment de consolider ce travail, de continuer à investir et j'ai demandé une stratégie polaire pour l'automne et donc nous allons continuer à investir et essayer de faire le même travail pour l'Arctique. Je retrouverai l'ensemble des parties prenantes dans un instant et cet après-midi nous ouvrirons donc le Congrès mondial de la nature.

L'UICN est ici présente et nous pourrons faire le point de l'avancée des travaux qui ont été lancés en début d'année à Paris pour le One Planet Summit en matière d'agroécologie, de protection de nos forêts. C'est l'initiative que nous avions lancée pour l'Amazonie, vous vous en souvenez, en marge de l'Assemblée générale des Nations unies en 2019 mais également ce que nous avions lancé et renforcé pour les forêts primaires africaines. Nous ferons un point sur l'avancée du projet de la Grande Muraille Verte avec le président Issoufou qui a accepté, suite justement au One Planet Summit de janvier, de reprendre le leadership de ce projet qui s'était un peu endormi et où nous avons consolidé en début d'année 13 milliards d'investissement, qui est un projet essentiel pour lutter contre la désertification dans toute la bande sahélo saharienne jusqu'à la Corne de l'Afrique, et qui est un projet écologique et économique parce qu'il permet, à travers justement de l'agroforesterie et des projets agricoles, de donner aussi des opportunités économiques à la population.

Et nous reviendrons évidemment sur le sujet des océans et des pôles. Voilà, je vous ai dressé un panorama complet de ce matin et de ce qu'on va faire cet après-midi et je vais répondre à vos questions. Sur ce sommet des océans, est-ce que vous pourriez préciser où est-ce que la France va l'accueillir et quand ?

Oui, nous l'organiserons en France entre la fin d'année et le début d'année prochaine. Il sera organisé, je pense, ou à Paris ou dans une autre ville de l'Hexagone. Et est-ce que ce genre de sommet est vraiment efficace ?

Écoutez oui, on l'a vu pour le One Planet Summit. Vous savez, on parle de biodiversité. La clé, c'est la coopération européenne et internationale donc la France va porter l'agenda biodiversité au niveau européen et, je le disais encore aux ONG, un pays seul n'est pas efficace et surtout ne peut pas avancer au bon rythme s'il est seul.

En matière de transformation de notre modèle agricole, nous ne pouvons avancer que si la stratégie est européenne. Si la France avance seule, elle fait courir un risque à ses industriels ou à ses agriculteurs parce qu'elle crée des biais de concurrence. Elle ne règle pas les problèmes.

L'avancée doit être au moins européenne et, sur certains grands sujets, l'avancée doit être mondiale. Et nous sommes les seuls à organiser dans la période ces grands événements. Il n'y a pas eu, ces dernières années, une grande mobilisation sur la biodiversité.

Seul a été le sommet de Paris en janvier, le One Planet Summit. Les Chinois ont décidé, ils devaient déjà normalement au printemps dernier faire la COP 15 sur la biodiversité à Kunming, ils ont décidé de la dissocier. Nous aurons en octobre un début puis en mai prochain la suite et ce congrès de Marseille est une deuxième étape.

À chaque fois vous consolidez des avancées. Vous consolidez des résultats. On parle des océans, c'est parce qu'il y a le Congrès à Marseille qu'on a plusieurs transporteurs qui s'engagent dans l'initiative SAILS que nous avons lancée pour justement réduire leurs émissions et passer davantage au LNG.

Donc oui, c'est utile. Ça ne va jamais assez vite à mes yeux mais ce sont des éléments où on mobilise, où on met la pression et on a du résultat. Mais la coopération internationale est clé pour avancer.

Monsieur le Président, il y en a un autre aussi qui trouve que ça ne va pas assez vite, c'est Nicolas Hulot. Il a raison, il faut continuer à mobiliser. Il nous dit tout à l'heure la biodiversité, c'est 0,25 % du budget du plan de relance.

Il faut aller plus fort. Oui mais alors là je vais lui envoyer tous les détails et je vais demander à Barbara Pompili de lui donner. Ce n'est pas 0,25 % ?

Non, c'est beaucoup plus parce que tout le plan protéines, tout le plan de mécanisation par exemple du monde agricole, c'est pour la biodiversité. Ce que fait le ministre de l'Agriculture à travers le plan de relance avec des montants importants et, on l'a dit, ce plan de relance est avant tout un plan de relance vert, la Commission européenne d'ailleurs l'a dit, nous sommes le pays qui a mobilisé le plus de crédits à cet égard. La Fondation Nicolas Hulot a eu ce chiffre, le ministère a d'autres chiffres.

La Commission, partie neutre, a aussi d'autres chiffres. Je pense qu'on doit continuer à faire plus mais pour quoi faire ? Qu'est-ce que c'est l'argent qu'on mobilise en matière de biodiversité ?

C'est l'argent qu'on mobilise pour aider en particulier nos agriculteurs à utiliser moins de pesticides. Cet argent doit mobiliser à deux titres : Un, et moi je l'assume totalement, financer la recherche qui permet d'avoir de la substitution soit non chimique soit beaucoup moins dangereuse pour la biodiversité pour se passer de ces pesticides parce qu'on ne peut pas laisser les agriculteurs sans solution. Et donc là on a non seulement regroupé nos acteurs mais on a mobilisé des financements pour la recherche avant le plan de relance et on a accéléré dans le plan de relance.

Et notre plan protéines comme notre plan pour la mécanisation agricole sont absolument clés en la matière. Ensuite nous avons justement, à travers le plan de relance sur sa partie agricole, déployé aussi beaucoup de crédits qui ont été sursouscrits par les agriculteurs, pour leur financer des outils agricoles, de la mécanisation pour réduire soit les émissions soit l'utilisation de certains pesticides soit l'épandage large. On ne peut pas demander aujourd'hui à beaucoup de nos agriculteurs dont les revenus sont modestes de faire un changement rapide si on ne les accompagne pas.

Et là-dessus je crois qu'on a tous appris de la logique de confrontation qui ne mène à rien. Il faut faire ensemble et ça c'est un investissement légitime de la nation. C'est dans le plan de relance.

Donc c'est beaucoup plus que ça. Par contre, là où je suis d'accord c'est qu'on doit aller plus loin et, je vous le dis tout de suite, nous sommes en train de travailler, j'ai mobilisé et on va continuer de mobiliser les écoles d'ingénieurs, les jeunes artistes, les jeunes entrepreneurs, toutes les parties prenantes pour définir cette mission France 2030 dont j'ai parlé le 12 juillet dernier. Et dans France 2030 il y aura un volet extrêmement important sur justement l'accompagnement à notre changement du modèle agricole, pour avoir un modèle agricole qui est beaucoup plus vertueux en matière de préservation de la biodiversité.

Monsieur le Président vos propos d'hier soir sur les grèves trop nombreuses à Marseille, ça a fait bondir certains agents territoriaux marseillais qui vous renvoient le manque d'effectifs. Je ne suis pas employeur marseillais. Il y a 15 000 agents dans la ville de Marseille.

J'ai vu hier des gens formidables qui sont employés de la ville de Marseille. Vous étiez avec moi à l'école, c'étaient des dames surtout qui étaient des employées de la ville. Ce qu'elles m'ont dit, et je suis obligé de dire la vérité, si on ne dit pas la vérité on n'avance jamais, toutes ces dames, vous étiez là celles et ceux qui ont suivi, elles ont dit nous, on n'en peut plus.

Je leur ai dit pourquoi ? Elles ont dit parce qu'il y a de l'absentéisme donc on est obligé, à 10 heures du matin on nous appelle, il faut aller dans telle ou telle autre école. C'est à la ville de Marseille de dire s'il lui manque des personnels.

Je ne crois pas qu'il lui en manque, ni en théorie, ni dans les personnels embauchés. La difficulté, c'est qu'il y a des personnes qui sont sur la liste et qui ne remplissent pas leur mission à un moment donné. Et donc il faut régler ce problème.

Il faut le régler dans la concertation et le respect. Mais je pense que le respect qu'on doit aux femmes et aux hommes qui font leur travail avec beaucoup de courage et d'engagement, c'est de ne pas laisser persister des pratiques dont ils sont les premières victimes. Puisque l'on parle des écoles justement, vous avez annoncé hier que les directeurs d'école pourraient, en tout cas de manière expérimentale, choisir leurs enseignants.

Cette déclaration fait beaucoup réagir. Il y a des syndicats qui sont pour, d'autres qui sont contre. Certains parlent d'une école qui deviendrait une petite entreprise.

Qu'est-ce que vous répondez à ça ? Non. Je tiens à l'Éducation nationale.

Je suis pour un modèle d'Éducation nationale et c'est d'ailleurs tout le sens de ce que nous faisons depuis 4 ans. Vous le voyez, on a même rétabli la force de l'instruction des savoirs fondamentaux. Je crois à l'école républicaine qui fait réussir nos enfants par le mérite, qui rattrape les enfants en donnant plus de moyens dans les quartiers les plus populaires, qui consolide l'acquisition des savoirs fondamentaux et qui est exigeante parce qu'il n'y a pas de méritocratie s'il n'y a pas l'exigence.

Et donc cela d'abord pour dire regardez les faits, depuis 4 ans c'est bien une Éducation nationale forte que nous portons. Néanmoins, il y a des rigidités aujourd'hui. Elles sont là et elles existent.

Est-ce que vous pensez que c'est attentatoire à l'unité de l'Éducation nationale que de donner de la liberté à des gens qui portent celle-ci mais qui doivent être des décideurs au plus près du terrain ? On n'arrête pas de dire il faut de la souplesse locale et on n'en donne aucune. J'entends toute la journée, c'est parfois le reproche qui m'est fait, " redonnez du pouvoir aux territoires ".

Oui, je suis pour mais, à chaque fois qu'on bouge les choses, il y a des herses qui se dressent. Les programmes sont nationaux. C'est ça ce qui est le garant de l'Éducation nationale.

Les grands examens et les évaluations se font sur des critères nationaux. Mais après diriger une école dans un quartier nord de Marseille, dans un quartier plus bourgeois de Marseille ou dans un village, ça n'a pas la même réalité de terrain. Les enfants n'ont pas la même contrainte.

Les familles ne vivent pas pareil. Et là aussi plusieurs directeurs d'école, plusieurs familles m'ont dit ces derniers jours : la difficulté qu'on a c'est que parfois des enseignants c'est trop dur pour eux parce que ça fait trop longtemps qu'ils sont là. Certains directeurs disent qu'ils n'adhèrent plus au projet pédagogique.

Ils sont là en attendant une autre affectation, ça existe aussi. On doit respecter cela et je pense que c'est si difficile et nous devons tant faire pour les enfants dont les familles parfois ne parlent pas français, qui vivent dans des milieux très modestes, l'école est tout. Et donc je crois que, si nous voulons nous donner les moyens, il faut d'abord investir pour créer plus de postes, ce que nous avons fait par le dédoublement, pour avoir un bâti scolaire qui correspond à la réalité du terrain mais également pour permettre d'avoir une offre éducative plus innovante, plus adaptée, parfois avoir plusieurs maîtres.

Mais, en tout état de cause, il faut des professeurs, des maîtres des écoles qui adhèrent à un projet pédagogique. Et donc l'innovation que nous allons faire, c'est cela. Et, vous savez, c'est ce qui existe en Finlande qui réussit si bien sur le plan éducatif.

Le président Charles Michel qui était avec moi me dit : " Quand je suis devenu bourgmestre en Belgique, c'est la première chose que j'ai faite. Tout le monde était contre, deux ans après on a vu le changement ". Parce qu'on avait des gens qui étaient responsabilisés, des directeurs ou directrices d'écoles qui étaient responsabilisés et des maîtres qui étaient engagés parce qu'ils avaient co-construit un projet pédagogique.

L'Éducation nationale peut rester pleinement nationale si en même temps on donne de la liberté locale et les moyens de le faire à ses acteurs. Et c'est par respect, attachement à ce qu'est le magnifique métier d'enseigner que je l'ai proposé. Mais, Monsieur le Président, en général une expérimentation a vocation à être généralisée.

C'est faux puisqu'on a passé une loi qui permet justement de ne plus le faire. C'était la contrainte qu'il y avait et maintenant on peut tout à fait faire une expérimentation qui ne se généralise pas. Mais il faut être pragmatique.

Il faut expérimenter et évaluer parce que, regardez, on l'a vu pendant la crise sanitaire. Notre pays est le champion du monde du débat théorique sur ce qu'on n'a pas encore essayé et ensuite on a énormément de mal à évaluer pour objectiver le débat. Je dois dire que beaucoup d'autres pays ont davantage cette culture que nous, il faut s'en inspirer.

On parle toujours du modèle scandinave. C'est vrai, sur les écoles ils ont un modèle remarquable parce qu'ils ont fait ça de manière pragmatique. Ils ont expérimenté, du coup innové et ils ont évalué.

Et, quand ça marche, ils le généralisent. C'est ce que je veux qu'on fasse. C'est ça ce qu'on va faire.

Il faut l'objectiver. Je veux rassurer tout le monde, on ne va pas le faire partout mais faisons-le bien, en y mettant les moyens, et regardons si ça change les choses. Et, si ça change les choses, il faut offrir cette opportunité à tout le monde. [INAUDIBLE] ils choisissent des gens qui fassent moins grève, concrètement.

Non, ça n'a rien à voir parce que je ne parlais pas des personnels de l'Éducation nationale hier. Ce ne sont pas les personnels municipaux qui enseignent dans une école. Les personnels municipaux, ils viennent accompagner dans une école.

C'est ce qu'on appelle les Atsem, pour parler le jargon. Ils viennent aider à l'entretien, à la cantine, etc. mais c'est un personnel de l'Éducation nationale qui est là.

Ça n'a rien à voir. Ce sont deux sujets différents. Sur les aires marines protégées, est-ce qu'il va y avoir des moyens humains et financiers supplémentaires ?

Vous avez parfaitement raison. Oui, c'est sûr parce qu'on ne peut pas dire qu'on va multiplier par 25. Nous, on le fait avec l'action de l'État en mer donc j'ai demandé au préfet maritime de nous proposer justement le plan de charge.

À la fois ce sont des arbitrages entre certaines actions mais c'est également peut-être des redéploiements donc ça il faut le faire. Et, à chaque fois qu'on le fait sur des parcs naturels, je citais les deux parcs naturels régionaux que nous lançons cette année, il est évident qu'à chaque fois on a un plan de charge et donc nous devons nous en donner les moyens. Et comme on va continuer de le faire, je serai très clair, qu'il s'agisse de l'action de l'État en mer ou de ce que fait l'OFB justement pour nos parcs, il faut s'en donner les moyens, sinon ça reste théorique.

Comment vous expliquez sur la politique environnementale, après tout ce que vous nous avez décrit, que les écologistes, au-delà de Nicolas-Hulot, ne vous accordent jamais aucun satisfecit ? C'est ce que je leur ai dit quand je les ai reçus. D'ailleurs, ils l'ont reconnu.

Je pense que c'est un défaut qu'on a en France. Je leur ai dit regardez la France, quand même on porte plein de sujets à l'international et à l'Europe et à chaque fois vous m'attaquez. On devrait être fier collectivement.

Il y a des choses sur lesquelles on n'est pas d'accord. Par exemple il y aura tout à l'heure une motion à l'UICN pour, dans les aires marines protégées, interdire complètement toute exploration. Nous, on va s'abstenir.

Je leur ai dit moi je ne vais pas le faire parce que je ne crois pas à ça. Parce que c'est important de continuer à explorer en particulier nos fonds marins pour savoir, on veut développer de la science. Donc là on a des désaccords, on les assume.

Par contre, ce qu'on fait sur les pesticides, pardon mais on parlait des pesticides tout à l'heure, pour la première fois dans notre histoire depuis trois ans, on a cassé la courbe, on l'a baissée. Donc ça ne va pas assez vite, ça doit aller encore plus vite mais on fait des choses, ça bouge. Et on a des débuts de résultats, simplement ce sont des pratiques à bouger et il ne faut mépriser personne.

Je pense qu'il y a une culture de l'action qui est parfois un peu plus radicale. Je pense aussi qu'il faut qu'on apprenne, par des rendez- vous réguliers, à savoir peut-être mieux nous dire nos accords et nos désaccords dans le respect mutuel. Mais je leur ai dit je pense que tous ces sujets sont des sujets de transition.

Les transitions sont graduelles et le gradualisme n'est possible pour embarquer tout le monde que si on sait dire quand on bloque mais si on sait aussi reconnaître les pas faits dans la bonne direction. Sinon, on désespère tout le monde. Moi, je crois qu'on a besoin d'avoir un espoir raisonnable.

Les choses peuvent s'améliorer, vont s'améliorer parce qu'on se mobilise. Il faut encore davantage de science, encore davantage d'investissements mais il faut arrêter la fatalité. Moi, je n'achète pas du tout le discours en tout cas du catastrophisme et du " il n'y a jamais rien qui est fait ", ce n'est pas vrai.

Il faut qu'on s'améliore collectivement. Merci beaucoup. Merci à vous, à tout à l'heure.