🔴 EN DIRECT - Valérie PEcresse invitée de RMC
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Premier invité de ces questions de confiance. Alors vous êtes à distance parce que vous êtes toujours positive au Covid. Et on va tenter pendant une demi-heure de permettre à tous ceux qui nous écoutent et qui nous regardent de pouvoir faire leur choix et décider pourquoi vous. Je vais vous interroger bien sûr sur votre programme. Mais d'abord trois questions d'actualité. La première sur la Corse. La Corse qui s'embrase à nouveau. On a vu cette nuit des moments de grande violence devant une compagnie de CRS à qui les manifestants reprochent d'avoir chanté la Marseillaise au moment des obsèques d'Ivan Colonna. Vous présidente vous ferez comment pour apaiser la Corse ?
D'abord il faut le retour à l'ordre et le retour à la République. Avoir mis les drapeaux en berne pour la mort de l'assassin d'un préfet, c'était une faute. Et je crois qu'il faut que la République retrouve toute sa place en Corse avant toute discussion préalable sur le futur statut de la Corse.
Donc préalable de retour au calme. Deuxième question, vous l'avez entendu hier dans la foule du meeting d'Éric Zemmour au Trocadéro. Cette foule qui à un moment a scandé Macron assassin. Vous seriez intervenu. Comment est-ce que vous voyez ce peuple dont Philippe de Villiers a dit que c'était le même peuple que le peuple de droite qui était là pour Nicolas Sarkozy au même endroit il y a quelques années ? Vous auriez dit quoi vous ?
D'abord c'est une usurpation totale et un certain nombre des participants des meetings du Trocadéro ont dit qu'ils n'étaient pas de cette droite là. Mais je crois que ce meeting a été tristement révélateur de ce qu'est Éric Zemmour. Éric Zemmour a un discours qui attise la violence. Il n'est pas capable de la contrôler. Or un président de la République doit maîtriser ses supporters. Et aujourd'hui on a un Éric Zemmour qui est totalement discrédité pour pouvoir présider la France. On ne laisse pas dire ce genre de choses dans un meeting.
On ne laisse pas ces mots là. Troisième question d'actualité avant de passer à votre programme Valérie Pécresse. L'Ukraine.
Vous avez vu qu'Éric Zemmour avait déjà laissé faire des saluts nazis dans certaines de ses réunions. On ne laisse pas faire ça. Ça montre une incapacité à présider la France. Vous savez le poète Gilles Prévert disait on ne laisse pas les intellectuels jouer avec des allumettes. Et bien c'est le sentiment qu'Éric Zemmour a donné hier.
L'Ukraine, l'appel au boycott lancé par le ministre des Affaires étrangères ukrainien qui appelle à boycotter les magasins Auchan. Est-ce que vous vous dites que concrètement Auchan peut rester présent en Russie aujourd'hui ?
Aujourd'hui les groupes français qui sont présents en Russie se retrouvent face à leurs responsabilités. Effectivement Renault a pris une décision très courageuse celle d'arrêter ses activités en Russie. Il faut que les grands groupes qui ont les épaules pour le faire prennent cette décision en conscience. En revanche sur les PME françaises qui risquent de se faire racheter à vil prix ou qui risquent de faire faillite. Alors je ne donnerai pas de leçon de morale parce que je pense qu'il faut penser aussi à leurs salariés. Et il ne faut certainement pas que cette guerre en Russie se traduise par des mises au chômage.
Mais vous mettez Auchan dans quelle catégorie ? Je vous repose la question très clairement. Est-ce que les magasins Auchan doivent rester en Russie ou se retirer ?
Eh bien c'est à eux de décider. Mais je crois qu'ils seraient sages aujourd'hui que les entreprises qui ont les épaules pour le faire se retirent de Russie.
Mais Auchan a les épaules pour se retirer de Russie ?
Je ne le sais pas.
Mais vous seriez aujourd'hui au pouvoir, vous diriez à Auchan, de prendre ses responsabilités. Et donc, j'essaye quand même de comprendre ce qu'il y a derrière, vous dites, de prendre ses responsabilités, c'est-à-dire de quitter la Russie ?
Si elle en a les capacités et si ça ne se traduit pas par des mises au chômage de l'ensemble de ses salariés.
Mais c'est donc à Auchan de juger. Vous ne diriez pas, vous sortez.
Je ne dis pas à toutes les entreprises de France d'arrêter de faire du commerce avec la Russie parce que je pense qu'il faut aussi penser aux salariés de ces entreprises.
J'essaie juste de comprendre. Parce que vous dites que Renaud a eu ce courage. Vous pensez donc qu'Auchan aurait du courage à partir ?
Ce serait une décision qui serait courageuse, mais peut-être douloureuse pour l'entreprise et ses salariés.
Valérie Pécresse, je le disais, question de confiance ce matin. Tout a commencé pour vous avec 61% des suffrages de la primaire LR. Début janvier d'ailleurs, vous étiez au coude à coude avec Marine Le Pen dans les intentions de vote pour franchir la barre du premier tour. Et puis depuis, c'est beaucoup plus difficile et douloureux pour vous. Je voudrais d'abord qu'on commence par comprendre ce qui vous distingue des autres. Il y a eu un doute qui s'est installé parce que lorsqu'Emmanuel Macron a commencé à développer son propre programme, vous l'avez accusé de vous copier, vous l'avez accusé de plagiat, voire même de contrefaçon.
Mais au fond, est-ce qu'en disant cela, vous n'avez pas tiré une balle dans le pied de votre propre programme en disant qu'au fond, on a le même ? Alors pourquoi vous dans ces cas-là ?
Mais d'abord, il y a un fossé qui me sépare d'Emmanuel Macron, à la fois sur la conception de la France, puisque ma France est une et indivisible. Il n'y a qu'une seule culture française et pas des cultures en France. Je n'accuse pas la France de crimes contre l'humanité en Algérie et je ne veux pas déconstruire l'histoire de France. Il y a aussi un fossé dans mon rapport aux Français parce que moi, je ne dis pas qu'il y a des Français qui ne sont rien et je ne veux pas les emmerder. Au contraire, je veux qu'on arrête de les emmerder. Mais sur le fond du projet, il y a aussi un fossé parce qu'Emmanuel Macron est dans le déni total des sujets de sécurité.
Vous avez vu ce qui s'est passé cette nuit encore à Sevran. Moi, je veux ramener l'ordre, l'ordre dans la rue et l'ordre aux frontières avec une politique de quota migratoire. Emmanuel Macron n'a rien de tout ça dans son projet. Et quand il plagie mes réformes, c'est des mauvais plagiat. Regardez sur la réforme des retraites à 65 ans. Dès hier, Emmanuel Macron a embrayé la reculade puisqu'il a dit « cette réforme ne sera pas la priorité de mon quinquennat ». Je crois que les retraités qui attendent que leur retraite soit indexée sur l'inflation vont pouvoir attendre encore longtemps. La réforme des retraites d'Emmanuel Macron n'est pas encore commencée. Et c'est la même chose sur le RSA.
Vous avez vu qu'Emmanuel Macron a tenté de reprendre ma mesure sur 15 heures de travail en contrepartie du RSA. Et puis finalement, on s'est aperçu que ces 15 heures n'étaient pas obligatoires, qu'elles étaient facultatives. Et enfin, il y a un dernier sujet. La dette et les déficits. Moi, j'assume de dire aux Français la vérité. C'est qu'il faudra résoudre ce problème de la dette et arrêter la fuite en avant des dépenses. Est-ce que vous avez vu qu'Emmanuel Macron a refusé cette semaine d'envoyer la trajectoire budgétaire de la France à Bruxelles ? Ça veut dire qu'il cache les comptes. Ça veut dire qu'avec Emmanuel Macron, personne ne sait qui payera l'addition de son programme.
Emmanuel Macron se dissimule. Emmanuel Macron se transforme. C'est un illusionniste. Et ça n'est certainement pas un homme de droite.
Il cache les comptes de la France. Pour vous, il y a véritablement un tour de passe-passe, un refus de transparence ?
Écoutez, en tout cas, j'attends qu'il transmette la trajectoire financière de la France à Bruxelles. Ce qu'il aurait dû faire cette semaine. J'ajoute que dans mon programme, il y a deux fois plus de baisse d'impôt parce que mes réformes sont beaucoup plus audacieuses. J'assume de dire que je vais faire la réforme de l'État, qu'il faudra supprimer des postes dans la fonction publique administrante. J'assume de dire qu'il faudra réformer l'assurance chômage. J'assume de dire qu'il va falloir dépenser moins et mieux pour ne pas léguer une dette abyssale aux générations futures. Essayons de rentrer justement dans le concret, Valérie Pécresse.
Il y a trois sujets principaux aux yeux des Français sur lesquels vraiment ils veulent se déterminer. La question du pouvoir d'achat, la question de la santé, mais aussi de l'éducation et de la dépendance. Et enfin, la question de la sécurité au sens large, c'est-à-dire sécurité et défense. Sur le pouvoir d'achat, je voudrais vous donner un exemple. Imaginons, je suis au SMIC, je suis mère célibataire et j'ai deux enfants. Tous les prix de l'alimentation augmentent et on entend les économistes, ils nous disent que ça ne va pas s'arrêter demain. Qu'est-ce que vous faites pour moi ?
D'abord, j'augmente les salaires de 3% dès juin en récupérant, c'est l'État qui payera, un tiers des cotisations retraite de tous les salariés. Ça veut dire que pour quelqu'un qui gagne 1 400 euros net, ça fait 500 euros de plus dans l'année de salaire. C'est la première chose. Ensuite, pour les mères seules qui touchent des pensions alimentaires pour leurs enfants, je décide de défiscaliser ces pensions alimentaires. Parce que souvent, elles rentrent dans la fiscalité de ces mères et ça peut leur faire perdre leurs primes d'activité. Ça peut leur faire perdre leurs aides au logement. C'est très injuste.
Ensuite, pour les mères les plus pauvres, je mets en place des allocations familiales dès le premier enfant. Et j'augmente les allocations familiales du deuxième et du troisième enfant. Donc 900 euros par an dès le premier enfant pour toutes les familles. Parce que je ne veux plus d'enfants pauvres en France. Et pour les familles les plus pauvres, je mets en place la cantine à 1 euro. J'aide tous les mères à mettre en place cette cantine pour qu'il n'y ait plus, je l'ai dit, d'enfants pauvres en France. Et dernière mesure de pouvoir d'achat, le soutien scolaire gratuit. Je veux mettre en place une réserve éducative nationale. Je prendrai tous les volontaires, retraités, actifs, étudiants.
Et je les rémunérerai pour faire du soutien scolaire gratuit. Parce que je veux que tous les enfants de France aient une chance. Vous voyez, sur le pouvoir d'achat, je suis la vraie candidate du pouvoir d'achat. Parce que toutes les mesures dont je viens vous parler, elles sont financées par des économies, par des réformes que je fais ailleurs. Valérie Pécresse. Contrairement à tous les autres candidats qui promettent tout sans financer leurs mesures.
Donc pour vous face au pouvoir d'achat, si j'essaie de bien comprendre, vous augmentez donc les revenus. Si on reprend cet exemple de mère célibataire, vous augmentez les revenus du travail et les allocations familiales. En revanche, vous ne jouez pas sur les prix. C'est-à-dire que pour qu'on soit bien d'accord, si les prix, on sait que la baguette a encore augmenté, qu'elle a dépassé les 1 euro dans un certain nombre de boulangeries. Imaginons avec les pénuries de blé, avec la hausse des prix du blé, que ça augmente. Vous ne bloquerez pas les prix du blé, vous ne bloquerez pas les prix de l'essence.
Alors sur l'essence, moi ce que je souhaite, c'est que l'État rende l'intégralité des hausses de taxes qu'il a perçues grâce à la hausse des prix de l'essence. On me dit que c'est 25 centimes. Il ne veut rendre que 15 centimes. Mais j'ai été un peu entendue sur ce point, puisqu'il semble qu'on soit en train de passer de 15 à 18 centimes restitués aux Français. Moi je restituerai 25 centimes et je permettrai aux entreprises qui veulent faire des chèques essence de défiscaliser ces chèques essence comme on peut défiscaliser les chèques restaurant. Donc j'aiderai les Français à mieux payer leurs factures d'essence.
Et sur les tarifs des prix alimentaires, moi je veux que dans les Outre-mer, où les factures sont encore plus chères, parce que vous savez que la vie est très chère Outre-mer, je veux qu'il y ait un panier de biens essentiels dont les prix soient contrôlés et figés, parce que dans les Outre-mer, vraiment, la question de la vie chère est devenue quasiment inatteignable pour une partie des familles.
Si je vous prends au pied de la lettre ce que vous dites pouvoir faire dans les Outre-mer, vous pourriez également le faire en métropole si les prix continuent à augmenter. Vous ne vous interdiriez pas de faire ce panier de la ménagère où les prix soient bloqués, y compris en métropole. Si c'est nécessaire ?
C'est impossible de bloquer les prix en métropole. C'est impossible de bloquer les prix en métropole, ça coûterait beaucoup trop cher. Moi je ne promets que ce que je peux tenir, Madame de Malherbe. C'est ça la différence entre moi et les autres candidats. Je ne fais pas de promesses démagogiques, je ne suis pas Madame 140 milliards comme Marine Le Pen, ou Monsieur 250 milliards comme Monsieur Mélenchon, ou Monsieur 150 milliards comme Monsieur Zemmour.
Donc vous assumez de dire qu'il y a des choses qui vous seront impossibles ? Que l'État ne peut pas tout ?
J'assume de dire que je ferai la vraie politique de pouvoir d'achat en augmentant les salaires, en augmentant les allocations familiales, en faisant les repas à 1 euro dans les cantines, en baissant les prix de l'essence. Et j'assume de dire que toutes ces dépenses-là seront financées. Et j'ajoute que pour les salariés qui n'ont pas pu prendre leur RTT, ils pourront transformer leur RTT en salaire sans charge et sans limite. Là aussi, ça leur fera du pouvoir d'achat en plus. Et toutes les heures supplémentaires seront défiscalités et sans limite. Et les cumul emploi retraite seront possibles, là aussi, sans limite. Ceux qui veulent travailler plus et qui le peuvent pourront gagner plus.
Voilà donc du côté des revenus. Parlons santé, parce que voilà l'autre grande préoccupation des Français. L'accès aux soins, les questions de dépendance, de dépendance des enfants, mais aussi de dépendance, bien sûr, des personnes les plus âgées. Je reprends mon exemple de Maman Solo. Imaginons qu'elle vit en Seine-Saint-Denis, voilà un endroit où il y a un grand désert médical. Elle tente d'appeler parce que son enfant est malade. Et on lui répond, ben madame, il n'y a pas de rendez-vous. Allez aux urgences. C'est une question qui se pose quotidiennement à de nombreux Français. Qu'est-ce que vous ferez pour eux demain ?
Moi, je veux mettre fin aux déserts médicaux. Et pour cela, je crée des alliances de santé de territoire et je réunis autour des départements, des régions, l'ensemble des professionnels de santé. J'envoie 4000 docteurs généralistes juniors de dernière année d'études faire une année supplémentaire dans les déserts médicaux. Ils seront jeunes docteurs, jeunes généralistes. Ça fera 4000 médecins généralistes de plus dans les territoires carencés. Je rajouterai 25 000 soignants dans les hôpitaux avec un choc de formation. Et puis, je vais permettre à tous les professionnels de santé de prendre davantage de responsabilités s'ils le souhaitent.
Les infirmières, les infirmiers qui ont 20 ans d'expérience pourront devenir beaucoup plus rapidement infirmiers de pratiques avancées. Les pharmaciens qui veulent s'investir davantage dans la prévention et le dépistage pourront le faire. Les sages-femmes qui voudront s'occuper de la santé des femmes pourront le faire.
Et pour les gens que vous prenez, celui d'une mère, pardon Madame de Malheur, pour celui que vous prenez d'une mère seule avec enfant, qui très souvent fait passer la santé de son enfant avant la sienne, et bien j'organiserai des consultations mère-enfant de façon à ce que quand on vient faire les examens obligatoires pour son enfant, les femmes aient aussi des consultations de gynécologie, des bilans de santé. Parce que la santé des femmes sera une des grandes causes de mon quinquennat.
Je voudrais aussi qu'on parle des parents, des parents âgés, des parents dépendants. C'est évidemment une des questions qui s'est beaucoup posée avec le scandale Orpéa. Mais au fond, ça a reposé la question d'un service public des personnes âgées. En France, les gens sont très fiers du service public de la petite enfance, même si ça ne fonctionne pas toujours très bien. Mais enfin, globalement, ça a été une des vraies ambitions sur lesquelles personne ne veut revenir. Est-ce qu'il y aura vraiment un service public des personnes âgées ? Est-ce qu'aujourd'hui, vous pouvez dire, moi, présidente, toutes les personnes âgées auront une solution digne ?
Ce que je souhaite, c'est d'abord mettre fin au scandale des EHPAD tel qu'il a été révélé. Et ça veut dire mettre en place une nouvelle charte d'accueil des résidents des EHPAD, avec non plus 6 personnes pour s'occuper de 10 résidents, mais 8 personnes pour s'occuper de 10 résidents. Et des chartes très claires de qualité de vie. Qualité de vie avec le temps des repas, qualité de vie avec la qualité des soins, les douches. Et ces indicateurs de qualité de vie seront rendus publics. Moi, ce que je souhaite, c'est une loi, une loi Kouchner pour les EHPAD, c'est-à-dire en réalité une loi qui permette aux résidents et à leurs familles de participer à la gestion des EHPAD.
Et je souhaite enfin que les EHPAD soient transmis à la tutelle des départements, de façon à ce qu'il y ait des vrais contrôles. Aujourd'hui, on a des doubles tutelles avec l'État et personne ne contrôle rien. Donc je mettrai fin au scandale des EHPAD. Et tous ceux qui ont fait passer leur profit avant la dignité humaine des personnes seront sévèrement sanctionnés. Mais ma politique sera celle du maintien chez eux, de nos aînés, aussi longtemps qu'ils le souhaitent. Et pour cela, je vais augmenter les crédits d'impôt.
Quand Emmanuel Macron parle de sa prime, la prime ADAPT, pour adapter les logements des personnes âgées, pour qu'elles puissent rester chez elles, vous feriez la même chose ?
Eh bien moi, j'ai décidé, avant lui, d'augmenter de 2500 euros le crédit d'impôt pour les familles, de façon effectivement à ce qu'elles puissent adapter leur logement, mais aussi qu'elles puissent rémunérer des personnes venant à domicile, s'occuper d'elles. Parce que je crois que c'est très important que nous puissions avoir nos aînés qui restent à domicile le plus longtemps possible. Mais je reviens sur votre question, parce que vous avez dit, le service public de la petite enfance, ça marche très bien. Non, non, je n'ai pas dit que ça marchera bien. J'ai dit que ça pourrait marcher mieux, mais tout le monde est d'accord sur l'ambition.
Emmanuel Macron avait promis 30 000 places de crèche, il n'en a fait que 10 000. Moi, je ferai les 30 000 places de crèche qui n'ont pas été faites. Et ce que je souhaite surtout, c'est mettre en place un service public de la petite enfance en milieu rural. Parce que c'est là que c'est le plus difficile de faire garder ces enfants. Et je souhaite que les départements soient en charge. Parce que vous l'avez compris, mon programme est très décentralisateur et s'appuie sur les collectivités locales, les maires, les départements, les régions. Contrairement à Emmanuel Macron, qui veut leur supprimer 10 milliards de ressources, mais qui s'est bien gardé de le leur dire quand il leur a écrit.
Pouvoir d'achat, santé, sécurité. Vous avez commencé votre campagne en ressortant le Karcher, en disant d'ailleurs qu'il fallait le ressortir de la cave. Vous regrettez ce propos ?
Absolument pas. D'ailleurs, les événements qui se sont passés cette nuit à Sevran montrent qu'il y a aujourd'hui un certain nombre de quartiers qui sont des zones de non-droit. Et où on a aujourd'hui des violences qui sont terribles à vivre pour les habitants. Donc je souhaite aujourd'hui le retour à l'ordre et l'impunité zéro. Et je me donnerai les moyens pour cela. Je vais modifier la constitution et instaurer des peines de prison fermes, minimales, sans sursis, pour les délits les plus graves. Et notamment quand on s'en prendra à des personnes qui ont autorité publique. Je pense aux forces de l'ordre, je pense aux professeurs, je pense aux complets.
Mais Valérie Pérez, est-ce que le problème n'est pas l'application de tout ça ? Pardon Madame de Malère, vous avez vu ce qui s'est passé avec un vigile à la défense qui a été placé à la main sous quelle ? Les images sont absolument insoutenables. Toutes les prisons ferment quand on s'attaquera à un dépositaire de l'autorité publique. Je veux que la peur change de camp. Je veux désormais qu'on reprenne le contrôle de cette montée de la violence. Il faut qu'on comprenne de quoi vous parlez.
C'est effectivement des images où l'on voit un homme qui s'en prend à un des vigiles, à l'espace commercial des quatre temps à la défense, et qui en quelques secondes le tabasse et le fait plonger dans le coma. Je voudrais vous poser une question sur la défense, Valérie Pécresse. C'est une question qu'on pose finalement plutôt aux Etats-Unis. Pardon, mais je n'ai pas fini sur la sécurité. Oui, j'imagine, mais il y a mille autres choses qu'on aurait pu se dire. Un mot, allez-y.
Non, mais sur la sécurité, j'ai quand même une autre mesure très importante. Deux autres mesures très importantes. Je veux que les polices municipales deviennent la troisième force de police du pays. Je veux qu'elles soient obligatoires dans les villes de plus de 5 000 habitants, et je veux qu'elles aient des vrais pouvoirs de contrôle d'identité, pour mettre des amendes. Je veux qu'elles puissent vraiment aider la police, parce que la police nationale et la gendarmerie nationale doivent se concentrer aux enquêtes, ce qu'elles n'ont plus le temps de faire pour pouvoir démanteler les réseaux mafieux. Et puis, je veux une juridiction spécialisée contre les violences faites aux femmes.
Ça devait être la grande cause du quinquennat d'Emmanuel Macron, mais encore une fois, une promesse non tenue. Donc, je veux des juges spécialisés pour que les plaintes des femmes victimes de violences soient instruites dans les 72 heures, et que des bracelets anti-rapprochement puissent être proposés.
Si, au milieu de la nuit, à 3h du matin, votre coup de fil dans votre chambre à l'Elysée, vous êtes présidente, c'est une question qu'on pose à tous les candidats aux États-Unis. On appelle ça le 3am phone call, c'est-à-dire le coup de fil de 3h du matin, c'est-à-dire l'alerte. On vous dit qu'il y a une bombe russe qui est passée de l'autre côté de la frontière en Pologne, ou alors on vous dit que les Russes ont utilisé l'arme chimique. Est-ce que vous serez capable de faire face ? Qu'est-ce que vous déciderez, si vous devez décider dans l'instant ?
Eh bien, dans l'instant, je convoque un Conseil de défense immédiat, et je réunis tout le monde pour savoir ce qui s'est passé, si les lignes rouges ont été franchies, si les intérêts vitaux de la France sont en jeu, et quelle doit être la réponse proportionnée à cette attaque.
Et j'aimerais qu'on avance encore un petit peu plus. Imaginez qu'on est le 25 avril, qu'Emmanuel Macron a gagné, et qu'il vous appelle. Mais là, c'est lui qui vous appelle et qui vous dit « Accepteriez-vous d'être mon Premier ministre ? » Qu'est-ce que vous répondez ?
Mais je crois que vous n'avez pas compris qu'un fossé me sépare d'Emmanuel Macron. Aujourd'hui, nous sommes dans une campagne escamotée, avec beaucoup de contrefaçons et beaucoup de mascarade. Emmanuel Macron n'est pas un homme de droite, ce n'est pas un homme qui ramènera l'ordre, ce n'est pas un homme qui fera les réformes, et ce n'est pas un homme qui redonnera à la France sa puissance. Il a fait tout le contraire depuis 5 ans. Regardez sur le nucléaire, regardez sur l'agriculture, où il a accepté la décroissance agricole, Regardez sur l'industrie, moins 85 milliards d'euros, c'est notre déficit de notre balance commerciale. Nous importons des produits, nous ne sommes plus souverains.
Et puis aujourd'hui, 32% de hausse des violences, 270 000 titres de séjour délivrés, ce n'est pas une politique de droite, ce n'est pas ma politique. Moi, je veux le remplacer.
– Merci Valérie Pécresse d'avoir répondu à mes questions ce matin.
– Et surtout, je veux mettre fin, pardon, et je veux mettre fin surtout au scénario écrit d'avance, parce que vous avez bien compris que le scénario écrit d'avance par les macronistes depuis 6 mois, c'est évidemment un face-à-face entre eux et les extrêmes, parce qu'ils sont sûrs de les battre. Moi, je n'ai pas eu de débat avant le premier tour avec Emmanuel Macron, il refuse de débattre parce qu'il ne veut pas qu'on voit son bilan. Moi, je veux un débat avec lui pour le deuxième tour.
– Valérie Pécresse, merci d'avoir répondu à mes questions. Question de confiance, pourquoi vous accordez à vous la confiance pour les 5 ans ? C'est évidemment ce que j'aimerais pouvoir permettre aux Français de choisir, faire leur choix entre vous 12. Vous avez commencé, ouvert le bal, Valérie Pécresse, à partir d'aujourd'hui. Et tous les jours, pendant les deux semaines qui viennent, je recevrai tous les candidats à la présidentielle. Vous êtes donc bien sûr la candidate LR, et vous l'avez dit, vous ne voulez pas que cette élection soit jouée d'avance. A vous tous de jouer sur BFM TV et AMC.
– Merci à Pauline de Malab. Dans quelques instants, le live sur BFM TV avec la situation en Ukraine, bien sûr. Toujours une situation catastrophique à Mariupol. Et des négociations qui doivent reprendre aujourd'hui ou demain entre Russes et Ukrainiens. On s'intéressera aussi à ce qui se passe en ce moment à Sevran, en Seine-Saint-Denis, avec des incidents très violents. Et puis une gifle aux Oscars. Moment incroyable. Will Smith a frappé le présentateur de la cérémonie. A tout de suite. – Diffaseur piscine, premier constructeur européen de piscine en béton armé.
– Aujourd'hui, je vis en Haute-Savoie.
– Où t'as appris qu'on mange du reblochon, même l'été. – Sous-titrage Société Radio-Canada
– Sous-titrage Société Radio-Canada
Valérie Pécresse