Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
InterviewRMC — Face à Face (sur Podcast)· 2 juin 2020 44 minContradictoireActualité / polémiqueÉducation & rechercheÉconomie & entreprisesTravail & emploiSanté

Bourdin Direct du 2 juin - 8h/9h

Au micro : Jean-Jacques BourdinSource d'origine 4 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 63 %Attaque 18 %Défensif 19 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 94 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 23:38OuverteRéponse directe

    Est-ce que tous les élèves primaires, collèges, lycées retourneront en cours avant les vacances scolaires le 4 juillet ?

  • 25:09RelanceRéponse directe

    Est-ce que vous allez alléger le protocole sanitaire ?

  • 26:32OuverteRéponse directe

    Collège, 95% rouverts en zone verte. Sixième et cinquième par petits groupes, c'est bien cela ?

  • 31:29OuverteRéponse directe

    Quel est le taux aujourd'hui de décrochage en lycée professionnel ?

  • 18:08OuverteRéponse directe

    Est-ce une solution à envisager ?

  • 16:46OuverteRéponse directe

    Pour un direct, faut-il accepter de baisser temporairement son salaire pour conserver son emploi ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:53InvitéChiffre
    « Le gouvernement anticipe par ailleurs une récession de 11% au lieu des 8 annoncés jusque-là. »
  • 2:59InvitéFait
    « Les soldes vont démarrer le 15 juillet et durer 4 semaines. »
  • 10:01PrésentateurChiffre
    « 28 millions de Français qui l'utilisent tous les mois. »
  • 10:19PrésentateurChiffre
    « 28 millions, ce qui fait de nous le cinquième ou sixième site en France. »
  • 10:25PrésentateurChiffre
    « Chaque année, plus de 4 millions et demi de Français partent en vacances avec Leboncoin. »
  • 11:37IntervenantChiffre
    « Le tourisme, aujourd'hui, le secteur du tourisme est au bord du gouffre. On parle de 40 milliards de valeurs détruites, 400 000 emplois menacés. »
  • 31:31PrésentateurChiffre
    « Parfois, ça peut être autour de 20%. La moyenne nationale est à 4% sur l'ensemble des élèves. »
  • 31:59InvitéChiffre
    « 643 000 jeunes, 40% des lycéens, le lycée professionnel. »
  • 32:04InvitéFait
    « Malheureusement, on en parle beaucoup moins. »
  • 32:13InvitéPromesse
    « Tous ouverts. À partir d'aujourd'hui, tous ouverts. »
  • 37:11PrésentateurFait
    « Nous allons avoir l'opération école ouverte qui fait qu'on va avoir des écoles, des collèges et même des lycées pros justement qui seront ouverts pendant l'été. »
  • 37:17PrésentateurFait
    « On va faire un été pro. »
  • 39:01PrésentateurChiffre
    « 4000, 4000, puisqu'ils sont 8000 admissibles, il devait y avoir 4000 admis à la fin, à la rentrée, la moitié. »
  • 39:42PrésentateurFait
    « C'est-à-dire qu'il y aura des primes de 330, 660 et 1000 euros. »
  • 40:27PrésentateurChiffre
    « 42 dollars pour un enseignant français par heure d'enseignement. »
  • 40:44PrésentateurChiffre
    « 49 pour un italien, 56 pour un portugais, 68 pour un néerlandais, 93 pour un allemand. »
  • 40:50PrésentateurChiffre
    « Moyenne de l'OCDE : 56 dollars. Moyenne de l'Union européenne : 55 dollars. »
  • 41:31PrésentateurFait
    « Il faut mieux payer nos professeurs et il faut le faire aussi dans le cadre d'une carrière plus souple où ils peuvent davantage faire de choix. »
  • 42:18PrésentateurFait
    « Je suis très attentif à ça, ne serait-ce que pour l'attractivité du métier pour les jeunes, et donc les salaires des plus jeunes doivent augmenter. »

Temps de parole

  • Présentateur84 %
  • Invité9 %
  • Intervenant3 %

0,4 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Vous écoutez RMC. Mardi 2 juin, l'info sur RMC. Céline Kalman est avec nous, il est 8h01. Céline, bonjour.

0:11
Invité

Bonjour Jean-Jacques, bonjour à tous. Remettre le couvert, reprendre le chemin du travail et pourquoi pas partir en vacances de juin raison comme le début d'un nouveau départ phase 2 du déconfinement, réouverture des bars et restaurants et de tous les établissements scolaires. Invité de RMC et BFM TV, Jean-Michel Blanquer, le ministre de l'Éducation, à 8h30. Pendant que la France respire à nouveau, les Etats-Unis se figent. Donald Trump promet de rétablir l'ordre et menace de déployer l'armée pour stopper les violences. Bienvenue à tous sur RMC. Vous avez peut-être déjà réservé une table pour midi, pour ce soir, ou même prévu de boire un petit café ce matin en lisant votre journal.

Rien d'exceptionnel finalement, sauf que ça n'était pas arrivé depuis deux mois et demi. Les restaurants et les bars sont ouverts. Ça y est, on vous retrouve Nicolas Trenot et Margot Bédé dans le Café République au centre-ville de Mulhouse.

0:59
Auditeur

Le rideau du Café République s'est levé à 7h29. Deux minutes après, Rico était là. Vous, Rico, on peut le dire, vous êtes un habitué de ce café ? Oui, je suis un habitué. Je voulais être le premier à venir ici pour profiter d'un semblant de liberté. C'est agréable d'être assis et regarder à gauche et à droite, voir le café avant d'aller travailler. Bon, plaisir partagé pour Maggie, la patronne. Enfin, le café ouvre. Oui, enfin, soulagée. Je suis très contente. Sachant que voilà, hier soir, j'ai encore les derniers minutes de préparation, les pécis glaces que j'ai installés, tout ce qu'il faut, les gels, le port du masque, tout ce qu'il faut.

Mais c'est vrai que je suis très soulagée d'ouvrir. Voilà, j'attends de mes clients impressionnant. Et la journée s'annonce longue puisqu'elle doit s'achever à 22h.

1:43
Invité

Alors, ouvrir son établissement peut aussi représenter un risque, le risque de ne pas être rentable à cause des distanciations. Et dans les zones oranges, eh bien, seules les terrasses peuvent accueillir les clients. Michael Méziane est le chef du restaurant La Passerelle, ici Les Moulineaux, près de Paris. Il a beaucoup hésité avant de décider de rouvrir son restaurant. Finalement, ce passionné se lance avec tout de même beaucoup d'appréhension. Il espère que ses fidèles clients répondront présent.

2:07
Présentateur

J'ai un restaurant qui fait quasiment 250 mètres carrés et je peux exploiter que sur les 60 mètres carrés de terrasse, avec les 1 mètres, ça me fait 18 places assises. Est-ce que je serais rentable ? Je ne suis pas sûr. Maintenant, pour le client, il faut être là. On a mis beaucoup de restaurants dans le quartier parce que c'est un gros quartier business. En même temps, on a demandé aux entreprises de faire du télétravail et de faire tourner les équipes. Ça veut dire que finalement, il y a 4 fois moins de personnes. Donc, ça va être très compliqué de remplir. On verra. C'est le temps qui va nous dire si c'était une boignée d'ouvrir ou non. Mais voilà, ça va être entre 15 et 18 couverts.

Après, la grande question, c'est est-ce qu'en bord de baie vitrée, ici, j'aurai le droit de mettre du monde ? Ça change tout.

2:44
Invité

Et il y a quelques instants, Bruno Le Maire, le ministre de l'Économie, a précisé que le fonds de solidarité pour les cafés et restaurants serait maintenu jusqu'à la fin de l'année. Le gouvernement anticipe par ailleurs une récession de 11% au lieu des 8 annoncés jusque-là. Et puis, autre annonce, les soldes vont démarrer le 15 juillet et durer 4 semaines. Restos, donc boulot et peut-être métro. Beaucoup de salariés reprennent aussi le chemin du travail. Dès aujourd'hui, retour quasi normal au trafic à la RATP. Les résultats, les transports ne sont pas bons dès ce matin. Condition assouplée, des visites dans les EHPAD.

Bientôt les mineurs qui, jusqu'ici, n'avaient plus le droit d'aller revoir leurs grands-parents ou arrière-grands-parents seront de nouveau autorisés à y aller dès vendredi. Et puis, c'est aujourd'hui, en principe, que vous pourrez télécharger l'application StopCovid. Avec l'entrée en vigueur de la phase 2 du déconfinement, réouverture de tous les établissements scolaires, presque tous, 10% vont rester fermés. Décision des élus qui expliquent que le protocole sanitaire imposé est trop contraignant. Ces maires craignent aussi d'être tenus pour responsables en cas de contamination. Reportage de Lionel Topp et Nicolas Ropère.

3:53
Présentateur

Aucune école de Falampin dans le département du Nord n'ouvrira ses portes aujourd'hui. Une décision incompréhensible pour Cécile, une habitante. Elle s'inquiète pour son fils en CE2.

4:02
Auditeur

Je trouve qu'il n'a en cruellement que de liens sociaux. Et ça, ça commence à lui peser.

4:07
Présentateur

Le maire de la commune, Thierry Lazaro, assure qu'il lui est impossible d'accueillir les élèves dans de bonnes conditions. Il n'ouvrira les deux écoles de la ville que si la justice l'y oblige. Ma responsabilité pénale peut être engagée, comme ceux de tous les élus de France, qu'on appelle la justice, et que la justice se mouille. A Rognac, dans les Bouches-du-Rhône, les écoles seront elles aussi fermées jusqu'en septembre. Mais le maire Stéphane Lerudulier propose aux parents une alternative. Le centre de loisirs de la commune accueillera les élèves, car les contraintes sanitaires sont beaucoup moins strictes.

Le protocole sanitaire de jeunesse et sport est totalement différent de celui de l'éducation nationale. Par exemple, la fréquence de nettoyage, où on est plus sur une fréquence d'une fois ou deux fois par jour que d'une fois toutes les heures ou toutes les deux heures. Le ministère de l'éducation nationale assure que le protocole sanitaire dans les écoles est nécessaire et restera en place jusqu'à la rentrée de septembre.

4:57
Invité

Et donc Jean-Michel Blanquer sera votre invité, Jean-Jacques, à 8h30. Lors des négociations pour Renault au ministère de l'économie, l'avenir du site de Maubeuge dans le Nord, qui doit être fusionné avec son voisin de Douai, sera au cœur des discussions. Les dernières tractations se poursuivent. Les candidats au second tour des municipales ont jusqu'à ce soir pour déposer leur liste en préfecture. Ce matin, sur RMC, l'écologiste David Béliard à la mairie de Paris a fait savoir qu'il était tombé d'accord avec Anne Hidalgo.

5:24
Présentateur

On s'est mis d'accord sur un projet de rupture pour Paris pour répondre à la crise sanitaire qui est en train de se transformer d'ailleurs en crise économique, en crise sociale. Mais on a une place importante, à peu près une vingtaine de conseillers de Paris. C'était pour nous essentiel qu'on puisse participer à la gouvernance, à la gestion de cette ville à tous les niveaux, notamment avec une mairie d'arrondissement. On verra laquelle. Ça va dépendre beaucoup des résultats des municipales.

5:52
Invité

RMC, 8h07, la démonstration de force de Donald Trump à Washington qui dénonce un terrorisme intérieur. Le chef de la Maison Blanche a dans un discours hier soir annoncé vouloir déployer des milliers de soldats pour rétablir l'ordre. Le pays est secoué par des manifestations et affrontements depuis une semaine après la mort de George Floyd, décédé après son arrestation. Paul Barcelone.

6:13
Intervenant

Des explosions de grenades lacrymogènes retentissent. La police déloge les manifestants autour de la Maison Blanche. À quelques mètres de là, Donald Trump promet le retour à l'ordre. Je viens de fortement recommander au gouverneur de déployer la garde nationale en nombre suffisant de manière à dominer les rues. Les maires et les gouverneurs doivent établir une présence massive des forces de l'ordre jusqu'à ce que les violences soient endigues. Une ville ou un État refuse de prendre les mesures qui sont nécessaires

6:46
Présentateur

pour défendre la vie et les biens de leurs habitants, alors j'enverrai l'armée américaine et résoudrai rapidement le problème pour eux.

6:52
Intervenant

Puis place à la mise en scène, Donald Trump se rend à pied jusqu'à l'église Saint-Jean, saccagée par des casseurs la nuit précédente. Il pose devant le bâtiment, Bible à la main. Selon CNN, le président américain aurait été très vexé et que les médias racontent son repli dans un bunker de la Maison Blanche vendredi. Pour lui, pas question d'apparaître comme inquiet à désormais cinq mois de l'élection présidentielle.

7:16
Invité

Retour en France avec la réouverture aujourd'hui du zoo de Beauval. Il va accueillir ses visiteurs après deux mois et demi sans activité. Tout est fin prêt comme a pu le constater pour RMC Romain Poison.

7:28
Présentateur

Un orang-outan qui regarde d'un air intrigué une borne de gel hydroalcoolique. Oui, le zoo de Beauval s'est mis aux normes sanitaires spéciales Covid-19 pour sa réouverture. On a installé 80 bornes de gel hydroalcoolique un peu partout dans le parc. Le directeur du zoo, Rodolphe Delors. On a commandé 60 pays masques pour notre personnel. On a à peu près 100 000 euros de matériel. Au sol, un fléchage indiquant le sens de circulation pour éviter que les visiteurs ne se croisent. Dans les espaces confinés, une nouvelle règle. Dans les serres, les visiteurs devront porter au masque. Et dans les télécabines sur le parc, seules les personnes de la même famille seront acceptées.

Jusqu'à huit personnes maximum. Toutes les bars seront désinfectées très régulièrement. L'infrastructure est prête, oui, mais les animaux sont-ils prêts à accueillir le public ? Les gorilles s'en seraient bien passées. C'est des animaux qui sont assez posés, qui aiment la tranquillité. Antoine, le soigneur. Ils se sont reposés et on est prêts à attaquer la saison de bonne humeur. Attaquer la saison rapidement et rattraper le manque à gagner pour le directeur du zoo. Nous avons perdu à peu près 40% de notre chiffre d'affaires. J'espère que rapidement, cette crise ne sera qu'un mauvais souvenir.

Alors terminé les allées désertes et la tranquillité des animaux, le zoo espère accueillir dès aujourd'hui 20 000 visiteurs.

8:32
Invité

En rugby, les clubs de top 14 reprennent tranquillement le chemin de l'entraînement. Les joueurs et staffs de Toulouse, Toulon, Pau, Lyon et Bayonne ont passé des tests médicaux. Aucun cas de Covid détecté. Il va quand même falloir beaucoup de temps avant un retour à des entraînements comme avant. Laurent Despré.

8:47
Présentateur

Oui, ça repart, mais en ménageant les hommes et en respectant un programme comportant plusieurs phases d'ici la reprise du championnat, le 4 septembre. Aujourd'hui et pendant une semaine, phase 1, pas plus de 4 joueurs en même temps pour des séances uniquement physiques, pas d'interaction et n'excédant pas 2 heures par jour. Pas de passage par les vestiaires, pas de collation. Un programme de réathlétisation en ne dépassant pas 85% d'intensité. Précaution cardiologique post-Covid oblige. Quant aux 9 autres clubs du top 14, ils ont commencé les tests médicaux un peu plus tard pour ensuite entamer la phase 1, sans ballon, physique, par petits groupes, phase 2.

Ce sera la même chose avec un ballon. La phase 3 attendra le feu vert gouvernemental, c'est-à-dire le droit de se faire des passes et d'arriver enfin à la pratique du rugby.

9:30
Invité

Et puis l'info média de la matinée, c'est Mediapro qui s'allie à TF1 pour créer sa chaîne de foot qui s'appellera Téléfoot.

9:38
Présentateur

Téléfoot, enfin, c'est un soulagement pour les clubs de football professionnels qui avaient des doutes sur Mediapro. Tant mieux, tant mieux. Voilà une belle idée. Allez, 8h11, nous sommes avec Antoine Joutot. Je suis très heureux de recevoir Antoine Joutot, directeur général du site Leboncoin. Bonjour. Bonjour. Leboncoin, aujourd'hui, ça représente quoi exactement ? Quelques chiffres, allez. Allez, quelques chiffres. 28 millions de Français qui l'utilisent tous les mois. 28 millions de produits en ligne dans tous les univers, de la mode, de la maison, de l'immobilier, de l'automobile, de l'emploi. 28 millions de Français qui, tous les mois, utilisent le monde.

28 millions, ce qui fait de nous le cinquième ou sixième site en France. Entend. Bien. Chaque année, plus de 4 millions et demi de Français partent en vacances avec Leboncoin. Oui. On est un des plus gros sites touristiques français. Oui. Peut-être méconnus un peu, mais en tout cas, aujourd'hui, 4 millions de Français partent avec nous. Ils partent comment avec vous ? Ils partent en location entre particuliers, c'est-à-dire ensuite de professionnels particuliers. Et là, récemment, dans l'hôtellerie. Oui. Donc, aujourd'hui, on est un des gros acteurs de la location de vacances. Oui.

Et avec une ambition assez forte de faciliter, notamment dans la période actuelle où on sent bien que les Français vont peut-être devoir partir en France, redécouvrir nos paysages merveilleux. Alors, ce matin, vous lancez, vous venez, vous avez accordé une idée à vous dans le Figaro et chez nous, vous annoncez que vous lancez un plan patriotisme touristique. C'est-à-dire que, on va voir, on va détailler ce plan, mais vous lancez un plan de déjà un appel aux hôteliers, aux hôteliers français, qui sont les bienvenus sur le bon coin, sans frais de réservation, on est bien d'accord, vous pourrez reconstituer votre trésorerie, c'est ce que vous dites aux hôteliers.

En fait, vous offrez une alternative à Booking ou Expedia, c'est cela ? C'est l'ambition, c'est l'ambition qu'on s'est fixée. Le tourisme, aujourd'hui, le secteur du tourisme est au bord du gouffre. On parle de 40 milliards de valeurs détruites, 400 000 emplois menacés. Et donc, on ne pouvait pas rester les bras croisés en attendant de savoir si les plateformes américaines allaient occuper cet espace-là. Et donc, pour éviter cette espèce de contradiction pour un hôtelier de devoir sacrifier, encore une fois, sa trésorerie, sa marge avec une plateforme américaine, nous, on vient en disant qu'on peut être une alternative crédible.

Et on passe en gratuit, comme ça, vous allez pouvoir reconstituer votre trésorerie. Et en plus, nous, on est une entreprise qui paye nos impôts en France. Voilà, donc pour éviter cette double peine, on propose à vos hôteliers de nous rejoindre. Et d'ailleurs, ils nous soutiennent, puisque l'UMI nous encourage à continuer. Vous avez déjà beaucoup, beaucoup d'hôteliers qui sont inscrits. On a déjà 4 500 et on ambitionne de franchir les 10 000 d'ici la fin de l'année. Aujourd'hui, en France, il y a à peu près 18 000 hôtels, donc on a déjà un quart du parc hôtelier.

Et on a une forte ambition, parce qu'aujourd'hui, sur le Boncoin, vous pouvez trouver toutes vos vacances, des locations très particuliers, des locations professionnelles et des hôtels. Ce sera beaucoup plus intéressant pour un hôtelier d'être sur le Boncoin que sur Booking ou Expedia. Aujourd'hui. Et pour celui qui réserve sa chambre d'hôtel. Eh bien, j'encourage les hôteliers à mettre leur meilleur prix sur le Boncoin, puisque ça va être ça l'intérêt. C'est-à-dire que si on veut donner du pouvoir d'achat aux Français, un des moyens pour les hôteliers, ça va être de répercuter cette commission à zéro sur leur prix.

Et si vous avez des prix plus bas, vous allez attirer des utilisateurs et des Français qui réserveront via le Boncoin. Et vous économiserez aussi une commission au passage. Eh oui. Et une commission ? Oui. Avec une forte ambition de grandir. C'est quoi la commission ? La commission normale, c'est autour de 10%. 10% ? Ça, c'est nous. Mais ça, c'est ce que... Une plateforme américaine, aujourd'hui, elle prend entre 15 et 30%. Entre 15 et 30% ? Entre 15 et 30%. Entre 15 et 30%. En fonction des biens. Donc nous, on viendra l'année prochaine avec une commission à 10%, de toute façon beaucoup plus basse.

Il me semble être une commission raisonnable, d'après les échanges qu'on a eus avec les différents groupes hôteliers. Mais en attendant, jusqu'à la fin de l'année, une commission à 0% pour aider les hôteliers dans une période qui est terrible pour eux. Bien. Vous allez aussi valoriser des labels sanitaires. Oui. Racontez-nous. Je pense que tous les Français s'opposent à la question de savoir dans quelles conditions sanitaires ils vont pouvoir louer leurs biens. Oui. Et notamment des biens entre particuliers. Donc on a signé un partenariat avec le groupe O2, qui va leur permettre justement d'accéder à des tarifications plus basses et de respecter les normes sanitaires.

D'ailleurs, si je veux réserver, je ne sais pas moi, un appartement, louer un appartement ou une maison pour mes vacances, je serai dans quelles conditions sanitaires je serai hébergé. C'est cela ? Bien sûr. L'idée, c'est que vraiment, les hôteliers, les hôtes sur le Boncoin puissent mettre sur leurs annonces une mention spécifiant justement qu'ils respectent les normes sanitaires de nettoyage. Et on a signé justement ce partenariat avec le groupe O2 pour le garantir, avec des conditions tarifaires plus intéressantes. Pendant le confinement, quelle a été l'activité sur le Boncoin ? L'activité, elle a baissé sur les deux premières semaines, environ de 30 à 40%.

Puis, depuis le début du mois d'avril, elle a fortement cru. Et aujourd'hui, on bat nos records d'audience. Aujourd'hui, on est à 19 millions de visites par jour. 19 millions de Français qui se connectent tous les jours. C'est un record absolu ? C'est un record absolu. Vous n'avez jamais connu ça ? Jamais. Le plus haut niveau d'audience, c'était l'année dernière. On était à 17 millions. Et aujourd'hui, on n'a jamais fait en dessous de 17 millions. Oui. Que vont chercher ceux qui vont sur le site ? Alors, pendant le confinement, il y a eu des comportements bizarres. Où d'abord, les Français se sont levés plus tard. Donc, les connexions se sont décalées d'une heure.

Et surtout, ils ont commencé à chercher des vélos électriques. Ils ont cherché des maisons avec piscine. Vous voyez, tous les sujets d'extérieur ont explosé pendant cette période-là. Et puis là, depuis deux semaines, ils cherchent de la location de vacances, des maisons avec piscine, des maisons en montagne. Ils ont besoin d'air. Ils ont besoin de respirer. Notamment dans des régions où, aujourd'hui, vous savez qu'il y a un quart des Français qui partent dans leur propre région. Oui. Aujourd'hui, ces requêtes ont explosé. C'est significatif, là, aujourd'hui. C'est significatif, oui. Vous voyez que les Français ont envie de partir en France.

De toute façon, ils ne savent pas trop s'ils pourront partir ailleurs, en Europe. Ils ont envie, à mon avis, ils pourront, mais bon. Ils ont envie de partir en France. Et pas trop loin de chez eux, finalement ? Pas trop loin de chez eux. Et avec des biens, quand même, qui sont vers l'extérieur. Et c'est ça, la nouveauté. C'est que je pense que le confinement a rappelé à tout le monde l'importance d'un balcon, d'un jardin. Voilà. Ils ont besoin de respirer après ces deux mois et demi très difficiles. Bien. Merci beaucoup. Merci. Merci d'être venu nous voir ce matin, 8h17. C'est passionnant. Antoine Joutot, le directeur général du site Le Bon Coin, sur RMC, ce matin. Il est 8h17.

Allez, un peu de pub. Et ensuite, nous poursuivons. Oui, nous poursuivons. Je vous rappelle que Jean-Michel Blanquer sera mon invité tout à l'heure, 8h35, 9h, le ministre de l'Éducation nationale.

16:31
Intervenant

Et nous allons poursuivre avec ce débat. Baisser les salaires pour éviter les licences immenses et l'idée des accords de performance collective. Plusieurs entreprises les envisagent après ce coronavirus. De quoi s'agit-il exactement ? Frédéric Simotel va tout nous expliquer dans une minute, sur RMC.

16:46
Présentateur

RMC, on en direct.

16:49
Intervenant

Et beaucoup de messages à ce sujet. Marie-Ève nous dit, je ne suis pas du tout d'accord avec cette baisse des salaires qui ne ferait que favoriser le retour de la consommation low-cost, selon Marie-Ève. Philippe nous dit, c'est très net, c'est non. 1276 euros nets par mois, hors de question pour moi de baisser mon salaire. Au contraire, le poulpe nous dit, pourquoi pas une baisse de salaire, à condition que l'entreprise aille réellement mal. Et du moment où c'est mesuré, en contrepartie, l'entreprise devrait s'engager sur la même durée, à doubler les indemnités en cas de licenciement.

Ahmed aussi serait prêt à perdre un peu de son salaire, à condition que le patron baisse aussi le sien, que les actionnaires renoncent à leurs dividendes. Il ne faut pas être égoïste, dit Ahmed, le pays traverse une crise. On n'est pas les seuls, il vaut mieux gagner moins que fermer totalement. Pour Philippe, il faudrait commencer par le haut. D'abord les PDG, les directeurs, à baisser leur salaire. Moi, je me vois mal demander à mes employés de baisser leur salaire pour sauver mon entreprise, dit Philippe. Tout savoir sur ces accords de performance collective, c'est avec Frédéric Simotel dans un instant, sur RMC.

17:47
Présentateur

RMC, 6h-9h. Pour un direct, faut-il accepter de baisser temporairement son salaire pour conserver son emploi ? C'est une vraie question qui est aujourd'hui posée, elle est abrupte cette question. Certaines entreprises, Ryanair par exemple, ou de Richebourg par exemple, entreprises fragilisées par la crise, se posent cette question. Frédéric Simotel d'abord. Bonjour. Est-ce une solution à envisager ? C'en est une, mais ce n'est pas la seule. Il faut regarder ce travail. C'est vrai, vous l'avez dit, on va le rappeler. Ryanair l'a annoncé hier.

Ils menacent de licencier des pilotes et des personnels navigants, à moins qu'ils ne consentent un effort collectif à réduire leur salaire pendant 5 ans de 10 à 20%. Du Richebourg Aeronautics, les négociants ont commencé. C'est un sous-traitant d'Airbus et de Dassault, donc on comprend qu'en ce moment, ça va mal dans cette filière. Et lui, c'est 700 suppressions d'emplois, mais il met une condition. Il dit, si vous acceptez qu'on ragne un peu votre 13e mois, votre RTT, peut-être qu'on pourra faire quelque chose. Et puis, il y en a d'autres. Il y a le journal Équipe aussi, selon son intersyndical. Alors, il faut déjà savoir, première chose, tout ça est absolument légal.

On entre dans les accords de performance collective. C'est un dispositif dont la durée d'application ne peut pas excéder 5 ans. Et surtout, dans la conjoncture actuelle, quand la conjoncture est compliquée, qui peut être en vigueur. Donc, c'est la baisse de rémunération, réaménagement du temps de travail, des RTT, modification de l'organisation du travail. Tout ça doit quand même respecter le code du travail. On ne peut pas descendre non plus dans les minimas sociaux. Et puis, il faut que les organisations syndicales soient d'accord. Et puis, en contrepartie, il faut évidemment que l'entreprise s'engage à ne pas licencier ou à réduire son plan de licenciement.

Donc, si ces engagements ne sont pas respectés, l'entreprise devra verser des indemnités à ses salariés. Dites-moi, n'est-ce pas quand même une forme de chantage à l'emploi ? Frédéric Simotel, je veux bien tout ce qu'on veut, mais... C'est quand même clairement... Les syndicats dénoncent ça, et c'est vrai que ça y ressemble quand même sérieusement. Et puis surtout, les syndicats font écho à ce qui s'est déjà passé en 2015. L'usine Smart en Marseille... Ah oui, je me souviens, oui. Elle avait dit, si vous travaillez 39 heures, eh bien, on ne fermera pas, on ne fera pas de suppression d'emploi. En réalité, 4 ans plus tard, l'usine a été délocalisée en Chine.

On a vu ça chez Bosch, chez Peugeot Cycle. On a vu ça à l'usine continentale à Clairrois en 2007 aussi. On le disait aux gens, vous allez baisser vos salaires et on va continuer à préserver les emplois. Et finalement, le site a fermé. Alors Muriel Pénicaud, elle, elle le dit, elle dit que c'est une solution, il faut envisager ça. Mais on sent bien que quand on interroge des économistes, des experts dans ce domaine, ils disent tous, c'est une solution, mais il faut vraiment réfléchir à autre chose. Il vaut mieux réfléchir à des primes à l'embauche pour des jeunes. Il vaut mieux réfléchir à allonger le temps de travail alors sans forcément jouer sur l'augmentation.

Ce qui est peut-être un peu compliqué aujourd'hui parce qu'il faut attendre les quartiers. Baisser les salaires pour relancer l'économie, ça me paraît quand même assez curieux. Parce que baisser les salaires, ça freine la consommation. C'est vraiment la fausse bonne idée. Merci, merci Frédéric Simotel. Pierre est à Saint-Pé sur Nivelle dans les Pyrénées-Atlantiques. Salut Pierre. Bonjour Jean-Jacques. Ça va, vous êtes conducteur de travaux, ça va Pierre. Qu'est-ce que vous vouliez nous dire ce matin ? Oui, ça va bien, oui. Allez-y.

21:12
Auditeur

Je voulais vous dire que hier, vos auditeurs ont parlé de la rune et de l'antenne RMC. Donc je vous ai envoyé 2-3 photos ce matin.

21:20
Présentateur

Oui. Et c'est avec plaisir que je vous amènerai à la voir en réalité si vous venez dans le coin. Ah ben ça, évidemment. Évidemment. Super, hein ? C'est super. Est-ce que les photos vous ont plu ? Oui, elles sont à l'antenne RMC Découverte. Ah ben super. Je ne peux pas les voir, mais tant mieux. Mais c'est absolument magnifique. Vous êtes monté, donc. Oui, c'est ça. Ah ben bravo. Bravo. Je voulais vous faire de nos travaux. Vous n'avez pas peur de monter haut. C'est ça. On essaie d'aller toujours plus haut. Bon, merci beaucoup Pierre. D'aller toujours plus haut. Et merci vraiment. Il est 8h, Alexis. Bonne journée. Ça, c'est une contribution de nos auditeurs.

Nos auditeurs qui sont formidables, je le dis tous les matins, comme toute l'équipe d'ailleurs. Et les téléspectateurs de plus en plus nombreux sur RMC Découverte. Toute l'équipe que je remercie pour cette belle matinée. Avant de recevoir Jean-Michel Blanquer, Quentin Vinet, dans les écoles, le protocole sanitaire va rester le même ou pas ? Oui, ça reprend aujourd'hui avec exactement les mêmes conditions. Masque obligatoire pour les enseignants, pour les collégiens quand les distances ne peuvent pas être respectées. Obligatoire aussi pour les lycéens, là où ça reprend aujourd'hui. Au moins un mètre d'écart entre les bureaux.

En théorie, 16 personnes maximum dans une salle de 50 mètres carrés. Pas de jeu de ballon ou de jeu de contact à la récréation. C'est écrit dans les fameux guides du 60e ou de page. On ne connaît pas à souplir quand même ces mesures. Je vais en parler à Jean-Michel Blanquer dans un instant. Vous savez que je vous fais gagner. Je vous offre sur RMC Découverte un an de course. 500 euros tous les mois pendant un an, soit 6 000 euros. Pour cela, vous répondez à une question toute simple. Deuxième tour des municipales qui aura lieu quand ? En juin, ce mois-ci ou en septembre ? Si vous avez la bonne réponse, vous envoyez un pour juin et deux pour septembre par SMS au 7 32 16.

Le gagnant ou les gagnantes sera tiré au sort le vendredi 12 juin. Parmi tous les gagnants des questions posées chaque jour, il est 8h27. Jean-Michel Blanquer, notre invité dans un instant. RMC Bourdin Direct, Jean-Jacques Bourdin. Notre invité Jean-Michel Blanquer, ministre de l'éducation nationale. Bonjour. Merci d'être avec nous. Les terrasses, les bars, les cafés, les résidences, c'est bien. Mais enfin, l'école, c'est important. Et c'est même très important. Est-ce que tous les élèves primaires, collèges, lycées, retourneront en cours avant les vacances scolaires le 4 juillet ? Toutes les écoles, tous les collèges et tous les lycées ont vocation à ouvrir d'une façon ou d'une autre.

Et tous les élèves ont vocation à revenir même un peu dans leur école, leur collège et leur lycée. Et tous les élèves reviendront même un peu ? J'aimerais que ce soit le cas. Après, vous savez, il peut y avoir des exceptions. Déjà, parfois, ça dépend de certains élèves qu'on a encore du mal à aller chercher, si je puis dire. Et puis, d'autre part, il peut y avoir tel ou tel problème localement. Mais ce qui est difficile dans ce mois de mai et ce mois de juin, c'est d'avoir tous les élèves ensemble. Vous le savez bien, puisque le protocole sanitaire nous oblige à souvent fonctionner par roulement. Et ce roulement doit permettre au maximum d'accueillir les élèves.

D'autant plus qu'au mois de juin, nous commençons à déployer un dispositif conçu avec les mairies, qui est un dispositif qu'on appelle sport, santé, culture, civisme, et qui permet d'avoir des activités en plus de l'école, aux heures de l'école. C'est un dispositif qu'aujourd'hui ne rencontre pas un succès formidable, 200 communes. Oui, parce que c'est le début. 200 communes en deux semaines. De 36 000. Oui, mais d'abord, certaines des communes qui commencent à signer sont des grandes communes, donc ça va représenter beaucoup d'enfants. Et d'ici à la fin du mois de juin, vous verrez que ce sera monté en puissance assez fortement. Bien.

Jean-Michel Blanquer, je vous disais cela parce qu'il y a des parents, et je les entends et je les vois, et je lis les messages des parents qui demandent à ce que leur enfant puisse aller à l'école, aujourd'hui. Et c'est un vaste problème. Est-ce que vous allez alléger le protocole sanitaire ? Au mois de juin, c'est difficile, puisque... Donc vous ne l'allégerez pas au mois de juin ? Vous savez, on a parfois un peu la mémoire courte, parce que le protocole sanitaire, il a été élaboré il y a moins d'un mois. Et il y a moins d'un mois, souvenez-vous du débat qu'il y avait. Le débat, c'était, on me reprochait de vouloir rouvrir les écoles.

Aujourd'hui, on me reproche que ça n'aille pas assez vite et assez loin, alors que c'est un processus très complexe. Bien entendu que la situation est imparfaite. Mais nous avions deux grands objectifs. Le premier, c'est le retour à l'école, parce que l'école, c'est fondamental. Puis le deuxième, c'était des garanties sanitaires, puisqu'il faut continuer, évidemment, à être prudent avec le virus, même s'il circule moins maintenant. Mais il est quand même toujours là. Donc il est normal de maintenir ce protocole sanitaire strict. C'est d'ailleurs la condition de la confiance. Ce que j'espère, c'est que nous serons capables de... Mais ça, ça dépend de l'évolution de la situation épidémique.

Vous pourriez l'alléger courant septembre ? Non, je pense que c'est plutôt pour la rentrée. Il ne sera pas allégé. Il ne sera pas allégé pour septembre. Je l'espère. Imaginez que l'événémie reparte, ce ne serait pas le cas. On l'espère aussi. Mais si les choses évoluent bien, continuent à évoluer positivement comme c'est le cas actuellement, alors oui, il faudra l'alléger certainement. Donc pas d'allègement du protocole sanitaire avant la fin de l'année scolaire et allègement probable en septembre. Voilà pour résumer. J'ai résumé la situation. Vous l'avez bien résumé ?

Sachant que nous nous préparons à tous les scénarios pour septembre, que ce soit celui avec un allègement du protocole sanitaire. Avant d'entrer dans les détails collège, école, collège, lycée, je voudrais quand même, encore une fois, relayer les inquiétudes de nombreux parents. Mais que répondez-vous à ces parents qui ont leurs enfants à la maison et qui ne peuvent plus, parce qu'au bout d'un moment, c'est bien l'enseignement en distance, mais c'est mieux d'être en classe et qui ne peuvent plus les garder pour des raisons, parce qu'ils ont repris le travail. Que leur dites-vous ce matin ? Et pourquoi est-ce que nous nous retrouvons dans cette situation, au-delà du problème sanitaire ?

Pourquoi ? Alors d'abord, un, je leur dis que je les comprends, je vois très bien dans les situations ils sont. Deux, la situation est nécessairement imparfaite. On ne passe pas d'une situation de fermeture complète des écoles et la situation que nous avons tous connue à une situation où du jour au lendemain, on réussit à ouvrir avec un protocole sanitaire strict. On n'a jamais prétendu que ça allait être plein et complet et qu'on réussirait tout, tout de suite pour tous les enfants. C'était déjà quelque chose de considérable que de réussir à rouvrir. Si nous nous comparons aux autres pays européens, nous sommes parmi ceux qui le faisons le plus, le mieux.

Maintenant, j'ai clairement dit que le mois de mai était un mois d'amorce, c'est-à-dire commencer progressivement à faire rentrer notamment les écoliers et un peu les collégiens. Maintenant, le mois de juin, c'est un mois de consolidation, c'est-à-dire qu'on va avoir plus d'écoliers qui viennent, plus de collégiens, plus de lycéens. Nous rectifions le tir chaque fois que nous voyons qu'il y a trop peu d'élèves qui sont accueillis dans une école, par exemple. Est-ce que des écoles pourraient accueillir davantage d'élèves ? Franchement. Oui, c'est ce qui se passe d'ailleurs. Chaque jour, nous faisons progresser ce point-là.

Souvent, nous comparons certaines écoles entre eux ou certaines communes entre elles. Par exemple, on voit parfois qu'il y a des groupes qui sont trop petits. Parfois, on est allé un peu trop loin dans la constitution de groupes petits. Vous avez, par exemple, 6 ou 7 élèves dans la classe alors que le maximum, c'est 15. Donc, on peut encore progresser. Et c'est un travail qu'on fait au quotidien avec les directeurs et les directrices d'école. Maintenant, avec les principaux de collège et les proviseurs. Est-ce que vous n'êtes pas indulgent avec les enseignants qui exercent leur droit de retrait, qui disent « Oh non, on n'ira pas travailler avant septembre.

» Non, il n'y a pas d'enseignants qui ne soient pas au travail. Les enseignants qui ne sont pas là sont dans le travail à distance. Mais certains ne veulent pas revenir dans les établissements. Certains peuvent avoir des raisons valables, des raisons de santé. Ou même quand vous avez dans votre famille, dans votre foyer, quelqu'un qui est fragile par sa santé. Donc, nous avons quelque chose qui, aujourd'hui, est ajusté au nombre d'élèves puisque nous n'avons pas tous les élèves à la fois. Nous n'avons pas non plus tous les professeurs à la fois. Mais c'est le premier facteur qui doit être la condition du deuxième et pas l'inverse.

Et donc, évidemment, nous travaillons au retour progressif des professeurs. Mais là, c'est pareil que dans d'autres domaines. Le retour, il est forcément progressif. Et puis, tous les professeurs qui ne sont pas là sont en télétravail pour assurer l'enseignement à distance avec les élèves. Alors, je ne vous dis pas, encore une fois, que tout est parfait partout. Je ne l'ai jamais prétendu. À Paris, par exemple. Mais c'est déjà, encore une fois. Je le redis. À Paris, par exemple, vous avez souligné le manque d'entrain, entre guillemets, de la municipalité.

À certains endroits, je pense que la mobilisation, notamment du personnel, parce que parfois, ce qui fait que l'accueil est restreint, c'est le manque de personnel aussi, de la collectivité. Donc, à Paris, c'est ce que j'ai pu constater dans plusieurs endroits où les enfants étaient insuffisamment accueillis. C'est pour ça que je l'ai signalé la semaine dernière à la mairie de Paris. Et en réalité, depuis le début du processus, parce que je pense qu'on peut faire mieux à Paris. Et c'est une question de dialogue entre le rectorat et Mme Hidalgo. Mais j'espère qu'elle va travailler à cela parce que pour l'instant, c'est vrai qu'à Paris, la situation mérite des améliorations. Oui.

Manque de volonté. Manque de volonté, Non, je pense que parfois, c'est une demande en forme de... On fait passer un message politique sur le dos des enfants ? Écoutez, j'espère que ce n'est pas ça. Non, j'espère que ce n'est pas ça, tout simplement. Oui, vous espérez que ce n'est pas ça. Mais vous pouvez le penser. En tout cas, nous avons tous intérêt à ce que le maximum d'enfants aillent à l'école. Et c'est à cela qu'on doit travailler sans polémique. Bien. Collège, 95% rouverts en zone verte. Sixième et cinquième par petits groupes, c'est bien cela ? Oui, c'est ça. Tout à fait. Quatrième et troisième aujourd'hui ? Les quatrièmes et troisièmes commencent à rentrer en zone verte.

Et les sixièmes et cinquièmes commencent à rentrer en zone rouge. Bien. En zone rouge, oui. Quatrième, troisième, en zone orange ? Oui, les quatrièmes et troisième. Est-ce que les quatrièmes et troisièmes vont avoir des heures de cours avant la fin de l'année ? Oui. La réponse est clairement oui. Simplement, on commence par les sixièmes et les cinquièmes. Donc, c'est ce qui commence cette semaine. Et puis, les quatrièmes et troisièmes de zone orange, c'est-à-dire notamment Paris, la région parisienne, et puis Mayotte, vont pouvoir commencer à rentrer... Parce que Jean-Michel Blanquer, on les retrouve notamment en Ile-de-France, en quatrièmes et troisièmes. C'est vrai.

Et donc, c'est pour ça qu'il faut que les quatrièmes et troisièmes rentrent dans un temps très proche aussi, bien sûr. Vous avez tout à fait raison. Et d'ailleurs, en réalité, avec pragmatisme, nous demandons aux principaux de collège d'être capables éventuellement d'accueillir des décrocheurs de quatrièmes et de troisièmes par petits groupes. Déjà. Quand c'est possible, bien sûr. Quand c'est possible.

Vous savez, mon principal message vis-à-vis des acteurs, que ce soit ceux de l'éducation nationale ou ceux des collectivités locales et aux parents aussi, c'est qu'on doit faire revenir les enfants au maximum et on doit avoir une attention particulière aux élèves les plus défavorisés ou en tout cas ceux qui ont le plus de difficultés scolaires. Alors, pour le décrochage aussi en lycée professionnel, on le sait. Oui, tout à fait. Quel est le taux aujourd'hui de décrochage en lycée professionnel ? Parfois, ça peut être autour de 20%. La moyenne nationale est à 4% sur l'ensemble des élèves. Mais en lycée professionnel, c'est légèrement au-dessus de 20%. Donc, on doit...

Et dans certains endroits, c'est plus que cela encore. Donc, il y avait une urgence des lycées professionnels. Je l'ai dit et répété très fortement depuis plusieurs semaines et c'est pour ça que j'étais content qu'on puisse prendre cette mesure d'ouverture des lycées professionnels. C'est désormais une réalité. Et là aussi, mon message aux proviseurs, c'est le volontarisme au service de nos élèves. 643 000 jeunes, 40% des lycéens, le lycée professionnel. On l'oublie souvent. Malheureusement, on en parle beaucoup moins. On en parle toujours au maximum. Oui, non, mais c'est vrai. Alors là, lycée professionnel ouvert, tous ouverts. On est d'accord ? Oui, tous ouverts.

À partir d'aujourd'hui, tous ouverts. Alors parfois, c'est la pré-rentrée aujourd'hui et en zone orange avec des flux qui sont plus légers. Mais le principe, c'est tous ouverts. Et en zone orange, lycée généraux, comment ça va se passer ? Là aussi, ils sont tous ouverts, mais pour des entretiens individuels. Si vous voulez, il va se passer au mois de juin, notamment pour les lycéens, quelque chose de différent de ce qui se passe habituellement. Moins d'heures de cours, mais plus de personnalisation. Des entretiens individuels, une projection dans l'année prochaine puisqu'il faut faire le point sur là où ils en sont. C'est-à-dire qu'un élève aura un entretien avec son prof. Voilà, exactement.

Comme un cours individuel. Oui, comme un entretien à la fois pour faire le point de bilan de compétences d'une certaine façon et puis conseil pour la suite. Et ça peut être extrêmement précieux. Notre objectif, c'est d'avoir un raisonnement sur deux années maintenant. C'est-à-dire, il y a l'année 2019-2020 qui a été très particulière. Et puis, on a l'année 2020-2021 qui est maintenant une année où on permettra de rattraper certains retards et de tenir compte de ce qui s'est passé précédemment. Les internats seront tous ouverts ? Oui, mais selon le protocole sanitaire qui est assez strict aussi. Parfois, dans certains cas, ça va amener à ne pas ouvrir l'internat.

Mais l'objectif, c'est qu'ils soient tous ouverts et en respectant le protocole. Les enfants handicapés, je ne les oublie pas, seront-ils tous accueillis ? Ils ont vocation à être tous accueillis. Chaque handicap est un cas particulier. Mais nous avons évidemment voulu... Est-ce qu'ils sont prioritaires ? Ils sont prioritaires. Affichés comme tels depuis le début. À partir de cette semaine, nous aurons réouvert ce qu'on appelle les ULIS, donc les unités qui sont spécialisées pour l'accueil des élèves en situation de handicap. Donc 100% des ULIS doivent avoir ouvert cette semaine, sachant qu'on est déjà à 80%. Mais l'objectif, c'est effectivement cet accueil prioritaire.

Certains handicaps rendent les choses peut-être parfois plus compliquées pour qu'on réussisse cette intégration. Mais l'objectif est là et nous avons beaucoup travaillé avec Sophie Cluzel et le monde associatif pour que ce soit une réalité sur le terrain avec la mobilisation de nos AESH, de nos accompagnants, pour revenir le plus possible à la normale, sachant qu'on revient de loin sur ce sujet avec ce qui s'est passé. Alors j'imagine que vous préparez déjà la rentrée. On en parlait tout à l'heure, évidemment, que vous la préparez.

Concertation, je crois, avec tous les partenaires sociaux, avec les associations d'élus, les parents d'élèves pour bien préparer cette rentrée, pour que tous les cours soient assurés dans de bonnes conditions. Oui. L'objectif, c'est d'être dans une concertation maximale. C'est ce qui va caractériser ce mois de juin. C'est une concertation très large avec les organisations représentatives, avec les parents d'élèves, avec les élèves eux-mêmes d'ailleurs, les élus bien sûr, pour préparer cette rentrée du mois de septembre avec les différents scénarios, en tirant aussi les enseignements de ce que nous avons vécu avec la période de confinement.

Je pense en matière numérique en particulier, tous les progrès que nous pouvons faire. et puis je pense aux pratiques sportives et culturelles. Nous voulions de toutes les façons, indépendamment de cette crise, développer le sport et la culture à l'école. Et donc, vous voyez, au cours de ce mois de juin, vous aurez des petits groupes d'élèves de 15 qui vont aller au musée. Est-ce qu'on peut imaginer un jour ce qui se fait partout, pas partout, mais dans de nombreux pays, c'est-à-dire des études jusqu'à 12h ou 14h et puis ensuite du sport ? Oui, bien sûr. C'est un objectif ? C'est un objectif, oui. On a lancé une première expérimentation l'année dernière qui concerne quelques établissements.

On l'a fait avec Roxana Maracine et à nous pour que aussi les acteurs du sport s'impliquent là-dedans. Il y a la dynamique Paris 2024 qui fait qu'on crée de plus en plus de sections sportives, que l'on veut développer le sport à l'école. Une sorte de mi-temps. Est-ce qu'un jour, on peut imaginer des enfants en France, des enfants en France avoir un mi-temps ? Alors, mi-temps, pas au sens où il y aurait une diminution des heures de cours parce que, vous savez, mon grand principe, c'est quand même de maintenir une forte exigence et que mon objectif, c'est de rehausser le niveau. Mais on rehaussera d'autant mieux le niveau que les enfants seront épanouis.

D'où l'importance des activités sportives plus importantes que ça n'est le cas aujourd'hui et puis les activités culturelles. Et donc, aller au musée, profiter du conservatoire local. La musique, par exemple, est essentielle aussi. Donc, c'est pour ça que je mets ensemble ce sujet sport et ce sujet culture. L'école doit être un plaisir, le plaisir d'apprendre parce qu'on se structure l'esprit, on apprend des choses et puis, en même temps, on s'épanouit avec les autres, d'ailleurs, avec du sens du collectif. C'est l'objectif de l'école et il se résume ainsi. Et donc, la place du sport et de la culture vont se développer.

La crise nous oblige un peu à accélérer ce qu'on devait faire de toute façon sur ce sujet. École ouverte, colonie apprenante, parcours buissonnier, accueil de loisirs apprenants. Ça, ce sont de jolis mots. Aligner les uns derrière les autres. Oui, mais moi, j'ai une question simple. Qui va enseigner aux enfants ? Ça, c'est pour cet été. On est bien d'accord. Mais qui va enseigner aux enfants ou qui va les encadrer ? Alors, il y a plusieurs catégories d'encadrants mais il y aura fondamentalement dans une grande et belle tradition de l'éducation nationale des professeurs volontaires et puis, d'autre part, les éducateurs qui ont déjà l'habitude évidemment d'encadrer les colonies de vacances.

Donc, c'est tout un travail que nous faisons avec les associations qui gèrent cela ou aussi avec les collectivités locales pour avoir des nouvelles formes de colonies de vacances qui tiennent compte là aussi de ce qui s'est passé. C'est-à-dire qu'il puisse y avoir dans certains cas même du soutien scolaire. Nous allons avoir l'opération école ouverte qui fait qu'on va avoir des écoles, des collèges et même des lycées pros justement qui seront ouverts pendant l'été. On va faire un été pro. Ça voudra dire que vous aurez certains lycées pros qui seront ouverts avec des ateliers, un atelier de cuisine, un atelier de menuiserie, un atelier de charpenterie.

Tout ça pour arriver à ce que d'abord certains rattrapages puissent se faire, qu'on puisse valoriser l'enseignement professionnel et puis qu'il y ait des élèves qui n'étant pas en vacances puissent quand même avoir des activités. Et puis, il va y avoir ce que vous avez appelé les parcours buissonniers. Ce sera une façon très originale d'inventer des nouvelles colonies de vacances en petits groupes, c'est-à-dire des enfants qui partent sous la tente, souvent, en milieu rural, dans leur région. Il y aura du soutien scolaire aussi. Si j'ai un enfant qui est en difficulté, il pourra aller à l'école la plus proche ou au collège le plus proche pour avoir du soutien scolaire. Absolument.

Et vous aurez du soutien scolaire notamment la dernière semaine d'août pour les élèves de CM2 en particulier, mais même pour tous les élèves de l'école primaire. Bien. Les concours de l'éducation nationale, je voudrais vous poser une question parce que là aussi j'ai été interpellé. Pas d'oral pour les candidats aux concours externes, mais oral pour les candidats aux concours internes. Il y a là une vraie différence, franchement, une inégalité. Est-ce que vous pouvez nous annoncer ce matin que les admissibles aux concours internes seront admis ?

Les admissibles aux concours internes, alors c'est peut-être un peu difficile à comprendre pour nos auditeurs, mais ce sont des personnes qui travaillent déjà pour l'éducation nationale, soit parce qu'ils sont contractuels, soit parce que par exemple ils ont un CAPES et qu'ils veulent avoir une agrégation. Donc c'est ces personnes que je regarde avec beaucoup d'attention qui sont aujourd'hui 8000 admissibles. Qui ont envie en plus. Qui ont envie d'enseigner. Bien sûr, mais en même temps c'est mon devoir d'avoir une certaine exigence pour leur entrer dans le métier.

Donc on est en train d'arriver à une solution qui permettra d'avoir à la fois les admissibles, la première moitié admise et les autres sur une liste complémentaire, ce qui permettra de recruter une bonne partie d'entre eux tout au long de l'année. 4000. 4000, puisqu'ils sont 8000 admissibles, il devait y avoir 4000 admis à la fin, à la rentrée, la moitié. Et donc nous allons avoir un système qui permet d'éviter d'avoir cet oral de septembre. J'ai entendu ce qu'il me dit. Il n'y aura pas d'oral donc ? Non, parce que tout simplement on a discuté, on a regardé comment faire. L'objectif, vous savez, c'est à la fois la bienveillance et l'exigence. Alors combien d'admis ?

La moitié, c'est-à-dire 2000. Non, c'est 4000 et sur les 8000. Bon, d'accord. Voilà une bonne nouvelle. Bien, j'ai une autre question. Les fameuses primes, jusqu'à 1000 euros, vous avez dit. Combien ? 60, 65 000 personnels de l'éducation nationale. Jusqu'à 1000 euros. C'est-à-dire qu'il y aura des primes de 330, 660 et 1000 euros. Exactement. Exactement, c'est bien cela. À qui ? C'est déjà pour tous les professeurs qui se sont investis dans l'accueil des enfants de personnel soignant. Oui.

Chacun le sait, pendant toute la crise, pendant les deux mois de confinement, tous les jours, y compris le samedi et le dimanche, vous aviez les enfants de soignants qui étaient accueillis dans les écoles, parfois les collèges, et nous avons ainsi pu traverser la crise grâce à ces professeurs investis. Il est normal aujourd'hui de les remercier. Verset quand cette prime ? Alors, je ne voudrais pas trop avancer parce que les histoires de paie sont toujours compliquées, mais je crois que ça devrait être sur la paie de juillet, mais je dois vérifier ce point.

À propos de rémunération, parce qu'il va bien falloir reposer la question, regardez encore les chiffres, ce sont des chiffres du ministère, 42 dollars pour un enseignant français par heure d'enseignement. 42 dollars, c'est en dollars. C'est incroyable. D'accord, mais bon, dernière étude, 49 pour un italien, 56 pour un portugais, 68 pour un néerlandais, 93 pour un allemand, presque le double. Presque le double. Moyenne de l'OCDE, 56 dollars. Moyenne de l'Union européenne, 55 dollars. Nous sommes en dessous de tout. C'était compris dans la réforme des retraites. La négociation était englobée dans la réforme des retraites. Est-ce que vous allez la reprendre ?

Oui, bien sûr, je vais la reprendre en cette fin d'année scolaire, maintenant que les choses reprennent leur normal, d'ici à la fin du mois de juin, de façon à ce qu'on ait des discussions avec les syndicats, qui d'ailleurs, non seulement concernent le sujet de la rémunération, mais plus généralement l'exercice du métier. On a dit tout à l'heure sur l'épanouissement, ça vaut aussi pour les professeurs, il faut que leurs conditions de travail soient meilleures. On a des sujets, par exemple, de médecine, du travail, on a des sujets d'organisation du temps. Simplement, il faut que ce soit dans une vision complète est systémique pour tout simplement moderniser notre école.

Donc, il faut mieux payer nos professeurs et il faut le faire aussi dans le cadre d'une carrière plus souple où ils peuvent davantage faire de choix. Négociation salariale ouverte, globale, on est bien d'accord, dans ces conditions de travail, rouverte avant le mois de juin, on est bien d'accord, on la sort de la réforme des retraites. Oui, il y avait depuis le début, la réforme des retraites, d'ailleurs, où est-elle cette réforme ?

Alors, je ne suis pas ministre des Affaires Sociales, et bien sûr, il y aura des décisions à prendre en la matière, et il ne faut d'ailleurs pas jeter le bébé avec l'eau du bain, mais par contre, ce qui est certain, c'est que le sujet de la rémunération est un sujet qui se posait en soi et que nous allons donc reprendre tranquillement avec sa dimension indépendante. Il y avait une dimension dépendante des retraites, c'est vrai, mais il y a une dimension indépendante des retraites pour notamment valoriser les débuts de carrière. Je suis très attentif à ça, ne serait-ce que pour l'attractivité du métier pour les jeunes, et donc les salaires des plus jeunes doivent augmenter.

Vous n'êtes pas et vous avez dirigé une grande école de commerce qui s'appelle l'ESSEC. Est-ce que baisser les salaires pour relancer l'économie, c'est une bonne idée et une bonne solution ? Je ne pense pas. Le problème de la France, c'est d'avoir une productivité qui soit à la hauteur.

Donc le sujet n'est pas de baisser les salaires, le sujet c'est d'avoir une belle valeur ajoutée et donc d'être toujours dans l'innovation, d'être capable d'être les meilleurs dans un certain nombre de domaines, par exemple dans le domaine de l'automobile, dans le domaine aéronautique, dans le domaine de la chimie, d'où l'importance de réindustrialiser, d'avoir ce que nous faisions d'ailleurs bien avant la crise. On ne l'a pas réalisé à l'occasion de la crise. La France était d'ailleurs et est encore aujourd'hui le pays en Europe qui attire le plus d'investissements étrangers.

C'est une des très belles victoires du président Macron depuis qu'on est là, même si les effets après se voient dans la durée. Donc ce qui est très important, c'est tout simplement d'avoir un vrai tissu industriel en France, un vrai sens de l'innovation, de l'investissement dans l'avenir, donc dans l'éducation. Et vous savez, l'éducation et la santé peuvent être vraiment les moteurs de notre croissance future, d'une France où il fait bon vivre, à partir du moment où c'est bien réparti sur le territoire et à partir du moment où tout ceci génère une forme de nouvelle économie.

On doit aller vers une société décarbonée, une société plus écologique avec justement de nouveaux types d'industries, c'est évident. Et ce sera porté notamment par l'éducation, c'est-à-dire des citoyens qui ont une éducation qui leur permet de participer de manière forte à l'économie, mais aussi une santé forte pour tous nos citoyens. Tout ceci, ce n'est pas de la dépense, c'est de l'investissement. La santé et l'éducation, c'est de l'investissement pour le futur et c'est cela évidemment que je plaide en permanence. J'ai une dernière question, vous êtes membre de La République En Marche, est-ce qu'Agnès Buzyn ne sert pas de poudjigbol dans cette campagne municipale à Paris, franchement ?

Non, je pense qu'elle est tout simplement dans une situation de continuité, de fidélité à un engagement qu'elle a pris au début. C'est courageux, c'est difficile, on ne va pas se le cacher, mais parfois il faut faire... Nous verrons demain. Nous verrons demain à ce qu'elle en dit puisqu'elle sera mon invitée demain matin, ici même à votre place. Agnès Buzyn, il est... Merci Jean-Michel Blanquer. Merci à vous. Il est 8h55, RMC et BFM TV.