En finir avec la Françafrique : Emmanuel Macron a-t-il tenu sa promesse ? | 28 minutes | ARTE
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Emmanuel Macron veut décoincer les relations avec l'Afrique et il met de sa personne. Le sommet entre l'Afrique et la France était organisé pour la première fois dans un pays anglophone, le Kenya. Dans la sacoche du président, une enveloppe de 23 milliards d'investissements sur le continent dont 14 venant de France.
Nous croyons que l'Afrique est un continent. C'est celui qui a la plus grosse croissance au monde et donc il faut le regarder totalement différemment. Et en effet, c'est un continent que je ne veux plus que la France regarde d'un côté comme étant un précarré.
C'est fini. Depuis 2017, c'est terminé cette époque. En 2017, dès son premier mandat, Emmanuel Macron tente d'imprimer sa marque à Wagadouu.
Devant un parter d'étudiants, il livre sa vision des nouvelles relations franco-africaines. Je suis d'une génération de Français pour qui les crimes de la colonisation européenne sont incontestables et font partie de notre histoire. Avec Emmanuel Macron, les gestes symboliques se multiplient.
Restitution d'œuvres pillé. Reconnaissance des responsabilités de la France dans le génocide rwandais. Rapport sur la guerre menée par la France au Cameroun entre 1945 et 1971.
Premier président français né après les indépendances, Emmanuel Macron n'a pas perdu pour autant les vieux réflexes. Les points de friction restent nombreux à commencer par l'Afrique de l'Ouest où la série de pouches militaires qui ont eu lieu au Mali, au Niger ou encore au Burkina Faso ont débouché sur un départ des troupes françaises. On veut que la France quitte dans notre pays pour aller dans son pays.
Ici c'est Niser. pas la France. Actuellement, nous sommes là pour dégager la France.
Emmanuel Macron a profité du sommet de Néobi pour tendre à nouveau la main. Alors, cette stratégie est-elle payante ? Rompre avec le passé est si simple.
Emmanuel Macron a-t-il tenu sa promesse de renouveler les relations de la France avec l'Afrique ? Nos trois invités pour ce débat. Merriè Améal, bonsoir.
Journaliste et productrice à France 24, vous êtes aux commande du journal de l'Afrique. Vous considérez qu'Emmanuel Macron n'a toujours pas compris comment fonctionne le continent. Il est toujours dans une certaine manière dans la France-Afrique et les nouvelles générations ne supportent plus ce paternalisme.
À côté de vous, Martial Zbellinga, bonsoir économiste et sociologue. Selon vous, l'époque du précarré de la France en Afrique est terminée, mais c'est lié aux mutations de l'économie mondiale. La France a deux factos, ajoutez-vous, une place moins importante dans les économies africaines.
C'est mécanique. Et à côté de vous, Nicolas Normand, bonsoir. Ancien ambassadeur de France entre autres au Mali, au Congo, Brazaville et au Sénégal.
Votre essai, le grand livre de l'Afrique est paru aux éditions Hol. Vous estimez que le bilan d'Emmanuel Macron en Afrique est contrasté. Il n'y a pas eu de rupture sur les questions diplomatiques et militaires, mais il y a eu des avancées sur les questions économiques et on y reviendra évidemment après le sondage du jour. 93 % des Kénans ont une bonne image de la France, un chiffre tiré d'une enquête toute récente sur l'image donc de la France dans neuf pays africains.
Et regardez ce qu'il en ressort, c'est qu'aujourd'hui la France est bien mieux considérée et de loin dans les pays anglophones que dans les pays francophones. My Améal, ça vous surprend ces chiffres ou pas du tout ? Absolument pas.
C'est tout à fait normal. Il y a pas d'histoire coloniale dans ces pays de pour la France. Donc on voit la France avec un peu de recul. et et la France voit ses pays aussi avec un un certain recul.
Donc il y a pas ces relations conflictuelles comme on peut les voir, je vois la Côte d'Ivoire ou même avec le Sénégal en ce moment qui est dirigé par un président souverainiste. Donc on voit pas tout à fait on ne considère pas tout à fait la même chose la France dans ses pays anglophones. Et c'est pour ça qu'Emmanuel Macron s'y est rendu et d'ailleurs dès le début euh de son mandat, il s'est rendu au Ghana euh qui est un pays anglophone.
Il a tissé des liens avec le président de l'époque Nana Koufoado. Donc on a vu qu'il y avait cette volonté aussi de de séduire ces pays africains anglophones et de dépassionner donc la relation. Je sais pas si c'est ça la volonté, mais je dirais plus plutôt diversifié.
C'est-à-dire que je crois que la France, les relations entre la France et l'ancien précarré ont atteint un maximum. C'est-à-dire qu'elles ne peuvent probablement pas aller beaucoup plus loin, en tout cas en terme économique et cetera. Et on est plus dans un temps aujourd'hui qui a un temps, je dirais vous avez dit souverainiste, un temps décolonial plus global.
C'est-à-dire que les questions mémorielles, les questions historiques, les questions euh d'extractivisme et cetera sont mises au premier plan. De telle sorte qu'à mon sens, la politique qui est considérée comme la politique africaine de la France, elle va être de plus en plus faite à la demande des Africains et par les Africains quasiment. Nicolas Normand en même temps cette ce choix du Kenya c'est aussi pour Macron d'une manière de concrétiser ce qui dit la fin du précarré de la France en Afrique.
C'est aussi cela qu'il voulait signifier. Alors les le président Macron comme ses deux prédécesseurs ont annoncé la fin de la France Afrique des changements radicaux dans la politique africaine. Rappelez-vous Sarkozy en 2007 il avait fait de la fin de la France de la fin de la France-Afrique un objectif officiel de la politique de sa politique.
Même chose pour ensuite François Hollande et en fait ils n'ont rien changé et de nouveau Macron n'a rien changé parce que qu'est-ce que la France Afrique pour les Africains ? C'est la présence de base militaire. C'est des expéditions militaires françaises dans le précarré en Afrique francophone.
C'est le franc CFA et c'est des injonctions, des ingérences dans la politique interne. Or le président Macron a répété tout cela. Il a maintenu les bases militaires.
Il a maintenu Barcan sans faire aucune critique de l'opération Barcane, c'est-à-dire de la présence militaire de Il a même augmenté le nombre de soldats français. il est passé de 4500 à plus de 5000 euh militaires français dans le Sahel. Euh et en plus, il n'a pas du tout envisagé la fin de cette opération.
Il aurait dû au minimum faire le bilan et essayer de de voir s'il fallait continuer de la même manière. Mais Myam, si on regarde en terme d'économie, on va voir que les les principaux partenaires commerciaux, ce sont plus les pays d'Afrique francophone. C'est le Nigéria, c'est l'Afrique du Sud puis la Côte d'Ivoire seulement.
C'est assez important le différentiel. Voilà, il y a quand même une évolution, non ? tout de même dans les relations que la France nous maintenant avec le continent africain, il y a il y a eu une évolution, il y a eu aussi une dégradation des relations avec les pays qui ont abouti aussi sur ce ce on va dire ce manque d'investissement ou le recul de la France par rapport à d'autres puissances.
Donc on va se rattraper avec des pays anglophones, on peut se rattraper. C'était aussi l'objectif au Ghana. Alors le Ghana, je l'ai pas dit tout à l'heure, mais c'est un pays anglophone entouré de pays francophones.
Donc c'était très intéressant d'un point de vue économique aussi parce que beaucoup de gens parlent français au Ghana et que ça pouvait aussi d'un point de vue linguistique parce que la langue française aussi recule, faut pas l'oublier. C'était il y avait un objectif linguistique mais aussi économique au Ghana. C'était vraiment un pays très intéressant, mais c'est vrai euh que c'est plus facile aujourd'hui pour la France d'investir dans ces pays euh parce que il y a pas cette relation conflictuelle, il y a pas cette histoire, cette question mémorielle euh que dans d'autres pays où il y a eu des avantages, je pense au Sénégal avec la pêche par exemple où les pêcheurs sénégalais étaient désavantagés par rapport au aux pêcheurs de l'Union européenne.
Donc il y a eu tout tous ces toutes ces choses, tous ces avantages qu'avait la France et dans ces pays qui ont fait que les les les nouveaux présidents, je pense à Bassir Mifi qu'on voyait tout à l'heure sur les images, président sénégalais, souverainistes ou même les populations disent stop maintenant, on veut du gagnant gagnant, on veut surtout que c'est une nouvelle génération qui n'a pas vécu ils ne veulent plus ces pays africains de relation à sens unique avec la France. écouter ce qu'on dit le président Kenan William Rutsibilities relationship is not going to be one we will be expecting from France as they will be expecting from us and they will be giving as much as we are keep giving that is the win win you know mutually beneficial relationship Marcel Zbellinga voy voilà un dirigeant fringuin qui dit voilà on est maintenant dans une relation de gagnant gagnant et d'ailleurs il salue que la France va investir 14 milliards d'euros pour aider l'Afrique à être plus souveraine et non pas être dans l'aide pure et simple comme cela était le cas auparavant avec les les prêts qui lui étaient accordés. Est-ce qu'il y a un changement ou pas ?
Là en fait difficile à dire. Vous avez pris le cas du Nigéria, faut faut comprendre une chose, c'est que en réalité depuis euh depuis depuis la période coloniale, les principaux investissements sont des investissements de matière première. C'est-à-dire que l'Afrique reste malheureusement dans une configuration assez précise qui est une configuration coloniale au sens économique du terme, c'est-à-dire on exporte des matières premières et on importe des biens, les services manufacturés.
C'était exactement le cas avec le Nigé. Exactement. C'est exactement le cas aussi avec le Nigéria.
C'estàd il y a une diversification de des partenaire géographique parce que le Nigé c'est quand même un des plus grands producteurs aussi. Euh euh et ça fait très longtemps hein que la France a ses relations de pétrole avec le Nigéria. Ça date pas d'aujourd'hui.
C'est pas c'est pas lié au contexte actuel, c'est beaucoup plus ancien. Donc euh il reste en fait cette cette économie euh disons euh un peu coloniale après la colonie euh justement qui fait que il y a un butoir dans l'évolution des relations entre la France et les pays africains. C'estàd que quand vous regardez pas que la France he l'Union européenne quand vous voyez comment les économies sont configurées, les africains ont plus besoin aujourd'hui de transformer leurs économies, de les industrialiser, d'aller vers du contenu local et cetera et cetera.
Et c'est cette relation là, il la trouvent beaucoup moins avec les pays européens dont la France. Ils vont la plus la trouver avec l'Asie, avec aujourd'hui la Turquie et cetera et cetera. Ce qui fait que quand on parle justement de cette relation qui change, elle change mécaniquement par la force des choses et parce qu'on est dans un temps qui est un temps de décentrement, un temps décolonial, un temps comment dire de où se provincialise aussi les relations.
On ne peut plus avoir des relations de un peu de maître à à esclave malheureusement ou de de patron à voilà exactement. Nicolas Normand, il y a aussi les mots qui changent Emmanuel Macron, il ne parle plus tant d'aide mais plutôt d'investissement. Est-ce que ça c'est une manière un peu moins paternaliste de considérer le continent africain ?
Mais malheureusement, on appelle toujours agence française de développement et on parle toujours d'aide au développement. Donc on n pas changé ces termes qui sont un peu humiliants parce que la main qui donne est au-dessus de la main qui reçoit, n'est-ce pas ? Mais pourtant les enveloppes ont réduit.
Alors et en plus alors maintenant le sommet Africa Forward qui s'est tenu aujourd'hui et hier mettait l'accent sur l'investissement et le développement des relations avec les entreprises. Ça c'est une bonne chose. Mais ce qui freine les investissements, c'est pas tellement les entreprises occidentales, c'est les conditions d'investissement en Afrique qui sont difficiles parce que il y a pas beaucoup d'état de droit souvent.
Donc, il y a des problèmes de contentieux avec les entreprises qui sont difficilement réglées. Une incertitude juridique, une incertitude même quelque fois sécuritaire et puis un manque d'infrastructure, un manque même de cadres locaux formés, donc un manque de système éducatif performant. C'est ça les vrais freins.
Ça explique que le continent africain dans son ensemble ne reçoit que 3 % des investissements directs étrangers dans le monde. Donc, c'est très peu par rapport à l'Asie qui en reçoit 40 %. H je suis pas convaincu par l'explication.
Il y a d'abord parce que vous savez dans les pays dit pauvre entre guillemets, le taux de rentabilité du capital est en général plus élevé par définition. Donc en gros, les entreprises qui sont positionnées sur les marchés africains, leur bénéfice en général est plus élevé. Donc ça veut dire que si ce n'était qu'une question de calcul économique de ce point de vue-là, euh bah elles investiraient.
Ça passe un déficit d'investissement quand même. Oui, ça pas été la réindustrialisation justement que vous appelez de vos vœux. Exactement.
Ce qui se passe, c'est que on va dire que l'Afrique historiquement est spécialisée h dans les matières premières et c'est cette spécialisation qui est dure, qui est extrêmement difficile à dépasser. C'est pour ça que aujourd'hui il y a il faut penser les choses différemment. Je suis pas tout à fait d'accord quand vous dites qu'il y avait l'aide avant, il y a jamais eu l'aide.
Il y a toujours eu l'intérêt. Il y a eu des catégories disons de de des catégories institutionnelles ou administratives qu'on appelait aide mais qui était des prêts. L'agence française de déutement fait principalement des prêts.
Donc il y a jamais eu d'aide aux africains. Par contre si on regarde bien les processus historiques, l'aide elle a pu venir d'Afrique vers le vers la France et vers l'Europe. Si on regarde si on regarde les les mouvements de matière première, si on regarde les mouvements des flux exactement financiers, si on regarde également les les flux financiers illicites parce que c'est extrêmement important de savoir que aujourd'hui on a autour de 80 milliards chaque année qui reviennent qui quittent l'Afrique et qui viennent en Occident en terme de flux financier illicite par le les le jeu de voilà.
Il faut donc corriger ce qui vient d'être dit parce que faut qu'on évoque la dimension mémor des prêts concessionnels n'est-ce pas qui sont pas un taux de marché. Donc il y a une partie budgétaire dans moi je pourrais juste dire très rapidement que Emmanuel Macron a tout de même capté quelque chose dans cette à cette nouvelle Afrique avec cette nouvelle génération qui est entrepreneuse qui est dynamique et ça c'est c'était quand même un bon début et on voit juste parce qu'il est génération génération d'après les colonies. Exactement.
Et ce qui est intéressant aussi c'est que cette jeunesse justement veut sortir de de tout cela. Moi, j'avais parlé avec des jeunes et j'avais aussi m'étais entretenu avec l'ancien président sénégalais Macky Sall qui disait "Il faut qu'on sorte de ce schéma colonial où la Côte d'Ivoire ne produit que du cacao ou euh le Bénin produit du coton. Il faut changer tout ça et c'est une nouvelle génération qui veut aussi changer tout ça." Alors on va évoquer très probable que justement ce sera pas à la à l'initiative de la France et des Européens.
C'est justement ça un on verra. Mais en attendant, on va évoquer avec vous trois et avec Anna un événement récent qui a eu lieu à l'ONU autour de la reconnaissance de ce crime épouvantable que fut l'esclavage. Oui, c'était le 25 mars.
Le NU a adopté une résolution historique qui a reconnu l'esclavage comme crime le plus grave contre l'humanité. Cette résolution, elle est non contraignante et elle a été portée par le président du Ghana, John Draman Mahama et par l'Union africaine. Et elle invite donc les États responsables de la traite, les États-Unis et l'Europe, à présenter des excuses officielles et à envisager des compensations financières dans un souci de réconciliation.
Il faut rappeler que pendant près de 4 siècles, 12 millions d'Africains ont été déracinés, enlevés de force, torturés et exploités en Amérique au profit des puissances coloniales occidentales. Est-ce que la résolution a été adoptée à l'unanimité ? An non. 123 pays ont voté pour, trois contre, les États-Unis, Israël et l'Argentine et 52 pays se sont abstenus, dont le Royaume-Uni, les pays de l'Union européenne et la France au motif qu'elle ne voulait pas créer de hiérarchie entre les crimes contre l'humanité.
Nous refusons de mettre en compétition les souffrances, a ajouté Jean- Noël Marotu, le ministre des affaires étrangères, tout en reconnaissant la nécessité d'un travail, je cite, de mémoire et de vérité sur notre passé. Et puis début avril, donc quelques semaines après, lors de la visite du président ganéen en France, l'entourage d'Emmanuel Macron a laissé entendre que Paris serait peut-être prête à ouvrir un débat maintenant sur les réparations de l'esclavage. Alors Nicolas Normand, est-ce que cette abstention de la France à l'ONU, c'est quelque chose qui a été mal vécu en Afrique ?
Oui, ça a été mal vécu. À mon avis, c'est une erreur diplomatique de s'être absten parce que le prétexte qu'il doit pas y avoir de hiérarchie dans les crimes contre l'humanité ou les ou les génocides ne tient pas. Enfin, je veux dire ce qui était important c'était de condamner symboliquement l'esclavage.
On l'a fait par des lois en France. C'est pas le seul pays qui s'est abstu. Alors, on est un des rares pays à l'avoir reconnu publiquement par des lois, n'est-ce pas ?
Donc ça c'est une bonne chose, mais il fallait fallait être cohérent avec nous-même à l'ONU. Il fallait peut-être aussi euh m'être rappelé que les pays musulmans, n'est-ce pas, ont contribué beaucoup à l'esclavage. Ça a duré quand même du 8e siècle jusqu'au 19e siècle pratiquement alors que l'esclavage occidental a duré du 15e ou 14e siècle jusqu'au 18e siècle encore.
Et Marcel Bellinga, tout de même le Emmanuel Macron a a fait tout un travail dans la restitution d'œuvre d'art. Il a reconnu la responsabilité français dans le génocide Wandé. Il y a eu des avancées tout de même mémorielles ou pas, vous diriez sous ces deux quinquen ?
Alors, je dirais que c'est peut-être le domaine dans lequel la déception va être la plus grande parce que oui, parce que en réalité, bon, si on prend la loi sur la restitution, la loi sur la restitution donne l'impression de passer d'un d'un disons d'un des restitutions qui étaient parlementarisées, on va dire. La loi dit, on ne passe plus par le parlement. OK.
Euh donc a priori, ça donne l'impression de faciliter les processus de restitution. Sauf que dans le contenu de la loi, il y a des commissions. Donc en gros, on va repasser par du au cas par cas.
On va avoir deux commissions, une commission nationale et une commission adoc. Donc on n'a pas tant avancé que ça. Et pour terminer pour l'aspect mémoriel, en réalité l'objectif qu'il y a pour les on ne peut pas administrer la mémoire, on ne peut pas administrer l'histoire et passer par des commissions, ça ne fonctionne pas.
Et il faudra criminaliser les processus devraient l'être. Ah mais là vous êtes aussi sévère que entre vois vos voisins ? Alors je suis pas sévère à 100 % parce que factuellement factuellement Emmanuel Macron en a fait beaucoup.
On peut pas le nier. Il y a eu l'Algérie, hein, même si c'est un sujet très vaste qu'on va pas aborder ici mais il y a eu voilà, il y a eu il y a eu il a fait plus que n'importe quel président de la 5e République. C'est la perception de ce qu'il a fait.
Il y a eu la le Rwanda, il y a eu le Cameroun avec la restitution des archives sur la gare du Cameroun, il y a eu l'affaire de Tiaroy aussi, même si à chaque fois euh de l'autre côté, ce n'est pas toujours bien accueilli ça parce que même si en France ça c'est considéré comme un très gros effort, de l'autre côté c'est considéré comme une miette dans ce que dans ce que ces pays rent. Mais ce qu'il faut ce qu'il ne faut pas perdre de vue, c'est que cette question mémorielle, c'est pour les pays pour les pays qui sont concernés une question d'histoire, de mémoire et cetera, mais c'est ça aussi une dimension juridique. Il y a une question de réparation.
Quand l'Allemagne a reconnu le génocide des NAMAS et des Heréros, et ben il y a eu des des compensations financières qui ont été versées aux victimes et ça c'est une question aussi qui bloque qui reste en suspend. Alors on va évoquer euh la France qui n'est plus donc le gendarme du continent et sur le continent africain avec notre archive. Regardez au Sahel en 2022.
Marche arrière. Toutes les troupes françaises entamment leur retrait du Mali après avoir été présente pendant de nombreuses années dans le cadre de l'opération Barcane et Serval. C'est la plus grande base militaire française à l'étranger.
Gao, avec une vingtaine d'hélicoptères, plus de 400 blindés et 300 véhicules lourds sera démantelé d'ici 4 à 6 mois. Au total, 2400 soldats de l'opération Barkane vont quitter le Mali après la fermeture des bases de Gossi, Gao et Menaka. Une décision annoncée ce matin par le chef de l'État alors que les relations avec la Ginte Malienne sont au plus bas.
Nous ne pouvons pas rester engagés militairement au côté d'autorité de fête dont nous ne partageons ni la stratégie ni les objectifs cachés. Une partie des forces présentes au Mali sera redéployée dans les bases déjà existantes au Niger notamment, mais aussi plus à l'ouest, au Sénégal et en Côte d'Ivoire. Une opération à haut risque alors que les manifestations antifrançaises comme celle-ci se multiplient dans la région.
Ce retrait assez spectaculaire, Nicolas Normand des troubles françaises. Est-ce que c'est un échec vous diriez là aussi de la politique d'Emmanuel Macron ou il a hérité des erreurs de ses prédécesseurs ? Alors, les deux parce qu'il a hérité euh de la des erreurs du président François Hollande qui avait lui-même prolongé l'opération Servale en 2013 jusque jusqu'à la fin de son mandat et en 2017 euh le président Macron a continué l'opération Barcane sans la remettre en cause.
Or, cette opération échouait dans ses objectifs puisqu'elle avait pas réduit le djihadisme qui s'était au contraire développé, qui avait augmenté et d'autre part cette opération a été mal perçue par les autorités locales parce que elle était beaucoup trop autonome par rapport aux autorités politiques parce qu'elle se battait séparément de l'armée malienne parce qu'elle humiliait en quelque sorte la souveraineté du Mali. Alors le président Macron a évoqué ceci lors du sommet Africa Forward de façon assez maladroite sur le Mali vousz notamment en disant qu'il était face à l'offensive djihadiste, ils ont eu tort les dirigeants ont eu tort de se débarrasser des Français. Oui.
Alors, d'ailleurs le le prés l'ancien premier ministre du Mali, Schogel Maiga, du fond de sa prison, a sorti aujourd'hui un communiqué protestant contre cette intervention du président Macron à Naéro en rappelant la vérité qui est que en fait l'opération Barcane a été stoppée par le président Macron lorsqu'il y a eu le deuxième coup d'état à Bamaco en mai 2021. Il a dit "Nous ne collaborons plus avec l'État malien tout en gardant les militaires sur place." Donc ça devenait une armée d'occupation puisquelle ne combattait plus les djihadistes, elle ne coopérait plus avec Bamo.
Et donc ça a été la goutte d'eau qui a fait déborder le et Marel Bengakuid en même temps de l'instrumentalisation du rejet français des idéos français par ces mêmes nationalistes qui aujourd'hui ont pris le pouvoir dans plusieurs pays. L'instrumentalisation est un grand mot. Il faut bien comprendre une chose, la présence militaire de n'importe quel pays dans un autre pays ne va pas de soi.
Il faut bien le comprendre. C'est vrai pour les africains comme pour tout le monde. Et déjà dans les années 50, vous savez, les Africains, les premiers États indépendants africains qui sont réunis, une de leurs requêtees, c'était de dire sous Kruma c'était à à Akra, c'était de dire on ne veut plus d'armées étrangères coloniales.
Donc le la fin des armées étrangères coloniales, c'est quelque chose d'absolument normal. simplement dans la culture des pays coloniaux, la culture institutionnelle, la culture militaire, la culture de la coopération, c'est vécu comme une forme de blessure narcissique. Et de cette blessure-là, malheureusement, il faudra guérir euh parce que c'est dans l'ordre des choses et je pense que ça va c'est c'est normal que les Africains assurent entièrement la responsabilité bah de la sécurité de leur territoire, quels que soient les épithètes sur lesquels qu'on leur colle.
Je pense que c'est normal qu'il en soit ainsi. Encore plus pour l'armée coloniale, encore plus quand c'est l'armée coloniale qui revient, n'est-ce pas ? Quand c'est des casques bleus, ça passe mieux.
Absolument. Absolument.
Emmanuel Macron