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interviewC à vous (sur YouTube)· 27 mars 2025 52 min

Fin des gardes à vue : la mort d’Émile toujours inexpliquée - C à Vous l’intégrale - 27/03/2025

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

... - A.-E.Lemoine: Bonsoir.

Très heureuse de vous retrouver. On est ensemble en direct jusqu'à 21h avec l'équipe. Emilie? - E.Tran Nguyen: Le petit Emile a été tué accidentellement ou volontairement, c'est la seule certitude à cette heure.

Les enquêteurs ont relâché les grands-parents et l'oncle et la tante. - A.-E.Lemoine: On fait le point avec D.Delseny du service police-justice du "Parisien". - M.Bouhafsi: E.Macron a annoncé une nouvelle aide de 2 milliards d'euros pour l'Ukraine quelques heures avant le sommet des volontaires de la paix qui se réunissent aujourd'hui. 31 chefs d'Etat et dirigeants avec V.Zelensky. que tout le monde connaît et utilise: la SNCF.

Sa santé financière et celle de ses voies ferrées. - A.-E.Lemoine: Quelle idée de faire ça ce soir?

Peut-être parce qu'on a avec nous le président du groupe SNCF. Bonsoir, J.-P.Farandou.

Vous allez laisser derrière vous une entreprise en bonne santé. Vous la quitterez en mai. Vous y avez passé 44 ans.

Vous y êtes entré en 1981. Vous nous direz quels sont les dossiers à venir pour cette entreprise. - L.Sénéchal: C'est un réquisitoire en forme de coup de tonnerre.

Le Parquet national financier réclame 7 ans de prison ferme à l'encontre de l'ancien président N.Sarkozy. - P.Lescure: Si je vous dis qu'Howard Shore a écrit des musiques de film comme "Le Seigneur des anneaux", comme le "Gang of New York" et "Le Loup de Wall Street" et 17 films de D.Cronenberg...

Vous serez d'accord pour que L'OEil s'attarde un peu sur l'anthologie que publie le label Deutsche Grammophon. - A.-E.Lemoine: L'OEil se trompe rarement. - P.Lescure: En tout cas, il essaye. - A.-E.Lemoine: L.Felpin est à l'affiche d'une comédie totalement déjantée sur le milieu des DJ qui se font la guerre.

On va vous apprendre ce qu'est un bunker. C'est un mythe, comme disent les jeunes. Et on est ravis d'accueillir pour la 1re fois sur le plateau 3 musiciens d'une même famille.

C'est la première fois qu'on les réunit. Ours, Pierre et A.Souchon, qui n'en finissent pas de prendre du plaisir ensemble.

Ils seront ensemble sur scène jusqu'en février. Ils font un détour par le plateau de "C à vous". Le dîner préparé par E.Li, toujours aux côtés de B.Chameroy.

Jingle de la SNCF. - B.Chameroy: Voici Bertrand, votre barista.

Je vous attends au wagon-bar avec un module d'exception préparé ce soir par E.Li. Au menu? - E.Li: C'est du crabe avec de la noix de coco et de la coriandre thaï. - B.Chameroy: Merci.

Allez tous à bord du train de l'actu. Bonne émission! - A.-E.Lemoine: Le train de l'actu qui part toujours à l'heure.

L'Edito de Patrick. - P.Cohen: L'émission est sur de bons rails! - A.-E.Lemoine: Vous les supportez encore, toutes ses blagues? - J.-P.Farandou: Ca me va. - P.Cohen: Aucune métaphore ferroviaire. - A.-E.Lemoine: Notre invité s'apprête à laisser une entreprise en bonne santé. - P.Cohen: L'idée continue de courir que la SNCF est une entreprise grassement subventionnée qui coûte cher au contribuable français.

Ce n'est plus vrai. Elle vient de publier des résultats dans le vert pour la 4e année consécutive. Vous tenez à faire savoir que la SNCF rapporte de l'argent aux Français en payant des impôts et des taxes, plus d'un milliard, en versant des dividendes à l'Etat qui les investit dans l'entretien du réseau ferré. - A.-E.Lemoine: L'entretien du réseau est justement un des points noirs de l'entreprise. - P.Cohen: On pourrait dire que vos finances sont en meilleur état que vos voies ferrées.

Un chiffre symbolise le retard accumulé, c'est l'âge moyen du réseau ferré, qui est de 30 ans. En Allemagne, c'est 17 ans. Nous avons 28 000 km de lignes ferroviaires.

C'est le 2e plus grand réseau européen derrière l'Allemagne. Pour chaque kilomètre de voie, on investit 111 000 euros là où l'Allemagne met 147 000 euros. Plus les lignes sont vétustes, plus les risques de panne, de réduction de vitesse et donc de retard sont importants.

Le sous-investissement se paie ensuite par des années de galère. La preuve par le Paris-Clermont-Ferrand. - A.-E.Lemoine: Une ligne à cauchemars. - P.Cohen: Environ un retard de plus de 3 heures tous les 15 jours.

Début janvier, c'est monté à 12 heures de retard pour ces passagers pris au piège. - Hier, le train en direction de Paris-Bercy a quitté Clermont-Ferrand à 16h31. Une panne matérielle l'immobilise en gare de Briare près de 19 heures.

Il ne repartira pas malgré des secours dépêchés sur place. Les voyageurs monteront enfin dans des bus. Mais pas de place pour tout le monde.

Quelqu'un arrivera finalement avec 14 heures de retard. - On a attendi 14 heures dehors dans le froid. J'ai gardé ma couverture de survie et ma bouteille d'eau. - P.Cohen: Les habitués disent qu'ils savent quand ils partent, mais jamais quand ils arrivent. - C'est vraiment souvent et saoulant. - On s'équipe avec de l'eau et des sandwichs pour ne pas être en rade. - A chaque fois? - Pratiquement. - P.Cohen: Les voitures Corail ont plus de 40 ans.

Les plus vieilles sont de 1980, l'année avant votre entrée dans la boîte. Vous avez dit que ça revient à voyager en Renault 16. L'infrastructure est en train d'être mise à niveau.

Mais les nouvelles rames n'arriveront pas avant 2027. Encore 2 ans de galère. - A.-E.Lemoine: C'est encore pire sur les petites lignes. - P.Cohen: Qui ferment souvent pour des raisons de sécurité.

Dans la Creuse, la ligne Guéret-Felletin va s'arrêter. Certains rails sont vieux de plus de 100 ans. On a fait grossièrement une carte des lignes arrêtées.

La SNCF n'est pas seule en cause. Les financements ne sont pas seulement demandés à la SNCF mais aussi à l'Etat et aux régions, qui exploitent les TER. Les régions sont concernées. - A.-E.Lemoine: On voit en rouge toutes ces lignes suspendues ou non exploitées.

La priorité de l'entreprise est donc à l'investissement. - P.Cohen: La mère de toutes les batailles, dites-vous.

L'entreprise augmente ses investissements annuels à 3,5 milliards par an, mais à partir de 2028. Ces besoins sont estimés à 4,5 milliards par an. Une conférence de financement va se réunir en mai sous la présidence du ministre des Transports, D.Bussereau, qui a quelques idées de taxes pour financer le milliard manquant. - A.-E.Lemoine: Il va falloir inventer des impôts pour financer les investissements de la SNCF? - J.-P.Farandou: Il faut des ressources.

Il faut trouver 1 milliard d'euros. - A.-E.Lemoine: Par an. - J.-P.Farandou: Sinon, la carte se développera.

C'est le réseau du territoire. C'est du service public. Il y a aussi des trains de fret.

C'est sur ce réseau qui maille le pays...

Si on ne trouve pas ce milliard d'euros par an...

Les taches rouges vont augmenter. Il y aura des ralentissements pour la sécurité. On réduit la vitesse si le réseau n'est pas en bon état.

L'enjeu est là. Il est essentiel et stratégique pour le pays. Il est très important que l'Etat trouve une solution, d'où cette conférence des financements. - A.-E.Lemoine: C'est à l'Etat de trouver des solutions?

Vous pouvez mettre 500 millions d'euros par an. - J.-P.Farandou: On peut mettre 3,5 milliards.

On mettait déjà 3 milliards. On a regardé nos comptes prévisionnels. On a vu qu'on pouvait mettre 500 millions en plus.

Au-delà, on entrerait en déficit à nouveau. Il reste 1 milliard à trouver auprès de l'Etat. Les solutions peuvent exister. - A.-E.Lemoine: Il faut taxer les autres moyens de transport? - J.-P.Farandou: Les modes polluants peuvent payer pour les modes vertueux.

On est très vertueux. Il y a une nouvelle fiscalité européenne qui ne coûte rien au contribuable français. C'est la taxe carbone.

Les entreprises polluantes payent. Les produits supplémentaires, c'est 4 milliards par an supplémentaires. - A.-E.Lemoine: Patrick citait l'Allemagne, qui investit plus pour l'entretien de son réseau ferré.

Mais ce n'est pas satisfaisant du tout. En Allemagne, il y a moins de 60 % des trains qui partent et arrivent ailleurs. - P.Cohen: C'est récent.

Avant, la ponctualité était pareille. - J.-P.Farandou: Ils ont collapsé en quelques mois.

Ils ont des pannes importantes à plusieurs endroits du réseau. Les trains sont pris dans un incident, un 2e, un 3e...

Ils ont fait un très mauvais Euro 2024. Les supporters arrivaient en retard pour les matchs. Les Suisses ont un réseau quasi parfait.

Ils refusent que les trains allemands en retard rentrent dans leur pays. Si la même chose arrivait en France, j'aurais honte. On en revient à ce besoin impératif de milliards d'euros supplémentaires. - A.-E.Lemoine: Au risque de collapser en quelques mois comme en Allemagne? - J.-P.Farandou: Pour remonter, c'est très compliqué.

Il faut déjà trouver de l'argent pour faire les travaux. C'est 10 ou 15 ans d'efforts dans les travaux avec moins de trains pour revenir à un niveau acceptable. - A.-E.Lemoine: Pour financer cet entretien du réseau, vous allez encore augmenter les billets de train?

On est très heureux que la SNCF soit une entreprise en bonne santé, mais les Français ont vu les prix des billets de train augmenter. 8 % de hausse depuis 2019. - J.-P.Farandou: Les charges ont augmenté.

On n'a pas tout répercuté. L'énergie, les péages, les salaires...

Je crois que l'augmentation réelle des charges, c'est plutôt 13 ou 14 %. On a limité la hausse. Ca coûte cher, un TGV.

Il faut des lignes parfaites. 40 % du prix de votre billet va au péage pour circuler en sécurité à 300 km/h. Un train coûte 300 millions d'euros.

Le poste d'énergie a beaucoup augmenté. Le TGV n'est pas un service public. Il n'y a pas d'argent du contribuable dessus.

Le prix du billet sert d'abord à couvrir les coûts, à payer l'aménagement du territoire, à l'achat de nouveau TGV et aussi à payer l'argent qu'on met sur le réseau. L'argent ruisselle ensuite. - A.-E.Lemoine: Il y a toujours un sentiment quand on prend le train que ça coûte cher.

Vous dites que c'est une idée reçue. Quand on voit le prix du billet doubler en quelques heures en fonction de son jour de départ, ce n'est pas qu'un sentiment. Ce n'est pas qu'une idée reçue. - J.-P.Farandou: Il y a des moments où le train est cher.

C'est vrai. On ne va pas s'en cacher. - A.-E.Lemoine: Du coup, on va préférer la voiture, qui est moins vertueuse. - J.-P.Farandou: Pourtant, c'est justement les jours où les trains sont pleins.

On ne saurait pas accueillir des clients en plus. Il y a des pics de demande. Les prix montent forcément.

Mais il y a des moments où les prix sont beaucoup moins chers. On a la carte Avantage pour les familles. On a aussi des Ouigo.

Si les gens veulent rentrer dans leurs prix, il faut viser les Ouigo. 1 TGV sur 4 est un Ouigo. J'ai pris la décision stratégique...

On va passer à 30 % de places Ouigo avec les nouveaux TGV. Il y aura de quoi avoir des prix modérés. - A.-E.Lemoine: C'est le low cost du train. - J.-P.Farandou: On fait du Ouigo train classique qui marche très bien.

Ceux qui veulent vraiment trouver les petits prix, on a cette offre qui marche très bien. - E.Tran Nguyen: Vous n'avez pas peur que les usagers se tournent aussi vers la concurrence?

La SNCF doit faire face à Trenitalia pour la ligne Paris-Lyon et Paris-Marseille dès le 15 juin. Certains usagers apprécient les prix, même s'ils se demandent si les promotions vont durer. - A peu près 160 euros pour toute la famille.

La SNCF, c'était autour de 300 euros. C'est moitié moins cher. Rien à dire. - Avec ma carte senior, j'étais à 160 euros en première classe.

Là, 69. On ne réfléchit pas. - Plus les gens vont connaître Trenitalia, plus ils vont...

C'est l'offre et la demande. Ils vont augmenter leurs tarifs. J'en pense qu'on va en profiter un maximum avant. - E.Tran Nguyen: Ca vous inquiète?

Il y a le sentiment que quand la SNCF avait le monopole, elle profitait des prix. Et ils avaient l'impression que Trenitalia donnait des prix raisonnables. - J.-P.Farandou: Leur politique commerciale les regarde.

En tout cas, ils perdent de l'argent. Pendant combien de temps le contribuable italien acceptera de financer des trains de Trenitalia qui roulent en France? On verra la durabilité de ces décisions commerciales qui les regardent.

Nos trains sont remplis. On fait attention aux prix. La concurrence joue évidemment sur les prix et sur le service.

Les Italiens sont arrivés avec un service intégré à la place en business. On a rajouté ça aussi. La concurrence fait son boulot.

Mais sur la fréquence entre Paris et Lyon, on a 20 trains et ils en ont 5. - A.-E.Lemoine: Le jeu de la concurrence vous fait réagir. - J.-P.Farandou: Voilà.

Il y a aussi la concurrence pour les TER. Sur 8 appels d'offres, on en a gagné 5. C'est honorable.

Pour autant, la concurrence est entrée aussi. - E.Tran Nguyen: Donc sur les lignes Paris-Lyon et Paris-Marseille, c'est une concurrence loyale? - J.-P.Farandou: Je ne commente pas. - P.Cohen: C'est sans doute les 2 lignes les plus rentables de France.

Ils n'ont pas l'obligation de desservir des villes moins rentables. - J.-P.Farandou: On a la démonstration sous nos yeux.

On est issus d'un monopole. La SNCF était un monopole. Il y avait donc une péréquation.

Les régions riches et les lignes riches font en sorte qu'avec cette richesse, on puisse offrir un service public d'aménagement des territoires à ceux qui ne pouvaient pas si on faisait jouer juste la politique de marché. Les lignes TGV d'aujourd'hui, 1/3 gagne beaucoup d'argent, 1/3 est autour de 0 et 1/3 perd de l'argent. Mais avec l'argent qu'on gagné, on en gagne assez pour financer les lignes déficitaires.

Ce conseil d'aménagement du territoire fait partie du TGV à la française. Il faut juste que ce soit équitable. Il faut que les charges que je supporte en proportion, les nouveaux entrants les supportent aussi. - A.-E.Lemoine: Pour l'instant, ils ne payent rien. - J.-P.Farandou: Rien du tout.

Ils payent moins cher les péages. Il s'agit d'encourager la concurrence. C'est légal, tout ça.

Ils ont même une réduction pour les inciter à venir. Ils n'ont aucune obligation de service public. Ce système ne peut pas durer.

Si ça devait durer, le cercle vertueux de la croissance rentable avec l'argent qu'on peut mettre dans le réseau, on en aurait moins, ce qui ne serait pas bon pour l'état du réseau. - A.-E.Lemoine: Est-ce que les Français vont pouvoir partir en vacances en train à partir du 17 avril?

Le syndicat SUD-Rail a déposé un préavis de grève de 6 semaines qui court jusqu'au 2 juin. Mais il n'appelle pas à la grève pour l'instant. Des négociations ont été entamées? - J.-P.Farandou: Vous avez dit qu'il n'appelait pas à la grève pour l'instant. "Préavis" ne veut pas dire "grève".

En décembre, il y avait eu des préavis et il n'y avait pas eu de grève. On négocie, on discute...

Le temps et le dialogue social est à la discussion. On a encore 15 jours-3 semaines. J'ai bon espoir qu'on arrive à converger.

Mais on ne peut pas faire n'importe quoi en matière de rémunération. On a des contraintes. Les discussions sont engagées.

J'ai demandé à SNCF Voyageurs de mener ces négociations avec l'objectif d'éviter la grève. - A.-E.Lemoine: Mais pas à tout prix. - J.-P.Farandou: Il y a des contraintes économiques.

Même pour le prix des billets...

Si on lâche la rémunération des cheminots, ça se répercutera sur le prix des billets. Tous les cheminots, on les a augmentés, sur la période de forte inflation, de 17 % quand l'inflation était de 13. Ca fait plusieurs années qu'à la SNCF, la rémunération moyenne a augmenté plus que l'inflation. 4 années consécutives.

Donc de ce côté, on a fait le boulot. On a soutenu le pouvoir d'achat des cheminots pendant cette période. - E.Tran Nguyen: Les usagers voient aussi que vous faites de gros bénéfices. - J.-P.Farandou: On rappelle à quoi ils servent.

Ca ne remonte pas au CAC 40 ou dans la poche d'investisseurs privés. Ca revient dans le bien commun. Le réseau en a besoin.

Et il s'agit d'acheter des rames de TGV. Il faut faire du bénéfice pour acheter des rames. - A.-E.Lemoine: Il y en a des nouveaux avec 20 % de places en plus par rapport aux rames actuelles.

Elles vont arriver à partir de l'an prochain. Est-ce que toutes les lignes TGV vont être concernées? Est-ce qu'il n'y aura vraiment plus de baristas à bord des TGV, avec l'arrivée de ces TGV new-look où il y a une nouvelle voiture-bar à 2 niveaux avec des frigos en self-service? - J.-P.Farandou: Je trouve cette nouvelle voiture-bar très chouette.

On a envie d'y rester et de boire un coup. Il y aura toujours quelqu'un qui va surveiller comment ça marche. - A.-E.Lemoine: Donc le barista, c'est fini? - J.-P.Farandou: En tant que tel, mais il y aura une espèce de régulateur. - A.-E.Lemoine: Il n'y aura plus de plats chauffés.

Pardon pour ces questions... - J.-P.Farandou: On est très fiers de ce TGV.

Il est écologique. 27 % d'émission de moins que les derniers TGV. Il est recyclable à 97 %.

Dans 40 ans, 97 % de la matière pourra être réutilisée. - A.-E.Lemoine: En Caesar? - J.-P.Farandou: En trains.

Il y aura la version Ouigo qui permettra à nouveau d'avoir des prix modérés pour tous les Français. - A.-E.Lemoine: Votre successeur doit être un grand connaisseur du train?

Vous connaissez bien la SNCF. Vous y avez passé 44 ans. - J.-P.Farandou: Il faut qu'il aime les gens, les cheminots, les clients, qu'il tombe amoureux du train si ce n'est pas déjà le cas.

Moi, c'était le cas depuis tout petit. On a de belles références. L.Gallois n'était pas cheminot et tout le monde a dit que c'était un excellent président de la SNCF.

Il a amené aussi sa culture industrielle. On en avait besoin. Il a amené ses valeurs morales, cette espèce de solidité.

On était juste après les grandes grèves de 95. Il a été la personne idoine pour redresser la SNCF. - A.-E.Lemoine: La Story de M.Bouhafsi. - Entre Trump et vous, ou Poutine et Trump, quelle est la relation la plus étroite, in fine? - V.Zelensky: Je n'ai pas des relations avec Trump aussi proches pour comprendre à quel point il a des relations proches avec Poutine. - M.Bouhafsi: C'est l'histoire d'un sommet pour la paix en pleine période de doute vis-à-vis d'un allié de taille: les Etats-Unis.

La Russie a lancé près de 90 drones et un missile balistique près de Kharkiv ces dernières heures. E.Macron a annoncé aujourd'hui le déploiement d'une force de réassurance en cas de paix sur le sol ukrainien. - E.Macron: Le Premier ministre britannique et moi-même donnions mandat à nos chefs d'état-major des armées pour que l'équipe franco-britannique puisse être déléguée dans les prochains jours en Ukraine.

Ces forces de réassurance sont une proposition franco-britannique. Elle est actée. Les Ukrainiens vont nous dire exactement où sont leurs besoins.

Ce sont ces échanges entre militaires qui définiront les lieux, le nombre de forces pour que ce soit crédible et les capacités. Rien n'est exclu, à date. Nous regarderons le maritime, l'aérien et le terrestre. - M.Bouhafsi: V.Zelensky a accusé aujourd'hui V.Poutine de chercher à diviser l'Europe et les Etats-Unis en se rapprochant de D.Trump depuis son investiture.

Plusieurs chefs d'Etat réunis à Paris aujourd'hui ont mis en avant la menace russe qui plane sur l'Europe. Un argument qui agace fortement V.Poutine depuis quelques jours. ... - M.Bouhafsi: Sans surprise, tous les acteurs de la propagande russe reprennent le discours de V.Poutine.

Ces dernières heures, on peut voir un nouveau discours naître sur les ondes russes et notamment dans la bouche d'un des porte-voix du dictateur russe, la star de la radio V.Soloviev. ... - M.Bouhafsi: Sur le front, alors que la Russie se disait ouverte à un cessez-le-feu, les signaux envoyés prouvent le contraire.

Les attaques de drones continuent et la Corée du Nord a renforcé son soutien à Moscou. En plus de 11 000 soldats déjà envoyés, Pyongyang a envoyé 3000 soldats sur le terrain. Les militaires ukrainiens ne croient pas du tout à un cessez-le-feu. ... - M.Bouhafsi: Malgré ces attaques multiples sur son sol, V.Zelensky tente de garder le cap.

Le président ukrainien est toujours soutenu par 6 Ukrainiens sur 10. Hier, devant des journalistes de plusieurs télévisions européennes, il a tenté de rassurer ses hommes avec une pointe d'humour noir. - V.Zelensky: Poutine n'a peur que de sa société.

C'est une question de déstabilisation de la société, mais ça dépend aussi de son âge. Il va mourir bientôt. C'est un fait.

Tout sera terminé. Je ferai tout ce qui dépend de moi jusqu'à la fin de mes jours pour défendre l'Ukraine tant que j'aurai des forces pour le faire. Mais je suis à coup sûr plus jeune que Poutine, donc misez sur moi.

J'ai de meilleures perspectives. - M.Bouhafsi: Il faut miser sur lui, parce qu'il est plus jeune.

J.-P.Farandou, vous avez reçu l'ordre du mérite ukrainien.

La SNCF a joué un rôle important dans la guerre en Ukraine. C'est plutôt une aide des Ukrainiens. - J.-P.Farandou: C'est tous les cheminots qui ont été reconnus et récompensés par l'Ukraine.

J'en suis ému. On a accueilli tous les réfugiés 2 ou 3 jours après l'envahissement de l'Ukraine par la Russie. On a vu des familles arriver, des personnes âgées, un peu perdues, avec leur baluchon, gare de l'Est.

On ne savait pas où les mettre. On avait un grand local. On a commencé à les nourrir au chaud.

La Croix-Rouge est venue les aider. On ne savait pas comment leur parler. Beaucoup voulaient aller en Espagne.

Il y a une communauté importante, là-bas. On a payé les billets pour les acheminer là-bas. Il y a un entrepôt qu'on a pu libérer avec Geodis, notre filiale.

On a pu les soutenir. On a travaillé avec nos collègues cheminots ukrainiens. Ce sont des héros.

Ils font tourner ce réseau ferroviaire sous les bombes...

Quand ça va mal, on est contents d'avoir ce réseau stratégique. On a tissé des liens avec eux. On a reçu des maires et des élus...

Il y a des soldats ukrainiens qui reviennent mutilés de la guerre. On n'a plus ça depuis la guerre de 14. Mais on a l'habitude, avec la SNCF, d'avoir des travailleurs handicapés.

On les aide là-dessus. Encore plus que la symbolique, dès mai 2022, on a proposé à l'ambassadeur d'Ukraine en France de venir à nos commémorations. C'est important, à la SNCF.

On a un vrai devoir de mémoire pour les Françaises et Français morts pour la France. La résistance, ça nous parle. Il y a le drapeau ukrainien qui est présent.

On avait tous une pensée pour les Ukrainiens qui mourraient pour l'Ukraine quelque part aussi pour l'Europe. - P.Cohen: On revient en France avec un problème auquel SNCF doit faire face régulièrement: la chute des arbres. - P.Lescure: La chute d'un arbre appartenant à un particulier à Pavilly, en Seine-Maritime, a entraîné la suppression de contacts entre Rouen et Le Havre.

La mise en examen de riverains qui n'entretiennent pas leur terrain, c'est une décision que vous approuvez? - J.-P.Farandou: Ca s'est accéléré avec le changement climatique.

Il y a plus d'arbres qui tombent sur les voies. Ils sont malades. La sécheresse peut les abîmer.

Les sous-sols sont humides et les racines sont assez solides. Les arbres tombent sur les voies. Un arbre qui tombe sur les voies, les trains ne passent plus.

Ca arrache les caténaires au passage. Les trains peuvent être bloqués plusieurs heures. Les trains ne circulent pas.

Les voyageurs n'ont pas d'autre solution. C'est un problème de responsabilité individuelle. J'approuve le président de la région Normandie.

Il faut que chacun soit responsable de sa propriété. Tout ce qui est sur le terrain, on s'en occupe. Il faut que les propriétaires des arbres les entretiennent.

C'est un problème de responsabilité civile élémentaire, un devoir civique. Il faut que les propriétaires s'occupent de leurs arbres. - A.-E.Lemoine: Le message est passé.

Après 2 jours de garde à vue pour homicide volontaire et recel de cadavre, les grands-parents, un oncle et une tante d'E.Soleil sont ressortis libres cette nuit. La mort du petit garçon reste toujours inexpliquée près de 2 ans après les faits, mais les enquêteurs, forts de leurs dernières investigations, sont désormais convaincus qu'il a été tué volontairement ou accidentellement. - Les conclusions de cette expertise permettent de considérer que les vêtements et les ossements retrouvés ont été transportés et déposés peu de temps avant leur découverte.

Elles permettent aussi d'affirmer que le corps de l'enfant ne s'est pas décomposé dans les vêtements retrouvés dans la forêt et de caractériser la présence sur le crâne découvert de stigmates anatomiques évocateurs d'un traumatisme facial violent. Vous aurez compris que les expertises introduisent la probabilité de l'intervention d'un tiers dans la disparition et la mort d'E.Soleil. - A.-E.Lemoine: Bonjour, D.Delseny.

Merci de votre présence pour revenir sur les déclarations du procureur d'Aix-en-Provence. Quelles sont ces expertises qui ont permis aux enquêteurs d'acquérir la certitude scientifique qu'Emile a été tué? - D.Delseny: Il y a eu 60 expertises depuis le début de l'enquête.

Il en a surtout 2 qui font la différence. La 1re a été menée sur les ossements, notamment sur le crâne qui a été découvert il y a un an en forêt. Cette expertise démontre que ce crâne n'a pas stationné en forêt pendant toute la durée de la disparition jusqu'à la découverte du corps.

Il a séjourné en partie dans un endroit dit stérile, en dehors d'une intempérie, quelque chose de couvert. Ca peut être un congélateur, un placard...

C'est à l'abri des intempéries. Ce crâne a ensuite été déplacé et déposé à cet endroit très peu de temps avant sa découverte, quelques jours ou quelques semaines. La 2e expertise importante, c'est l'expertise sur le t-shirt.

Si le t-shirt avait été sur le corps pendant la décomposition, il y aurait eu des éléments de peau et de tissus. La probabilité, c'est que ce t-shirt aurait été retiré puis déposé à côté des ossements. Ca valide le fait que le corps a été déplacé, mais qu'on installe aussi un scénario réfléchi.

On vient déposer aussi des vêtements que portait Emile ce jour-là. - A.-E.Lemoine: Une mise en scène macabre qui a été imaginée.

Emile est mort à la suite d'un choc. On en a la certitude. On ne sait pas de quelle nature, c'est un choc dont il est mort? - D.Delseny: C'est un choc assez violent.

Ca vient d'une trace découverte sur le crâne. C'est une expertise de médecine légale. Elle valide...

On dit un fort choc facial. C'est sur le côté du crâne. Il y a une lésion qui ne semble pas naturelle, ou une lésion de dégradation du corps, mais qui est plutôt la marque d'un coup très violent, qui pourrait avoir été porté avec un objet.

C'est un coup très violent porté avec un objet. - A.-E.Lemoine: Ca pourrait rester un accident. - D.Delseny: Ca peut toujours rester un accident. - P.Cohen: J'ai entendu un expert...

Tout le monde parle...

Il a dit que c'était trop fort pour que ce soit simplement une chute, pour que ça ait été provoqué en tombant de sa hauteur. - D.Delseny: Ce qui fragilise l'accident, c'est que le seul accident possible, c'est avec une voiture.

Immédiatement après la disparition d'Emile et dès le début de l'enquête judiciaire, des recherches ont été faites au niveau du Haut-Vernet pour savoir si on trouvait...

Toutes les voitures présentes ce jour-là ont depuis fait l'objet d'analyses et d'expertises pour savoir si elles avaient subi un choc ou pas. Ca paraît très peu probable. Comme le seul choix possible est un véhicule, ça exclut la possibilité d'un accident ou d'une chute. - A.-E.Lemoine: Ce n'est pas encore déterminé. - D.Delseny: On est quand même déjà descendus dans un niveau de détail très important.

Ce qu'on vit depuis 2 ou 3 jours dans cette affaire est assez exceptionnel. Ca a mis fin à un certain nombre de débats. Ca fait des mois qu'à la machine à café, tout le monde se demande si un enfant peut marcher 2 km, s'il peut se perdre tout seul...

On a déjà une grosse partie de la réponse. Il y a l'intervention de quelqu'un, d'un meurtrier, puisque c'est pour ça que l'information judiciaire est ouverte. Ce meurtrier ne s'est pas contenté de tuer volontairement cet enfant, mais il a aussi dissimulé le corps et l'a déplacé pour brouiller les pistes. - A.-E.Lemoine: Philippe et A.Vedovini, ainsi que ses oncle et tante, ont été les derniers à avoir vu Emile vivant.

C'est ainsi que les enquêteurs justifient leur garde à vue, qui n'ont pas abouti par des mises en examen. On écoute le soulagement de l'avocat de la grand-mère d'Emile. - C'est avec un profond soulagement qu'elle a appris cette décision.

Il est évident qu'une mesure de garde à vue est toujours vécue comme une épreuve, notamment lorsqu'elle porte sur une grand-mère endeuillée, qui est entendue sur les circonstances dramatiques dans lesquelles son petit-fils a perdu la vie. Mais ma cliente est consciente que cette enquête suppose que des actes ont été accomplis... - A.-E.Lemoine: 4 gardés à vue soulagés, libres, légalement hors de cause pour l'instant, mais le parquet ne veut pas abandonner la piste intrafamiliale? - D.Delseny: Pour comprendre ce qui s'est produit dans les dernières heures...

Pour mettre quelqu'un en garde à vue, il faut des soupçons. C'était le cas. On soupçonnait cette famille d'avoir fait quelque chose.

Pour mettre quelqu'un en examen, surtout pour des faits criminels de moeurs, il faut des indices graves et concordants. Ils ne sont pas dans le dossier. Il n'y en a pas assez pour le moment.

Les soupçons existent toujours aujourd'hui. - A.-E.Lemoine: Mais les gardes à vue ont duré jusqu'au maximum légal, quasiment, de la garde à vue.

Les enquêteurs espéraient obtenir quelque chose de ces gardes à vue. C'est un échec pour eux? - D.Delseny: C'est difficile de parler d'échec. - P.Cohen: C'est difficile de ne pas voir un échec, pour les gens qui regardent ce fait divers. - D.Delseny: On a eu l'impression, en cours de garde à vue, quand on a appris ces éléments d'expertise, que la bascule allait se produire à ce moment.

On avait l'impression que, pour la 1re fois, on avait la preuve de quelque chose. La garde à vue, c'est un moment de pression, un moment où on pose des questions. Il semblerait que les questions posées ont obtenu des réponses satisfaisantes, surtout en termes de non-culpabilité.

On est sur un meurtre, une affaire très médiatique. Prendre le risque de mettre en examen quelqu'un et de l'incarcérer, car c'était la suite logique des choses, si on n'est pas tout à fait sûr du scénario, c'est compliqué. - A.-E.Lemoine: Les enquêteurs n'ont pas percé le secret criminel de cette affaire, mais le grand-père, Philippe, reste toujours le principal suspect aux yeux des enquêteurs? - D.Delseny: Les enquêteurs, depuis presque 2 ans maintenant, à force de travail, à force d'analyses, ont en tête un scénario.

Il est valable ou pas, mais ils ont un scénario en tête. Dans ce scénario, le grand-père a un rôle, selon eux, prépondérant. On ne sait pas si c'est le rôle du meurtrier ou d'autre chose, mais il a un rôle prépondérant.

C'est le scénario privilégié des enquêteurs. Comme c'est le scénario numéro 1 et que beaucoup d'autres scénarios se sont effondrés à côté, il reste prioritaire, d'où la formule étrange du procureur. Quand il dit "intrafamilial", c'est au sens plus large, pas seulement le grand-père. - A.-E.Lemoine: Il y a un témoignage dont on a pris connaissance, assez important, presque capital, qui pourrait fragiliser la situation du grand-père? - D.Delseny: Un témoignage qui est sûrement à la base du placement en garde à vue.

Ce témoin a dit qu'il a vu le petit Emile tout seul dans le hameau, mais qu'il a vu aussi son grand-père descendre plus tard dans la même direction. Ce témoignage n'existait pas jusqu'alors. On avait l'impression que le petit Emile était parti au bord de la route, en allant voir des lapins...

Ce témoignage validait qu'il y a eu un contact, peut-être, entre le grand-père et Emile. Ca reste un témoignage humain. C'est un témoignage fragile, pas forcément objectif.

Il est dans le dossier et il existe. - E.Tran Nguyen: Ca fait penser à l'affaire Grégory, l'âge de la victime, l'émoi national, la médiatisation, et le mystère.

Contrairement à l'affaire Grégory, on n'est pas dans la même époque. Les enquêteurs, les moyens...

Il y a eu beaucoup de progrès. Il y a eu une soixantaine d'expertises, mais l'enquête est impressionnante en termes de chiffres. Il y a eu 287 témoins, 27 véhicules analysés, 50 perquisitions judiciaires.

Avec tous ces éléments, la vérité va finir par sortir, ce n'est qu'une question de temps? C'est imminent? - D.Delseny: Il y a une méthode.

Grégory a été un fiasco judiciaire absolu. Ca reste un traumatisme judiciaire français toujours vivant. - P.Cohen: C'était les gendarmes, aussi. - D.Delseny: Ca a été à l'origine de la création de l'Institut de recherche criminelle.

Ce qui est rageant, c'est qu'on s'aperçoit qu'avec des expertises très pointues et des outils très modernes, il manque toujours quelque chose. C'est la difficulté d'une enquête judiciaire, qu'on peut refaire dans un canapé très facilement. Sur le terrain, c'est plus difficile.

Il y a des aléas, des personnalités, un milieu, une géographie, une sociologie de ce fait divers qui le rendent plus compliqué que d'autres, mais qui s'inscrit aussi dans une histoire de famille, comme l'affaire Grégory, dans un but un peu particulier géographiquement, comme l'affaire Grégory. Il y a beaucoup de points communs. - E.Tran Nguyen: Il y a des expertises qu'on attend encore. - D.Delseny: Qui sont plutôt négatives, d'après ce qu'on a appris. - A.-E.Lemoine: Dans l'affaire Emile, il y a d'autres expertises en cours. - D.Delseny: L'enquête continue. - A.-E.Lemoine: Le procureur était très agacé par une question d'un journaliste, qui parlait du cas du prêtre qui avait baptisé Emile, qui s'est suicidé en mars dernier en laissant derrière lui une lettre d'adieu dans laquelle il exprimait de la rancoeur, notamment à l'égard de la famille d'Emile. "J'en veux énormément à la famille, car tout est parti d'eux." Ca n'a aucun lien? - D.Delseny: Je n'en sais rien.

Ce qui est toujours étonnant...

Ce n'est pas la 1re fois que dans cette affaire, il y a des correspondances d'actes qui peuvent être un peu troublantes. C'en est une. Ce suicide intervient quelques jours avant.

Il y a un lien entre ce prêtre et la famille Vedovini. C'est ce prêtre à qui il avait été reproché d'avoir donné une petite photo du petit Emile aux journalistes. Il a perdu son poste de prêtre là où il était.

Il y a un conflit entre la famille Vedovini et ce prêtre. Incapable de vous dire si ce conflit et ce suicide...

Ca vient un peu polluer le reste. Si ça n'a pas de rapport, c'est une pollution. - A.-E.Lemoine: Merci d'être venu sur le plateau de "C à vous".

Evidemment, "Le Parisien", dès hier, avant même la conférence du procureur d'Aix-en-Provence, publiait des éléments de ces investigations. C'est l'heure du 5/5 de L.Sénéchal. 7 ans de prison ferme requis contre N.Sarkozy. - L.Sénéchal: Je parlais de coup de tonnerre.

C'est une peine extrêmement lourde, historique, réclamée contre l'ancien chef de l'Etat, accusé de corruption, de financement illégal de sa campagne de 2007 avec de l'argent libyen. 5 ans d'inéligibilité...

Le procureur du Parquet national financier a dénoncé "une quête effrénée de financement pour satisfaire une ambition politique dévorante". Il estime que seul une peine d'emprisonnement et d'amende ferme sera en mesure de protéger la société. N.Sarkozy a accueilli ce réquisitoire la mine pétrifiée.

C'est ce que raconte le journaliste de Mediapart, F.Arfi, qui a écrit, dès 2011, les premiers articles sur cette affaire. - F.Arfi: N.Sarkozy n'a pas bronché à l'énoncé des peines requises par le Parquet national financier, si ce n'est ses mâchoires serrées et ses jambes un peu agitées, quelques minutes avant.

Je crois que plus personne ne peut dire que le dossier est vide. Les avocats de N.Sarkozy, comme ceux des autres prévenus, vont se défendre pied à pied pour essayer de démonter, de ralentir le rouleau compresseur du Parquet national financier. - L.Sénéchal: N.Sarkozy a dénoncé l'outrance de la peine prononcée.

Il dénonce un postulat idéologique du Parquet national financier, et dit que les principes fondamentaux du droit pénal sont bafoués. Une plainte relayée par ses avocats. - On a entendu des peines hors-sol, comme si on n'avait pas eu 3 mois d'audience, comme si le parquet n'avait pas reculé à de nombreuses reprises sur différents points.

En dépit de tout ça, pour masquer ses faiblesses, pour dissimuler ses carences probatoires, le parquet parle fort et demande des peines élevées. Ce n'est pas ça, la justice. Ces réquisitions, même si elles sont dites avec un ton sentencieux qui se veut sévère, elles sont vides, elles sonnent creux. - L.Sénéchal: Le parquet n'a pas réclamé un mandat de dépôt.

Des anciens ministres sont aussi dans le viseur du parquet, qui réclame 6 ans de prison, 100 000 euros d'amende contre C.Guéant, 3 ans de prison et 150 000 euros d'amende contre B.Hortefeux et un an et 3700 euros d'amende E.Woerth, qui est le seul à être élu de la République et député Ensemble pour La République. - A.-E.Lemoine: Autre réquisitoire très attendu: 18 mois de prison avec sursis réclamés contre G.Depardieu. - L.Sénéchal: Son avocat vient, il y a quelques minutes, de terminer sa plaidoirie.

Regardez ces images. G.Depardieu manifeste sa confiance à la sortie du tribunal. ... - L.Sénéchal: Et pourtant, quelques heures plus tôt, le procureur a demandé la condamnation de G.Depardieu, qui aime bien, selon lui, agripper ses victimes, leur a touché leurs parties intimes par-dessus leurs vêtements, a grogné des insanités...

Il a plusieurs fois changé de version pendant le procès, contrairement aux plaignantes. Il réclame 18 mois de prison avec sursis. Réquisitoire balayé par l'avocat de l'acteur. - J'ai assisté à du vent.

On aurait pu, au vu des éléments du dossier, s'attendre à ce que le ministère public ait le courage de requérir la relaxe. Il y a une telle pression sociale, médiatique et de certaines associations qu'il y a eu une réquisition de condamnation, mais sans aucune conviction, sans force et sans aucune démonstration. - L.Sénéchal: Vous l'avez entendu parler de pression médiatique et sociale.

Cet argument n'est pas recevable, en l'occurrence pour les avocats des accusatrices. - Le premier qui dénonce le tribunal médiatique est le premier à l'entretenir. C'est un avocat qui, à chaque pause, se rue sur les caméras.

On le voit tout le temps être en train de filmer, plaider le dossier devant vos caméras, vous donner des éléments de preuve, mais sans vous remettre le dossier d'enquête. C'est un aveu de faiblesse, pour moi. Un dossier, ça se plaide dans l'enceinte judiciaire.

S'il le fait, c'est parce qu'il est très mal à l'aise à l'intérieur du tribunal. - L.Sénéchal: L'affaire a été mise en délibéré.

Décision rendue le 13 mai prochain. - A.-E.Lemoine: La France en appelle au président algérien pour gracier B.Sansal. - L.Sénéchal: L'auteur franco-algérien condamné en Algérie à 5 ans de prison ferme pour atteinte à l'intégrité du territoire algérien.

Il lui est reproché d'avoir repris dans un média d'extrême droite français la position du Maroc, qu'il affirme avoir été amputé par l'Algérie d'une partie de son territoire pendant la colonisation française. Sa condamnation a suscité une levée unanime de boucliers en France. ...

Le président Macron en appelle à son homologue algérien. - E.Macron: Je souhaite vivement qu'après ce jugement, il puisse y avoir des décisions claires, humaines et humanitaires par les plus hautes autorités algériennes pour pouvoir lui permettre de redevenir un homme libre et de se soigner.

Il combat aussi la maladie. - L.Sénéchal: L'affaire B.Sansal est au coeur de la brouille diplomatique entre la France et l'Algérie.

B.Retailleau a engagé un bras de fer sur les visas diplomatiques. Il faudrait que l'Algérie reprenne plus de ressortissants expulsés par la France.

Après plusieurs mois d'extrême tension, A.Tebboune, le président algérien, a esquissé une désescalade. - A.Tebboune: Un point de repère pour moi, c'est le président Macron.

Il y a eu un moment d'incompréhension, mais il reste le président de la République française. Tous les problèmes doivent se régler avec lui. - L.Sénéchal: Je cite l'avocat français de B.Sansal.

Il souhaite une grâce présidentielle. ... - A.-E.Lemoine: L'administration Trump engluée dans le scandale de la fuite d'informations militaires sensibles. - L.Sénéchal: Ce journaliste ajouté à son insu à une messagerie entre les plus hauts dirigeants militaires américains, jusqu'au vice-président.

Il a eu tous les détails d'une opération militaire avant qu'elle n'ait lieu. "Ce ne sont pas des plans militaires", martèle l'exécutif américain. ... - L.Sénéchal: A la Maison-Blanche, on dénigre le journaliste. ... - L.Sénéchal: La porte-parole de la Maison-Blanche a changé de version aujourd'hui.

Elle a fini par reconnaître, du bout des lèvres, une erreur. ... - L.Sénéchal: Elle utilise les mêmes termes que le chef de la diplomatie, M.Rubio, le premier à avoir parlé "d'erreur".

Après la bourde de la messagerie Signal, "Der Spiegel" a annoncé pouvoir retrouver le numéro de portable du chef du Pentagone, des adresses mail...

De l'amateurisme pur et simple. Puisque la communication de l'administration Trump est grippée depuis ces révélations, elle joue ses cartes habituelles, l'outrance, comme quand la ministre de la Sécurité intérieure se rend dans une prison du Salvador, qui accueille des migrants expulsés des Etats-Unis. ... - L.Sénéchal: Vidéo postée sur ses comptes officiels, ceux du ministère notamment.

Pour expulser à tour de bras, Trump voulait s'appuyer sur un vieux décret présidentiel suspendu par un juge. "L'immigration et l'identité sont 2 obsessions des trumpistes, la xénophobie aussi." L'élue fait face à une journaliste britannique. ... - L.Sénéchal: Ca, c'est la fake news relayée par E.Musk à longueur de tweets. - A.-E.Lemoine: Dans le Limousin, l'Orient-Express s'est perdu. - L.Sénéchal: Le célèbre train a été aperçu à Clermont-Ferrand, pas du tout son trajet historique.

Il a aussi été vu en Haute-Loire, non loin du Puy-en-Velay. Il a même été vu à Guéret, dans la Creuse. Que faisait l'Orient-Express au fin fond de la campagne française?

Il a été privatisé par une grande marque de luxe pour offrir un tour à ses partenaires entre Paris et le Massif central. C'est un beau cadeau. On va voir à quoi ressemble l'intérieur.

C'est le luxe à l'état pur. C'est le cas dès l'origine. Il a eu plusieurs vies.

En 1977, la SNCF a racheté la marque. Regardez, en 75. - L'Orient-Express s'appelle maintenant Direct-Orient. 4 Français seulement allaient ce soir-là à destination d'Istanbul. - Le Transoriental, le panache que ça avait avant, c'est fini.

Les gens, c'est l'avion. - L.Sénéchal: Pas la même époque.

La SNCF a fini par le revendre au groupe Accor. - J.-P.Farandou: Ils font mieux que nous, honnêtement.

C'est le luxe. On ne sait pas faire le luxe. On essaye de faire des trains de la vie quotidienne qui fonctionnent, des TGV qui fonctionnent.

Chacun est dans son créneau. - A.-E.Lemoine: Merci, J.-P.Farandou, président de la SNCF, d'être venu ce soir.

Merci, D.Delseny. On vous lit dans "Le Parisien".

Dans un instant, Ours, Pierre, A.Souchon.