L'invitée d'Apolline Matin : Laure Lavalette - 03/06
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Vous écoutez RMC. Plusieurs peines de sursis ou des courtes peines de prison ferme aménageables ont été prononcées. La justice poursuit son travail après les violences qui ont suivi la victoire du PSG ce week-end. Bonjour Laure Lavalette. Bonjour Pérez-la. Vous êtes député Rassemblement National du Var. Une seule condamnation hier à de la prison ferme. Et d'ailleurs, c'était contre un policier, policier hors service, qui a mis en joue des automobilistes qui célébraient la victoire du PSG samedi soir dans les rues. Il a été condamné hier en comparution immédiate à deux ans d'emprisonnement, dont dix mois avec sursis et mandat de dépôt. D'abord, ça, ça vous surprend, j'imagine ?
L'attitude du policier ?
Oui, j'imagine bien que ce n'est pas ce qu'on lui demandait de faire. Mais quand vous dites que la justice poursuit son travail, non, je pense que le laxisme judiciaire poursuit son travail. Et c'est une vraie question d'imaginer qu'il n'y a qu'une seule peine de prison qui a été prononcée et qu'aucun des manifestants... Il y a une peine de prison, mais avec sursis. Avec sursis et avec aménagement. En fait, ce n'est pas ça qu'on demande. Les Français veulent de la fermeté, c'est inimaginable. J'imagine que quand vous chopez quelqu'un, il ne paie pas pour ce qu'il a fait. Il ne paie pas en monnaie sonnante et trébuchante.
Je ne sais pas, vous dégradez un abribus, un abribus c'est 20 000 euros, et bien vous remboursez les 20 000 euros. Et si vous êtes mineur, et bien c'est vos parents qui remboursent les 20 000 euros. On aménage le remboursement, mais il faut rembourser intégralement ce que votre enfant a cassé. Je pense que cette fermeté, il va falloir l'avoir dès maintenant. Gabriel Attal s'est gosillé avec son casseur pilleur. Il disait, tu casses, tu payes. Excusez-moi, où est-ce qu'on en est, Apolline de Malherbe, avec cette maxime qui était pourtant de bon sens ? Parce qu'évidemment, quand tu casses, tu payes. Mais il faut cette triple certitude d'arriver à être attrapé, d'être jugé et de payer.
Et pour les faits les plus graves, effectivement, quand vous avez un mortier d'artifice envers un policier, vous dormez en prison. Il faut évidemment abaisser aussi la majorité pénale. On a bien vu l'âge.
C'est-à-dire que l'excuse de minorité...
Quand vous avez des enfants de 13, 14, 15, 16 ans, vous ne pouvez pas les juger comme si...
Alors, le plus jeune des mineurs qui ont été effectivement interpellés à 14 ans.
À 14 ans. Ça pose une vraie question. Où sont les parents ? Quand vous voyez un enfant de 14 ans qui fait des... Je veux dire, c'était chaud. C'était des scènes de guérilla. 71 villes ont été touchées. Même Toulon, la rue Lamalle, qui est l'endroit, j'allais dire, le plus calme de Toulon, il y a eu une bande, une espèce de horde qui est arrivée et qui a dégradé. Mais je pense que quand Jordan Bardella dit que la prochaine fois, ils rentreront dans les immeubles, je pense que c'est cet ensauvagement qui galope. Ça peut évidemment arriver si on n'a pas une réponse ferme.
Et encore une fois, c'est la liberté, la paix des Français qui est sacrifiée sur l'autel de ce laxisme à la fois judiciaire et politique.
Alors, vous dites laxisme, mais quand on écoute pour le coup les déclarations, je le disais, de Sébastien Lecornu hier, mais même au fond, il y a un an, quasiment les mêmes images, dans les mêmes circonstances, c'était Gérald Darmanin, déjà ministre de la Justice, qui disait, la loi, la réponse n'est pas à la hauteur de ces violences. Il proposait par exemple de supprimer le sursis. C'est-à-dire qu'il disait, en fait, quand il y a des petites peines, on les exécute tout de suite. Là-dessus, vous êtes d'accord ?
On est d'accord, mais ces gens-là sont au pouvoir, ont été au pouvoir, ça fait 10 ans que toute cette clique est au pouvoir avec Emmanuel Macron. Donc, on juge un arbre à ses fruits. Où sont les résultats ? Je vais vous dire, ce qui pose question, c'est qu'à Budapest, il a fallu 4 000 policiers pour passer une bonne soirée. Nous, avec 22 000 gendarmes mobilisés, ça a été le chaos. Vous savez, ces images-là, elles ont des millions de vues sur Internet. Quel est le signal qu'on envoie au monde entier ? Est-ce que vous pensez que la France est un pays sûr ? Est-ce que vous imaginez que les investisseurs ont envie d'investir, de venir créer de la richesse aussi ici ?
Mais la réponse est évidemment non. Et puis, excusez-moi, mais il n'y a pas beaucoup de femmes. Là, si on regarde cette grande image, là, j'en vois une à droite.
Alors, techniquement, ce n'est pas juste une histoire d'image, on a les chiffres. Et notamment, dans ces interpellations, c'est vraiment à 98%, quasiment l'intégralité des hommes.
Alors, où étaient les femmes ? Il y a eu pas mal de témoignages de femmes qui disaient, moi, je ne suis pas sortie parce que je savais que je risquais un moment difficile. Enfin, voilà, encore une fois, vous savez, hier, j'ai posé cette question au gouvernement. J'ai posé cette question à Sébastien Lecornu, c'est M. Nunez qui m'a répondu. Et peu de temps après moi, il y a un député LFI qui a posé une autre question en disant, quand est-ce qu'on va protéger les gens de la police ? Il faut bien que les Français comprennent qu'il y a deux Frances qui sont en train, évidemment, de s'opposer.
Et que 2027 va être une élection particulièrement importante parce que c'est deux projets de civilisation qui s'opposent. Les Français auront le choix, vraiment, avec le sursaut, nous voulons réformer le pays profondément. On n'a pas juste envie de gagner, Apolline de Maillard. On a envie de réformer le pays, d'armer nos policiers moralement, de leur donner cette présomption de légitime défense qui va leur permettre de mieux nous protéger aussi parce que tout est lié entre le sursaut ou le chaos et les scènes que les députés LFI ont.
Ce que vous évoquiez aussi sur les députés LFI. Certes, il y a eu effectivement ce tweet de Clément de Guettet avant le match, puis la déclaration du député Ali Duharin qui était effectivement dans l'hémicycle hier sur la doctrine du maintien de l'ordre qui se durcit partout. Mais quand vous voyez aussi qu'il y a eu deux mineurs de 13 et 14 ans qui ont été eux-mêmes blessés gravement à l'œil dans deux villes différentes de la région parisienne après des tirs de LBD, est-ce que là vous ne vous dites pas qu'il y a aussi une difficulté à appréhender les jeunes par la police ?
Non mais je pense que la difficulté c'est quand vous avez des scènes de guérilla, bien sûr qu'il y a une difficulté, mais encore une fois je pose la question que faisaient ces enfants de 13 et 14 ans avec des bombes agricoles, avec des mortiers d'artifices ? Enfin je veux dire, quand on part à la guerre, on sait qu'on peut être blessé. Alors évidemment que je ne sais pas, je ne connais pas, il y aura une enquête. Vous savez la police est une des institutions qui est la plus contrôlée. Et évidemment quand il y a des comportements déviants, bien sûr qu'ils doivent être contrôlés, mais je peux vous dire que ça l'est. Et je pense qu'il vaut mieux réarmer moralement les policiers.
Je pense que pour le maintien de l'ordre de tous ceux qui sont sur ce plateau, c'est plutôt une bonne idée.
Merci Laure Lavallette d'avoir répondu à nos questions ce matin. Député RN du Var, le face-à-face à 8h30, tout à l'heure on reviendra à ces questions, avec l'ancien ministre de l'Intérieur et l'ancien Premier ministre Manuel Valls.
Laure Lavalette