Eric Revel : "Les discours de Macron passent, et les projets de grande ampleur trépassent !"
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Le drôle d'époque, Éric Revelle, on va enchaîner avec ce que l'on vient de dire, évidemment, sur cette époque. Alors, vous n'allez pas nous faire un bulletin météo, mon cher Éric Revelle ? Il serait assez simple. Oui, oui, c'est vrai, sauf qu'assez simple, évidemment, à décrire, mais plus compliqué quand même à expliquer, même si Yanamis l'a très bien fait à l'instant. Il fait chaud. À cette époque, parce qu'évidemment, il fait chaud, on veut produire de l'énergie, de l'énergie renouvelable, bien sûr. Par exemple, il y a la filière des panneaux photovoltaïques, et l'un des fleurons français du secteur vient de prendre un coup très rude.
Oui, c'est absolument hallucinant, c'est hallucinant cette histoire, c'est l'histoire de Carbone, qui était une start-up française créée en 2022. Cette start-up portait un projet très ambitieux pour la France, de giga-usines. Ça se passe à Fausse-sur-Mer, dans les Bouches-du-Rhône. La production, cette entreprise devait produire des cellules, des modules photovoltaïques, avec une capacité visée, écoutez bien, de 10 millions de panneaux par an. L'investissement qui était prévu était de 1,5 milliard à 1,7 milliard d'euros, et on attendait la création de 3 000 emplois.
Eh bien, l'ambition était très forte, mais les réalités économiques réglementaires ont eu raison de l'entreprise Carbone, qui est en liquidation.
Bah, réglementaire, pourquoi alors ? Parce que l'État s'était penché sur le berceau de cette pépite du panneau photovoltaïque. Qu'est-ce qui explique cette faite ?
Alors, je vais vous l'expliquer, non seulement l'État s'était penché sur ce berceau, mais le projet, écoutez bien, a été labellisé d'intérêt national majeur, excusez du peu. Ce projet bénéficiait de soutien public, des subventions, des permis de construire accélérés. Il visait évidemment à réduire notre dépendance à l'importation des panneaux photovoltaïques chinois. La Chine, c'est 80% de la production de panneaux photovoltaïques. Eh bien, Carbone a été liquidé. Elle a cité, ses dirigeants ont cité le manque de visibilité sur un marché européen protégé. On ne veut pas forcément d'une filière française en Europe. On préfère importer peut-être des panneaux chinois.
Un marché européen trop protégé, trop réglementé. Bah voilà, l'Europe de Bruxelles et puis d'autres pays européens qu'on appelle nos amis, nos alliés, s'opposaient sans doute à cette stratégie d'industrie nationale française. Bon, alors comment expliquer complètement ce fiasco ? Alors, le fiasco français met en lumière des difficultés structurelles, Patrick, que vous connaissez, des coûts élevés dans notre pays, en Europe. Un dumping chinois sur les prix absolument hallucinant. des incertitudes politiques et réglementaires européens. Demandez aux chefs d'entreprise qui veulent s'installer en France, créer une usine, un site de production.
Les difficultés, le nombre d'associations, d'ONG qui font des recours avant de pouvoir installer le début du commencement d'une chaîne de production. La filière du photovoltaïque en France, c'est aussi, parce qu'il y a des trucs qui vont encore à peu près bien, il y a une autre entreprise qui s'appelle Holosolis, qui est en Moselle. Là aussi, le projet doit rentrer normalement en production en 2028. Là aussi, c'est une giga usine de panneaux photovoltaïques. Mais quand vous regardez dans le détail, au-delà des permis de construire, au-delà des lettres d'intention de commande, il y a un partenariat avec, avec, avec une entreprise chinoise. Voilà. Donc, on est quand même très inquiet.
On nous parle de mixité d'énergie. On nous abreuve de déclarations gouvernementales sur la réindustrialisation. Matin, midi et soir, il faut développer le mix énergétique solaire, éolien, hydrolien. Mais la réalité est bien plus cruelle. Les discours passent, notamment ceux du président de la République, et les projets de grande ampleur trépassent.
Oui, c'est vrai, c'est assez difficile. Du coup, il y a une vraie question derrière. Est-ce que la transition énergétique est encore possible ici, sans passer par la Chine ?
Écoutez, sur les panneaux photovoltaïques, je vous citais l'exemple de cette entreprise Holosolis, mais qui a un partenariat technologique avec les Chinois, qui doit rentrer en production en 2028. On verra. Mais quand on voit que notre balance commerciale est largement déficitaire, qu'on continue de vanter le mix énergétique, et qu'on voit que globalement, que ce soit du panneau photovoltaïque chinois, ou de l'éolien qui vient souvent d'Allemagne, elle est où la souveraineté en matière d'énergie renouvelable ?
C'est extrêmement difficile, et c'est la même chose pour les voitures, alors qu'il y a quand même urgence. Évidemment, nous en parlerons, tiens, avec l'invité politique tout à l'heure, c'est Sébastien Chenu, qui sera l'invité politique de Sud Radio, à 8h15, le vice-président du Rassemblement National. Dans un instant, on va parler de la canicule aussi, avec Régis Maillot. Le Maillot réveille dans un instant sur Sud Radio, il est 7h53.