Comité interministériel des Outre-mer: la prise de parole de François Bayrou et Manuel Valls
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Je suis très heureux que le ministre d'Etat, ministre des Outre-mer, ait pu nous accueillir. Vous savez que ça a été pour nous une orientation extrêmement forte de la composition du gouvernement, que les Outre-mer deviennent un ministère d'Etat, avec la place éminente qui est la sienne, y compris dans l'ordre protocolaire du gouvernement, ce qui n'avait jamais été le cas dans l'histoire. Et c'est précisément pour nous symbolique, non seulement par la personnalité des ministres d'Etat, mais par la définition de ce ministère. C'est très symbolique du message qu'ainsi nous avons adressé à nos compatriotes d'Outre-mer.
Je suis heureux de saluer les ministres nombreux qui étaient là, de saluer les... Puisque Mayotte était un grand sujet, les deux autorités majeures qui participent à cette entreprise de reconstruction de Mayotte, M. le Préfet et M. le Général Pascal Facon, et puis à chacun d'entre vous, mesdames et messieurs. Tout le monde se souvient de l'ouragan Chido et des dévastations qui l'ont entraîné à Mayotte, de la situation extrêmement préoccupante qui a été créée par cet événement climatique.
Et le lien de Mayotte à la France que chacun connaît ici, les luttes qui ont été menées par les Mahorais et les Mahoraises, peut-être principalement par les Mahoraises, pour que Mayotte soit affirmée dans sa volonté d'appartenir à la République, sont évidemment un élément de plus de notre préoccupation sur ce sujet-là. Et donc tout le monde se souvient, l'ouragan Chido, c'est le lendemain même de ma nomination. Et donc vous vous souvenez aussi que le 30 décembre, à peine 15 jours après, à Mamoudzou, nous avons présenté aux représentants du territoire le plan Mayotte debout, Mayotte debout comme on dit. Un projet de loi d'urgence portant les mesures de soutien a été déposé le 8 janvier.
Il a été adopté à l'unanimité par les deux chambres du Parlement au début du mois de février. Mais nous sommes tous conscients qu'au-delà de l'urgence, il nous revient de reconstruire Mayotte, de refonder sur des bases solides un archipel où la vie sera, monsieur le préfet, équilibrée et où la promesse d'égalité sera tenue. Pour cela, nous sommes aussi tous conscients qu'il faut traiter les difficultés structurelles que Chido a mises à nu. La première de ces difficultés tient à la population, à la démographie, c'est-à-dire aux questions d'immigration illégale et incontrôlée qui déstabilisent profondément la population et l'état d'esprit de nos compatriotes à Mayotte.
Il ne faut pas oublier que si les choses continuaient à progresser au rythme actuel, en 2050, Mayotte serait 20 fois plus densément peuplée que le territoire hexagonal. Et donc, c'est inacceptable. Et donc, nous intervenons de manière déterminée sur ce sujet. Et puis, le deuxième grand sujet, ce sont les difficultés économiques et sociales. Le taux de chômage à Mayotte est de 37%. Les conditions d'habitat sont très profondément dégradées.
L'état des équipements est difficilement soutenable, puisque le réseau d'eau qui a été construit pour 150 000 habitants doit répondre maintenant à une population de 320 000 personnes, c'est-à-dire plus du double de ce qui avait été prévu pour le réseau d'eau. Et donc, en comité interministériel des Outre-mer, cet après-midi, nous avons entériné la stratégie pluriannuelle sur six années visant à traiter à la racine l'ensemble de ces problèmes. Et je remercie le général Facon pour le travail qui a été mené depuis le début de l'année sous l'autorité du ministre de l'État pour définir cette stratégie.
Cette stratégie s'articule très étroitement avec le projet de loi de programmation pour la refondation de Mayotte, qui vient d'être adoptée par le Parlement. Les deux textes qui proposent pour le premier des orientations et leur déclinaison opérationnelle pour le second des dispositions législatives, ces deux textes agissent sur les mêmes problèmes, avec les mêmes objectifs et le même ordre de priorité dans le temps. D'abord, traiter les difficultés transversales qui ont jusqu'ici ralenti le développement de Mayotte et, en particulier, l'immigration clandestine et le logement insalubre. Premier objectif majeur.
Deuxième objectif, assurer la protection des Mahorais contre les deux menaces qu'ils doivent affronter, l'insécurité d'un côté et les aléas naturels de l'autre. Troisième temps, garantir aux Mahorais l'accès aux biens essentiels que sont l'eau, l'alimentation et les soins. Quatrième temps, développement à long terme de l'île avec deux orientations majeures, l'une en direction de la jeunesse mahoraise, en particulier pour se former et pouvoir un jour travailler à Mayotte, et l'autre, la structuration des filières économiques, notamment celles de l'agriculture, de la pêche et du tourisme.
Pour donner corps à ces orientations, il faudra naturellement que le Parlement vote les crédits nécessaires dans le cadre de la loi de finances de 2026. Il faudra également un esprit de co-responsabilité, parce que nous savons bien que rien ne pourra se faire sans les Mahorais, les citoyens Mahorais, aux féminins et aux masculins, sans les entreprises, les associations, les organismes consulaires et bien sûr les élus du nouveau département région, auxquels le ministre d'Etat a l'intention de présenter sans délai la stratégie que nous avons adoptée.
Pour susciter la confiance des Mahorais, et c'est un point essentiel, le plan que nous proposons devra faire l'objet d'un suivi rigoureux et continu. Parce que Mayotte a connu plusieurs plans, dont les intentions n'ont pas toujours été suivies d'effets, faute de contrôle et d'évaluation. C'est pourquoi nous avons décidé que l'avancement de ce plan serait suivi chaque trimestre. Nous avons voulu cet après-midi arrêter également une stratégie contre deux fléaux qui affectent avec une force particulière la vie quotidienne, non seulement à Mayotte, mais dans l'ensemble des Outre-mer. Le premier, c'est le coût de la vie et le deuxième, c'est l'insécurité.
La vie chère dans les Outre-mer est un combat quotidien et nous connaissons la force des incompréhensions et des protestations sur ce sujet. Le gouvernement a donc préparé un projet de loi de lutte contre la vie chère qui sera examiné en Conseil des ministres à la fin de ce mois et présenté au Parlement à la rentrée. Ce projet de loi renforce le bouclier qualité-prix qui a été créé en 2012, notamment en accroissant les contrôles et en prévoyant des sanctions pénales en cas de non-respect.
Sans attendre l'examen de ce projet de loi, nous avons décidé de prendre par voie réglementaire un certain nombre de mesures pour lutter contre la vie chère Outre-mer que le ministre d'État va vous indiquer dans quelques minutes, si je suis bien informé. Enfin, avec la vie chère, l'insécurité représente le sujet le plus important à traiter dans un grand nombre d'Outre-mer. Elle y est plus forte que dans l'Hexagone.
Or, tous les Français ont droit au même niveau de sécurité et tout le monde mesure ce qu'est le risque qui provient de l'explosion des narcotrafiques qui sévissent particulièrement aux Antilles, particulièrement en Guyane, en raison de la proximité de ces territoires avec les quatre premiers pays producteurs de cocaïne au monde. La loi de narcotrafic qui a été promulguée il y a un mois comprend des dispositions spécifiques aux Outre-mer, mais nous avons décidé aujourd'hui d'aller plus loin encore en renforçant considérablement le contrôle des approches maritimes et aériennes et la coopération policière et judiciaire avec les pays voisins.
D'autres mesures de lutte contre la sécurité que le ministre d'État va vous les présenter dans un instant, comme pour Mayotte, l'action que nous menons contre les problèmes les plus frappants Outre-mer, la viscère et l'insécurité doivent être suivies de plans d'ensemble et de long terme, car pour nous, il n'y aura d'avenir pour l'Outre-mer que s'il y a une visibilité, une vision pour nos concitoyens.
Partant du bilan que nous avons effectué cet après-midi des mesures qui ont été mises en oeuvre depuis le dernier comité interministériel des Outre-mer en juillet 2023, nous allons maintenant définir pour chacun des territoires d'Outre-mer, pour chacun des territoires d'Outre-mer, une stratégie de développement. Ces stratégies feront l'objet dans les prochains mois d'un nouveau comité interministériel des Outre-mer. L'ensemble de notre action vise un but qui est absolument clair dans notre esprit et le sera dans l'esprit et de nos concitoyens tenir à l'égard des Outre-mer la promesse d'égalité constitutive d'une politique d'aménagement équilibré du territoire.
Cette égalité est la première condition pour que les Outre-mer se sentent reconnus et qu'ils soient à part entière membres de notre République et participent pleinement dans un monde où les tensions et les rivalités deviennent critiques au rayonnement de notre pays. Et il faut aussi que cette politique à l'égard des Outre-mer partagée par nos concitoyens apparaisse comme suffisamment ambitieuse pour que se dessine pour chacun un avenir désirable. Voilà les quelques mots d'introduction que je voulais dire avant de céder la parole au ministre d'Etat.
Merci, monsieur le Premier ministre, mesdames et messieurs les ministres, mesdames et messieurs. Le hasard a bien fait les choses. Ce jeudi 10 juillet est un jour important pour les Outre-mer. J'ai commencé ma journée en recevant le rapport sur les conséquences des essais nucléaires, rapport parlementaire de l'Assemblée nationale, essais nucléaires en Polynésie française. Je suis, vous le savez, monsieur le Premier ministre, déjà depuis une semaine totalement engagé dans les discussions, dans les négociations concernant l'avenir de la Nouvelle-Calédonie. En vous quittant, je vais les rejoindre.
Aujourd'hui, le Sénat a adopté définitivement, vous l'avez évoqué, le texte de loi pour la refondation de Mayotte que vous aviez annoncé vous-même sur ce territoire à la fin de l'année. C'est un succès pour le gouvernement et c'était attendu par les Mahorais. Et puis, nous avons en effet ce comité interministériel aux Outre-mer. Vous avez dit l'essentiel sur Mayotte. Je voulais d'abord vous remercier de la confiance que vous m'avez faite en me nommant à cette responsabilité et surtout de l'engagement, monsieur le Premier ministre, que vous avez pris à l'égard des ultramarins à travers, vous venez de le souligner, le ministère, le ministère d'Etat que je porte.
Sur Mayotte, je ne redis rien de plus, sinon que nous avons mis en place progressivement les outils qui nous permettent la reconstruction, la refondation de ce territoire avec 4 milliards d'euros engagés sur les prochaines années et la nécessité maintenant d'obtenir des résultats. C'est ma tâche. C'est aussi évidemment la tâche du général Facon qui est en charge de la mission interministérielle qui est ici au ministère des Outre-mer avec la direction générale des Outre-mer, bien évidemment, et sur le terrain avec le préfet Bioville qui est ici parmi nous. Je remercie de son implication et avec lui, l'ensemble des agents de l'Etat.
Il faut aller vite, le faire bien et le faire de manière coordonnée, concertée et régulière. Et la plus efficace possible et la plus lisible pour les Mahorais. Je dis un mot sur la lutte contre la vie chère qui concerne en effet l'ensemble des territoires ultramarins. C'est une priorité de mon action politique avec votre soutien de celle du gouvernement. Là aussi, le comité interministériel acte des actions concrètes qui doivent améliorer rapidement et durablement la situation pour l'ensemble de nos compatriotes ultramarins. Et la vision, ce sont 5 mots-clés. Concurrence, transparence, exigence, renaissance et bon sens.
Concrètement, nous avons acté le plan complet et structurel avec une réponse législative, en effet. le projet de loi de lutte contre la vie chère qui sera présenté en Conseil des ministres le 30 juillet. Il renforcera le pouvoir d'achat, améliorera la transparence dans la formation des prix, stimulera une concurrence loyale et soutiendra les filières locales. Ce travail, nous l'avons mené avec les parlementaires, les élus locaux, les forces économiques et sociales et nous le poursuivrons jusqu'à l'automne avec la présentation et les débats autour de ce texte de loi.
Nous le préserverons le 12 septembre, d'ailleurs, d'une journée complète avec l'ensemble des préfets, les acteurs économiques et sociaux ici pour continuer à consolider notre action. Mais sans attendre l'adoption de la loi, trois décrets sont pris ce jour pour renforcer les observatoires des prix, des marges et des revenus et pour renforcer, vous l'avez souligné, le bouclier qualité-prix. Et puis, une circulaire est également adressée aux préfets pour les mobiliser encore davantage sur cet objectif et renforcer le rôle de coordination et d'impulsion stratégique en matière de lutte contre la vie chère.
La lutte contre la vie chère, c'est aussi répondre aux besoins des entreprises ultramarines et permettre aux entreprises de bénéficier des conditions de stabilité qui leur permettent de pratiquer les meilleurs prix. C'est la raison pour laquelle nous allons publier prochainement une circulaire visant à améliorer les délais de paiement public dans les Outre-mer. C'est un vrai sujet reposant sur le déploiement d'outils opérationnels éprouvés dans certains territoires. Efficacité, rapidité, transparence, là aussi. Et la lutte contre la vie chère, enfin, c'est l'adaptation des normes européennes aux réalités de nos territoires ultramarins. Nous en avons parlé également.
Ces normes sont parfois une source inutile de contraintes. C'est pourquoi le SIUM a décidé d'intégrer les régions ultrapifériques dans l'agenda européen de simplification et d'agir pour adopter la législation européenne et les textes européens. C'est un long travail qui nous attend, mais là aussi, il y a beaucoup d'attente. Je n'y reviens pas. Le ministre Buffet a présenté l'ensemble des mesures que le ministre de l'Intérieur a préparé concernant la lutte contre le narcotrafic. Vous l'avez souligné. Sous votre autorité, nous avons rappelé que c'est une cause nationale, c'est une cause de l'Etat.
Tant ces sociétés, notamment aux Antilles et en Guyane, menacent de s'effondrer face à la puissance du narcotrafic. Le ministre de l'Intérieur se rendra cet été aux Antilles. Nous avons rappelé, déployé l'ensemble de l'action sur le contrôle des approches maritimes et aériennes des territoires, le contrôle des flux qui déstabilisent les territoires ultramarins, le renforcement de la coopération régionale, les moyens, bien sûr, humains, techniques, dans l'air, en mer, sur terre, qui sont nécessaires pour lutter contre l'ensemble de ce fléau.
Et enfin, le comité interministériel d'aujourd'hui est le coup d'envoi d'une démarche, davantage les concentrés, dont les élus locaux, les parlementaires et les représentants de la société civile seront les moteurs. Des équivalents du comité interministériel aux Outre-mer seront organisés par territoire à partir de la rentrée de septembre. Ils permettront, selon une logique, celle que j'ai déjà présentée, notamment en Guyane, de démétropolisation et d'adaptation, de dégager des actions qui vont être mises en place directement à l'échelle du territoire, que nous devons suivre régulièrement pour en améliorer l'efficacité.
Elles permettront aussi d'adresser des demandes ou recommandations qui seront traitées dans le cadre du prochain comité interministériel à la fin de l'année au plan national et qui, là, associera l'ensemble des élus. Mais nous avons donné un certain nombre d'orientations pour gagner en priorité et en efficacité avec des thématiques très concrètes. L'adaptation du changement climatique, c'est sans doute le grand défi de ces territoires ultramarins, c'est le grand défi, évidemment, de la planète. La coopération et le rayonnement régional, ces territoires doivent mieux se développer dans leur espace régional sur chacun des océans et rayonner par eux-mêmes.
La lutte contre les violences intrafamiliales, c'est une des grandes préoccupations que nous avons, l'autonomie alimentaire, le soutien aux entreprises et bien sûr toutes les questions liées à la jeunesse, à la culture et la mémoire. Voilà, mesdames et messieurs, quelques éléments qui complètent ceux du Premier ministre. Nous avons tenu cette réunion dans les salons qui portent le nom de Louis Deligresse, héros de la lutte contre le rétablissement de l'esclavage à la Guadeloupe, mort sans capituler avec 300 combattants au Matouba en 1802 pour que vive la liberté, ça c'est l'inscription, le rappel de sa mémoire qui est placée dans la crypte du Panthéon où il repose.
Il y a un besoin tellement puissant, Monsieur le Premier ministre, de considération, de justice, d'égalité, un changement de rapport entre l'Hexagone, l'Etat d'une part et ces territoires que nous devons beaucoup travailler. Avec un ministère d'Etat, cela donne une plus grande lisibilité, des moyens d'action supplémentaires, bien évidemment, de l'action. Nous avons fait la démonstration aujourd'hui, donc nous allons poursuivre ce travail avec beaucoup de force et encore une fois, la preuve, en quelques mois, ce déjeuner en est la démonstration, les dossiers avancent, mais ça ne nous donne qu'une seule obligation, poursuivre de manière encore plus efficace et plus forte.
En six mois.
En six mois, M. le Premier ministre. Et j'ai entendu dire que le Parlement ne légiférait pas assez sur des textes du gouvernement. Je pense que ça n'est pas vrai. En tout cas, il y a déjà deux textes concernant Mayotte qui ont été adoptés en quelques mois et un prochain qui arrive sur la Vichère.
Est-ce que vous avez des questions ?
Bonjour, M. les ministres. Oscar Tessono pour Ibride Magazine. Donc on est un hebdomadaire fait dans le secteur protégé par des personnes en situation de handicap. J'aurais une question sur les dispositifs scolaires. Avez-vous des données ou des informations claires sur le nombre et la quantité d'enseignants qui seront présents dans les établissements à Mayotte à la rentrée scolaire en septembre ?
Je réponds. Non, on va vous donner ces éléments. Précisément, il y a une nouvelle rétrice qui d'ailleurs vient d'arriver. Nous avons indiqué que la période du mois de septembre au mois de décembre à Mayotte va être extrêmement délicate et donc je m'y rendrai moi-même pour la rentrée scolaire. Aujourd'hui, beaucoup d'efforts ont été faits pour la reconstruction des classes et des écoles qui avaient été endommagées ou détruites par le cyclone Chido. Nous nous sommes donnés surtout l'objectif d'ici 2031 de mettre fin aux rotations qui sont un véritable problème, un véritable défi pour ces écoles.
Le chiffre qui était donné par le général Facon, c'est la construction d'ici à 2031 de 1500 classes. De 1500 classes. C'est ce travail que nous allons faire et devant les élèves, il faut en effet des enseignants soutenus, formés, accompagnés. C'est ce que fait le ministère de l'Éducation nationale. Nous tenons à votre disposition pour vous donner tous les éléments précis.
Pour vous donner des chiffres précis, non pas sur les enseignants, parce que nous sommes dans une campagne de remobilisation, de recherche d'enseignants pour occuper ces fonctions, mais s'agissant des écoles, plusieurs centaines d'écoles ont été reconstruites, il en reste exactement 31 qui ne l'ont pas été et qui vont l'être dans les prochains mois. Et nous avons, sous l'autorité du préfet, des missions, une mission pour que la reconstruction de ces écoles soit prise en charge. Pour l'instant, ce sont des élèves qui sont scolarisés dans des écoles voisines et très souvent en alternance.
Bonjour, Nicolas Ledin pour RCI, qui est une radio des Antilles. Juste deux petites précisions sur le projet de loi Vichère. Est-ce qu'aujourd'hui, il est finalisé ? Et concernant la date de présentation, j'imagine qu'il reste peu de conseils des ministres avant l'éventuelle vacances parlementaires et ministérielles. Est-ce que vous savez précisément à quelle date il serait présenté ?
Oui. Oui, d'abord, il est évidemment finalisé. Il a été transmis aux parlementaires, aux élus locaux. C'est d'ailleurs tellement vrai que des collectivités se sont déjà exprimées sur ce texte. Nous avons rencontré les acteurs économiques, MEDEF, syndicats, chambres de commerce et d'industrie. Il a été transmis, bien sûr, au Conseil d'Etat. Et il sera présenté en Conseil des ministres le 30 juillet, c'est-à-dire à mon retour de la Polynésie française puisque je m'y rends à partir de mardi. C'est ainsi que l'ordre du jour du Conseil des ministres a été établi. Donc, il sera bien adopté par le Conseil des ministres. Donc, là aussi, 30 juillet. 30 juillet.
Et je rappelle toujours qu'il a été préparé grâce également aux propositions de loi qui avaient été présentées par des sénateurs, l'URAEL, Bélim, ou par la députée Bélai. La proposition de loi Bélim sur le logement concernant les normes de construction, elle a été adoptée définitivement par l'Assemblée et le Sénat. Et nous sommes en train de préparer la publication du décret avec la ministre Valérie Létard.
Oui, bonjour. Mathias Trout pour France Info. Le dossier mentionne un hub logistique pour le e-commerce en Martinique. Concrètement, quel impact vous espérez que ça aura sur les prix ? Qu'est-ce que ça va changer concrètement ? Et deuxième question, toujours concrètement, l'un des cinq mots que vous avez présentés, il y a bon sens dedans. Je cite l'intégration des territoires contra-marins dans leur environnement régional. Est-ce que vous pouvez expliquer concrètement ?
Je réponds à la dernière question. Emmanuel Valls va répondre précisément à la première. Un certain nombre de normes qui sont applicables en Outre-mer sont des normes définies dans l'hexagone. Par exemple, des normes de température pour le diagnostic énergétique, pour les DPE, qui sont assez ou totalement inadaptées. C'est aussi le cas pour les constructions. Il y a des normes de construction, de matériaux de construction qui sont des normes hexagonales et qui se trouvent d'applications automatiques Outre-mer et qui sont évidemment déplacées dans leur conception. C'est sur ce sujet que le bon sens a été convoqué. Et on comprend assez bien ce que ça veut dire.
Et ça vaut donc, M. le Premier ministre, pour la coopération régionale. Nous voyons bien, nous l'avons évoqué, le ministre en charge de la francophonie de la coopération régionale le soulignait, pour chacun des territoires, dans leur espace, il y a beaucoup à faire, par exemple, pour ce qui concerne la Réunion et Mayotte, évidemment, sur le canal du Mozambique ou sur l'océan Indien, en lien avec cet environnement. Et donc, la question des normes est souvent reposée en lien avec ce que vous avez dit tout à l'heure sur les problématiques européennes.
Donc là, c'est un des sujets et ça vaut évidemment pour les Antilles, ça vaut évidemment dans le Pacifique, pour que nous soyons beaucoup plus efficaces. Donc, ça concerne les normes. Je veux dire, je vais prendre un exemple pour bien me faire comprendre. Après avoir rencontré la filière bois en Guyane, elle agit évidemment dans la forêt en respectant toute une série de normes. environnementales avec l'ONF et avec le soutien de la collectivité territoriale. Mais parfois, ces normes nous permettent d'aller plus loin et ça oblige ce territoire à importer du bois de Pologne. Ça renchérit sur les coûts alors que nous avons là un matériau, une capacité à développer, à construire le territoire.
En circuit court. En circuit court. Ensuite, pour ce qui concerne la première question, oui, et ça a été très porté par les élus et notamment les parlementaires, il y a une volonté, y compris parce qu'il y a des pratiques, vous le savez, dans ces territoires qui permettent, donc c'est ce que nous voulons mettre dans la loi, c'est ce qui est dans la loi, un accès au commerce en ligne qui va être facilité. Ça veut dire plus de concurrence à travers ce e-hub et donc ça veut dire une baisse de prix, c'est ça l'objet, l'objectif de ce, de cet élément-là qui est porté encore une fois par les parlementaires et par les élus et que nous intégrons dans les démarches et dans la loi.
M. Pascal Morel, je m'intéresse particulièrement aux questions de santé.
Depuis longtemps.
Je voudrais vous demander si votre comité interministériel s'intéressera particulièrement à ces sujets puisqu'il est interministériel que le ministre de la Santé est là, d'ailleurs le ministre de la Recherche et de l'Enseignement était là, je crois aussi. En réalité, il y a des problèmes majeurs évidemment, à la fois épidémiques, épidémiologiques aussi, mais aussi des points qui sont plus positifs, notamment dans l'enseignement supérieur et médical les soignants. Est-ce que ce sont des sujets que vous aborderez ? Est-ce que ça fait partie de vos travaux ?
Nous les avons abordés.
Je suis venu écouter cela.
Mais peut-être le ministre de la Santé peut vous répondre directement du producteur au consommateur.
En général, le ministre de la Santé.
C'est une vraie Assemblée générale ici.
Eh bien, écoutez, on peut peut-être préciser les points qui ont été abordés en lien avec Philippe Baptiste de l'Enseignement supérieur. Il y avait quatre points essentiels. La première, c'était de reconstruire effectivement l'offre sanitaire. Donc, il y a un projet de reconstruction hospitalière qui est important, qui se localise sur Mamoudzou et sur Camry. Donc, sur deux sites, 400 millions d'euros qui sont prévus. La première phase commence très concrètement en septembre avec la reconstruction des blocs opératoires qui avaient été endommagés pendant le cyclone. et il y aura donc six blocs opératoires fonctionnels en septembre.
Il y en a deux qui sont en cours de livraison et quatre autres supplémentaires. Il y aura nécessité aussi de pouvoir positionner la médecine libérale, de pouvoir avoir une vraie attractivité vis-à-vis des professionnels de santé. Il y aura des dispositifs de droit commun comme les zones franches qui vont permettre de pouvoir créer des maisons médicales de santé, des centres de santé, tout en maintenant les dispensaires qui sont importants puisque la base du système de santé sur les 17 communes de Mayotte est basée sur ces sujets-là. Ensuite, il y a toute une partie de formation.
Sur Mayotte, il y aura la création d'un IFSI qui avait été annoncé, un institut de formation en soins infirmiers qui avait été annoncé par M. le Premier ministre lors de sa visite en décembre. Donc, c'est la Croix-Rouge qui sera porteur et qui pourra effectivement assurer cette formation sur site.
Il y a des discussions en lien avec le ministère de l'Enseignement supérieur pour voir s'il y a une première année de médecine dans Mayotte et d'une façon plus générale, c'est l'organisation sanitaire globale avec une réorganisation de la prise en charge de l'offre de soins où tout ce qui n'est pas réalisable pour les Mahorais en termes d'offre de soins bénéficiera d'un système de guichets qui permettra de trouver ces soins sur la Réunion ou en métropole en fonction des spécificités et ça sera en vigueur à partir du 28 juillet prochain puisque la caisse de sécurité sociale de Mayotte travaille en lien avec les services de la préfecture et de la RS pour mettre ce guichet de façon présente et d'une façon générale sur les Outre-mer pour comprendre le sujet plus globalement.
nous avons volonté de porter la formation aux Outre-mer nous nous rendrons avec Manuel Valls en septembre pour l'inauguration du CHU de Guyane et d'une façon générale de pouvoir de Guadeloupe de Guadeloupe pardon de Guadeloupe la Guyane c'est fait le ministre Valls l'a annoncé avec la création de ce CHU cette universitarisation donc et sur la recherche il y a des spécificités liées au territoire d'Outre-mer qui sont naturellement envisagées dans tous les protocoles de recherche mais dans le cadre de l'universitarisation des territoires ultramarins c'est bien tous ces sujets-là qui sont évoqués donc un plan de reconstruction un plan d'attractivité des professionnels il y a des revalorisations importantes et aussi de revaloriser aussi le rôle de la réserve sanitaire puisqu'on sait qu'on a à peu près en permanence 50 à 80 professionnels de santé qui sont de métropole et qui effectuent aussi de l'aller vers la réserve sanitaire dans les Outre-mer particulièrement à Mayotte et puis il y a aussi toutes les spécificités on va dire infectieuses donc ça ne serait pas correct de ne pas parler l'épisode de Chikungunya que ce soit à La Réunion ou à Mayotte est en voie de déclinaison il reste encore il y a eu 1000 patients sur Mayotte à peu près encore une trentaine d'hospitalisés et puis les campagnes de vaccination sur des sujets importants comme le DT polio sur le choléra 35 000 vaccinations la fièvre typhoïde plus de 7 000 vaccinations sont des politiques d'aller vers qui sont extrêmement importantes et cette politique d'aller vers aussi permet de dépister aussi des maladies chroniques puisqu'on a un taux particulier de maladies chroniques et de certains sujets comme le diabète qui a une prévalence extrêmement importante en Outre-mer je peux en parler pendant 10 heures vous avez eu
des réponses précises
vous pouvez préparer
la question c'est finissime c'est bien la question
merci Yannick
bonjour Jean-Fato pour Outre-mer 360 vous avez évoqué votre déplacement en Polynésie française où il y a une inquiétude sur la méthamphétamine et sur les réponses du SCIUM l'Assemblée de Polynésie française a voté une résolution pour demander un renforcement des sanctions pénales est-ce que vous avez est-ce que vous irez avec des érances sur ce sujet et est-ce que par exemple les dispositifs détaillés dans le dossier de presse comme l'opération 100% contrôle à l'aéroport de Guyane est-ce qu'on peut l'imaginer aussi en Polynésie française
le ministre Buffet a abordé l'ensemble des sujets et en pointant aussi ces nouvelles drogues de synthèse ou nouvelles drogues qu'on trouve notamment dans cette région du monde j'aurai l'occasion de m'entretenir avec les élus polynésiens et de voir ensemble quels sont les moyens que nous pouvons mettre en oeuvre et si j'ai des annonces je les ferai évidemment là-bas mais il ne s'agit pas de faire des annonces pour des annonces il s'agit tout simplement d'agir avec les forces politiques avec la justice avec les forces de sécurité intérieure sur place dans le cadre d'une coopération aussi bien sûr notamment avec les Etats-Unis d'Amérique sur ces sujets-là donc oui nous allons évoquer ce thème parce que c'est un thème qui préoccupe énormément les élus et la population en Polynésie française
merci à tous d'avoir participé à cette rencontre
merci à tous
merci à tous merci à tous merci à tous
François Bayrou