En Allemagne, le Président Emmanuel Macron reçoit le Prix international de la paix de Westphalie.
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 10:50Emmanuel MacronFait
« La souveraineté, l'intégrité territoriale de l'Ukraine est dans l'intérêt de tous les Européens et de toutes les Européennes. »
- 13:00Emmanuel MacronFait
« Une paix juste et durable ne saurait se baser que sur le droit international et des garanties pour l'Ukraine, des garanties durables. »
- 14:00Emmanuel MacronFait
« inédit dans notre histoire, où nous devons penser notre défense et notre sécurité par nous-mêmes et pour nous-mêmes, en tant qu'Européens. »
- 15:00Emmanuel MacronFait
« Seule, et en tant qu'Européens pour chacune et chacun d'entre nous, l'Europe est aujourd'hui sur le bon chemin vers davantage de souveraineté en matière de défense. »
- 17:00Emmanuel MacronFait
« Une Union européenne n'est vraiment souveraine que dans la mesure où elle peut s'affirmer et se défendre. »
- 19:00Emmanuel MacronFait
« L'Europe a un numéro qu'il faut appeler ? Oui, c'est le numéro de madame Von der Leyen, qui est des nôtres aujourd'hui. »
- 0:30Emmanuel MacronFait
« Tous ces gens là se sont habitués au résultat que l'Europe a produit et ils se sont habitués, ils ont pris comme une évidence ce qui a été le fruit d'un travail colossal. »
- 1:00Emmanuel MacronFait
« Rien n'était écrit pour que l'Europe réussisse à acheter des vaccins ensemble, on s'en souvient, à construire ensemble, et c'est le fruit d'un accord franco-allemand que personne n'attendait au mois de mai 2020. »
- 1:30Emmanuel MacronFait
« Notre Europe ensemble a réagi pour sanctionner tout de suite la Russie, défendre tout de suite l'Ukraine et ouvrir les bras à l'adhésion pour nos amis ukrainiens. »
- 4:30Emmanuel MacronFait
« L'Europe de la paix et de la sécurité, c'est une Europe ensemble et une Allemagne et une France ensemble face à des risques communs. »
- 5:30Emmanuel MacronFait
« On n'a aucune chance face à la Chine, aux États-Unis. Et vous avez aujourd'hui une accélération du monde extraordinaire sur les technologies, l'industrie verte, sur l'intelligence artificielle. »
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J'espère, Monsieur le Président, que vous parlez un peu allemand. Peut-être que moi je vais parler français et vous allemand ? On peut changer les rôles.
Je ne sais pas si vous êtes d'accord. Il faut voir. Je suis très content que vous soyez là, et je ne souhaite pas vous faire attendre plus longtemps.
Je suis heureux de nous voir tous réunis aujourd'hui dans cette merveilleuse salle. Et pour nous mettre dans l'ambiance un petit moment, je tiens une nouvelle fois à saluer très chaleureusement nos musiciens, le groupe Syndikat Gold, qui nous a déjà un peu aidé à patienter tout à l'heure, alors que nous attendions. Tout était parfait.
Et je peux vous dire que l'assemblée se réjouit de vous voir, en partie grâce aux quatre personnes qui se trouvent sur ma droite. Ce que j'ai dit plus tôt n'était pas tout à fait exact ; comme vous le savez, les journalistes se trompent parfois. Vous n'avez pas joué de musique des années 1920, mais je crois que vous allez nous y emmener maintenant, les années 1920 comptant parmi les plus joyeuses du siècle passé.
Alors voilà, Syndikat Gold, Gabriela Koch, c'est à vous. Nous avons hâte de vous écouter, soyez les bienvenus. Merci pour votre présence, merci beaucoup. [MUSIQUE] [APPLAUDISSEMENTS] Merci beaucoup au groupe Syndikat Gold.
Pour en revenir à la partie officielle, je vous souhaite très chaleureusement la bienvenue ici. Je vous renouvelle la bienvenue pour cette conférence pour la paix. Quand je parle de paix, nous savons toutes et tous que nous vivons une période de turbulences, qui n'est vraiment pas paisible.
Nous avons des conflits et des dissensions. Tout à l'heure, nous en avons déjà touché deux mots. Et il est très important qu'aujourd'hui, ici, en cet endroit historique, et dans cette salle, que nous créions l'atmosphère nécessaire pour promouvoir la paix.
Si l'on remonte à 1648, c'était une période de souffrance, de haine, de misère. Et néanmoins il y a eu des hommes et des femmes qui, entre ici et Osnabrück, se sont employés à mettre un terme à cette haine, à ces souffrances, à cette misère. Et j'aimerais sciemment rappeler, en ce début de conférence, que quelle que soit la difficulté apparente de l'entreprise, il ne faut jamais, jamais baisser la garde pour défendre la paix, qui est le bien le plus important dans ce monde.
Je n'ai pas besoin de l'expliquer à mon grand-père, qui a fait la première guerre mondiale, et pour le grand-père de ma femme, qui est française, c'est la même chose. Et de par ma conscience familiale, je sais pertinemment ce que cela signifie que de promouvoir la paix. Et je sais qu'il est possible de surmonter la haine et tout ce qui a conduit et attisé la haine.
C'est la raison pour laquelle je me réjouis de cette journée. Monsieur Zinkann, vous êtes le premier intervenant et je vous souhaite également la bienvenue. Monsieur le Président fédéral Steinmeier, Monsieur le Président de la République Macron, Madame la Présidente de la Commission, Von der Leyen, Madame la Ministre Nowacka, Madame la Ministre Paus, Monsieur le Ministre-Président Hendrik Wüst, Monsieur Markus Lewe, Maire de la Ville de Münster, chers représentants de l'Office germano-polonais pour la Jeunesse, Mesdames et Messieurs les Ministres, Ambassadeurs, Députés des Länder, de l'État fédéral et de l'Union européenne.
Mesdames et Messieurs les représentants du jury du Prix de la Paix, à savoir Monsieur Friedrich Merz et le Prince de Prusse, cher curateurs, membres du jury du Groupement d'entreprises de Westphalie-Lippe, Mesdames et Messieurs. Au nom du Comité directeur de notre Groupement d'entreprises de Westphalie, je vous souhaite la bienvenue à cette cérémonie de remise du Prix international de la Paix de Westphalie 2024. C'est ici, une fois de plus, le moment venu, Monsieur le Président Macron, Madame Macron, j'ai le plaisir extraordinaire de vous accueillir à Münster pour remettre le prix de la paix de Westphalie.
C'est ici le lieu historique de la fondation du droit international moderne, sur le lieu du Traité de paix européen historique de 1648, au cœur même de l'Europe, que nous voulons célébrer, défendre, promouvoir le dialogue européen et défendre aussi nos valeurs. Cette remise de prix était prévue pour le 375ᵉ anniversaire du traité de paix de Westphalie, c'est-à-dire l'année dernière, mais nous vivons une époque de turbulences, avec une guerre au cœur de l'Europe même. Nous sommes d'autant plus heureux de faire partie de votre visite officielle d'État en Allemagne en compagnie de votre épouse, Monsieur le Président de la République Macron.
Je tiens donc à vous exprimer des remerciements particuliers, à vous, Monsieur le Président Steinmeier. En tant que membre d'honneur de notre jury, vous êtes étroitement lié à notre groupement économique d'entreprises depuis de nombreuses années, et c'est grâce à votre soutien que nous pouvons aujourd'hui remettre ce prix ici, à Münster. Sans anticiper sur les éloges, je voudrais souligner expressément une chose, au nom du conseil d'administration de mon groupement d'entreprises, ce prix est la reconnaissance de l'engagement, de la volonté de dialogue et de l'action en faveur d'une Europe libre, unie et autonome.
Mesdames et Messieurs, les deux lauréats de l'année 2024 sont unis par leur engagement en faveur d'une Europe qui, de l'Est à l'Ouest, est amie, jumelée, voire fraternelle. L'Office germano-polonais pour la Jeunesse, avec son engagement particulier pour les jeunes d'Ukraine, prouve chaque jour à quel point l'entente européenne est importante pour la compréhension mutuelle. Et vous, Monsieur le Président Macron, vous êtes un Français fier, à juste titre, et un véritable Européen.
Vous défendez depuis de nombreuses années l'autonomie de l'Europe. Vous pensez au-delà des barrières et vous nous rendez, ce faisant, plus forts ensemble. Mesdames et Messieurs, le Prix de la Paix de Westphalie 2024 est sans doute le plus politique de son histoire.
En effet, nous les entrepreneurs qui avons créé ce prix, voulons ici donner un signal, un signal en faveur d'une Europe forte, plus forte. Nous, entrepreneurs, souhaitons davantage de coopération européenne. Nous sommes convaincus que la prospérité et le bien-être économique sont source de [INAUDIBLE].
Oui, c'est même un enjeu, une paix que nous Européens, devons défendre ensemble, tant sur le plan de la société civile que sur le plan militaire, car comme le disait déjà notre ancien lauréat, Valéry Giscard d'Estaing, il s'agit aussi de notre ordre démocratique de base. Il s'agit de notre interprétation des valeurs européennes. Et cette journée s'inscrit très bien, je dirais, dans le contexte des festivités qui ont entouré le jubilé de la Loi fondamentale allemande.
Donc il faut de la tolérance, de la compréhension, d'une part, mais d'autre part, il faut toujours rester en contact, communiquer. Et comme le disait notre ancien lauréat, Valéry Giscard d'Estaing, il disait : "qui se parle ne se tire pas dessus". En décernant ce prix de la Paix de Westphalie de 2024, notre groupement économique donne un signal en faveur de cette Europe plus forte, plus autonome, plus consciente d'elle-même, une Europe pour laquelle il vaut la peine de s'engager et de se battre, Mesdames et Messieurs, car la paix perpétuelle est un rêve éternel, peut-être le plus ancien.
La "pax perpetua", la paix perpétuelle telle qu'elle a été rêvée en 1648 n'a duré que quelques années, malheureusement. Mais une chose est claire, cette paix, il faut la défendre. Il faut lutter face à toutes les agressions qui viennent de l'extérieur et de l'intérieur.
Nous ne devons jamais baisser la garde. La paix a aussi besoin de fermeté et de force. Nous vous encourageons à poursuivre votre engagement en faveur d'une Europe forte, indépendante et unie.
Continuez à penser au-delà de l'existant. Défendez notre Europe et allez de l'avant. Nous sommes à votre écoute.
Mesdames et Messieurs, avant de boucler, pour terminer ce discours de bienvenue, j'aimerais adresser la parole aux jeunes de Pologne, d'Ukraine et d'Allemagne qui célèbrent la Rencontre européenne de la jeunesse dans cette salle, mais aussi à quelques mètres d'ici, dans la StudentGator de Münster. Vous vivez dans une société qui instaure la paix et la compréhension par le dialogue. Vous êtes l'avenir et vous apportez votre contribution pour un avenir meilleur.
Malgré l'autonomie et la souveraineté de chacun, vous montrez à quoi doit ressembler l'avenir de l'Europe, une Europe unie. Avant de terminer, j'aimerais vous adresser mes sincères remerciements. Merci à mes collègues, le professeurs [INAUDIBLE] [INAUDIBLE] [INAUDIBLE] Merci pour votre compréhension, merci pour votre soutien et merci pour la réalisation commune de cet objectif.
Et mes remerciements s'adressent également aux membres du jury, ceux qui font que ce prix peut être décerné tous les deux ans et ceux qui financent ce prix. Merci à Monsieur [INAUDIBLE] [INAUDIBLE] [INAUDIBLE] Merci pour leur engagement sans aucune limite, sans aucune réserve ni retenue. Nous allons passer à la suite du programme protocolaire.
Merci, Mesdames et messieurs. Merci beaucoup Monsieur Zinkann. Vos mots m'ont beaucoup touché.
Lorsqu'on parle de l'Europe, le journaliste que je suis pense nécessairement à pas mal de choses et se pose des questions, même critiques. Oui, tout est vrai et tout est justifié, mais en une journée comme celle-ci, c'est important d'élargir un peu notre regard, en disant : oui, l'Europe connaît des défis, elle a des défis à relever, mais l'Europe c'est la réponse à l'histoire. Hier soir, ce film, je ne sais pas si vous avez eu la chance de le voir, j'en ai vu une partie, le film sur le fameux D-Day, cette version colorée qui laisse perplexe tout spectateur.
J'ai évoqué la guerre tout à l'heure, mais je n'ignore pas que l'Europe est une chose qu'on a intérêt à se rappeler. L'Europe est la réponse à ce genre de turbulences, d'erreurs, de détours de l'histoire. Il y a cette très belle question de savoir : est-ce que l'Europe a un numéro qu'il faut appeler ?
Oui, c'est le numéro de madame Von der Leyen, qui est des nôtres aujourd'hui. Nous sommes heureux que vous ayez accepté de nous parler, Madame. Soyez la bienvenue.
Monsieur le Président de la République, cher Franck, Madame Büdenbender, Monsieur le Président Macron, cher Emmanuel, chère Brigitte, Mesdames les Ministres Nowacka et Paus, Monsieur le Ministre-Président Wüst, cher Hendrik, Mesdames et Messieurs les Ministres du Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, Monsieur le président Merz, cher Friedrich, Votre Altesse royale, Mesdames et Messieurs les Députés du Parlement européen, du Bundestag, et du parlement régional de Rhénanie-du-Nord-Westphalie. Monsieur le Maire Lewe Monsieur Zinkann, Mesdames et Messieurs. Permettez-moi d'abord de m'adresser à la GWWL [INAUDIBLE] Quel honneur de pouvoir inaugurer cette cérémonie !
La Westphalie est le berceau de l'Europe moderne. La guerre de Trente ans a été l'un l'un des conflits la plus brutaux de l'histoire de l'humanité. Demandez l'avis de plus de 5 millions de personnes en plein chaos de souffrances.
Il y a quelque chose de révolutionnaire. 235 délégations de l'Europe toute entière se sont réunies ici, en Westphalie, pour se taper dessus, pour se disputer, pour discuter pendant plus de deux ans, jusqu'au jour où ils ont enfin dégagé une vision commune qui permit une paix durable en Europe. Pour la première fois, ce fut l'accord d'un groupe d'Européens sur un certain nombre de règles qui s'appliquaient sans distinction à tout le monde, au niveau de notre continent, à l'échelle du continent.
C'était la naissance du droit international moderne. Tous les États devaient participer de la dignité du droit, grand ou petit, catholique ou protestant, traditionnel ou nouveau-venu, ils étaient tous appelés. Ces idées ont été développées 70 ans avant par Jean Bodin, le théoricien d'État français, et en 1648, ce fut la naissance de cette nouvelle vision de souveraineté nationale, jusqu'à ce jour.
Ce sont là les fondations de la paix internationale, ce qu'on appelle l'ordre basé sur des règles. C'est le grand cadeau que la Westphalie a fait non seulement à l'Europe, mais au monde entier. C'est l'héritage que l'Europe est appelé à cultiver, à protéger, à préserver et à défendre.
Et c'est pour cela que ce prix donné par la Société d'entrepreneurs Westphalie-Lippe garde toute son importance à ce jour. Mesdames et Messieurs, les principes que défend ce prix sont plus importants que jamais dans le monde où nous vivons. C'est Poutine qui a ramené la guerre en Europe.
Lorsque ses chars commençaient à rouler en Ukraine, c'était en même temps une attaque contre la Charte des Nations Unies, une attaque contre l'ordre et la sécurité en Europe, une attaque contre les idées de la souveraineté nationale et de l'entente, qui dit que les frontières ne changent pas par la violence et ne doivent pas être changées par la violence. Et c'est pour cela que Poutine est condamné à échouer, avec ce calcul plein de froid et sans pitié. Si cette guerre impérialiste, devait avoir du succès, l'Europe serait menacée tout entière dans son existence.
Monsieur le Président Macron, c'était là le point central de votre discours à la Sorbonne, qui nous a tellement impressionnés. La souveraineté, l'intégrité territoriale de l'Ukraine est dans l'intérêt de tous les Européens et de toutes les Européennes. Les hommes et les femmes en Ukraine défendent leur pays, mais ils défendent aussi notre sécurité.
Il faut investir toute la force de notre Union pour que l'Ukraine se défende contre l'agresseur, résiste à l'agression. Une paix juste et durable ne saurait se baser que sur le droit international et des garanties pour l'Ukraine, des garanties durables. Nous sommes appelés à contribuer à tout cela.
Vous le disiez hier à Dresde, Monsieur le Président : "inédit dans notre histoire, où nous devons penser notre défense et notre sécurité par nous-mêmes et pour nous-mêmes, en tant qu'Européens". Je cite Monsieur le Président de la République, en redisant en allemand ce que je viens de dire en français. Seule, et en tant qu'Européens pour chacune et chacun d'entre nous, l'Europe est aujourd'hui sur le bon chemin vers davantage de souveraineté en matière de défense.
Ces dernières années nous ont fait comprendre d'une manière on ne peut plus claire, que nous devons développer notre propre force européenne si nous voulons assurer la paix à l'échelle de notre continent. Et c'est pour cela qu'il est tout à fait judicieux de dire que les budgets de défense en Europe doivent augmenter, qu'il faut investir davantage dans l'industrie de la défense. Le travail sur une union de défense commune en Europe est une œuvre nécessaire et bonne.
Et dans la symbolique, il y a cet écran de défense européenne, défense aérienne commencée par le discours du chancelier Scholz. Vous le disiez dans votre discours à la Sorbonne, Monsieur le Président. Vous avez ouvert la porte à une discussion au niveau européen, et les premiers ministres Tusk et Mitsotakis ont repris vos idées.
Une Union européenne n'est vraiment souveraine que dans la mesure où elle peut s'affirmer et se défendre. Voilà ce que les gens attendent, "l'Europe qui protège". Vous l'avez dit ainsi, Monsieur le Président.
Notre démocratie a exactement besoin de cela. Nos adversaires ne demandent pas seulement à pouvoir changer les frontières physiques par la violence, mais aussi les frontières que nous avons dans nos têtes, les uns et les autres. Ils utilisent des drones, des chars, des fusées, mais aussi des bottes, des fake, et ceci de manière systématique et à l'échelle industrielle.
Ils testent notre résistance tous les jours, à tous les niveaux, par l'instrumentalisation des immigrants du Yémen, qui viennent par milliers et qui apparaissent soudain dans les forêts de la Finlande, des gens qui disparaissent du jour au lendemain, des attaques cyber contre les institutions. Je pourrais continuer et vous donner bien des exemples. L'objectif de tous ces agissements est toujours le même, Il s'agit d'ébranler nos structures de sécurité et de miner la paix sociale.
Détruire la paix sociale et détruire l'idée, la vision européenne. Et comme l'enjeu comprend tout, il faut penser plus large. Dans la mesure où on peut se serrer les coudes, on arrive à déplacer les montagnes.
On a réussi contre la pandémie, nous avons résisté à tant d'agissements par le passé, à dépasser une crise énergétique, parce que nous avons été unis, 27 États et 450 millions d'hommes et de femmes, avec cette même force. Nous devons relever ce défi. Pendant des décennies, nous avons profité de la paix, nous avons surmonté des clivages importants.
Nous avons créé une force économique unique. Et voilà qu'il s'agit à nouveau de notre démocratie et de notre liberté. Et la jeune génération ne nous pardonnerait jamais de voir qu'on n'assume pas cette responsabilité.
La jeune génération ne nous pardonnerait jamais si nous ne voulions pas défendre les fondations de l'Europe avec courage et clarté, et si tout le monde n'y contribuait pas pour concevoir une Europe libre, pacifique. Dans ce sens, félicitations à tous les lauréats. Merci de votre dévouement.
Vive l'Europe ! Madame la Présidente, merci pour ces remarques. Si je sondais les reins et les cœurs, dans cette salle, si je demandais : est-ce que l'Europe vous paraît importante ou pas importante ?
J'assume, je pars du principe qu'il y aurait 100 % de personnes qui plébisciteraient cette idée. Nous sommes tous pour l'Europe. Mais malheureusement, en d'autres lieux, l'ambiance n'est pas toujours la même, l'accueil réservé à l'Europe et aux valeurs européennes n'est pas toujours le même.
Ici, nous sommes tous convaincus par notre cause, mais nous le savons aussi, je l'évoquais lors de mon propos liminaire, nous vivons des périodes de turbulences. Et quand on veut parler de jeunes, de jeunes gens, nous savons qu'il existe des enquêtes qui soulèvent des doutes et qui nous interpellent. Est-ce que nous avons fait assez pour contaminer la motivation de ces jeunes ?
Ce que vous avez dit, Monsieur le Président, hier à Dresde, c'est-à-dire motiver les jeunes. Je me suis entretenu avec les jeunes et ils apportent le témoignage que l'amitié transfrontalière, la coopération transfrontalière sont tout à fait possibles et réalistes. Nous devons encourager tous les projets qui vont dans ce sens.
Et nous devons remercier tous ces jeunes qui, sur le plan institutionnel, veillent à ce que les obstacles qui existent encore par ci, par là puissent être surmontés. Nous accueillons Lisa Paus, ministre allemande de la jeunesse, ensuite la ministre polonaise Barbara Nowacka. Monsieur le Président Steinmeier, Monsieur le Président Macron, Monsieur le Président-Ministre, Madame la Présidente de la Commission européenne, Madame Von der Leyen, Madame la Ministre Nowacka chers membres du jury de votre groupement d'entreprises, Mesdames et Messieurs.
Je pense que décerner un prix pour la jeunesse est un sujet historique très important. La paix de 1648 incarnait de nouveaux espoirs, un renouveau. Les jeunes gens venus d'Ukraine, de Pologne, d'Allemagne sont liés par l'amitié.
Depuis le 24 Février 2022, nous avons la guerre au centre de l'Europe, et nombreux sont ceux qui doutent de la capacité des peuples à s'entendre. Bien sûr que les peuples peuvent et doivent s'entendre, surtout aujourd'hui. Je suis allée en Ukraine et en Pologne récemment.
Je suis allée à Auschwitz. J'ai rencontré des jeunes autrichiens et d'autres jeunes qui sont très engagés sur ces lieux de mémoire. Ce n'est que par ce travail de mémoire qu'on préserve la conscience de ce qui s'est passé.
Et c'est cela qui nous fait dire : plus jamais d'holocauste. Je suis allée en Ukraine, à Kiev. J'ai visité un centre de jeunes.
J'étais très impressionnée par ces jeunes gens, qui sont très engagés, qui nourrissent des espoirs malgré la guerre qui frappe leur pays. Lviv va devenir en 2025 la capitale de la jeunesse. Ils y sont parvenus malgré la guerre sur leur sol.
Bien sûr, pour leur population, pour ces jeunes gens, pour la ville, c'est créateur d'espoir et cela permet de resserrer les liens au sein de l'Europe. Il y a des jeunes gens qui viennent de Lviv, qui sont venus à le rencontre de jeunes Allemands et de jeunes Polonais pour recevoir le prix. C'est un message on ne peut plus clair et plus important.
Je dirais que le rapprochement des peuples n'a jamais été aussi important pour paver la voie vers la paix. Il s'agit de beaucoup plus que de visite officielle. Il s'agit d'un travail fait sur la jeunesse, pour la jeunesse, entre pays, des partenariats, des coopérations culturelles.
Il s'agit de jeunes. Il s'agit de rapprocher les gens. Et lorsque parfois on se fait du souci quant à la robustesse de nos démocraties, et avec cet anniversaire des 75 ans de la Loi fondamentale, c'est aussi le moment d'en parler.
Et ce que je veux dire, c'est que ce type de rencontres, d'amitié et de partenariat doivent évoluer, se développer au plan transnational. Monsieur le Président, nous, la France et la Pologne, depuis 33 ans, nous coopérons, dans le contexte du Triangle de Weimar, pour établir des fondements solides. Quand je dis "nous", c'est la société civile, c'est les gouvernements, c'est les parlements.
Et c'est pourquoi les rencontres des jeunes sont importantes. C'est dans cet esprit que dès 1963 a été créée l'OFAJ, et c'est aussi 1991, avec là aussi l'Office germano-polonais de la jeunesse. Madame la Ministre Nowacka, je me réjouis de remettre avec vous, ensemble aujourd'hui, le prix de la Paix de Westphalie, de le remettre à l'Office germano-polonais.
Près de 80 000 projets ont été réalisés depuis la création de l'Office germano-polonais pour la jeunesse. Des millions de jeunes gens ont appris les uns des autres, ont noué des liens d'amitié. Et depuis plus de dix ans, l'Office germano-polonais organise des rencontres avec de jeunes Ukrainiennes, de jeunes Ukrainiens.
Ces jeunes Ukrainiens peuvent venir en Allemagne faire des stages de théâtre, peuvent jouer dans des orchestres, et peuvent, je dirais, marquer de leur sceau, de leur empreinte, quelque chose qui restera, et qui permet de lutter depuis deux ans contre cette guerre. Madame Ivanovska, Monsieur [INAUDIBLE] ? Avec l'Office germano-polonais de la jeunesse, votre équipe rend les jeunes gens curieux.
Grâce à votre travail, ces jeunes gens se nouent d'amitié les uns avec les autres, parfois pour toute une vie. Et l'office germano-polonais crée de l'espoir en ces périodes d'incertitude, et exprime précisément cette idée de renouveau apporté à l'époque par la paix de Westphalie. Chère Marianna, chère Anna, chère Carolina, chère Alexandra, Paulina, Daria et cher Niklas.
Vous participez à un projet de théâtre, entre la Pologne et l'Allemagne, et c'est vous qui êtes les lauréats de ce prix. Vous êtes l'avenir de l'Europe. Vous êtes l'avenir de l'Europe.
Créer quelque chose ensemble, promouvoir le rapprochement, c'est cela qui va dans le sens des valeurs européennes. Je vous félicite de tout cœur. Monsieur le Président Steinmeir, Monsieur le Président Macron, Mesdames les Ministres, La présidente de la Commission européenne Von der Leyen, Madame la Ministre fédérale, Je suis le Ministre-Président Wüst, Monsieur le Président du jury du WWL, chers membres du jury, Mesdames et Messieurs, Mesdames et Messieurs les Députés et Ministres.
Je m'adresse aussi à vous, les jeunes. C'est un honneur pour moi de représenter le gouvernement polonais, car on n'ignore pas ce que signifie le dévouement de la jeunesse et ce que signifie une Europe unie et forte. Votre Office pour la jeunesse reçoit le prix pour sa coopération avec la jeunesse ukrainienne, très dévouée depuis l'éclatement de la guerre.
Ce n'est là qu'un aspect de votre action à multiples facettes, que vous faites depuis 30 ans. Ce travail vous a été demandé par les gouvernements polonais et allemands. Cela vous a été confié pour aider des projets, sur le plan financier, sur le plan des fonds, pour que les jeunes se connaissent et apprennent à se comprendre, à nouer des amitiés, à cultiver l'échange bilatéral, la compréhension pour les jeunes du même âge des autres pays.
C'est une élection très riche en matière de tolérance, de respect et de coopération. Tout le monde peut profiter de l'offre proposée par l'Office pour la jeunesse. Indépendamment de la situation géographique, professionnelle, etc, il y a des milliers de personnes qui se sont associées à ces projets.
Il y a tout un réseau d'écoles, d'organisations, d'autorités, d'initiatives, d'autres organisations. L'Office germano-polonais travaille avec vous, en plein partenariat, vous demande de retourner plus mûrs, avec des expériences qui vous enrichissent. Vous associer à l'échange, apprendre la coopération, changer les perspectives et renforcer l'estime que vous avez de l'autre et de vous-même.
Il y a toujours aussi un thème direct, c'est vrai mais vous êtes très libres. En 2021, c'était chez moi, chez toi, local, bilatéral. l'Office cherche à vous inviter à organiser vous-même des échanges.
Lors du dernier appel d'offres, il y avait beaucoup de candidatures. Treize projets ont été sélectionnés et c'est le projet germano-polonais-ukrainien qui a remporté [INAUDIBLE] le concours des partenaires dans les villes, [INAUDIBLE] dont les [INAUDIBLE]. Il y a des thèmes historiques qui font toujours partie de cet échange et des activités très importantes des activités de l'Office.
Il y a un programme intitulé "Chemin vers le souvenir". Donner l'occasion aux jeunes de vivre l'histoire ensemble, de se livrer à des recherches sur l'histoire. Il y a aussi des endroits symboliques pour le passé ô combien difficile, mais aussi d'autres projets. [INAUDIBLE] [INAUDIBLE] [INAUDIBLE] [INAUDIBLE].
Il y a tellement de sujets, par exemple un échange d'expériences et aussi un programme de promotion trilatérale de projets de rencontre de la jeunesse. Des partenaire de Géorgie, de Moldavie et d'autres pays d'Europe orientale [INAUDIBLE] C'est exact. Parce qu'il y a aussi les voisins, les amis, les familles qui font toujours partie de ces échanges, ce qui me paraît extrêmement important.
La Pologne a toujours tenu à travailler dans ce sens pour toujours mettre en exergue et réinventer le rôle. Nous sommes tous dans des situations très, très cruciales, car avec la guerre en Ukraine, nous avons absolument besoin de nous mobiliser, la jeunesse et nous toutes et tous. Nous les décideurs, nous avons besoin d'être forts, nous avons besoin d'une armée forte pour pouvoir nous défendre.
Il faut être unis, sinon on ne peut rien faire. On peut passer, mais il faut être forts et unis pour résister. On n'est pas tellement dépourvus, d'ailleurs, me semble-t-il.
On peut s'entraider, et au mois de juin, ce sera un moment très important en Pologne. Donald Tusk dit : "si tu ne veux pas faire la guerre, il faut que tu te rendes aux urnes". C'est tellement important.
Tout le monde doit s'y associer. Les femmes, les jeunes, tout le monde. C'est très important de veiller à ce que la nouvelle génération connaisse et partage nos valeurs, car on se bat pour la chose la plus importante.
J'en veux pour preuve le climat mais aussi d'autres chantiers. Il faut investir dans la conscience de notre jeunesse. C'est une priorité absolue, car ce qui nous intéresse, ce dont on a besoin, c'est la liberté et la sécurité.
L'avenir est entre nos mains. Nous avons besoin de décider en faveur soit des populistes de l'Est soit en faveur d'une Europe libre, d'un Ukraine libre. Je vous remercie.
Je vais demander à Monsieur Zinkann de bien vouloir rester à mes côtés. Moi, je suis en quelque sorte le maître de cérémonie. Alors je vais donc demander aux jeunes lauréats de venir nous rejoindre. [INAUDIBLE], de Pologne !
Bienvenue ! Anna [INAUDIBLE], qui nous est venue d'Ukraine. Nicholas Richter, qui vient de Oldenburg en Allemagne, fait également partie de nos jeunes lauréats.
Les voici donc à mes côtés. Alors ça y est, les dernières signatures ont été apposées. Donc, je vais vous laisser la parole, Monsieur Zinkann.
C'est vous qui allez remettre le trophée, cette merveilleuse statue à ces jeunes gens. Et nous allons vous donner un micro. Vous l'aurez compris, nous sommes tous heureux.
Nous nous réjouissons pour vous et vous félicitons chaleureusement pour l'obtention de ce prix qui couronne votre travail et tout ce que vous avez fait. La jeunesse est l'avenir. L'avenir appartient à la jeunesse qui doit forger [INAUDIBLE] Et pour la compréhension, il faut que les jeunesses de nos pays se retrouvent et s'échangent, raison pour laquelle nous vous offrons ce prix.
Et ce cheval que vous voyez incarne précisément cette quête : aller de l'avant, forger notre avenir. Niklas va nous lire quelque chose. Le jury du Rassemblement des entreprises est constitué de 120 entrepreneurs, et sur proposition du jury international, après consultation avec le président français, Monsieur Macron, et en consultation avec l'Office germano-polonais pour la jeunesse, il a été décidé de vous attribuer ce prix de Westphalie.
Alors ces trois jeunes gens vont rester à nos côtés. Je remercie les autres intervenants, et pour que nous sachions un petit peu de quoi il s'agit, nous vous avons préparé un petit film. Et ce film vous aidera à mieux comprendre de quoi il s'agit.
Les rencontres entre des jeunes Polonais et des jeunes Allemands, par le biais de différents projets, dans le domaine de la culture, du sport, c'est une plateforme d'échanges culturels. L'Office germano-polonais accorde bien sûr une priorité absolue à l'histoire des deux pays, ce qui permet aux jeunes d'aller faire ce travail de mémoire, de réfléchir, en se rendant sur des lieux historiques et à s'engager par la suite pour une Europe plus forte. Cette coopération transnationale porte ses fruits, des résultats qui vont au-delà des frontières.
La tolérance, la compréhension et l'amitié entre les jeunes sont les valeurs qui sont promues. Et ceci permet bien évidemment de surmonter les préjugés, les obstacles. Depuis plus de dix ans, énormément de rencontres ont eu lieu aussi avec des jeunes venus d'Ukraine, un réseau qui en cette période de crise, s'est avéré être un refuge utile pour un certain nombre aussi de réfugiés.
Avec l'équipe de Lippe, nous sommes venus pour parler de notre vie en Ukraine, de notre culture. Nous échangeons avec d'autres jeunes, nous expliquons nos capacités notre honnêteté, et notre amour pour les valeurs qu'incarne l'Europe, pour l'engagement exceptionnel et pour leur travail très important. L'Office germano-polonais se voit remettre le Prix de la paix de Westphalie 2024.
Avant de passer à la partie suivante, avant de passer à un intermède musical et avant de remettre le deuxième prix, je me suis dit : puisque nous avons des jeunes à nos côtés, puisque nous avons deux présidents qui sont présents, je pose une question : avez-vous des interrogations ? Avez-vous des questions à poser aux Présidents ? Quelles questions aimeriez-vous poser, par exemple, au président allemand ?
Ma question serait : comment voyez-vous le rôle de l'Union européenne évoluer dans les 20 années à venir, avec toutes les guerres qui arrivent ? Voilà une question très pertinente, Monsieur Steinmeier. Je pense d'ailleurs que nous allons en parler, les valeurs de l'Union européenne pour les 20 prochaines années.
Niklas, votre question pour le président français ? Comment peut-on mobiliser, convaincre les gens à s'engager pour une Europe unie et forte ? Et je pense à ces gens qui sont un peu critiques quand il s'agit d'échanges internationaux.
Il y a toujours des sceptiques. Comment les convaincre, ces sceptiques ? Écoutez, lors de la remise du prix, je pense que dans les allocutions qui vont suivre, vous aurez des réponses à vos questions.
Merci à ces trois jeunes gens qui représentent ces trois millions de jeunes, 80 000 manifestations, échanges. C'est une réussite incontestable qui prouve que ça fonctionne. Et vous incarnez cette réussite en termes de coopération et de rapprochement des peuples.
Merci. Je vous ai promis un interlude musical. Je n'ai pas besoin de les représenter une nouvelle fois.
Syndicate Gold, vous avez la scène. [MUSIQUE] Merci beaucoup. Que reste-t-il de nos amours ?
Nous sommes partis presque trop pessimistes par rapport à ce qui va suivre. Ce voyage, ce périple montre qu'il y a encore du pain sur la planche Et nous, on voit plutôt le verre à moitié vide plutôt que le verre à moitié plein. Et je sais qu'il y a encore beaucoup de défis qui nous attendent Et ce déplacement montre qu'il y a beaucoup d'engagement, d'amour, de passion, et c'est important.
Outre la partie officielle, il faut se rapprocher [INAUDIBLE]. Comment en est-on arrivé là ? On en est arrivé là parce que les gens, au delà des frontières, se sont mis à communiquer, à se parler.
Je n'ai pas besoin de vous parler de l'histoire franco-allemande, mais nous avons parcouru un bon bout de chemin. C'est une bonne chose. Nous pouvons être fiers de ce que nous avons fait et une guerre entre la France et l'Allemagne ne serait désormais même plus imaginable.
C'est une victoire dont nous pouvons nous réclamer et il faut maintenant que les jeunes générations continuent à défendre cet héritage. Raison pour laquelle je me réjouis particulièrement de la prochaine intervention de la part de notre président fédéral, Monsieur Steinmeier. Merci beaucoup pour cette introduction vraiment merveilleuse, et je peux vous confirmer qu'il y a beaucoup d'amour entre l'Allemagne et la France.
Il faudrait montrer cet amour de temps en temps, et voilà. Donc, cette visite d'Etat était la bonne occasion de le faire. Monsieur le Président, cher ami, Madame Macron, chère Brigitte, Madame la Présidente de la Commission européenne, cher Ursula, Monsieur le ministre-président [INAUDIBLE] Chers députés, ministres, Monsieur le Maire [INAUDIBLE] Monsieur [INAUDIBLE].
Mesdames, Messieurs. En péril est le grand problème de la situation actuelle [INAUDIBLE]. Des choses, des nouveautés, des idées.
Mesdames et Messieurs, Cette phrase qui semble si actuelle, si en phase avec notre époque date en réalité d'il y a déjà 175 ans. Il s'agit d'un extrait de journal intime de Victor Hugo de 1848. Les pensées de Victor Hugo constituent un document d'une époque où le continent entier était en pleine mutation, où la démocratie avait le vent en poupe en Europe.
Le printemps des peuples européens, tel l'a nommé Christopher Clark récemment dans un nouveau livre. Ces mots de Victor Hugo attestent des déchirements profonds entre des idées progressistes et l'attachement aux familles. Et l'on sent toutefois également son désespoir, son désespoir face au statu quo.
Aimer, c'est agir. Voilà ce qui figure finalement dans l'une des dernières entrées de Victor Hugo, dans son journal intime, trois jours seulement avant son décès. Aimer, c'est agir.
Mesdames et Messieurs, Que cela me fasse immanquablement penser à mon ami Emmanuel Macron ne vous surprendra guère. Cher Emmanuel, toi aussi tu es quelqu'un qui a du mal à accepter le statu quo. Tu es en marche, toujours en mouvement.
Dans ton bureau est affiché une sentence qui correspond bien à ton parcours politique, je dirais même à ton parcours tout court. Je cite : "ceux qui pensent sue c'est impossible sont priés de ne pas déranger ceux qui essayent". Il ne fait aucun doute sur la catégorie à laquelle tu appartiens, cher Emmanuel.
Tu ne te laisses pas déranger, tu es imperturbable quand tu es convaincu d'une chose. Tu es non seulement un homme d'action, mais tu inspires également le courage là où d'autres parlent de limite. Toi-même tu parles d'horizon, comme c'était le cas lorsque tu as été élu président en 2017.
Je me souviens très bien de ce que tu as dit : "Le meilleur est devant nous". Tu en étais déjà convaincu à l'époque, et tu cherches par là à pousser les gens à agir, à les réveiller parfois en des termes absolument forts, en nous interpellant, mais jamais sans espoir. Tu as toujours clairement démontré que nous avons notre destin entre nos mains, mais tu ne permettra jamais que ce soit le destin qui nous ait entre les siennes.
Aimer, c'est agir. Ce slogan de Victor Hugo aurait. assurément tout aussi bien sa place dans ton bureau.
Cher Emmanuel, je suis très honoré et fier de pouvoir te emettre aujourd'hui pour ton engagement en faveur de l'amitié franco-allemande et de la paix en Europe le Prix international de la Paix de Westphalie. La Paix de Westphalie de 1648 mit fin à une guerre terrible qui avait sévi pendant 30 ans, et cela au cœur de notre continent. Les négociations du traité de paix durèrent cinq longues années.
C'est ici, à Münster, que se trouvait le siège des émissaires français et, je pense, d'une perspective française. Les négociations étaient très bonnes, mais ils ont également apporté leur contribution à la paix. Et je le dis parce que, en effet, cela a déjà été dit, nous devons à nouveau lutter pour la paix en Europe.
Cher Emmanuel, oui, nous préférerions tous vivre dans une Europe pacifique, avec un ordre de sécurité intact pour l'ensemble du continent. Et oui, nous avons tout fait. La France et l'Allemagne ont tout fait pour atteindre précisément cela, la paix et une entente fiable, y compris avec la Russie.
Nous avons essayé par la voie politique de mettre en œuvre une architecture de sécurité pour empêcher une guerre. Mais nos efforts communs pour la paix en Europe ont néanmoins échoué à cause de Moscou. Poutine a anéanti ces efforts de manière brutale.
Il a ramené la guerre en Europe, une guerre d'agression cruelle que nous espérions ne plus jamais revoir en Europe. La guerre menée par la Russie contre l'Ukraine inflige des souffrances incommensurables à la population ukrainienne, a détruit des maisons, des villes entières, mais elle détruit beaucoup plus les projets d'avenir peu d'Ukrainiennes et d'Ukrainiens. Elle détruit également, et Ursula von der Leyen l'a dit, notre idée d'une maison européenne commune pour laquelle Gorbatchev avait plaidé de manière intense.
Poutine attaque non seulement la souveraineté de l'Ukraine, mais il pulvérise aussi l'ordre de sécurité de tout le continent européen. Il nous fallait y réagir et nous l'avons fait, En tant qu'Européens, en tant qu'allié, nous avons trouvé une réponse commune à Poutine. Nous soutenons l'Ukraine sur les plans militaire, financier et humanitaire.
Nous ne nous laissons pas diviser et, Mesdames et Messieurs, par ailleurs, nous n'abandonnons pas les Ukrainiennes et les Ukrainiens dans leur lutte pour la liberté. Le 24 février 2022 a marqué le début d'une nouvelle ère et nous a démontré que nous devions devenir plus résistants vers l'extérieur mais aussi vers l'intérieur. En cette ère nouvelle, nous devons non seulement réduire nos dépendances, mais nous devons surtout faire davantage pour notre sécurité et notre défense.
Cher Emmanuel, C'est toi-même qui a promu systématiquement avec beaucoup de clairvoyance et l'élan, l'idée d'autonomie stratégique. C'est toi-même qui, bien avant l'attaque russe, a invoqué la souveraineté européenne. Une Europe qui fait valoir ses intérêts de manière offensive et autonome politiquement, technologiquement et militairement.
Si notre histoire nous a appris une chose, C'est que c'est quand l'Europe se serre les coudes qu'elle est la plus forte. Il est un merveilleux signe véritablement européen que le Triangle de Weimar soit présenté ici sous différents formats. Le deuxième lauréat du Prix international de la Paix de Westphalie et l'Office germano-polonais pour la jeunesse.
A vous aussi, chers lauréates et lauréats, je vous adresse mes félicitations les plus chaleureuses. Monsieur le Président, vous êtes profondément convaincus que nous avons besoin d'une politique de sécurité commune, d'une défense européenne commune et aussi d'une action commune en matière de sécurité intérieure. Vous n'avez jamais fait preuve de naïveté à cet égard, mais en dépit de toutes les différences entre nos deux pays, vous avez toujours cru qu'une politique commune était non seulement nécessaire, mais également possible.
D'un côté, la France, puissance nucléaire engagée de multiples façons à l'échelle internationale, y compris militairement, et de l'autre côté, l'Allemagne au centre de l'Europe, reliée au monde au niveau économique, politique et sociétal. et parallèlement marquée par l'expérience d'être responsable de deux guerres mondiales qui réduisirent l'Europe en cendres. Tu es convaincu, cher Emmanuel, de l'équilibre franco-allemand qu'il convient sans cesse d'établir si l'Europe veut peser dans la balance, si elle veut avancer.
En 2021, tu as déclaré, je cite : C'est dans cette capacité à trouver l'équilibre entre nos deux pays, entre des tempéraments et des histoires différentes que nous pouvons convaincre les autres. Le fait que la France et l'Allemagne soient aujourd'hui aussi proches est notamment dû, et j'en suis convaincu, à des visionnaires comme toi, tu es toujours prêt à aller au contact de l'Allemagne, tu entames des discussions. et essaie, ici et là de nous faire sortir de notre réserve.
C'est non seulement dû à ta conviction selon laquelle ce n'est qu'ensemble que nous pouvons préserver la paix, la prospérité et la sécurité. Tu le fais également en raison de l'intérêt sincère que tu portes à l'Allemagne, un intérêt qui t'est venu, comme tu l'as toi même dit un jour, par la littérature. Mais ton intérêt pour l'Allemagne ne découle pas seulement de cela, et n'est pas limité à la culture et à l'histoire.
Lorsque nous avons fait connaissance il y a à peu près douze ans, je n'avais pas de responsabilité politique à l'époque. Toi, tu n'avais pas encore de responsable politique à l'époque et cela a apporté un avantage. Voilà, nous avons eu la possibilité de passer du temps ensemble, de mener des discussions par rapport à nos deux pays, par rapport aux différences, par rapport à ce que nous avons en commun.
C'était un entretien qui a été continué au fil des années. Nous n'avons jamais arrêté de discuter. Et lors de cet entretien, tu m'as surpris lorsque tu as posé des questions sur l'Allemagne.
Donc j'ai vraiment dû affûter mes réponses. J'ai dû beaucoup réfléchir. Et lorsque je prends en compte les entretiens de ces dernières années, j'ai beaucoup appris sur la France.
Mais j'ai aussi appris des choses sur l'Allemagne de cette manière. Et ton intérêt pour l'Allemagne ne découle pas seulement de tes mandats politiques. Déjà, pendant ta scolarité, tu t'es rendu à deux reprises où, Monsieur le ministre-président ? en Rhénanie-du-Nord-Westphalie à Dortmund.
Tu as appris l'allemand au Bundestag allemand. Et encore une fois, hier à Dresde, tu as parlé complètement ou en partie en Allemand. Je ne peux l'exprimer autrement.
Quel honneur, quelle joie est-ce pour nous, Allemands, que de voir en Allemagne un président français qui parle en allemand ? En ce qui concerne cette affection pour l'Allemagne et pour la culture allemande, les Allemandes et les Allemands sont très reconnaissants en la matière. Tu l'as ressenti ces derniers jours à Berlin, à Dresde et tu le verras tout de suite lorsque nous allons sortir nous présenter sur le balcon aux personnes à Münster.
Et tu l'as entendu, tu vas ressentir la même reconnaissance ici que tu as ressenti dans cette salle. Cher Emmanuel, tu as tant fait pour notre amitié et pour que nous avancions ensemble. Sans cela, de nombreuses avancées en Europe n'auraient pu être possibles, et ce dans des domaines très divers de l'action commune, dans la gestion de la pandémie de Covid-19 aux projets industriels et d'armement européens.
Le fait que l'Allemagne et la France travaillent si bien ensemble par rapport à différents sujets montre à quel point l'Union européenne est précieuse et puissante, et que nous deux, que nos deux pays sont précieux pour l'Union européenne. Nous ne sommes pas identiques. Nous avons différentes traditions, histoires, habitudes et mentalités.
Et oui, nous ne sommes pas pareils. D'ailleurs ce n'est rien de ce à quoi j'aspire car je suis convaincu que les Allemands et les Français s'aiment aussi grâce à ces différences. Et l'Europe ne veut pas dire que nous devons abandonner les différences.
C'est un malentendu très répandu lorsqu'on critique que les Européens ne soient encore une fois pas du même avis. Les pères et les mères fondateurs de l'Europe intégrée le savaient très bien. Le progrès civilisationnel de l'Union européenne réside justement dans le fait qu'elle nous donne un cadre dans lequel nous avons, malgré nos différences en matière d'histoire et d'intérêt, trouvé un équilibre pacifique.
Et nous le trouvons toujours à nouveau. C'est souvent pénible, mais cela vaut toujours la peine et c'est plus que jamais nécessaire à l'heure actuelle. Ton amour, ta passion a pour objet l'Europe unie et tu agis pour que cela reste ainsi.
Et le meilleur exemple de cette continuation de cette idée était le plan de relance Next Generation. Chère Ursula, Un programme de relance de l'Union européenne visant à amortir les répercussions économiques, sociales de la pandémie de Covid-19 et toi, la France, vous avez contribué significativement au lancement de ce projet d'avenir. Je suis reconnaissant de savoir un Européen si passionné comme toi à la tête de l'une des nations industrialisées les plus importantes d'Europe, à la tête de notre pays voisin.
Tu ne perd jamais de vue notre objectif commun et tu te bats pour Atteindre la souveraineté de l'Europe, mais aussi sa compétitivité. Il s'agit de la renforcer, la consolider. Cela s'est aussi senti lorsque tu as récemment présenté pour la deuxième fois déjà tes idées pour l'Europe à la Sorbonne.
Cher Emmanuel, tu sais enthousiasmer les personnes, tu donnes des impulsions, ouvre les yeux et tu veux obtenir une vision d'ensemble. Ce faisant, tu remets également en question les méthodes éprouvées, et les interdictions de penser te sont étrangères et c'est une bonne chose. J'aime revenir encore une fois au grand Victor Hugo.
Il écrivait sur lui même, je tiens à le préciser : "Mauvais éloge d'un homme que de dire que son opinion politique n'a pas varié depuis 40 ans." C'est dire que pour lui, il n'y a ni expérience de chaque jour, ni réflexion, ni repli de la pensée sur les faits. Voilà une chose qu'on ne pourra en tout cas pas dire.
Toutefois, cher ami Emmanuel, tu es quelqu'un qui remet toujours en cause les limites, y compris intellectuellement. Ce qui est vrai, c'est qu'il n'y a pour toi que des horizons, pas de lignes rouges. Et il y a encore une chose qui te caractérise, l'intérêt profond que tu portes à tes interlocuteurs.
Cet intérêt crédible. Tu es prêt à écouter et à promouvoir tes objectifs. Ton engagement lors des débats est bien connu, parfois redouté.
Heure après heure, tu discutes avec des agriculteurs en Auvergne, avec des intellectuels à Paris. Ou hier soir avec des personnages de la culture de Dresde ou avec des dirigeants d'États du monde entier. Ta curiosité, ta soif intellectuelle sont tout simplement insatiable et tu élargis ainsi en permanence les horizons, les tiens comme ceux des autres.
Tel est le fil rouge de ta biographie. Ne pas accepter ce qui est, élargir l'espace politique. Tu vas courageusement de l'avant vers un avenir incertain, sans garantie de succès.
Au filet de sécurité, tu prends des risques, y compris le risque d'échouer. Tu agis, même si les livres d'histoire n'ont pas encore rendu leur verdict. Tes détracteurs de l'avenir disent peut-être : "Qu'est-il advenu des belles paroles de Macron ?" Divisions avec le savoir de l'avenir, bien évidemment.
Moi même je dis que l'avenir seul nous le dira. Mais il y a une chose que je sais déjà aujourd'hui. Si nous n'essayons pas de viser haut, de sortir des sentiers battus, alors nous ne serions pas à la hauteur des missions qui nous incombent.
Sans courage, notre Europe serait perdue, sans le courage de viser haut, l'Europe unie n'aurait même jamais vu le jour. Aimer l'Europe, c'est facile, c'est ce que font de nombreuses personnes. Mais pour toi, aimer l'Europe signifie également toujours agir pour l'Europe.
Je te félicite vivement pour ton Prix international de la Paix de Westphalie. Alors, cette fois-ci aussi la signature pour que cela soit en bonne et due forme signé par les deux présidents, s'il-vous-plaît. Donc voyons à la fois notre document afin que les photographes puisse le voir également.
Le texte n'a pas été modifié. La seule modification, c'est un anoblissement de ce texte à travers la signature de Monsieur le Président. Chers collègues, j'espère que vous avez pris toutes les photos.
Je ne sais pas ce que vous allez en faire, mais je pense que nous devons aussi respecter le temps. Merci. Donc nous faisons presque tout ce que vous voudrez, mais cette fois-ci, c'est la dernière séquence, une photo sans le document.
Alors attention, les deux questions de nos jeunes. Premièrement, peut-être vous commencez ? Vous allez répondre comme ça.
Monsieur le Président fédéral, l'Europe dans 20 ans ? C'est effectivement une question très ouverte, à quoi ressemblerait l'Europe d'ici 20 ans ? Oui, alors, les jeunes gens qui ont posé cette question, je peux leur assurer une chose : Nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour que plus tard, dans 20 ans, eh bien, cette Europe sera une Europe paisible et pacifique.
Très belle réponse, merci. Ça n'aurait pas pu être plus explicite. Monsieur le Président de la République, Monsieur le Président fédéral, cher Frank-Walter.
Chère Madame, chère Elke, Madame la Présidente de la Commission européenne, chère Ursula, Mesdames et Messieurs les ministres, Monsieur le Ministre Président du Land de Rhénanie-du Nord-Westphalie, cher Eric Woerth, Mesdames et Messieurs les députés, Monsieur le Maire de Münster, Monsieur le Président de la Société de développement économique de [INAUDIBLE], cher Reinhardt. Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs, Consuls généraux et Consuls, Mesdames et Messieurs, en vos grades et qualité, Chers amis. C'est un très grand honneur pour moi d'être parmi vous ce matin, en ce lieu chargé d'histoire, aux côtés de mon épouse pour recevoir ce prix si symbolique.
Je veux avant toute chose féliciter l'office germano-polonais pour la jeunesse et les lauréats que nous avons eus tout à l'heure. C'est une source d'espoir pour nous tous de voir deux ministres, et puis ces trois jeunes qui incarner ainsi, pas simplement l'autre partie du triangle de Weimar, mais également cette ambition pour l'Ukraine. Nous sommes réunis par deux trésors.
Deux trésors qui nous relient et qui puisent en partie leur source à l'intérieur même de ces murs. Je veux parler de l'Europe et de la paix. [INAUDIBLE] [INAUDIBLE] [INAUDIBLE] [INAUDIBLE] Et ni l'Europe ni la paix ne sont jamais acquises.
Vous l'avez parfaitement dit, Monsieur le Président, cher Frank-Walter. Alors, je dois bien le dire, Président, et je veux remercier tous les membres du jury, Friedrich, cher ami et celles et ceux qui sont là. Recevoir un prix pour la paix en temps de guerre, au début, je l'ai mal pris.
Je me suis dit il y a là un esprit paradoxal, une forme d'ironie. Ensuite, la deuxième explication que j'essayais de trouver à ce prix, c'est me dire au fond, c'est pour l'Alsace. Puisque chacun sait ici surtout les élus alsaciens qui m'accompagnent, que pour beaucoup de gens à travers la planète, le traité de Westphalie, c'est la paix après la guerre de 30 Ans.
Mais pour les Alsaciens, c'est d'abord le fait que la première fois que l'Alsace revient en France, il y a eu ensuite beaucoup de vicissitudes. Je ne veux pas revenir sur le passé, mais ça a revoyagé ensuite et en tout cas, ça a été une étape importante. Et puis je l'ai pris comme une marque d'affection, une fois encore.
De l'Allemagne à l'égard de la France. Frank-Walter l'a parfaitement dit, citant abondamment Hugo et tressant des louanges excessives à mon endroit. J'ai un amour sincère pour l'Allemagne.
Et je pense que nous avons réussi ces dernières décennies au fond, à assainir la relation en faisant qu'elle ne devienne plus qu'une forme de fascination réciproque. A travers les siècles, Nous avons toujours oscillé entre la fascination réciproque et l'hostilité. J'y reviendrai.
Maintenant, il n'y a plus que la fascination réciproque. C'est si vrai que beaucoup de Français vous expliqueront depuis Paris que l'Allemagne est un formidable modèle qui marche beaucoup mieux. Et hier, nous étions avec des artistes et beaucoup de gens de la culture et tous nos amis allemands, les Français qui étaient là disaient "C'est formidable la France, ils sont beaucoup plus fiers d'eux, confiants de l'avenir positif." J'ai pris les compliments, mais l'honnêteté m'oblige à dire que nous sommes pareils.
Et donc, cette fascination réciproque, elle est source d'espoir parce qu'elle permet de voir que tout est possible quand on se regarde avec au fond ces yeux nourris par l'expérience qui sont, je crois, ceux d'une estime sincère. Plus sérieusement, en étant ici devant vous dans ce moment, vous y êtes toutes et tous revenu, de guerre en Europe. Je veux d'abord essayer très modestement, de tirer les leçons de l'histoire.
Je me suis dit "Quelles sont les les leçons de la paix ici signée ?" Certes, elle a permis de structurer notre Europe à beaucoup d'égards, pas simplement l'Alsace, la Confédération suisse, les Pays-Bas. Beaucoup de ce qui est aujourd'hui la géographie de notre Europe y fut alors bâtie.
Elle a permis une avancée décisive entre la manière de vivre des catholiques et des protestants, en particulier dans votre empire d'alors. Mais je crois qu'il y a deux legs très importants de cette de cette paix de Westphalie. Le premier, c'est le risque de la paix.
Je le dis pour nous tous, c'est que les négociations ont duré plusieurs années. Cinq ans. Rien n'était écrit.
Faire la paix est un risque, et je le dis aussi pour nous avec cette leçon on fait toujours la paix avec son adversaire et son ennemi. Et c'est ce qu'il y a de plus compliqué quand on a commencé à faire la guerre, c'est qu'il faut trouver les voies et moyens de continuer à parler à l'ennemi pour à un moment signer une paix. Ne l'oublions jamais.
Mais la paix est un déséquilibre et celles et ceux qui ont négocié ici et qui ont finalisé en ces murs la paix après la guerre de 30 ans, ont pris ce risque de la paix. La deuxième chose, c'est que ces traités ont alors bâti en effet le cadre. d'une Europe du droit reposant sur une souveraineté étatique et une égalité entre ces États souverains.
Et au fond, ce sont là les prémisses de notre ordre international et de celui que nous défendons aujourd'hui encore en Ukraine et qui s'est consolidé par la Charte des Nations Unies, la souveraineté territoriale, l'intégrité des frontières, mais la reconnaissance que ces États souverains se valent, alors, l'ordre qui en découlera finalement structurera notre Europe jusqu'au début du XIXᵉ siècle. Enfin, ce sont là les legs de Westphalie. Ils ont été ensuite complétés, je vous rassure, je ne vais pas faire la chronique des décennies ou des siècles qui ont suivi jusqu'à nous, mais à mes yeux, par deux autres legs importants, celui des Lumières et de notre Europe.
C'est qu'en plus de cela, le risque de la paix et les États souverains reconnus comme égaux, nous avons ensuite bâti en Europe la reconnaissance de l'individu rationnel libre. C'est le formidable acquis des Lumières. Et c'est ce qui a ensuite permis de construire les libertés politiques individuelles et l'état de droit dans nos pays et qui est, je crois, structurant pour notre Europe encore aujourd'hui.
Et puis, de manière plus contemporaine, nous avons bâti ensemble dans cette même région, le Benelux et la partie française dans ce cœur d'Europe, quelque chose qui était au moins aussi difficile mais qu'on n'avait pas réussi la paix de Westphalie. C'est la fin du rêve d'Empire. C'est à dire la fin du fait qu'en Europe, même si on reconnaissait qu'il y avait des Etats égaux dont on devait respecter les frontières, nous avons ensuite constamment cherché à dominer les autres Etats.
Du Saint-Empire romain jusqu'à Napoléon en passant par Bismarck, Hitler, etc. l'Europe n'a été qu'une succession de rêves, d'empires. C'est ce vieux concept médiéval de translatio imperii, et nous n'avions pas réussi à le conjurer.
L'Union européenne a ça de formidable, de fascinant, d'unique, et que pour la première fois, on a dit plus personne ne domine et pas simplement nous sommes égaux, mais on crée quelque chose ensemble ou nos voix seront les mêmes. Et où l'objectif n'est plus la guerre civile européenne qui nous a occupé pendant des millénaires, mais le projet commun européen. Et donc je parle devant vous, fort de ces legs successifs mais au sein desquels les leçons de Westphalie, si je puis dire, de la paix de Westphalie et de ce qui s'est joué à Münster, ont été décisifs pour notre Europe, mais que nous avons complétées.
Alors maintenant, dire tout cela dans le moment que nous vivons pourrait paraître totalement intempestif ou anachronique. Si je n'essaie pas de répondre à votre question, comment faire, puisque je parle ici devant une salle d'européen, d'amoureux de l'Europe, et je pourrais en quelque sorte simplement dire pourquoi nous aimons l'Europe, ce que je viens d'essayer en deux mots de faire. Mais votre question était : Comment convaincre ceux qui doutent, ceux qui se détournent de l'Europe dans le moment que nous vivons ?
J'ai essayé de le faire hier, à Dresde. Je vais le faire de manière plus directe à votre endroit. Aujourd'hui, je pense que, au fond, notre Europe a un double problème.
L'habitude, et la taille des défis. Le premier, c'est l'habitude. Et je ne le sous-estime pas, c'est qu'en fait on fait comme si tous les efforts que nous avons déployé ces dernières décennies avaient quelque chose de naturel et de spontané.
Non. Je vous le dis avec la plus grande sincérité. Et donc le débat que nous avons aujourd'hui, vous avez raison, il y a beaucoup de gens qui disent "je ne vais pas aller voter le 9 juin", ou au fond, "je crois plus dans le nationalisme", "cette Europe me fatigue, elle est compliquée, bureaucratique, elle a des tas de défauts".
Tous ces gens là se sont habitués au résultat que l'Europe a produit et ils se sont habitués, ils ont pris comme une évidence ce qui a été le fruit d'un travail colossal. Et même ces dernières années, rien n'était écrit pour que l'Europe réussisse à acheter des vaccins ensemble, on s'en souvient, à construire ensemble, et c'est le fruit d'un accord franco-allemand que personne n'attendait au mois de mai 2020, quelques semaines après le début de la pandémie. Parce que la France et l'Allemagne, ensemble, ont eu ce sursaut de dire on va ensemble, eh bien, bâtir un projet de relance, ensemble, emprunter.
Vous imaginez le tabou ? Que nous avons réussi à avancer. Rien n'était écrit sur le fait que nous allions protéger l'Ukraine.
C'est parce que l'Allemagne et la France ensemble en convainquant les autres, mais notre Europe ensemble a réagi pour sanctionner tout de suite la Russie, défendre tout de suite l'Ukraine et ouvrir les bras à l'adhésion pour nos amis ukrainiens. Mais il n'y avait rien d'évident dans tout ça. Et donc notre principal risque, c'est de tomber dans l'habitude et de se dire tout ça avance, le chemin est normal.
Et au fond, il y a quelque chose d'inacceptable pour les combattants de l'Europe que nous sommes, ceux qui y croyons. C'est de se dire les nationalistes, les extrêmes, au fond, tirent les dividendes de l'Europe sans y avoir contribué. Pire !
Il empoche tout ce que l'Europe a de bon, il la critique et font croire aux gens que ça n'aurait pas de conséquence. C'est la démagogie non douloureuse, parce que déréalisé. Réveillez vous !
Parce que le jour où ça arrive, ça fait mal. C'est très réel. L'autre chose pour convertir les sceptiques, les nationalistes, c'est, je crois profondément, prendre des risques et être optimiste.
Alors, je vous rassure, je ne suis pas un optimiste béat. Et dans notre Europe, au fond, le drame qui est le nôtre en ce moment même, l'un de vos compatriote, Peter Sloterdijk fait sa leçon au Collège de France et il est parti avec un chemin très pessimiste. Je ne sais pas où il finira ses leçons, mais c'est vrai que dans notre Europe qui a en quelque sorte inventé le doute depuis Voltaire, c'est très difficile d'être optimiste.
Il faut une bonne dose de volonté ou une petite dose de bêtise. Je prends les deux pour ce qui me concerne, rassurez-vous, mais je vais d'abord m'attacher à la volonté. Je pense que nous pouvons, nous devons être optimistes parce que on n'arrive pas à engager les gens sur en quelque sorte un constat dramatique.
Et être optimiste comme Européen, c'est de dire qu'au fond, face aux défis immenses qui sont les nôtres, l'Europe est la bonne réponse. Et les défis de vos générations, de nos générations sont plus grands que jamais : La guerre, le climat, la révolution technologique, dont celle de l'intelligence artificielle, les crises de nos démocraties. Répondre d'un point de vue strictement national, nous diviser face à ces défis, c'est à coup sûr les perdre tous les quatre.
Mais en même temps, nous ne pouvons pas y répondre, comme on répondra aux défis européens d'il y a 30 ou 40 ans. Ce qui suppose, si on veut être vraiment optimiste, de prendre les risques, d'inventer sans doute une nouvelle forme, une nouvelle façon d'être européen, d'avoir une forme de sursaut stratégique, oserais-je dire moral, politique, et de dire qur oui, nous devons bâtir une nouvelle étape de l'Europe. Et au fond, dans ce moment où les extrêmes sont plus fortes que jamais, le défi qui est le nôtre, ce n'est pas d'hésiter face au nationalisme, ce n'est pas d'essayer d'expliquer ceci ou cela, d'être timide, c'est de redoubler d'optimisme et de volonté pour démontrer pied à pied que l'Europe est la solution à ces défis.
La guerre ? Si nous avions cédé aux extrêmes. l'Ukraine aurait déjà perdu.
Les extrêmes droites, partout en Europe, était pour lâcher l'Ukraine face à la Russie, partout. Parce qu'il préfère la Russie, parce que c'est plus sympathique, parce que c'est un discours impérialiste, révisionniste, qui sonne mieux à leurs oreilles. Nous avons eu raison au premier jour de réagir comme je l'évoquais à l'instant.
Mais réagir en européen, C'est refuser la capitulation de l'Ukraine, parce que c'est la défaite de la paix, et c'est nous battre jusqu'au dernier quart d'heure, comme disait un ancien président du Conseil français, pour une paix durable. Nous devons, en Européen, aider l'Ukraine à résister et à protéger ses frontières. Nous devons en Européens aussi longtemps et aussi intensément que nécessaire, aider l'Ukraine à résister pour elle-même et parce qu'elle défend l'ordre de sécurité et de souveraineté, seul possible en Europe.
Et cette guerre nous a réveillé. Depuis des années, on disait qu'il faut plus d'Europe, de la défense, etc. Mais elle nous fait toucher du doigt combien, au fond, Ce n'est pas une alliance transatlantique seulement qui est en question ici, c'est le sol européen.
Et c'est un cadre de sécurité commun qu'il nous faut bâtir, Je l'évoquais hier. Et donc ce sursaut stratégique, ce qui nous permettra d'avoir la paix de manière durable en Europe, c'est enfin de réfléchir à nous mêmes et pour nous mêmes, en effet, et de se dire quels sont nos risques, comment bâtir notre véritable sécurité et comment ensemble en Européens, commencer à bâtir des forces d'intervention et des forces armées communes. Comment commencer à bâtir tout ce qui nous permettra d'être plus souverains, plus autonomes ?
Parce que nous avons une immense chance d'avoir un grand frère américain. Mais là aussi, je lève un tabou qui a été très longtemps un tabou franco-allemand. Depuis 1945, tout était fait en Europe pour ne jamais parler de défense, parce que l'obsession des Français était surtout que l'Allemagne ne reparle jamais de défense.
C'était notre peur. Le réveil du moment, c'est que l'Allemagne réinvestit dans sa défense, participe de ce réveil stratégique. Notre chance, c'est que notre partenaire américain, je le disais, est à nos côtés, là.
Mais est ce que ça durera en fonction des aléas politiques ou est ce que ça durera à travers les décennies ? Je n'en suis pas sûr. Mais la clé, c'est que nous devons penser en franco-allemand, notre défense.
Parce que cette défense, elle n'est plus l'un contre l'autre. Elle est ensemble pour faire face à nos risques communs. C'est ça la révolution du moment.
Et c'est au fond une Europe qui pense la paix et sa sécurité parce qu'elle s'est au fond libéré de ces guerres civiles et parce qu'elle regarde le reste du monde, son voisinage plus ou moins direct et qu'elle dit que c'est ensemble qu'on doit penser notre sécurité. Nous ne l'avons pas fait, nous l'avons fait en la déléguant à l'OTAN. Dont nous avons besoin, nous continuerons d'avoir besoin.
Mais qu'une alliance transatlantique dont les règles et les acteurs sont différents. Nous devons le faire en européen. Et ça, c'est inédit, on ne l'a jamais fait comme ça.
Cadre de sécurité commun, capacité commune, industrie commune. Parce que l'Europe de la paix et de la sécurité, c'est une Europe ensemble et une Allemagne et une France ensemble face à des risques communs. C'est ça la réalité.
Soyez nationaliste en ce temps, vous aurez la défaite de l'Ukraine et l'impossibilité de la paix pour très longtemps en Europe. Le climat et l'énergie, et la révolution technologique est celle de l'intelligence artificielle, c'est la même chose. On peut dire moi, je vais prendre ce défi d'un point de vue national.
Bon courage. Je le dis comme président français, on a plutôt l'habitude de bomber le torse et de dire que nous sommes une grande puissance, qu'on va le faire, que c'est mieux pour nous mêmes. Et on a tous les deux, Allemands, Français, cette tentation naturelle.
La lucidité m'oblige à regarder les choses. On n'a aucune chance. Face à la Chine, aux Etats-Unis.
Et vous avez aujourd'hui une accélération du monde extraordinaire sur les technologies, l'industrie verte, sur l'intelligence artificielle, ces technologies de rupture et ce qui caractérise ce monde. Et je prends à dessein ces deux révolutions technologiques ensemble, c'est que cela va beaucoup plus vite qu'avant. Elle accélère l'une avec l'autre parce que l'intelligence artificielle permet aussi d'aller beaucoup plus vite sur la transition et l'innovation technologique pour le climat.
Et elle demande des montants financiers colossaux. L'échelle nationale pour nous en Europe n'est pas la bonne. Mais c'est en Européen de réussir à le faire.
Et en Européen, on a réussi une chose ces dernières années, on a bâti un cadre. C'est notre green deal. Et je veux ici le dire avec beaucoup de force, ne cédons pas à une tentation que je vois monter qui consisterait à dire qu'on doit choisir en Europe entre la croissance et le climat.
Ce serait une erreur colossale, et c'est d'une démagogie certaine quand on suit ce chemin. Non, on doit bâtir une croissance décarbonée en Europe. Elle est clé, elle est possible, elle est possible.
La croissance décarbonée, c'est de se dire on doit trouver les chemins de flexibilité, on doit arrêter de prendre des règles et simplifier. Mais on doit massivement investir beaucoup plus d'argent public et privé sur ces deux grandes révolutions technologiques que sont les cleantech et l'intelligence artificielle pour aller aussi vite que les Américains et les Chinois. Aujourd'hui, nous, Européens, nous sommes trop divisés, nous sommes trop lents et nous sommes trop timides.
C'est ça, la réalité. Et donc, on doit capitaliser sur le socle réglementaire qu'on a bâti. Maintenant, il faut le mettre en œuvre.
Il ne faut pas prendre de règles supplémentaires, il faut aller plus vite, simplifier et investir, investir, investir de l'argent public, de l'argent privé, avec beaucoup plus d'ambition pour le budget européen, et avec enfin cette union des marchés de capitaux, c'est-à-dire cette Europe qui alloue partout sur les bons secteurs et les bons endroits, l'épargne européenne que nous avons. C'est comme ça que nous réussirons ce défi d'une croissance décarbonée et technologique. On ne réussira pas si nous sommes divisés.
Les nationalistes et les sceptiques sont ceux qui perdront cette bataille. Et je le dis avec beaucoup de force, on a tous des stratégies nationales pour relever ces défis. Elles ne sont pas suffisantes.
Ça n'est qu'une ambition européenne au niveau de l'investissement, de la rapidité des choses qui nous permettra d'avancer. Et puis le dernier défi, c'est la démocratie. Je l'évoquais hier à Dresde, mais il est au fond au cœur de ce combat et de ce que vous avez cité les sceptiques, les nationalistes.
Au fond, c'est ceux qui pensent que la démocratie, ce sera toujours là et que l'Europe, c'est un peu fatiguée, c'est une idée ringarde. Je pense que ce n'est pas la bonne approche. D'abord parce que la démocratie est menacée par nos changements d'habitude, par la tyrannie des extrêmes, par la fragmentation du débat public, par la tyrannie aussi, je le disais hier, de ces émotions négatives.
Et parce que je crois profondément que notre Europe est intrinsèquement fragile. Elle n'est forte que si elle est défendue. Elle n'existe que si elle avance, que si elle est plus ambitieuse.
Et donc je le crois très profondément, et le message que nous ont offert nos amis polonais, madame la ministre, est un message formidable d'avenir à cet égard. Vous avez eu l'élection qui a rassemblé le plus de participation depuis que vous votez. Et vous avez restauré des forces politiques qui ne pensent pas pareil sur tout, surtout dans le pluralisme, mais qui croient dans l'Europe et qui croient dans l'État de droit.
Et je veux vous en remercier. Vous avez livré un formidable message d'espoir. Vous avez montré qu'on pouvait être optimiste et combattant en Europe et y arriver.
Et donc moi, je crois profondément que nous, Européens, en même temps qu'on a inventé cette Europe de la décarbonation et de l'électricité bas carbone et parfaitement intégré cette Europe de l'intelligence artificielle, on a inventé, je l'évoquais rapidement hier, un nouvel humanisme européen. Qu'est ce que c'est ? C'est, au fond, je le crois, dans notre continent, qu'on doit réussir à avoir des champions de ces technologies, mais surtout à rebâtir le cadre de démocratie apaisée et respectueuse.
Ce cadre est en train de s'effondrer et donc nous devons, nous Européens, et on n'y arrivera pas simplement, si nous redevenons nationalistes sceptiques, eh bien réussir à bâtir un imaginaire des imaginaires européens. Mais je le dis devant les artistes, les dirigeants d'établissements culturels qui sont là, c'est un combat formidable et il est démocratique. C'est de dire comment on rêve aujourd'hui en Européen, on se projette, on doit réussir à bâtir un ordre public qui permet aux débats de se tenir dans des conditions respectueuses et qui nous sortent de la tyrannie en quelque sorte, du message court, de la haine et de l'invective.
On doit réussir à bâtir une discussion collective respectueuse de chacun et qui met au dessus de tout l'individu rationnel et sensible. C'est à la fois notre legs, mais c'est un formidable combat d'avenir. Et donc de la capacité à créer, à produire des récits européens qui permettront à nos jeunes de rêver et à leur permettre de le faire.
Recréer un ordre public qui permettra d'avoir le bon usage des écrans et des réseaux sociaux. Réussir à reconstruire, oui, cet humanisme, dans le temps du climat, du féminisme et du numérique. C'est un formidable défi pour le siècle qui s'ouvre.
Et c'est en Européens que nous devons le faire. Et c'est le défi de cette Europe et d'une étape supplémentaire qu'elle doit bâtir. C'est pourquoi l'Europe des années à venir sera à coup sûr à nouveau géopolitique, mais ce sera une Europe qui doit bâtir un modèle de paix et un cadre de paix et de sécurité nouveau.
Une Europe qui doit bâtir un modèle de croissance décarboné et technologique nouveau pour la prospérité des Européens et une Europe qui doit inventer au fond un nouvel humanisme éclairé a l'heure de toutes les passions tristes, à l'heure de tous les chocs, à l'heure du retour de la haine. C'est un formidable défi. Et nos générations n'ont pas le droit d'être fatiguées.
Nos générations n'ont pas le droit d'être pessimistes. Et en effet, cher Frank-Walter, Aimer, c'est faire, comme tu l'as dit, te mettant dans les pas d'Hugo. Aimer, c'est agir.
Et je sais que vous en êtes tous. Mais aimer l'Europe, c'est continuer d'aller convaincre et de montrer que c'est par l'Europe que nous répondrons à tous les défis du siècle qui est le nôtre. Si nous ne le faisons pas, Alors les ressentiments, les angoisses, les peurs gagneront.
Et les meilleurs pour répondre à ses angoisses, ses peurs et ses ressentiments, ce sont les extrêmes. Ce sont toutes les forces qui veulent déconstruire l'Europe et faire croire que des chemins singuliers, des retours vers des systèmes moins démocratiques, plus illibéraux, plus nationalistes sont les bons. C'est pourquoi, dans ce moment, et en essayant d'avoir livré quelques convictions, je suis très honorée de recevoir ce prix et c'est pourquoi j'ai décidé, Monsieur le Président, de répondre à la question que vous m'avez posée et qu'avec beaucoup de générosité, ce que vous, les entrepreneurs qui avaient repris depuis 1998, ce prix l'avait richement doté.
Et de vous dire que j'ai pris la décision de donner ce que vous allouerez et qui va avec ce prix à votre frère, si je puis m'exprimer ainsi : l'Office franco-allemand pour la jeunesse. [APPLAUDISSEMENT] Cet office a été créé par le Président de Gaulle et le chancelier Adenauer au moment même du traité de l'Élysée. Ce que l'OFAJ a fait ces dernières décennies est extraordinaire.
Je disais hier en décorant Beate Klarsfeld qu'à l'époque, dans les années 60, elle reprochait à l'OFAJ d'être trop pusillanimes pour regarder notre histoire commune en face. Et nous avons eu hier la démonstration que nos jeunes sont devenus libres, européens, lucides et ambitieux. Et nous avons vu hier, avec cette génération Europe et les jeunes de ce programme que nous avons lancé il y a maintenant deux ans je crois, leur vitalité, leur force et donc on doit leur donner les moyens d'aller encore plus loin.
Et je souhaite que face à ces grands défis, face aux sceptiques, se soient à notre suite des jeunes de l'OFAJ qui porteront cette voix, qui bâtiront des projets concrets car notre Europe et concrète pour relever tout cela. Merci infiniment, Monsieur le Président. Monsieur le Président, cher Frank-Walter, merci à toutes et tous pour la confiance.
Et vive l'Europe ! Monsieur le Président, je crois, il n'y a pas eu un doute avant votre speech, mais après c'est plus possible, Pour ça, vous avez donné une réponse. J'espère bien à nos jeunes collaborateurs.
Est ce que je peux vous demander, ça vous a satisfait, la réponse que Monsieur le Président vous a donné, oui ou non ? Ils ont dit oui ! C'est-à-dire que l'objectif est atteint.
Oui, merci beaucoup. Nous allons modifier un peu le programme et nous vous écouterons à la fin. Vous pouvez donc vous reposer encore un peu.
Comme le programme est déjà dense, je vais me contenter d'une courte présentation. Le jeune homme que je vais accueillir me pardonnera, je l'espère, mon ton informel, mais nous nous connaissons déjà depuis 20 ou 25 ans. Je vous présente le ministre-président de Rhénanie du Nord-Westphalie, un Land avec une forte identité régionale, comme vous pouvez le voir à mon nom, peut-être un peu au vôtre également, et à celui de beaucoup d'autres, mais qui a réussi à s'ouvrir sur l'extérieur.
C'est le secret de ce Land. Nous sommes donc heureux d'accueillir le ministre-président de Rhénanie du Nord-Westphalie, Hendrik Wüst. C'est à vous, nous avons hâte de vous entendre.
Monsieur le président fédéral, chère Madame Büdenbender, Monsieur le président de la République française, chère Madame Macron, Madame la présidente de la Commission, cher Reinhard Zinkann, Mesdames et Messieurs les ministres, Monsieur le maire, cher Friedrich Merz, chers invités d'honneur, Mesdames et Messieurs. Monsieur le Président de la République française, je vous félicite très chaleureusement pour ce prix. Vous vous engagez comme nul autre pour l'épanouissement de notre Europe.
Hier, à Dresde, vous avez une nouvelle fois souligné avec inquiétude que l'Europe n'allait pas de soi, et que l'Europe pouvait mourir. Je suis donc très heureux, comme nombre d'Européennes et d'Européens convaincus ici même, en Rhénanie du Nord-Westphalie, que ce prix vous revienne ; car l'Europe doit vivre. Je tiens aussi à adresser toutes mes félicitations à l'Office germano-polonais pour la jeunesse.
Monsieur le Président, je vous souhaite aujourd'hui la bienvenue chez moi. [INAUDIBLE] Avec mon association sportive de Münster, quand j'étais plus jeune, je me suis rendu plusieurs fois à La Ferté-Saint-Aubin, près d'Orléans. J'en garde de beaux souvenirs de liberté adolescente, sinon vécue, du moins ressentie ; l'excitation de la jeunesse et de toutes ses nouveautés, un peu comme le dîner allemand dans toute sa splendeur qui vous avait été servi pour la première fois à Dortmund, mon cher Emmanuel Macron, et dont vous parlez encore.
Nos échanges de jeunesse continuent toujours de nous marquer. Les années 1990 ont été marquées par le renouveau, par l'espoir ; le rideau de fer était tombé, l'Allemagne se reconstruisait, en partie grâce à la confiance de ses partenaires, notamment de la France, et toute l'Europe centrale et orientale vibrait du même esprit de liberté. À cette époque, l'esprit européen était lui-même particulièrement dynamique.
Nous semblions être à l'aube d'une période de stabilité durable dans une Europe à la fois unie et libre [INAUDIBLE]. Mais aujourd'hui, nombre de ces espoirs sont partis en fumée. L'ordre établi fondé sur des règles, qui avait pris sa source ici même, a été chamboulé, et la Russie a permis à la guerre de s'installer à nouveau en Europe Monsieur le Président, vous avez toujours su présenter comme nul autre, de façon claire, saisissante, les défis de notre Europe actuelle, défis internes comme externes : en dehors du révisionnisme de la Russie, dans nos pays, le nationalisme et le populisme cherchent à mettre à mal l'unité européenne.
Nous ne pouvons cautionner de tels agissements, car l'Europe doit vivre. Nos réactions doivent donc être à la hauteur des périls qui nous menacent, comme vous l'avez si clairement exprimé vous-même, Monsieur le Président. L'Europe doit être unie, autonome et confiante.
Il convient donc d'adopter une approche intégrée. L'Europe doit vivre pour trouver des partenaires, notamment dans l'hémisphère Sud, et lutter contre les forces qui s'y sont détournées de la démocratie. L'Europe doit vivre.
Nous devons mieux résister à la concurrence économique : conditions-cadres et incitations fiables pour la politique industrielle, sur l'union des marchés des capitaux, les marchés intérieur de l'énergie et unique numérique ; réglementation plus raisonnée, innovante et intelligente… L'Europe doit vivre. Nous devons développer une puissance défensive crédible au sein de l'Union européenne. Il est donc nécessaire de faire un grand pas en avant dans la mise en place d'une Union de la défense et de la sécurité.
L'Europe investit encore trop peu, mais elle investit surtout dans trop de systèmes différents. Pour plus de crédibilité et d'impact, il convient d'unir nos forces. Même si l'Europe prend fermement position aux côtés des États-Unis, elle doit prendre plus de responsabilités pour assurer sa propre sécurité et garantir la paix et la liberté, comme vous ne cessez de le répéter.
Du leadership, il en faut pour retrouver la paix ; il en faut pour venir en aide à l'Ukraine. Emmanuel Macron fait preuve de leadership en Europe, et je l'en remercie. Trouver des partenaires, développer notre puissance défensive, améliorer notre compétitivité… Ces idées peuvent contribuer à la souveraineté stratégique de l'Europe pour faire en sorte qu'elle vive, aujourd'hui et demain ; car ce n'est que grâce à une Europe dynamique et forte que nous pourrons revenir à un ordre établi fondé sur des règles.
L'histoire du processus de paix en Westphalie montre comme il peut s'avérer difficile de parvenir à un tel ordre, mais aussi qu'il est le seul à pouvoir garantir stabilité, paix et liberté. Pour que l'Europe vive, le partenariat franco-allemand a un rôle essentiel à jouer, comme l'ambassadeur Pavlov ou le Triangle de Weimar. Nous avons besoin de partenariats entre les écoles, villes, régions, gouvernements, de relations étroites, de liens d'amitié et de partenariats et, comme nous l'avons déjà dit aujourd'hui, d'amour… Nous avons besoin d'un leadership commun, d'écouter l'autre et de lui répondre.
Monsieur le Président, je fais le vœu qu'à l'avenir, l'Allemagne réponde plus rapidement et plus chaleureusement à vos discours importants qu'elle a parfois pu le faire par le passé ; car vos discours méritent une réponse. Mais nous devons surtout agir ensemble. La force de l'Europe peut être mesurée à l'aune de la cohésion et de la détermination franco-allemande, de notre partenariat et de notre amitié.
Œuvrons ensemble, à tous les niveaux, pour faire en sorte que cette force grandisse. Prenons davantage de responsabilités, l'époque où d'autres le faisaient à notre place est révolue. Veillons nous-mêmes à ce que notre Europe ne meure pas.
L'Europe doit s'épanouir, l'Europe doit vivre. Vive l'amitié franco-allemande, vive l'Europe.
Emmanuel Macron