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interviewbsmart· 7 juillet 2026 28 min

SMART TRENDS - Emission du samedi 4 juillet

Source d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:08
Présentateur

Smart Trends, c'est le grand rendez-vous des mutations et des tendances deux fois par mois sur Be Smart for Change. L'émission s'installe au cœur des événements qui font bouger la France et ses filières. Salon de l'auto, Fashion Week, Salon de l'agriculture, Viva Tech. Aujourd'hui, Zoom sur le salon Prodace, c'est le salon professionnel de référence du cycle en France. 5, 7 juillet, porte de Versailles à Paris. Bienvenue dans Smart Trends. Smart Trends, avec cette question, le business du vélo est-il en train de changer de modèle ? On a choisi ce thème à l'occasion du salon Vélo Prodace. Bonjour, Aurore Briscadieu, bienvenue.

Vous êtes la présidente de ce salon professionnel de référence du cycle en France. Olivier Canté, bonjour et bienvenue. Vous êtes le président de Moustache Bikes et j'accueille également Mathias Coste, bonjour. Le directeur de Sub de Vélo et Vélo Factory, groupe Cycle Lab. C'est bien ça. Quelques chiffres, tiens. 25e édition du salon, plus de 6700 visiteurs pro attendus. Autour de 1000 marques présentes, 250 stands, 36 000 m2 d'exposition. Et quel objectif, quelle mission pour ce salon Vélo Prodace ? Alors le rôle du salon Vélo Prodace, c'est de regrouper tous les professionnels pendant 3 jours.

Des rendez-vous business entre les marques qui présentent leur nouvelle gamme pour les marques de vélo. Il y a aussi des accessoires du service, des financements, il y a un peu de tout. Et qui viennent rencontrer les magasins qu'on laisse au centre de la chaîne de consommation pour le vélo. Et qui viennent prendre les commandes pour l'année N plus 1. Donc les commandes qui seront prises seront sans doute en magasin pour le grand public début 2027. On reviendra sur les enjeux de ce salon pour vous. Mais présentation de Moustache Bikes, 180 collaborateurs, 4000 vélos produits par mois, 40 000 vélos vendus par an. Voilà les derniers chiffres qu'on a trouvés. Avec quel positionnement ?

Plutôt vélo haut de gamme, moyenne gamme ? Vous êtes situé où ?

2:11
Invité

On est moyen haut de gamme. On a à cœur de rendre le vélo accessible à tous. Et donc depuis, c'est une entreprise jeune qui a 15 ans et qui a beaucoup grossi, qui est un peu l'une des pépites françaises dans ce secteur-là. Vous pouvez dire ça. Qui existe dans toute l'Europe. Donc on a un succès aussi hors de France. Et dont la vocation c'est vraiment de mettre un maximum de gens sur le vélo et d'avoir le sourire. Et le vélo électrique pour ça c'est fantastique.

2:38
Présentateur

D'ailleurs, c'est la première question que vous m'avez tous les trois posée quand on a été arrivé. Et vous ? Est-ce que vous faites du vélo ? Ben non, je suis un dinosaure. Je joue dans une vieille hybride. Mais peut-être que j'ai déjà fait du vélo dans Paris. Peut-être que ça reviendra. Cyclolab, en quelques mots, Mathias Kos. Donc il y a Sub de Vélo, Vélo Factory. C'est quoi votre activité, votre périmètre ?

2:57
Invité

L'activité, c'est compléter les services du groupe Cyclolab qui sont la distribution. On a 160 magasins aujourd'hui au travers de trois enseignes. Culture Vélo, Bouticycle et Vélostation. Et Sub de Vélo, il y a 16 ans, en fait, est né de l'émanation des magasins qui cherchaient des centres de formation pour pouvoir former leurs salariés. Et l'idée, ça a été d'introduire ce centre de formation au sein du groupe. Car l'éducation nationale a arrêté les formations techniciens cycle dans les années 90. Du coup, les branches professionnelles ont repris le lead là-dessus. Et on a aidé la branche professionnelle à structurer un petit peu un cursus de CAP à Bac plus 2. OK. Tout sur le vélo.

3:39
Présentateur

OK. Comment va le marché ? Tiens, première question, Aurore Brice Callieux. Sur ces deux dernières années, c'est un peu fluctuant. Comment il va ? Alors, il y a eu un magnifique boom pendant et juste après le Covid. Beaucoup de personnes se sont mis au vélo. Un boom avec le VAE aussi. Vélo à assistance électrique. Voilà, vélo à assistance électrique qui a permis de faire évoluer le marché considérablement. Et là, on revient depuis deux ans sur un marché plus stabilisé qui a été compliqué pour les acteurs du vélo parce que forcément, un engouement voulait dire aussi beaucoup de stocks, l'envie des magasins de répondre à toute cette demande.

Et soudainement, parce qu'une grande partie de la population s'est quand même vite équipée et maintenant, la technologie fait qu'un vélo, on ne le remplace pas tous les ans. Donc, ça permet aussi de faire en sorte, mon stage peut en parler, du bon matériel. Donc, oui, forcément, une moins faible production et du coup, volume de vente aussi ces deux dernières années. Mais un marché qui reste là, il n'y a jamais eu autant de Français sur de vélo que depuis ces dernières années. Vous le voyez à Paris. On peut dire qu'on est sur un palier haut. Olivier Canté, vous l'avez ressenti, vous, ce petit coup de mou ou pas forcément ?

4:46
Invité

En fait, c'est assez paradoxal parce que ce que je vais vous dire n'arrange pas forcément mes affaires. En fait, la pratique n'a jamais autant augmenté. Dans les magasins français, il n'y a jamais eu autant de vélos à réparer et à entretenir. On ne voit jamais autant de gens sur les pistes cyclables. Dans la pratique, elle continue. Après, c'est un réservoir qui grandit année après année. Sauf que là, on la remplit très, très vite, en l'espace de 2, 3, 4 ans. Donc, en fait, si on regarde les ventes de vélos neufs, ça a beaucoup reculé ces 2, 3 dernières années. Mais on en avait vendu énormément. Pour autant, le nombre de pratiquants augmente.

Pour autant, il y a sans doute aussi des vélos d'occasion. Parce que nous, l'occasion, ça ne participe pas à notre business. Mais on a à cœur de faire des beaux vélos fabriqués avec soin dans les Vosges, de qualité, qui sont réparables et faciles à entretenir dans les magasins. Et donc, ils sont revendables aussi. Donc, il y a vraisemblablement un marché de l'occasion qui vient compenser ce marché du neuf. Donc, on est dans une transformation du marché, en tout cas de la vente de vélos, sur un parc de pratiquants qui, lui, continue à augmenter.

5:49
Présentateur

Mais Mathias Coste, est-ce qu'on est sur ce palier ? Et qu'est-ce qu'il faut faire pour le dépasser, pour que ce ne soit pas un plafond de verre, d'une certaine façon ?

5:57
Invité

Pas un plafond de verre, puisque dans les magasins, aujourd'hui, ce qui fait vie, c'est la réparation. Puisque, post-Covid, on a vendu énormément de vélos sur des catégories de personnes qui, aujourd'hui, vont garder les vélos 5, 10 ans. Et c'est vrai que l'exploitation des magasins, aujourd'hui, tient sur la réparation. Un peu moins de ventes, mais beaucoup, beaucoup d'ateliers. Et donc, c'est vrai que la formation continue à progresser là-dessus, parce qu'on a besoin de techniciens, de vendeurs, de managers de magasins par rapport à cette demande.

6:23
Présentateur

Qu'est-ce qu'il faut faire pour convaincre les dinosaures ?

6:26
Invité

De faire du vélo ? Oui. Essayez, si vous ne savez pas. Essayez, c'est la devenue au Pro Day, vous allez voir, il y a une piste d'essai. Et donc, ça sera très intéressant. Il y a le poids des infrastructures. C'est déterminant. On voit qu'aujourd'hui, en France, au quotidien, à peu près, on est passé de 2-3% des déplacements quotidiens en vélo à 4-5%. Par contre, on voit dans des villes qui ont vraiment fait un effort, comme Paris, comme Bordeaux, comme Grenoble, et j'en oublie, que tout à coup, à partir du moment où les infrastructures sont là, les parkings sont là, on passe à 15, 20, 25%.

Et c'est des scores qui sont comparables à des pays qui ont déjà fait cette investissement-là depuis très longtemps, comme la Belgique, l'Allemagne. Donc, les infrastructures, elles sont déterminantes. Si vous voulez aller en vélo avec vos enfants sur un vélo moustache, il faut que vous sentiez en sécurité. Et ça, c'est un des freins. Et on voit que dès que ce frein-là est levé, c'est spectaculaire.

7:21
Présentateur

Oui, Aurore Brissadieu, c'est dans cet ordre-là. C'est-à-dire que ce sont les infrastructures qui permettent l'accélération de la pratique ? Tout est très lié. Il y a eu un plan vélo de la part du gouvernement il y a quelques années qui a été maintenant mis à côté. C'est un autre levier. Les vélos coûtent plus cher qu'auparavant parce que, comme on le dit maintenant, l'antivol est directement intégré. Il y a le GPS, il y a la technologie. Il y a des moyens de réparation beaucoup plus aussi faciles. C'est motorisé. Ça a un coût. que les marques prennent sur elles et qui reflètent normalement, de façon logique, aux consommateurs.

Le plan vélo aurait été conservé, aurait été une aide supplémentaire pour les acteurs du vélo et pour les personnes aussi à se mettre à vélo. Les infrastructures, pour moi, l'aide au niveau gouvernemental. On parle beaucoup dans le monde du vélo, du vélo d'entreprise, qui est pour nous aussi, quand on voit nos collègues européens, que ce soit l'Allemagne ou autre, la Belgique, tout le Benelux, un vrai levier à la mise en place du vélo. Et après, moi, je rejoins sur la pédagogie, montrer aux Parisiens, aux Français, ce que c'est de rouler à vélo. Je pense que, oui, l'essayer, c'est l'adopter.

Qu'est-ce que vous attendez, vous, Mathias Coss, des pouvoirs publics pour réaccélérer ou pour solidifier encore un peu plus le secteur ? Une marche forcée.

8:41
Invité

On l'a vu après Covid avec les pistes cyclables qui étaient éphémères. Et en fait, on n'a jamais vu autant de cyclistes sur la route. Et en fait, ça a permis à des villes de se développer et d'avoir un vrai plan de circulation. Je rejoins ce que disait Olivier tout à l'heure. C'est vrai que cette sécurisation a pas mal porté. Maintenant, juste après, certaines ont été éliminées. Les gens n'ont été plus sécuritaires pour pouvoir aller au travail et peut-être ont abandonné aussi ces chemins pour aller au travail. Et notamment avec les enfants à l'école, parce que c'est aussi un autre enjeu.

Aujourd'hui, d'amener son fils ou sa fille sur un cargo, c'est aussi parce que la sécurité est importante.

9:15
Présentateur

Alors, qu'est-ce qui porte le secteur aujourd'hui ? C'est le vélo électrique, très clairement ? Le secteur du vélo ? Oui. C'est d'abord le vélo à assistance électrique.

9:24
Invité

Alors, moi, je pense qu'il y a un engouement pour le vélo en général. Alors, en l'occurrence, moi, je ne produis que des vélos électriques. Mais je vois la pratique sur route qui est en gros développement. Je vois une féminisation qui est aussi extrêmement importante. Je pense que les gens, à partir du moment où au quotidien ils font du vélo, ils ont envie d'en faire aussi le week-end. Ils ont envie d'en faire pendant leurs vacances. Donc, il y a également du tourisme à vélo qui se développe. Et pour le coup, le vélo électrique sert à amener un maximum de gens. C'est-à-dire que faire du vélo pendant ses loisirs, c'était avant un peu réservé à des gens très entraînés, très en forme.

Aujourd'hui, c'est pour tout le monde. Faire des vacances à vélo avec les enfants, c'est possible avec des vélos électriques.

10:05
Présentateur

C'est prolongé la pratique aussi. C'est-à-dire que moi, j'ai pas mal d'amis qui faisaient du vélo beaucoup, qui ont passé les 70 ans et qui continuent d'en faire. Ils font les mêmes trajets qu'avant grâce au vélo électrique.

10:14
Invité

Exactement. Donc, ça embarque une population beaucoup plus large, qui trouve énormément de plaisir. Et comme par hasard, plus on a de plaisir, plus on a envie de continuer à faire du vélo électrique. Quand on demande aux gens urbains qui ont essayé, qui se sont mis au vélo électrique, à 80%, ils ne reviendraient jamais, ça ne leur viendrait pas à l'esprit, à 80% de revenir à un mode de transport différent, transport en commun ou voiture. Pour eux, c'est une évidence.

10:40
Présentateur

Ce vélo électrique, Aurore Briscadieu, à quel point il a transformé ? Est-ce qu'il transforme encore durablement le marché, le secteur ? Il transforme encore. Et je pense que la technologie fera que ça ne s'arrête pas. Aujourd'hui, on a des moteurs de plus en plus légers, de plus en plus rapides. Après, il faut savoir que le vélo électrique, en fonction de la discipline, c'est très différent. Quand on parle d'un vélo électrique urbain, on est là pour être facilité dans la ville, des poids comme le vélo cargo ou autre. Quand on parle de vélo électrique VTT, ça n'a rien à voir. Là, on est sur des moteurs où la puissance doit être plus forte, etc. Donc ça s'adapte vraiment à la pratique.

Mais oui, ça va continuer, le vélo électrique, à révolutionner le marché, à avancer de plus en plus. Après, l'humain est humain, donc on ne sait pas ce qui sera inventé demain. On ne fait qu'avancer dans tout ça. Mais je rejoins Olivier sur la pratique du gravel. Quand Olivier parlait de tout ce qui est voyage à vélo, c'est quelque chose qui a énormément progressé. Nous, on le voit au quotidien sur les demandes des consommateurs au niveau de la distribution. Le voyage à vélo est devenu presque une tendance où on peut, suite au Covid, où on ne pouvait pas aller ailleurs dans les autres pays européens ou autres, où on peut en fait profiter de vacances de manière très joviale et différente.

Et c'est une part du marché qui a énormément progressé ces dernières années. Est-ce que, Mathias Coste, l'essor du vélo à assistance électrique a suscité un besoin de formation spécifique ?

12:08
Invité

Et si oui, lequel ? Complètement. C'est, par exemple, sur l'organisme que je représente, on a créé une semaine complète de formation spécifique pour soit à la sortie de la première formation de technicien vendeur cycle, où on vient renforcer les premières compétences, ou en magasin. On fait venir les techniciens qui sont en magasin pour pouvoir approfondir certains... Aujourd'hui, quand on parle de VAE et notamment de motorisation, on est sur beaucoup de motorisations qui viennent de l'automobile. On parle de Bosch, on va parler de Fazua, on va parler de très gros groupes. Et le technicien aujourd'hui qu'on connaissait dans les années 70 avec son petit tablier gris n'existe plus.

C'est le technicien 2.0. Il faut savoir faire le minimum, mais en même temps, il faut savoir se connecter via une plateforme qui est dédiée par motoriste et pour faire des diagnostics, pour faire des customisations d'assistance. Donc, ça demande beaucoup de compétences. C'est vrai qu'on a créé cette formation. Et à savoir que ça reste toujours 52-54% du chiffre d'affaires national, le VAE. Donc, ça devient une branche armée du monde.

13:11
Présentateur

Les innovations, Olivier Cantet, elles portent sur quoi ? Je reste sur les vélos électriques, plutôt sur les batteries qui continuent de progresser, sur la connectivité, sur quoi ça porte principalement ?

13:22
Invité

Je dirais que tout est en train d'évoluer, tout est en train de progresser. Il faut que ça soit au service de l'usage. Nous, c'est un peu notre créneau. C'est vraiment d'abord d'avoir des gens qui ont le sourire quand ils sont sur un moustache. Et donc, il faut que l'innovation, elle soit juste. Donc, oui, il y a des innovations sur les batteries. Alors, est-ce qu'il faut qu'elles soient proposées plus d'autonomie, sachant que les gens, finalement, n'utilisent qu'une partie ? Est-ce qu'il faut qu'elles soient plus légères ? Est-ce qu'il faut qu'elles soient plus durables ? Donc, ce n'est pas une seule voie à explorer.

Et l'élément aussi qui est très important, c'est qu'en fait, les consommateurs sont contents des vélos. En tout cas, ceux qui ont acheté un moustache et qu'on interroge, ils sont super contents de leurs vélos. Ils nous demandent plus de sécurisation, plus d'antivol, plus de sacoche, plus de protection. Donc, en fait, c'est parfois aussi l'équipement autour du vélo qui vient autant que le vélo lui-même, la puissance, la légèreté. Donc, tout évolue, mais il faut que ça soit justement au service de l'usage.

14:18
Présentateur

Je voudrais qu'on parle un peu du Made in France. Aurore Briscadieu, le salon Véloprodesque, quel rôle y joue, justement, dans cet écosystème pour la promotion des marques françaises ? Alors, si vous parlez de Made in France, il y a des sociétés françaises, européennes, internationales sur le salon. Donc, c'est un mix de tout. C'est vrai qu'on est très heureux d'avoir un salon aussi grand qui représente bien le marché du cycle, présent à Paris, qui a vocation pour beaucoup de devenir Paris un hub de rencontres B2B dans le futur. Aujourd'hui, le Made in France est de plus en plus présent dans toutes les sociétés qui sont imbriquées ici.

En France, on parle d'assemblage, on parle de production en France. C'est compliqué de tout faire de A à Z, comme tous les secteurs d'activité, on ne va pas se mentir. Mais par contre, oui, le salon permet de faire rayonner des marques françaises qui viennent présenter au final à des marques d'autres internationales, des magasins même qui viennent d'Europe, d'Allemagne ou autres, des produits qui sont produits ici. Donc, c'est une fierté, oui. Mathias Coste, est-ce qu'on peut parler de réindustrialisation ou est-ce que le mot est trop fort ?

15:29
Invité

On commence. On a 512 000 vélos qui sont assemblés en France aujourd'hui sur les 1,8 millions qu'on vend à l'année. Donc, ça reste encore un petit pouillème. Mais la volonté est là. Dans les années 70, on a perdu tout le savoir-faire français du bassin ronalpien. Et tout est parti en Asie. Mais il y a beaucoup de volonté de la part de Moustache, notamment sur des innovations spécifiques avec le J qui a réindustrialisé un cadre en France. C'est quand même quelque chose d'important.

16:00
Présentateur

Il n'y avait pas de cadre ? Quasiment plus.

16:03
Invité

Les tubes viennent d'Europe. Mais la fabrication 100% française était difficile. Là, on a eu la chance, grâce à Moustache et le J, d'avoir un vélo en fonderie d'aluminium en France. Donc, c'est cette volonté et notamment des marques de revenir aussi avec un savoir-faire qui était là il y a quelques années.

16:20
Présentateur

Alors, quel temps, quelle énergie ça demande de faire ça ? De finalement, de se dire « Ok, nous, on est dans les Vosges, on veut faire nos vélos en France. Comment je fais pour que le pourcentage de pièces vraiment fabriquées en France augmente ? »

16:33
Invité

Oui, alors, nous, on parle déjà quand même d'une base où 50% de ce qu'on achète pour faire un vélo vient d'Europe. C'est déjà pas mal. On achète tous nos moteurs chez Bosch en Allemagne, toutes nos batteries chez eux, des sels en Italie, un certain nombre de composants qui viennent d'Europe. Mais il est vrai qu'il y a d'autres choses qui, depuis très longtemps, sont parties en Asie. Nous, ce qu'on pense, c'est que c'est la double dose de travail parce que si vous essayez d'industrialiser en France quelque chose qui est déjà fait en Asie, pour être compétitif, ça marche pas.

Donc, il faut concevoir quelque chose de différent qui va être industrialisé en France et qui ne l'est pas encore en Asie. Et ça existe, ça ? Oui, parce que, typiquement, le cadre du J et maintenant du X3 d'EFS, au lieu d'être des tubes qui sont assemblés, en fait, c'est des pièces qui sont injectées sur un moule en aluminium et ça ne se faisait pas dans le vélo. C'est des technologies qui existent dans l'aéronautique ou dans la voiture. Et nous, on a constitué deux pièces qui viennent s'assembler avec un pivot et qu'on peut, comme ça, injecter en aluminium. et donc, on a retourné le sujet.

Mais même sur un sujet comme ça, l'Asie réagit très vite et l'exigence de prix du consommateur pousse aussi à ce que on regarde toutes les possibilités. Donc, ce n'est pas du tout une bataille gagnée. Il faut constamment avoir un temps d'avance.

17:59
Présentateur

Vous vous dites jusqu'où on pourrait aller dans la relocalisation de la production, on va dire, en Europe ?

18:06
Invité

Honnêtement, je ne sais pas.

18:12
Présentateur

Parce que c'est un combat work in progress. C'est un combat qui n'arrête jamais.

18:15
Invité

Oui, qui n'arrête jamais. Et puis, je pense qu'il y a d'autres enjeux. Typiquement, chez Moustache, on ne va pas réduire nos ventes pour acheter plus de composants en France. Moi, ma mission première, c'est que j'ai 200 personnes dans la boîte, dans les Vosges, qui sont contents de venir bosser tous les matins. Et s'ils pouvaient être 400, ça serait une excellente nouvelle.

18:35
Présentateur

Même en vendant des vélos dont les pièces sont majoritairement à la vie.

18:40
Invité

Et on sait que dans les magasins, on aimerait pouvoir en vendre plus. Je pense qu'il y a une grosse partie de l'économie qui est dans l'entretien, qui est dans la conception, qui est dans les vélos d'occasion. Il y a plein d'autres métiers dans la formation parce que les gens ne savent plus faire de vélo dans les écoles. Il y a un écosystème qui est beaucoup plus large que juste de se dire est-ce qu'on est capable de faire une chaîne en France mieux que ce que fait Shimano depuis 30 ans au Japon ?

19:07
Présentateur

Oui, effectivement. Quel rôle vous jouez avec vos entreprises, vos centres de formation dans le développement de la filière française aujourd'hui ?

19:16
Invité

On essaie d'être un acteur à un autre niveau. Déjà, d'apporter des professionnels au travers de sub de vélo, d'essayer d'assembler parce que la Vélo Factory, c'est cet assemblage avec les startups françaises qui veulent aussi assembler en France. On parle d'assemblage parce que beaucoup de choses

19:34
Présentateur

viennent d'Europe

19:36
Invité

ou d'Asie mais il y a quand même cette volonté et donc si chaque acteur met un petit peu d'énergie, en tout cas, c'est la volonté même de l'État. Je pense que sur le fabriqué français, il y a aussi un élément qui est déterminant que vous évoquez là, c'est qu'en fait, la fabrication en France, elle a aussi un avantage, c'est qu'on est beaucoup plus réactif pour produire. En fait, moi, je produis quasiment à 80% dans le mois les vélos qui sont livrés et reçus dans le mois.

Alors, j'ai des composants que je stocke, donc c'est vraiment le montage final qui est fait à ce moment-là et je pense que le fabriqué en France ne marche que si on a une proximité avec les détaillants et une réactivité extrêmement forte. si c'est fabriqué en France sur les mêmes délais que ce qu'on a en Asie, ce n'est pas la peine et c'est vrai qu'on a aussi, nous, en magasin, des gens qui sont fans de moustache, qui sont venus dans les Vosges, qui connaissent l'entreprise, qui connaissent parfois des gens qui bossent dans la boîte, qui ont été sur les chaînes de montage en disant « Ah, vous le faites comme ça ! » « Ah ben nous, quand on doit le réparer, on comprend mieux !

» Et donc c'est cette alchimie-là, cette proximité du marché qui peut faire qu'entre les marques et les magasins, on tienne le choc et on valorise le mail-in France.

20:47
Présentateur

Il y a un super exemple sur ça l'année dernière sur les Pro Days, la marque Look. Je ne sais pas si vous vous souvenez pour X raisons, je pense que juste avant le Tour de France, 6 vélos disparaissent. Ah oui, c'est vrai, ils se sont volés des vélos. On est lors du montage du magasin, donc nous, l'équipe Look est sur place, c'est un peu qu'est-ce qui va se passer, le Tour de France démarrer deux jours après. Je crois que deux jours après, le début du salon, le dimanche matin, ils annoncent que les vélos avaient été refaits à Nevers, chez Look. Et en effet, cette rapidité-là, impossible de la faire si le vélo venait de la planète.

Je voudrais qu'on parle du lien avec les consommateurs et à quel point un salon comme le vôtre peut être une vigie des tendances. Par exemple, les vélos cargo, on les a vus débarquer et il y en a de plus en plus dans nos villes. Est-ce que vous l'avez anticipé sur un salon comme le vôtre ou pas d'ailleurs ? En fait, ce qui est magnifique dans les salons, c'est qu'il y a tellement de discussions. Et c'est là où les professionnels se passent le mot de le magasin et disent « Moi, j'ai beaucoup de demandes sur cette tendance-là ».

Et c'est un peu ces moments-là où les marques viennent aussi capter ce qui se passe en magasin, que les magasins partagent aussi les difficultés qu'ils ont vis-à-vis des marques sur le service après-vente et autres. à anticiper. Je pense que petit à petit, les marques l'ont vu venir. Quand même, on ne va pas se mentir. Nous, on le voit depuis 5-6 ans maintenant où le salon se transforme. Il y avait normalement beaucoup plus de VTT, de vélo de route, de vélo gravel. Enfin, le gravel encore, c'est quand même naissant. Mais il y avait ce qu'on appelait des cyclos sportifs avant. Donc, ce n'est pas tout nouveau non plus. Mais oui, je pense qu'on arrive à l'anticiper.

C'est aussi le consommateur qui crée la tendance. Mais ça peut être aussi les marques. On a vu des marques qui ont bougé le système et qui ont proposé des vélos où le consommateur se dit « Ah, ça, c'est ce qu'il me faut ». Donc, je pense que ça va dans les deux sens. Votre avis sur cette question-là ? Qui innove le plus ? C'est le consommateur qui dit « Tiens, j'ai besoin de ça » qui fait remonter l'info à une marque comme la vôtre ou c'est vous qui anticipez la demande ?

22:51
Invité

Alors, nous, on anticipe et les salons sont justement le moment où on confronte tous les possibles avec toi qui es au contact du consommateur, de l'acheteur. T'en penses quoi ? C'est une bonne idée ? Pas une bonne idée ? Donc, il y a besoin aussi de cette confrontation en chambre avec les détaillants. Les salons servent beaucoup à ça parce que des idées, on en a plein. Parce que des choses à inventer, on en a plein. On en a plein les tiroirs.

23:15
Présentateur

Oui, mais alors, il y a quelques cimetières des bonnes idées aussi. Parfois, on a des superbes et c'est comme ça. Il faut tester et on ne peut pas toujours réussir. Oui, je reviens vers vous juste après. Allez-y, Aurore. Nous, justement, on fait deux événements. Nous, exactement. On fait le Festival Vélo in Paris qui est un événement de B2C qui a lieu fin avril. Il y a des marques, des magasins qui viennent justement capter le public et deux mois après, on se retrouve au Pro Days qui a lieu là ce dimanche et il y a ces discussions-là.

Et en fait, c'est justement d'avoir ces deux événements qui sont complémentaires vachement sur le retour d'expérience et les échanges qui font la richesse aussi des salons et l'innovation chez les marques.

23:53
Invité

Mathias, Coss ? Il y a l'association Mea Vélo aussi qui, pendant le mois de mai en France, partout, dans tous les territoires, essaye de confronter le consommateur aux différentes pratiques. Et on parle de communautés. C'est vrai que les communautés cyclistes sont très importantes entre le cycliste sur route, le cycliste VTT, VTTiste et puis après, aujourd'hui, on a le commuting, le voyage où là, c'est une grosse part aujourd'hui de l'économie où les gens vont au travail en vélo et ça demande aussi une adaptation du matériel, des accessoires qui sont demandés, des casques connectés aujourd'hui, comme en moto.

On peut parler aussi quand on a les enfants derrière, c'est assez fou et c'est une société française qui fait ça où on a un petit micro. C'est vraiment top.

24:37
Présentateur

Et alors, donc, ma question suivante, elle est logique et naturelle. Qu'est-ce qui va tirer le marché dans les prochaines années ? Est-ce que c'est le vélo d'entreprise dont on parlait tout à l'heure ? Quelle tendance vous voyez, vous voulez les canter ?

24:49
Invité

Alors, nous, il y a deux, trois petites choses parce que souvent, quand on voit l'innovation, on se dit il y a un nouveau moteur de batterie. En fait, il y a, par exemple, tout ce qui est ne plus avoir de vitesse à changer. Les gens, sur un vélo, ils ne savent pas quand est-ce qu'il faut

25:06
Présentateur

changer les vitesses. J'ai toujours l'impression de prendre la mauvaise vitesse et de le faire avant. quand j'ai fait mon changement de vitesse. Donc, les gens,

25:11
Invité

ils veulent monter sur un vélo et puis pédaler. Et quand ça monte fort, ils pédalent comme avant parce qu'ils ont l'assistance électrique. Quand ça descend, ils vont plus vite. Voilà, donc le changement automatique de vitesse ou la gestion du changement de vitesse, c'est un truc essentiel. La sécurisation. Aujourd'hui, on a des moteurs Bosch qu'on peut neutraliser et donc empêcher la revente ultérieure. Donc, ça aussi, c'est des choses qui sont parfois invisibles sur le vélo mais qui font une différence absolue. On pense que la tendance, elle est là, elle est partie.

Moi, ce qui m'enchante le plus, c'est que quand je vois dans toutes ces villes de France où vous avez des parcs de vélos qui sont disponibles pour pas cher et notamment pour les jeunes, c'est qu'aujourd'hui, pour un jeune dans, je ne sais pas si c'est 100 ou 200 villes de France, c'est plus cool d'avoir un vélo que d'avoir un scooter. Et honnêtement, je n'étais pas persuadé de ça il y a 4-5 ans. Ça va vite quand même. Ça va super vite. Aujourd'hui, pour les jeunes qui ont entre 15 et 25 ans la liberté, ce n'est plus le scooter, c'est l'accès à ces vélos et ils font tout et c'est des gens qui sont piquousés au vélo et ils sont forcément des clients pour nous demain.

26:22
Présentateur

Qu'est-ce qui tire le secteur à l'ésu ? Je ne sais pas ce que disait Olivier.

26:25
Invité

Par exemple, en région Occitanie, la région a mis depuis 2 ans des vélos à disposition de lycéens pour aller au travail. En fait, dans les lycées en Occitanie, quand vous rentrez en seconde, on vous donne un ordinateur rouge depuis des années qui vous permet d'arriver jusqu'en terminale avec un ordinateur et tout le monde a la même chance. C'est un peu la même chose qui est mise en place depuis 2 ans en se disant maintenant, on va vous donner un vélo, c'est gratuit, toute une année pour pouvoir faire les déplacements maison-lycée et si jamais, ça revient après, on crée des futurs consommateurs, des futurs pratiquants et là, on commence à mettre le pied à l'étrier.

Mais c'est depuis le Covid avec le SRAV aussi, le vélo est revenu à l'école en se disant on va réapprendre aujourd'hui aux enfants à faire du vélo parce que la natation c'est très bien, ça a été le point culminant pendant quelques années et le vélo a été complètement oublié. Nos grands-parents ont appris à faire du vélo je pense en avant parce qu'il fallait arriver à l'école en vélo et aujourd'hui on a ça, les associations se battent avec le SRAV. Allez, 40 secondes pour conclure sur le moteur,

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Présentateur

le tracteur du marché. La note positive, les vélos d'enfants. Cette dernière année, on a eu plus de 4% je pense sur les vélos enfants et en fait, les enfants qui sont actuellement dans les vélos cargo le matin pour conduire par papa ou maman, je pense qu'ils prennent l'habitude et ce sera les prochains qui diront bon c'est bon, moi je peux pédaler par moi-même, j'y vais par moi-même. Je pense que là, c'est là où il faut que les villes suivent parce que les infrastructures, les parents donneront la dépendance d'aller à l'école à vélo comme ça que s'il y a cette sécurité-là. Mais oui, le vélo d'enfants, c'est le futur.

Et bien voilà, merci beaucoup à tous les trois d'avoir participé à ce Smart Trends. Bon, salaud Vélo Pro Days donc 5 au 7 juillet Porte de Versailles à Paris. A bientôt, merci à toutes et à tous de votre fidélité à la chaîne des audacieuses et des audacieux. Allez, c'est promis, je vais m'y remettre.