François Fillon : "Ma conviction, c'est que je serai au second tour"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 49 %Attaque 34 %Défensif 16 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 89 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 23:45OuverteRéponse directe
François Fillon, vous savez que la primaire, ce n'est pas comme les 24 heures du Mans. Il ne suffit pas de finir, il faut gagner.
- 24:27RelanceRéponse partielle
Pourquoi c'est toujours les thématiques de Nicolas Sarkozy ?
- 28:57OuverteRéponse directe
Est-ce que vous êtes satisfait du climat de la campagne ?
- 29:42RelanceÉludée
Pourquoi c'est toujours les thématiques de Nicolas Sarkozy ?
- 30:52OuverteRéponse directe
Est-ce que ça va être compatible avec vous si c'est Clinton ?
- 32:14RelanceRéponse directe
Vous êtes de quel côté ? Bush ou Obama ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 26:51Invité politiqueChiffre
« Les livres d'Alain Juppé ne se vendent pas »
- 28:10Invité politiqueFait
« Avec ça, on ne redresse pas le pays »
- 34:15Invité politiqueFait
« La Russie, c'est le plus grand pays du monde »
- 35:54Invité politiqueFait
« Ça ne m'empêchera pas de dormir »
- 37:15Invité politiqueFait
« Il s'agit de décret en Conseil d'État pour retirer la nationalité à quelqu'un qui a tourné les armes contre son pays »
- 37:50Invité politiqueFait
« Le centre de déradicalisation, ça peut fonctionner pour des personnes qui sont en France, qui n'ont pas commis l'irréparable »
- 41:14Invité politiqueChiffre
« Le déficit de 2017, ce n'est pas le mien. Il est prévu à 2,7%. »
- 41:22Invité politiqueChiffre
« Il y a 20 milliards déjà de dépenses en 2017 qui ne sont pas budgétées et qui sont engagées par le gouvernement. »
- 41:57Invité politiquePromesse
« Je propose de mettre en œuvre un certain nombre de réformes qui consistent à baisser en particulier les charges des entreprises. »
- 42:32Invité politiqueFait
« Si on est capable de faire des réformes, il n'y a pas de difficulté. »
- 42:43Invité politiqueChiffre
« Vous proposez de baisser les charges des entreprises à hauteur de 40 milliards. »
- 42:57Invité politiqueFait
« François Hollande n'a pas fait 40 milliards de baisse de charges parce qu'il avait tellement augmenté les impôts et les taxes que le résultat est loin d'être de 40 milliards. »
- 43:27Invité politiqueFait
« Par une forme de choc. »
- 52:27Invité politiqueChiffre
« C'est 2200 milliards de dettes qu'il va bien falloir un jour rembourser. »
- 52:50Invité politiqueFait
« On a déjà eu une alerte très sérieuse en 2008, 2009, 2010 avec la crise des dettes souveraines. »
- 53:29Invité politiquePromesse
« Je propose de baisser le nombre d'emplois publics en compensant cette baisse par une augmentation du temps de travail. »
- 53:42Invité politiqueChiffre
« Le passage de 35 à 39 heures, c'est l'équivalent de 500 000 emplois dans l'ensemble des trois fonctions publiques. »
- 54:40Invité politiqueChiffre
« Il y a 20 000 policiers qui font des tâches administratives qui ne vont jamais effectuer une tâche de police. »
- 56:54Invité politiqueFait
« Le système éducatif français, c'est un système qui est incapable de corriger les inégalités sociales. »
- 1:00:24Invité politiqueFait
« Comment est-ce qu'on peut expliquer que la France soit le seul pays, le seul grand pays en Europe où on part à la retraite avant 65 ans ? »
- 1:00:56Invité politiquePromesse
« Je voudrais même qu'on inscrive dans la Constitution de la République française le principe de l'égalité des régimes sociaux. »
- 1:03:27Invité politiquePromesse
« Je veux faire un référendum pour poser la question aux Français pour leur demander s'ils sont d'accord pour inscrire dans la Constitution le principe d'égalité des régimes sociaux. »
- 1:05:57Invité politiqueFait
« La France a pris un engagement dans le cadre de la COP21 dont la France était le leader. »
- 1:06:12Invité politiqueFait
« La loi de transition énergétique qui a été votée par le Parlement, qui a été votée par la gauche, à cause de la position idéologique sur le nucléaire, va conduire en réalité pendant une certaine période à une augmentation des rejets de gaz à effet de serre. »
- 1:10:19Invité politiquePromesse
« Moi, président, j'applique la loi. »
- 1:10:42Invité politiqueFait
« Il y a eu plusieurs centaines de recours. Ils ont tous été rejetés par les tribunaux. »
- 1:15:23PrésentateurFait
« Le fonctionnement de l'Église catholique est à la charge des fidèles. »
- 1:23:20InvitéFait
« La France n'avait pas créé de fichiers d'une telle ampleur depuis la Deuxième Guerre mondiale. »
- 1:30:03PrésentateurFait
« Les Anglais ont choisi de quitter l'Union européenne, le divorce doit se passer à l'amiable. »
Temps de parole
- Présentateur71 %
- François Fillon10 %
- Invité9 %
- Invité 24 %
- Invité 32 %
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Bonjour et bienvenue dans Questions politiques, l'émission politique de France Inter, France Info et Le Monde. Notre invité aujourd'hui, François Fillon, l'ancien Premier ministre et candidat à la primaire de la droite et du centre. Il sera avec nous à partir de midi et demi et il répondra à vos questions à partir de 13h15 au 01 45 24 7000 sur franceinter.fr et via Twitter avec le mot clé, questions Paul, questions au pluriel. Tout de suite, la semaine politique. Avec les rendez-vous dont vous avez désormais l'habitude dans cette première demi-heure, le portrait de François Fillon signé Karine Bécart, le zapping de Frédéric Métezot et d'autres François, cette semaine vous verrez.
Les livres politiques par les politiques, ce sera la chronique d'Isabelle Véramasson du CNRS. Mais d'abord le meilleur de l'humour politique de France Inter, Charline Vandenacker dans le 7-9 de Patrick Cohen vendredi avec Alain Juppé en pèlerinage sur la dalle d'Argenteuil. Charline Vandenacker, vous avez choisi de revenir sur la visite mercredi d'Alain Juppé en banlieue sur la dalle d'Argenteuil.
Oui, voilà ce fameux symbole lié à Nicolas Sarkozy où il avait parlé de la racaille. Sacré Juppé, il est tellement gonflé que pour énerver l'autre, il est capable d'aller réinstaller un tout à l'égout au Cap Neig. Voilà, alors chaque partie son pèlerinage, à gauche ils ont Florange, à droite Argenteuil, bon après il y a Jean-Frédéric Poisson pour qui le pèlerinage ça reste lourde. Alain Juppé avait donné rendez-vous mercredi en banlieue à 10h du matin pendant les vacances. Même les jeunes avec Juppé, ils n'étaient pas réveillés. C'est bête, ils auraient pu faire du skateboard sur la dalle, les jeunes avec Péju.
Alors quand la France qui se lève tôt rate celle qui se couche tard, il s'est pointé à 10h. Juppé c'est le genre de type qui rend visite à une maison de retraite à l'heure de questions pour un champion. Alors en arrivant, il a dû se dire que tous les habitants avaient des micros et des caméras, très différents de Bordeaux. Et oui, il n'a pas vu grand monde à part des journalistes. Quant aux quelques personnes du quartier qui étaient sur place, elles ont dû se dire « Mais qu'est-ce qu'il a l'air fatigué, Bernard de la Villardière ? Il devrait se calmer sur l'immersion. » « Il a perdu ses cheveux. » Alain Juppé a eu droit à des Juppé Président. Il a pour ainsi dire été presque ovationné.
« C'est normal, c'est toujours comme ça quand tu reviens dans la cité après avoir échappé de peu à la prison. » Dans le fond, se donner la main entre politiciens et racailles, c'est aussi ça, l'identité heureuse. Il était pépère à la coulala. Il se sifflottait un petit peu comme si c'était venu à Argenteuil pour s'acheter des clopes ou un paquet de steamrolls. Non, remarquez même les steamrolls, là c'est trop fort. Alors il a fait ouvrir une antenne de commissariat, deux heures à l'avance. Alors déjà, il veut qu'on prenne notre retraite plus tard. Et en plus, il nous fait commencer deux heures plus tôt. Alors on retiendra de cette visite que l'ambiance était calme. Bon enfant.
Rien à voir avec le débat télé d'hier soir. Pour Nicolas Sarkozy, si la visite de Juppé s'est si bien déroulée, c'est sans doute la faute de François Bayrou, qui avait certainement arrosé les habitants du quartier afin que ces derniers se tiennent tranquilles. Juppé a forcément agacé ses concurrents avec cette sortie. D'ailleurs, il s'est même offert le luxe de se comporter en énarque. Il a déclaré « Tout le monde n'est pas fait pour des études longues. On peut être heureux en étant pâtissier chocolatier. » Bon, seulement il vient d'Hervé Sarko. En plus, il met un petit tac à coper.
La semaine politique, Charline en parlait, toute secouée à droite par une querelle de François. Et il ne s'agit pas, Frédéric Mettezot, de notre invité du jour, François Fillon.
Tapis dans son béarne natal, au pied de ses chers Pyrénées, François Bayrou rend fou les sarkozistes, comme François Baroin. « Nous refusons le centre Girouette, qui est avec nous lundi pour gagner la ville de Pau, et qui est le mardi avec François Hollande pour concourir au retour du socialisme à la tête du pays. Celui qui nous sortira du socialisme peut-il s'allier avec la personne qui nous a fait entrer ? La réponse est non. »
Et là, Nicolas Sarkozy se prend les pieds dans le François. « Moi, j'ai dit très clairement que si j'étais choisi, je confierais Matignon à François Bayrouin,
et je fais à François Bayrouin, pas Bayrou. » Petit lapsus, c'est toujours amusant les lapsus. C'est toujours amusant.
« Non, j'ai dit Baroin. » Lapsus, non masculin, emploie involontaire d'un mot pour un autre, la psychanalyse considère le lapsus comme un acte manqué, nous dit le Robert. Et au pluriel, on dit lapsi. « Je serais surpris par cette fixation sur le cas de François Bayrou. » « Je voudrais quand même rappeler que François Bayrouin... » « Ah, vous aussi ! » Il n'y a pas que Bayrou dans le débat public, il y a l'autre François.
Hollande, le plus petit dénominateur commun pour réunir la droite. Valérie Pécresse, ex-filloniste ralliée à Alain Juppé.
« C'est d'abord un président qui saura relever la fonction présidentielle. Alain Juppé a dit qu'il n'offrait qu'un seul mandat. Ça veut dire qu'il sera prémuni contre le risque d'impuissance qui est lié à la volonté de séduire quand on veut faire deux mandats. »
François Hollande, même plus épargné par Manuel Valls en déplacement à Abidjan il y a une semaine. « Je n'ai pas approuvé ma loyauté, mais... » « Je veux être à la hauteur des responsabilités du moment, c'est-à-dire faire en sorte que la France assume ses responsabilités dans le monde comme nous le faisons et que la gauche puisse demain l'emporter. Et moi, j'y contribuerai d'une manière ou d'une autre. » Quelle sera la place de Manuel Valls ?
François Hollande se prononcera sur une éventuelle candidature début décembre. En attendant, devant des chercheurs normands, à Caen, il fait l'éloge du temps long.
« Il faut dix ans entre le temps d'une décision publique et le temps de sa réalisation. Je sais que ça peut paraître long pour beaucoup, incompréhensible pour d'autres, mais c'est toujours à dix ans que nous devons réfléchir. Et si nous sommes simplement tributaires du court terme, de l'immédiat, de ce qui sera l'actualité du jour, alors nous sommes perdus. Il faut ensuite, une fois qu'on a rappelé le rôle de l'État, dire que le rassemblement est indispensable. Ce n'est pas toujours simple, le rassemblement, où que ce soit, et dans quelque organisation que ce soit. » Bien entendu, le président parlait de la recherche scientifique.
« Non, non. » Voilà, Frédéric Mettezot avec ce zapping de la semaine politique. « Eux sont venus, ils sont tous là, les habitués de questions politiques, sauf moi finalement, Nathalie Saint-Cricq de France Télévisions. Bonjour. »
« Bonjour, ne vous inquiétez pas, on est là. »
« Karine Bécard de France Inter, bonjour Karine. »
« Vous êtes le bienvenu Sébastien. »
« Merci bien. Arnaud, le parmentier du Monde. » « Bonjour Arnaud. » « Qu'est-ce que vous retenez de cette semaine politique, vous ? » « On commence avec Nathalie Saint-Cricq peut-être ? »
« Moi, je voudrais revenir sur le cafouillage de Notre-Dame-des-Landes. » « C'est peut-être pas la chose la plus importante, mais c'est, à mon avis, très symptomatique d'une sorte de pathologie française. » « C'est-à-dire qu'on nous dit, pendant des années, alors ça dure depuis des dizaines d'années, on nous dit, il y a un référendum, François Hollande dit, il va y avoir un référendum, il y a un référendum, le référendum dit qu'on va évacuer, on nous dit que les recours sont finis. Là, on apprend que les recours ne sont pas finis et qu'au contraire, on va arrêter les travaux.
Donc finalement, Ségolène Royal dit, je suis bien contente parce que je l'avais toujours dit, Mme Meulvalse dit, on va évacuer. François Hollande avait dit, on fait un référendum, et dans un livre, il dit, de toute façon, ça ne se fera jamais, dans le fameux d'Avélum qui n'arrête pas de nous nourrir depuis trois semaines. Donc, je veux dire, comment voulez-vous comprendre ? 1. Où est l'autorité de l'État ? 2. Où est la sagesse ? Où est les biens de la France et de cette région ? C'est juste un truc totalement incompréhensible et assez ridicule.
Et 3. Où est l'aéroport ? Arnaud ? Moi, c'est le Trump, peut-il entendre Gorgagné ? C'est ça la question que pose le monde hier.
Et j'ai découvert un site qui me donne la réponse, c'est 538, 538, pour ceux qui ne parlent pas l'anglais comme moi. C'est le nombre de grands électeurs qui vont élire le président des États-Unis. Et alors, ce site, il explique que les chances de Hillary Clinton de l'emporter, qui étaient de 82% il y a une semaine, sont tombées à 65,8%. Ça arrive beaucoup, quand même. Ah oui, mais sauf que vous regardez les États, ces swing states qui basculent du côté de Trump. Alors, visiblement, l'Iowa, l'Oyo, la Floride sont en train de basculer à droite
parce que les Latinos se sont mobilisés, mais l'électorat afro-américain n'est pas suffisamment au rendez-vous.
Alors, maintenant, on regarde le Nevada, la partie de Las Vegas, qui serait complètement hésitant. Et si on regarde ce site, tout dépend aujourd'hui du New Hampshire. ailleurs, 4 votes, 4 votes qui pourraient faire basculer d'un côté ou de l'autre. Alors, moi, je n'y crois pas. Je pense que Trump va perdre, parce que je l'ai écrit, donc c'est une raison suffisante. Mais le suspense aura duré jusqu'au bout.
Arnaud Le Parmentier. Karine, qu'est-ce que vous retenez-vous de cette semaine politique qui s'achève ? Je vais faire classique, mais moi, je me suis évidemment beaucoup intéressée au deuxième débat télévisé cette semaine de la primaire de la droite. Ça a quand même marqué notre semaine. Et surtout, ce que j'ai trouvé très intéressant,
c'est Nicolas Sarkozy, que j'ai trouvé, malgré tout, extrêmement bon dans cette émission. Il a été, certes, attaqué de toutes parts. Il s'est montré hyper pugnace, pas agressif. Et surtout, on se rend compte que pour les autres candidats, ça reste la bête noire. Ça reste celui qui fait peur. Ça reste celui qui est effrayant. Ça reste celui, finalement, où on se demande si ce n'est pas lui qui pourrait gagner, pour qu'il soit autant attaqué. Pendant ce temps-là, on a un Juppé qui a semblé, encore une fois, très lisse. Et je finis par penser qu'il prend quand même un sacré risque en faisant ça, à se montrer autant effacé.
Tout le monde dit, les autres concurrents l'ont laissé parler parce que ça y est, ils ont déjà dealé, ils ont compris que c'est celui qui allait gagner. Moi, je ne crois pas qu'on deal avec Alain Juppé. Je n'en suis pas certaine, en tout cas. Il y en a qui ont essayé, qui s'y sont cassés les dents. Il faut en parler à Philippe Richard, par exemple, le patron de la grande région Grand Est, qui a essayé d'aller chez Juppé. Ça n'a pas marché, parce que justement, il demandait un ministère. Simplement, il me semble quand même qu'Alain Juppé ne dit pas suffisamment de choses pour qu'on puisse l'attaquer, en fait. Il gère en avance.
Oui, mais ça finit par peut-être être un pari risqué. Et notamment, ce que pense notamment Alcan Sarkozy, c'est qu'il pense qu'on verra tout dans l'entre-deux-tours. C'est-à-dire que là, le format avec les sept candidats ne se prête pas à ce qu'il y ait des vrais échanges. C'est vrai, dans le face-à-face, bien sûr. Si c'est le duel qui a lieu, et c'est François Fillon ne vient pas bousculer le jeu, à ce moment-là, la position de réserve d'Alain Juppé risque d'être un peu compliquée par rapport à l'action et le côté offensif de ça. Oui, c'est vrai.
Fillon aussi, notre invité dans un quart d'heure maintenant, a été très discret par rapport à Nicolas Sarkozy. J'assume d'avoir été son Premier ministre 5 ans, mais c'est tout, il n'a rien dit de plus, finalement.
C'est les petits jeunes, si on peut parler ainsi, NKM, Copé et Bruno Le Maire
qui avaient intérêt à attaquer Sarkozy pour se montrer sous leurs plus beaux jours.
Enfin, Bruno Le Maire attaquait aussi Alain Juppé.
Oui, mais grosso modo, on avait l'impression que le débat s'était concentré autour de Sarkozy contre les trois jeunes challengers
et Fillon et Juppé dans la posture du sage qui étaient un peu en retrait.
À gauche de l'écran, d'ailleurs, tous les deux bien isolés. Merci. 12h15, bientôt 16 minutes sur Inter. Isabelle Véramasson est sur le plateau de questions politiques. Isabelle, bonjour. Bonjour. Directrice du laboratoire communication et politique du CNRS. Vous nous parlez cette semaine des livres politiques par les politiques. Par exemple, au hasard, Le Fer, de notre invité tout à l'heure, François Fillon, plusieurs centaines, plusieurs milliers d'exemplaires, près de 100 000 exemplaires vendus. C'est beaucoup en librairie pour un livre politique, mais ce n'est pas beaucoup d'un point de vue électoral.
Ce n'est pas énorme par rapport à la place qu'il est donnée dans l'espace public, mais de toute façon, le livre politique est une sorte de drôle d'objet. Drôle parce qu'il n'est pas forcément écrit par son auteur, on parle de nègre parfois, et qu'il n'est pas vraiment destiné à être lu. Alors, il sert à quoi ? Il est d'abord devenu une clé du marketing politique. Si De Gaulle et Pompidou écrivaient des livres pour la postérité, dans une forme très littéraire, depuis, le livre est surtout une étape dans le plan média, un élément presque obligatoire dans une course électorale. Alors, pourquoi ?
C'est d'abord un pourvoyeur de légitimité, il est enrichi par ses liens avec la culture cultivée, il permet d'exister, de se distinguer, il permet d'être au-dessus, à une certaine hauteur de vue, et dans cette stratégie de distinction, il peut porter éventuellement un message, une prise de position, on l'a vu sur les 35 heures, sur l'islam. Il cherche aussi à donner une image à l'homme politique, en particulier les biographies historiques.
On écrit sur Henri IV, Napoléon, Mandel, Le Clemenceau, en se comparant un peu à ce genre de personnage, mais l'objectif est en réalité, la plupart du temps, l'accès aux autres médias, alors la publication des bonnes feuilles, et surtout l'accès aux médias dominants, la télévision. Ce que visent les hommes politiques écrivains, c'est d'abord les commentaires, les reprises, les interviews qui vont aller avec la sortie du livre. Alors, le livre leur permet, bien sûr, d'imposer leur vision aux médias, mais surtout, surtout leur rythme, leur agenda.
Ce sont les hommes politiques, dans ces cas-là, qui fixent le moment de la sortie du livre, et les médias ne peuvent d'une certaine manière que l'accompagner. Et puis, le livre est un moyen de rencontrer des citoyens, à l'occasion des signatures, on l'a vu pour Nicolas Sarkozy, qui semble si heureux de le faire, c'est un moyen de rencontrer des citoyens. Et ça marche ? Alors oui, ça marche, si on en juge par l'augmentation à chaque élection du nombre de sorties de ce type d'ouvrage, à chaque élection, on a calculé qu'elles étaient multiplies par deux, c'est surtout Christian Lebarth et Bénédicte Delors Montigny qui l'ont fait.
Oui, ça marche, si on en juge par les tirages, et même les ventes, parce que c'est un peu différent. Et oui, si on compare la qualité de ces livres, qui sont en général assez mal écrits, et surtout très convenus, à ces chiffres de vente. Il faudrait évidemment distinguer selon la notoriété. Et surtout, ça dépend de type de livre. Ils ne sont pas tous des livres programmes, comme de simples tracts développés. Ils peuvent apporter des éléments plus personnels, des éléments de biographie, des confidences. Et alors là, ça marche mieux en librairie. Il y a aussi des planflets, il y a aussi des livres spécialistes, et certains livres sont des bilans.
C'est-à-dire qu'ils proposent une explication, ils constituent des réponses à des questions qui sont portées par l'opinion publique.
Voir des réponses à des questions qui ne sont pas posées, je pense, au livre de David.
Et puis, ils sont destinés à rester, ils s'adressent à un public plus large et plus durable.
Ils ont toujours des effets positifs pour les auteurs ?
Alors en général, oui, bien sûr. C'est fait pour ça et ça marche. À condition, bien sûr, qu'ils contrôlent tout. On voit bien qu'Arnaud Montebourg, en acceptant, en laissant publié en Italie son livre, a fait un impair. Ce qui est intéressant, c'est de voir souvent, souvent, que le succès, ou au contraire l'échec, de ce type de livre est parlant. On se souvient de livres de Jospin où tout le monde pensait qu'il allait vendre à centaines de mille exemplaires. En réalité, les retours ont été massifs. On calcule qu'il y avait mille retours par jour à une semaine du premier tour. C'est peut-être à parlant.
On voit bien que Nicolas Sarkozy est largement gagnant en termes de vente de livres, mais assez loin, mais dans le même peloton. Alain Juppé et François Fillon tiennent de l'accord dans la deuxième position. Alors on l'a vu, les sondages sont souvent imparfaits pour prédire ce qui va se passer. Alors on peut se demander si la vente des livres peut nous donner des indications.
C'est Nicolas Sarkozy qui vend le plus de livres. Je m'adresse à vous trois, Nathalie, Armand, Karine.
Oui, avec François Fillon derrière. Ce qu'il y a aussi, c'est qu'il y a des livres. Philippe de Villiers, c'est celui qui vend le plus. Alors ça, c'est autre chose. C'est les livres de dénonciation. C'est-à-dire, je vais vous raconter comment ça se passe. Vous les avez exclus, ce n'est pas des livres politiques. Je voudrais juste faire la distinction aussi, mais comme vous l'avez dit, entre ceux qui font un vrai boulot. C'est-à-dire le livre de Sarkozy, on peut en penser ce qu'on veut, mais il parle à la fois de lui et de son programme. Deuxième aussi, François Fillon également.
Il y a eu deux fois, il y a eu le livre.
Il y a eu le premier livre sur là et le livre programme. Mais ceux qui se contentent de publier leur discours. Oui.
Alors, je pense quand même à Manuel Valls et Arnaud Montebourg.
Là, franchement, il y a eu une légère trop prise sur la marchandise. Donc certes, leur discours était formidable pour celui de Manuel Valls à l'Assemblée et le discours de Frangy pour Arnaud Montebourg. Mais il y a un vrai effort. Emmanuel Macron est en train de travailler tout seul à faire le sien. Et je trouve que c'est bien quand même que les gens fassent... Enfin, je trouve que c'est estimable parce qu'il y a une vraie curiosité comme quand on avait ricané en disant que les gens achetaient la constitution de Maastricht pour essayer de savoir, de voter pour en quelque sorte. Ils le lisaient. Ils le lisaient. Et là, je trouve que c'est ce qu'il y a de mieux.
C'est-à-dire qu'on ne s'intéresse pas qu'à l'écume, mais vraiment au programme des gens.
Et pour reparler de l'invité qu'on va avoir, ça a été quand même pour nous, journalistes politiques, un peu la surprise de voir très vite que son livre fer, c'est très très bien vendu. Très vite, on avait dépassé les 30 000. Ça voulait dire malgré tout que, contrairement à ce qu'on pouvait imaginer, il y avait un vrai socle. Il y a quand même des gens qui sont autour de lui, qui adhèrent en fait à François Fillon. Et c'est ce qu'on voyait notamment dans la dernière étude Sevipof publiée dans Le Monde, par le journal Le Monde. C'est en termes vraiment d'adhésion, c'est-à-dire de gens qui savent qu'ils iront voter pour celui-là et pas pour un autre.
C'est quand même François Fillon qui arrivait en tête, juste devant Nicolas Sarkozy. Et sur ce coup-là, Alain Juppé est largement relégué derrière.
Arnaud ? Est-ce que je pense que François Fillon, dans ce livre, a vraiment posé qui il était ? De même que Sarkozy, il y a bien longtemps, avait fait son livre « Libre ». Et en réalité, ce qui est intéressant, c'est que ce sont des livres qui permettent aux candidats, lorsqu'ils sont sérieux du travail, de se poser eux-mêmes, de savoir ce qu'ils pensent, de coucher par écrit leurs propres pensées.
Et donc c'est pour ça que le livre « Libre » de Sarkozy reste valable et que le « Faire » de François Fillon reste un socle très cohérent. Il avait travaillé sur beaucoup de sujets et c'est pour ça qu'il s'est vendu. Ce n'est pas parce qu'il faisait des petites phrases,
c'est parce que si vous lisez ça, vous savez à peu près ce que pense François Fillon. Et en réalité, il n'a pas beaucoup changé depuis un an. Et puis finalement, c'est celui de Gérard Davé et Fabrice Loeb qui se vend le mieux en ce moment. Les livres de confidence de François Hollande. Alors ce n'est pas le livre de François Hollande, mais il y a quand même beaucoup de lui dedans, non ? Oui, parce que ce qui est intéressant dans le François Hollande, il y a toutes les petites phrases.
On le voit vivant, on voit concrètement ce qui se passe, on voit ses décisions. Moi, je trouve qu'on a poussé des cris d'orfraie sur certaines choses un petit peu surprenantes, que François Hollande dise qu'il doit user jusqu'à l'accord de Jean-Marc Ayrault, excusez-moi, du scoop, c'est quasi institutionnel qu'on doive user un Premier ministre jusqu'à l'accord. Si tu penses que ton voisin de palier a une tête de veau, qu'on n'est pas obligé de le dire à voix haute, c'est ça le seul...
Dans ta famille, dans ton entreprise, chacun de nous, là où on est, si on veut avoir un minimum de vie en commun et de ne pas devenir des sociopathes, on ne peut pas se permettre de dire à voix haute tout ce qu'on pense. Et encore moins, quand on est chef de l'État, j'en ai pas eu l'expérience, mais j'imagine. Le seul problème, c'est que tu le fais quand ? T'as fini ta vie politique, tu le fais dans tes mémoires, en expliquant. Oui, à posteriori, c'est ça qui nous a... C'est des quick mémoires, il y a des quick mémoires.
Non, la faute de François Hollande, s'il y en a une, c'est d'avoir assumé qu'il faisait des assassinats ciblés, s'il pose un problème pour la France. Mais sur le reste, c'est passionnant, on apprend plein de choses. C'est étonnant de la prendre en plein mandat. Il n'y a pas de surprises majeures, même sur les magistrats,
comme il explique la chose. Non, mais il y a un double discours, quand même, entre ce qu'il dit à Davé Lhomme dans son bureau à haute voix et ce qu'on entend à l'extérieur, que ce soit sur l'islam, sur un certain nombre de sujets, ça donne quand même... Il ne faut pas écouter Gaspard Ganser, ça c'est sûr, c'est un grand démentier. Mais ce n'est même pas Gaspard Ganser, c'est ce que dit François Hollande. Ça c'est le conseiller, voilà. Le ligne de Hollande et le off.
Bon. On en reste là sur les livres ?
Oui. Je peux quand même juste ajouter que... Isabelle Zéramasson. Je m'étais posé la question de savoir si ce dernier livre faisait partie de mon petit papier et je l'ai finalement exclu, alors qu'en réalité, il est très proche d'un livre. Il est à la frontière entre les livres d'auteurs. Mais ce qui me semble intéressant de dire à propos de ce livre, c'est que ce qu'il a fait qui est grave, c'est qu'il n'a pas choisi le contexte. Et en fait, ces livres ont un sens, ces livres d'hommes politiques, parce que ces hommes-là choisissent le moment où ils les diffusent. Lui, ce qu'il n'a pas fait, et c'est l'essentiel, c'est qu'il n'a pas choisi le moment où il allait sortir son livre.
Et là, ça a été dramatique. Trois mois après, six mois après, ça aurait été une autre histoire.
Un président ne devrait pas dire ça. C'est le livre de Gérard Davé et Fabrice Lhomme du Monde. Il est 12h24.
Question politique sur France Inter.
Dans quelques minutes, c'est l'un des sept candidats à la primaire de la droite et du centre qui sera notre invité, François Fillon. Son portrait, avec vous, Karine Bécard.
François Fillon, c'est d'abord l'une des plus belles carrières de la Vème République. Même s'il la démarre au départ sans vraiment le vouloir, tout commence pour lui à seulement 27 ans, député de la Sarthe, maire de Sablé, deux ans plus tard, et pendant près de 25 ans, ce fils de notaire va être élu, puis réélu régulièrement, maire, député, président du Conseil Général, président du Conseil Régional, dans des circonscriptions qui, ma foi, n'ont jamais semblé vraiment compliquées, vraiment risquées. Voilà comment cet homme, dit modéré, a franchi plutôt rapidement et surtout discrètement tous les échelons politiques.
Sans oublier 7 ans ministre, parce qu'il a été nommé, pour ainsi dire, à chaque fois que la droite a gouverné, et puis Matignon, le Graal et ce record absolu d'avoir tenu un quinquennat en entier. Bref, difficile de trouver un parcours plus abouti et plus complet. Mais François Fillon est passé sagement par tous les stades et par tous les grades. Il nous fait donc aujourd'hui un petit complexe de supériorité. Il est intimement persuadé d'être le plus capé, le plus et le mieux préparé, le plus légitime au sein de sa famille politique pour disputer l'élection suprême.
Est-ce le cas ou pas ? Est-ce qu'il a l'étoffe pour être président ?
Alors ça, c'est tout le paradoxe de François Fillon, parce que l'ancien Premier ministre apparaît plutôt comme un éternel second. Pourquoi cette impression ? Parce qu'il s'est toujours caché derrière de fortes personnalités. Passons sur Joël Leteux, le député qui lui mêle pied à l'étrier. Philippe Seguin, par exemple, est aujourd'hui encore l'homme politique. Admirer la référence pour François Fillon comme s'il ne se sentait pas capable de le dépasser. Avec Nicolas Sarkozy, c'est une autre histoire. Il n'a jamais été son mentor, mais l'ancien président l'a réduit à Mr Nobody. M. Personne, ça a d'ailleurs été son surnom à l'époque à l'Elysée.
Et François Fillon a eu bien du mal à sortir de son rôle de premier collaborateur du président. Pourquoi ? Parce que ce n'est pas dans son tempérament. Son apparence est lisse, son allure phlegmatique. C'est un homme réservé qui n'aime ni fanfaronner, ni montrer ses muscles. Le pire, peut-être, ce sont les soirs de meeting. Quand il monte à la tribune, le candidat se sent obligé, comme tous les candidats, de lever les bras vers la victoire espérée. Mais c'est incroyable comme il le fait mal, comme il ne sait pas, comme il n'aime pas ça. Son attitude est rentrée, presque gênée, rien à voir avec le comportement d'un leader assumé.
D'ailleurs, leader, tout le monde pensait qu'il le deviendrait enfin dans son combat pour la présidence de l'UMP. Dans la guerre qu'il a opposée à Jean-François Copé, souvenez-vous, il avait fini par emmener avec lui les deux tiers des parlementaires. Mais François Fillon n'a pas osé faire sécession, officiellement parce que c'est un homme de principe, qui ne déroge pas aux règles, mais en réalité, que s'est-il passé ? N'a-t-il pas manqué de courage, d'audace et d'envie de prendre la place ?
Alors, à votre avis, Karine, a-t-il vraiment envie de devenir président ?
En fait, François Fillon ne pouvait pas ne pas être candidat. C'est pour lui l'aboutissement de toute une carrière et c'est aussi, vous l'aurez compris, a priori, son dernier tour de piste. Non, ce qui est amusant à observer en ce moment, c'est la manière dont il s'y prend. François Fillon incarne un vieux style de politique, le genre à payer ses impôts, à élever ses enfants, à aller à la messe et il assume parfaitement ce qu'il est. Un autre point qu'il assume totalement, c'est son obsession contre le creusement de la dette. François Fillon n'est pas un gaulliste social, c'est un vrai libéral et peu lui importe ce que cela effraie les gens.
Autrement dit, dans cette campagne, il fait le pari d'être lui. Et même, il semble dire de sa voix posée, mes amis, c'est à prendre ou à laisser. Comme je vous le disais, cet homme se pense vraiment au-dessus de la mêlée.
Merci Karine Bécard et vous pourrez poser toutes vos questions à François Fillon. Après le journal de 13h à 13h15, le standard d'Inter est d'ores et déjà ouvert au 01-45-24-7000. Rebonjour et bienvenue dans Questions politiques, l'émission politique de France Inter, France Info, la télé, effectivement sur le canal 27 et le monde. Notre invité cette semaine est le député Les Républicains de Paris, ancien Premier ministre, candidat à la primaire de la droite et du centre. Bonjour François Fillon. Bonjour. Merci d'avoir accepté notre invitation. A mes côtés, pour vous interroger, Nathalie Saint-Cricq de France Télévisions. Bonjour Nathalie. Bonjour. Arnaud Leparmentier du Monde. Bonjour.
Et Karine Bécard de France Inter. Bonjour. François Fillon, vous savez que la primaire, ce n'est pas comme les 24 heures du Mans. Il ne suffit pas de finir, il faut gagner. Ça ressemble beaucoup aux 24 heures du Mans. Ça ressemble beaucoup aux 24 heures du Mans parce que c'est une longue course et il faut arriver avec tous les moyens au bon moment. Depuis des mois et des mois, j'explique à des journalistes qui ne veulent pas l'écouter que la primaire commencerait avec le premier débat.
Et au moment où, grosso modo, les Français rentreraient dans, en tout cas ceux qui vont aller voter, dans la matérialisation de cette élection, eh bien on y est et on est en train de voir que la hiérarchie des candidats est en train de bouger.
Oui, ça frémit un petit peu pour vous en ce moment, mais ça fait trois ans déjà que vous êtes candidat. On a l'impression qu'il vous a manqué quelque chose.
Mais non, mais ça veut dire quoi ? Il y a trois ans, aucun Français n'était concerné par la primaire. Soit que vous vous êtes annoncé comme candidat de l'élection présidentielle. Parce que vous vous basez depuis le début sur des sondages dont je vous explique qu'ils ne valent rien. Alors on verra bien le 20 novembre au soir, si c'est moi qui avais raison ou si c'est vous. Mais je pense que ces sondages ne valent pas grand-chose. Pourquoi ils ne valent pas grand-chose ? Parce que personne ne sait quel est le corps électoral de la primaire.
Et c'est plus compliqué de mesurer le corps électoral de la primaire, de la droite et du centre, que celui de la gauche pour des raisons qui tiennent à ce qu'est la droite et le centre, au comportement des électeurs de la droite et du centre. Donc moi ma conviction depuis le début, c'est que je serai au second tour, parce que je le sens par rapport à des capteurs de terrain qui sont... Je n'ai pas dit ça, j'ai dit arrivé au second tour. Il sera déjà une sacrée surprise par rapport à tous les commentaires que vous faites depuis des mois. Et par rapport à une propension quand même qu'a le système médiatique à exclure les candidats qui ne sont pas les deux premiers du sondage.
C'est-à-dire qu'on voit beaucoup de unes avec Juppé-Sarkozy, on voit beaucoup de commentaires qui ont tendance à faire que les choses sont déjà jouées. Moi, ce n'est pas ce que je sens, par exemple, dans la fréquentation des meetings. Vous avez des élus qui vous abandonnent ?
Valérie Pécresse qui était avec vous, qui est partie...
Oui, mais en même temps, j'ai plus d'élus que M. Juppé, beaucoup plus d'élus. Pourquoi elle est partie à notre famille ? Vous vous posez la question, mais peut-être qu'elle est partie parce qu'elle sent justement que les sondages sont...
Qu'elles sont meilleurs pour vous, donc elles s'en vont ? Voilà, je pense que c'est assez clair. Elle reviendra.
C'est assez clair, tout le monde l'a compris. Valérie Pécresse a tenu des propos extrêmement sévères sur Alain Juppé pendant des mois et des mois. Bon, aujourd'hui, elle va le rejoindre. Très bien, mais... Mais ce n'est pas la première, quand même, qui s'en va aussi ? Le socle parlementaire qui me soutient est de loin le plus important, juste d'ailleurs celui de Nicolas Sarkozy. Et il n'a pas beaucoup bougé, il y a plus de 80 parlementaires qui me soutiennent. Il y a beaucoup de gens qui viennent dans les meetings et je leur dis à chaque fois « Mais qu'est-ce que vous faites là ? Pourquoi vous gâchez votre soirée à venir soutenir un candidat qui n'a aucune chance ?
» Voilà, quand il y a 1200 personnes qui viennent à Saint-Brieuc, dans le fond de la Bretagne. Vous avez évoqué les livres tout à l'heure. C'est juste un indicateur comme les autres, mais enfin, les livres d'Alain Juppé ne se vendent pas.
Vous voyez plus avec Nicolas Sarkozy et vous, au deuxième tour, les plus fragiles des deux.
Hier, nous avons battu tous les records de fréquentation à Neuilly. On a écrasé la dernière dédicace d'un homme politique, qui était celle de Charles Pasqua. Voilà, je ne dis pas que ce sont des indicateurs suffisants, mais en tout cas, moi, il me semble qu'il y a les réseaux sociaux, le niveau d'intérêt des réseaux sociaux, tout ça me fait penser qu'il y aura une rédicace.
Alors, vous pensez que vous allez du deuxième tour, vous avez dit que vous étiez plus rassembleur que Nicolas Sarkozy, ça, ce n'est pas extrêmement difficile, et plus réformateur qu'Alain Juppé. Vous considérez que le plus fragile des deux, c'est quoi ? En gros, vous pensez que vous allez retrouver qui en face de vous au deuxième tour ?
Je ne sais pas. Je ne sais pas. Je considère que les deux programmes, celui de Nicolas Sarkozy et celui d'Alain Juppé, ne sont absolument pas en mesure de redresser le pays. C'est ça, ma motivation. Le programme de Nicolas Sarkozy, c'est un programme de retour en arrière. En gros, on va refaire ce qu'on avait fait en 2007, on va essayer de le faire un peu mieux. Et le programme d'Alain Juppé, c'est un programme d'une extrême prudence, et avec, on l'a vu d'ailleurs dans les dernières semaines, beaucoup d'arrangements politiques, au fond.
Donc, pour rassembler, il faut essayer d'avoir un peu tout le monde avec soi, il faut avoir le centre, il faut faire des accords, il faut commencer à penser à des accords électoraux, des accords électoraux qui ont des conséquences sur le programme. Donc, je comprends ça parfaitement, c'est des règles classiques de la politique, mais ma conviction, c'est qu'avec ça, on ne redresse pas le pays. Donc, ça veut dire quoi ? Ça veut dire que si Alain Juppé est élu président de la République, au bout d'un an, au bout de deux ans, ça sera une immense déception, parce que la situation économique ne se redressera pas.
Et dans ces conditions-là, le pays continuera à s'enfoncer dans ce que j'appelle, moi, une forme de décadence, qui se traduit en particulier par l'émergence de l'extrême droite. Le centre, d'ailleurs, François Bayrou, c'est un nom qui vous est allergique, Non, pas du tout, je connais François Bayrou depuis très longtemps, je lui parle, mais ce qui m'agace, c'est qu'il y a trois débats pour la primaire, ça concerne la vie des Français, et on passe une heure à parler de François Bayrou. Ça, c'est Nicolas Sarkozy, quand même.
Parce que si vous voulez, est-ce que vous êtes satisfait, vous parlez des débats, est-ce que vous êtes satisfait, finalement, du climat de la campagne, en sachant que dans les deux derniers jours, il y a eu une journée sur Nicolas Sarkozy, qui fait de l'esprit sur le réchauffement climatique et la jungle à Calais, et deuxièmement sur des histoires Bayrou qui durent depuis quinze jours. Est-ce que vous trouvez que c'est au niveau et que ce n'est pas simplement les journalistes qui sont responsables ?
Je n'ai pas dit que c'était les journalistes qui étaient responsables. Il ne faut jamais dire ça. Non, je dis simplement, le climat de la primaire est correct. Beaucoup annonçaient, je pourrais reprendre, des titres de journaux il y a quelques semaines, en expliquant que ça allait être fratricide, ce n'est pas le cas. Je trouve que la primaire est digne et elle est correcte. J'espère que ça va continuer et que son organisation en particulier va permettre que les choses se passent bien. Maintenant, voilà, c'est le choix.
Pourquoi c'est toujours les thématiques de Nicolas Sarkozy ? Vous avez totalement tort.
C'est moi qui ai imposé le programme économique. Tout le monde tourne autour, finalement, de cette idée qu'il faut libérer. Du fillon plus, du fillon moins.
Mais qu'est-ce qu'on retient en ce moment ? C'est l'identité, les Gaulois, les référendums et François Bayrou ?
Non, c'est vous qui retenez ça. C'est vous, ce n'est pas les Français. Il n'y a personne qui me pose de questions sur l'identité. Personne ne me pose de questions sur les Gaulois. Je pense que ça, c'est un espèce de bruit très superficiel. Mais dans la campagne, les gens, ils traitent des sujets. C'est-à-dire, grosso modo, de deux gros sujets qui sont « Est-ce que mes enfants vont trouver du travail ? » Et « Qu'est-ce qu'on fait pour lutter contre l'insécurité ? » C'est ça, les sujets des Français. Ce n'est pas les Gaulois. Je crois d'ailleurs qu'on a bien vu que le Gaulois de Nicolas Sarkozy, ça a fait un flop. Ça a fait un flop. Comme les deux référendums, ça a fait un flop.
Auprès de l'électorat, là, vous voulez dire ça ?
Oui, enfin, même finalement dans le débat politique. Ça dure, quoi, 48 heures et puis ça disparaît. Alors, dans deux jours, on aura un nouveau, en tout cas un nouveau nom pour la Maison-Blanche. Clinton ou Trump. Arnaud Leparmentier, vous voulez vous poser une question à ce sujet ? Est-ce que ça va être compatible avec vous si c'est Clinton ? Alors, si c'est Hillary Clinton qui est très hostile aux Russes, parce qu'elle les trouve personnellement machos, brutaux, pas fiables, comment allez-vous gérer, si vous êtes élu président de la République, la relation avec les Etats-Unis face aux Russes ? François Fillon.
D'abord, le président de la République française, il gère la relation avec les Etats-Unis, pardon, quel que soit celui qui les dirige.
Vous préférez Trump ou Clinton ?
Non, pas du tout, pas du tout. Non, mais c'est une question de vous, c'est la question de vous. Moi, j'ai toujours dit qu'un quelqu'un qui est candidat à la présidence de la République française ne devrait pas exprimer de choix par rapport à l'élection américaine. C'est pas notre... Nous, on n'aime pas trop que les Américains se mêlent de la vie politique intérieure française. Donc, vous pouviez vous accommoder de Donald Trump ? Je m'accommoderais du président que les Américains choisiront.
Et je crois d'ailleurs que la politique étrangère, que ce soit celle de Trump ou que ce soit celle d'Hillary Clinton, sera sans doute assez différente des déclarations guerrières de l'un et du positionnement de l'autre. Mais, d'une manière générale, je trouve que cette élection américaine est inquiétante, que le niveau du débat est très faible, c'est le moins qu'on puisse dire, dans un pays qui pourtant a des ressources intellectuelles fantastiques. Et ma crainte, c'est que les Etats-Unis continuent de mener une politique étrangère qui est dangereuse pour le monde et qui est dangereuse pour l'Europe. Vous êtes de quel côté ?
Parce que pendant des années, on a critiqué George Bush qui voulait imposer la démocratie en Irak et partout dans le monde. Et puis après, on a le retrait d'Obama. Alors, quand c'est Bush, vous n'êtes pas content ? Et quand c'est le retrait d'Obama, vous n'êtes pas content non plus ? D'abord, j'ai moins de critiques à l'égard de la politique d'Obama que celle de Bush. Bush, je pense qu'Obama, au fond, il a voulu montrer la différence avec Bush en se retirant beaucoup, en intervenant moins ou en intervenant de façon plus clandestine ou plus discrète. Le résultat, c'est qu'il n'y a pas vraiment de ligne politique, Obama. Il n'y a pas vraiment de...
Mais je pense qu'il a fait moins de bêtises que Bush. Voilà. Il y a moins de dégâts en politique étrangère de la politique d'Obama que la politique de Bush. La politique de Bush, c'est quand même le désastre irakien qui donne naissance à l'État islamique et qui est aujourd'hui un des éléments principaux, une des causes principales du désordre. Donc, il a eu raison de ne pas intervenir en Syrie. Est-ce que vous, vous êtes sûr qu'en 2013, il ne fallait pas bombarder la Syrie ? Bien sûr. En 2013, il fallait que M. Obama, c'est le reproche que je lui fais, convoque un sommet avec M. Poutine, avec M. Hollande, avec Mme Merkel, avec M. Erdogan, et trouve une solution politique à la crise syrienne.
Je pense qu'en 2012, c'était encore possible.
Et donc, du coup, je repose la question à laquelle vous n'avez pas encore tout à fait répondu. C'est voter Hillary Clinton, c'est voter pour le retour d'une guerre froide ?
Non, je crois qu'elle irait Clinton. D'abord, aux Etats-Unis, la politique étrangère, elle est largement partagée avec le Congrès. Donc, on n'est pas dans la situation, elle n'a pas les mains libres. Et puis, elle est pragmatique, elle sera bien obligée de tenir compte. En tout cas, moi, ce que je sais, c'est que si je suis président de la République, je défendrais une position. Non, ce n'est pas une question d'amitié. Je n'ai aucune relation personnelle avec Poutine. Je dis simplement que...
Vous l'avez vu combien de fois dans votre vie ?
Beaucoup quand même. Je l'ai vu, je ne sais pas, une quinzaine de fois, je pense. Et pas depuis longtemps. Enfin, je ne l'ai pas vu depuis longtemps. Mais la question, c'est... La Russie, c'est le plus grand pays du monde. Par sa superficie ? Par sa superficie. C'est un pays dangereux parce que c'est un pays instable. C'est un pays qui n'a jamais connu la démocratie. Et c'est l'économie des pays-bas. Qui est dans une situation économique très difficile. Bon. Traiter ce pays comme si c'était le Luxembourg ou le Panama, c'est juste une énorme bêtise. Voilà.
Et je pense qu'en plus, il y a un axe de gravité de l'économie mondiale qui se déplace vers l'Asie, que ce n'est pas indispensable de pousser vers l'Asie une Russie qui est profondément européenne. Et quel que serait le chef d'État russe, j'aurais la même position. D'ailleurs, je voudrais vous faire remarquer qu'il n'y a jamais eu de démocrate à la tête de la Russie. Et que vouloir tout d'un coup faire de Poutine une sorte de monstre aux mains pleines de sang, c'est juste ridicule par rapport à l'histoire de la Russie. Comment on parle à un président russe qui bombarde Alep, qui se fiche du reste ? D'abord, si on n'avait pas laissé faire, on ne serait pas dans cette situation.
Si on avait accepté de discuter, maintenant, on avait une Russie qui était quand même assez marginale au Proche-Orient, qui était plutôt affaiblie. On a maintenant une Russie qui joue un rôle central en Syrie. On peut quand même se poser la question de savoir si la politique étrangère qu'on amenait était intelligente ou si elle était stupide. Alors maintenant, il faut essayer de réparer la casse. Pour ça, il faut essayer de parler avec lui. Pas en se couchant devant lui, pas en acceptant ses solutions, mais au moins en acceptant de reconnaître que la Russie joue un rôle et qu'il faut la considérer comme un interlocuteur.
Puisqu'on est en Syrie, on reste avec les djihadistes français qui vont revenir en France. On en a déjà un petit peu parlé, on a lu ça dans votre programme. Vous vous dites, faire des apatrites, ce n'est pas un souci. Non, pour des djihadistes, non. Ça ne m'empêchera pas de dormir. Non, ça ne m'empêchera pas de dormir. D'ailleurs, si j'ai bien compris, François Hollande l'est fait assassiner par les services de renseignement. Donc, il ne faut pas être hypocrite. On parle de quoi ? On parle de quelques dizaines de criminels, de gens. Parce qu'il y a des gens qui sont partis en Syrie et en Irak. On a vu ces reportages récemment, notamment de jeunes femmes qui sont partis.
Ils ont été totalement trompées, au fond, et qui sont rentrées. Donc, ce n'est pas le sujet. Mais nous sommes capables de déterminer quelques dizaines, peut-être quelques centaines de vrais criminels qui sont partis et qui ont tourné leurs armes contre notre pays. Il faut les traiter comme le Front Populaire l'avait prévu, c'est-à-dire en leur enlevant la nationalité française. Comment on fait pour les repérer ?
On les connaît.
On les connaît, les services de renseignement. On est quand ils vont revenir. Non, mais il ne faut pas les laisser revenir. Il faut les éliminer sur place et il faut les assassiner sur place. D'abord, il faut leur faire la guerre. Ils nous font la guerre. Il faut leur faire la guerre. Il faut les tuer. En tout cas, il faut les combattre, puisqu'ils nous combattent. Et est-ce que vous pensez que le gouvernement les tue les uns après les autres ? Je pense que le gouvernement, oui, enfin, il y a des forces spéciales.
On va faire un lier, quand même, toi.
Oui, je n'ai pas dit qu'il fallait tuer un lier de personnes. Je dis simplement qu'ils nous font la guerre, on leur fait la guerre. S'ils veulent revenir, moi, ce que je préconise, c'est qu'on prenne... Il s'agit de décisions juridiques, enfin, avec un fondement juridique. Il s'agit de décret en Conseil d'État pour retirer la nationalité. à quelqu'un qui a tourné les armes contre son pays. Et donc, après, il faut une discussion avec la Turquie en particulier. Il faut une discussion avec les pays qui bordent la Syrie pour veiller à ce que ces pays ne les acceptent pas sur leur territoire.
Est-ce qu'il faut quand même qu'il y en ait quelques-uns qui rentrent pour les juger, les entendre ?
C'est une autre solution, bien sûr, mais simplement, quand j'entends dire qu'on va créer des centres de déradicalisation pour des gens qui... Vous n'y croyez pas ? Non, je ne crois pas. Je pense que le centre de déradicalisation, ça peut fonctionner pour des personnes qui sont en France, qui n'ont pas commis l'irréparable, c'est-à-dire qu'ils ne sont pas partis combattre contre la France avec l'État islamique. Ceux-là, je pense qu'ils sont irrécupérables.
Si j'ai bien compris, François Pignon, vous prônez pour, si vous êtes président, une refonte du système de renseignement, considérant qu'il faut un renseignement intérieur rattaché au ministère de l'Intérieur, un renseignement extérieur rattaché au ministère de la Défense. Est-ce à dire que vous considérez que ce qui a été fait pendant le quinquennat Nicolas Sarkozy en modifiant le système de renseignement est une erreur, etc. On risque de la payer si on ne modifie pas les choses très vite.
C'est très symbolique de tout ce qui s'est passé pendant ce quinquennat. Ça allait plutôt dans le bon sens, mais ça n'allait jamais assez loin. Après, je vais revenir, il y a eu une erreur qui a été commise. Mais il y a eu déjà un effort de regroupement des services, mais pas assez. Parce qu'on n'a pas voulu affronter des chapelles, des vieilles traditions, des guerres entre les polices qui sont bien connues.
Vous parlez du quinquennat de Nicolas Sarkozy.
Donc moi, je voudrais qu'on fasse une étape supplémentaire. Le système était encore plus divisé avant le quinquennat de Nicolas Sarkozy.
Le fait d'avoir cassé les RG, par exemple. C'est ce que disent les élus terrains en disant qu'on avait au moins des expériences humaines de gens qui avaient des remontées de terrain. Et c'est ça qui nous manque ?
C'est un peu une vision idyllique des RG. Le lieu local que j'étais a connu des RG qui étaient assez loin d'être des experts. Qui jouaient à la boloche à Sablé, mais bon, c'est pas ça. Et qui venaient me voir juste avant les élections pour me demander mes pronostics pour pouvoir écrire leur rapport pour le préfet. Non, je veux dire, ça avait besoin d'être rénové et tout ça. Mais c'est vrai qu'on est allé trop loin. On aurait dû substituer à un vieux système qui fonctionnait mal, un système de renseignement de terrain plus important.
Mais surtout, l'erreur qui a été commise à mon sens, c'est d'avoir créé un coordonnateur des services de renseignement placés auprès du président de la République. Je pense que c'est une erreur. C'est une erreur à la fois parce qu'un coordonnateur, ça ne coordonne rien du tout. Ça montre au contraire qu'il y a une division du système. Et deuxièmement, je pense qu'il faut que le président de la République reste à sa place. Il est le chef des armées. Il a le droit, évidemment, à avoir toute cette information. Mais il n'a pas de responsabilité devant le Parlement. Et à partir du moment où il n'a pas de responsabilité devant le Parlement, il ne doit pas gérer directement des services de l'État.
C'est le rôle du gouvernement et c'est le rôle du Premier ministre. Excusez-moi, sous Nicolas Sarkozy, quand il y avait l'opération en Éthiopie ou Somalie, les pirates, c'est lui-même qui donnait son ordre ou pas ? Faut-il éliminer les pirates et son parti en ville ? En présence, d'ailleurs, de l'ensemble des interlocuteurs, dont le Premier ministre. Ce sont des crises qui ont été gérées de façon totalement collective. Vous êtes opérationnel, donc ? Je ne dis pas du tout que le président de la République n'est pas le chef des armées. C'est bien à lui de décider.
Mais la gestion quotidienne des services, parce qu'à partir du moment où vous faites remonter à l'Élysée la gestion des services, le fonctionnement quotidien des services, vous faites remonter une tâche administrative dans un endroit qui n'en a pas les moyens et qui n'est pas responsable devant le Parlement. Donc je pense que c'est une erreur. François Fillon, parlons un peu d'économie avant d'accueillir le prochain rendez-vous avec nos confrères du Monde. Arnaud Le Parmentier, vous vouliez parler du programme dont on dit qu'il est le plus libéral de tous les candidats de la primaire de la droite du centre ? Vous avez dit que la France était un état en faillite.
Et là, je vois votre programme. Pour 2017, vous proposez un déficit de 4,7% du PIB. En 2018, 4,5%. En 2019, 3,5%. Donc François Fillon, c'est comme les autres, du déficit jusqu'à la fin des temps ? Arnaud Le Parmentier est un expert qui ne peut pas dire des choses comme ça sans un sens aigu de la provocation. Le déficit de 2017, ce n'est pas le mien. Il est prévu à 2,7%. Pourquoi ? Parce que c'est le budget voté par les socialistes. Il est prévu à 2,7%, vous vous dites ? Mais je n'y crois pas un seul instant. Il y a 20 milliards déjà de dépenses en 2017 qui ne sont pas budgétées et qui sont engagées par le gouvernement. Donc le chiffre que je cite, moi, il est approximatif.
Je n'ai pas tous les moyens, aujourd'hui, n'étant pas au pouvoir de le calculer. Mais grosso modo, je pense que le déficit de 2017 sera entre 4 et 4,5%. Le déficit dû à la gauche. Alors, il y a deux solutions à partir de là. En arrivant, on décide de baisser toutes les dépenses de façon violente ou d'augmenter les impôts pour être à 3%. Et on est sûr du résultat, l'économie française s'arrête. Et en plus, il est impossible de mettre en œuvre les réformes que je propose. Donc moi, je propose de mettre en œuvre un certain nombre de réformes qui consistent à baisser en particulier les charges des entreprises. C'est pour ça que j'arrive à 4,5%.
Donc la première chose que vous faites, c'est d'aller à Bruxelles demander un nouveau délai. Oui, mais honnêtement, j'en parle avec les responsables européens, avec le gouvernement allemand. Ce n'est pas leur préoccupation principale. Leur préoccupation principale, c'est de savoir si, pour une fois, enfin, on va être capable, entre le 1er juillet et le 30 octobre, de faire des réformes. Voilà, c'est ça la question. Si on est capable de faire des réformes, il n'y a pas de difficulté. Si on n'est pas capable, le déficit plus l'absence de réformes, c'est ça la faute qui a été commise depuis des années.
Vous proposez de baisser les charges des entreprises à hauteur de 40 milliards. Il me semble quand même que François Hollande a fait la même chose, 40 milliards sur la table en 3 ans. Vous avez vu les entreprises embauchées ?
François Fillon ? D'abord, François Hollande n'a pas fait 40 milliards de baisse de charges parce qu'il avait tellement augmenté les impôts et les taxes que le résultat est loin d'être de 40 milliards. Ensuite, il l'a fait d'une manière qui a été homéopathique, par étapes. Il n'y a pas de choc. Il ne l'a pas fait en essayant réellement de simplifier la vie des entreprises. C'est cette analyse-là qui me conduit à dire aujourd'hui que je ne suis pas converti au libéralisme, ce n'est pas ça la question. Je dis simplement qu'on est à 57% de prélèvement obligatoire dans notre pays. La question qui est posée, c'est comment est-ce qu'on sort de cette situation où l'économie étouffe ?
Par une forme de choc. Donc oui, les 40 milliards de baisse de charges, plus la simplification du droit du travail, plus la réforme de l'enseignement professionnel, c'est l'addition de ces mesures qui, de mon sens, est capable de provoquer le redressement national. Les auditeurs auront sûrement des questions à vous poser après le journal à 13h15 tout à l'heure. Pour l'instant, 12h51.
Questions politiques sur France Inter.
Toutes les semaines, la parole à un reporter de la rédaction de France Inter ou, comme aujourd'hui, du Monde. Bonjour Adrien Pécoum. Bonjour. Vous vous installez avec nous, vous revenez de Carnoux, en Provence. C'est entre Aubagne et Cassis, dans les Bouches-du-Rhône, un peu moins de 7000 habitants, qui votent majoritairement à droite. Une commune où, finalement, la ligne entre Républicains et Front National s'estompe, c'est ça Adrien ? Pour le moins. François Fillon, je ne me suis pas senti le courage d'aller déranger Jeanne, Denise, Amélie ou Joséphine. Elles, ce sont les quatre cloches de la paroisse Notre-Dame d'Afrique.
Quatre cloches rapportées d'Algérie et installées à Carnoux, en Provence. Ou Carnoux, selon certains de ses habitants, une page d'histoire. 50 ans seulement, la plus jeune commune des Bouches-du-Rhône, celle des rapatriés du Maroc et des Pieds-Noirs d'Algérie. Mais Carnoux, c'est sa mairie d'hiver droite, c'est aussi autre chose. Une ville test, pour parler comme les sondeurs. Une ville symbole où les électeurs du Front National et ceux de votre parti, les Républicains, résonnent souvent d'un même écho. Surtout lorsqu'il s'agit de parler des migrants. Les migrants, la France en accueille à l'appel, selon Patrick, un ancien militaire.
Trop, beaucoup trop, en tout cas, pour ce membre de votre parti, encarté et fier de l'être. Je vais le citer. Avant, si je rencontrais des gens qui allaient voter Front National, je montais sur mes grands chevaux. Maintenant, quand je vois ce qu'il se passe, j'arrive à les comprendre. Honoré, lui, veut franchir le pas. Croisé un jour de marché, cet employé à la Régie des Transports de Marseille s'apprête pour la première fois à voter Marine Le Pen. Pour nos enfants et nos petits-enfants, je cite, parce qu'il faut du changement. Cette frontière de plus en plus ténue entre les témoignages des uns et des autres, on peut aussi l'observer à l'échelle nationale. Posez votre question à vous.
D'où la question qui est la mienne, François Fillon. Jusqu'où un homme politique de droite, ce qui me semble être votre cas, peut-il aller pour récupérer les électeurs du Front National ? François Fillon vous répond. Il faudrait peut-être poser la question d'une manière différente. Pourquoi est-ce qu'on en est là ? Pourquoi est-ce qu'il y a de plus en plus de Français qui votent pour le Front National ? Pourquoi est-ce qu'on commence à imaginer que Marine Le Pen pourrait un jour gagner l'élection présidentielle ? Parce que les politiques qu'on a conduites ont échoué. Voilà.
Donc moi je propose de conduire des politiques plus radicales, plus énergiques, avec certainement des difficultés à les faire accepter par un certain nombre de nos concitoyens, parce qu'on a une longue tradition au fond d'immobilisme, de conservatisme. Mais c'est la réussite qui permettra de faire reculer le Front National.
Entre 2007 et 2012, pardonnez-moi, Nicolas Sarkozy dit tout le temps ça, en disant, moi en 2007 le Front National était très bas, certes, il était très bas en 2007, mais en 2012 il a explosé. Parce qu'il y a eu un espoir. Qu'est-ce que vous avez raté qui fait que le Front National a explosé ?
Parce qu'en 2007 Nicolas Sarkozy a fait une campagne, et je l'ai fait avec lui, qui était une campagne basée sur l'idée de rupture, et qu'au fond cette rupture n'a pas eu lieu. Alors elle n'a pas eu lieu pour plusieurs raisons. Elle n'a pas eu lieu d'abord parce que, quand on regarde le programme qu'on a défendu en 2007, ce n'était pas un programme de rupture en réalité, c'était un programme qui était fait pour gagner le premier tour de l'élection présidentielle. Donc il y avait beaucoup de concessions par rapport à nos propres convictions. On n'a jamais promis de supprimer les 35 heures en 2007.
On n'a jamais promis de réformer la fiscalité de l'investissement, qui est devenue tellement ridicule.
Ce n'est pas là-dessus que le Front National a explosé.
Non, mais ça veut dire, oui, mais le problème c'est qu'il n'y a pas de résultat. Le Front National, il n'explose pas que sur la question des migrants, il explose parce que les Français ont le sentiment dans leur vie quotidienne que ça se dégrade, que leurs conditions de vie se dégradent, et qu'au fond, rien ne fonctionne et que les promesses qu'on leur fait n'aboutissent pas. Pensez que le chômage et que la baisse du pouvoir d'achat, que les difficultés que rencontrent beaucoup de Français dans leur vie quotidienne, ça n'a pas de conséquences sur le vote du Front National, c'est juste une erreur.
Alors, un agriculteur qui bosse 80 heures par semaine et qui, à la fin du mois, n'a pas de salaire, il y a un moment où il finit par péter les plombs et aller voter pour le Front National. Adrien Pécou avait une autre question pour vous, François Fillon. François Fillon, comment vous expliquez le sentiment que la droite, telle que vous l'incarnez, s'adresse plus, ou en tout cas songe à davantage s'adresser à l'extrême droite qu'au centre ? Je ne sais pas, vous avez vu ça ? Moi, j'ai un programme qui s'adresse à tous les Français. Et d'ailleurs, il y a beaucoup de centristes qui me soutiennent.
Par exemple, le fait de proposer d'enseigner aux écoliers l'histoire de la France, est-ce que ce n'est pas l'écho, justement, de cette droitisation de la société ? Ça montre à quel point il y a du travail à faire de pédagogie, y compris à l'égard des commentateurs. Qu'est-ce que je demande ? Je demande qu'on enseigne l'histoire de France. J'en ai assez que ce soit des idéologues qui, dans le fond d'un bureau à l'inspection générale, bâtissent des programmes. On me dit que c'est de la politique, mais c'est eux qui font de la politique. C'est eux qui font de la politique toute la journée, en choisissant les angles de présentation de l'histoire de France.
Moi, je ne veux pas que ce soit des hommes politiques qui préparent les programmes d'histoire, certainement pas. Je voudrais que ce soit des grands historiens, des académiciens, et qu'on ait une histoire de France qui soit complète, qui ne soit pas vue par un bout de la lorgnette, qui ne soit pas destinée à baisser en permanence la France comme un pays. Il y a un discours de repentance dans les... Il y a un discours de repentance, il y a des choix de priorité.
Je ne peux pas le faire ici parce que je n'ai pas le temps, mais je pourrais vous lire toute une série de circulaires qui sont sur mon bureau, qui sont envoyées aux professeurs d'histoire pour leur dire dans quel angle, dans quel champ ils doivent focaliser l'enseignement de l'histoire. Je pense que dans un pays qui, aujourd'hui, a une partie de sa jeunesse qui déteste son pays, qui le manifeste, il faut quand même essayer de réagir. Et une des façons de réagir, c'est quand même de concevoir des programmes d'histoire qui ne soient pas... Il ne s'agit pas... Vous nous faites du roman, nous les télévistes. J'ai entendu Nicolas Sarkozy parler de romans. Romans, vous vous dites précis.
Je ne parle pas de romans, je parle du récit. C'est quoi le récit ? C'est les faits, les événements, les hommes, qui ont constitué l'histoire de notre pays.
Donc c'est Clové, Charles Martel, Azincourt... Bien sûr !
L'histoire ne commence pas en 1789, elle ne commence pas, comme l'avait dit Jack Lang, en 1881. Voilà ! Il y a un effort à faire pour essayer de faire comprendre aux jeunes français, et en particulier à l'école primaire, qui sont les héritiers d'un grand pays avec nous.
Chez Nicolas Sarkozy, c'était aller trop loin. Quand Nicolas Sarkozy, il voulait l'histoire.
Ça va toujours trop loin. Ça va toujours trop loin. Il nous reste une minute, une dernière question de Karine Bécard.
Juste, du coup, je reviens vraiment sur l'électorat Front National. Rapidement. Quel est votre positionnement aujourd'hui ? Je rappelle qu'en septembre 2013, vous aviez dit qu'entre un maire FN et un maire PS, il faut choisir le moins sectaire. Vous êtes encore sur ça ou pas ?
Non, on ne va pas revenir sur cet épisode où j'ai été extrêmement mal compris, mais monsieur le parmentier... C'est moi qui ai posé la question à l'époque. J'ai jamais voté pour le Front National. J'ai toujours combattu le Front National. Je continuerai toute ma vie à combattre le Front National. Parce que c'est pas... Non, c'est pas Nini, c'est... Si, vous avez dit ni François Hollande, ni Marine Levin. Non, j'ai dit qu'en l'occurrence, François Hollande ne sera pas candidat au second tour de l'élection présidentielle. Donc arrêtez de nous bassiner en nous demandant qui sera... On bassine François Fillon. Merci, Karine Bécard. On va en rester là.
On va se retrouver après l'édition de 13h avec les questions des auditeurs à François Fillon. au 01-45-24-7000. Rebonjour, retour sur le plateau de questions politiques, l'émission politique de France Inter, de France Info, la télévision et du quotidien Le Monde. Toujours avec Nathalie Saint-Cricq de France Télévisions, Arnaud Leparmentier du Monde et Karine Bécard de France Inter. Et notre invité toujours, François Fillon. Trois possibilités pour poser vos questions à François Fillon. Le standard d'Inter au 01-45-24-7000. Le site franceinter.fr est sur Twitter avec le mot-clé question Paul, question au pluriel. Première question de Fabien de Brest. Bonjour Fabien, soyez le bienvenu.
Bonjour. Monsieur Fillon, vous avez été premier ministre au cours du quinquennat de M. Sarkozy et vous avez supprimé 144 000 postes de fonctionnaires essentiellement d'État. Vous promettez là-dedans supprimer 150 000 d'État et 150 000 dans les collectivités territoriales. Or par ailleurs, on entend quand même, y compris dans vos rangs politiques, qu'il faudrait plus de policiers, plus de gendarmes, plus de magistrats, parfois plus d'enseignants, plus de personnel dans les hôpitaux, plus de personnel pour assurer les services publics dans les collectivités territoriales.
Donc est-ce que vous pouvez être plus clair et surtout est-ce que vous pouvez reconnaître que ça fait quand même du mal aux services publics et à la République de supprimer autant de postes dans la fonction publique d'État ou territorial ?
Merci Fabien. François Fillon vous répond. Ce qui fait du mal à la République et aux services publics, c'est la dette. C'est 2200 milliards de dettes qu'il va bien falloir un jour rembourser. Et si les Français pensent qu'on pourra éternellement vivre à crédit, ils se trompent. Il y a un jour où on va devoir affronter la réalité de la situation financière. On a déjà eu une alerte très sérieuse en 2008, 2009, 2010 avec la crise des dettes souveraines. Ma conviction, c'est que ça va recommencer parce que l'argent gratuit, ça n'existe pas. Alors on coupe les postes de fonctionnaires. Donc, quel que soit le gouvernement, quelle que soit la majorité, il faudra réduire la dépense publique.
Il y a deux façons de le faire. Dans l'urgence, comme les Grecs, comme les Espagnols, comme les Italiens, comme les Portugais, sous la pression extérieure, ou d'une façon maîtrisée, démocratique, à partir d'un projet. Dans l'éducation nationale ? Partout. Moi, je propose une... Et c'est pour ça, d'ailleurs, que mon programme est le seul qui soit en réalité réaliste. Je propose de baisser le nombre d'emplois publics en compensant cette baisse par une augmentation du temps de travail. Et c'est ça, la réponse à votre interlocuteur. Si on repassait à 39 heures aujourd'hui, faisons une hypothèse. Une hypothèse.
Le passage de 35 à 39 heures, c'est l'équivalent de 500 000 emplois dans l'ensemble des trois fonctions publiques. Sans hausse de salaire. En fait, alors, après, je ne dis pas qu'il ne faudra pas des hausses de salaire. Mon chiffre n'est d'ailleurs pas totalement exact parce que dans beaucoup de collectivités locales, on travaille 32 heures. Donc, en fait, c'est plus que 500 000 emplois équivalents emplois. Donc, moi, ce que je dis, c'est qu'il faut repasser à 39 heures. Il faut une négociation salariale pour que ceux qui vont repasser à 39 heures puissent avoir des perspectives salariales meilleures. Il faut une négociation sur les perspectives de carrière.
Et puis, il faut alléger les statuts là où ça n'est pas nécessaire d'avoir des statuts. Cette idée selon laquelle la seule réponse au problème du pays, ce serait de la dépense publique supplémentaire et des emplois publics supplémentaires, elle aboutit justement aux difficultés dans lesquelles nous sommes.
Est-ce qu'il ne faut pas plus de policiers malgré tout en ce moment ?
Non, je pense qu'il faut peut-être ici ou là des effectifs qui soient mieux répartis. Mais j'ai donné déjà des chiffres. Il y a 20 000 policiers qui font des tâches administratives qui ne vont jamais effectuer une tâche de police. Ces 20 000 policiers, il faut les remettre sur le terrain. Il y a 20 000 policiers municipaux qui sont des sous-policiers par rapport à la réglementation, à l'armement, à la possibilité de contrôler les identités, etc. Voilà, donc c'est ça qu'il faut améliorer. Et dans les hôpitaux, par exemple ? Et dans les hôpitaux... C'est compliqué en ce moment. Les infirmiers et les infirmières se prennent beaucoup. Mais il n'y a pas d'argent. Mais qui ira payer ça ?
Est-ce que notre interlocuteur accepte que ses cotisations sociales augmentent, que son salaire diminue, qu'on prélève encore plus ? Si on prend l'exemple de l'éducation nationale, l'Allemagne consacre 5% de son PIB, de sa richesse nationale, à l'éducation. Elle a 8% de jeunes au chômage. Nous, on consacre 6% du produit intérieur brut à l'éducation nationale. On a 24% de chômage. Dans l'école.
Ça veut dire que ça ne marche pas ? L'école commence à 4 ans. En considérant que c'est pas l'éducation nationale.
Non, elle commence à 5 ans. Vous voulez 5 contre 6 aujourd'hui.
Pardon, 5 contre 6. Vous considérez que c'est là que ça se joue, dans les petites classes. Donc on peut imaginer qu'il faudrait qu'ils soient moins nombreux.
Bien sûr, mais à l'inverse...
Alain Juppé, d'ailleurs, dit la même chose en disant que ça se passe très tôt et qu'il faudrait concentrer des efforts. Vous pouvez dire aux professeurs qui ont des classes très nombreuses avec des enfants parfois turbulents et c'est un euphémisme, de leur dire, vous allez travailler plus, on ne va pas vous augmenter et vous n'allez pas être plus nombreux ?
D'abord, travailler plus, c'est possible. C'est d'autres pays européens qui ne sont pas des pays où on vit mal travaillent plus que nous. Je ne parle pas pour les enseignants
et ceux qui sont confrontés à des choses essentielles, c'est-à-dire le début. Même sur les enseignants.
Mais moi, je vais vous proposer des solutions pour mettre plus d'enseignants sur l'école primaire. On peut aussi baisser les horaires de cours du lycée qui sont complètement... Moins d'options aussi. Il y a le lycée français et celui qui a le plus d'heures de cours. Il y a des élèves de seconde qui travaillent plus que leurs parents puisqu'ils ont plus que 35 heures de cours. Donc, on peut aussi baisser un peu...
Si on veut qu'ils acquièrent les fondamentaux, c'est peut-être pas à ce moment-là. Mais est-ce que les Allemands
n'acquièrent pas les fondamentaux ? Est-ce que les Anglais n'acquièrent pas les fondamentaux ? Hier, on a vu... J'ai vu que l'université d'Oxford est maintenant la première université du monde. Et nous, on continue à reculer dans les classements parce qu'on est obsédé par le nombre d'enseignants, par nos règles soi-disant républicaines en termes d'égalité qui, au contraire, produisent de l'inégalité. Dans le dernier classement PISA, il y a une phrase qui est très dure pour la France puisqu'on est 25e sur 65 et le classement dit « Le système éducatif français, c'est un système qui est incapable de corriger les inégalités sociales. » Voilà. Ça, c'est la réalité.
Alors, on peut continuer à avoir des hommes et des femmes qui nous disent, notamment dans les syndicats, « On ne changera rien. Notre système est le meilleur. On fera grève contre toutes les modifications. » Moi, je dis que c'est un crime contre la jeunesse, cette attitude.
Je reviens quand même sur les hôpitaux. Vous disiez à l'instant, il n'y a plus d'argent pour finalement payer...
Enfin, il n'y a plus d'argent parce qu'on en dépense énormément.
Pour payer des infirmiers, des infirmières, etc. Est-ce que ça veut dire que finalement, ce sera au détriment de notre santé ? Est-ce qu'on sera moins bien soignés dans les années qui viennent ?
Non, d'abord parce qu'on a un système qui est beaucoup trop bureaucratisé. Il y a de plus en plus de gens qui gèrent la santé. Il y a de moins en moins de gens qui soignent les malades. Donc moi, je voudrais qu'il y ait un peu moins d'agences régionales de santé. C'est moi qui les ai créées. Donc vous voyez, je fais mon autocritique qui est un peu moins de normes, de directives, de réglementations. Qu'on ne veuille pas tout concentrer sur des immenses hôpitaux avec toutes les conséquences en termes d'organisation. On a besoin de redonner des responsabilités aux médecins de terrain, aux médecins libéraux. On a besoin de recréer des dispensaires. On a besoin de recréer des maisons médicales.
On a besoin de recréer. On a besoin de développer les soins ambulatoires qui permettent de dépenser beaucoup moins d'argent. Et tout ça, ce sont des expériences en plus qui existent dans le monde. C'est-à-dire qu'on n'est pas, on ne part pas de rien. On peut se référer à ce qui existe autour de nous. Et c'est une question d'organisation. Voilà, on est le pays qui dépense le plus d'argent public et à chaque fois qu'on veut baisser la dépense, on a la question légitime qui vient de m'être posée. Comment est-ce qu'on peut baisser le nombre d'emplois ? Alors vous dites qu'on va augmenter... C'est l'augmenter de 2 points la TVA.
Donc en fait, François Fillon, c'est d'abord moins de pouvoir d'achat ? Non, parce que quand vous baissez les charges salariales, vous augmentez le pouvoir d'achat. Donc moi, je baisse les charges salariales. Je fais 10 milliards de baisses de charges salariales. Donc ça, c'est du pouvoir d'achat supplémentaire. Et c'est du pouvoir d'achat plutôt pour les classes moyennes, contrairement à la solution que propose Nicolas Sarkozy qui consiste à baisser l'impôt sur le revenu pour tout le monde.
Et la deuxième chose, c'est qu'on a vu dans tous les pays qui ont pratiqué ce qu'on appelle la TVA sociale au fond, qu'une augmentation, surtout en ce moment où l'inflation est très basse, une augmentation de 2 points de TVA, elle sera pour une très large part absorbée par l'efficacité du système de distribution et des producteurs. On a une question de Caroline qui nous appelle de Corse. Bonjour Caroline, soyez vous aussi la bienvenue sur le plateau de questions politiques.
Oui, bonjour messieurs. Voilà, je suis maire de 3 enfants et professeur agrégé d'anglais. En 2003, j'ai subi de plein fouet la réforme des retraites de M. Fillon qui a ciblé quelques milliers de femmes fonctionnaires dont les enfants étaient nés 2 ans avant de rentrer dans la fonction publique, ce qui n'est pas le cas dans le privé. Donc, à cause de ça, alors que j'ai eu une maîtrise avec 2 enfants, un CAPES et une agrégation, seul mon 3e enfant comptera pour mes annuités. Ce qui fait que je dois travailler jusqu'à 67 ans devant élève sans avoir une retraite complète. Je voudrais savoir, M.
Fillon, jusqu'à quel âge vous estimerez que je puis travailler devant élève alors que vous projetez ainsi que tous vos amis de droite de prolonger le temps de travail. Voilà, merci de me répondre, monsieur.
François Fillon, là aussi, c'est simple. Comment est-ce qu'on peut expliquer que la France soit le seul pays, le seul grand pays en Europe où on part à la retraite avant 65 ans ? On n'a pas des différences génétiques avec nos voisins. On a tous connu la même évolution de l'augmentation de la durée de la vie qui oblige à partir en retraite plus tard. Je rappelle d'ailleurs qu'avant 1980, on partait à la retraite à 65 ans. Et je veux ajouter une dernière chose, c'est qu'il y a aujourd'hui une inégalité, s'il y a une inégalité, c'est entre les régimes du public, dont celui que Mme vient d'évoquer, et les régimes du privé.
Donc moi, ce que je voudrais, c'est qu'on fasse converger progressivement tous les régimes de retraite. Je voudrais même qu'on inscrive dans la Constitution de la République française le principe de l'égalité des régimes sociaux, et qu'on fasse converger les régimes de retraite tranquillement, sans... Parce que c'est risqué, ça. Non, pas de choc, pourquoi ? Parce que... Parce que ça parlait les impédiats. J'ai géré plusieurs réformes des retraites. Les retraites, c'est une question de... C'est utilité. Non, c'est un gros bateau. Et les décisions, pour le faire tourner, c'est long et compliqué. Voilà. Donc il ne faut pas bouleverser les systèmes.
Puis les gens, ont bâti souvent leur carrière et éventuellement les efforts complémentaires qu'ils font pour améliorer leur retraite par rapport à une législation. Il ne faut pas bouleverser ça le jour au lendemain. Est-ce que c'est juste qu'à chaque fois... Mais l'idée qu'on ait à terme un seul régime de retraite pour tout le monde, un seul régime général, je pense que c'est une... Ça devrait même d'ailleurs être une revendication de toute la partie très républicaine de nos concitoyens qui justement campent sur des régimes qui sont des régimes dérogatoires. C'est pas gagné. Une question de Nathalie Sincré-Carnot puis après je vous passe la parole.
Une particularité qui est dans votre programme, c'est que vous revenez sur les allocations familiales et la réforme des allocations familiales telle qu'elle a été faite par les socialistes. Est-ce que vous trouvez totalement normal que quel que soit le revenu qu'on ait, on touche des allocations, qu'on soit extrêmement pauvre avec trois enfants ou extrêmement riche avec deux enfants ?
Oui, parce que je pense que... Aujourd'hui, on peut justifier ça. Au nom de la défense d'une valeur pour moi qui est la famille et qui ne peut pas être, comment dirais-je, jaugée en fonction du revenu de ceux qui rentrent dans la famille. Pourquoi est-ce que je veux remettre la famille au cœur du projet ? C'est aussi pour des raisons de structuration de la société. On parle beaucoup de la difficulté de rétablir l'autorité de l'État, de lutter contre la délinquance, de lutter contre les incivilités. Pour ça, on dit qu'il faut des policiers supplémentaires. Ça ne règlera rien du tout. Des policiers supplémentaires, il faut d'abord une école qui apprenne les règles de base de la société.
Il faut peut-être aider les enfants seuls et qui ont plus de problèmes. Et ensuite, il faut des familles parce que la famille, c'est un lieu très important pour la structuration de la société. Donc moi, je veux, par des décisions dont certaines sont symboliques, renforcer cette valeur familiale.
Je reviens sur l'alignement des régimes de retraite. Aligner le régime spécial des cheminots, des gens de la SNCF, ça va quand même être compliqué. Vous avez affûté vos arguments parce que là, ça risque quand même de bloquer sacrément le pays.
Je vais poser la question aux Français. Je veux faire un référendum pour poser la question aux Français pour leur demander s'ils sont d'accord pour inscrire dans la Constitution le principe d'égalité des régimes sociaux. Vous parliez à l'instant. Et à partir de là, on verra bien quelle est la réponse des Français. Mais ma conviction, c'est qu'une immense majorité de Français souhaitent une vraie égalité des régimes de retraite. Après, ça se fera de façon progressive, bien entendu. Mais il n'y a aucune raison aujourd'hui qui justifie. Je suis allé en discuter l'autre jour avec des cheminots. C'est un peu musclé quand même. Oui, bien sûr, c'est musclé.
Mais il n'y a aucune raison qui justifie là encore qu'en Allemagne, en Angleterre, en Suède, en Finlande, en Danemark, on conduise des trains après 50 ans ou 52 ou 53 ans alors qu'en France, on vous explique que c'est physiquement impossible. C'est exactement la même remarque que celle que Madame faisait à l'instant sur le fait de savoir jusqu'à quand on peut enseigner. Je comprends que par rapport à un métier qui est difficile, par rapport à une organisation passée dans notre pays, on puisse être choqué de voir qu'il va falloir enseigner plus longtemps. Mais si on regarde nos voisins, c'est comme ça chez eux depuis toujours. Si on regarde nos voisins,
les retraités français
sont ceux qui ont comparablement le meilleur niveau de vie des Européens. Ils ont à peu près le même niveau de vie que les actifs alors que c'est 15 à 20% voire 30 points de moins dans les autres pays. Est-ce que vous allez mettre les retraités à contribution dans les futures réformes des retraites, ce qui n'a jamais été fait notamment parce qu'ils sont électeurs ? Non, je n'ai pas de projet dans ce sens.
Donc les futures réformes sont portées par les actifs ?
Non, les futures réformes sont portées par les actifs, les retraités ont quand même un pouvoir d'achat qui est plutôt à la baisse. Et d'ailleurs, les réformes récentes qui ont été faites, notamment le choix des socialistes de ne pas continuer à augmenter la durée de cotisation, ça se traduit en fait par une baisse des pensions. Le choix qui est fait par une grande partie de la classe politique française, c'est un choix hypocrite qui consiste à dire je vous promets que vous partirez en retraite plus tôt, mais en réalité, moi je sais que vous n'aurez pas le montant de votre retraite. Alors, une question de Fabienne qui nous appelle de Paris. Bonjour Fabienne, soyez la bienvenue.
Non, Fabienne n'est pas avec nous. Juliette, pardon, Juliette.
Bonjour, c'est Juliette.
Bonjour Juliette, pardonnez-moi. Posez votre question à François Fillon.
Bonjour. Je voulais savoir quelle était votre position sur la question du changement climatique ?
Ah oui, on vous entend peut.
Le problème majeur de notre siècle.
Bien sûr, ma position sur le changement climatique c'est qu'il faut mettre le paquet sur la réduction des émissions de CO2. D'ailleurs, la France a pris un engagement dans le cadre de la COP21 dont la France était le leader. Il faut respecter cet engagement. Ce qui est embêtant, c'est que la loi de transition énergétique qui a été votée par le Parlement, qui a été votée par la gauche, à cause de la position idéologique sur le nucléaire, va conduire en réalité pendant une certaine période à une augmentation des rejets de gaz à effet de serre.
Donc moi, ce que je propose, c'est de revenir sur cette loi, de maintenir l'effort sur le nucléaire, c'est-à-dire de maintenir en gros la part du nucléaire dans la production d'énergie électrique, mais par contre, de supprimer quasi totalement la production d'électricité d'origine fossile en la remplaçant par les énergies renouvelables, par les économies d'énergie et en investissant beaucoup dans la recherche et dans l'innovation autour de tous les sujets de réseaux intelligents, d'intelligence artificielle, qui vont nous permettre d'avoir une bien meilleure efficacité énergétique. Alors, je pense que moins on utilisera de gaz qui soit russe ou algérien, mieux ce sera.
Après, il y aura une deuxième période, mais là, on n'est pas sur le quinquennat, on est sur des périodes historiques beaucoup plus longues, qui sera, quel est l'avenir du nucléaire ? Moi, je ne fais pas partie des gens qui pensent que le nucléaire, c'est la seule solution en matière d'énergie. Mais je pense qu'aujourd'hui, si on veut être efficace en matière de lutte contre le réchauffement climatique, on ne peut pas baisser brutalement, comme le propose le gouvernement, la part du nucléaire, parce que le nucléaire ne rejette pas de gaz dans l'atmosphère.
Il faut supprimer le diesel complètement à terme ?
Il faut non seulement supprimer le diesel, mais il va falloir agir aussi sur l'essence, parce que, comme toujours dans nos débats médiatiques, on se fixe sur un seul sujet, un seul débat, et les études récentes montrent que tous les efforts qui ont été faits pour baisser la consommation des moteurs à essence se traduisent par plus de rejets de particules, parce que comme on a fait des moteurs de plus en plus petits, eh bien, ils traitent moins bien les particules. Donc aujourd'hui, il y a beaucoup de moteurs à essence modernes qui rejettent des particules, dans l'atmosphère. Donc ce n'est pas seulement le diesel, c'est à terme aussi la propulsion. L'hydrogène ?
Moi, je pense que les voitures, dans 15 ans, ne ressembleront à rien de ce qu'elles sont aujourd'hui. Elles seront soit électriques, soit à l'hydrogène, soit peut-être encore à d'autres modes de propulsion que je n'imagine pas. Elles seront connectées, elles seront commandées par votre smartphone, et elles seront automatiques. Ce qui d'ailleurs pose des sujets en termes d'avenir de l'industrie française et de l'industrie européenne. Est-ce que ces voitures s'appelleront Peugeot ou Google ? C'est une vraie question. qu'on doit se poser. Mais vous voyez, le diesel, c'est un sujet qu'il faut traiter, mais ça ne va pas être suffisant.
Il va falloir aussi traiter la question des rejets des moteurs à essence.
Je suis presque surprise de vous entendre parler d'écologie et d'environnement parce que finalement, on ne vous entend quasiment jamais sur ces sujets-là. C'est des sujets un peu secondaires pour moi ?
Non, ce n'est pas du tout secondaire pour moi, mais simplement, c'est des sujets sur lesquels ma position n'est pas polémique. Je veux dire, c'est une position raisonnable. C'est mainstream, pas de rupture. Voilà, et je pense qu'il n'y a pas de rupture à avoir. Je conteste la position du gouvernement actuel qui, en fait, ne croit pas un seul instant à l'efficacité de la politique conduite en matière de réduction du nucléaire, mais le fait uniquement pour des raisons d'accords électoraux. Mais pour le reste, je ne fais pas partie de ceux qui pensent qu'il n'y a pas de réchauffement climatique ou que l'homme n'a pas d'influence sur le climat. Bien sûr que l'homme a une influence sur le climat.
Mais il ne s'agit pas,
c'est un problème bobo, si vous voulez. Oui, il ne l'en parle pas parce qu'il considère que les histoires de réchauffement sont des choses un peu bobo. Non, c'est un problème
de santé publique, c'est un problème d'avenir de l'humanité, mais qui doit être traité sans idéologie. Ce que fait Hidalgo à Paris, c'est bien, supprimer la voiture. Ce qu'elle aurait dû faire, c'est d'ailleurs ce que lui avait proposé Valérie Pécresse, la présidente de la région Île-de-France, c'était de faire une étude, de confier à des vrais experts de santé une étude sur les différentes solutions. Est-ce que la fermeture des voies sur berge compte tenu des embouteillages qu'elle provoque n'a pas un effet pervers sur les émissions de gaz dans l'atmosphère ? Je n'en sais rien, mais comme ça, je le pressens et donc ce serait bien de faire le bilan.
Dommage que Valérie Pécresse vous ait quitté pour la jupe, évidemment. Ah ben voilà, c'est comme ça. Elle avait des bonnes idées, pardon. Car il y a une dernière question qu'elle a des bonnes idées. On va passer au standard.
Justement, il faut l'agrandir ou pas cet aéroport près de Nantes ? Notre-Dame-des-Landes ? Bien sûr. L'histoire de l'aéroport
de Notre-Dame-des-Landes, c'est pour moi un symbole de l'impuissance. Moi, président, j'applique la loi. Voilà, j'applique la loi. On ne sait pas quelle est la loi puisqu'il y a un appel qui est lancé là. Comme par hasard. Peut-être que la Cour d'Appel ça fait 40 ans que toutes les majorités défendent cet aéroport, de droite comme de gauche. Ça fait 40 ans que tous les élus locaux, maires de Nantes, maires de Saint-Nazaire, élus du département, etc., défendent cet aéroport qui a vocation à devenir d'ailleurs le grand aéroport de l'Ouest français. Il y a eu plusieurs centaines de recours. Ils ont tous été rejetés par les tribunaux.
Il y a eu un référendum un peu baroque décidé par François Hollande qui a été gagné. Et au moment où on va évacuer le terrain, en principe, il y a tout d'un coup un nouveau recours avec, comme par hasard, un procureur qui... le ministère public qui propose l'arrêt des travaux. Ça sent quand même l'opération monter.
La justice est manipulée là.
En tout cas, j'ai un vrai de toi parce que j'aimerais qu'on m'explique pourquoi tous les recours précédents ont été refusés par les tribunaux. Les petites grenouilles elles existaient avant à ma connaissance.
Et donc on évacue de manière un peu musclée s'ils le font mais on évacue... Non seulement
on évacue de façon musclée mais on est en présence d'un truc invraisemblable. On a des hors-la-loi qui occupent un territoire de la République qui contrôlent les identités. J'ai voulu y aller il n'y a pas très longtemps. Je n'ai pas pu rester plus de dix minutes avant que ces fous furieux n'arrivent. Il vous manque les feux, je pense. Et il n'y a pas très longtemps ils ont attaqué un fourgon de gendarmerie. Ils ont sorti les gendarmes. Ils ont brûlé le fourgon. Personne ne les poursuit. Mais c'est un... C'est un... Comment dirais-je ? Un symbole de l'impuissance de l'État qui est absolument terrifiant. On va reprendre une autre question au standard de questions politiques.
Je crois qu'Ahmed est en ligne avec nous. Bonjour Ahmed. Vous nous appelez de Paris. Oui, bonjour. François Fillon, on vous écoute.
Bonjour, M. Fillon.
Bonjour.
Écoutez, moi j'ai une question par rapport à un peu... Je ne vais pas dire l'organisation de l'islam ou sa réorganisation non plus. Mais beaucoup plus, en fin de compte, à l'approche que vous avez menée avec M. Sarkozy pendant votre mandat. L'organisation, en fin de compte, que vous avez essayé de mettre en place n'était pas représentative. Toutes les données de l'islam n'étaient pas représentées. Il y en a plusieurs.
Oui.
Il y a l'Afrique du Nord. Même en Afrique du Nord, il y a plusieurs islams en l'ombre. Aussi, parce que entre la Kabylie ou bien...
Ahmed, Ahmed, quelle est votre question à François Fillon ? On a bien compris qu'il y avait effectivement plusieurs composantes dans l'islam de France. Vous dites à François Fillon qu'il n'a pas réussi à les rassembler dans une institution cohérente. Quelle est votre question ?
Ma question, qu'est-ce qu'il pense si M. Fillon est président de la République ?
Quelle réforme ?
Et puis, disons, les idées de réforme
par rapport, en fait, quant à la problématique que nous avons devant nous ?
pour le restructurer, pour représenter toutes les composantes de l'islam de France. François Fillon, vous répond. C'est incontestable que l'effort qui a été fait de structuration de l'islam à travers le CFCM est un échec ou un semi-échec parce que la représentativité de cette organisation n'est pas reconnue au fond par l'ensemble des Français musulmans. Donc, il faut tirer les enseignements de cet échec et il faut créer une nouvelle structure. En parlant beaucoup avec les responsables musulmans, moi, j'arrive à la conclusion que cette structure doit être basée sur la théologie. C'est une structure de religieux, ce n'est pas une structure politique.
Et donc, ce n'est pas une structure dont la légitimité doit être construite sur des bases comme le CFCM, la superficie, le nombre de mosquées, la superficie des mosquées, etc. Elle doit rassembler des théologiens qui doivent pouvoir servir d'intermédiaires, de lieux de dialogue, d'intermédiaires de dialogue entre la République et les fidèles musulmans. Et c'est dans ce sens-là que je veux agir.
Mais on efface la présence de pays, en fait, qui est systématiquement derrière. Et il faut effacer
la présence de pays, c'est fondamental. D'ailleurs, je rappelle que ce n'est pas un combat dirigé contre le culte musulman. C'est un débat qu'on a eu avec les catholiques, avec les protestants, avec toutes les religions, avec les juifs. Comment faire en sorte qu'il y ait une organisation strictement française du culte musulman et que cette organisation ne soit pas télécommandée par des pays extérieurs. Ça suppose d'ailleurs, à mon sens, de couper les financements étrangers.
Ce qui a été fait dans le passé, il y a un parlementaire protestant de ma formation politique qui me racontait que ses arrières-grands-pères avaient été condamnés pour avoir accepté de l'argent de la Suède pour construire un temple protestant en France. Ce n'est pas du tout stigmatisant. Il s'agit d'organiser le culte musulman français en dehors de toute influence extérieure. Les musulmans de France trouvent-ils l'argent pour financer la construction des mosquées parce qu'on dit qu'il y a un retard de construire des mosquées donc il y a des taxes à l'âle, vous n'en voulez pas, un financement public, vous n'en voulez pas. Comment est-ce que les autres religions financent leur fonctionnement ?
Elles le financent avec leurs fidèles ?
Il n'y a pas le même nombre.
Justement, comme ils ont plus de fidèles, ils ont plus de moyens de financer leur culte que les protestants par exemple.
Ils partent plus lent aussi, ils ont un peu de retard.
Oui, ça c'est l'histoire. Croire par exemple que le culte catholique est subventionné par l'État, c'est juste faux. Ces églises sont entretenues par l'État. Elles sont entretenues moyennement par les communes parce que c'est un patrimoine culturel, c'est notre patrimoine historique. Mais la vérité, c'est que le fonctionnement de l'Église catholique est à la charge des fidèles de l'Église catholique. Est-ce que ça n'a pas un côté
que je m'en lave les mains à votre proposition ? C'est-à-dire de dire qu'on n'a pas de financement public, pas de financement comme disait Arnaud. Je laisse gérer. Vous parlez des églises mais vous savez très bien qu'elles ont été construites il y a un certain temps et qu'elles sont construites et qu'on ne les construit pas aujourd'hui. Donc on les entretient péniblement mais quand même. Et ça fait partie du patrimoine. Est-ce que c'est simple
qu'elle n'est pas en état d'accepter un financement du culte musulman et d'ailleurs si elle devait accepter un financement du culte musulman elle devrait accepter un financement de l'ensemble des cultes. Mais non je ne te mens pas. Est-ce que ce n'est pas le courage ? Il y a Alain Mink qui disait à une époque qu'il faut du rattrapage, il faut suspendre la loi 1905 pour le culte musulman. Est-ce que l'homme politique ne doit pas dire j'ai un problème spécifique que je m'y attaque spécifiquement ? Le problème n'est absolument pas celui-là. Le problème fondamental ce n'est pas le nombre de mosquées. Le problème fondamental c'est la mainmise des intégristes sur la religion musulmane.
C'est l'influence de l'Arabie Saoudite, c'est l'influence d'un certain nombre de pays qui sont à l'origine de la montée de cette intégriste. Ce n'est pas la question du nombre de mosquées qui pose problème aujourd'hui. On vit avec une communauté musulmane depuis des décennies et des décennies et ça s'est passé très bien pendant très très longtemps. Ça se passe mal depuis peu de temps.
Parce qu'elle devient très visible.
Mais elle devient très visible parce qu'elle est traversée par cet intégrisme. Il y avait moins de femmes voilées dans les rues de France autrefois et pourtant il y avait autant de musulmans. Il n'y avait pas de burqa. Il n'y avait pas cette espèce de provocation permanente qui crée aujourd'hui une tension très forte entre les communautés et qui est conduite à l'origine par des théologiens qui ont un objectif politique, qui ont un projet politique. Alors justement François,
est-ce que vous êtes comme Bruno Le Maire pour que notamment, je parle bien d'espace public parce que pour l'instant il y a eu la loi sur le voile à l'école, il y a la loi sur la burqa, il y a un certain nombre de circulaires sur les hôpitaux et les administrations. Est-ce que vous considérez qu'il faut faire un pas de plus par exemple comme Bruno Le Maire le propose en disant que quand on rentre dans une administration en tant qu'usager, eh bien il faut...
et la sécurité sociale même,
c'est surtout là je crois. Est-ce que vous considérez que ça va avec les lois, qu'on a fait ce qu'il faut pour juste les appliquer ou qu'il faut quelque chose de supplémentaire ?
François Fillon. D'abord il faut appliquer les lois, ce qu'on ne fait pas suffisamment. Deuxièmement il faut traiter... Deuxièmement il faut traiter... le sujet et pas les symptômes. Il faut traiter... La maladie c'est l'intégrisme, c'est pas seulement les symptômes. Et troisièmement il faut que la France reste un pays de liberté. Moi je... la liberté religieuse, parce que si vous voulez interdire tous les signes religieux dans l'espace public, c'est-à-dire que vous allez interdire les croix, les kippas, les tenues des bouddhistes et des sikhs, etc. Tout ça n'a aucun sens.
C'est pas le pays que j'aime, c'est pas la France pour laquelle mes parents, mes grands-parents, mes arrière-grands-parents se sont battus. La liberté religieuse ça existe. On va pas restreindre la liberté des autres religions uniquement pour régler un problème qui est la montée de l'intégrisme dans la religion musulmale. Donc je considère que l'espace public, c'est l'espace public. On a pris des décisions sur des provocations qui sont les plus puissantes, la burqa, etc. Et dans l'entreprise, il faut laisser...
Il faut laisser la liberté aux chefs d'entreprise de gérer ces questions, comme il faut laisser au conseil d'administration des universités le soin de gérer la question détenue dans les universités, parce que les universités sont des espaces de liberté. Il y a des franchises. Et l'uniforme à l'école, c'est... Et l'uniforme à l'école, ça peut être d'ailleurs une réponse. C'est un autre symbole. Je pense que c'est très moderne. Je pense qu'il y a énormément de pays. Pourquoi c'est moderne ? C'est moderne parce que, encore une fois, ça dépend de quel uniforme on parle. Je n'ai pas parlé de cravate et de baisse. J'ai parlé d'un t-shirt. Un t-shirt, un jean et de la même couleur.
C'est tout le monde habillé pareil. Voilà, c'est uniquement ça la question. Pourquoi c'est important ? Tout le monde habillé pareil, ça c'est moderne. Oui, c'est moderne. C'est moderne, pourquoi ? On a tous des cheveux. D'abord parce que c'est une manière, notamment à l'école primaire, au moment où un enfant rentre pour la première fois dans la société, de manifester d'une façon très symbolique son appartenance à une communauté. Ça règle beaucoup de problèmes d'inégalité. Il y a beaucoup de parents qui au fond seraient très satisfaits qu'on mette en place ce système.
Et enfin, c'est un symbole, alors ça ne suffira pas, mais c'est un symbole de cet apprentissage du respect et de quelques règles d'autorité qui devraient commencer à l'école. Vous savez qu'il y a un grand débat en ce moment en France sur beaucoup d'hommes politiques qui voudraient rétablir le service militaire. Franchement, attendre que les enfants aient 18 ans pour leur inculquer quelques règles de discipline, ça serait mieux de le faire à l'école primaire. On avait beaucoup d'autres questions sur Twitter. Peut-être une de Fabien. qui vous demande François Fillon, seriez-vous d'accord pour ouvrir le Parlement aux citoyens par exemple par tirage au sort ?
Je ne suis pas un fanatique du tirage au sort, non franchement. Mais en revanche, il faut ouvrir le Parlement aux citoyens et moi je voudrais commencer en ouvrant le gouvernement aux citoyens. Vous avez des noms d'ailleurs, vous parlez d'un gouvernement resserré de 15 personnes. Je ne vous les donnerai pas tout de suite. Et des gens compétents, vous dites,
ça fait rire dans vos meetings quand vous dites que ça serait bien des ministres compétents.
Je pense que pour réussir à réformer le pays, à faire les réformes difficiles que je propose, il faut une équipe de ministres qui soit opérationnelle le premier jour. Et pour être opérationnel le premier jour, il faut qu'ils aient une autorité, une forme d'autorité personnelle, d'autorité morale.
Mais la compétence,
ce n'est pas le cas avant, c'est beaucoup dégradé. Quand on regarde les gouvernements du début de la Ve République, il y avait quand même plus de personnes ayant cette autorité morale, c'est-à-dire une autorité qui ne dépend pas de la nomination, mais qui dépend de ce que vous êtes et de votre passé. Et aujourd'hui, il y a de plus en plus de ministres qui sont là pour faire de la communication. Donc on fait moins de politique.
Voilà, on fera moins de politique.
Moins de politique et surtout, il faut remettre le pouvoir entre les mains des ministres. Aujourd'hui, ce ne sont pas les ministres qui ont le pouvoir dans beaucoup d'endroits, c'est les collaborateurs du président de la République et ceux du premier ministre. Donc il faut des gens à la stature. Ces ministres n'ont pas la stature nécessaire pour exercer cette autorité. À chaque fois, Francis Mer n'a pas réussi à Bercy. On peut prendre d'autres exemples. Arnaud Leparmentier, on peut prendre l'exemple de Jean-Pierre Pidou, de Raymond Barre, d'André Giraud, de Pierre Messmer, de Baninter, de Claude Allègre, de Christine Lagarde. Il y a des bons exemples. François Fillon reste avec nous.
Il est 13h48. Nous passons aux questions numériques.
Questions politiques sur France Inter en partenariat avec Le Monde.
Et avec l'équipe des Pixels du Monde. Bonjour Martin Huntersinger. Bonjour Sébastien. Vous nous rejoignez sur le plateau de questions politiques. Vous nous parlez cette semaine d'un discret décret qui est passé pendant le pont de la Toussaint et qui donne naissance à un gigantesque fichier. De quoi s'agit-il ? Absolument. Bonjour François Fillon.
Alors dimanche dernier est paru en plein cœur de ce long week-end de la Toussaint un très intéressant décret signé par le Premier ministre instituant une base de données. Pas n'importe laquelle car cette dernière va à terme contenir les données personnelles et notamment les empreintes digitales de tous les détenteurs de cartes d'identité ou de passeport soit quasiment tous les Français environ 60 millions. La France n'avait pas créé de fichiers d'une telle ampleur depuis la Deuxième Guerre mondiale. Le gouvernement espérait sans doute que ce décret passe inaperçu à la faveur de ce long week-end. C'est plutôt raté puisqu'il a fait débat toute la semaine.
C'est des tracteurs accusant je cite ce fichier monstre de représenter de graves dangers pour la vie privée des Français. Votre programme Monsieur Fillon prévoit, je cite, d'intensifier l'usage des fichiers informatiques et biométriques. Ma question est simple est-ce que vous soutenez la création de ce décret
ou vous inquiète-t-il ? Non seulement je le soutiens mais c'était un projet que mon gouvernement avait mis en oeuvre et qui avait été combattu avec la plus extrême énergie par les députés socialistes. Et qui avait été censuré pour une part par le Conseil constitutionnel. ça consiste à faire quoi ? Il y a aujourd'hui un fichier des passeports des détenteurs de passeports on va y ajouter les détenteurs de cartes d'identité. Le décret qui a été pris par le gouvernement tient compte des critiques du Conseil constitutionnel notamment sur les conditions de l'utilisation. Alors le Conseil constitutionnel avait quand même dit c'est un peu inquiétant la taille même
de ce fichier est un peu inquiétante.
La taille du fichier la question elle est simple si on veut avoir être efficace dans la lutte contre le terrorisme contre la délinquance etc. contre les vols de papier il faut avoir tous les détenteurs de cartes d'identité on ne peut pas faire il ne peut pas y avoir de choix Vous trouvez normal que quand on est dans le métron où une caméra numérique voit quelqu'un et on puisse avoir à partir de cette photo immédiatement son identité ? Alors ce n'est pas exactement ce que prévoit le dispositif et il y a des règles très précises d'utilisation du fichier qui sont d'ailleurs assez restrictives. Mais c'est sur le principe que ça ne vous choque pas ?
Est-ce que ça ne vous choque pas
qu'on puisse ? Ce qui me choquerait c'est qu'on continue à priver nos services de police et nos services de renseignement des moyens de lutter contre en respectant l'état de droit parce qu'il y a certains de mes concurrents qui proposent de ne plus respecter l'état de droit pour lutter contre le terrorisme on respecte strictement l'état de droit Mais si c'est pour lutter contre les contrefaçons il y a d'autres moyens
que de créer une base de données en stockant les données
sur la carte par exemple Et quand vous regardez ce qui se passe chez nos voisins américains c'est exactement ce qui se passe quand vous arrivez aux Etats-Unis vous mettez deux heures à passer les contrôles de police parce que c'est des contrôles sérieux Les Etats-Unis n'ont pas de biométrie dans leur partie d'identité Ils ont des passeports biométriques qui sont d'une extrême sophistication à tel point d'ailleurs que quand moi je me déplace avec mon passeport diplomatique qui n'est pas encore biométrique je ne peux pas utiliser les chaînes automatisées d'entrer aux Etats-Unis Les américains n'ont pas de passeport ils ont un permis de conduire Je vais vous dire une chose c'est que je suis beaucoup moins choqué par l'utilisation par la mise en oeuvre de ce fichier que par le fait que tous les jours toute une série d'organisations d'entreprises d'associations de je ne sais quoi utilisent mes données personnelles vos données personnelles les vendent d'ailleurs font du commerce avec traquent notre vie quotidienne jusqu'à nous envoyer en permanence des propositions commerciales d'achat et ça ça me choque C'est quand même très différent une entreprise
elle ne délivre pas des passeports c'est pas un Etat et surtout les entreprises Justement l'Etat
il a le droit de se défendre il a le droit d'assurer la sécurité de ses citoyens c'est un Etat qui est démocratique qui est dirigé par des personnes élues démocratiquement et avec des fonctionnaires qui ont des comptes à rendre ce qui n'est absolument pas le cas de ces entreprises
C'est quand même pas à mettre entre les mains tout le monde une fois qu'on aura mis ça en place si on a
entre le front national
voire des partis qui ne sont pas totalement démocratiques ça commence quand même à devenir inquiétant
Attendez il faudrait de toute façon si un jour des partis non démocratiques prenaient le contrôle de notre pays je vous assure que ce débat apparaîtrait extrêmement dérisoire par rapport à ce qu'ils voudraient mettre en oeuvre donc il faudrait mieux essayer d'éviter qui prennent le pouvoir c'est absolument absurde d'imaginer qu'on ne va pas se doter des instruments pour assurer la sécurité des français au risque qu'un jour un parti non démocratique prendrait le pouvoir ce qu'il faut c'est mettre en place des règles que la CNIL a rappelées de façon très précise d'utilisation des fichiers mais moi je ne vois que des avantages à la mise en oeuvre alors la CNIL justement
elle a fait plusieurs réserves dont le fait qu'il aurait fallu passer non pas par un décret mais par une loi comme vous aviez tenté de le faire quand vous étiez au pouvoir est-ce qu'il fallait
passer par une loi ? si la CNIL le dit enfin la CNIL ne le dit pas de telle façon que le gouvernement va être obligé de passer par une loi moi je préfère toujours que le parlement soit consulté en tout cas si la question avait été posée j'aurais voté pour
Jean-Jacques Urvoise vous satisfait dans cette...
c'est une sacrée amélioration par rapport à son prédécesseur ça c'est sûr bon moi j'avais une petite question vous donnez toujours l'exemple je reviens à votre exemple d'arriver aux Etats-Unis où l'on passe deux heures dites-vous au contrôle aux frontières et non pas dites-vous parce qu'il y a trop peu de personnel mais parce que c'est une vraie frontière vous savez combien il y a de douaniers aux Etats-Unis ? non 62 000 vous savez combien il y en a en France ?
non 16 000 bah oui ça n'arrête pas de diminuer en France les nombres de douaniers il y a aussi plus d'habitants aux Etats-Unis et la frontière est importante non mais ma question du coup c'est on a perdu 2700 douaniers en France oui mais pour une raison simple ce que je vous rappelle c'est qu'on a transféré le contrôle des frontières à Schengen donc c'était assez normal qu'on supprime des douaniers il faut en embaucher d'autres maintenant pour que la question maintenant c'est est-ce qu'il faut une police aux frontières européennes est-ce qu'on mutualise vraiment nos moyens pour créer une police aux frontières européennes ce qui était d'ailleurs le projet initial au moment de Schengen les dirigeants européens avaient promis qu'il y aurait une police qui n'a jamais été créée c'est en train d'être mis en cours on a lancé oui mais enfin c'est très timide ou alors il faudra que chaque pays assure sa part de contrôle mais on voit bien que dans Schengen le problème c'est qu'on reporte la question du contrôle des frontières sur des pays qui parfois n'en ont pas les moyens économiques la Turquie enfin non la Turquie la Grèce etc donc je crois qu'il faut créer un corps de douaniers de police aux frontières européennes un corps fédéral fédéralisé à Roissy on aurait des policiers qui pourraient être à différents français c'est ça c'est ça où le financement une mutualisation du financement des contrôles de manière à ce que les frontières européennes soient contrôlées voilà et je vous dis si jamais on ne le fait pas si on continue à laisser pourrir cette situation ce qui va se passer c'est qu'un grand nombre de pays va reprendre le contrôle de ses frontières et ça sera la fin de la circulation des personnes en Europe donc après le Brexit la fin de Schengen ça commence à faire beaucoup de nuages sombres qui s'accumulent sur l'avenir de l'Europe Brexit on n'en a pas beaucoup parlé Arnaud vous aviez une question sur le Brexit à François Fillon vous vouliez qu'on revienne sur ce oui est-ce que Theresa May refuse la liberté de circulation des travailleurs elle refuse la juridiction de la cour de justice européenne est-ce que dans ce contexte on peut accorder aux Anglais l'accès au marché unique européen oui non non les Anglais ont choisi de quitter l'Union Européenne le divorce doit se passer à l'amiable de façon convenable parce que ça restera un grand pays européen et ça restera des alliés mais il n'y a aucune raison que les Anglais puissent bénéficier du marché unique alors qu'ils s'exonèrent de règles qui pèsent sur les autres pays donc il faut réintroduire des droits de douane par exemple c'est toute la négociation qui va s'ouvrir avec les Anglais et qui va être très longue et très compliquée une quasi dernière question de Karine Bécard
une dernière question vous qui contestez la pipolisation de la vie politique pourquoi avoir participé à l'émission Une Ambition Intime qui est diffusée ce soir
sur un site et donc on va vous y voir j'ai beaucoup hésité et j'ai fini par céder vous a forcé parce que l'argumentation de ceux qui me demandaient d'y participer était la suivante tous les autres candidats à la primaire ont accepté il faut y aller voilà donc j'y suis allé à reculons c'est vrai
tout le monde va chez Ruquier sur France 2 vous avez toujours réussi à résister pour moi il y a une très grosse
différence entre les deux
d'accord
l'émission dont vous parlez on peut discuter je ne suis pas totalement à l'aise avec ce genre d'émission mais c'est une émission où on met au fond on jette un éclairage sur la vie personnelle sans aller trop loin des hommes politiques
vous ne révélez pas de secret Ruquier
c'est complètement différent c'est ce que je dénonce c'est une mise en scène c'est une mise en scène où il y a un homme politique et puis il y a autour de lui toute une série de personnages de comiques d'artistes de je ne sais quoi qui sont d'ailleurs là avec un rôle précis c'est une mise en scène c'est pas une émission c'est pas réel c'est une mise en scène et c'est cette mise en scène que je conteste qu'est-ce que vous dites à vos électeurs si vous n'êtes pas au second tour le 27 novembre François Fillon la question ne se pose pas je ne peux pas envisager il nous pose la question Bernard sur Twitter on nous demande je ne peux pas envisager cette question parce que je serai au second tour François Fillon sera au second tour Nathalie Saint-Cricq merci d'avoir été sur le plateau de questions politiques dimanche vous pensiez que vous aviez une autre question
c'est trop tard
Armand Leparmentier du Monde merci également d'avoir participé à questions politiques merci à Karine Bécart de France Inter merci surtout à vous François Fillon d'être venu sur ce plateau dimanche prochain un autre invité un autre président ou une autre présidente aux Etats-Unis également bon dimanche à tous