Bétharram : Bayrou mis en cause par le rapport d’enquête : G.Darmanin réagit
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Il y a un certain nombre de théories qui sont sans doute très justes, portées par des magistrats ou des psychologues. Le moment de l'imprescriptibilité repousse sans cesse le moment de la prise de parole. Ce n'est pas si simple que ça.
Sinon, le Parlement l'aurait fait depuis longtemps. - A.-E.Lemoine: La commission d'enquête parlementaire a également dénoncé un Etat défaillant dans l'affaire Bétharram et un défaut d'action de la part de F.Bayrou à l'époque. - G.Darmanin: Pour l'Etat défaillant, je pense que c'est tout à fait vrai.
Les milieux scolaires sont concernés. L'Eglise catholique avait été traversée par un certain nombre de scandales il y a quelques mois. L'Etat n'a pas su protéger, accompagner ces enfants ou sanctionner les personnes ou les institutions.
Quand je suis arrivé à la chancellerie, des dizaines et des dizaines de signalements, de plaintes qui dataient d'il y a 20 ou 30 ans n'ont parfois pas été instruites ou n'ont pas empêché la continuité de ces violences. L'Etat était défaillant dans toutes ses composantes, éducatives, mais aussi dans le registre judiciaire. - A.-E.Lemoine: F.Bayrou conteste le défaut d'action qui lui est reproché.
Est-ce que ça le fragilise politiquement? - G.Darmanin: Je ne crois pas.
Collectivement, on peut considérer que les ministres de l'Education nationale...
Les présidents de la République qui se sont succédé, tous les cadres, les préfets qui ont pu encadrer le travail d'un établissement sous contrat...
Le préfet peut aussi intervenir. Collectivement, on n'a pas été sensibilisés à cette question. Le continent caché des violences sexuelles, c'est ce qui touche les enfants.
C'est incontestable. Je pense qu'on aura d'autres scandales. Il faut vite que nous admettions la vérité pour dire que nous avons été très défaillants collectivement. - P.Cohen: Vous vous êtes plongé dans les archives? - G.Darmanin: Je me suis refusé à ça.
Je considère que c'est le travail du procureur général. - A.-E.Lemoine: Et si vous voulez rendre imprescriptibles ces crimes... - P.Cohen: Je parle de Bétharram.
On est frappés par le fait que le suicide du père Carricart ait complètement éteint l'action de la justice et qu'il n'y ait pas eu de poursuite ensuite pour voir ce qui s'est passé réellement dans cet établissement. - G.Darmanin: Le garde des Sceaux ne peut plus, depuis 2013, regarder des affaires individuelles.
Il peut demander des remontées d'informations mais il ne peut pas intervenir. S'agissant d'un sujet très politique, c'est au procureur de Pau de regarder les archives qui ont été citées. Il y a un temps, le garde des Sceaux pouvait intervenir.
En revanche, il y a la question générale des violences sur les mineurs. Il y a des choses que l'on voit et qu'on adresse au président de la République pour lui dire qu'il faut ouvrir une enquête. Dès que je suis arrivé à la chancellerie, avant l'explosion de l'affaire Bétharram, ayant été nourri de mon expérience de maire à Tourcoing de ce scandale, j'ai demandé au procureur de la République d'ouvrir systématiquement...
Il y a énormément d'articles 40 qui sont faits par des gens qui témoignent de ces violences. Les procureurs ouvraient peu, jusqu'à présent, ou pas assez l'enquête. - A.-E.Lemoine: Maintenant, c'est systématique. - G.Darmanin: J'espère qu'ils le font.
On fera un bilan à la fin de l'année. - A.-E.Lemoine: Le gouvernement au grand complet a pris la pose dans les jardins de l'Elysée.
F.Bayrou a mis 6 mois à organiser cette photo alors que M.Barnier avait mis 10 jours pour le faire. - G.Darmanin: Pourquoi maintenant...
C'est pour profiter du beau temps, peut-être. - P.Cohen: C'était plus que du beau temps.
On vous voit tous plisser les yeux. - G.Darmanin: Le moment est difficile pour le gouvernement.
D'abord, il n'a pas de majorité au Parlement. C'est incontestable. Et le plus dur est devant nous.
Gérald Darmanin