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ChroniqueC à vous (sur YouTube)· 25 janvier 2023 4 minComplaisantPortrait personnelSolidarités & familleJustice

Parisiennes citoyennes, deux siècles de lutte - L’Oeil de Pierre Lescure - C à Vous - 25/01/2023

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Chapitres

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:32PrésentateurFait
    « En 1789, on sait le rôle des femmes dans les événements de la prise de la Bastille et de la Révolution. »
  • 0:47PrésentateurFait
    « Et en 1804, le code civil d'un certain Napoléon supprime tous les droits de la femme mariée sur elle-même et sur ses enfants. »
  • 2:01InvitéFait
    « Mot d'ordre central, brisé, je cite, les chaînes de l'esclavage qui depuis toujours réduisent à une condition inférieure la femme. »
  • 2:18InvitéFait
    « Les militantes féministes de 1971 réclament en toute priorité une sexualité heureuse et déchargée des angoissants problèmes matériels »
  • 2:27InvitéFait
    « et elles revendiquent la contraception libre et gratuite et la liberté de l'avortement. »
  • 2:40PrésentateurFait
    « qui a tant choqué et le bourgeois et le conservateur. »
  • 2:54InvitéFait
    « Et moi je l'ai dit, je crois, nous avons été les premières dans le manifeste des 343 à le dire. »
  • 3:05InvitéFait
    « Au rôle de réceptacle, elles n'ont pas à choisir leur maternité. »
  • 3:10InvitéFait
    « Et je le dis, je viens de vous le dire, je le dis très librement, j'ai avorté quand je ne voulais pas d'enfants, mais j'ai eu des enfants quand je les voulais. »

Temps de parole

  • Présentateur59 %
  • Invité15 %
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  • Invité 45 %

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Présentateur

Une exposition se termine le week-end prochain à Paris au Musée Carnavalet et je veux vous inciter toutes et tous à y courir son titre « Parisienne citoyenne de 1789 à 2000 ». Vous avez évidemment envie de voir comment ces femmes se sont battues tout au long des siècles. On peut parler de naissance du féminisme. Il faut surtout parler d'une volonté farouche et jamais désespérée d'obtenir un jour la simple égalité. Et ça commence d'entrer. En 1789, on sait le rôle des femmes dans les événements de la prise de la Bastille et de la Révolution. Elles n'ont pas le droit de vote mais elles vont avoir le divorce et l'autorité civile. Mais pas longtemps, dès 1793.

Moi j'avoue que je l'ai découvert dans cette expo. Oh pour recul ! Elles n'ont plus le droit d'assister à une assemblée politique, c'est fini. Et en 1804, le code civil d'un certain Napoléon supprime tous les droits de la femme mariée sur elle-même et sur ses enfants. Et jusque dans les années 1970, on aura sans cesse ces mouvements de balancier entre les poussées, les avancées et puis les reculs. Une des photos de femmes en lutte les plus célèbres qu'on voit dans cette expo, c'est celle de Willy Ronis, dans une usine Citroën en 1938. Rose Zener, militante communiste, s'adresse aux ouvrières la veille d'une grève contre le recul des acquis sociaux. Elle sera licenciée après la grève.

Elle devra ouvrir un bistrot car on ne veut plus jamais l'engager. Dans l'expo, on retrouve Colette, Simone de Beauvoir, l'histoire de Séverine, la première journaliste à la fin du 19e siècle. Des visages, des consciences, des tempéraments, une soif d'égalité sans cesse renouvelée. Jusqu'à ces années 70, 1900, où les choses se structurent et où le MLF, le mouvement de libération de la femme, manifeste en nombre avec beaucoup de femmes parisiennes et quelques hommes dans les rues de Paris.

1:55
Invité

C'est la première grande manifestation féministe qui se tient à Paris depuis 1936. Mot d'ordre central, brisé, je cite, les chaînes de l'esclavage qui depuis toujours réduisent à une condition inférieure la femme. Cette marche est internationale puisque des manifestations semblables se déroulent aujourd'hui aux Etats-Unis, au Canada, en Italie et en Allemagne. Les militantes féministes de 1971 réclament en toute priorité une sexualité heureuse et déchargée des angoissants problèmes matériels et elles revendiquent la contraception libre et gratuite et la liberté de l'avortement.

2:32
Présentateur

En 73, Gisèle Halimi, que je ne vous présente pas, est chez Pivot et elle éclaire le fameux manifeste des 343 pour l'avortement qui a tant choqué et le bourgeois et le conservateur.

2:43
Invité

La vérité c'est que toutes les femmes avortes, y compris les femmes de députés et les maîtresses des ministres et tout le monde, seulement elles ne le disent pas et nous nous le disons. Et moi je l'ai dit, je crois, nous avons été les premières dans le manifeste des 343 à le dire. Il n'est plus possible que les femmes aujourd'hui, et je le dis en France, en 1973, soient réduites à ce rôle. Au rôle de réceptacle, elles n'ont pas à choisir leur maternité. Et je le dis, je viens de vous le dire, je le dis très librement, j'ai avorté quand je ne voulais pas d'enfants, mais j'ai eu des enfants quand je les voulais.

3:18
Présentateur

Pour vous inciter à aller visiter cette expo, j'ai une dernière archive. La télévision française interroge en 1972 Anne Chopinet, la première jeune femme admise à l'école polytechnique. Déjà vous noterez le dispositif bizarre sur un banc comme un rendez-vous amoureux. Et puis écoutez le niveau des questions.

3:36
Invité

Si j'ai choisi pour les techniques, c'est à cause des débouchés qu'on a, parce que finalement on peut faire ce qu'on veut en sortant. Êtes-vous frivole ? Frivole, c'est ta vie. Est-ce que vous courez les magasins ? Est-ce que vous occupez un petit peu de vous ? Si ça vous arrive de vous surprendre devant une glace ? Ah oui, bien sûr. Ça m'arrive. Vous vous sentez une jeune fille dans le cou, vraiment ? Ah oui, bien sûr. Je ne me sens pas anormale parce que j'ai réussi le concours de polytechnique.

4:14
Présentateur

Eh oui, elle est obligée d'expliquer qu'elle ne se sent pas anormale. C'est au musée Carnavalet. On dit parisienne citoyenne, on pourrait dire marseillaise ou bordelaise, ou même du Lubéron.

4:25
Invité

Merci beaucoup Pierre.