Intérêts pétroliers et paradis fiscaux : le nouveau scandale qui éclabousse la macronie
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Dont tu es une des autrices, des informations qui ne figurent pas dans la déclaration d'Agnès Pannier-Runacher à la Haute Autorité des Transparences de la Vie Politique, alors qu'elles auraient dû y être tout de même. Quelles sont ces informations ?
- 3:39OuverteRéponse directe
Est-ce que tu peux nous en dire un peu plus sur les montages financiers, qui ont, d'une certaine manière, effacé tout lien entre Agnès Pannier-Runacher et le patrimoine de ses enfants, un patrimoine qui leur a été transmis par son père ?
- 4:50OuverteRéponse partielle
Ainsi qu'il y a des liens étroits entre Arjunem, la société créée par son père, et dont ses enfants sont actionnaires, et Perenco, le numéro 2 français du pétrole. Est-ce que c'est là que réside le conflit d'intérêts ?
- 6:59OuverteRéponse directe
Mais d'un point de vue moral, on n'est peut-être que choqué que les enfants d'un membre de notre gouvernement soient directement bénéficiaires de fonds qui se trouvent dans des paradis fiscaux.
- 9:16OuverteRéponse directe
Quelle répercussion cette enquête pourrait avoir sur la vie politique de Agnès Pannier-Renaché ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:23InvitéFait
« que Disclose et Investiliate Europe mène depuis plusieurs mois, que le père de la ministre a publié des documents d'enregistrement qui explique qu'une société qui s'appelle Arjunem a été créée au profit de ses petits-enfants. »
- 2:41InvitéFait
« Et qu'au profit de ses petits-enfants, qui sont tous mineurs, c'est la ministre qui signe pour eux. »
- 2:50InvitéChiffre
« Et on regarde, on se rend compte que cette société, c'est 1,2 million d'euros tout de même »
- 2:57InvitéFait
« que ce n'est pas de l'argent cash qui est donné, mais c'est de l'argent en investissement dans des fonds spéculatifs. »
- 4:21InvitéFait
« Pour deux d'entre eux, un à Guernesey. Donc, en 2019, Guernesey était enregistré dans la liste noire des paradis fiscaux de l'Union européenne »
- 4:36InvitéFait
« et également le Delaware. »
- 7:27InvitéFait
« Et là, il se trouve que pour échapper à l'impôt, donc c'est Anticor qui le dit, on va créer une société civile pour éviter les droits de succession »
- 7:32InvitéChiffre
« et pouvoir transmettre 1,2 million d'euros à des enfants mineurs. »
- 7:54InvitéFait
« Mais c'est un montage d'optimisation fiscale. »
- 7:59InvitéFait
« Donc, c'est un montage d'optimisation fiscale pour éviter de payer les droits de succession. »
Temps de parole
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C'est l'heure de recevoir Leïla Minano, co-autrice de l'enquête parue sur le site Disclose, qui dévoile les intérêts cachés de la ministre de la Transition énergétique, Agnès Pannier-Runacher. Agnès Pannier-Runacher, alors oui, je vais me retrouver dans mes notes. Vous connaissez bien Agnès Pannier-Runacher, ancienne ministre déléguée chargée de l'industrie, désormais ministre de la Transition énergétique. Oui, non ? En tout cas, vous avez sans doute vu passer cet extrait vidéo qui avait fait le buzz l'année dernière.
J'aime l'industrie. J'aime l'industrie parce que c'est un des rares endroits au XXIe siècle où on trouve encore de la magie. La magie d'une idée qui devient un produit. La magie du balai des robots, du balai des hommes. La magie de l'atelier où on ne distingue pas le cadre de l'ouvrier. On ne distingue pas l'apprenti de celui qui a 30 ans d'expérience. On ne distingue pas celui qui est né en France il y a 40 ans et celui qui est arrivé par l'accident d'une vie il y a quelques jours.
On pourra désormais demander à Agnès Pannier-Runacher quelle formule magique permet d'effacer certaines informations, pourtant essentielles, de ces déclarations d'intérêt et de patrimoine. En effet, nos confrères et consoeurs du média d'investigation Disclose viennent de publier une enquête qui contient des révélations particulièrement troublantes. Son titre, Pétrole et paradis fiscaux, les intérêts cachés de la ministre de la Transition énergétique, c'est un titre à Dallas pratiquement. Il est question dans cette belle pièce de journalisme de Perenco, numéro 2 de Pétrole en France, mais aussi de paradis fiscaux.
Pour en parler, je reçois ma consoeur Leïla Minano, co-autrice de cette enquête. Bonjour Leïla Minano. Bonjour. Merci d'avoir accepté notre invitation. Alors au départ de cette enquête, dont tu es, je me permets le tutoiement ? Bien sûr. Dont tu es une autre des autrices, des informations qui ne figurent pas dans la déclaration d'Agnès Pannier-Runacher à la Haute Autorité des Transparences de la Vie Politique, alors qu'elles auraient dû y être tout de même. Quelles sont ces informations ?
Alors en fait, cette enquête commence parce qu'on se rend compte, à l'occasion d'une enquête plus globale sur la pétrolière Perenco, que Disclose et Investiliate Europe mène depuis plusieurs mois, que le père de la ministre a publié des documents d'enregistrement qui explique qu'une société qui s'appelle Arjunem a été créée au profit de ses petits-enfants. Et qu'au profit de ses petits-enfants, qui sont tous mineurs, c'est la ministre qui signe pour eux. Donc du coup, tout commence à ce moment-là.
Et on regarde, on se rend compte que cette société, c'est 1,2 million d'euros tout de même, que ce n'est pas de l'argent cash qui est donné, mais c'est de l'argent en investissement dans des fonds spéculatifs. Et du coup, ce qu'on va regarder tout de suite, c'est si la ministre a déclaré, comme elle en a l'obligation, ses intérêts à l'autorité de la transparence et de la vie publique. Il se trouve que, comme ce n'est pas des intérêts directs, légalement, elle n'a pas cette obligation de les déclarer.
En revanche, ça pose une réelle question éthique, et on n'est pas la seule à la poser, puisque l'ONG anticorps la pose, mais aussi l'autorité qui vient juste à l'instant d'ouvrir une enquête, finalement, sur le sujet, qui dit que préventivement, elle aurait dû tout de même déclarer ses intérêts dans Arjunem.
Est-ce que tu peux nous en dire un peu plus sur les montages financiers, qui ont, d'une certaine manière, effacé tout lien entre Agnès Pannier-Renaché et le patrimoine de ses enfants, un patrimoine qui leur a été transmis par son père ?
Alors, on va essayer de ne pas être trop technique. C'est-à-dire que, en fait, dans Arjunem, le grand-père apporte 1,2 million d'euros, non en cash, en argent numéraire, en sonnant et trébuchant, mais en part dans des fonds d'investissement spéculatifs. Ces trois fonds d'investissement, dont je vous épargnerai les noms, c'est très, très alambiqué comme nom, sont eux-mêmes enregistrés dans des paradis fiscaux. Donc, pour deux d'entre eux, un à Guernesey. Donc, en 2019, Guernesey était enregistré dans la liste noire des paradis fiscaux de l'Union européenne, ou l'Irlande, le spot préféré des GAFA bien connu, et également le Delaware.
Donc, du coup, c'est ces trois fonds spéculatifs qui sont enregistrés dans ces paradis fiscaux qui vont alimenter la société du grand-père des enfants de la ministre.
Alors, Agnès Pannier-Runacher, ministre de la Transition énergétique, donc ministre de l'Énergie, est-ce qu'il ressort de votre enquête ? Ainsi qu'il y a des liens étroits entre Arjunem, la société créée par son père, et dont ses enfants sont actionnaires, et Perenco, le numéro 2 français du pétrole. Est-ce que c'est là que réside le conflit d'intérêts ?
Alors, en fait, première chose, c'est la question de... Avant même, ça présente au ministère de la Transition énergétique, elle était déjà au ministère de l'Économie en 2018, et déjà au ministère de l'Industrie en 2020. Donc déjà, elle avait déjà fait le choix de ne pas déclarer Arjunem. Même en prévention, même si elle n'avait aucune obligation légale, la haute autorité continue à nous dire qu'elle aurait peut-être dû le faire puisqu'elle ouvre une enquête. Et ensuite, aujourd'hui, la transition énergétique.
Donc on parle du numéro 2 du pétrole français, on parle de la première entreprise indépendante privée européenne, donc une entreprise qu'elle est amenée à côtoyer en tant que ministre de la Transition énergétique. Elle est complètement amenée lors de ses déplacements, par exemple, sur le continent africain, où ils exploitent différents gisements de pétrole, ou encore en Amérique latine, à les côtoyer. Et donc, en prévention, elle aurait peut-être, et on verra ce que dira la haute autorité de la transparence là-dessus, dû déclarer ce conflit d'intérêts.
– Alors Agnès Pannier-Runacher indique que Perenco opère en dehors des frontières de la France et que du coup, elle n'a pas traité de dossier qui concerne cette société.
– Aujourd'hui, alors déjà, c'est pas aussi simple que ça. C'est-à-dire que Perenco opère dans 14 pays dans le monde. C'est une entreprise qui est enregistrée en France, donc qui a son siège à Paris. Et donc, du coup, c'est une entreprise franco-britannique. C'est pas juste une entreprise très lointain. Ça veut dire que ces gisements de pétrole, ils sont, par exemple, en mer du Nord, au Gabon, mais elle est parfaitement enregistrée en France. Et donc, la ministre peut complètement, à l'occasion de son travail, être amenée à croiser les dirigeants de Perenco.
– Alors, en tout cas, d'un point de vue mora, parce que d'un point de vue légal, elle se défend d'avoir transgressé les règles. Mais d'un point de vue moral, on n'est peut-être que choqué que les enfants d'un membre de notre gouvernement soient directement bénéficiaires de fonds qui se trouvent dans des paradis fiscaux.
– Effectivement, ça pose question. On est sur une ministre du gouvernement qui, a priori, doit avoir un comportement exemplaire. Et là, il se trouve que pour échapper à l'impôt, donc c'est Anticor qui le dit, on va créer une société civile pour éviter les droits de succession et pouvoir transmettre 1,2 million d'euros à des enfants mineurs. Donc, peut-être que pour certains, ce n'est pas énorme, 1,2 million d'euros, mais quand même, pour la plupart des gens, une somme pareille, ça, en tout cas, ça doit être sujet à paiement de droits de succession. – Mais c'est un montage d'optimisation fiscale. – C'est ça, c'est Anticor qui le dit très clairement.
Donc, c'est un montage d'optimisation fiscale pour éviter de payer les droits de succession. – Et donc, il reste légal.
– Par contre, c'est tout à fait légal, oui. – Voilà, il est toujours le problème de, oui, la morale n'est pas le droit, etc. Mais bon, effectivement, les ministres sont quand même tenus à une certaine exemplarité. Alors, en pleine crise énergétique, alors que la polémique sur les super-profits, notamment dans le pétrole basson plein, ces révélations sur les liens entre la ministre en partie chargée de l'énergie et une grosse boîte pétrolière, eh bien, c'est politiquement dangereux. Vos révélations sont déjà reprises par les médias et par le monde politique. La députée LFI NUPS Clémence Guettet estime qu'Agnès Pannier-Renaché doit s'expliquer.
– Oui, j'ai vu ça ce matin. Peut-être qu'il va y avoir des questions au gouvernement qui vont être posées dans les jours suivants. Je sais qu'elle doit prendre la parole ce soir à la radio, donc peut-être répondra-t-elle sur cette société de manière publique. Mais déjà, on sait que la Haute Autorité a ouvert une enquête sur la question d'Arjunem il y a une heure de ça. Donc on sait que peut-être il va y avoir une décision prise à ce sujet.
– En tout cas, cette histoire montre que la loi sur la transparence de la vie politique n'est pas parfaite, il y a des failles dans lesquelles les élus et les ministres peuvent s'infiltrer. Quelle répercussion cette enquête pourrait avoir sur la vie politique de Agnès Pannier-Renaché ?
– C'est difficile de faire des pronostics comme ça. Il y a l'ONG Greenpeace qui a déjà demandé sa démission. Mais ce n'est pas l'ouverture d'une enquête par la Haute Autorité de la Transparence qui va décider d'une éventuelle sanction contre la ministre, démission, etc. Donc ce serait, je pense, à l'Élysée de décider ou à elle-même de prendre ses responsabilités. Mais malheureusement, aujourd'hui, on ne peut pas savoir. Il y a d'autres ministres dans ce gouvernement qui ont déjà été mis en examen sans que ça joue sur leur carrière.
– Oui, ils sont toujours en poste. – Exactement. – En étant mis en examen, c'est ça qui est terrible. Merci beaucoup, Léa Minano. – Je vous en prie. – Donc c'est une enquête, vous l'avez bien fait de le rappeler, qui a été menée par Disclose et Investigate Europe. On vous invite vraiment à consulter cette enquête qui semble, ça a l'air tellement fictif, mais c'est hélas bien réel. Merci encore. Alors, on est fini pour ce deuxième bulletin d'infos. Et n'oubliez pas que le média doit survivre. Il nous faut réunir d'ici la fin de l'année 200 000 euros de dons défiscalisables. Il faudrait dans l'idéal atteindre les 12 500 abonnés.
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