Dupont-Aignan : "Je gêne parce-que je pense que je suis plus rassembleur"
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
C'est que la campagne telle qu'elle est partie, aujourd'hui, on est à très peu de temps, est une campagne qui est toujours sur des polémiques, sur des petites phrases, et que moi je suis plutôt quelqu'un qui est sur du projet, sur du fond. J'ai écrit un livre par exemple dont on a peu parlé sur les économies budgétaires. Je suis le seul à avoir un programme très chiffré et j'ai l'impression que dans ce début de campagne, je suis quelqu'un de sérieux qui pourrait battre Macron au second tour, mais qu'il faut que, peut-être, je me plie davantage à la loi médiatique, de la petite phrase, de la polémique, de l'agressivité, s'il ne me plaît pas.
– Vous la nourrissez aussi la polémique, Nicolas Dupour-Lagnard. – Vous savez, j'aurais pu dire des choses qui ont permis à certains de percer, d'avoir plein d'émissions, moi j'en ai beaucoup moins que les autres.
– Vous avez réagi quand Emmanuel Macron a parlé, a dit qu'il voulait emmerder les Français. – Heureusement que j'ai réagi. – Vous avez réagi dimanche après le voyage de Jean-Michel Blanquer à Ibiza.
– Très peu, très peu. Donc ce que je veux dire, c'est que je fais une campagne, peut-être parce que je vieillis un peu, je fais une campagne sur le fond des choses, pouvoir d'achat. Je fais une campagne, j'ai écrit un livre sur ras-le-bol des promesses. – On n'est pas des Pères Noël, les Français volent du sérieux. Et j'ai l'impression qu'en ce début de campagne, c'est la prime à la petite phrase, et j'ai dit sous forme de boutade, eh bien l'enjeu pour moi c'est d'accéder au second tour, parce qu'une fois au second tour, je pense que je peux battre Emmanuel Macron. Et donc il faut accéder au second tour. Mais c'est pas perdu, je vais vous dire.
– Il faut accéder au second tour, il y a du chemin quand même, Nicolas Dupour-Lagnard.
– Oui, mais il y a des millions de Français qui n'ont pas fait leur choix. Jamais. – Vous avez des problèmes de parrainage, des problèmes d'argent.
– Non, ça va, vous avez les moyens ? – On n'a pas les moyens des autres. Mais je vais vous dire, moi je crois que c'est pas une question d'argent, et j'ai une chance, une seule chance, c'est que mon parti est bien géré, il n'y a pas de dette. Et ça c'est pas le cas de tout le monde.
– L'hémorragie de beaucoup de vos cadres ?
– Non, l'hémorragie c'est faux, c'est complètement faux. – Ah bon ? Mais qui veut couvrir ces bruits ? – Mais parce que je gêne, justement parce que je gêne, c'est curieux, on dit tout le temps.
– Vous gênez qui ? Éric Zemmour, Marine Le Pen ?
– Oui, je gêne parce que je pense que je serai un candidat beaucoup plus rassembleur au second tour. – Que de ? – Que bien sûr. – Je gêne parce que nous sommes la première élection présidentielle, où il y a plus de 10 millions, 15 millions, peut-être 20 millions de Français qui n'ont pas fait leur choix. Et je leur dis, ne vous abstenez pas, allez voter, vous pouvez tout bouleverser. Le casting qu'on vous présente n'est pas obligatoirement le bon. Et faites confiance peut-être à quelqu'un de différent, ancré dans la réalité. Moins de polémiques, moins de temps d'antenne, mais moins d'argent, mais peut-être plus sincère. – Comme les autres. – Et je vous en remercie. Mais c'est rare.
– Nicolas Dupont-Aignan… – C'est rare, je veux dire, dans les médias français. Vous êtes une rare exception.
– Nicolas Dupont-Aignan, pourquoi ne pas rejoindre ? Est-ce que vous rejoindrez Éric Zemmour ou Marine Le Pen ? – Non, mais je vous l'ai déjà dit. – Jamais, à aucun moment.
– Mais je vous l'ai déjà dit. Je suis candidat. Je suis gaulliste. – La dernière fois, la dernière fois… – Non, non, vous confondez. – Oui. – Deux choses. – Je confonds. – Oui, vous confondez le deuxième tour. – Oui. – Valérie Pécresse a rejoint Emmanuel Macron. Elle est candidate. Elle a des points communs. Soyons précis. Avec Emmanuel Macron, elle est candidate. Elle a le droit, parce qu'elle a sa personnalité, ses propositions. J'ai des points communs. Tout le monde le sait, l'indépendance nationale avec Éric Zemmour ou Marine Le Pen. Mais j'ai des différences. Et surtout, j'ai ma personnalité. J'ai été maire 22 ans. Je sais compter. Je déteste la dette.
J'ai écrit des livres sur la grande fraude fiscale. J'ai des solutions pour le pays. Et j'estime que je peux rassembler davantage. Je n'ai pas la même vision de la société qu'Éric Zemmour sur le handicap, sur les femmes. J'estime qu'on peut être gaulliste, c'est-à-dire l'indépendance de la France. – Oui. – Mais que l'indépendance de la France et l'idée que je me fais de la France et du gaullisme, c'est le rassemblement des Français. Et qu'Emmanuel Macron, et c'est le drame du pays aujourd'hui, pendant cinq ans, a dressé les Français les uns contre les autres. Et je n'ai pas envie qu'on recommence avec un autre.
Je veux l'indépendance du pays, des solutions concrètes, la liberté des Français et le rassemblement pour gagner. Que la France s'élève et ne se rétrécisse pas. – Merci.
Nicolas Dupont-Aignan