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interviewLe Média (sur YouTube)· 11 avril 2026 33 min

"TRUMP EST-IL FOU ?" : POURQUOI IL POURRAIT ÊTRE DESTITUÉ

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans du côté de Tessam, votre rendez-vous pour comprendre les États-Unis au-delà des clichés et des gros titre. Donald Trump semble être à un tournant entre guerre avec l'Iran, accusation de déclin mental, offensive judiciaire, sousasimut et économie sous pression. C'est toute la stabilité institutionnelle américaine qui vacille.

Des élus évoquent désormais le recours au 25e amendement pour déclarer le président inapte après des propos jugés extrêmement inquiétants sur l'Iran. Dans le même temps, la Maison Blanche revendique une forme de victoire diplomatique après une désescalade fragile au Moyen-Orient. Mais derrière ses coups de communication et ses tensions géopolitiques, une autre bataille se joue, celle du droit avec une cour suprême au cœur d'une crise constitutionnelle et celle du quotidien des Américains entre bons chiffres économiques et sentiments d'insécurité grandissant.

On en parle tout de suite avec Claire Rabè, militante démocrate et Tristan Cabello, historien spécialiste des États-Unis. Allez, il est temps d'aller faire un tour du côté de chez Sam. Bonjour Claire, ravi de te retrouver.

Ça faisait une un petit moment que tu étais pas venu. Enfin, en tout cas, lors de la dernière émission, tu n'étais pas là. Ravi de te retrouver et bonjour Trist avec nous sur le plateau actuellement peut-être dans quelques temps, on parlera avec toi en visio et à ma place bientôt, il y aura Irving qui reviendra s'occuper de cette émission que je lui ai emprunté pendant quelques numéros.

Donc ravi de démarrer ça avec vous et on va commencer tout de suite par l'actualité chaude et brûlante du moment concernant donc Donald Trump et l'Iran. il Donald Trump donc finalement in cessé le feu de de 15 jours. Euh Donald Trump parle d'une victoire pour lui.

Euh comment vous analysez ça ? Je vais commencer avec toi Claire. Ce cette attaque en tout cas de Trump envers l'Iran, je rappelle hein qu'il avait quand même dit qu'il va anéantir une civilisation.

C'est ultra violent. Finalement un cess le feu a été trouvé et Donald Trump parle d'une victoire. Oui.

Et il parle d'une victoire. Mais l'Iran aussi parle d'une victoire. Et euh quand on a déjà deux discours euh aussi euh contradictoires euh l'un de l'autre, c'est compliqué de savoir où est vraiment la vérité.

Et ensuite évidemment, est-ce que il a gagné ou pas ? Déjà, qu'est-ce que ça veut dire gagner ? Euh les objectifs au départ de qu'il s'était mis, c'était quand même de détruire absolument tout l'arsenal nucléaire iranien.

Ce n'est pas le cas, apparemment. Euh pareil, il avait décidé que c'était maintenant le moment d'un changement de régime en disant au peuple de se justement saisir de ce moment-là pour renverser le régime iranien. Encore une fois, ce n'est pas le cas.

Donc euh on a plusieurs euh plusieurs euh éléments pour se poser euh sincèrement la question et puis après, tu en parlais tout à l'heure en introduction, c'est l'instabilité totale dans la région qui l'a mise et notamment Israël a renforcé encore plus ses frappes sur le Liban actuellement. Euh enfin, on a des prises de position des Émirats arabes unis, du Qatar qui sont quand même aussi ambivalentes vis-à-vis des euh des États-Unis. On a vu que les Européens ne l'ont pas suivi alors même qu'il a plusieurs fois demandé justement euh le soutien notamment pour la sécurisation euh du D3 d'Ormous.

Donc les les Européens n'y sont pas n'y sont pas allés et aujourd'hui d'ailleurs dans ce deal, c'est bien euh la réouverture du D3 d'ormous qui est au cœur des négociations et du cesser le feu. Et donc en fait ça veut dire qu' là-dessus il ne l'avait pas vu dans la durée. Apparemment, en tout cas, l'administration américaine n'avait pas prévu ne pas réussir à se sortir de cette hornière et donc de la main mise réelle de du régime iranien sur le D3 et donc en approvisionnement évidemment en énergie et en pétrole principalement.

Donc est-ce qu'il a gagné ? C'est quand même difficile à dire. En tout cas, clairement, il n'a pas gagné de façon aussi nette qu'annoncé et aussi et de façon aussi nette que souhaitée de sa part.

Et je crois que les au-delà des déclarations de Trump, les déclarations très euh euh brutales et euh et maniquaen d'un Pitex, par exemple, le donc le secrétaire d'État à la guerre euh sont assez éclairantes. C'est-à-dire qu'effectivement, ils n'arrivent pas à donner de critères objectifs sur pourquoi ils auraient gagné cette guerre. Euh il y a justement enfin cette guerre, cette victoire, enfin tout est relatif hein.

C'est quand même lui qui l'a créé. C'est comme s'il créait une crise pour ensuite s'approprier une victoire qui n'existe pas réellement. Tu en penses quoi toi Tristtin ?

Ouais ben moi je crois que c'est une énorme défaite pour Donald Trump. Je crois que la situation est bien pire pour lui et bien pire pour les États-Unis qu'avant qu'il ne commence cette guerre. Moi, je pense que c'est une grande victoire pour l'Iran.

Lorsque tu vois les 10 points qui sont mis sur la table quand même pour pour cette désescalade, enfin c'est incroyable. C'est Donald Trump et les États-Unis perdent sur tous les tableaux. Il va y avoir maintenant des taxes pour passer le D3.

Les Iraniens vont continuer leur plan sur l'uranium. Euh donc en fait, c'est tous ces euh tous ces points que Donald Trump voulait euh combattre, voulait euh voilà, c'était ça en fait l'objectif de Guerrain, c'était arrêter euh arrêter l'enrichissement d'uranium et cetera. Euh bon, en fait, il perd sur tous les tableaux, hein, mais bien sûr, il clame victoire euh comme il le fait euh toujours.

Or là, c'est une énorme défaite pour les États-Unis. Moi, je crois que c'est même une défaite qui est bien pire que la défaite du Vietnam, par exemple. C'est quand même c'est c'est tout à fait historique ce qui se passe ce qui se passe ici.

Il y a quand même un pays du sud global qui résiste de de manière très franche à à l'impérialisme américain. C'est quand même énorme ce ce qui s'est passé. surtout que l'on voit et puis ça nous apprend quand même quelque chose hein, c'est que l'armée iranienne, elle arrive pas à la chef de l'armée euh américaine en terme de quantitatif bien évidemment hein.

Euh on voit que l'armée américaine, bah ils ont tout, ils ont il y a ils ont ils ont plein de choses et que tout ça ça remplace pas bah un peu de stratégie, tu vois. Or, les Iraniens, ils étaient stratégiques dans cette guerre. Ils se préparait à cette guerre depuis depuis des décennies et ils l'ont et ils l'ont bien mené.

Alors quoi qu'on puisse penser bien évidemment du régime iranien, mais là bon c'est j'ai envie de dire c'est pas notre affaire. C'est pas l'affaire des États-Unis d'aller changer le régime iranien ni le ni d'ailleurs l'affaire de de la France. Alors bon euh le côté réjouissant, c'est que il y a quand même un état du sud global qui résiste à l'impérialisme américain.

Et le côté réjouissant pour nous, moi ce que j'ai envie de dire, c'est que c'est toujours dans ces moments où l'empire américain se délite ou en tout cas s'affaiblit, qu'il y a des grands mouvements sociaux qui naissent, j'ai envie de dire, dans la métropole de l'Empire, c'est-à-dire bon dans les pays occidentaux, aux États-Unis et cetera. On l'a bien vu lorsque l'Empire se dédite après la guerre du Vietnam, ben c'est là qu'il y a tous les grands mouvements sociaux américains, le mouvement féministe, le mouvement des travailleurs, le mouvement guerre et cetera qui se lève dans les années 70 euh euh aux États-Unis. Et donc ça peut aussi préfigurer ben d'une nouvelle montée disons des peuples mais aussi bien mais des peuples vraiment dans les métropoles des empires, aux États-Unis, dans l'Ouest européen aussi euh vers voilà plus de plus de progrès.

Donc il y a quand même quelque chose d'assez je pense positif là au fait que cet impérialisme se délite, s'affaiblisse puisque cet impérialisme il oppresse des gens bien évidemment en dehors des frontières des États-Unis mais aussi surtout à l'intérieur de ses propres frontières. Euh Donald Trump a a montré, enfin c'est pas la première fois, mais euh une manière de totalement déshumaniser une partie du monde, en tout cas justement les les Iraniens. Euh c'est un peu cette méthode brutale qui peut actuellement peut-être le le lui faire perdre le le soutien de beaucoup de de monde aux États-Unis.

Est-ce que sa manière de fonctionner, sa manière d'être, sa manière de de commenter en tout cas l'actualité peut justement lui faire perdre des soutiens ? Alors, pas forcément des soutiens, mais ça peut éviter à une certaine partie de la population d'aller vers lui. Notamment les indépendants très clairement, les voteurs, enfin donc les électeurs qui sont enregistrés en tant qu'indépendants.

La base Maga, non, elle va pas s'en va pas s'enfin ses principaux soutiens s'en aller parce que il est trop violent. C'est un discours qui est souvent mis en avant. Pitex encore une fois l'utilise beaucoup.

Euh il y a ce masculinisme extrêmement présent dans l'administration Trump porté par lui-même mais aussi par justement ses lieutenants. Donc euh ce vocab ce vocabulaire pardon extrêmement béliqueux euh il sert Donald Trump parce que c'est une vision assez binaire du monde. Et peut-être pour revenir sur ce que tu disais tout à l'heure en fait là où il est affaibli c'est que le son discours n'est absolument pas clair.

C'est lui-même en fait aussi qui met l'Iran dans cette disposition de pouvoir enrichir son uranium beaucoup plus rapidement quand il sort de l'accord qui avait été trouvé par l'ensemble des puissances en 2015. Donc en fait, c'est Donald Trump qui sort les États-Unis de cet accord et qui permet du coup à l'Iran de ne plus avoir cette réglementation et ce cadre juridique s'appliquant à l'enrichissement d'uranium. Donc en fait, il crée une situation sur laquelle évidemment ensuite il rebondit.

La guerre très clairement, elle a été pensée autant par le camp démocrate que par le camp républicain. Donald Trump, ce qu'il a fait, c'est qu'il a passé le cap justement en se croyant tout-puissant et c'est finalement un peu un parallèle au niveau de l'impérialisme dont tu parlais, un petit peu ce que pensait la Russie vis-à-vis de l'Ukraine. C'est-à-dire que finalement on a soi-disant des armées qui sont capables de tout détruire sur leur passage et finalement c'est de la résistance certes d'un régime qui est en déliquence mais qui tient quand même et justement un peuple qui ne s'est pas rebellé contre son propre son propre régime.

Donc il est affaibli, on l'a bien vu même dans le camp pour le coup là Maga parce que son discours n'est pas clair et il a essayé justement il est vraiment allé les chercher. Un nombre incalculable de textos d'email qui sont partis à la base maga pour expliquer le pourquoi de la guerre. Euh parce que ben normalement on ne fait plus de guerre, il l'a répété pendant tout le long de la campagne hein, pas de guerre pour changer de régime.

Ce n'est pas l'affaire des États-Unis. America first, on se concentre sur nous et on ne fait pas de guerre qu'on risque de perdre. Bon bah force de constater que finalement euh là on est dans on est vraiment dans le feu de l'action et que cette guerre même si le discours est de l'avoir gagné, c'est clairement un sentiment quand même très inégal au sein des États-Unis sur l'Iran.

Tu voulais ajouter quelque chose sur le justement en fait parce que là il y a des il y a des des élus pardon des élus républicains mais surtout démocrates d'ailleurs qui juge Trump inapte et qui souhaitent sa destitution. Ils invoquent le 25e amendement. Est-ce que selon toi il est possible que Trump soit destitué ?

Bon alors non. Et donc le le 25e amendement, bon c'est c'est un processus qui est vraiment très compliqué mais qui demande aussi beaucoup de de requirements quoi. Il faut quand même qu'il y ait le vice-président, la moitié du cabinet je crois et les trois/4 de la chambre qui votent dans les mêmes dans les mêmes dans la même direction.

Autant te dire que ça n'arrivera ça n'arrivera jamais hein. Bon, tout peut arriver mais bon en tout cas pas tout de suite. Et moi je pense aussi que d'aller dans cette direction de dire euh euh de psychologiser Trump, tu vois, c'est quand même assez dangereux pour le combattre parce que moi je trouve qu'il est pas si fou que ça.

C'est juste un suprémaciste quoi. et il agit comme un suprémiste, c'estd il se coi vraiment tout permis aussi bien aux États-Unis que que en dehors des États-Unis. Et donc il agit comme ça.

Et cette histoire de de d'être fou euh tu sais ça c'est une histoire quand même qui remonte à très très loin puisque'en 2016 les démocrates l'ont toujours utilisé contre lui hein. En 2016 tu avais Hillary Clinton euh qui avait dit euh dans sa stratégie de conquête des des primaires, elle avait dit ça s'appelait la Pit Piper Strategy. tout le monde peut googler ça sur internet qu'il fallait qu'il était fou et que donc il fallait vraiment pas l'attaquer beaucoup pendant pendant la campagne parce qu'il fallait le laisser monter pour que ça soit vraiment l'ennemi ou l'adversaire rêvait puisqu'elle se disait bon elle qu'elle allait gagner haut la main contre lui puisque lui était fou et que tout le monde allait le voir.

Bon on voit comment ça c'est fini. Euh moi je crois qu'il faut combattre Donald Trump. Alors surtout pas sur la personnalité, tu vois ça sert à rien parce que de toute façon sa base l'adore.

Euh il faut qu'on batte Donald même en disant bon c'est l'extrême droite, c'est bon c'est vrai que c'est l'extrême droite tu vois mais c'est pas en disant ça que on va faire voter les gens pour le camp adverse. Euh il faut proposer quelque chose de totalement différent. Et là bah le camp démocrate comme d'habitude encore maintenant est assez endormi finalement et propose pas quelque chose qui puisse voilà mener le peuple américain de l'avant.

Clair sur cette volonté pour certains de de rendre Trump inapte ou en tout cas on le considérait comme fou justement Tristant disait faut pas peut-être trop psychologiser Trump qu'est-ce que tu en penses ? Et justement en tant que démocrate tu penses quoi de tout ça ? Moi, je suis d'accord.

Je vais faire peut-être un parallèle un petit peu un petit peu compliqué, mais c'est comme quand on dit des femmes et souvent des femmes au pouvoir qu'elles sont toutes folles histor Non, mais sincèrement, il est vrai que en fait c'est un argument par le bas. Si on y arrive par là, bon bah écoutez, pourquoi pas ? Mais bon, je n'y crois pas effectivement sur l'aboutissement de cette procédure.

Mais deuxièmement, effectivement faut faire attention surtout à ce qu'il porte. Il porte un projet de société. On va on va en parler là, mais il y a il y a plein de sujets actuellement aux États-Unis.

Donc euh le la guerre en Iran, quand il dit détruire effectivement une civilisation entière, enfin on parle quand même d'une civilisation en plus euh euh extrêmement euh euh pardon extrêmement enfin avec une grande histoire, un grand rôle euh surtout dans la région bien évidemment. Donc on est absolument dans un délire de d'impérialisme effectivement, de suprémiste blanc qu'il essaye autant au sein de ses frontières qu'enhors de ces frontières de mettre en place. et euh on le voit avec la citoyenneté de naissance dont on va dont on va parler.

Ben justement, parlons-en. Euh qu'est-ce qui se passe justement au au-unis euh concernant justement le euh tout ce qui est crise constitutionnelle ? Est-ce qu'on est face à un état de droit classique ou on est dans une hyper présidentialisation du système ?

Et justement cette histoire de citoyenneté de naissance ? Euh bah alors oui, pour répondre peut-être à ta il y a deux questions euh sur le système institutionnel. Moi ce qui est quand même assez intéressant, c'est que le président des États-Unis finalement il a pas tant de pouvoir que ça à la base hein.

Euh c'est que là effectivement il y a une stratégie, on en parlait rapidement tout à l'heure, mais une stratégie de d'hyper présidentialisation, tu viens de le dire, mais donc de il n'y a plus de place à aucun autre narratif. Nous sommes toujours dans le commentaire et dans la réaction à ce que porte Donald Trump et son administration. Et ça, c'est vrai qu'il réussit un coup de maître pour le moment puisque il fait ça depuis mais j'ai même pas envie de dire depuis qu'il est revenu au pouvoir mais depuis les 10 ans euh dans lesquels il s'est impliqué politiquement donc depuis 2016 euh et son sa première élection.

Donc il y a un renversement institutionnel dans le sens où même s'il n'est pas prévu dans les textes, ça en devient une réalité. Le Congrès a totalement disparu. Normalement, le Congrès, c'est l'institution, maîtresse et clé du système américain.

Le con le Congrès est totalement à la main euh de la Maison Blanche et c'est la Maison Blanche qui dicte l'actualité et il n'y a pas de de prise de position des élus républicains. En tout cas aujourd'hui, malgré les margeor leur green, en tout cas les petits sous-bressaux qu'on a pu voir, ça reste très en ordre de marche et donc le pouvoir est désormais à la Maison Blanche très clairement et c'est là d'où viennent les attaques du système institutionnel. Donc par exemple, et c'est le point sur la citoyenneté euh de naissance, euh donc il veut normalement en fait c'est vu que c'est un amendement, c'est le 14e amendement euh de donner la naissance euh automatiquement à toute personne née sur le sol américain.

Et donc ce que reproche Donald Trump à cette disposition, c'est le fait que même si c'est les parents de l'enfant sont sans papier par exemple et donc ne sont pas en situation régulière sur le territoire des États-Unis, et bien l'enfant est quand même américain. Donc il dispose de la citoyenneté américaine. Donc comme c'est un 14e amendement, normalement ça demande une réforme constitutionnelle et c'est très compliqué les réformes constitutionnelles.

Justement c'est les trois/4 du Congrès pareil qui sont d'accord. euh enfin et donc là, il essaie de passer par décret euh et donc de manière contournée euh institutionnellement parlant justement sur une disposition qui est normalement celle de la Constitution. Et euh on va y revenir mais par exemple hier donc euh il est allé à l'audience euh justement donc sur ce casin Trump versus Barbara euh il est allé à l'audience pour mettre la pression sur les tribunaux.

Tribunaux qui avaient toujours rejeté hein cette disposition. chaque fois qu'ils avaient été saisis, ils avaient rejeté euh euh les cas justement en défense de ce 14e mois euh et là le le président de la cour lui a quand même bien répondu "Oui, on a changé de monde, vous avez raison." euh enfin pas à Trump justement mais euh au je perds le nom mais pardon bah à la à la défense quoi, enfin à la pardon à celui qui a euh plaidé pour et j'ai perdu le nom euh plaidé pour justement la cause de la remise en cause de cet amendement-là.

On lui a répondu "Oui, on a peut-être changé de monde avec les flux migratoires et cetera, l'avion qui permet de venir simplement sur le territoire mais on n pas changé de constitution." Et donc là encore, on est en dans en fait, on est dans pas dans un changement euh clair, on n'est pas dans un coup d'état, mais on est dans effectivement des coups d'état un peu systématiques, moins visibles qui remettent en cause l'équilibre institutionnel effectivement des États-Unis. Oui.

Bon, le grand problème c'est la Cour suprême. La Cour suprême, c'est une institution qui est antidémocratique et qui a bien des égard ben légifère finalement sur la vie des des Américains. Pourquoi il y a le mariage gay aux États-Unis ?

Parce que c'est la Cour suprême qui a légiféré. Donc ça c'est plutôt quelque chose de positif. C'est pas du tout, c'est pas du tout dans la loi.

Pourquoi il y a plus l'avortement universel, disons, aux États-Unis ? parce que la Cour suprême agiéré et là tu as affaire quand même à neuf personnes qui sont nommées avis. Alors voilà par des si c'est par des présidents plutôt démocrates, plutôt libéraux et puis c'est des présidents plutôt républicains, plutôt conservateurs.

Et donc ces gens-là et bien changent la vie de millions d'Américains aux États-Unis. Euh et bien évidemment, alors c'est une une institution très conservatrice et que les Républicains adorent, les démocrates ont toujours dit "Mais nous, on va euh on va changer tout ça, on va réduire le nombre de juges, on va on va on va réduire aussi les termes, les mandats, euh on va faire en sorte que ça soit pas avis." Euh mais en fait, à chaque fois qu'ils sont au pouvoir, ils ne changent jamais rien.

Et donc, il y a un énorme problème là avec cette cour suprême. Donc, comme l'a dit Claire, non seulement la Cour suprême a quand même légiféré, enfin, ils ont ils ont fait un un euh ils ont donné une opinion. Donc sur les thérapies de conversion, donc les thérapies de conversion pour pour donc convertir des jeunes personnes qui se sentent LGBT en hétérosexuel.

Je crois que c'est ça quoi le le but de la thérapie de conversion. Euh bon, c'est quelque chose de complètement fou ça. Maintenant, c'est euh c'est euh devenu relégal grâce euh grâce à à à la Cour suprême parce que euh la Cour suprême nous dit ce qui est très important, c'est que la liberté de pensée, euh la liberté de parole euh bah soit respectée.

Et donc ça c'est dans la liberté euh de parole. Même chose pour le droit du sol, ça c'est complètement fou. Les pays le l'Amérique, les États-Unis, c'est un pays où il y a le droit du sol.

Et donc ce qu'ils veulent faire, c'est faire en sorte de de faire en sorte que tout le monde n'it pas accès à la nationalité, à la citoyenneté. Et quand tu enlèves le droit du sol, ben après, tu peux aussi qui a été naturalisé, combien de temps, qui aura le droit la naturalisation, est-ce que tu peux enlever la naturalisation puis pourquoi pas après bien enlever la citoyenneté à des gens. Donc c'est vraiment, on ouvre une boîte de pandore là qui c'est très réfléchi encore une fois comme tu le disais, moi je crois pas du tout qu'il est fou hein.

C'est un un programme qui est très réfléchi. C'est un programme d'extrême droite très bien construit, suprémaciste pour rétablir voilà la bon comme si elle était comme si elle n'était jamais partie mais bon la suprématie blanche aux États-Unis. C'est ça qu'ils veulent faire et c'est ça le le centre de son de son idéologie.

Euh et euh c'est ça qui est au centre aussi de ces décisions à la Cour suprême parce que là actuellement à la Cour suprême la majorité des juges sont plus républicains que démocrates. C'est ça. Sont plutôt voilà conservateur.

Oui. Ils sont nommés par Donald Trump effectivement et euh on a eu euh on a eu pas mal de nominations justement euh du coup euh personnelles de Donald Trump et le fait qu'il soit lui-même présent à une audience ça se fait enfin je est-ce que il y a des cas avant lui de présidents qui viennent sur des affaires comme celle-ci à l'audience ? On avait jamais vu ça, c'est-à-dire et là c'est quand même une audience de la Cour suprême.

C'està-dire on avait jamais vu ça. Euh donc ça aussi rappelle sur une une affaire de droit du sol et il est venu témoigner il est il non enfin il est pas venu témoigner mais il est venu dans l'audience quoi, dans le public. Il a pas de prendre la parole. mais il était là.

Mais ça ça s'est jamais fait encore une fois, mais c'est pour essayer voilà de euh d'impressionner euh les gens qui euh qui sont en charge de prendre cette décision. Euh et ça encore une fois vraiment ça s'était jamais vu. Puis il faut quand même savoir que bon euh voilà une séparation des pouvoirs techniquement aux États-Unis euh et là bon bah il la respecte pas du tout encore une fois.

Puis il va vraiment dans les détails hein. Enfin ilut c'est encore une fois là c'est effectivement une stratégie. C'est-à-dire que quand il demande de venir euh vu que c'est la première fois et que ça déroute complètement l'ensemble des des personnes présentes et même ses partisans, il demande à être au milieu du banc alors même qu'on lui avait trouvé une place justement vu qu'il n'a pas à être là en en en fond de banc en tout cas sur le côté, il a demandé à être présent donc il était en face des juges. qu'il faut quand même se rendre compte de la pression effectivement au niveau de la séparation des pouvoirs que cela se représente.

En plus et pour pour noter pour revenir ce que sur ce que disait Tristan tout à l'heure, effectivement le par rapport à nous où on fonctionne beaucoup par loi et par législation, le pouvoir jurisprudentiel aux États-Unis est vraiment central. Donc le pouvoir des juges et la Cour suprême par rapport aux menaces en plus qu'il a pu euh euh proférer à enfin en direction euh des présidents tribunaux même plus locaux au niveau des États. Euh enfin c'est c'est vraiment quelque chose qui a institué au niveau de son administration.

Euh et pour parler donc de la population euh américaine, on vient de le comprendre à travers tout ce que vous dites. Elle elle subit pas mal de choses là. Actuellement, l'administration Trump vente les bons chiffres de de l'économie américaine, états-unienne en tout cas, mais le ressenti de la population n'est pas le même.

Tristan, justement, est-ce que tu peux nous en parler ? Ouais, ben c'est comme d'habitude, c'est aux États-Unis, les chiffres sont assez bons. C'est la bourse, ça va pas si mal que ça.

Les chiffres de la de de de du chômage sont bons. Bon, il y a des créations d'emploi. Bon, c'est pas aussi fort qu'avant.

Euh mais alors en effet, aux États-Unis, c'est vrai, tu vas dans n'importe quel supermarché, tu trouves un emploi euh directement. Euh il y a vraiment euh voilà, c'est très facile de trouver un emploi. Le grand problème, c'est que ces emplois sont toujours très précaires euh la plupart d'entre eux, et assez mal payés.

Euh et donc ce que l'on voit, c'est vraiment une grande anxiété économique finalement euh aux États-Unis. Et il y a toujours cette dicotomie entre eux. on nous dit voilà les chiffres sont très bons, regardez les chiffres, on est on a une économie qui est forte et puis en fait le ressenti des gens c'est pas du tout ça.

Et on le voit ça, tu vois deux choses moi que que j'ai que j'ai vu dans dans les dernières semaines là il y a des grèves de plus en plus souvent et des grèves en fait dans des domaines où ben c'est on avait pas l'habitude d'en voir. Tu vois, par exemple, il y a une grande grève des infirmières à New York très récemment, il y a quelques semaines qui s'est fini plutôt bien pour elle, pour eux et ça, tu vois, c'était c'était des jobs encore il y a encore 10 15 ans surtout pour des populations, tu vois, immigré de première génération qui c'était des bons jobs ça. Les gens aimaient faire ce boulot ça, il y avait une certaine sécurité de l'emploi, c'était assez bien payé.

Le tout ce qui est médical est très bien payé aux États-Unis en général. Euh là euh là elles étaient en grève, tu vois. Euh et puis autre chose, dans mon domaine, le domaine de l'université, tu as de plus en plus euh de profs qui font grève.

C'est incroyable. Mais euh mais moi, il y a encore 10 ans, on voyait jamais ça. C'était plutôt des encore plutôt des jobs euh assez sécur et puis assez bien payés.

Euh et et je regardais par exemple NYU New York University. Euh, ils sont en train de faire grève là, ça fait 3 semaines. Euh, tu as des tu as des témoignages qui sont absolument fous à la télévision.

Euh alors moi je savais parce que je je suis dedans mais des profs qui travaillent à temps plein euh à New York University, une des plus grandes université de New York mais aussi une des plus grandes universités finalement du monde qui travaille à temps plein à à New York University dans des niveaux graduate c'est-à-dire des niveaux de maîtrise de doctorat et cetera et qui disent à la télévision "Mais moi, j'ai besoin de prendre deux autres jobs pour subvenir à mes besoins." Là on est quand même, tu vois, on est quand même dans autre chose mais ça c'est tout à fait normal encore une fois. aux États-Unis, je connais très peu de monde aux États-Unis qui des gens qui auraient tu vois un seul boulot euh qui travailleraient leur 40h et puis qui rentre à la maison puis dis c'est bon quoi.

Non non, les gens ont tous deux ou trois gigs après pour compléter leur revenu euh parce que la vie est dure, la vie est très chère et puis parce qu'il faut toujours rappeler que il faut toujours tout payer aux États-Unis. J'ajoute aussi un truc. Nous, ce que l'on voit aussi dans les universités en ce moment et là c'est vraiment dans toutes les universités dans le pays, euh c'est un énorme déclin dans les inscriptions.

Euh c'est-à-dire que euh dans les inscriptions surtout en master euh qui sont en général des diplômes très valorisés aux États-Unis. C'est-à-dire que dès que tu as un master, en général, tu reçois une augmentation, en général tu as une promotion. Euh les gens s' s'inscrivent plus. il y a 20 à 30 % de déclin et si tu veux quand les gens s'inscrivent plus dans ces formations là bon bah c'est qu'ils ont vraiment moins confiance en l'avenir hein.

Ça c'est très c'est assez évident. Et donc nous, on a vu là vraiment des déclins dans dans les inscriptions qui sont des déclins records. Donc moi ce que je vois c'est que bien évidemment comme d'habitude les chiffres sont bons.

Euh peut-être qu'un jour les les chiffres reflèteront peut-être un peu plus la la réalité mais dans la réalité de la vie de tous les jours, les Américains rament vraiment au jour le jour. Clair ? Ouais.

Je crois qu'il est difficile en fait de se projeter parce que économiquement on a souvent enfin ça fait qu'un an qu'il est revenu au pouvoir finalement et donc il a encore quand même beaucoup des mesures prises par l'administration Biden avant et en fait ça met du temps aussi à avoir des effets ce qu'il met en place. Euh, on parlait des droits de douane à de nombreuses reprises, mais c'est vrai les économistes, alors je suis pas économiste hein, mais ils disent souvent que ça prend apparemment 1 an et demi, 2 ans à avoir vraiment les effets sur les ménages pour que le bout de chaîne en fait parce que bah effectivement, une veste que vous achetez 100 dollars qui passe à 25 % de droit, bah elle est à 125 dollars. Euh et là, je parle d'un produit qui normalement si vous avez déjà une veste n'est pas complètement nécessaire à la vie.

Euh donc du coup le vraiment le point de l'impact sur les ménages pour parler comme ça euh et ben on ne le connaît pas aujourd'hui. Et donc ils disent que c'est enfin les économistes donnent des il y a des variations j'avais encore regardé la dernière fois c'était entre 800 et 1500 dollars par ménage par an qui pourrait être le résultat économique réel de ces tarifs donc de ces droits de one pardon. Donc c'est quand même pas anodin euh pour justement une population qui est déjà en difficulté et c'est Mandani qui a sorti là un rapport municipal disant qu'il y avait 60 % de la population new yorkaaise aujourd'hui.

Euh donc notamment pour justifier les politiques qu'il met en place et les financements qu'il demande à la gouverneur d'ailleurs de l'État de New York. Euh mais donc environ 5 millions de de personnes quand même qui ne vivraient pas avec les ressources nécessaires pour New York. Donc on parle de logement, on parle de transport, on parle de crèche.

Donc euh même sur une ville qui est quand même être censée être la vitrine justement des États-Unis, on a des véritables soucis de bah de pouvoir d'achat tout simplement. Alors après euh bien loin de moi, l'idée de commenter euh les principes de stagflation et cetera, je n'en ai aucune idée de est-ce que ça va se vérifier ou pas. Mais en tout cas, forcé de constater que la dernière les derniers chiffres qui sont sortis euh euh et c'est donc normalement ils sont plutôt allant sur le positivisme états-unien.

Euh bah aussi donner un un point important parce qu'on a beaucoup parlé des démissions aux États-Unis et notamment des jeunes parce que il y avait justement cette volonté d'une meilleure vie et cetera. Bah elles ont elles ont chuté totalement. euh on garde et on s'accroche au job euh justement pour pouvoir euh être sûr à minima d'avoir un salaire, ce qui rejoint totalement ce que tu disais sur la multiactivité par ailleurs.

Donc euh enfin les chiffres globaux sont bons. Euh certes, mais c'est vrai que ça donne quand même une image de faiblesse mais encore une fois très inégalitaire, c'est-à-dire qu'on a une bourgeoisie qui va soutenir le pouvoir en place et l'extrême droite si on l'appelle comme ça du coup en place, ce qui est loin d'être nouveau, hein, sous le soleil. Et puis bah derrière on a ceux qui étaient déjà en difficulté qui se retrouvent les classes moyennes qui sont vraiment encore plus en difficulté et les pauvres bah qui sont encore plus pauvres.

Et donc pour terminer Claire vient de le citer, c'est Zoran Mamdani vient de faire ses 100 jours en tant que maire de New York. Ça va être la fin de l'émission. Donc quelques infos justement sur les 100 jours de Zoran Mamdani he toi Tristan qui a écrit un livre sur lui.

Ouais mais alors c'est le problème de Zoran Mamdani c'est comme on en a parlé d'ailleurs toute durant toute l'émission c'est que il fait beaucoup de choses. Alors bon tu parlais du logement alors il des millions de choses qui ont été faites c'est d'ailleurs pour reconstruire des logements pour réparer des logements pour faire la chasse aux mauvais propriétaires et cetera. Bon le logement c'est central à New York mais aussi sur les cages universelles et cetera.

Bon il y a vraiment beaucoup beaucoup d'avancé. Le problème de Z Mamdani, c'est que ça passe pas le mur du son. C'est-à-dire on nen entend pas parler en dehors de New York.

C'estàd il n'émerge pas comme une figure aux États-Unis capable de montrer une alternative. Pourquoi ? Parce que Donald Trump et puis alors bien évidemment relayé par les journalistes et les chaînes d'info en continu occupe absolument tout l'espace.

Donc on peut pas dire donc Zoran Mabdani pour moi les 100 premiers jours, c'est un dépac, c'est un mandat qui est très positif. puis là changer beaucoup de choses au au à New York et ça va vraiment aider beaucoup de communautés mais on en entend pas du tout parler aux États-Unis. Donc tu n'as pas un contrepoids qui émerge là et un contrepoids voilà à la gauche du Parti démocrate.

Et puis il faut bien le dire aussi c'est quelqu'un qui essaie vraiment de se focaliser sur ce qui se passe à New York et ça on peut tout à fait le comprendre. C'est quelqu'un qui ne prend pas encore sa pleine place dans les chiques. Tu vois, par exemple, juste hier, il a fait une grande interview à Politico.

On lui a dit "Mais pour euh 2028, vous pensez que Camalaris doit se représenter ?" Et je te promets, il rigole et on voit qu'il est un peu pris de cours. On voit qu'il lui a pas vraiment pensé.

Il dit "Écoutez, moi je suis pas du tout là-dedans. J'y pense pas du tout. Euh peut-être que c'est bien, peut-être que c'est pas bien, je vous donnerai mon avis en 2027." Donc tu vois, il est un peu déconnecté de de la scène nationale et il a quand même un peu de mal à se faire entendre euh ben sur dans les médias et à faire la publicité de ce qu'il fait.

Bah merci à tous les deux pour ce numéro du de du côté de chez Sam. Euh on se retrouve dans deux semaines. Normalement ce sera Irving Magie qui sera avec vous.

Toi Tristan seras certainement en visio et clair en plateau. Merci à vous de nous avoir suivi. N'hésitez pas à nous soutenir sous soutenez.v.fr.

FR. En attendant, je vous laisse avec la suite des programmes du média.