Mort de Quentin Deranque, possibles alliances à gauche... Le "8h30 franceinfo" de Jérôme Guedj
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France Info. Bonjour Jérôme Guedt. Bonjour. Merci d'être avec nous sur France Info. Bonjour Paul. Bonjour à tous. Les tensions sont encore vives. Plus d'une semaine après le meurtre de Quentin de Ranck, samedi une marche à rassembler des figures de l'ultra-droite, on va en parler. Mais d'abord, LFI sous le feu des critiques, alors que des collaborateurs d'un de ses députés sont mis en cause dans l'enquête. Hier sur BFM TV, Mathilde Panot a dénoncé une opération politique.
Ce qui instrumentalise ce drame, en faisant croire que les insoumis auraient du sang sur les mains, sont hautement irresponsables. Nous sommes face à une instrumentalisation politique qui vise à décrédibiliser notre force politique. Pourquoi pas la faire disparaître ?
Jérôme Guedt, est-ce que les politiques surfent sur ce drame pour accabler, déstabiliser la France insoumise ?
Il n'y a pas besoin que les politiques surfent sur ce drame. La France insoumise, toute seule, décide de tendre les bâtons pour se faire battre. Moi, je ne mets pas en cause la responsabilité pénale de la France insoumise. Il y a une enquête judiciaire, il y a un homicide volontaire, il y a des gens qui vont être pénalement responsables individuellement.
Mais quelle est la responsabilité alors ?
C'est une responsabilité politique et donc une responsabilité morale. Et quand on est engagé dans le débat public, il faut assumer les conséquences de ces actes. Quand la France insoumise décide, dans l'année 2023, Jean-Luc Mélenchon lui-même l'a théorisé dans une de ses conférences la semaine dernière, de se rapprocher de la jeune garde, considérant que ce mouvement qualifié d'autodéfense populaire sera utile pour renforcer la France insoumise.
Quand il va aux rencontres d'été de ce mouvement, quand il décide de faire de l'animateur Raphaël Arnault un candidat aux élections législatives, eh bien, il s'acoquine avec une orientation politique qui fait du recours à la violence un élément banalisé. Or, je le dis à gauche, la rupture avec toute forme de violence est consubstantielle de l'engagement politique qui doit demeurer la dispute apaisée et pas l'idée selon laquelle, à un moment donné, il peut y avoir des violences légitimes. La seule violence légitime, c'est l'État qui a le monopole de la violence légitime.
Elle a fait considérer qu'il y a des violences légitimes ?
Mais quand j'entends qu'il y a des violences défensives qu'il faut distinguer d'une violence offensive et qu'il y a des gens qui peuvent s'organiser pour cela, moi, il ne peut pas y avoir de complaisance.
Je vous le dis à quelque chose qui est principiel. Quand les élus et les filles condamnent catégoriquement la violence, vous ne les croyez pas, c'est ça que vous nous dites ?
Mais il y a les paroles et il y a les actes. Quand, encore une fois, on fait appel à ces mouvements pour assurer son service d'ordre, mais que ce mouvement est lui-même mis en cause dans des événements problématiques, on peut parler d'un des jeunes, je ne sais pas s'il est jeune d'ailleurs, qui est mis en examen et en détention provisoire aujourd'hui. Il est poursuivi pour une agression à caractère antisémite en mai 2024, déjà en marge d'un rassemblement de Rima Hassan où, en sortant dans le métro, ils se sont pris à une personne, à un jeune juif, en lui traitant de salchioniste, en lui demandant de crier « Vive la Palestine » dans le métro. Et tout ça est connu.
Et donc, quand on continue à les avoir dans son entourage, eh bien, on assume la responsabilité. Voilà. Moi, je n'ai pas envie de passer des heures à commenter les déboires de la France insoumise. Elle a fait un choix d'orientation politique que je condamne depuis des mois et des mois, avant même ce drame de Lyon. Et je trouve que l'inversion accusatoire aujourd'hui de la France insoumise est un petit peu confortable. cette espèce de victimisation qui veut les dédouaner de ce qui est au cœur de l'engagement politique, assumer ses responsabilités.
C'est intéressant, ce débat. On va écouter les arguments. Sur votre siège, la semaine dernière, je dis qu'il y avait justement Manuel Bompard qui ne lâche rien, qui fait bloc autour de son député, donc Raphaël Arnaud. On l'écoute.
La manière avec laquelle on essaye de rendre responsable Raphaël Arnaud qui n'est aucunement concerné par l'enquête...
Ça veut dire qu'il ne va pas être exclu de la France insoumise ?
Certainement pas, madame. En vertu de quelles règles que vous avez inventées désormais une personne, un employeur devrait être responsable des actes commis par ses salariés ?
En vertu de quelles règles un employeur devrait être responsable des actes commis par ses salariés ? Qu'est-ce que vous lui répondez ?
Qu'au-delà du droit qu'il semble invoquer, il y a une forme d'éthique et de vertue républicaine qui consiste à envoyer le signal de la responsabilité. Le fait de dire je prends la mesure que la complaisance, la connivence, l'adoubement d'une forme d'engagement politique a des conséquences qui nous éclaboussent. Et donc, le parti pris qui est de faire bloc, de faire corps, de revendiquer, si je veux dire, le côté nous sommes assiégés, c'est les autres qui sont méchants, c'est cette incapacité à se remettre en question.
C'est quoi ? C'est de l'inversion accusatoire ?
Je l'ai dit, c'est une forme d'inversion accusatoire. C'est assez classique de la part de la France insoumise. Mais encore une fois, je vous invite collectivement à ne pas passer nos heures et nos minutes à parler matin, midi, soir de ces questions-là parce qu'en fait, en réalité, c'est ce que la France insoumise veut, veut qu'elle soit au centre du débat politique en assumant des positions de singularisation et de conflictualisation parce que c'est cette polarisation de la vie politique qui les intéresse pour que ne s'installe que le débat entre le racement national et la France insoumise.
Il y a des millions de Français de droite et de gauche et moi, je m'intéresse à ceux de cette gauche républicaine qui se sentent orphelins de voir dans le débat politique cette confrontation qui étouffe cette dispute apaisée, ce que moi, je revendique comme étant le courage de la nuance en politique, la capacité d'avoir des convictions mais de ne pas les exprimer dans l'outrance, le bruit et la fureur, le vacarme et le tumulte en permanence.
Raphaël Arnaud a été élu avec l'étiquette du Nouveau Front Populaire. Il avait déjà cofondé la Jeune Garde. Il avait déjà été condamné en 2022 pour violences volontaires en Réunion. Est-ce que les autres partis de gauche doivent aujourd'hui balayer devant leurs portes aussi ?
En l'espèce, la France Insoumise qui, sur son quota, si j'ose dire, avait décidé à cet endroit de présenter ce candidat mais c'est la raison pour laquelle, moi je pense qu'aujourd'hui, comme on ne peut pas faire confiance aux choix assumés qui sont faits par la France Insoumise, comme on est en désaccord majeur sur cette brutalisation et cette conflictualisation du débat politique, sur cette remise en cause de principes essentiels dans la République, l'universalisme républicain, la laïcité, l'intransigeance dans la lutte contre le racisme et l'antisémitisme, c'est la raison pour laquelle je le dis et je le redis mais ça ne date pas du drame de l'affaire Quentin, il ne doit plus avoir le moindre contact politique, électoral, programmatique avec la France Insoumise.
Moi je l'ai fait dès juillet 2024 au moment de la dissolution et de la constitution du nouveau Front Populaire compte tenu de ce qui avait été dit déjà précédemment par Jean-Luc Pélenchon, compte tenu de la campagne dégueulasse qui avait été faite contre Raphaël Glucksmann, on était dans les européennes, contre Emma Rafovitch qui était sur la liste de Raphaël Glucksmann, Olivier Faure lui-même avait dit il ne peut plus y avoir d'accord électoral. Moi j'ai assumé et j'ai pris le risque. J'ai refusé d'être candidat du nouveau Front Populaire. Mais vous étiez très isolé à l'époque.
J'ai refusé d'avoir le logo de la France Insoumise et pire, j'ai eu une candidature face à moi soutenue par la France Insoumise. Effectivement, vous aviez une candidature en France. Et à ce moment-là, je termine ma phrase, j'ai mis en pratique un principe auquel je me tiens. Mieux vaut prendre le risque de perdre une élection que de perdre son âme. Et la gauche républicaine s'abîmerait dans toute complaisance, dans toute complicité ou regarder ailleurs quand on a des choses aussi essentielles dans le débat.
Qu'est-ce qu'elle doit faire la gauche républicaine aujourd'hui ? Est-ce que la réaction d'Olivier Faure, le premier secrétaire du Parti Socialiste, est à la hauteur, selon vous, du point de vue de vos arguments ?
Écoutez, il ne faut pas tergiverser. Quand on a l'analyse de dire que les gens doivent faire leur cas de conscience, leur examen de conscience, non. On a déjà constaté que ce n'était plus possible. La France insoumise a fait le choix d'une singularisation dans le débat politique, d'une conflictualisation qui ne correspond pas à notre tradition politique. Elle a fait le choix de franchir la ligne rouge sur plusieurs sujets, dont le rapport à la violence et c'est la connivence avec la jeune garde. Elle a fait le choix d'être plus qu'ambiguë, là aussi, de franchir la ligne rouge dans la question de la lutte contre l'antisémitisme, dans la question de la défense de la laïcité. Quand ?
Vous savez, la politique, ça commence par les valeurs et par les principes. À gauche, moi je veux bien qu'on ait des débats de degrés pour savoir est-ce qu'il faut un peu plus de TVA ou est-ce qu'il faut un peu plus de remboursement par la sécurité sociale. On a des débats de cette nature-là. Mais par contre, il y a des choses sur lesquelles on ne débat pas. On ne débat pas de la laïcité, on ne débat pas de la République, on ne débat pas de la lutte contre l'antisémitisme, on ne débat pas du refus de la conflictualisation et de la nécessité de construire de la concorde et du rassemblement. La France insoumise aujourd'hui, mais encore une fois, je me désole.
Olivier Faure a supprimé un passage de son poste de blog, un passage dans lequel il mettait sur le même plan le mouvement Antifa, la Jeune Garde et des groupes d'extrême droite comme Génération Identitaire ou l'Action Française. Pourquoi a-t-il retiré ce passage ? C'était un passage qui n'avait pas plu à Manuel Bompard.
Il faut nommer les choses telles qu'elles sont et je n'ose imaginer que ce soit parce que Manuel Bompard a haussé la voie que ce passage a été retiré. Quand on a des convictions, il faut les dire. Moi j'assume, je ne sais pas si c'est du courage, mais c'est cette conviction et cette cohérence de ne pas renoncer à exprimer ses valeurs dans le débat politique.
Donc vous mettez sur le même plan les groupes d'ultra-gauche et les groupes d'ultra-droite ? Même quand les groupes d'ultra-gauche se revendiquent de l'antifascisme ?
D'abord, il y a une autre inversion accusatoire. L'extrême droite elle-même veut se blanchir, si j'ose dire. Je n'oublie pas que l'extrême droite, elle historiquement recourt à la violence que ces dernières années. C'est dans la mouvance de l'extrême droite qui a eu le plus d'agressions, de meurtres même, de décès, de procès engagés. Et donc, je ne blanchis personne. Mais à un moment donné, je suis cohérent. Ce n'est pas parce qu'il y a une violence d'extrême droite qu'il faut exonérer la violence d'extrême gauche. Je suis contre toute forme de recours à la violence dans le débat politique parce que ça abîme le pacte républicain. C'est la loi du plus fort.
La politique, c'est le contraire de la loi du plus fort. Si on laisse s'exprimer le recours à la violence, alors tout est foutu. Parce que ça se passe la même chose sur la scène internationale. C'est la loi du plus fort avec Donald Trump qui pense qu'il n'y a pas de droit international et on fait ce qu'on veut. C'est la loi du plus fort avec Vladimir Poutine qui dit qu'on peut envahir le pays d'à côté parce qu'il n'y a personne qui peut s'y opposer. Si on transige sur ces principes de l'état de droit, du respect des règles et du non-recours à la violence, alors c'est foutu.
Et je dis, c'est un continuum entre ce qui se passe à l'échelle d'une ville ou à l'échelle du monde et il y a une responsabilité éminente. Donc je ne dédouane aucun des extrêmes qui recourent à la violence et qui sont, disons-le, des menaces pour le cadre apaisé qui doit être celui du débat démocratique.
On entend cette question. Quelle conclusion en tirer pour la gauche sociale démocrate après ce drame ? Mais tout de suite, il est 8h44 et c'est l'info en 1 minute 8h45 avec Laura Dulieu.
La France appelle ses ressortissants au Mexique à éviter les déplacements et à se mettre à l'abri dans certaines zones du pays en proie à des violences depuis la mort d'un chef de cartel tué hier dans une opération militaire. Plusieurs axes routiers ont été bloqués par des hommes armés. L'ambassadeur des Etats-Unis convoqué ce soir au Quai d'Orsay à Paris après un commentaire posté sur le réseau X par l'ambassade américaine sur la mort de Quentin Durant qu'à Lyon affirmant, je cite, que l'extrémisme violent de gauche est en hausse. Samedi, la marche en hommage aux militants identitaires à Lyon a été marquée par des saluts et chants nazis ainsi que des insultes racistes et homophobes.
La décrue s'amorce lentement dans l'ouest de la France. L'eau a baissé de quelques centimètres hier à Angers et les autorités prévoient une rentrée scolaire quasiment normale pour les écoliers de la zone A. Loire-Atlantique, Maine-et-Loire et Charente-Maritime sont toujours ce matin en vigilance rouge. Le drapeau olympique est désormais dans les Alpes françaises qui organisent les Jeux d'hiver de 2030. Ceux de Milan-Cortina se sont clos hier soir avec un record de médailles pour l'équipe de France 23 dont 8 en or et les athlètes tricolores sont attendus ce soir à Albertville en Savoie pour une cérémonie.
France Info Le 8.30 France Info Agathe Lambret Paul Larouturou Avec Jérôme Gage député socialiste de l'Essonne et candidat à la présidentielle se pose maintenant la question des alliances Paul.
Oh oui pour les municipales et pour Raphaël Glucksmann qui était votre invité ça doit être clair LFI est devenue infréquentable on l'écoute dans le podcast dans les yeux d'Agathe
Je pense que le niveau d'attachement de LFI à la démocratie est plus que questionnable dans le rapport aux tyrannies extérieures mais aussi sur le rapport à la démocratie française elle-même cette brutalisation permanente du débat public le fait de désigner des cibles de flirter avec tous les trop de l'antisémitisme tout cela les rend infréquentables
Vous avez la même définition de l'infréquentabilité
Oui je partage évidemment l'analyse de Raphaël parce que d'abord on l'a éprouvé lui et moi dans des campagnes électorales et parce que j'ai la conviction que dans cette tenaille dans laquelle on veut nous enfermer il faut évidemment la desserrer et faire entendre la voix d'une gauche républicaine universaliste laïque écologique sociale qui n'arrive pas à franchir le mur du son et qui est un peu tétanisé et c'est la raison pour laquelle la question des alliances elle est cruciale parce que toute porosité rend suspect l'affirmation de cette gauche républicaine
Donc plus aucune alliance avec LF plus jamais le logo LF au côté du PS
Moi personnellement je l'ai décidé et je l'ai appliqué j'ai entendu que plusieurs formations politiques ont dit ça ne doit plus être le cas et donc il faut aligner les paroles sur les actes aux élections municipales aux élections législatives à l'élection présidentielle
Olivier Faure vendredi à Lille a répondu à ce que vous dites sur cette volonté de couper totalement les ponts avec LFI il n'y a aucun endroit en France où il y a des accords avec LFI vous m'interrogez en permanence sur des accords qui n'ont pas eu lieu au premier tour et qui ne sont même pas souhaités la question est close est-ce que la question est close Jérôme Gage ?
Dans ce cas-là les choses doivent être vérifiées stylo à la main c'est pas le cas
sur le terrain
très concrètement moi je le dis il ne doit pas y avoir au premier tour des élections municipales un seul bulletin de vote en France où le logo du parti socialiste serait à côté du logo de la France Insoumise parce que d'abord ça abîmerait tout le parti socialiste et parce que ce serait pardonnez-moi l'expression un bras d'honneur pour tous ceux de nos candidats socialistes qui sont en campagne des municipales en ce moment et qui ont face à eux des candidats de la France Insoumise je pense à Montpellier je pense à Paris je pense à Marseille qui veulent leur faire la peau Mélenchon a dit punissez les socialistes
vous ne dites pas de logo côte à côte PS LFI mais il y a plusieurs villes en France où dès le premier tour des Insoumis partent avec des socialistes
sur les mêmes listes c'est bien le problème
Agen New York
c'est bien le problème il y a quelques villes vous les avez mentionnées il y en a d'autres et c'est donc qu'est-ce qu'on fait dans ces villes-là je préférais que là le parti socialiste ses instances puissent dire très clairement que dans ces villes-là il n'y a pas l'autorisation d'utiliser le logo du parti socialiste et que ceux qui le font se mettent en marge de la position unanime je l'espère du parti socialiste
il doit y avoir
une clarification sauf que c'est donc comme le diagas que vous demandez à Olivier Faure parce qu'à Toulouse à Marseille ou à Amiens les listes d'union de la gauche vont avoir besoin des voix de l'électorat insoumis pour l'emporter vous parlez du deuxième tour oui bien sûr donc vous préférez que la droite ou l'extrême droite passe plus tôt que de refaire un pacte avec Jean-Luc Mélenchon
écoutez je pense qu'aller dans cette direction rendrait absolument incompréhensible brouillerait totalement le message de ce qui se prépare pour l'élection de l'année prochaine au moment de l'élection présidentielle le meilleur moyen le meilleur moyen d'éviter la victoire du Rassemblement National c'est de faire en sorte que la France insoumise ne soit pas qualifiée au deuxième tour de l'élection parce que de cette confrontation forcément le RN sort vainqueur je redonne toujours le même chiffre posez-vous la question que la France insoumise se pose la question pourquoi en 2017 quand les sondages testaient l'hypothèse d'un deuxième tour à la présidentielle entre Mélenchon et Marine Le Pen Mélenchon était dans les sondages à 65% et Marine Le Pen à 35% et aujourd'hui 9 ans après quand on teste la même hypothèse Mélenchon est à 30 ou 35% Bardella ou Le Pen sont à 65 ou 70% ça veut donc dire aujourd'hui que si on arrive dans cette situation alors c'est la victoire assurée du RN la gauche républicaine que je porte avec tant d'autres elle doit s'affirmer affirmer la distinction et la confrontation avec la France insoumise poser les sujets de préoccupation de nos concitoyens pendant qu'on fait de la tambouille politique on ne parle pas des sujets de préoccupation on ne parle pas de leur pouvoir d'achat des inquiétudes en matière de services publics d'accès aux soins
sur ce que vous dites pardon on entendait Raphaël Glucksmann
on n'arrive pas à parler des sujets de fond c'est dur je sais que c'est normal vous faites votre boulot mais voyez pendant qu'on commande toutes ces questions là j'ai tous les habitants qui disent mais qu'est-ce qu'ils nous proposent concrètement pour éviter de cette tenaille de cette opposition stérile entre le RN et la France
ils veulent savoir aussi d'où parlez-vous et ça c'est important notamment si vous voulez peser en 2027 que votre ligne soit clarifiée Raphaël Glucksmann parlait de la brutalisation du débat par LFI vous il y a quelques jours vous avez dit en cas de duel LFI-RN je préfère voter pour le candidat quel qu'il soit face au RN même s'il est LFI est-ce que vous le redites aujourd'hui vous ne dites plus jamais LFI même en cas de duel face au RN
je le redis très clairement c'est une hypothèse d'école qui ne verra pas le jour et c'est la raison pour laquelle
pour éviter qu'est-ce que vous faites en cas de duel
mais attendez je fais en sorte que ce duel n'existe pas parce que si ce duel existe c'est perdu d'avance le RN aura gagné mais non il n'existe pas de duel de deuxième tour entre le RN et la France insoumise et pour éviter ça je porte la voix de la gauche républicaine
donc vous bottez en touche Jérôme Guet
non je ne botte pas en touche je dis que si je réponds à cette question j'accrédite ce que les deux veulent ils veulent cette polarisation et donc des millions de gens ne se retrouvent pas dans cette situation pour éviter
donc vous revenez sur vos propos vous ne dites plus aujourd'hui sur votre LFI vous revenez sur vos propos
ma priorité c'est d'éviter la victoire du RN et pour éviter la victoire du RN il faut qu'il y ait en face un candidat issu de la gauche républicaine si c'est un candidat issu de la France insoumise alors c'est perdu ça veut donc dire que c'est au premier tour de toutes les élections à venir que ce soit les municipales ou les élections présidentielles qu'il doit y avoir ce choix clair et ce choix clair c'est celui 1 qui dit sur les valeurs intransigeantes sur les valeurs républicaines un programme qui protège les français et qui assume cette dimension de protection sur les questions de sécurité sur les questions de défense et les questions internationales mais aussi sur les questions économiques et les questions sociales et c'est aussi une culture du compromis parce que voyez-vous dans la période qui s'ouvre comme on le vit actuellement à l'Assemblée nationale il n'y aura pas de majorité claire qui se dégagera et le prochain président ou la prochaine présidente le prochain président élu devra composer avec des forces qui l'auront soutenu au premier tour de l'élection en tous les cas au deuxième tour de l'élection pour battre le RN donc assumer
cette culture du compromis Justement vous êtes candidat à l'élection présidentielle on se demande ce matin avec Agathe est-ce que c'est une candidature sérieuse est-ce que vous avez un directeur de campagne un slogan un programme un premier ministre en tête ou est-ce que c'est juste une façon non pas de faire parler de vous mais en tout cas juste de poser vos idées sur la table
Non je vous confirme c'est une candidature pour aller jusqu'au bout je travaille avec toutes celles et ceux qui ont envie que cette voix de la gauche républicaine ne soit pas étouffée par la polarisation que je mentionne de ceux qui considèrent qu'il faut avoir une gauche du réel une gauche des solutions capable de répondre aux préoccupations de nos concitoyens Allez je prends un seul exemple si j'ai 30 secondes voilà c'est pas les sujets dont on parle le plus vous savez ces jours-ci il y a une ministre qui va démissionner parce qu'elle a fait un autre choix personnel elle s'appelle Charlotte Parmentier-Lecoq elle était en charge des personnes âgées et bien voyez-vous c'est la cinquième ou sixième ministre depuis le début d'Emmanuel Macron qui a annoncé en 2019 une loi pour le grand âge et l'accompagnement des personnes âgées dans notre pays c'est un sujet de préoccupation majeure il y a 11 millions d'aidants qui accompagnent des personnes âgées il y a des EHPAD et des services à domicile qui sont sous-dotés on a des personnels qui sont insuffisants qui de fait ne répondent pas aux exigences d'accompagnement et de qualité on a un système qui est maltraitant de manière systémique et c'est un sujet que vous portez en tant que député vous le porterez en tant que candidat aussi j'ai envie que la question des vulnérabilités et des fragilités j'ai envie que la question de la protection sociale elle soit au coeur d'un projet politique de la manière de le financer de manière juste et équitable avec les bouleversements du monde du travail et de la production je veux produire des richesses pour les redistribuer l'intelligence artificielle télescope totalement le financement de la protection sociale je souhaite que l'année qui vienne soit mise à profit pour qu'on ait ces débats de fond sur des enjeux majeurs qui eux préoccupent nos concitoyens sur lesquels la France Insoumise n'a pas grand chose à nous dire
il y a combien de candidats à gauche pardon mais on a Olivier Faure qui a un visage de candidaté à la primaire on a Raphaël Glucksmann qui va peut-être annoncer sa candidature vous vous situez où est-ce que vous faites ça pour faire pression pour que votre ligne pèse et notamment faire pression pour que Raphaël Glucksmann sorte du bois ou est-ce que c'est vraiment vous vous dites vous avez des chances d'aller au bout dans ce paysage là
écoutez ce que je porte et j'incarne depuis des années que ce soit avec mon expérience d'élu local comme président du département de l'Essonne que ce soit comme député engagé à l'Assemblée Nationale capable de défendre ses convictions je l'ai fait sur bien des sujets celui qu'on vient de mentionner mais capable aussi de construire le compromis moi je n'ai pas la négociation honteuse j'ai négocié avec le gouvernement dans l'intérêt du pays pour avoir un budget et pour arracher des victoires auprès des français et puis aussi par la cohérence des convictions et les combats que j'ai menés notamment en prenant les risques politiques que j'ai pris à certains moments donc oui dans cette gauche républicaine je suis cette voix singulière je souhaite travailler avec toutes celles et tous ceux qui portent ça c'est pas une aventure individuelle l'élection présidentielle c'est évidemment la rencontre d'un homme ou d'une femme et du pays à partir d'un projet politique mais c'est des aventures qui doivent se construire collectivement aujourd'hui ma conviction est que le candidat à l'élection présidentielle issu de la gauche qui peut se qualifier au deuxième tour de l'élection le fera sur une ligne de clarté dans l'éloignement par rapport à la France insoumise et dans les réponses qu'on apporte sur les questions de production sur les questions de souveraineté qu'elles soient industrielles qu'elles soient agricoles le salon de l'agriculture se déploie ces jours-ci qu'elle se soit une souveraineté sur les questions pharmaceutiques sur les questions évidemment de défense voilà revendiquer ces thèmes-là dans le débat politique et les porter avec une voix de gauche distincte du bruit de la fureur de la France insoumise distincte de l'héritage du macronisme je pense qu'il y a un espace politique et je veux le porter avec d'autres
comme tous les jours c'est le moment de la question qui à retrouver sur les réseaux sociaux de France Info aujourd'hui la question qui pose les mots vous avez traité Jean-Luc Mélenchon de salopard antisémite avant de regretter le mot salopard ça veut dire que vous maintenez le fond vous considérez que Jean-Luc Mélenchon est antisémite
oui quand je lis un texte dont le contenu est antisémite je nomme les choses et je ne regarde pas ailleurs et le texte que Jean-Luc Mélenchon a publié sur son blog en avril 2024 à mon endroit pour la première fois j'ai été obligé mais il le souhaitait de constater sa dérive antisémite
mais vous qui le connaissez si bien vous avez été très proche j'ai été votre mentor il vous a prêté son bureau au Sénat pour vous préparer l'ENA qu'est-ce qui lui arrive d'après vous Jean-Luc Mélenchon qu'est-ce que vous lui dites ce matin ?
j'en ai marre de commenter Mélenchon matin, midi et soir nous lui déroulons le tapis rouge en le mettant au centre de la vie politique alors qu'il se marginalise lui-même alors qu'il ne représente plus qu'une fraction rabougrie il y a des électeurs de la France insoumise et c'est à eux que je veux m'adresser comme je m'adresse à tous les électeurs en disant ça c'est stérile ça c'est repoussoir ça ce n'est pas la victoire ça c'est la défaite assurée de la gauche ça c'est le contraire des valeurs qui sont portées moi je revendique l'héritage de Jean Jaurès la république sociale intransigeant sur les questions républicaines et authentiquement de gauche pour transformer la société et pas être dans l'incantation et le yaka faucon inutile
merci Jérôme Gage merci à vous merci à vous merci à vous merci à vous merci à vous merci à vous merci à vous merci à vous merci à vous merci à vous merci à vous merci à vous merci à vous vous restez avec nous dans un instant les informés merci à vous
Jérôme Guedj