"200 000 entreprises exportatrices à l'horizon 2030", c'est l'objectif pour Laurent Saint-Martin, directeur général de Business France
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Comment faire en sorte que d'autres secteurs se lancent aussi à l'international ?
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Pourquoi aujourd'hui, ça marcherait mieux qu'hier ?
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À quoi sert cet argent ?
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Est-ce que c'est plutôt de rester finalement dans le marché européen ?
- 5:01OuverteRéponse directe
La Chine, aujourd'hui ?
- 5:03RelanceRéponse directe
Est-ce que ce n'est pas compliqué, aujourd'hui, la Chine ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« Avec le plan France 2030, 54 milliards d'euros, des priorités sectorielles affirmées, notamment de décarbonation de l'industrie. »
- 2:44InvitéChiffre
« On est à peu près à 145 000, 150 000 PME exportatrices aujourd'hui en France. »
- 2:51InvitéPromesse
« 200 000 PME exportatrices, 200 000 entreprises exportatrices à l'horizon 2030. »
- 3:47InvitéChiffre
« On va pousser cette subvention à 30%. »
- 6:15PrésentateurChiffre
« Avec cette balance commerciale, moins 8 milliards d'euros en juillet dernier. »
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Bonjour à toutes et à tous, Airbus et les vins de Bordeaux, champions de la France qui s'exportent bien à l'international. Bonjour Laurent Saint-Martin, vous êtes le directeur général de Business France, l'agence nationale au service de l'internationalisation de l'économie française. Aujourd'hui, les entreprises françaises qui exportent, qui partent à la conquête de marché, ce sont quelques secteurs seulement. J'ai été un peu caricaturale, mais pas tant que ça finalement. Les vins espiritueux, tout comme l'aéronautique tricolore, sont sur la première marche du podium de l'export. Comment faire en sorte que d'autres secteurs se lancent aussi à l'international ?
D'abord en réindustrialisant, en produisant en France. Vous savez, quand vous délocalisez, c'est la double peine. Vous n'avez plus les moyens d'exporter et au contraire, vous importez les produits. Et c'est pour ça que la France a un déficit commercial aussi important depuis tant d'années. Et donc pour conjurer cela, il faut d'abord réindustrialiser. Avec le plan France 2030, 54 milliards d'euros, des priorités sectorielles affirmées, notamment de décarbonation de l'industrie. On va se donner les moyens, ça prendra des années, on va se donner les moyens de reproduire chez nous davantage pour pouvoir exporter demain.
Et puis il faut aussi que nous ayons davantage d'entreprises qui se lancent à l'export, qui osent l'export.
Donc d'autres secteurs et d'autres entreprises également.
Il faut absolument se sortir d'une idée trop souvent répandue en France que l'export, ce n'est pas pour moi. Je suis une PME de 10 millions d'euros de chiffre d'affaires. L'export, c'est trop compliqué. L'export, ce n'est pas pour moi.
Parce qu'aujourd'hui, en valeur, la moitié de la valeur exportée à l'international, ce sont des grandes entreprises. Les PME et les ETI se partagent le reste.
Absolument. Et nous avons un très beau tissu de PME dans notre pays. Pas assez d'ETI, pas assez d'entreprises de taille intermédiaire, beaucoup de PME. Et il faut que ces PME, elles se lancent. Mais pour ça, elles ont besoin d'être accompagnées. Elles ont besoin de vous, des services publics ? C'est aussi simple que cela. Absolument. Elles ont besoin de Business France. Elles ont besoin des autres acteurs. On a appelé ça la Team France Export. On est plusieurs dans cette équipe. Il y a aussi les chambres de commerce. Il y a aussi BPI France. Et donc on est ensemble justement pour accompagner le chef d'entreprise. Parce que oui, c'est difficile.
Oui, c'est un investissement de partir à l'export. Mais quand ça marche, c'est extrêmement payant.
Sauf que ça fait des années, j'ai l'impression, qu'on dit qu'il va falloir regrouper un petit peu tous les intervenants pour qu'aujourd'hui, le patron qui veut se lancer à l'international, il ait un seul interlocuteur. Pourquoi aujourd'hui, ça marcherait mieux qu'hier ?
La Team France Export, elle est à l'œuvre. Ça marche. Mais croire que seul le guichet unique des accompagnateurs résoudrait la question, c'est un leurre. Il faut aussi que culturellement, dans notre pays, on se mette davantage à l'export. Donc on réindustrialise, on l'a dit, c'est la condition aussi qu'on donne. Mais il faut aussi que plus d'entreprises s'y mettent. On est à peu près à 145 000, 150 000 PME exportatrices aujourd'hui en France. Il faut qu'on se donne un cap. Le ministre Olivier Becht l'a donné. 200 000 PME exportatrices, 200 000 entreprises exportatrices à l'horizon 2030. C'est ça qu'on doit se fixer. Et pour ça, il n'y a pas de miracle. Il faut qu'on aille les voir.
Il faut qu'on fasse du porte-à-porte auprès des chefs d'entreprise. Et d'ailleurs, toutes celles qui nous écoutent là ce soir, toutes les entreprises petites, toutes petites, start-up, qui ne sont pas encore à l'international, elles vont voir Business France dès demain matin. Et on va les accompagner.
Alors, le ministre délégué chargé du commerce extérieur, Olivier Becht, a lancé un plan baptisé « Oser l'export » à destination des PME et des ETI, doté de 125 millions d'euros. À quoi il sert cet argent ?
Il sert à aider justement les entreprises qui hésitent encore. Alors, on peut les aider financièrement à se lancer. Notamment, vous savez, en allant dans les endroits où on connecte le business, les grands salons thématiques, sectoriels, qui sont très importants partout dans le monde pour aller connaître les premiers acheteurs. Et ça, vous allez avec eux ? On va avec eux, on l'organise, on fait des pavillons France dans les grands salons mondiaux et on subventionne justement la participation à des entreprises. On va pousser cette subvention à 30%. Donc ça, dans le plan, c'est très très concret. On va aussi faire venir les acheteurs étrangers en France.
Il ne faut pas oublier que l'export, ça commence en fait dans nos régions françaises. Donc, on fait venir des acheteurs en France. On va aussi pousser davantage nos PME sur le e-commerce, le digital, ce qu'on appelle les marketplaces en bon français. Et donc, il y a toute une série de mesures comme ça qui font qu'on va muscler la palette d'outils d'accompagnement en finançant davantage. Et puis, on va se diversifier aussi dans les solutions d'accompagnement.
Mais aujourd'hui, je le répète, un patron de PME, de TPE, qui n'est pas à l'export, c'est un patron à qui on n'a pas encore assez démontré les opportunités de croissance de chiffre d'affaires, de croissance de marge, de partenariat technologique, etc., etc., qu'il doit absolument saisir. Parce que dans le monde dans lequel nous vivons, avec autant de bougées géopolitiques qui changent la donne du commerce international, c'est ne pas aller à l'export qui devient un grand risque.
Mais aller où, Laurent Saint-Martin ? Où est-ce que vous leur conseillez d'aller ? Est-ce que c'est plutôt de rester finalement dans le marché européen, ces 500 millions de consommateurs ? Ou est-ce qu'il faut aller plus loin, en Afrique, en Asie ?
Le marché européen est déjà une première aventure à l'export, pas toujours facile à exporter en Allemagne. C'est peut-être ça qu'il faut commencer par faire. Il faut déjà se faire accompagner. L'Amérique du Nord, bien sûr, est une destination d'export pour beaucoup d'entreprises françaises.
La Chine, aujourd'hui ?
Bien sûr, la Chine l'est.
Est-ce que ce n'est pas compliqué, aujourd'hui, la Chine ?
Selon chaque secteur, selon chaque pays, la méthode d'accompagnement va différer parce que la complexité juridique, légale, de technique, d'approche des acheteurs locaux sera différente. Et ça, c'est notre métier à nous, notre expertise, Business France, 1500 collaborateurs, expertisés par métier, expertisés par secteur géographique, par pays. Nous sommes présents dans 80 bureaux dans le monde, justement, pour faire cette connexion business. Donc, on va le diagnostiquer avec le chef d'entreprise, ce besoin-là. N'oubliez pas qu'on peut aussi très bien réussir dans le grand export, très loin, sur, évidemment, l'Indo-Pacifique, par exemple, l'Amérique latine.
L'Afrique est une formidable aussi opportunité pour beaucoup d'entreprises françaises qui veulent exporter. Donc, la question de la destination, la question géographique, elle viendra en temps voulu qu'on aura diagnostiqué le potentiel à l'export de ces entreprises. Mais d'abord, j'insiste culturellement, on débloque ce verrou français qui est que l'export, ce n'est pas pour moi. Si, c'est pour tout le monde. Tout le monde a une possibilité de succès à l'export et tout le monde doit franchir ce cap. Ça doit vraiment être la nouvelle grande cause économique de notre pays, si on veut vraiment avoir ce solde commercial positif demain, parce que ça, c'est un signe de prospérité pour un pays.
Avec cette balance commerciale, moins 8 milliards d'euros en juillet dernier. Objectif, 200 000 entreprises exportatives à horizon 2030. Merci beaucoup, Laurent Saint-Martin, directeur général de Business France, invité éco de France Info ce soir. Merci beaucoup, Laurent Saint-Martin.