Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo (sur Site radio)· 21 décembre 2022 23 min

Grève à la SNCF, hausse des prix énergétiques, Go Sport, titres de séjour "métiers en tension"... Ce qu'il faut retenir de l'interview d'Olivia Grégoire

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Bienvenue si vous nous rejoignez sur France Info, la radio France Info, canal 27. Bonjour Jean-François Akili. Bonjour Céline Asselot. Et bonjour à vous Olivier Grégoire. Bonjour. Merci d'être à nos côtés ce matin, ministre délégué en charge des petites et moyennes entreprises du commerce, de l'artisanat et du tourisme. Alors on va évoquer évidemment le climat politique, le climat social de cette fin d'année, les conséquences de la crise énergétique également sur les entreprises. Un mot d'abord de Gosport, cette entreprise qui sera aujourd'hui si elle est placée en cessation de paiement. Il y a 2100 salariés qui sont concernés.

Est-ce que le pire est à craindre pour cet emblème qui est emblématique du monde du sport en France ?

0:35
Invité

C'est une emblème, vous l'avez rappelé, emblématique et qui a plutôt bien réussi ces dernières années. C'est une enseigne qui a été au plan actionnarial dirigée par la même personnalité que l'enseigne Camailleux, qui a connu aussi beaucoup de difficultés, vous en avez beaucoup parlé, mais qui a fini par être acheté au final et donc ça s'est pas si mal terminé. On est attentifs. Vous savez, le gouvernement a beaucoup aidé, que ce soit Camailleux d'ailleurs ou l'ensemble des entreprises en difficulté. Maintenant c'est au tribunal de commerce d'exprimer ou non s'il y a liquidation.

Et quoi qu'il advienne, le gouvernement dans ces cas-là, et notamment Bercy en priorité, est aux côtés des salariés si jamais une décision difficile était prise, afin de leur permettre de se repositionner et de retrouver du boulot.

1:22
Présentateur

Mais vous dites que ça arrive effectivement après Camailleux. Est-ce qu'il faut s'inquiéter pour le commerce physique en France, concurrencé par le commerce en ligne ou est-ce que c'est la vie normale finalement des entreprises ?

1:30
Invité

Un peu des deux. Et merci de poser la question comme ça. Un peu des deux. Il y a des mutations très profondes dans la consommation en ce moment et on le voit pas uniquement à cause de l'inflation, aussi depuis le Covid avec pas mal de commerce digital, mais aussi des enseignes physiques qui pour certaines résistent très bien, notamment dans les centres-villes. Le commerce de proximité résiste bien. Il a fait une formidable saison d'été notamment. On a aussi des enseignes qui doivent évoluer et c'est vrai que Gospor rencontre des difficultés qui sont assez symboliques de la période dans laquelle on est. Ça n'est pas pour autant le signe de défaillance en cascade. Soyons très précis.

Moi, ma mission, c'est de garder le sang froid dans des moments qui peuvent être un peu chauds. Nous avons aujourd'hui toujours moins de 40 000 défaillances dans notre pays. Nous étions à plus de 54 000 en 2019. Nous sommes donc loin du nombre de défaillances, de faillites, pour dire simplement qu'il y a deux ans. Mais nous surveillons ce chiffre avec beaucoup d'attention. Et ce chiffre, pour terminer, c'est aussi le signe que la vie économique repart. L'économie a été un peu surgelée pendant le Covid. Quand vous avez le chômage partiel, les PGE et les fonds de solidarité, il y a moins de faillites. L'économie repart. Les faillites aussi.

Mais n'oublions pas les créations d'entreprises qui restent très majoritairement supérieures aux faillites.

2:45
Olivia Grégoire

Olivia Grégoire, vous dites garder le sang froid. On a évoqué Gospor à l'instant. Moi, je vous citerai Christophe Fannichet, le PDG de SNCF Voyages, qui vous a précédé sur France Info. On va rembourser pour les voyageurs dont le train sera annulé. 200% du prix du billet, annonce donc Christophe Fannichet. Qu'est-ce que vous dites, vous, ce matin de cette grève à la SNCF ?

3:08
Invité

Je dis que je ne sais pas si 200% d'un billet de train peuvent racheter le fait qu'on ne soit pas avec son papa ou sa maman le soir de Noël. Je suis une citoyenne avant d'être une ministre et je le serai toujours. Je suis profondément choqué par ce qui se passe depuis maintenant 48 heures. Je trouve que c'est assez irresponsable que de condamner 200 000 voyageurs à se ruer, soit vers une location de voiture, dans des conditions difficiles. Il n'y a pas forcément des voitures à louer. Et ce que je trouve encore plus injuste, je vais vous dire, Jean-François et Kili, est profondément injuste.

C'est qu'en réalité, ceux qui devaient partir dans les territoires, qui n'ont pas de train, doivent se ruer aussi sur l'avion. Et tout le monde ne peut pas se payer un billet d'avion, surtout au dernier moment. Donc ça veut donc dire qu'il y a des gens autour de nous, et beaucoup, qui ne vont tout simplement pas pouvoir passer un jour, deux jours de Noël avec ceux qu'ils aiment. Je trouve ça irresponsable pour rester poli, mais ma pensée est un peu plus virulente que celle-là.

4:06
Présentateur

Il aurait fallu sanctuariser le week-end de Noël, c'est-à-dire reprendre les négociations autour des rémunérations et du parcours de carrière des contrôleurs, plutôt après les fêtes.

4:16
Invité

Le soir de Noël, il y a aussi plein d'enfants qui naissent. Moi, je pense aux sages-femmes, je suis députée du 15e, je pense à l'hôpital Necker, je pense à ces anesthésistes réanimateurs, à ces chirurgiens, à ces sages-femmes, à ces infirmières qui bossent, qui bossent même le soir de Noël, qui bossent le 31 décembre. Donc c'est les revendications des contrôleurs que vous ne comprenez pas ? C'est le moment, les revendications, elles sont toujours légitimes. Le droit de grève, il est absolument légitime. Le droit aux vacances, c'est le droit à retrouver sa famille aussi. Et je trouve que le moment est vraiment... c'est vraiment irresponsable de choisir ce moment-là.

Du 24 au 25, c'était 48 heures, on n'était pas obligés de le faire là.

4:47
Olivia Grégoire

Mais vous allez nous dire dans un instant, les entreprises, le tourisme même, ne vont pas si mal, l'économie ne va pas si mal. Mais ça dit quoi à cette grève du climat en ce moment, de ce climat politique, de ce moment un petit peu suspendu dans ce pays ?

5:00
Invité

Ça dit que certains continuent à privilégier leur intérêt particulier versus l'intérêt général. Ça dit que par rapport à une économie qui, bien sûr, souffre un peu, il ne vous a pas échappé ici, ni d'ailleurs aux Français, qu'il y a eu une guerre à 3h30 de Paris. D'ailleurs, il n'y a même pas question de grève, il n'y a même pas question d'ailleurs de coupure d'électricité. Il n'y a plus d'électricité pendant des heures et des heures en Ukraine. Et les enfants sont langés dans des sacs poubelles. Il faut quand même rappeler un peu la réalité des faits. Donc ça dit que notre économie, elle souffre en Europe, bien sûr, à cause de cette crise énergétique.

Mais la réalité, je vous donne trois chiffres. C'est que nos entreprises se portent bien, elles sont très résistantes. Nous avons eu des entreprises, et notamment des PME, qui continuent d'investir. Plus 8% de crédit aux entreprises en octobre. Plus 3% de taux d'investissement de nos entreprises sur le troisième trimestre de cette année 2022. Et nous avons pour les vacances de Noël, vous voyez des prédictions, enfin ce n'est pas des prédictions, c'est des chiffres plutôt encourageants. 55% des Français veulent et normalement devraient pouvoir partir à Noël. Avec un budget légèrement en hausse de 35 euros, 568 euros en ménage en moyenne.

Et par ailleurs 7% de réservation et de taux d'occupation en plus par rapport aux années précédentes. Donc le tourisme résiste, nos PME résistent. Certains ont décidé de gâcher un peu la fête.

6:18
Olivia Grégoire

Avec une petite musique, Olivia Grégoire, du tout va mal.

6:22
Invité

Qui n'est pas très nouvelle. Vous avez un peu d'expérience journalistique. On est souvent un peuple préoccupé, parfois angoissé, parfois à raison. Et il y a aussi des difficultés. Quand vous allez aujourd'hui au supermarché, quand vous allez au marché tout simplement, vous vous rendez bien compte que les prix prennent 10, 15%. Et ce n'est pas évident pour tout le monde. Donc il y a effectivement des tensions. Vous avez un gouvernement qui se bat pour maintenir le pouvoir d'achat. Vous avez des angoisses des entrepreneurs sur la facture d'énergie en 2023. Mais vous avez, au-delà de ces angoisses sur l'avenir, au moment où on se parle, on termine l'année avec une économie qui résiste.

Et une des croissances en France qui, par rapport à toute l'Europe, est une des seules à se maintenir positivement. Donc la mission d'un gouvernement, ce n'est pas d'encourager les prophéties autoréalisatrices négatives. La mission d'un membre du gouvernement, c'est de garder le sang froid et de regarder la réalité des chiffres, même si je me dois, et j'en tiens compte, de bien sûr faire très attention aux ressentis des gens. Vous voyez, l'inflation en ça est un phénomène très intéressant à observer. Les gens me disent dans la rue, je fais beaucoup de déplacements, vous dites 6% d'inflation, mais madame, ce n'est pas ce que je vis en faisant mes courses. Les Français ont raison.

Parce que quand ils font leurs courses, c'est 12% d'inflation dans l'alimentaire. Donc la perception des gens est juste. Pour autant, notre économie résiste et je me dois de le dire.

7:45
Présentateur

Olivier Grégoire, ministre délégué chargé des PME du commerce, de l'artisanat, du tourisme. On évoquait les entreprises qui résistent il y a un instant, mais on a aussi beaucoup d'échos de la part de commerce. Je pense aux boulangeries, par exemple, qui sont touchées par la hausse des matières premières, par la hausse du prix de l'énergie, les fours, à faire fonctionner, ça coûte extrêmement cher. Certains disent tout simplement, on ne passera pas l'hiver. Qu'est-ce que vous pouvez leur répondre ? Et est-ce qu'il y a des aides spécifiques qui sont prévues ?

8:10
Invité

Alors déjà, je suis ce sujet et surtout nos amis boulangers depuis des mois. Et je veux dire qu'entre ceux qu'on peut parfois entendre sur les plateaux, que je contacte à chaque fois, c'est important de le dire, qui parfois disent tous les boulangers vont mourir, on ne va pas passer l'hiver. En réalité, on est un peu ici dans la prophétie qui ne se réalisera pas. Et c'est tant mieux. Non, nos boulangers ne vont pas mourir. Non. Ils ne vont pas si mal. Nos boulangers ont des difficultés, mais on va les aider. Leur situation est particulière, vous l'avez compris et dit. Parce qu'ils ont de la cuisson, ils ont pas mal de dépenses d'énergie.

Parce que le beurre, le sucre, la farine ont augmenté, effectivement, la production leur coûte plus cher. Et contrairement à beaucoup de commerçants, ils ont peu de marge pour augmenter les prix. On sait combien c'est difficile d'envisager de monter une baguette à plus d'un euro trente ou quarante. Je veux déjà dire qu'ils ont fait beaucoup d'efforts. Ils ont essayé de trouver des solutions. Ils ont augmenté le prix des viennoiseries. Ils ont fait passer des petites hausses de 5 ou 10 centimes. Ils se sont débrouillés depuis des mois. Et puis moi, ils sont venus me voir en me disant « Madame Grégoire, ça fait des mois qu'on se débrouille.

Vu la facture qu'on reçoit au mois de décembre pour l'année 23, on n'y arrivera pas. Il faut faire plus. » Donc moi, je travaille avec les organisations professionnelles, pas uniquement avec ceux qui parfois crient au loup sur les plateaux et parfois avec des intérêts un peu politiques derrière. On a travaillé avec la Confédération. Vous pensez à qui qui crie au loup ? Je ne cite jamais personne, mais je vois bien des boulangers qui parfois font un peu leur beurre sur la crise des boulangers, si vous me permettez l'expression. Et j'ai à cœur de dire calmement comment on a travaillé avec Dominique Enracht, qui est le patron de la Confédération des boulangers.

On leur met en place l'amortisseur, comme pour toutes les PME, l'année prochaine, sur la facture d'énergie, directement, juste en montrant que vous êtes une PME. Ce n'est pas compliqué. C'est quoi, un amortisseur électricité ? Exactement, c'est ce dont on parle depuis des mois. C'est à partir d'une attestation qui prouve juste que vous êtes une PME, moins de 250 salariés. Vous allez voir sur votre facture d'énergie, directement prise en charge par l'État, 15 à 20% de la facture. À partir du 1er janvier.

Donc ça, je vais vous dire, on travaille beaucoup à Bercy et pendant notamment les fêtes de fin d'année, pour faire en sorte que dès la facture de janvier, ce soit inscrit noir sur blanc, moins 15 ou moins 20%, prise en charge par l'État. Ça va coûter combien ? On met 12 milliards d'euros sur la table. 12 milliards d'euros qui sont en partie financés par ce que nous faisons en Europe, c'est-à-dire le plafonnement du prix du mégawatt-heure et donc nous captons l'argent que gagnent les énergéticiens pour le mettre au pot, dans un pot, pour nos entreprises. 12 milliards d'euros.

Force est de constater que malgré cet amortisseur, on a encore certaines PME dont la dépense en énergie représente toujours plus de 3% du chiffre d'affaires. C'est toujours le même chiffre qui démontre si vous êtes ou pas très exposé à l'énergie. Les boulangers demeurent bien souvent encore exposés à l'énergie après l'amortisseur.

Donc nous mettons en place et nous préservons le guichet qui devait s'arrêter à la fin de l'année sur impots.gouv.fr pour que les boulangers et tous les PME, ça ne s'adresse pas qu'aux boulangers, parce qu'on a aussi des traiteurs qui peuvent avoir des difficultés, que les boulangers dont la dépense énergétique représente toujours plus de 3% du chiffre d'affaires après la prise en charge de l'État, puissent avoir une aide complémentaire. C'est cumul des deux. C'est cumul des deux. Le guichet devait s'arrêter, nous cumulons les deux.

Pour vous donner juste une idée, je ne prends même pas le temps d'un exemple, je ne veux pas être trop longue, ça va permettre de prendre en charge à peu près 25% de la facture d'énergie en direct, ça va permettre de prendre en charge 40% de la hausse de la facture de nos PME et de nos boulangers. Toute l'année 2023.

11:39
Olivia Grégoire

Olivier Grégoire, toutes ces aides, le bouclier tarifaire sur les 3 années, on va dire, quelle est la facture globale entre les entreprises et le ménage ?

11:48
Invité

Alors, très bonne question. Les ménages, le bouclier tarifaire qui nous protège en tant qu'individus, à 15% de hausse, l'année prochaine, c'est 110 milliards d'euros sur 3 ans. C'est l'équivalent du plan de relance. Eh bien, c'est ce que je dis. C'est un plan de relance de la consommation. Le pays a les moyens de s'offrir ? Le pays a contracté ce bouclier tarifaire et mis en place ce bouclier tarifaire, le premier en Europe, en octobre 2021. Les taux étaient un peu moins élevés, donc nous avons pris cette position.

Les taux ont beaucoup remonté depuis, mais lorsque nous avons pris cette position, c'est que nous pouvions le faire et c'est un choix fort du gouvernement, de la première ministre Elisabeth Borne, de soutenir la demande pour que les gens continuent à aller faire leurs cours. 110 milliards qui vont directement dans le pouvoir d'achat des Français, puisqu'on prend en charge une partie de la facture d'énergie. Les entreprises, je vous ai dit 12 milliards d'euros pour les deux dispositifs, mais il ne faudrait pas oublier que quand on a fait la ristourne carburant, nos dirigeants d'entreprises, nos indépendants, nos artisans en ont aussi bénéficié.

Il y a eu d'autres mesures un peu techniques, mais qu'ils connaissent bien, sur le GNR ou la TIFCE, qui représentent un peu plus de 30 milliards d'euros pour les entreprises. 110 et 30, on est à peu près à 140 milliards d'euros.

12:56
Olivia Grégoire

Vous ne craignez pas qu'au final, on vous dise, c'était très bien tout ça, mais la dette publique ne cesse de gonfler.

13:01
Invité

Mais bien sûr que si, puisque les mêmes, soyons clairs, et maintenant j'ai un peu d'expérience, qui viennent me demander plus et nous demander plus à Bruno Le Maire, les mêmes qui nous disent ça n'est pas suffisant seront les mêmes qui viendront nous dire l'année prochaine, mais vous avez cramé la caisse et vous avez gaspillé l'argent public. Donc bien sûr qu'on fait attention et vous voyez, c'est pour ça qu'on n'a pas voulu, par exemple, mettre en place le bouclier tarifaire dont vous parlez, pour toutes nos PME. Parce que si on avait fait ça, d'abord c'était une hérésie au plan économique, on aurait aidé des entreprises qui n'en avaient pas besoin, ce qui est absurde.

Et deuxièmement, ça aurait coûté des dizaines et des dizaines et des dizaines de milliards de plus. Donc on a fait un choix qui est ciblé sur les PME qui souffrent et notamment nos artisans. Mais on ne cède pas, par exemple, aux sirènes de la gauche ou de l'extrême gauche qui demanderaient un bouclier tarifaire qui coûterait quasiment une centaine de milliards d'euros. Est-ce que vous serez aussi attentive,

13:46
Présentateur

Olivier Grégoire, à l'évolution des prix ? Parce que si tant est que la facture énergétique à un moment, j'allais dire, baisse un peu ou que la pression soit moins forte parce que, évidemment, tout le monde espère, est-ce que les prix vont baisser ? Est-ce que la baguette va repasser de 1,30€ à 1,20€ ? Pas forcément, finalement.

14:01
Invité

Ce que je sais, c'est que dès qu'on va retrouver un peu d'air et dès que, pour être précis, les boulangers, par exemple, vont retrouver un peu de marge parce que c'est ça le sujet, bien évidemment, ils vont rebaisser mais ça peut prendre un peu de temps. C'est vrai que c'est les craintes

14:16
Présentateur

des Français de dire l'inflation, on la comprend aujourd'hui mais on sait que les prix ne vont pas redescendre ensuite.

14:21
Invité

Les Français sont des gens intelligents, c'est-à-dire qu'ils savent très bien que quand les prix augmentent, rares sont les fois où les prix baissent derrière. Donc oui, on est extrêmement vigilants sur l'augmentation des prix. Moi, j'ai pris des mesures. Je ne suis pas resté à regarder les prix monter pas plus tard que la semaine dernière sans faire une loi, sans alourdir le travail du Parlement. Moi, j'ai rassemblé l'ensemble des distributeurs de la grande distribution, les grandes enseignes où les Français vont faire leurs courses. J'ai rassemblé l'ensemble des représentants des PME dans la chaîne agroalimentaire.

On a 20 000 PME, 250 000 salariés et je leur ai demandé de signer un pacte de solidarité commerciale. L'ensemble de nos PME vont pouvoir faire passer la hausse des prix de l'énergie auprès des distributeurs qui se sont engagés à passer la hausse des prix des PME. Vous voyez, on peut faire des choses pour essayer de maintenir les prix, de les contrôler et comme on parle souvent de ce qui ne marche pas, j'avais à cœur aussi de rappeler que parfois ça marche et vous voyez, sans loi, sans coercition, on a réussi à aligner tous les acteurs de la grande distribution et les PME pour faire en sorte qu'il y ait plus de solidarité entre eux et qu'on maintienne les prix bas le plus longtemps possible.

15:28
Présentateur

9h moins 10, Olivier Grégoire. Rappelons que c'est quand même

15:30
Invité

l'inflation la plus faible d'Europe, je sais qu'on le répète beaucoup mais ce n'est pas parce qu'on le répète qu'il faut l'oublier. Nous sommes à 17% aux Pays-Bas, 6,2% en France.

15:40
Présentateur

Le 8.30 France Info, Jean-François Aquili, Céline Asselot.

15:45
Olivia Grégoire

Olivier Grégoire, vous avez lu, j'imagine, dans le Figaro ce matin l'interview croisée de Gérald Darmanin et Olivier Dussop, vos deux confrères du gouvernement sur la future loi immigration. Vous allez créer des visas métiers qu'elle est l'idée ?

16:01
Invité

Le constat est assez simple. Vous prenez par exemple le périmètre dont j'ai la charge. Sur les métiers dans l'hôtellerie, les cafés et la restauration, il manque 200 000 personnes.

16:10
Olivia Grégoire

Vous diriez quoi ? Les métiers que les Français

16:11
Invité

ne veulent plus faire ? Moi, je suis pragmatique, il n'y a pas de jugement de valeur. Je ne sais pas s'ils ne veulent plus les faire, s'ils ne peuvent plus les faire, s'ils n'en ont plus envie. Le fait est que nos restaurateurs, nos hôteliers, nos cafés ne trouvent plus personne pour servir. Voilà, c'est un fait. Deuxième fait, service à la personne, les jeunes enfants, nos parents âgés ont beaucoup de mal à trouver des gens pour les accompagner. 300 000 emplois à pourvoir dans les services à la personne d'ici à 2030.

16:34
Olivia Grégoire

Mais avec quel niveau de salaire ? Parce que la question qui est posée aujourd'hui, ce sont ces métiers que les Français ne veulent plus.

16:40
Invité

C'est un peu plus complexe que ça, parce que vous voyez sur l'hôtellerie et la restauration, plus 16% d'augmentation de salaire cette année, ça n'a pas suffi à faire revenir massivement les Français vers ces métiers. Donc ce sont des changements plus structurels qui dépassent la seule question des salaires. Ça correspond aussi à des envies de conditions de vie, de qualité de vie, pas forcément vouloir bosser le week-end, vouloir voir ses enfants, etc. Le Covid est passé par là et on a aujourd'hui sur des pans entiers de notre économie des métiers qui ne sont pas pourvus. Vous vous rendez compte ?

200 000 plus 300 000, ce que je viens de vous dire, je vous dis que d'ici horizon 2030, c'est quasiment un demi-million de personnes qu'il va falloir trouver pour pourvoir ces métiers. Donc hors frontières ? En France, c'est pour ça aussi qu'on a passé la loi sur l'assurance chômage avec Olivier Dussopt. 100 000 à 150 000 personnes aujourd'hui au chômage vont être orientées vers ces métiers sous tension avec une légère diminution de la durée d'indemnisation. Ça, c'est une réforme structurelle. Il y a aussi le plan que nous avons mis en place depuis octobre 2021.

Jean Castex a mis en place avec Olivier Dussopt et Elisabeth Borne un plan à l'époque de 1 milliard d'euros pour ramener des chômeurs de longue durée. C'est du structurel. Et à ce sujet compliqué, il faut une réponse de fond. C'est ce qu'on fait avec l'assurance chômage.

17:55
Olivia Grégoire

Vous dites pragmatique.

17:57
Invité

Mais là, je suis très pragmatique.

17:59
Olivia Grégoire

Vous entendez la droite républicaine et celle d'Eric Ciotti ou la droite nationale, celle de Marine Le Pen, disent appel d'air.

18:05
Invité

Mais très bien. Mais qui blablate sur les plateaux, c'est très bien. Nous, on a un problème économique. Les appels d'air et les considérations morales qui partent en vacances avec. Nous, on a une compétition internationale l'année prochaine avec la Coupe du monde du rugby, des Jeux olympiques en 2024, 25 millions de touristes qui arrivent en France. Alors, comment ça va marcher concrètement, Olivier Grégoire ? Comment ça va marcher ? Les métiers sous tension, pour terminer juste votre question, Jean-François Aquili, c'est les métiers sous tension, déjà, arrêtons de faire peur aux Français. C'est 7, 10 000 personnes, quelques milliers de travailleurs qui sont déjà en France depuis trois ans.

Donc, les appels d'air, blabla. Ils sont déjà en train de bosser en France, ces gens-là, bien souvent, dans des conditions pas satisfaisantes. Et donc, ce qu'on propose, c'est sur une durée limitée, sur ces métiers sous tension, de les mettre en situation régulière. Les considérations morales et les jugements de valeur de Marine Le Pen, qui blablatent au Parlement, quand on a des restaurateurs qui ont plus de risques, Jean-François Aquili, et oui, ça me met en colère, ce genre de considérations morales. Nos restaurateurs ont plus de risques de fermer dans les deux ans qui viennent, parce qu'ils ne trouvent pas de salariés, qu'à cause de leur facture d'électricité.

Alors maintenant, il faut prendre le sujet à bras-le-corps, trouver des solutions, et les accompagner, et pas être dans les grandes déclarations au Parlement. Ça veut dire restauration,

19:16
Présentateur

ça veut dire petite enfance, aide à la personne, bâtiment, tout ça, ça fera partie des métiers en situation.

19:20
Invité

C'est l'objet de nos négociations, de nos discussions avec Olivier Dussopt, avec lequel je travaille sur cette liste des métiers sous tension.

19:25
Présentateur

Elle sera définie de quelle manière, sur quels critères ?

19:27
Invité

On est en train d'y travailler, on travaille beaucoup avec les organisations professionnelles, qui savent mieux que personne quelles sont les défaillances dans leur secteur, et on va continuer à y travailler en janvier, on n'a pas terminé. Moi, je suis encore en train de travailler avec Olivier Dussopt et ses équipes sur les métiers que je lui suggère d'ajouter à la liste des métiers sous tension. Après, il y a un débat au Parlement et j'espère qu'il permettra d'enrichir un peu, peut-être, la liste.

19:50
Olivia Grégoire

Olivier Grégoire, vous avez évoqué les Jeux Olympiques, il en sera question demain au Conseil des ministres ? Il y a quoi ? Un projet de loi qui arrive ? Il y a la présentation

19:57
Invité

d'un projet de loi sur les Jeux Olympiques.

19:58
Olivia Grégoire

Vous, votre secteur, si je puis dire, c'est l'ouverture des magasins, des commerces le dimanche dans Paris, dans la région parisienne. Vous allez l'obtenir ?

20:09
Invité

Je l'espère. On la soumet au vote des parlementaires ensuite. Il y a le projet de loi qui est présenté demain. Moi, je m'occupe effectivement de leur proposer que dans le cadre des Jeux Olympiques, on puisse laisser la liberté à nos commerces d'ouvrir le dimanche.

20:21
Olivia Grégoire

Tous les commerces ? Oui. Vous savez que la maire de Paris n'y est pas très favorable à part quelques zones dédiées.

20:26
Invité

Alors, comment dire joliment ? Souvent, maire de Paris varie puisque la maire de Paris était radicalement contre la loi Macron qui permettait l'ouverture de commerce le dimanche sous certaines conditions il y a quelques années. Et puis, quand on l'a votée, elle s'est mise à être radicalement pour puisqu'elle s'est empressée d'offrir 12 dimanches l'ouverture aux commerçants parisiens. Donc, comme on est à Noël, je vais être optimiste. J'espère qu'elle se ralliera à notre cause après le vote de la loi comme la première fois.

20:53
Présentateur

Mais ça veut dire, Olivier Grégoire, vous seriez favorable à ce que ce soit la règle tout le temps dès aujourd'hui et pas seulement réservée aux Jeux Olympiques ? Moi, je suis favorable

20:59
Invité

à un concept qui est assez développé dans notre pays mais qu'il ne faut jamais oublier qui est écrit sur toute numérique qui s'appelle la liberté. Je suis favorable à ce qu'on laisse un peu nos commerçants aussi se relever des années extrêmement difficiles dont ils sortent. Il ne faudrait pas oublier les Gilets jaunes. Il ne faudrait pas oublier ces dimanches pendant presque deux ans où ils ont eu énormément de difficultés. Il ne faudrait pas oublier le quotidien.

21:22
Présentateur

La liberté d'ouvrir ou pas le dimanche ?

21:23
Invité

Je suis très favorable et on ne me refera pas à l'âge avancé que j'ai à la liberté d'entreprendre, à la liberté de commercer et à la liberté de choix de nos commerçants, le choix de pouvoir décider d'ouvrir le dimanche s'ils le souhaitent.

21:35
Olivia Grégoire

La vie politique n'est jamais très loin. Olivier Grégard, on vous a vu déambuler dans le marais, dans Paris, hier avec Clément Beaune, Marlène Schiappa. Vous êtes en campagne pour 2026 ?

21:45
Invité

Pas du tout. Je suis aux côtés des commerçants avec deux élus de Paris. Marlène Schiappa est élue à la région. Clément Beaune était dans sa circonscription avec la députée Clara Chassagnol. Je ne voudrais pas l'oublier et aller voir les commerçants, les épiceries solidaires, aller voir...

21:59
Olivia Grégoire

Pas d'ambition municipale vous concernant ?

22:01
Invité

Aucune ambition si ce n'est parler des factures d'électricité. C'était l'objet d'ailleurs de l'échange que nous avons eu avec le boulanger dans le marais et que je vais rappeler aujourd'hui pour trouver des solutions. Et puis, je vous le dis avec humour mais il va falloir s'y habituer parce qu'on va continuer à déambuler avec Sylvain Maillard, avec Gilles Le Gendre, avec les élus de Paris et c'est bien normal, on est élus de Paris et heureusement qu'on va voir nos concitoyens, nos commerçants, nos artisans, nos entreprises. Ce n'est pas une campagne électorale ?

Non, ça s'appelle tenir son engagement d'élu de Paris, tenir son engagement parlementaire même quand on est ministre et rester aux côtés de nos commerçants et de nos concitoyens. Merci Olivia Grégoire,

22:36
Présentateur

merci à vos délégués chargés des petites et moyennes entreprises du commerce, de l'artisanat et du tourisme. Belle fête à vous bien sûr, restez avec nous sur France Info.