Accord UE – Mercosur, guerre commerciale de Trump : pour en finir avec le libre-échange | #Amfis2025
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour à toutes et à tous. Ravi de se retrouver ici. On a même mis, vous voyez, une petite brise légère pour que vous passiez cette après-midi agréable avec nous pour parler ni plus ni moins que libre échange, accord avec le mercour, Donald Trump, antifascisme, tout ça quoi.
Un agenda super chargé et évidemment un sujet qui est d'actualité. J'avais prévu depuis longtemps de faire cette conférence ici aux Amphi et l'actualité n'a eu de cesse que d'ajouter un certain nombre de sujets. D'abord, le retour au pouvoir de Donald Trump qui tel un cowboy impérialiste a voulu imposer sa loi à tout le monde entier et c'est traduit par l'accord de libre échange parce que c'est bien un accord de libre échange entre les États-Unis et Union européenne.
On y reviendra longuement et évidemment la multiplication des accords de libre échange à travers le monde et notamment l'accord de libre échange avec le Mercosour qui va être la grande prochaine bataille qu'on va mener au niveau européen. Pour discuter de tout ça, j'ai la chance d'être super bien entouré et je suis super contente. Vous avez de super connaisseurs à travers des prismes assez différents.
Nicolas Girot qui est agriculteur, éleveur dans le Jura, il fait du compté. Euh alors il m'a dit "Oui, mais si tu le dis, les gens vont vouloir du compter." Euh il fait Ouais mais mais en même temps le compté c'est un bon exemple d'un modèle alternatif qui existe en matière agricole et commerciale et que c'est possible de protéger nos produits et qui va nous parler de l'impact de tous ces accords-là sur l'agriculture.
Et puis à ma gauche, on a toujours pas défini si c'était à ma gauche politiquement, mais je te laisse le temps de ta prise de parole pour y réfléchir. Maxime Combe que vous connaissez aussi peut-être qui j'ai oublié de dire que Nico était à la confédération paysane. quand même le plus important aussi et c'est pour ça qu' qu'il est là.
Pardon, je fais ça de manière complètement désordonnée. Et Maxime Combe qui est économiste spécialiste des questions de libre échange, très impliqué dans les collectifs contre le libre échange. À l'époque, le collectif le collectif stop tafta et quelque chose me dit qu'on va pouvoir le réactiver, mais qui travaille aussi beaucoup sur l'accord avec le mercosour et qui est aussi un militant de longue date d'attaque qui en a été le porte-parole.
Donc merci à tous les deux d'être présents ici, d'avoir fait le déplacement et de venir nous apporter vos lumière. L'idée, on peut les on peut les applaudir parce qu'on est content. Merci les camarades.
Moi évidemment, je vais vous parler avec ma casquette de députés européenne mais aussi comme première vice-présidente de la commission des affaires commerciales. Ça fait un peu ronflant comme ça. On aime pas trop les titres ronflants.
Mais c'est un titre que j'utilise pour les enquiner un petit peu notamment pour avoir accès au texte parce que j'y viendrai. Un des grands problèmes dans le libre échange à l'échelon européen, c'est évidemment le fait que tout est caché, tout est masqué et que vivons heureux, vivons cachés et qu'un grand nombre des textes auxquels on est censé avoir accès ne sont pas accessibles et que la Commission européenne aime bien passer en force sans informer le Parlement européen comme elle devrait le faire. Et peut-être quelques mots pour introduire le sujet et je laisserai ensuite Maxime revenir aussi sur le temps long qui nous permet de remettre en perspective les questions de libre échange.
Si je prends le temps un peu plus court et le temps juste de mon mandat comme députée européenne et avec le vent, je fais gaffe à mes feuilles. Si je suis élu depuis 2019, depuis 2019 que je suis au Parlement européen, on a déjà vu un grand nombre de traité de libre échange. Il y a eu le texte avec le Vietnam, le texte avec la Nouvelle-Zélande, le texte avec le Kenya, avec le Chili, bref, avec le monde entier et ça c'est ce qui a déjà été voté.
Mais dans le pipeline, vous avez à peu près tous les États du monde. L'Indonésie, le Mercosour évidemment, le Mexique, l'Australie, l'Indonésie, la Thaïlande. Bref, l'Union européenne fait la démonstration de ce qu'elle est.
L'objectif, c'est juste d'abaisser les barrières de douanière pour qu'on commerce avec le monde entier et pour comprendre le problème même du libre échange, c'est que l'objectif est de faire venir de l'autre bout de la planète des choses qu'on sait et qu'on peut produire ici. Ce qui fait qu'on organise notre économie, qu'on la tourne vers l'exportation plutôt que de satisfaire nos besoins locaux. et on construit une une économie exportatrice extrêmement polluante et qui met en compétition un agriculteur comme Nicolas avec un agriculteur de l'autre bout du monde qu'on met en compétition aussi les droits des travailleurs dans l'industrie.
Et pour bien comprendre, le libre échange, ça s'attaque au modèle économique et ça propose précisément un modèle du tout concurrence à l'échelon international. À tel point que en 30 ans les flux agricoles et alimentaires ont plus que doublé. À tel point que si vous prenez la surface de la France, on a quasiment la moitié des terres agricoles françaises qui servent à exporter.
Alors que les terres agricoles françaises, elles auraient de quoi nourrir deux fois la population française. Alors pourquoi on va chercher du lait en Nouvelle-Zélande alors qu'on est capable de le produire ici très bien et dans la ferme de Nicolas. Donc ça nous puse un peu la problématique du libre échange sur laquelle on a été, il faut le dire pendant assez longtemps un des seuls groupes à se mobiliser et on voit que le vent commence à tourner. on parle un peu plus de protectionnisme, de relocalisation et dans le même temps, on continue à signer à tour de bras des accords de libre échange et j'aurais le temps d'y revenir mais je suis fier au Parlement européen et je l'ai dit de nombreuses fois pendant la campagne de présider le seul groupe qui n'a jamais voté aucun accord de libre échange, quel que soit le pays, quelle que soit l'origine, quelle que soit la destination, parce que ce modèle économique là, il est voué à sa perte.
Je vais commencer par donner la parole à à Maxime pour revenir un petit peu sur cette historique qui nous amène jusqu'à l'accord avec le Merkour qui est l'accord sur le point d'être voté au Parlement européen. Merci à toi Maxime. Merci beaucoup Manon.
Merci à toutes et à tous. Merci beaucoup pour l'invitation. J'ai dit Manon madame Laurodéputé euh Visit qui vont avec.
Euh je suis très heureux d'être ici, très heureux de pouvoir parler de ce sujet-là, juste pour préciser qui je suis et d'où je viens. Moi, j'ai j'avais 18 ans en 1999 au moment de Seattle et du sommet de l'OMC qui a été bloqué par le mouvement, les prémisses du mouvement alter mondialiste. Et engagé dans le mouvement alter mondialiste, j'ai de fait décidé de prêter, louer, vendre montant de cerveau utile aux cause auquel je crois.
Donc au suivi de cette mondialisation. Euh peut-être effectivement quelques mots pour essayer de de prendre la l'importance de ce qui va se jouer avec l'accord Mercure et de ce qui est en train de se jouer dans la confrontation avec Donald Trump. Euh la première la première des choses, c'est que finalement moi quand j'ai commencé à militer il y a 25 ans, ces questions de mondialisation étaient largement connues.
On l' en débattait souvent publiquement même si c'était violent. Euh et euh cela, il y a eu euh il y a eu un retrait dans l'opinion publique. Euh il y a, je pense, une meilleure compréhension des effets de cette mondialisation-là, mais on parle moins souvent euh des mécanismes qui sont à l'œuvre euh à travers cette mondialisation, des euh séquences et des périodes dans lesquelles euh nous sommes.
Donc pour caractériser la période, il faut se rappeler qu'effectivement les années 1980-190, création de l'OMC en 1995, développement des accords qu'on appelle de libre échange bilatéraux ou régionaux dans les années 90 et les années 2000, c'est l'âge d'or de la mondialisation. C'est cette mondialisation heureuse que nous avons dû à la Ming c'est cette idée que effectivement en ouvrant les frontières, en faisant en sorte qu'il y ait plus de biens et de service qui soit échangé aux quatre coins de la planète et bien aller survenir, aller être produit plus de bonheur, plus de production dans chacune des régions commerçant librement avec donc moins de restriction aux frontières sur ces échanges de biens et de services. Et avec cela devait naître une mondialisation heureuse sur le plan économique mais également heureuse sur le plan politique et géopolitique fait de paix, de prospérité, de moins de guerres et de moins de tension géopolitique.
Je vais pas faire 20 dessin mais 25 ans plus tard, il me semble pas qu'on soit dans une situation où il y ait moins de tension géopolitique, moins de guerre, plus de paix et où la Concorde règnerait à l'échelle planétaire. Donc ça c'est une première fable qui nous a été vendue et qui aujourd'hui s'ébrèche euh simplement en regardant euh les faits. Cette mondialisation là, elle s'arrête en 2008-2009.
Pourquoi par le tempon de mondialisation ? Les économistes, ils ont besoin d'un élément factuel qui permet de caractériser une situation. La mondialisation, c'est quand ?
Et l'accroissement de cette mondialisation, c'est quand finalement le commerce international des biens ou des services, qu'importe augmente plus vite que le PIB mondial. C'est-à-dire que chaque fois que vous rajoutez une unité de production à l'échelle internationale, vous rajoutez plus d'une unité de commerce international. Et ça c'est vrai dans les années 90 et dans les années 2000 et ça s'arrête en 2008 2009 avec la crise qui survient, la crise économique et financière qui survient et un effondrement relativement important mais qui va se résorber du commerce international et un un effondrement des échanges financiers internationaux.
Depuis cette période-là, on a parlé souvent de globalisation, de mondialisation molle, lente. Les Québécois ont inventé le terme mondialisation qui me paraît tout à fait juste. C'est-à-dire qu'on a pas changé de régime mais que cette mondialisation ne s'est pas accélérée dans les années 2010.
Et depuis les années 2010 avec la guerre en Ukraine, avec la pandémie de Covid et maintenant avec l'élection de Donald Trump et la nouvelle situation internationale sur lequel on va revenir, on est dans une situation indéterminée sur la suite à donner à cette mondialisation là. Pourquoi les Pourquoi avons-nous tout plein d'accord de libre échange ? Et bien parce que une partie euh donc c'est la deuxième question à laquelle je veux répondre et notamment pourquoi aujourd'hui on parle beaucoup de mondialisation et de l'enjeu agricole comme si tous les autres enjeux sur les services sur les enjeux industriels euh étaient clos.
Et bien parce que la mondialisation et la libéralisation des secteurs historiques de l'économie hors agriculture a déjà eu lieu a déjà eu lieu à travers l'OMC et à travers un certain nombre d'accords bilatéraux mais notamment l'OMC, l'Organisation mondiale du commerce et les accords qui sont nés il y a une vingtaine d'années. Ce n'est pas le cas pour le monde agricole. Le monde agricole a même fait dérailler cette mondialisation. et le dernier cycle de négociation au sein de l'OMC qui s'appelait le cycle de DOA, enfin il y en a eu d'autres après mais important et cette mondial il y a pas eu de libéralisation totale et générale du monde agricole.
Et donc, que se passe-t-il aujourd'hui pour la Commission européenne et l'Union européenne qui souhaite effectivement insérer toujours plus d'activités, toujours plus d'emplois, toujours plus d'entreprises dans ces circuits mondiaux ? et bien c'est quand elle va négocier avec des puissances agricoles mondiales, que ce soit le Brésil, l'Argentine, la Nouvelle-Zélande qui est un tout petit pays mais dont la principale force est d'exporter des produits agricoles. Et bien à partir du moment où vous voulez vendre plus de voitures, vous voulez vendre plus de services, vous voulez vendre plus de produits chimiques, plus de d'industries métallurgiques et autres venant d'Allemagne aux quatre coins de la planète, et bien il faut que vous mettiez sur la table d'autres secteurs que vous êtes prêt à libéraliser en contrepartie.
Et donc c'est pour cela que les questions du monde agricole et la libéralisation du monde agricole européen euh revient avec tant d'insistance aujourd'hui sur l'accorder caussur sur l'accord avec la Nouvelle-Zélande ou sur les accords à venir. Ça veut pas dire que les autres sujets n'existent pas mais globalement les effets de l'ouverture du secteur industriel du secteur des services européens a déjà eu lieu et on en a déjà vu les conséquences. ces conséquences, elles sont palpables.
C'est la désindustrialisation, c'est le fait de localiser une grande partie de la consommation des biens euh et y compris des services avec notre rapport aux États-Unis à l'extérieur de l'Union européenne qui nous rendent dépendant de ces flux internationaux. On a souvent l'impression que ce sont les États-Unis qui sont au cœur de la mondialisation néolibérale, la mondialisation telle qu'elle existe depuis 40 ans. La réalité, c'est que c'est l'Union européenne. 20 21 22 23 % du PIB européen, ça dépend comment on compte.
Et je vais faire vite parce que sinon maintenant on va vite me taper sur les sur si euh et donc mais on a plus quasiment entre 1/5e et 1/4 du PIB européen qui passe l'équivalent d'un/4 ou un 5è du PIB européen qui passe en importation exportation à l'échelle de l'Union européenne. Pour les États-Unis, on est juste à 12 ou 13 14 % maximum. La Chine c'est entre les deux.
Donc en fait l'économie internationale de ces grandes régions la plus euh intriquée, la plus euh prés enfin la la plus euh euh touchée et imbriqué dans cette mondialisation, c'est l'économie européenne. Quand on considère, c'est ce que fait l'Union européenne, à la fois la Commission européenne, mais également un grand nombre d'États membres, que de considérer que la planche de salut de l'Union européenne passe par importer et exporter toujours plus de biens et services pour alimenter l'économie européenne et pour vendre les surplus de la production européenne. Et bien, il faut mettre sur la table le secteur agricole et le secteur agricole devient monnaie d'échange.
Donc quand le monde agricole aujourd'hui se mobilise contre ces accords de libre échange en disant nous sommes qu'une monnaie d'échange, ils ont totalement raison sur le fond. On reviendra après sur le cas particulier du Mercur. Et pourquoi la Commission européenne fait-elle celle fait-elle ça ?
Pourquoi l'Union européenne continue de penser que la mondialisation est la planche de salut de l'avenir économique de l'Union européenne ? C'est bien entendu et je pense qu'ici vous partagez le fait que c'est pas l'orientation qu'on souhaiterait donner à cette politique là. Mais il faut essayer de comprendre pourquoi ils font ça.
Il ils font cela parce qu'ils considèrent que l'essentiel de la croissance économique des 20, 30, 40, 50 prochaines années à l'échelle mondiale va avoir lieu hors de l'Union européenne. Et en ce sens, ils ont raison. C'est-à-dire que l'essentiel de la croissance économique, tel qu'on peut l'envisager et la et et la prédire sur les sur les décennies à venir, va se dérouler en Asie du Sud-Est, en Afrique, un peu en Amérique du Sud.
Et là où il pose une hypothèse qui est elle totalement discutable, c'est de considérer que c'est en captant une partie de cette croissance- là à travers les entreprises multinationales européennes qui vont exporter et gagner des parts de marché sur ces marchés en croissance dans les pays du sud que une partie de cette richesse va revenir sur le territoire européen et donc va par je ne sais quelle magie alimenter l'économie européenne et ruisseler d'une certaine façon sur l'économie européenne en créant des emplois et en satisfaisant les besoins et les besoins d'emploi et de revenus des populations européennes. Tout cela est totalement discutable, mais c'est la raison principale pour laquelle l'Union européenne envers et contre tout, y compris envers aujourd'hui la envers la nouvelle situation internationale continue à penser que effectivement il n'y a pas d'horizon alternatif à l'économie européenne que de s'insérer toujours plus dans l'économie mondiale à travers le fait de toujours exporter plus. Et pourquoi toujours importer plus ?
Bah c'est une partie, c'est la contrepartie euh de de l'élément précédent, mais c'est également parce qu'elle considère que euh on est euh en déficit structurel et de cette façon, d'une certaine façon, elle a totalement raison euh de matière première. Et donc si l'on veut euh récupérer plus de matières premières venant des pays du sud, et bien il faut effectivement négocier ces accords, obtenir euh l'import de ces matières premières et donc agricole parce que l'agriculture on va passer par perte ses profits, mais également minière, énergétique euh et autres. C'est pour ces deux raisons-là.
Et donc penser une alternative à cela est compliquée, c'est pas aisé. Et pourquoi ça marche d'une certaine façon ? Et bien parce que nous avons toutes et tous depuis 30 ans profité d'une certaine manière de cette mondialisation.
Nous avons à l'échelle au moins jusqu'en 2020 vécu une forme de d'inflation très limitée à l'échelle de l'Union européenne et ceci est le fruit d'avoir importé des produits à toujours plus bas coût venant des codes coins de la planète. Et ceci a donc satisfait une partie de la population européenne du point de vue de leur consommation. C'est-à-dire que on a pu accéder y compris à des produits aujourd'hui coûteux en terme de d'intrant technique ou technologique à des prix relativement défiants toute concurrence et ça ça n'a été possible que par la mondialisation.
Donc là encore penser une alternative à cela n'est pas simple. La dernière chose que je veux dire dans cette euh introduction et que je vais avoir oublié euh là euh tout de suite euh ben je sais plus euh une seconde, excusez-moi, je t'ai vu écrire, je me suis dit "Allez écrit, il faut que je fasse vite en une minute." OK.
Euh oui. Non, ce que je voulais vous dire, c'est euh du coup du point de vue des économistes et pourquoi enfin parce que souvent quand on présente cela, on présente ces accords-là et tout cela. on le présente de telle façon à ce qu'on produise de la scandalisation, qu'on produise cela comme tout aberrant et ça a quand même des une certaine logique et et l'ouverture des frontières, le fait de oui, c'était en lien avec ce que je dit précédemment, excusez-moi, c'est que c'est pour satisfaire le consommateur européen.
De fait, on oublie que le consommateur n'est pas que consommateur, je vais y revenir. Et l'effet premier de cette politique là, c'est d'exercer une pression à la baisse sur les prix de tous les secteurs que vous ouvrez à la concurrence internationale parce que vous les ouvrez à des filières d'autres pays où les conditions sociales ou les conditions de production, les conditions climatiques, les conditions environnementales ne sont pas les mêmes. Donc nécessairement le libre échange, le fait de libéraliser des secteurs et de les mettre en concurrence avec leurs pendant d'autres pays, c'est organiser du dumping social, du dumping environnemental et se s'assurer que les moins compétitifs disparaissent.
Et donc les moins compétitifs ont disparu dans l'industrie. C'est l'industrie du nord de la France, l'industrie de l'est de la France, l'industrie de bien des vallées qui a disparu. Et ce sera demain le monde agricole non protégé de cette mondialisation là.
Donc c'est le monde agricole des piéments, c'est le monde agricole qui n'est pas déjà hyper compétitif, qui n'est déjà pas hyper tourné vers la mondialisation. Et cette partie du monde agricole en fait à Bruxelles, on a considéré que et bien c'était la contrepartie nécessaire et justifiée au fait de pouvoir continuer à exporter de la voiture allemande, française, italienne, à pouvoir exporter de l'industrie allemande, à pouvoir exporter des services français. On en parle pas assez mais c'est pour exporter des services dans les déchets, dans l'énergie, dans l'eau, dans vers les collectivités territoriales, des services financiers.
Et donc pour cela, on est prêt à satisfaire euh à accepter la conséquence obligatoire de cela, c'est-à-dire la disparition par manque de compétitivité de toute l'agriculture européenne qui n'est pas compétitive sur les marchés internationaux. Donc c'est de la production de viande, c'est de la production de fromage qui n'est pas protégé par un abri antiondalisation comme le compté. On y reviendra si vous le voulez plus en détail.
C'est de l'agriculture qui doit s'aligner sur les prix mondiaux. Et quand vous ne pouvez pas vous aligner sur les prix mondiaux, ce qui est le une majorité par exemple de production agricole, mais ça a été le cas dans le monde industriel, bah soit vous disparaissez en vous taisant, soit vous vous mobilisez et en fait vous prenez à partie les normes environnementales, vous prenez à partie le système européen, le la situation générale en France ou en Europe. Mais dans la réalité, c'est que si chacun peut vouit vivre décemment, travailler décemment et vivre de son travail avec des revenus qui permettent de vivre dignement, et bien il y aurait pas assez mobilisation contre les normes écologiques et contre les normes environnementales.
Et c'est là où je veux conclure pour cette introduction, c'est que cette mondialisation, elle est pensée réfléchie et mise en œuvre au nom de la satisfaction du bien-être du consommateur. Mais on a oublié que le consommateur, il pouvait être producteur, qui pouvait être salarié, qui pouvait avoir besoin d'un emploi et qui pouvait avoir d'autres objectifs qu'acheter toujours moins cher avec des qualités tirées vers le bas. Le livre échange, ça produit cela.
Ça produit une compétition où le moins compétitif disparaît pour transiger sur la quantité et sur les prix. L'alternative à cela, c'est effectivement certainement revenir en arrière et construire des politiques qui soient plus centrées sur le marché européen, la satisfaction des besoins des populations européennes et arrêter effectivement d'importer et exporter tout ce qu'on n'est pas en mesure de continuer à importer et exporter ce qu'on est en mesure de produire sur le territoire européen. Donc ça c'est la question des alternatives.
On y reviendra par la suite. Ah oui, tu voulais que je parle de Mercosur ? Mercure, qu'est-ce qui est en train de se jouer à travers l'accord Mercosur ?
L'accord, il est important parce qu'il est parce qu'il incarne lui-même, c'est-à-dire la création du principal marché de libre échange à l'échelle internationale qui va représenter 750 millions de personnes et une part conséquente de l'économie mondiale, mais également parce que c'est aujourd'hui l'accord le plus décrié de l'histoire de l'Union européenne, le plus décrié euh de tous les accords que Manon a énoncé, les accords précédents. Il y a jamais eu autant de tension de difficultés pour l'Union européenne et pour les pays du Mercosur pour les défenseurs de cet accord-là de voir cet accord être finalisé. Ça fait 25 ans qu'il négocie. il a été stoppé à de multiples reprises.
Euh, il devait là au mois de juillet conclure et nous dire "Ça y est, c'est bon, c'est dans les tuyaux pour une ratification à l'échelle européen." Ça n'est pas le cas encore aujourd'hui. On sait pas totalement pourquoi ce qui est en train de se jouer, mais globalement soit on gagne et on bloque cet accord là et on réouvre le champ des possibles à l'échelle des politiques européennes des politiques commerciales européennes, soit on perd et derrière on aura pas simplement Mercur mais on aura Inde, Indonésie, Australie, Afrique du Sud et tous ceux qui vont suivre avec notamment celui avec les États-Unis qui est en fait un véritable accord de libre échange, enfin un accord très pernicieux qui vient d'être annoncé comme étant signé sur lequel on va en revenir.
Donc l'accord mercurû pourquoi c'est une bataille emblématique c'est parce que c'est la condition synéquanon de réouvrir la possibilité d'une ne politique commerciale alternative à l'échelle de l'Union européenne. On n pas le droit de perdre, on a le droit de gagner et on peut le faire. On pourra y revenir dans la discussion.
Merci. Merci beaucoup Maxime. Je vous avais prévenu que c'était un des meilleurs connaisseurs sur tout l'historique depuis 1999. le grand temps de l'altermondialisme qui je pense est temps de de faire renaître pour entrer ensuite et maintenant qu'on a cette perspective et cette entrée en matière dans le vif du sujet sur l'impact spécifique dans le secteur agricole et en particulier l'impact que pose l'accord avec le Mercosour sur le secteur agricole.
J'y reviendrai ensuite plus en détail mais parce que c'est un accord qui aura des conséquences terribles mais dont le volet agricole est un des pire volet avec des centaines de milliers de tonnes de bœuf d'œuf de volaill de sucre de soja et cetera qui seront importés en plus des quotas qui sont déjà importés et le tout sans la moindre barrière douanière et évidemment avec des règles sanitaires et environnementales extrêmement différentes. Et on va entrer dans ce sujet là avec justement Nicolas et la vision de la confédération paysane sur l'impact sur le secteur agricole. À toi Nico.
Merci Manon. Ben merci de nous avoir invité. Euh donc moi je suis paysan en effet à la confédération paysane.
Je suis paysan dans le Jurin. Vous l'avez dit tous les deux producteur de l'éter. J'y reviendrai parce que quelque part c'est pas totalement anecdotique dans le débat qu'on a là sur euh libre échange et agriculture.
Euh c'est une des productions emblématiques sur les enjeux de protection de notre alimentation. Euh dire en préambule que la Confédération paysane syndicat paysan qui a un peu plus de 30 ans, on s'est bâtisse sur des enjeux sociaux et écologiques. On je le présente souvent comme ça.
On a deux pieds. Un pied social des paysans nombreux et rémunérés. pas seulement pour être rémunéré et être bien dans nos bottes, mais aussi pour arriver à mener les transitions écologiques, climatiques et territorial.
Ça c'est les les c'est pour moi les les deux piliers à quoi doit servir l'agriculture. On s'est aussi bâti forcément en opposition avec le syndicalisme majoritaire, avec l'idée de productivisme agricole, avec l'idée de mondialisation, l'idée de tout ce qu'a développé Maxime comme quoi la croissance notamment la croissance du secteur rural, du secteur agricole passera par une mondialisation, par une course au volume, par une course au PRIBA. Donc la Confédération paysane s'est bâtie là-dessus.
Euh Maxime a parlé de 99 euh Seattle, les sommets à terre mondialistes. 99 c'est aussi le démontage du McDo à Mot en opposition au euh ça pourrait redémarrer euh actuellement en opposition aux rétorsions euh américaines sur le sur le commerce notamment de de fromage en l'occurrence de de Rockfort. Et on était déjà en plein cœur de la tourmente. comment est-ce que l'agriculture devenait une monnaie d'échange au sein du commerce international ?
On a aussi dans le même temps dès le début eu un engagement, j'allais dire à la fois alter mondialiste et internationaliste de comment est-ce que on a une volonté de protéger notre agriculture ici mais aussi une attention à comment est-ce qu'elle peut se développer dans les pays du sud. Euh ce que j'y reviendrai sur le mercour et sur les autres accords, il y a les enjeux européens français européens et il y a les enjeux les enjeux dans le Mercosour et dans les dans les autres pays euh sur la planète et euh on s'est engagé avec l'Avia Campestina qui regroupe une un peu plus de de 180 syndicats au syndicat paysans au niveau mondial pour dénoncer les accords de libre échange. Les dénoncer en Europe mais les dénoncés partout sur la planète et enfin dénoncer tous les accords.
C'està-dire que là, on va parler un peu plus spécifiquement du Mercosour, mais je voulais redire que la Confédération paysane s'oppose à l'ensemble des accords de libre échange. C'est-à-dire qu'on va pas faire un tri sur les accords sur les sur ceux sur lesquels on serait soit-disant gagnant et ceux sur lesquels on serait perdant. Parce qu'à partir du moment où on va trier les accords, on va penser que on va mettre le petit doigt dans l'engrenage et qu'on pourra le retirer quand on voudra.
Quand on est dans cette logique de pousser à la mondialisation de l'agriculture, de l'alimentation, à cette course au volume, à cette course au PRIBA, il y a pas de il y a pas de fin. On s'engage et on gagne, on perd mais on n'arrivera pas à gagner à tous les coups. C'est une vue de l'esprit de penser qu'on pourra choisir les accords gagnants et délaisser les accords perdants.
Et encore une fois, euh il pourrait apparaître comme gagnant. Je vais en citer un ou deux, par exemple celui avec le Canada où on exporte des produits laitiers. Il pourrait apparaître gagnant pour les producteurs laitiers européens.
Sauf que à vouloir exporter plus de l'Europe, il va falloir produire plus. Produire plus, ça veut dire intensifier nos pratiques. Ça va vouloir dire concentrer les mécanismes de production.
Ça va vouloir dire faire disparaître une partie des paysans qui seront euh désignés comme non compétitifs. Et à partir de là, on a une agriculture qui est totalement dédiée à la mondialisation, au libre échange, mais qui est plus qui n'est plus du tout dédié à la recherche d'alimentation, à la recherche de souveraineté alimentaire et la recherche de relocalisation. Donc, les aspects du libre échange sont toujours dévastateurs euh qu'on soit dans des accords entre guillemets perdants ou en ou gagnant.
On est toujours dans une course au volume, une course au prat. Et dire que le libre échange euh ce qu'on peut, moi comme je l'image en France, c'est le liv le libre échange, c'est les 1000 vaches parce que on va être obligé d'avoir des des usines à vaches pour être dans une logique d'exporter. Le libre échange, c'est les mégabassines parce que si on veut continuer à avoir une une production céréalière euh toujours aussi intensive avec toujours autant de volume et qui cherche à être compétitive malgré le dérèglement climatique, et ben il y aura besoin d'accaparer l'eau, il y aura besoin des mégabassines.
Donc ça c'est aussi le symbole du libre échange. Le libre échange, ça produit une agriculture industrielle dans les pays qui veulent exporter en l'occurrence en France et en Europe. Donc c'est tout ce dont tout ce contre quoi on lutte et qui nous et qui nous et qui pousse la Confédération Paysane à se positionner, à proposer des alternatives.
On y reviendra par la suite. Et deux exemples avant de parler spécifiquement Mercosour, deux exemples de d'accord de libre échange qui aurait pu apparaître gagnant. Ça concerne le la que moi je suis producteur laitier.
C'est les accords avec l'Afrique de l'Ouest qui ont permis quelque part d'écouler des stocks européens massifs de lait et de poudre de lait. Alors encore une fois, en poussant les paysans européens à produire plus et surtout en produisant en Afrique de l'Ouest ben des des énormes problèmes sur la capacité de ces pays-là et de ces agricultures là à fournir en alimentation locale. Comment arriver à être compétitif localement face à une agriculture européenne subventionnée à grand coup le milliard européen par la PAC qui amène ces excédents de lait de poudre de lait sur des marchés qui sont qui sont pas encore formés à à cet endroit-là.
Donc défendre enfin s'opposer aux accords du libre échange, c'est aussi amener le discours que la souveraineté alimentaire, elle va se bâtir ici, mais elle doit pouvoir aussi se bâtir dans ces pays-là, dans les pays d'Afrique de l'Ouest où les la capacité à produire du lait est une est une réalité. Par contre, il faut lui laisser sa chance et il faut qu'elle puisse être protégée. Et le deuxème exemple, c'est le deuxème exemple c'est celui dont dont je parlais avec l'accord de libre échange avec le Canada qui euh encore une fois a poussé l'Europe à détricoter ses côtats à laitiers pour pouvoir chercher à produire plus au détriment d'un prix du lait, au détriment d'une rémunération et au détriment d'un maillage agricole et d'un maillage d'exploitation laitière nombreuse.
Et est allé exporter au Canada et a fait la même chose au Canada. Le Canada, c'était le dernier pays qui avait une protection de ces de ces productions de ces productions laitières avec des des contingentements style cota laitier qu'on qu'on connaissait en Europe. Et ben les accords avec le Canada n'ont fait que de détricoter ces ces systèmes de protection qui permettaient aux éleveurs canadiens d'être à peu près bien rémunérés.
Donc là, on est dans les je dire dans les accords généraux de ce qu'ils produisent de manière générale. Le Mercosour ne produit pas autre chose que ce que ces dégâts là, sauf qu'il va aussi s'attaquer à d'autres secteurs. un secteur qui avait été peut-être un petit peu oublié jusque- là, c'est le secteur notamment de la viande bovine euh qui sera mis en concurrence avec les secteurs bovin de l'Amérique du Sud avec enfin je sais pas si vous faites l'image mais on n'est pas du tout dans les mêmes types d'élevages entre les élevages bovins, européens et français.
On a typiquement des élevages à l'herbe sur des petites surfaces dans des élevages de montagne, notamment dans le massif central. d'une agriculture très extensive euh pas forcément très rémunératrice et en face de ça une agriculture du Mercossour euh très intensive, j'allais dire en en moyen de production, très extensive parce qu'elle a aussi énormément de surfaces à sa disposition pour pouvoir toujours produire plus et des surfaces qui sont pas aujourd'hui à sa disposition mais qui vont le devenir avec la déforestation qu'on connaît déjà mais qui va encore s'accélérer avec le mercour. Donc encore une fois, le mercour, ça va produire ici en France clairement une baisse des prix sur la viande bovine.
Alors qui pourrait être comme l'a dit Maxime, qui pourrait être un intérêt pour les consommateurs que nous sommes tous et qui recherchent pour certains du PRIBA, mais qui va à terme faire disparaître l'agriculture que l'on connaît, l'élevage que l'on connaît en France et en Europe. On aura on a aucune chance de pouvoir être compétitif sans protection douanière, sans protection avec des normes ou ou des règles qui nous empêcheraiit d'être en concurrence directe avec une une agriculture de l'Amérique du Sud. Et euh c'est cette agriculture-là euh a a localement en Amérique du Sud des effets très impactants.
Je l'ai dit sur la déforestation, forcément sur le climat. et également sur son agriculture locale. Je parlais de souveraineté alimentaire tout à l'heure.
La souveraineté alimentaire euh c'est pas une notion euh inconnue, c'est un droit à acquérir. La la la souveraineté alimentaire, c'est pas on nous l'a rabâché depuis le début du conflit en Ukraine. La souveraineté alimentaire pour certains, c'était la capacité à aller chercher de nouveaux marchés, produire plus pour permettre à d'autres de se nourrir.
La souveraineté alimentaire, c'est pas ça. La souveraineté alimentaire, c'est le droit des peuples à établir leur lois, leurs règles agricoles et alimentaires pour arriver à accéder à une alimentation de qualité et choisie. C'est ça la souveraineté alimentaire.
C'est un droit. C'est un droit à bâtir collectivement ici en France, en Europe et ailleurs partout dans le monde. Et ce droit-là, il ne pourra pas s'acquérir avec une course effrainée au volume, une course effrainée au PRIBas.
Parce qu'encore une fois dans le Mercosour, les paysans qui vont euh euh intensifier leur pratique et chercher à produire plus à moins cher ne vont pas être dans une logique de rechercher les marchés locaux et de rechercher à nourrir les consommateurs locaux. Ils vont être dans une logique d'aller inonder les marchés européens pour faire du profit. Donc on va être perdant, j'allais dire des deux côtés de l'Atlantique avec des paysans européens qui vont disparaître et qui seront dans l'incapacité à produire pour nourrir ici en France et en Europe et des paysans sud-américains qui vont être poussés à produire plus, poussés à produire à l'export et non pas à rechercher à avoir une agriculture qui se relocalise et qui cherche à répondre à la demande locale qui sera forcément différente de la demande internationale et de la demande sur les marchés export.
Donc redire aussi que cette cet accord avec le Mercosour est un accord perdant perdant des deux côtés de l'Atlantique parce que aussi on n pas du tout les mêmes normes en terme de production. Alors, certains se cachent là derrière en disant "Bon ben, on n pas les mêmes normes, mais continuons à faire du libre échange en mettant en place que appelle des mesures miroir qui empêcheraient l'agriculture sud-américaine d'importer des une viande bovine que qu'on serait pas capable de produire ici." Alors, moi je pense que déjà le l'agriculture sud-américaine sera capable de s'adapter à ça.
À terme, elle sera capable de produire avec de la traçabilité. à terme, elle sera capable de produire sans hormones, sans antibiotique et sans déforestation. S'il y a que ça, elle sera capable de le faire.
Donc quelque part, les mesures miroires, je pense que c'est un élément pour retarder une échéance. C'est pas du tout pour la mettre de côté et empêcher son arrivée et empêcher l'arrivée de ses volumes de viande important depuis l'Amérique du Sud. Et aujourd'hui, l'Amérique du Sud a pas les mêmes normes de traçabilité, a pas les mêmes normes de conditions d'élevage, a pas les mêmes normes en terme de d'antibiotique et et d'hormones.
Et euh quelque part, on peut pas accepter que cette agricultureel vienne concurrencer une agriculture euh qui cherche à élever ses standards. Alors après, comme disait Maxime, on peut on pourrait avoir le choix et c'est ce que dit une partie du monde agricole en France et en Europe. Et ben à ce compte là, donnez-nous les moyens d'être concurrentiel ici aussi et redonnez-nous les produits que les que vous avez interdit un certain temps.
C'est ce qu'on a fait dans la loi du plomb avec la cétamipride sur les productions de noisettes mais majoritairement de betterave. On est aussi dans ces cas-là dans une logique de libre échange sur le marché européen mais dans une logique de libre échange. C'est-à-dire que plutôt que de chercher à protéger notre agriculture face à des importations d'autres pays, et ben on va lui donner d'autres moyens pour continuer à produire plus à moins cher.
C'est l'acétamupride pour les pour les betteraves. Ça pourrait être les hormones de croissance ou les antibiotiques pour la viande bovine. Ça pourrait être les OGM pour les céréales et on en finit plus quoi.
On en finit plus et c'est la course en avant. C'est la fuite en avant qui va ne faire que de détruire notre agriculture ici, de détruire nos moyens de production pour demain. Parce qu'à un moment donné, quand on continue à produire plus, à chercher à produire plus, on va mettre en difficulté notre capacité à produire demain et après-demain et à bâtir enfin notre souveraineté alimentaire sur le territoire français européen. pas en arrosant nos terres de pesticides et d'OGM qu'on va arriver à long terme à bâtir notre souveraineté alimentaire. on arrivera peut-être à très court terme à tirer notre épingle du jeu sur des marchés très spécifiques et sur et sur de l'exportation, mais on va être dans une logique du produire plus et sur laquelle on ne sera pas concurrencié à terme.
Le libre échange comme l'a dit Maxime et je terminer je terminerai là-dessus, c'est la capacité des pays et en l'occurrence en agriculture, ce que je connais le mieux de quel pays sera le plus capable de s'asseoir sur ses normes sociales, environnementales et climatiques. Et aujourd'hui, très clairement c'est pas la France et l'Europe qui aura les les les plus de capacité à faire ça en terme de surface, en terme de normes et en terme de règles. est encore heureux et on n' que le choix de refuser ces accords de libre échange et de bâtir ensemble des alternatives aux accords de libre échange en protégeant notre agriculture et on en parlera ensuite. [Applaudissements] Merci beaucoup Nicolas pour compléter un petit peu sur l'accord de libre échange avec le Mercosour tel qu'on le voit nous au Parlement européen.
Oui, pardon, je vous parle debout parce que comme je suis déjà toute petite comme ça au moins je vous vois. Pour compléter cet accord là, c'est la quintessence de ce qu'on fait de pire en matière de libre échange. C'est une catastrophe sur d'un point de vue environnemental, d'un point de vue social et d'un point de vue agricole.
C'est une catastrophe aussi d'un point de vue sanitaire. Si on le fait dans l'ordre, Nicolas parlait à l'instant de la différence de normes et de standard entre les États du Mercosour et les États de l'Union européenne. Pour vous donner une idée, le Mercosour, on a oublié de le redire et c'est important, Brésil, Argentine notamment, Paraguay, Uruguay.
Au Brésil, c'est un pays qui est le deuxè importateur au monde de pesticides. C'est un pays où un tiers des pesticides qui sont autorisés là-bas sont interdits dans l'Union européenne. Donc, on va importer des produits qui sont fabriqués avec des pesticides qui sont interdits dans l'Union européenne.
Et pire encore pour vous dire à quel point l'hypocrisie est totale. Dans l'Union européenne, on a des entreprises qui produisent des pesticides qui sont interdits dans l'Union européenne. Ces pesticides sont envoyés au Brésil, servent à produire un certain nombre de produits agricoles, puis ensuite sont renvoyés en France et en Europe et se retrouvent dans votre assiette alors qu'en théorie ils sont interdits par l'Union européenne.
Petite chute de verre d'eau, tout va bien. Donc ça vous donne une idée de la la folie d'un point de vue sanitaire. Et c'est pour ça que quand je vois la mobilisation sur la loi du plomb, enfin l'accord mercource c'est loi du plomb x 1000 parce que la cétamiprite c'est un néonicotinoïde.
Mais si vous prenez l'ensemble des néonicotinoïdes qui sont autorisés dans l'Union européenne par rapport à euh des États comme le Brésil et l'Argentine, la différence est colossale. Et si on va même au-delà de ceux qui sont autorisés et interdits quand les il y a des seuils qui existent, ces seuils sont aussi exactement sont aussi très différentes. Je vous donne juste un exemple sur les glyphosates.
Par exemple, la limite des résidus de glyphosat dans l'eau, elle est 5000 fois supérieure au Brésil que dans l'Union européenne. Donc quand il existe des choses qui sont autorisées, il y a quand même des seuils qui existent en Europe et bien ces seuils sont aussi pas les mêmes. Donc non seulement il y a des produits qui sont interdits chez nous et autorisés là-bas et qui vont être importés, mais en plus de ça, les seuils ne sont pas les mêmes.
Ça c'est pour le volet sanitaire qui est déjà extrêmement catastrophique. Ensuite si l'on prend ça, c'est sur la base des règles d'aujourd'hui. Mais si je rajoute à ça, hop.
Ouais, vas-y. Ouais, sinon je vais pas arriver à tenir deux choses à la fois. Vas-y, plie là.
Celle-là, on s'en fout. Euh si on prend la la suite de ça, c'est à partir des règles, mais quandb même le peu de règles qu'il y a ses propres règles seraient extrêmement difficiles à vérifier. Je vous explique, vous avez peut-être vu cet été, j'ai fait une mission avec la commission des affaires commerciales dans laquelle je siège au Brésil.
Alors ça a fait hurler les médias de Boloréko qui ont fait regarder JDD a fait un article, Manon Bri va en vacances au Brésil. Alors non, ça s'appelle une mission parlementaire. Je comprends que vous ayez pas l'habitude avec Jordan Bardella parce que j'ai jamais vu faire la moindre mission parlementaire.
C'est sûr que c'est un peu différent de Jordan Bardet pas là. Je mets ça de côté. Et donc cette mission parlementaire, elle avait quand même au moins l'utilité d'aller notamment visiter le port de Santos.
Le port de Santos, c'est le plus grand port d'Amérique latine. C'est juste à côté de Sao Polo, donc côté de la mer au Brésil. Sao Polo, capitale économique du Brésil. et on a rencontré les responsables du port et on leur a demandé combien quel était le volume de marchandise qui voyait passer.
Soit dit en passant le quel port a été racheté par CMA CGM, une entreprise que l'on connaît bien qui est notamment possédée par Rodolp Saadé et qui possède notamment BFM. Je je ferme cette parenthèse et quand on leur a demandé bon quel est le volume de marchandise quand même plus grand port d'Amérique latine 20000 camions par jour 20000 qui défilent dont une partie vont partir en effet dans euh pour l'Union européenne. Et quand on leur demande mais euh combien d'inspecteurs sanitaires vous avez ? parce que il y a très peu de règles, mais il en existe quand même quelques-unes. 30 inspecteurs pour 20000 camions.
Je vous laisse faire le calcul hein, le nombre de de camions par inspecteur. On voit bien que ces normes de toute façon, le peu de normes qu'il y a est impossible à faire respecter. Et c'est pas moi qui le dit, c'est la Commission européenne elle-même qui a fait un rapport et qui a dit qu'elle était incapable de garantir que le bœf exporté du Brésil vers l'Union européenne ne contenait pas de l'radiol qui est une hormone qui est interdite dans l'Union européenne depuis 1988 car considéré comme cancérigène.
Faut qu'on arrive dans une situation où l'Union européenne reconnaît elle-même qu'elle va nous empoisonner, que ce qui va arriver dans nos assiette en Europe va être empoisonné. D'autant plus que l'objectif d'un accord de libre échange même est d'abaisser le niveau de contrôle. Ça c'est sur le point de vue sanitaire.
Sur le point de vue agricole, je reviens pas dessus dans le détail parce que Nico l'a euh détaillé et est revenu là-dessus. Juste un élément pour rajouter, c'est qui est gagnant à la fin ? Tu as dit qui était perdant les paysans.
Mais le seul acteur qui est gagnant, c'est l'agroindustrie. C'est les immenses entreprises agro-industrielles qui sont présentes notamment au Brésil dans des exploitations. La moyenne, tu m'arrêtes si je me trompe, la moyenne des exploitations agricoles en France, je crois que c'est autour de 70 hectares, un truc comme ça.
Devinez la taille moyenne des exploitations agricoles au Brésil. 500 1500 qui dit mieux on est aux enchères fait ça participatif 20000 ici qui dit mieux non s'arrête à 20000 100000 50000 150000 Ouais vous êtes encore en dessous alors la taille ça dépend si on prend la taille moyenneou la taille médian sur des tailles moyennes et médianes on va être autour de Mais vous avez des exploitations qui vont jusqu'à 500000 hectares, des exploitations qui font la taille d'une région entière française et ça c'est une exploitation. Je suis allé dans la région de Saopolo, un peu plus au nord, vous avez la capitale de l'agroindustrie et là-bas vous avez des exploitations agricoles à perte de vue avec là-bas des paysans qui se battent aussi dans le cadre du mouvement des paysans sans terre et qui se battent pour reprendre le contrôle de leur terre parce que le problème décidément on va avoir toutes les verres d'eau qui se renversent euh parce que là-bas la conséquence directe, c'est que ces paysans qui se battent pour leur terre ont leur terre qui sont aussi volés par l'exploitation agroindustrielle.
Mais quand Nicolas va parler du modèle que alternatif que l'on défend, ce modèle c'est aussi le modèle là-bas pour lequel des paysans se battent pour diversifier parce que résultat on se retrouve avec des immenses champs agroindustriels qui font du sucre de canne et qui sont prêts pour l'export et qui ne servent même pas non plus à nourrir la population brésilienne. Et enfin la dernière le dernier drame de cet accord, il est évidemment environnemental à plusieurs égards. D'abord, qui peut penser que quand bien même je reviens pas sur l'impact environnemental de la consommation de bœuf qui est évidente et le type de modèle agricole qui est privilégié qui est lui-même extrêmement polluant.
Mais en plus de ça, très facile à comprendre que si vous prenez euh du lait, du sucre, du bœuf produit par ici, on est dans une zone, il y a il y a pas mal de de d'exploitation agricole dans coin, donc qui viennent globalement de votre département, c'est pas la même empreinte environnementale que du bœuf qui vient du Brésil. Pas besoin d'avoir un bac + 18 pour comprendre ça. Mais non, vous avez la Commission européenne qui vient et qui vous dit c'est l'accord le plus environnemental qu'on a jamais fait.
Mais le principe même du libre échange est contraire aux accords de Paris. Alors comme ça fait beau de parler des accords de Paris, ils ont fait une petite annexe qui est absolument pas contraignante en disant que quand même faut respecter les accords de Paris. Mais l'Argentine de Miley quitte les accords de Paris.
Oh, c'est pas si grave. Et puis évidemment derrière cet accord, il y a aussi la question de la déforestation spécifique au Brésil où quand vous avez besoin de produire toujours plus d'une agriculture plus extensive intensive pardon et bien évidemment vous avez besoin de plus de terre et que vous prenez sur l'immense poumon qui est l'Amazonnie et qui a conduit l'Union européenne même à reporter son texte sur la déforestation. Donc on s'est complètement couché pour faire plaisir aux entreprises agroindustrielles qui sont les seules qui sont les seules gagnantes.
Et pour conclure sur ce point-là, Maxime parlait à l'instant de comment on va mener la bataille et il a raison de dire que cette bataille, elle est emblématique. Soit on la gagne et on met enfin un coin dans ce modèle de libre échange et c'est tout le modèle économique du libre échange auquel on s'attaque. Soit on perd cette bataille et le nombre de de d'accords qui vont venir par la suite va être extrêmement dramatique.
Et le problème c'est que la Commission européenne a bien compris l'importance de cette bataille et tente de passer en force. Elle tente de passer en force notamment en changeant la base juridique de l'accord. Alors d'abord petit court principe de base parlementaire le Parlement européen est normalement codécisionnaire.
Donc normalement, nous participons à écrire la loi en matière commerciale. Alors ça, la Commission européenne, elle en a fait une belle boulette en papier comme on vient de faire à l'instant et puis elle l'a jeté à la poubelle en mode on s'en fout du Parlement européen. Ils ont négocié l'ensemble euh pendant l'ensemble des négociations sans jamais que nous au Parlement européen on ait accès au texte.
Et donc quand je vous dis que la bataille, on va la mener tous azimut, on va la mener en déposant à la rentrée un recours auprès de la Cour de justice de l'Union européenne en proposant au Parlement européen de le voter pour que la Cour de justice de l'Union européenne statue sur la compatibilité non seulement de l'accord avec un certain nombre de textes fondamentaux de l'Union européenne à commencer par la loi climat, à commencer par les accords de Paris parce que he ils sont beaux les traités européens mais il les respectent que quand ça les arrange mais aussi sur la méthode et la procédure puisque le droit droit d'information du Parlement européen n'a pas été respecté. Ça c'est la première piste sur laquelle on va se battre. Et puis sur la le point de vue démocratique, je le disais, ils essayent de passer en force parce qu'ils ont bien compris que le vent a tourné.
Maxime l'a un peu expliqué. Si on fait un sondage dans la rue, personne n'a envie de bouffer du truc, un truc qui vient de l'autre bout de la planète sans savoir comment il a été produit. Et donc comme ils sentent le vent en tourné, ce qu'ils sont en train de faire c'est de concrètement changer la base juridique pour que les États et les Parlements nationaux ne soient pas consultés.
Normalement, sur un accord de libre échange, l'ensemble des parlements nationaux, donc le Parlement français, le parlement belge, le parlement allemand et cetera, doit être consulté et voté dessus. Vous imaginez bien que le Parlement français, y compris dans sa son ce côté très volatile actuel, il y aurait pas eu de majorité au Parlement français sur l'accord avec le mercoso. Et donc la Commission européenne se dit "Bah c'est pas grave, on va changer la base juridique et on va en faire une autre base juridique pour faire en sorte que il faut juste une majorité qualifiée des Étatsmembres et puis on ne consulte plus les parlements nationaux." Là aussi, notre cours, la Cour de justice de l'Union européenne va contester s ce changement de base juridique.
Mais à la fin des fins, oui, le Parlement européen aura le dernier mot. Le Parlement européen aura le dernier mot. Quoi qu'il arrive ça, ils ne pourront pas le changer.
S'il y a une majorité de voix au Parlement européen contre cet accord, cet accord est mort. Et Maxime le disait en terme de timing, il va être il y a plein d'étapes mais en gros, il va être officiellement signé par l'Union européenne a priori dans les jours, semaines qui viennent. Ce qui veut dire un vote au Parlement européen d'ici la fin de l'année.
Et c'est là que la mobilisation va commencer. C'est là on aura besoin de vous. C'est là où il va falloir que tous ceux qui ont fait des belles paroles ces dernières semaines, ces derniers mois, ces dernières années, à commencer par Emmanuel Macron lui-même qui je le rappelle, il est pas président de la République depuis hier Macron.
Il est président de la République depuis 8 ans et qu'est-ce qu'il a fait pour arrêter l'accord de libre échange avec le Mercosour ? Qu'est-ce qu'il a fait pour créer une minorité de blocage au Conseil européen pour avoir des États qui s'y opposent ? Rien.
Mais il vient à la télé en disant "Cet accord est inadmissible." J'imite assez mal Emmanuel Macron, mais vous voyez le genre. Cet accord est inadmissible mais il fait rien pour l'arrêter.
Alors nous au Parlement européen, on continue la mobilisation, on continue un à un d'aller voir chaque député en leur disant il faudra que tu assumes la responsabilité de ce vote et c'est là on va avoir besoin de vous aussi pour demander des comptes pour que chacun de ces députés européens qui votera en faveur de cet accord, c'est qu'il sacrifiera notre environnement, notre agriculture et notre santé et qu'on leur fasse payer. Et cette mobilisation là, elle est dans notre main à nous tous. Et j'espère que ces amphies sonneront le début de la mobilisation contre cet accord de libre échange parce qu'il nous reste que quelques mois mais ce seront les mois les plus importants pour faire tomber cet accord de malheur.
Ce qui nous fait une transition avec pourquoi ils nous vendent aussi cet accord dans le contexte actuel de l'accord entre Donald Trump, les États-Unis et l'Union européenne. Ils nous disent "Mais vous comprenez, vu que Donald Trump c'est un méchant tout ça, tout ça tout ça, mais on signe quand même un accord de libre échange avec lui. Il faut donner des débouchés à nos produits.
C'est pour ça qu'on va les vendre au aux États du Mercosour. Sauf que en réalité si on fait un accord avec Merci Nicolas pour cette super assistance. Si on fait un accord avec les États-Unis, c'est parce queon ce modèle, parce que on continue à privilégier les entreprises exportatrices, par exemple les entreprises automobiles pour que à tout prix elles puissent vendre leur voiture aux États-Unis.
Et cet accord, Maxime a raison de le qualifier comme un nouveau tafta. Il a été pas suffisamment traité comme tel, je trouve, dans les médias, même ss réveillés un peu tard en mode "Ah bon, il y a ça Bah oui, ça fait des mois qu'il négocie et on savait très bien l'Union européenne avait affiché la couleur dès le début. Et donc peut-être Maxime, tu peux revenir sur les détails de l'accord entre Trump et et l'Union européenne d'autant plus qu' a été plus ou moins publié plus ou moins les détails hier mais tu reviendras parce que ils essaient là aussi de contourner le Parlement, les institutions européennes.
À toi Maxime. Merci. Merci beaucoup Manon.
Euh al puisque tu parlais de permets-moi juste une incise sur la mobilisation Mercosure parce que je suis je suis économiste et tout ça mais je vous ai dit que je travaillais avec le monde associatif syndical ONG sur ces questions là. Donc je coanime ce qu'on appelle le collectif national Stop Ceta Mercosur qui avant était le collectif Stop Tafta. Donc il y a en gros l'espace des ONG, donc Greenpeace, les amis de la Terre, France, Nature, Environnement, je vais en oublier plein, des syndicats, la CGT, FSU solidaire, des associations attaqu des collectifs citoyens, un collectif donc national d'organisation qui a confié à ce collectif là la charge de faire un suivi de la politique commerciale européenne, des accords en train d'être négociés et donc de construire les mobilisations citoyennes sur cette sur ces accordsl.
Là sur la C Mercosure, on est dans situation un peu spécifique en France puisque'officiellement tout le monde est contre. d'Emmanuel Macron, je vais y revenir. D'Emmanuel Macron euh à la gauche, toute la gauche, à la droite, toute la droite jusqu'à l'extrême droite.
Tout le monde a pris des positions contre l'accord Mercur. Une résolution a été plusieurs résolutions ont été votées au Parlement français et unanimité quasi hormis quelques on passer les détails mais tous les groupes ont voté contre l'accorder caution. Et donc du coup, il est difficile de faire vivre ce débat là publiquement en France parce que ce qui intéresse les journalistes, c'est quand il y a du clivage politique.
Et là en fait, il faut aller dans les détails. Il faut aller regarder ce que Emmanuel Macron dit précisément. Bon et ça c'est un peu plus compliqué.
Donc pour mener bataille sur cet accord là, on a deux outils qui sont sur pied. La première est une chose que dont vous pouvez en parler dès que vous rentrez chez vous. C'est-à-dire qu'on a proposé une campagne d'interpellation des collectivités territoriales.
Ça a tout plein d'intérêt politique. Je vais pas m'étendre. Il paraît qu'il y a des municipal bientôt, ça peut faire bouger des lignes, ça peut avoir quelques intérêts.
En gros, c'est de demander aux collectivités territoriales de se positionner contre l'accord UMR caussur et pour la relocalisation écologique et solidaire. C'est-à-dire que on travaille dans la mobilisation mais aussi sur une perspective d'alternative, ce qui n'est peut-être pas sans lien avec un certain nombre de débat que vous pouvez avoir ici sur qu'est-ce qu'il faut faire de ces municipales et pas lien non plus avec un débat qui nous prend tous, c'est qu'est-ce qu'il faut faire avec le Front National et l'extrême droite ? C'est que l'extrême droite, l'alternative c'est la frontière, la frontière nationale.
Nous, c'est pas ça du de la de la du commerce entre Vimi et Nice, franchement ça nous pose pas de souci. ou entre le nord de l'Espagne et le et et et au sein du pays catalan au sein du Pays Basque. C'est pas ça le problème, c'est pas la frontière française.
La question c'est de relocaliser. Bon voilà. Donc du coup, on a une proposition, c'est faire voter aux collectivités territoriales des motions de ce type là pour faire débattre dans les collectivités, pousser les gens à se positionner, les élus à se positionner et aussi faire vivre le débat sur un plan local et montrer que il y a pas que la coordination rurale et la FNSE qui se mobilise contre cet accord-là et nos amis de la Confédération paysane, mais il y a aussi des collectifs citoyens, mais il y a aussi des élus et on peut faire vivre un discours alternatif par différents biais.
Et cette bataille pour faire que les collectivités se prononcent, vous pouvez le faire avec Attaque, vous pouvez le faire avec la confe paysane locale, vous pouvez le faire avec tout plein de gens. Donc ça c'est une chose qui existe. Tous les outils sont en ligne.
Je pourrais vous redonner des liens. Vous me laisserez vos coordonnées, je vous les enverrai. Deuxième chose euh c'est qu'on attendait que la commission, c'est un peu technique mais que la Commission européenne qui a finalisé le texte, qui l'a traduit dans toutes les langues, qui en a fait une analyse juridique et tout cela, le transmett au Conseil, c'est-à-dire aux 27 États membres de l'Union européenne au aux capitales européennes pour que les capitales se positionnent et que demain ell votent au Conseil.
Ceci n'a pas été fait. Ça aurait dû être fait fin juin début juillet. On sait pas pourquoi précisément.
Est-ce que c'est parce que Macron était vraiment énervé ? Possible mais pas sûr. Est-ce que c'est parce qu'il y a trop de contradictions interne au sein de l'UE ?
Possible mais pas sûr. Je suis désolé, j'ai pas la réponse à c question là et personne ne l'a à ce stade. Ce qui est sûr, c'est qu'ils ont repoussé.
Mais dès qu'ils vont le faire, on a un outil d'interpellation en ligne à l'échelle européenne de tous les décideurs politiques nationaux pour leur demander de voter contre cet accord-là. Donc la même campagne se déroule dans tous les pays européens et se déroulera en France. et ce sera sur le site du collectif national Stop Tafta que vous pourrez signer et interpeller les décideurs politiques.
Elle n'est pas en ligne encore parce que on attend le momentum, le moment où on va en parler parce que sinon ça sert à rien. Euh voilà donc ça c'est sur c'est sur la campagne. La deuxième chose que je vais dire et je vais arriver sur Trump et et ce qui est en train de se passer, c'est que dans mon histoire de tout à l'heure, je me suis arrêté à le Covid, la guerre en Ukraine et cette situation dans laquelle nous sommes où en fait tout est en train de voler un éclat.
Le monde rose qui nous ont promis et annoncé de cette mondialisation heureuse née dans les années 80-90 est en train de voler un éclat. C'est-à-dire qu'il n'y a plus aucune grande puissance à l'échelle planétaire qui respecte les règles de l'Organisation mondiale du commerce. Trump le premier mais c'est également vrai de la Chine et y compris l'Union européenne des fois s'aventure sur un terrain un peu différent aujourd'hui.
Vous avez trois scénarios possibles. Le premier c'est la loi de la jungle de Donald Trump. C'est la loi du plus fort.
C'est celui qui impose ses règles au reste de la planète. Et donc du coup c'est on fait fi de toutes les solidarités possibles. On fait des populations du sud.
On fait fill de tous ceux qui ne pourront pas s'aligner, ne pourront pas compétitionner vis-à-vis des multinationales européennes. Ça c'est la loi de la jungle. Et d'une certaine façon, c'est ce que veut le Rassemblement national, c'est que finalement dans cette mondialisation, c'est le plus fort qui décide et les autres s'alignent.
Nous, on veut pas de cela. On veut pas de cela mais c'est aujourd'hui ce qui a le vent en poupe. Ensuite, il y a un deuxième scénario, c'est celui aujourd'hui des institutions européennes.
Mais quand vous creuser, quand vous discutez un peu sérieusement avec eux, moi j'ai l'occasion de le faire notamment avec des gens de l'Institut de l'or, en fait, ils ont pas de scénario alternatif. C'est de dire "Non mais tout ça va s'arrêter et on va revenir à cette c'est une parenthèse, on va revenir à cette période bien heureuse de la mondialisation qui nous a tant apporté dans les années 90 et dans les années 2000." Et donc du coup, c'est pour cela qu'aujourd'hui vous avez la Commission européenne qui dit et qui face à Trump dit courbe les Chines et dit oui donnons-lui un petit peu et on va attendre que ça passe.
Mais non tout est en train de voler en éclat c'est-à-dire plus personne ne respecte cela. La bataille qui est à l'œuvre aujourd'hui à l'échelle internationale n'est pas une bataille pour les finalement pour savoir si vous exportez un peu plus de vin ou de spiritueux, un peu plus de bagnoles ou pas. La bataille à l'échelle internationale entre la Chine et les États-Unis, c'est une bataille pour le contrôle des infrastructures de la mondialisation.
Les infrastructures de la mondialisation, elles sont financières, c'est qui détient le système financier international ? Elles sont technologiques. Qui détient les unités et les instances de production de la technologie de demain ?
Donc c'est l'IA, euh l'intelligence artificielle, ce sont euh euh tous les aspects euh technologiques, euh les chipsets et tout ça, qui c'est qui a à la main là-dessus. Euh c'est Nvidia. À qui qui aura Nvidia dans les années à venir.
Ce sont les infrastructures commercial qui détient les ports, qui détient les routes de ce commerce international. C'est ça la bataille qui est en train de se jouer. Et face à cela, la réponse de l'Union européenne, c'est de dire "Non, non, on on on crée une parenthèse.
On va attendre que Donald Trump perde les élections un jour si jamais il doit y avoir des élections aux États-Unis euh ou que nous soit pas remplacé par un de ses acolyes et on va revenir à la à la mondialisation heureuse." Ceci n'a aucun de mon point de vue, mais peut-être que vous ne le partagez pas, mais on peut en discuter, n'a aucune chance de se réaliser. Il faut que l'Union européenne change de logiciel et elle peut changer de logiciel en essayant de faire du Trump alternatif ou en venant sur le seul scénario crédible et alternatif qui est, c'est de construire une alternative.
Et cette alternative là, c'est effectivement de considérer que il faut se concentrer sur ce qu'il se passe sur le territoire européen, sur ce que l'on produit, ne plus dépendre de l'étranger, se focaliser sur le marché intérieur, se focaliser sur les là où les gens vivent et les gens travaillent, donc créer de l'emploi. Et donc ça veut dire effectivement protéger un certain nombre de secteurs et s'assurer qu'il ne soit pas soumis à la compétition internationale. Ça c'est la question des alternatives.
Face à cela, qu'est-ce qu'elle fait ? Elle fait tout le contraire face à Trump là. Ce qui est en train de se passer d'une, j'allais dire d'une gravité, non ?
Comment c'est ? C'est c'est c'est d'une gravité tout court. C'est plus simple.
Oui, c'est gravissime. D'une gravité. Non, c'est gravissime.
C'est-à-dire que l'Union européenne par cette logique là de c'est un mauvais moment à passer, à courber les Chines et à accepter quasiment toutes les exigences de Donald Trump. Ce les annonces du mois de juillet ont été complétées donc par ce qui est arrivé hier, c'est-à-dire qu'on a enfin un document conjoint de la Commission européenne et des négociateurs américains. C'est-à-dire qu'ils sont d'accord sur un texte commun.
Donc ce texte est pas très long. Il est pas il rentre pas dans tous les détails, mais on en avait pas ça au mois de juillet. Au mois de juillet, on avait plein de contradictions.
La Commission européenne disait "Ne vous inquiétez pas, l'industrie pharmaceutique ne va pas être taxée à l'arrivée aux États-Unis. On va essayer de sauver les vins spiritueux." Bon, la réalité c'est que tout le monde prend 15 % et dans le débat public, vous n'allez avoir que ça.
Vous allez avoir que finalement on va vendre moins de 20 spiritueux aux États-Unis. Ça me permet juste une aparté sur qui gagne à la mondialisation, qui c'est les vins spiritueux. C'est pas votre petit producteur de vin local.
Moi, j'ai un des amis producteurs de vins locaux en face de chez moi qui vendent aux États-Unis. Euh c'est assez peu déterminé euh par euh le droit de douane. Par contre, qui sont les négociants ?
Les négociants de Vin Spiritu France, c'est LVMH, euh c'est Pernoricard et c'est des entreprises qu'on connaît moins mais qui sont en fait des euh gens qui ont agrégé euh et qui maîtrisent et qui ont la main sur l'importation et l'exportation. Globalement, quand vous créez des marchés gigantesques, vous créez des acteurs gigantesques et ce sont ces acteurs gigantesques qui ont la taille suffisante pour gagner dans ces marchés là. Donc, ce sont jamais les petits producteurs ni dans l'industrie, ni dans les services, ni euh voilà qui vont y gagner, même si peut-être que vous avez quelques PME qui peuvent euh profiter de ces marchés internationaux, mais globalement ce sont les multinationales et les intermédiaires qui font la pluie et le et et et le beau temps.
Mais derrière cet accord-là, en fait, il y a des engagements qui ont été pris. Donc, vous allez entendre parler beaucoup de de ces 15 %, des effets sur telle ou telle filière, est-ce qu'on gagne ? Est-ce qu'on perd sans jamais dire que derrière le on c'est pas la France qui gagne, c'est pas les Français qui gagnent.
Ce sont des secteurs, des acteurs économiques spécifiques qu'il faudrait pointer. Mais il y a des engagements plus importants qui ont été pris. Quand vous lisez le texte qui a été publié hier, vous avez mentionné le fait qu'il y a un accord sur des secteurs industriels mais également sur des secteurs alimentaires, sur l'agroalimentaire, sur les questions sanitaires.
Donc en fait derrière cela, il y a des donc on n pas les détails parce que c'est pas détaillé. Euh il y a des engagements qui ont été pris auprès de Donald Trump pour revoir les normes à la baisse en matière d'accès aux marchés européens pour 10 produits agricoles venant des États-Unis, des normes à la baisse sur le plan sanitaire, sur le plan du suivi, mais également euh de s'assurer que les réglementations qui ont vu le jour en Europe à travers le Green Deal qui n'allait pas assez loin, qui était pas suffisamment ambitieux, qu'on a critiqué par bien des aspects, mais sur le devoir de vigilance des entreprise euh sur y compris euh la taxe carbone, le mécanisme d'ajustement carbone aux frontières euh sur euh toute une série de réglementations de ce type-là qui ont vu le jour. Il y a des engagements euh qui ont été pris par l'Union européenne de revoir à la baisse ces exigences-là pour que les produits américains, pour que les multinational américaine puissent exporter plus facilement auprès de l'Union européenne.
Donc c'est un accord absolument ignoble qui est unilatéral, qui est une capitulation en race campagne avec le simple motif qu'il faut pas énerver Donald Trump pour peut-être des bonnes raisons l'Ukraine pour beaucoup de mauvaises raisons qui consistent à penser que c'est qu'une parenthèse et que ceci va s'arrêter et qu'on va revenir à la normale. L'Union européenne n'a pas compris le film. La mondialisation est en train d'imploser devant nos yeux sous nos yeux.
Cette mondialisation, on l'a critiqué par bien des aspects, mais il y avait des institutions internationales comme l'Organisation mondiale des commerces qui menaient une politique problématique, mais il y avait des espaces de coordination multilatéraux. Si on s'aborde ça pour également des bonnes raisons mais que à la place, on a juste la loi de la jungle, la loi du plus fort et c'est les États-Unis qui dictent la règle du monde à l'ensemble des pays de la planète, ça c'est pas possible. C'est pas possible.
Et donc du coup, on a une exigence à avoir auprès de l'Union européenne que cette réponse là n'est pas la bonne et que l'Union européenne doit changer diamétralement fondamentalement de réponse à apporter à cette questionl. Et donc du coup, oui, il faut construire un rapport de force avec les États-Unis. Oui, il faut des représailles, des représailles massives notamment sur les big tech américaines pour des raisons qui ont été expliquées par Cédric Duran dans la conférence qui l' mené tout à l'heure euh parce que on a besoin effectivement de défendre une alternative et cette alternative européenne, elle doit être possible. donc à l'échelle européenne mais également dans d'autres pays sur la planète.
Tout ce qu'on a dit là sur la relocalisation, sur la souveraineté alimentaire, sur les exigences de protection et tout cela, il faut pas que ce soit uniquement possible à l'échelle de l'Union européenne. Il faut que aussi dans les banlieux d'Anoï et de Daka, il puissent faire et mener des des trucs alternatifs et ne plus dépendre des marchés exportateurs européens. Donc voilà, c'est tout ce modèle là qu'il faut réinventer.
C'est hyper compliqué mais c'est la bataille du moment. C'est ce qui se joue là dans les 15 prochaines années. Soit on la gagne, soit on va vers des jours assez tristes et funestes.
J'aurais dû le dire dans l'autre sens. Soit on va vers des jours tristes et funestes, soit on la gagne. Soit on la gagne et on peut le faire. [Applaudissements] Merci beaucoup Maxime.
Ça nous donne un agenda de bataille extrêmement grand peut-être pour finir sur l'accord avec les États-Unis et terminer ensuite avec les alternatives avec Nicolas et faire le tour d'entre vous si vous avez des questions sur l'accord pour pour bien comprendre pourquoi on dit qu'il est asymétrique. C'est parce que vous avez 15 % de droits de douane sur les produits qui viennent des États-Unis. Mais 0 % sur les produits qui vont de l'Union européenne aux États-Unis sur de l'Union européenne euh des États-Unis à l'Union européenne, merci.
Il y en a qui suivent. Donc 0 % sur les produits qui viennent euh de l'Union de des États-Unis à l'Union européenne et 15 % sur les produits qui vont européenne aux États-Unis. Déjà, c'est le bé àabas de la symétrie et du problème.
Mais en plus de ça, l'Union européenne a rajouté un engagement à acheter 750 milliards de dollars de quoi ? D' polluante. Gaz de chiste.
Oui. Gaz de chiste, pétrole et cetera. et qui est qui est dans des proportions qui n'ont rien à voir avec le commerce actuel qu'on fait sur ces énergies qui sont évidemment complètement contraire aux accords de Paris là aussi.
Et mais ça suffisait pas. Alors, l'Union européenne a rajouté un engagement en plus à 600 milliards de dollars d'investissement aux États-Unis alors que c'est même pas dans la compétence de l'Union européenne. Mais vous savez, Ursula Van Derlien, elle aime bien s'attribuer ce type de compétence là qui sort de nulle part, mais ça suffisait toujours pas à son seigneur Donald Trump.
Alors, on a rajouté en plus un engagement assez flou à acheter de l'armement aux États-Unis et le tout dans le cadre d'un nouvel engagement des États de l'OTAN à euh 5 % d'investissement dans les dépenses militaires. Pour vous donner une idée, voici en quoi l'accord avec les États-Unis consiste. C'est Maxime l'a justement dit une forme non seulement de de capitulation mais de vassalisation de l'Union européenne au service des intérêts américains parce que ça redessigne complètement l'économie au niveau international. avec un seul objectif.
Je veux dire Donald Trump, on le prend pour un imbécile et cetera, c'est juste un prédateur. Un prédateur qui vient tel un colon, coloniser l'économie européenne. Et donc, il va nous rendre dépendant aux États-Unis dans le même temps où il assure un déboucher à aux entreprises et aux industries américaines.
Et à la fin, évidemment que l'Union européenne va être perdante à plusieurs niveaux. D'abord parce que notre économie sera essentiellement exportatrice d'une part et d'autre part parce que on sera évidemment dépendant des États-Unis pour un certain nombre de produits de marchandises et qu'à la fin l'économie européenne va se retrouver comprimée, la demande va se retrouver comprimée et c'est toute l'économie européenne qui va basculer. Et donc face à ça, pour se donner aussi une perspective de combat, nous on a dit très clairement que c'est un point de non retour qu'a atteint la Commission européenne avec ce passage, ce nouveau passage en force sur cet accord de libre échange avec les États-Unis qui viennent se rajouter à l'accord de libre échange avec le Mercosour qui vient se rajouter par ailleurs à la complicité de l'Union européenne sur génocide à Gaza et cetera.
Raison pour laquelle parce que vous savez à la France insoumise, on aime bien les motions de censure. Alors qu'est-ce qu'on va faire au niveau européen ? On va proposer de déposer une motion de censure pour faire tomber la Commission européenne d'Ursula Van Derleen et ses projets de libre échange avec les États-Unis mais aussi avec le Mercosour parce qu'à la fin ce sera la seule perspective qu'il nous reste.
S'ils ne comprennent pas le message et bien il faut utiliser tous les outils institutionnels qui sont les nôtres. Et j'ai pas le temps ici d'aller dans le détail, mais on aura le temps demain dans la conférence antifascisme de comment on va mettre les fachauds face à leur responsabilité sur cette motion de censure, mais pour vous dire que là aussi, on aura de quoi réagir. Je termine avec Nicolas.
Une fois qu'on a fait tomber tout le monde, on fait la démonstration qu'il y a un modèle alternatif notamment sur le modèle agricole juste en 2 3 minutes et après on prend quelques questions. Merci Manon. Ouais.
Rapidement dire que on a la possibilité de construire autre chose, enfin des slogans de la conf et d'autres. C'est un autre monde est possible et un autre modèle agricole est possible. Ça c'est clair.
On en fait la preuve tous les jours dans dans nos territoires ruraux avec des paysans qui résistent. Euh juste dire que pour combattre le libre échange, faut forcément un autre modèle agricole, une agriculture plus autonome, plus économe, euh plus écologique, plus productrice d'alimentation que productrice d'exportation comme elle est comme elle est aujourd'hui. et c'est construire nos droits, c'est arriver à construire nos droits au sein de ces alternatives, des droits pour les paysans et les paysanes, des droits au revenus, des droits au travail, c'està-dire accès à la terre, accès à l'eau, accès aux moyens de production et le droit à l'alimentation pour toutes et tous, une alimentation saine, de qualité et choisie.
Ça c'est les droits qu'il faut qu'on arrive à construire dans nos différentes alternatives. Et pour ça la base que nous on voit en terme d'agriculture, c'est arriver à protéger notre agriculture et à répartir les moyens de production. Répartir les moyens de production, c'est les batailles sur le foncier, c'est les batailles sur la PAC, la les subventions européennes.
Comment est-ce qu'on répartit les moyens de production et nos capacités à produire et nos orientations à produire autre chose. C'est comment est-ce qu'on protège et on répartit l'accès à l'eau qui est un gros combat de la confédération paysane. C'est comment est-ce qu'on arrive à installer davantage de paysanes et de paysans pour arriver à mener les transitions.
Enfin, faut pas se leurer. On n'arrivera pas à mener les transitions et à faire des alternatives avec toujours moins de paysan et de paysans. Faire les alternatives, passer à une agriculture paysane, à une agriculture biologique ou ou à une agriculture sans pesticides, c'est plus de temps, c'est plus de savoir, c'est plus de cerveau paysan, ça nécessite du temps, ça nécessite du monde.
Donc il va falloir mener ces transitions là et installer davantage de monde dans nos campagnes. Et pour ça, pour arriver à ce que ces paysans là ne soient pas mal rémunérés, ne soient pas mal installés et n'arrivent pas à s'en sortir, il faut des mesures politiques, national et européennes qui les protègent. Il faut une PAC qui soit orientée vers l'actif, vers la transition écologique et vers l'alimentation.
Il faut revenir à des moyens de protection des marchés, c'està-dire des quotas, des quotas ou une maîtrise des volumes en tout cas qui soit pensée et et mise en place. Il faut arriver à avoir une limitation des marges de l'agroindustrie et de la grande distribution parce que elles font des marges plus importante sur les marchés en transition, les marchés de qualité que sur le le marché de base, j'allais dire est conventionnel. Donc là, il y a une il y a un travail et une bataille à mener et euh il va falloir aussi à l'intérieur de l'Union européenne se battre pour des éléments qui permettent de limiter la concurrence.
Là, on parlait de la concurrence à l'international, mais la concurrence en intraeuropéen, elle existe. Un exemple très rapide, c'est sur les fruits et légumes. on arrive à apporter des produits espagnols, des fruits et légumes espagnols qui sont produits avec tout simplement des esclaves marocains algériens dans les serres en Espagne qui arrivent sur les marchés français à des prix très en dessous de ce qu'on est capable de produire en France et qui empêche tout simplement les producteurs de fruits et légumes français à continuer à produire et à effectuer les transitions pour se passer de produits phytosanitaires.
Donc en un mot mener les transitions pour monter des alternatives, c'est protéger notre agriculture. des mesures de limitation des volumes. Un exemple très simple, nous on les a compté, on en a parlé tout à l'heure, on a une agriculture qui est rémunératrice qui nous qui me permet à moi de vivre sur une petite ferme avec 35 vaches pour deux actifs.
On est deux paysans sur une ferme où on a 35 vaches. Enfin, c'est totalement insensé pour la plupart des producteurs en France. C'est une réalité dans les à compter.
Pourquoi ? parce qu'on a un marché protégé qui est rémunérateur. On est un des seuls marchés où les volumes sont limités et depuis le Covid, les baisses de compté comme beaucoup de baisses de produits de qualité ont baissé et ben on a acté le fait de baisser encore notre production de - 8 % cette année pour produire un peu moins.
Enfin, c'est la loi de l'offrée de la demande, c'est quelque chose de de basique. et continuer à produire plus quand on n pas les marchés en face, c'est être certain de produire à moins cher et de vendre à moins cher. Et la seule réponse ensuite pour les paysans quand on vend à moins cher, c'est de s'agrandir, c'est de produire plus et quand on s'agrandit, qu'on produit plus, ben on n'est pas dans une logique de transition agricole et de relocalisation de notre alimentation.
Merci beaucoup Nicolas. On va faire un petit tour de questions. Je propose qu'on en prenne plusieurs et qu'on les note.
Léopol est là devant vous. Je vois que c'est surtout le côté gauche qui veut poser des questions. On va alterner une femme, un homme.
Vas-y Léopole, fais ça de manière arbitraire. On commence par une dame. Quoi ?
Ah oui, vous c'est votre Bonjour Nicolas euh Manon. Euh est-ce qu'on m'entend ? Ça va ?
Oui oui, on t'entend. OK. Alors euh moi je suis paysane euh française et en 94 déjà j'ai milité contre le GAT à l'époque c'était avant le OMC donc je vous comprends.
Mais moi je me suis exporté moi-même au Brésil, je me suis délocalisée et je fais des fromages type français au Brésil avec cet employés. Je paye le lait un/ers de plus que le prix du marché. Euh je paye mes employés euh pratiquement le double de ce qui gagnerait dans une industrie laitière et euh euh je partage aussi euh le le bénéfice entre tout le monde euh chaque brun.
Donc c'est pas grand-chose mais euh on partage voilà. Et euh euh donc voilà, parce que j'ai j'ai exporté aussi disons nos conditions de travail à la française. Donc maintenant, on est à 36h par semaine.
Au Brésil, on est à 44. Il y a l'équipe de Loua qui essaie de défendre euh qu'on travaille plus que 5 jours par semaine parce qu'au Brésil, on travaille 6 et ben chez moi, on travaille 5 jours et encore on peut sortir un peu plus tôt quand on a fini le boulot de l'essentiel. Bon bref, euh ce qui fait que mes paysans et mes travailleurs sont avec moi depuis de nombreuses années et mon fils il reprend maintenant, il a 28 ans et euh euh donc il y a et à l'avenir, nous on a 32 vaches avec mon paysan parce que moi j'ai pas les terres mais j'ai aussi des vaches.
Euh et donc maintenant que j'ai un peu plus de temps, je peux venir aux anfis, ça c'est génial. Euh mais je peux aussi, je travaille avec le MST justement pour le mouvement de Center pour enseigner à faire des fromages de qualité euh parce que bon là, j'ai gagné le prix du meilleur fromage euh de mon état, Santa Catharine, qui est malheureusement un état très à droite. Ouais.
Avec une imitation du bêmal là de la région de ma grand-mère. Et voilà ma question. Ben, est-ce que ce serait quand même maintenant important pour Loua parce que il est vraiment attaqué par Trump de signer cet accord ou au moins d'avance d'avoir une avancée.
Voilà. Merci. Merci.
C'est vrai que deuxème personne pardon. Bonjour à vous trois. Ça rejoint la question de ma camarade.
J'ai vécu 2 ans au Brésil et du coup j'ai pu me rendre compte des de la taille. En fait, le Brésil c'est 11 fois la France. Voilà.
Donc pour 17 voilà, c'est pour se rendre compte de de de l'immensité voilà des des propriétés que tu citais Manon. Moi ma question c'est par rapport à Loula aussi. Euh finalement Loula et le PT est considéré comme un allié politique pour voilà.
Exactement. Voilà, le PT parti travailleur qui est considéré comme un un allié politique pour la pour la France insoumise. Euh, on aime bien prendre des photos avec Loua et cetera et je sais que voilà Jean-Luc Mélenchon et la France insoumise a déjà cité le Merco et qu'on a des positions différentes par rapport à ça avec Loua.
Donc moi, je voulais savoir à quel point voilà on a comment on se situe par rapport à ça via voilà via un allié politique par rapport au mercou dans le dans le sens où voilà Loua pousse pour qu'il soit signé et nous on pousse pour qu'il ne le soit pas de ce côté-là peut-être euh je voulais une dame moi. Pardon pardon alors excusez-moi après. Oui.
Aujourd', dans dans les alternatives que tu as proposé Nicolas, j'ai pas entendu l'alternative de réunir le monde paysan parce que il y a quand même un gros gros souci, c'estàdire que moi, je suis député sur une circonscription rurale, enfin à moitié rurale, à moitié urbaine et évidemment je bon j'ai le triste record des des permanences dévastées, mais ça c'est pas grave, j'assume. Et donc la coordination rurale et les jeunes agriculteurs, enfin la FNSA, tu les as cité, ils sont pas du tout d'accord avec tout ce que vous venez de dire. C'est-à-dire que à part le Mercosour, tout le reste c'est une catastrophe.
Et moi donc c'est c'est je suis en Gironde donc moi c'est de la viticulture. Donc tout à l'heure Maxime disait c'est c'est pas les c'est pas la France et cetera. Sauf que les petits euh tu disais c'est pas c'est pas la France qui gagne, c'est les grands groupes LVMH et cetera.
En effet, absolument. Et après, il y a une catastrophe aussi réelle sur le terrain. Euh nous, enfin, c'est la misère totale, hein.
L'entre de mers aujourd'hui euh à l'est de Bordeaux, c'est une catastrophe. Mais par contre euh les paysans, ils sont pas enfin la France insoumise pour eux, c'est des épouvantails et les écologistes, c'est des épouvantails. Et comment comment on fait ?
Enfin, vous êtes 400000 paysans en France, on est 400000 à la France insoumise, il y a il y a moyen de réunir 400000 personnes. Et comment comment on fait ? Parce que moi, je n'arrive pas à à leur parler à ces gens-là.
Voilà. Merci. Et la dernière question pour monsieur.
Oui, bonsoir. Alors moi j'ai été inspecteur. On on en prendra deux de plus pour finir et comme ça on répondra tout d'un coup.
Vas-y, excuse-moi. Vas-y, je t'en prie. Je suis un jeune retraité du ministère de l'agriculture, donc j'ai exercé 45 ans au ministère dont 25 au portes de Marseille euh au niveau de l'inspection sanitaire.
Alors moi, je m'inscris en faux sur la question des normes sanitaires parce que l'effet miroir il est réel. les marchandises des pays tières qui rentrent en Europe rentrent sur le même standard que la production dans l'Union européenne. Le secteur le l'exemple du Brésil sur le stradiol, je m'excuse de dire que la France a été au charbon entre guillemets et a interdit l'importation de viande du Brésil avec les je dirais le secteur différencié sur la norme sanitaire euh c'est les viandes américaines aux hormones qui rentrent tous les jours au port de Marseille. pour l'avitaillement des navires.
C'est-à-dire que vous vous êtes ici euh vous avez pas le droit de manger ces viandes ostrogènes. Vous prenez un bateau à Marseille ou dans n'importe quel portitaillé par les hollandais, les Français, les Italiens et vous pouvez consommer de la viande aux hormones. Voilà.
Donc moi, je m'inscris en faux complètement sur le sur l'aspect sanitaire. La question du Mercosur, on parle du Brésil mais on pourrait parler du Venezuela aussi hein. Je pense qu'ils ont aussi des attentes.
Moi je j'adore la viande de de l'Argentine et des Asado et je crois que en en terme de qualité, elle est pas du tout inférieure à à la à la à la production française et européenne. Euh le le le problème, c'est le différentiel de prix parce que vous avez de la viande du Brésil qui rentre à 4 € au port de Marseille. Mais sur les normes sanitaires, je m'excuse de dire que je moi je me je m'inscris complètement en faux euh sur ces sur cet aspect-l.
On va te répondre. On prend deux questions, deux dernières vraiment rapides. Bon ben les deux personnent et rapid Ouais mais vra mais ouais rapide pour qu'on ait le temps de répondre parce qu'après il faut qu'on raccroche pour les prochaines confes.
Oui. D'accord. Il faut que je simplifie à fond la caisse, ça va être pose ta question directe.
Oui. D'accord. Euh tu as dit effectivement que l'essentiel de la croissance économique se fera en dehors de l'Union européenne dans les pays tiers.
Au niveau historique, tous les empires ont détruit leur propre agriculture, que ce soit l'empire romain, l'empire espagnol. La France de 39 était en déficit agricole. en 45, elle a été traumatisée, elle a tout fait pour rétablir ça.
Donc, est-ce que quelque part, il y a pas une volonté de tout simplement développer les multinational européenne ? Et on en a rien àer de la production agricole, de la production industrielle. Et pour compléter euh on a quand même un pays dans l'Union européenne qui s'appelle l'Allemagne qui est traumatisé depuis un siècle avec l'obsession d'exporter qui n'a pas une production agricole insuffisante et est-ce que qui cherche à exporter justement de la voiture et en fait ce sont les seuls qui exportent de la voiture parce que les les Français n'en exportent quasiment pas euh et aujourd'hui effectivement ils en arrivent à des résultats.
Est-ce que quelque part c'est pas cette influence énorme de l'Allemagne qui explique pourquoi on a ce genre d'accord ? Pourquoi on cherche à satisfaire les Américains ? Parce que les Allemands se conservent quand même comme des des vassaux des des Américains.
Est-ce qu'il y a pas cet élément là ? Voilà. Merci.
Et la dernière question. Dernière. Oui.
Alors je Bonjour, moi je suis militant français sououmise à à Marseille. Euh justement, je voulais alors je deux choses. Premièrement, puisqu'on a une député européen et pas des moindres.
Euh justement, tu tu avais tout à l'heure, tu en as fait allusion tout à l'heure où Oursela Van Derleyen a vraiment capitulé en race campagne devant Trump. Euh nous on paye des nous on paye des des droits de douane pas lui quand ça rentre sur le l'Union européenne les 600 milliards d'investissement les 700 on leur achète en plus du du gaz de chisse dégueulasse et tout ça mais à un moment donné il y a eu quoi ? Il y a eu une corruption, il y a eu comment ça se fait qu'elle a accepté ça ?
L'autre il lui a dicté ses conditions et Ursula il a dit "Ouais, OK, c'est cool çaen va." Qu'est-ce qui un moment donné a fait que voilà, elle a accepté ça ? Mais mais c'est c'est pas crème.
On a vu de l'extérieur en tant que que simple citoyen. Quand on voit ça dans les médias, c'est passé crème. Je je comprends pas ce qui s cette espèce de suicide européen.
Je je peux presque dire. Voilà. Et euh une petite question pour enfin une petite remarque pour Nicolas qui parle d'une autre un autre type d'agriculture et c'est vrai que passer au bio, le bio c'est pas juste on arrête de mettre des engrais et des et des pesticides.
Le bio c'est travailler avec le sol vivant. La microbiologie des sols comprendre ça et ça nécessite une autre formation. Ça nécessite une vraie formation des agriculteurs.
Et est-ce que ce volet là est pris en compte dans la transition dont on a besoin ? Parce que c'est quand même c'est quand même important si on se contente de la bour profond par exemple aussi c'est une catastrophe et cetera. Ça fait beaucoup de questions.
Euh la première des choses que je veux dire, c'est que quand Nicolas parle euh du comté et de leur système, c'est qu'en fait ils ont construit un abri antimondialisation. La question est de savoir si cet abri antimondialisation peut se généraliser de proche en proche avec que des AOP, des dispositifs de ce type-là ou est-ce qu'on a besoin de régulation publique qui permettent de créer cette appris antimondalisation pour l'ensemble des activités qu' juste stratégique importante à protéger sur le territoire européen ? Ma conviction c'est qu'on a besoin des deux.
On a besoin de développer ces alternatives concrètes sur le terrain qui existe et qui permettent de construire réellement des abris antimondialisation. Et d'une certaine façon, pour ceux qui le peuvent, manger bio, manger local, c'est aussi la construction de ces sur votre marché local. C'est aussi des abris de ce type là qui permettent à des producteurs de ne pas être dépendants de ces marchés mondiaux.
Mais on a besoin de régulation publique et ça, je pense que vous en êtes convaincu si vous êtes ici et tout cela. Et voilà, c'est donc de dire qu'on a besoin des deux, de l'alternative concrète sur le territoire et de passer à l'échelon des politiques publiques, qu'elle soit municipal, qu'elle soit régionale, qu'elle soit nationale ou européenne. La deuxième chose sur l'accord UE États-Unis, on va un peu répondre à ta question, euh c'est qu'on a oublié de dire une chose avec Manon tout à l'heure, c'est qu'à ce stade, il n'y a pas de base légale explicite pour que la commission ait négocié cet accord-là.
C'est-à-dire qu'elle a négocié sur le coup de l'émotion de la réaction qu'il fallait apporter à Donald Trump qui voulait fracasser la mondialisation. Il fallait tout prix éviter le drame. Mais en fait sur le plan légalion aujourd'hui n'a pas de mandat ou alors ce serait le mandat du TAFTA qui a été négocié à partir du début des années 2010.
Et dans ce cas-là, ça pose plein de problèmes et plein de questions politiques. Mais sur la base aujourd'hui, il n'y a pas de elle n'a pas eu mandat des 27 étatsmandes de l'Union européenne explicite de négocier. Euh et c'est la raison pour laquelle on arrive à des choses totalement hubbuesques.
Donc c'est une des explications pour répondre à ta question. La deuxième c'est que quelle était l'alternative ? C'est-à-dire à ne pas accepter cet accord là ?
Non mais c'est pas ta question mais moi tu dis pourquoi elle n'arrive là ? Pourquoi Vlan accepte ça ? Pourquoi l'Union européenne accepte cela ?
Est-ce qu'il y a du Tu as parlé de de corruption ou de suicide, je sais pas. Non, je pense que c'est enfin peut-être qu'il y a de la corruption, qu' a du je moi ça c'est pas ma la réponse que j'apporterai à ça. La réponse de mon point de vue, c'est que l'alternative à cet accord là, c'était de construire un rapport de force avec les États-Unis, c'était de valider le fait que les États-Unis ne sont plus l'allié indiscutable sans aucune remise en cause possible éternelle de l'Union européenne.
C'était actter le fait qu'il fallait sortir de cette logique consistant à laisser penser que la mondialisation est notre horizon indépassable et qu'il fallait donc construire des politiques alternatives en Europe. Ça c'était un seuil que la commission n'était pas prête que la commission et les 27 étatsm n'étaient pas prêts à franchir au printemps et qu'elles ne le sont ils le sont toujours pas a priori. Et Emmanuel Macron dans son discours qui dit aujourd'hui "Non, cet accord il me convient pas, tout ça tout ça tout ça." En fait lui, il voudrait que il a pas tranché entre les deux.
Il il voudrait que l'accord avec les États-Unis ne porte pas et n'ait pas de conséquence sur l'économie française mais en même temps il est pas prêt à rompre avec la logique libre échangiste et de mondialisation d'approfondissement de la mondialisation de l'Union européenne. Juste un mot par exemple sur l'accordio Mercosur au mois de février, il dit devant le semblant de l'agriculture aux agriculteurs, il leur dit non la Corée Mercosur ne verra pas le jour, je ferai tout pour qu'il ait pas lieu. hier dans un tweet en réponse à un échange qu'il a eu avec Loua, il dit "Je vais tout faire pour que l'accord un cœur ambitieux soit finalisé euh bien entendu en protéhant l'agriculture française et tout cela." Euh donc il y a un changement de de de façon de penser, de façon de parler de la France sur la Cor Mercure.
Pourquoi Loula euh pousse ? Pourquoi on est dans cette situation à franc renversé tel que tu l'as décrit ? La première des raison s'explique par la situation et tout explose la situation politique au Brésil.
Loulan, il faut que j'aille vite, c'est ça ? Ah euh bon, la situation politique au Brésil. La deuxième raison, c'est que Loula ne s'est jamais opposé idéologiquement aux accords de libre échange.
La troisième raison, c'est que effectivement c'est la seule chose qui est sur la table. Et nous, ça fait des années qu'on leur dit "Oui, il faut approfondir nos relations bilatérales euh avec ou continental avec le continent sud-américain, mais que la première base ne doit pas être de libre échange, ça doit être plutôt de renforcer les solidarités et tout cela. On peut on peut rentrer dans dans les détails.
Euh, je me permets juste une autre chose. Qu'est-ce qui explique cet accord-là ? L'influence de l'Allemagne.
Écoutez, le MEDF en France euh est à fond pour soutenir un l'accord avec les États-Unis. Actuellement, ils disent que finalement c'est peut-être le moins mal et tout ça. L'accord et mercure, ils le défendent à 200 %.
Donc du coup, non, c'est pas que l'Allemagne, c'est pas qu'un rapport entre l'industrie allemande et le reste de l'Union européenne, c'est qu'effectivement, il y a une partie du capitalisme européen qui est aujourd'hui fortement dépendant des exportations et des importations et que cette partie du capitalisme européen veut un accord de libre échange, veut approfondir la mondialisation. Et donc, c'est pas une bataille France contre Allemagne ou le gentil ouvrier contre le méchant industriel allemand. Non non.
La bataille c'est est-ce que ce sont les grandes multinationales capitalistes européennes de l'industrie, des services de l'agroalimentaire qui vont gagner à travers cette mondialisation où est-ce qu'on nous pose une chose par exemple le Brésil y a des entreprises de l'agroalimentaire française qui vont gagner de l'accordio merco sûr contre votre activité madame. Peut-être que vous vous en sortirez, mais l'actalis l'actalis va être le grand vainqueur de cet accorder caur l'ctalis est en train de construire le marché du lait au du lait et du fromage au Brésil. Il y a des alternatives comme la vôtre mais l'essentiel c'est eux qui sont en train de le faire.
Ils mettent la main sur toutes les lettteries et à la fin ils seront très contents de produire du lait au Brésil, de le vendre en Europe, de d' récupérer un Nouvelle-Zéland, de dire quel est le moins cher ? Ah c'est bon, je peux faire du fromage pour le Canada. Non, ça va aller au Brésil.
C'est ça la réalité de la mondialisation. Voilà, je m'arrête là, je vais me faire taper dessus. Je vous ai dit que c'était pas mon genre.
Un mot de Nicolas et après on termine. Ouais. Un mot rapide pour laisser la le mot de la fin à Manon.
Euh en en en vrac he sur les aspects formation agricole. Oui, dans les alternatives, il y a forcément un enjeu de formation agricole. Les alternatives, on les bâtira pas avec les cerveaux d'hier sans raisonner le changement de pratique.
Donc ça, il y a un gros chantier qui est pas en route, hein, faut pas se leurer, mais il va falloir le mettre en route. Une question. sur euh le niveau de la viande argentine notamment, il y a une très bonne qualité de viande, on est d'accord.
Euh juste la question c'est est-ce qu'on doit l'importer sans doit do sans droit de douane si c'est une très bonne viande qu'on l'importe avec des droits de douan et ceux qui voudront se la payer se la payeront comme nous on est capable d'exporter nos vins, nos spiritueux, nos fromages et cetera, mais qu'elle ne viennent pas concurrencer de manière illicite quelque part une agriculture qu'on est capable de produire en France. Et dernière question sur euh la question de réunir les le monde paysan. Comment est-ce qu'on fait pour arriver à ce que ça pousse dans ou que ça pousse ou que ça tire dans le même sens ?
J'aimerais bien savoir J'aimerais bien savoir mais sur la loi du plomb force de constater que la majorité du monde agricole préfère avoir la cétamipride pour lutter armes égales entre guillemets avec les autres pays européens avec les betteraves plutôt que faire que ce que nous on proposait réinstaurer enfin se battre pour réinstaurer au niveau européen des quotas sucriers qui permettraient de nous protéger et de produire peut-être moins mais d'être mieux rémunéré. Voilà, la question elle est là. Après, c'est euh comment est-ce qu'on comment est-ce qu'on arrivera à faire pression sur ce monde paysan euh qui ne veut pas bouger ?
Nous, on va le faire en interne. On aura besoin de vous en tant que mangeur, en tant que citoyen. Et là, je lance un ça sera totalement un autre débat, mais la sécurité sociale de l'alimentation est un élément pour faire bouger le monde agricole par l'extérieur du monde agricole.
Merci Nico, merci à Mathilde qui est en train de se lever et qui se bat parfois dans des conditions difficiles et on a aussi des débutés de combat partout sur le territoire et parfois pas très bien accueilli par certains syndicats de paysans mais on a aussi des vrais paysans qui sont à nos côtés pour défendre le modèle alternatif. Merci à vous d'avoir suivi cette table ronde et puis vous l'avez compris, la lutte commence maintenant notamment contre l'accord avec le Mercosour. J'ai cru comprendre que Maxime recrute ici pour le collectif donc vous savez où aller.
Nom, prénom, email, il a un petit tableau qui est prêt et puis on va avoir besoin de vous dans les mois qui viennent. On va lancer la campagne contre le mercosour. Donc vous savez ce qui vous reste à faire.
Merci à vous les amis.
Manon Aubry