Travailler son souffle (2/5) | Ma parole ! saison 5 : Comment trouver sa voix
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
[Musique] Je me suis précipitée dans le fils et j'ai vu un grand-mère de cognac tellement j'avais les gens qui tremblaiit. J'étais j'étais émerveillée puis je crois c'est sûrement le meilleur moment de ma carrière si je peux dire et puis après j'ai cru c'était une blague. Alors j'ai vérifié sur le télégramit bien l'adresse puis j'ai téléphoné d'en bas enfin du café d'en bas puis j'étais voir Juliard et puis on a parlé cétait il a parlé de mon livre il disait toujours votre livre quand votre livre sera édité et cetera, ça me paraissait du farce.
Entendre la célèbre écrivaine Françoise Sagan n'est pas systématiquement comprendre Françoise Sagan. Et on peut même se demander dans cet extrait à quel moment elle respire. Si comme tout être humain, elle utilise en moyenne 2600 litres d'air par jour pour se ventiler.
Moyenne qui d'ailleurs augmente considérablement lorsqu'on parle puisqu'elle passe à 11 ml par jour et encore bien davantage quand on chante ou qu'on exerce une activité physique. C'est parce que nous sommes capables d'expulser de l'air sous pression que nous pouvons faire vibrer nos cordes vocales et donc produire des sons lors d'une prise de parole. Il est donc essentiel d'organiser les pauses respiratoires pour oxygéner votre corps, votre cerveau et je dirais surtout prendre soin de vos cordes vocales.
Dans cet épisode, vous allez comprendre que la respiration doit être considérée comme une partie intégrante de la parole. Ma parole, je suis heureuse. Saison 5. [Musique] Comment trouver sa voix ?
Quelque chose qui passe avec Hervé Pata. Tu cher voix. Épisode 2.
Travailler sans souffle. Avez-vous déjà fait attention à la façon dont vous respirez ? Probablement pas.
La respiration est un phénomène tellement naturel et automatique pour qu'on ait aucune raison de s'y intéresser. Sauf peut-être lorsqu'on est essoufflé ou lorsqu'on fait du sport ou du yoga. Lorsqu'on prend la parole.
C'est important de pouvoir compter sur sa capacité respiratoire, mais surtout de maîtriser son débit expiratoire, c'est-à-dire la quantité d'air que vous expirez pour faire vibrer les cordes vocales. C'est primordial parce qu'il n'est pas nécessaire d'utiliser beaucoup d'air pour bien parler, mais la pression d'air doit être contrôlée pour pouvoir produire des tonalités très différentes et à l'intensité que vous souhaitez. Vous allez vous en rendre compte dans l'extrait qui vient.
Et pour gagner, ce que je veux, c'est que vous partout vous alliez le faire gagner parce que c'est notre projet. Vive la République ! Vive la France !
À la fin de son discours à la porte de Versailles en 2016, Emmanuel Macron ne s'imagine probablement pas qu'il va s'égoziller. Cette séquence a été reprise par tous les médias et elle témoigne de l'engouement qu'a voulu insuffler le futur président de la République à ce moment précis. D'ailleurs, cela lui a plutôt bien réussi.
Mais quelles auraient été les réactions si Emmanuel Macron avait dosé ses effets d'une voix parfaite ? Malheureusement, cette séquence est plutôt significative d'une gestion respiratoire défaillante, mais également d'une utilisation néfaste des cordes vocales. Emmanuel Macron est conscient de vouloir emballer la foule par son enthousiasme et pour cela, il parle de plus en plus fort et monte de plus en plus à l'aigu.
Dans ce cas, si la respiration et le débit expiratoire ne sont pas bien gérés et si l'élasticité des cordes vocales n'est pas contrôlée, c'est l'accident assuré. L'intensité vocale demande un travail et de l'entraînement, ce que n'avait apparemment pas fait Emmanuel Macron. Les cordes vocales ne sont pas interchangeables.
Il faut en prendre soin. On peut imaginer l'état de sa voix le soir même de son discours. Il me semble d'ailleurs qu'il n'a jamais plus utilisé ce genre de figure rhtorique.
Écoutez un autre orateur qui ne se préoccupe pas beaucoup de sa gestion respiratoire et ce sur la durée. Oui, c'est dur mais c'est un avenir qui sera meilleur pour nos enfants. N'ayez pas peur.
N'ayez pas peur d'affronter les bêtises de l'extrême droite et de l'extraême gauche quand il part de l'Europe. Moi, je suis pour les États-Unis d'Europe. Oui, je crois que l'Europe fédérale, c'est l'avenir.
Si nous nous repillons sur la nation, nous serons battus. Nous serons balayés comme la souveraineté nationale a été balayée par la mondialisation. Daniel Conbendit nous montre là en 2014, c'est une habitude chez lui, qu'il donne beaucoup de lui-même dans ses discours et le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il ne ménage pas sa voix.
On peut même dire qu'il organise le massacre de ses cordes vocales. Il semble incapable de gérer sa pression d'air pour augmenter l'intensité et produire des aigus correctes. Non pas parce qu'il ne saurait pas le faire, mais parce qu'il est totalement absorbé par son argumentaire.
Du point de vue neurologique, il faut savoir que le rythme de l'un influence le rythme de l'autre. C'est-à-dire, en l'occurrence, que la souffrance qu'inflige Daniel Conbendit à ses cordes vocales et sa mauvaise gestion respiratoire sont ressentis par l'auditoire comme par un effet miroir. La respiration doit donc être constitutive de la parole et élaborer une colonne d'air suffisante à chaque énonciation va contribuer à établir une meilleure synchronisation avec l'auditoire.
L'essoufflement comme la suffocation ne sont à l'évidence pas une arme de l'art oratoire. Ce que va nous montrer l'exemple qui suit. Du moment que vous obligez le gouvernement de répondre tout à une question posée immédiatement, vous ne pouvez pas l'empêcher de dire "Je n'ai rien à dire".
Ou bien je répondrai une autre fois. On ne peut pas obliger le gouvernement à faire une réponse et terminée. Le député qui pose la question prend ta acte de la réponse quelle qu'elle soit.
Il peut même déclarer que c'est une dérobade. C'est son affaire. Mais il reste naturellement, ne l'oublions pas, vous savez, toutes les autres questions parce qu'il y a pas que les questions improvisé.
Dans cet extrait de 1975, Edgar Fort, ancien ministre et président du conseil est emporté par son argument. Il ne pense donc pas à respirer. Pouvez pas l'empêcher de dire, je n'ai rien à dire. et on vient suffoquer je répondrai une autre fois parce que les muscles du larinx et probablement ceux de la trchée artère sont trop contractés.
Concernant la trchée artère par exemple, il faut savoir qu'une diminution de 20 % de son rayon entraîne une résistance au passage de l'air de 144 %. En dehors du fait qu'un comportement spontané comme celui d'Edgar Fort fatigue la voix, ça transmet à l'auditoire un signe de faiblesse qui peut décrédibiliser l'oratrice ou l'orateur. À l'inverse, si votre souffle permet de soutenir la parole suffisamment longtemps, vous donnez alors une image performante de vous qui va augmenter votre crédibilité.
Par exemple, si je vous dis vous allez rendre à ces deux hommes contre lesquels l'accusation n'a plus formulé aucune preuve précise et convaincante l'honneur et la liberté, c'est moins crédible que de dire "Vous allez rendre à ces deux hommes contre lesquels l'accusation n'a pu formuler aucune preuve précise et convaincante l'honneur et la liberté. [Musique] Afin d'optimiser votre capacité respiratoire et améliorer aussi votre débit expiratoire, je vous propose deux exercices. Pour le premier, vous allez inspirer sans exagérer, puis expirer en sifflant entre les dents comme si vous vouliez imiter le sifflement d'un serpent ou celui d'une cocotte minute.
Maintenez le ventre sorti le plus longtemps possible, puis laissez-le se détendre progressivement jusqu'à le rentrer en fin d'expiration. Attention, le sifflement doit être régulier sans être trop fort jusqu'à la fin de l'expiration. Faites l'exercice trois fois, chronométrez la durée d'expiration à chaque fois et faites une moyenne.
L'objectif étant, vous l'aurez compris, d'augmenter la moyenne. Pour le deuxième exercice, vous aurez besoin d'une bougie que vous tiendrez à 30 cm environ de votre bouche. Prenez une inspiration de 2 secondes maximum, puis soufflez sur la flamme sans jamais l'éteindre.
Petit détail important, l'oscillation de la flamme doit être constante et ne rentrez le ventre qu'en fin d'expiration. Lorsque vous maîtriserez cet exercice, vous pourrez réduire progressivement la distance de la bougie à la bouche jusqu'à atteindre 10 cm. De cette façon, vous apprendrez à utiliser un minimum d'air pour un maximum d'efficacité.
N'oubliez pas que si l'air c'est la vie, l'air c'est aussi la voix. Travailler votre respiration va donc contribuer à exaucer non seulement votre voix mais aussi votre prononciation qui sera le thème du prochain épisode.
Georges Naturel