Olivier Faure : "Emmanuel Macron fait un mea culpa sur la forme, rarement sur le fond"
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Olivier Faure, bonjour.
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Il reconnaît des maladresses, des erreurs, un mea culpa que vous avez senti sincère.
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Pas de changement de cap, mais un changement de chemin, autrement dit de méthode.
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C'était aussi le credo de François Hollande, la négociation Olivier Faure, ça ne peut pas vous déplaire ça.
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Une des premières choses qu'a fait le Premier ministre Jean Castex, c'est quand même de consulter ces corps intermédiaires, ces syndicats.
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Donc vous attendez de voir pourquoi.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« Il n'est pas nouveau, il fait un mea culpa rarement sur le fond, toujours sur la communication. »
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« Il reconnaît des maladresses, des erreurs, un mea culpa que vous avez senti sincère. »
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« Parce que voilà un Président de la République qui nous dit, j'ai déjà mis 400 milliards. 460. »
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« La réalité, c'est que quand vous annoncez 400 milliards, il y a 57 milliards qui ont été effectivement consommés pour soutenir l'activité. »
- 4:35Invité politiqueFait
« Oui, mais nous l'avons nous-mêmes proposé à un moment où le Président nous l'a refusé. »
- 5:06Invité politiqueFait
« Nous avons proposé d'abord des mesures de justice et d'équité. »
- 5:33Invité politiqueFait
« Oui, 2 500 euros, vous appelez ça un riche, peut-être, mais ce n'est pas ma conception de la richesse. »
- 6:05Invité politiqueFait
« Nous avons proposé ce qu'on a appelé, nous, une prime climat. »
- 6:45Invité politiqueFait
« Et nous avions, nous, un mode de financement assez original parce qu'il permettait à n'importe qui, pas seulement aux écoles, pas seulement aux EHPAD, mais à n'importe quel particulier, de pouvoir avoir accès à cette rénovation thermique qui serait remboursée comment ? Par les économies réalisées. »
- 7:51Invité politiqueFait
« Cette proposition, nous l'avons déjà faite aussi. »
- 9:42Invité politiqueFait
« Nous avons proposé un amendement qui demandait simplement, une chose qui devrait être évidente pour tout le monde. Nous demandions simplement que l'aide de l'État soit conditionnée au fait que les entreprises ne versent pas de dividendes. »
- 10:09Invité politiqueFait
« De Richebourg, qui a été cité hier par votre collègue Léa Salamé, ils ont non seulement versé des dividendes, ils ont demandé l'aide de l'État, ils ont tenu l'aide de l'État pendant le Covid. »
- 11:30Invité politiqueFait
« Il nous avait même dit qu'il faudrait des mesures de rupture, qu'il faudrait même que lui se réinvente. »
- 13:28Invité politiqueFait
« c'est qu'il a échangé sa position de pouvoir contre un service. »
Temps de parole
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- Auditeur3 %
- Auditeur 23 %
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Dans le grand entretien ce matin, nous recevons le premier secrétaire du parti socialiste, député de la Seine-et-Marne. On attend vos questions, chers auditeurs, au 01 45 24 7000. Olivier Faure, bonjour.
Bonjour Hélène Roussel.
Merci d'être avec nous sur Inter. Interview du 14 juillet, Emmanuel Macron renoue avec les classiques. Et on a entendu hier un président faire son autocritique comme jamais. Il reconnaît des maladresses, des erreurs, un mea culpa que vous avez senti sincère.
Il n'est pas nouveau, il fait un mea culpa rarement sur le fond, toujours sur la communication. Donc en réalité il nous explique qu'il a été mal compris, qu'il a été parfois maladroit. Mais surtout c'est que nous, Françaises et Français, nous avons mal saisi la profondeur de sa pensée. Et donc il nous dit, j'ai commis des erreurs, pour la peine, je ne change pas de cap. Allez comprendre.
Pas de changement de cap, mais un changement de chemin, autrement dit de méthode. Terminer les passages en force, plus de consultations, de concertations, c'est ce qu'on entend. C'était aussi le credo de François Hollande, la négociation Olivier Faure, ça ne peut pas vous déplaire ça.
Écoutez, la négociation, évidemment je suis favorable à cela. Mais encore faut-il qu'on en ait la démonstration. Pour l'instant, on a toujours eu des démonstrations de force avec un président qui a méprisé les corps intermédiaires, qu'il s'agisse du monde syndical, qu'il s'agisse y compris des collectivités locales. Il n'a jamais dans son mandat, pour l'instant, donné le moindre sentiment d'avoir la volonté de dialoguer avec qui que ce soit. Et là encore, on est bien en peine de trouver la trace d'un vrai dialogue avec qui que ce soit pour ce plan de rebond, qui est pourtant nécessaire et qui doit intervenir rapidement. Là, on perd un temps phénoménal.
Une des premières choses qu'a fait le Premier ministre Jean Castex, c'est quand même de consulter ces corps intermédiaires, ces syndicats. Il les revoit encore cette semaine.
Oui, il consulte. Pour l'instant, moi j'ai toujours vu des mises en scène de consultations. Je n'ai rarement vu des résultats à cette volonté de négocier. J'ai moi-même été reçu à plusieurs reprises pendant le quinquennat par le Premier ministre de l'époque. Ça n'a jamais été que de la mise en scène, mais jamais rien n'a été mis sur la table avec la volonté de discuter, de parvenir ensemble à un accord. Ça n'est jamais arrivé.
Donc vous attendez de voir pourquoi. Revenons sur les principales annonces du chef de l'État. Un plan de relance à plus de 100 milliards d'euros de plus injectés. Et puis la priorité à l'emploi des jeunes, 700 000 qui arrivent à la rentrée sur le marché du travail en pleine crise économique. Le Président propose notamment des contrats d'insertion, des exonérations de charges. Les emplois jeunes, c'est une mesure de gauche ça ?
Alors d'abord, je voudrais revenir sur les 100 milliards. Parce que voilà un Président de la République qui nous dit, j'ai déjà mis 400 milliards. 460. Je vous remets maintenant 100 milliards. La réalité, c'est que ça n'est pas ça. La réalité, c'est que quand vous annoncez 400 milliards, il y a 57 milliards qui ont été effectivement consommés pour soutenir l'activité. C'était une bonne chose et qu'il faut approuver. Mais le reste, c'est quand même simplement des garanties. Ce sont des prêts garantis. Ce sont des mesures de trésorerie. Qui permettent à certaines entreprises de ne pas faire faillite. Bien sûr. Non mais il faut quand même appeler un chat un chat.
Et donc ne pas laisser nous abrutir de chiffres avec 400 milliards, 100 milliards et de ça. Et donc pour ces 100 milliards, j'aimerais savoir à quoi ils ressembleront. À quoi seront-ils destinés ? Et ce que je reproche à ce président et à ce gouvernement, c'est de nous avoir fait l'enterner pendant la période de crise aiguë du Covid. Et maintenant, de procrastiner, de tout remettre au lendemain ce qu'on devrait faire le jour même. Nous perdons aujourd'hui un temps précieux. Il faudrait un plan de rebond qui soit immédiat. Ne pas rendre septembre. Ne pas avoir touche après touche le sentiment d'une improvisation permanente.
Et d'avoir au contraire un investissement massif avec des orientations qui soient claires.
Elles seront peut-être définies ces orientations dans le discours de politique générale tout à l'heure du Premier ministre.
Moi j'avais compris jusqu'ici, mais peut-être me suis-je trompé, que c'était le Président de la République qui souhaitait rappeler quelle était l'orientation, et puis que le Premier ministre allait ensuite la décliner. Bon, écoutez, si c'est l'inverse, tant mieux. Je préférerais qu'effectivement le Premier ministre soit plus clair que ne l'a été le Président hier.
Et la priorité aux jeunes alors ? Qu'en pensez-vous ?
Très bien, je suis favorable à cette priorité aux plus jeunes. Maintenant, il faut aussi que ce soit une vraie priorité avec de vrais emplois, et qu'on n'ait pas simplement la volonté de les balader et de faire en sorte qu'ils rentrent le plus tard possible sur le marché du travail. C'est une bonne chose que de mettre la priorité sur la jeunesse.
300 000 contrats d'insertion tout de même.
Oui, mais nous l'avons nous-mêmes proposé à un moment où le Président nous l'a refusé. Nous avions aussi proposé que le service civique soit amplifié. Je vois qu'il l'est désormais. Ça a mis tellement de temps. En fait, j'aurais tellement aimé que le Président, plutôt que de chercher à savoir qui lui proposait, se pose la question de savoir s'il fallait faire ou pas. Et jusqu'ici, il avait été plutôt, là aussi, dans la procrastination.
Olivier Faure, un million de chômeurs en plus d'ici la fin de l'année, près d'un million. Que proposez-vous au PS ?
Mais nous avons proposé des choses très simples. Nous avons proposé d'abord des mesures de justice et d'équité. Faire en sorte que le poids du rebond ne repose pas exclusivement sur les classes moyennes et sur les classes populaires. Je vois que, encore, le Président de la République, hier, a fait un choix qui est le choix inverse. La modération salariale pour les uns et pour les autres, surtout pas toucher aux impôts des plus riches, parce que ce serait vraiment leur faire injure.
Il y a tout de même cette taxe d'habitation pour 20% des ménages les plus aisés.
Oui, 2 500 euros, vous appelez ça un riche, peut-être, mais ce n'est pas ma conception de la richesse. Mais ce que je vois, c'est qu'on aurait pu revenir sur l'ISF, sur la flat tax, faire en sorte que le capital soit simplement imposé au même niveau que le travail. Pas plus, mais pas moins non plus. Eh bien, écoutez, sur ces sujets-là, il n'a pas voulu bouger. Ensuite, sur le fond, que faudrait-il faire ? Il faudrait aujourd'hui, par exemple, avoir un vrai objectif. Il faut avoir un plan de rebond. Ce plan de rebond, il peut notamment permettre la transition écologique. Nous avons proposé ce qu'on a appelé, nous, une prime climat.
Faire en sorte que tous les particuliers, vous, moi, tous ceux qui ont des passoires énergétiques, puissent rénover leur habitat et, de cette manière, puissent faire des économies sur leur budget, puissent ensuite résoudre une partie des problèmes de la planète et puis trouver de l'emploi qui soit de l'emploi non délocalisable.
Mais c'est ce que fait Emmanuel Macron quand il annonce la rénovation thermique des écoles, des hôpitaux, des aides à la transition énergétique, justement, pour les ménages. Ça, ce n'est pas rien.
Ça n'est pas rien, mais je vais jusqu'au bout de ce que je vous disais. Ce plan, nous l'avons présenté au Parlement, il a été rejeté par le gouvernement. Et nous avions, nous, un mode de financement assez original parce qu'il permettait à n'importe qui, pas seulement aux écoles, pas seulement aux EHPAD, mais à n'importe quel particulier, de pouvoir avoir accès à cette rénovation thermique qui serait remboursée comment ? Par les économies réalisées.
Et pour ceux qui ont besoin de ces économies pour pouvoir gagner du pouvoir d'achat, eh bien, faire en sorte que ce remboursement, il ait lieu qu'au moment de la transition, de la mutation, au moment où vous vendez votre bien, au moment où, éventuellement, si vous n'avez pas vendu votre bien pendant votre existence, c'est bien que ce soit au moment de l'héritage que les choses se passent. Il y avait là un mode extrêmement performant permettant d'avancer sur 10 ans sur un sujet sur lequel tout le monde dit « il faut faire, mais personne ne le fait ».
4 à 5 milliards débloqués pour la rénovation thermique.
Mais nous verrons bien ce qui est vraiment mis sur la table. Moi, ce que je vous dis, c'est que nous avions un plan à 10 pour que dans 10 ans, en 10 ans, nous puissions avoir l'ensemble du parc qui soit rénové et que ce plan a été rejeté au Parlement.
Ça ne va pas assez loin, donc, ces annonces écologiques pour vous, pour inscrire la lutte contre le réchauffement climatique dans la Constitution, pour changer l'article 1, Emmanuel Macron est d'accord pour un référendum. Pour ça, il va falloir le feu vert du Parlement. Vous lui donnerez ? Vous allez voter oui, comme les marcheurs ?
Je vais vous dire quelque chose de plus simple encore. C'est que cette proposition, nous l'avons déjà faite aussi.
Donc il reprend vos propositions, finalement, Emmanuel Macron ?
Là, en l'occurrence, c'était la Convention citoyenne pour le climat qui avait repris les propositions que nous avions faites. Mais j'observe que cette même mesure que nous avons proposée il y a quelques mois avait été rejetée par le gouvernement. S'il y vient, tant mieux. Et nous le voterons, effectivement, nous soutiendrons ces propositions qui iraient dans le bon sens. Mais pour l'instant, je suis comme Saint-Thomas. J'attends-nous voir.
L'écologie s'est devenue centrale, pour ne pas dire vitale, pour le PS. Au lendemain des Européennes, vous avez fait à peine 6% plusieurs ténors du parti ne donnaient pas cher de la peau du PS et vous accusez d'avoir baissé le rideau, éteint la lumière. L'alliance avec les écologistes vous a relancé, Olivier Faure, le PS ressuscité. Ces municipales sont une victoire, notamment dans les grandes villes. C'est aussi celle de votre ligne ?
C'est la victoire du rassemblement, de ceux qui ont compris, tout simplement, que diviser, nous ne pouvons rien, mais que rassembler, nous pouvons changer la vie, même la protéger aussi. Voilà ce que je prône depuis que je suis devenu premier secrétaire, parce que je ne me résous pas à cette idée simple que nous allons dérouler le tapis rouge à la prochaine élection présidentielle sous les pieds de Marine Le Pen et Emmanuel Macron, du simple fait de nos divisions. Ça m'est insupportable.
Et quand je vois aujourd'hui la façon dont les choses se passent avec ce gouvernement, je me dis que nous avons une responsabilité qui est terrible pour engager la transition écologique, mais il faut faire aussi en sorte qu'il n'y ait plus de justice sociale. Vous avez entendu le président hier qui nous explique que, oui, ok, la modération salariale, c'est possible. Mais il nous parle ensuite d'une demande vague de modération des dividendes. Des dividendes, ça c'est quelque chose qui était très attendu. La colère est grande. Pourquoi ? La semaine dernière, pas il y a 10 ans, pas il y a 3 ans, il y a 3 jours, il y a 4 jours maintenant.
Nous avons proposé un amendement qui demandait simplement, une chose qui devrait être évidente pour tout le monde. Nous demandions simplement que l'aide de l'État soit conditionnée au fait que les entreprises ne versent pas de dividendes, que l'argent des contribuables ne puisse pas servir à rémunérer les actionnaires dans une période de crise. C'était quand même la moindre des choses. Mais non, nous n'avons pas eu cette réponse. Là aussi, l'amendement a été rejeté. Et c'est ça que je ne comprends pas. Et hier, le président ne nous a pas dit qu'il allait l'imposer. Il nous dit, j'en fais la demande.
Mais de Richebourg, qui a été cité hier par votre collègue Léa Salamé, ils ont non seulement versé des dividendes, ils ont demandé l'aide de l'État, ils ont tenu l'aide de l'État pendant le Covid. Et voilà, il ne se passe rien. Maintenant, ils sont même à proposer 700 licenciements. Mais de qui se moque-t-on ? Cet argent-là, c'est de l'argent public. On ne va quand même pas le consacrer au financement de gens qui n'en ont pas besoin pour vivre. Parce qu'on ne peut pas mettre une équivalence entre le salaire que reçoivent les salariés et ce que touchent ceux qui profitent de leur rente.
Il y a là un parallèle qui est absurde et qui est même insultant à l'égard de ceux qui vivent de leur travail et n'ont pas de la rente.
Olivier Faure, tout repose à présent sur les épaules de Jean Castex, le Premier ministre, réputé pour être cet homme de dialogue pour ses talents de négociateur. Premier grand oral tout à l'heure à l'Assemblée. Discours de politique générale. Vous allez voter contre ? Vous n'avez pas voté la confiance du gouvernement ?
Il n'y a pas de risque que je vote effectivement la confiance à ce gouvernement. J'ai entendu ce qu'a dit le Président de la République hier. J'ai entendu qu'il avait, surtout dans la période antérieure, il y a quelques mois à peine, dit qu'il avait compris quelque chose de cette crise. Il avait compris la profondeur de ce qui avait été construit notamment par les sociodémocrates depuis un demi-siècle, l'État-providence. Le voilà qui s'était mis à louer les qualités du service public. Il nous avait même dit qu'il faudrait des mesures de rupture, qu'il faudrait même que lui se réinvente. J'étais prêt à entendre cette réinvention, mais je n'ai vu nulle réinvention hier.
Je l'ai même lu il y a quelques semaines expliquer que les Français avaient une préférence pour le chômage, à un moment où il y en a un million qui vont vraisemblablement tomber dans ce gouffre. Eh bien, il n'y a aucun risque effectivement que je soutienne un gouvernement qui continue dans une forme de déni et qui ne comprend pas ce que vivent les Français aujourd'hui.
Le chef de l'État a aussi pris la défense du ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, visé par une enquête pour viol. Il a évoqué sa relation de confiance d'homme à homme avec son ministre. Des mots qui ont fait bondir les associations féministes. Féministes et vous ?
Mais pas que les associations féministes. Ça devrait faire bondir tout le monde, enfin, d'homme à homme. Comme si le fait d'avoir une conversation entre hommes permettait de balayer toute forme d'accusation qui serait portée par une femme qui, elle, serait renvoyée au statut d'accusatrice et celui qui est accusé en position de victime.
Il y a la présomption d'innocence, rappelle le gouvernement.
Vous avez raison, et je ne sais pas ce qui s'est passé. Je ne sais pas s'il y a eu viol ou pas. Et évidemment, la présomption d'innocence doit être garantie. Mais ça n'est pas le seul principe en droit pénal. On doit aussi garantir l'équité, l'équilibre entre les parties. Comment voulez-vous qu'il y ait un équilibre entre les parties quand vous en avez un qui devient ministre de l'Intérieur, qui va avoir toutes les rondées d'informations sur une enquête dont il est lui-même parti, et une femme qui est aujourd'hui vilipendée par les soutiens du chef de l'État ? Moi, je ne sais pas s'il y a eu viol.
En revanche, ce que je sais, et ce que le ministre Darmanin a visiblement lui-même reconnu, c'est qu'il a échangé sa position de pouvoir contre un service. Vous imaginez si... J'étais dans ma permanence chaque semaine à voir une femme arriver et lui dire écoutez, je veux bien vous aider pour tel ou tel dossier, mais il faudra passer par la chambre d'hôtel. Est-ce que vous imaginez que ce simple fait serait un élément qu'il faudrait passer sous silence et considérer que c'est normal ? Non, ça n'est pas normal de mener ces services dans la République française. Et ça n'est pas le motif d'une promotion comme ça l'a été pour M. Darmanin.
Olivier Faure, on va faire un tour au standard d'Inter. Beaucoup d'auditeurs ce matin pour vous. On commence avec vous. Benjamin, bonjour, bienvenue.
Bonjour, bonjour M. Faure. Vous donnez des leçons pour sauver l'économie, pour relancer la France. Mais est-ce que vous vous souvenez qu'en 2012, François Hollande a été élu pour 5 ans et il ne s'est pas passé grand-chose et finalement, le PS s'est retrouvé avec moins de 5% à l'élection suivante parce que vous avez été capable de rien ? Est-ce que vous êtes les champions pour, dans l'opposition, faire la leçon à tout le monde et au pouvoir de la France ? On ne sait pas trop.
Benjamin, est-ce qu'on peut le dire ? Vous avez voté François Hollande ?
J'ai voté François Hollande en 2012.
Vous êtes un déçu du PS ?
Oui, je suis vraiment déçu. C'est le moins qu'on puisse dire.
Olivier Faure, merci Benjamin pour cette question. Olivier Faure, votre réponse ?
Eh bien, Benjamin, je peux comprendre complètement votre déception et je veux simplement vous dire une chose, c'est que justement, quand on a perdu les élections et de manière brutale, sévère, on se pose des questions, on se remet en cause et on repart. Et c'est ce que j'ai fait. Et si vous cherchez à tirer des... Vous me dites que je donne des leçons, je ne donne pas des leçons, je dis quel est le chemin par lequel, moi, je ferais les choses si j'étais aujourd'hui au pouvoir. Mais si vous cherchez des responsabilités, cherchez d'abord du côté d'Emmanuel Macron qui a certainement plus de responsabilités dans le quinquennat précédent que je n'en ai eu.
Parce que franchement, sur tous les sujets qui ont été en cause dans le quinquennat précédent, et je n'ai pas oublié de dire ce que j'en pensais, je l'ai fait sans fronder, mais à chaque fois avec la volonté de chercher la bonne voie. Qu'il s'agisse du CICE, qu'il s'agisse de la question de la déchance nationale, il s'agisse de la loi travail, à chaque fois, je l'ai ouverte. Et j'ai dit qu'elle était la voie par laquelle j'entendais passer.
C'est certainement la raison d'ailleurs pour laquelle j'ai d'abord été élu président de mon groupe en toute fin de quinquennat puisque j'ai été élu à quelques mois de l'élection présidentielle, réélu ensuite par mes pères au moment du mois de juin 2017, puis devenu premier secrétaire il y a deux ans et demi.
Olivier Faure, l'unité de la gauche, c'est votre ligne ? Le PS, c'est à nouveau une force qui compte ? Le PS tout seul, c'est fini ? Vive la gauche plurielle ? On a déjà vu ça, non ?
Mais on a déjà vu effectivement la gauche se rassembler et à chaque fois ça a plutôt produit. Ça a été le cas sous François Mitterrand, ça a été le cas sous Yonel Jospin, ça a été le cas d'une autre façon sous François Hollande au début du quinquennat et c'est à chaque fois ce qui a permis la victoire et de changer aussi la vie des gens. Parce que je n'oublie pas que depuis un demi-siècle ce que nous devons aujourd'hui, eh bien, cet état-providence dont on chante les louanges maintenant, il n'est pas venu par hasard sous ses petits pieds. Il est venu parce qu'il y a des gens qui l'ont construit et à travers toute l'Europe c'est ce qui fait la spécificité du continent européen.
Où est-ce que vous trouvez un continent qui a construit à la fois la sécu, qui a construit les droits des travailleurs, les libertés publiques, qui a permis un art de vivre qu'on ne trouve nulle part ailleurs ? Eh bien, cet art de vivre il n'est pas venu par hasard, il est venu parce qu'il y a des hommes et des femmes qui depuis plus d'un siècle se battent, depuis Jaurès, depuis Blum, depuis Mitterrand et donc voilà, moi mon devoir aujourd'hui c'est de prolonger ce qui a été leur inspiration. Cette inspiration elle trouve aussi son prolongement dans l'écologie parce que l'écologie c'est tout simplement une façon de concevoir la survie de l'espèce humaine et c'est ce que je cherche.
A ce propos, retour au standard, nous accueillons Richard. Bonjour, bienvenue Richard, on écoute votre question.
Oui bonjour Richard, donc moi je vous appelle Dorène et ma question est et là je vais toujours voter socialiste sauf pour Macron aux présidentielles en pensant qu'on pouvait dépasser les clivages parce que pour moi le parti socialiste était totalement tombé et je ne voterai plus jamais Macron, ça c'est une certitude. Ma question c'est comment reconstruire une alliance mais concrètement une alliance notamment avec le mouvement écologiste en abandonnant peut-être la notion de suprématisme et peut-être excessif mais de leadership du parti socialiste pour arriver aux prochaines élections présidentielles comme vous l'avez dit précédemment en position d'être au second tour.
Merci Richard pour cette question. Pour 2022, Olivier Faure, vous êtes toujours prêt à vous ranger derrière celui qui incarnera la sociale écologie. C'est un peu ça la question, le sens de la question de Richard.
C'est la question de Richard et je vous confirme que mon souhait le plus cher c'est que nous trouvions un candidat commun. Je ne sais pas s'il sera écologiste, je ne sais pas s'il sera socialiste, je ne sais pas s'il sera communiste, s'il sera de génération. En réalité, je veux qu'il soit tout ça à la fois. Je veux qu'il soit les uns et les autres. Je veux qu'il nous emporte vers la construction d'une offre politique nouvelle, celle du 21ème siècle qui mêle le social, l'écologie, la démocratie et aussi le féminisme.
Parce que sous ces sujets-là, nous avons besoin d'avancer et que à force de se diviser, de chercher, chacun cherchait à avoir son drapeau le plus haut et de considérer que c'est soi ou personne, ces querelles d'égo incessantes, elles nous ont perdu. Parce qu'on a tout à l'heure parlé du quinquennat précédent. Dans le quinquennat précédent, ce que je n'ai pas oublié non plus, c'est cette querelle permanente, ces gens qui n'en avaient que pour eux-mêmes, qui considéraient que tout leur était dû. Moi, ce que je dis aux socialistes, c'est que rien ne leur est dû.
Mais comme rien n'est dû aux écologistes, comme rien n'est dû à personne, ce que nous devons construire ensemble, ce que nous devons accepter, c'est cette idée que nous devons tout en revanche aux Françaises et aux Français. Et que nous devons leur prouver que nous pouvons changer leur vie. Et c'est la condition pour pouvoir revenir au pouvoir.
L'union de la gauche, ça va jusqu'aux insoumis ?
Ça va. La porte est ouverte à tout le monde. Moi, je ne l'affirme à personne. J'observe qu'il y a des évolutions, que les choses changent et qu'il y a aujourd'hui un discours plus ouvert de la part des insoumis. Ça n'est pas le cas jusque-là. Je m'en réjouis. Et j'espère qu'ils comprendront que le splendide isolement dans lequel ils se sont enfermés ne mène nulle part sinon à la victoire d'Emmanuel Macron.
Donc, de préférence, Éric Piolle que Yannick Jadot, si je vous écoute bien.
Mais, de préférence, un socialiste et pourquoi pas se poser la question plus tard parce qu'à force de toujours vouloir mettre la charrue avant les bœufs, on finit toujours par se rater. Et donc, plutôt que de commencer par les écuries présidentielles, commençons par le projet, commençons par nous mettre d'accord. Il y a des divergences encore entre nous. Je ne suis pas d'Europe Écologie Les Verts et Europe Écologie Les Verts n'est pas partie socialiste. Et donc, il y a des sujets sur lesquels nous devons avancer. Ce sont des sujets qui supposent de nous mettre d'accord et pas d'ailleurs seulement sur les questions économiques ou environnementales.
Aussi sur les questions de rapport à la République. Et donc, ces questions-là, elles sont essentielles. Nous devons d'abord les trancher et après, nous verrons qui les incarne le mieux.
Olivier Faure, l'union de la gauche, ça peut aller jusqu'à accueillir certains ex-marcheurs, par exemple ?
Mais il y a toujours de la place pour les repentis.
Vous aussi, vous êtes dans le dépassement ?
Mais le dépassement, ce n'est pas tout à fait la même grammaire que le président, la même conjugaison que le président. Lui, il est dans la confusion. Il cherche à nous expliquer qu'au fond, la droite, la gauche, ça n'existe plus et que tout le monde devrait se ranger derrière sa bannière, ce qui l'arrangerait bien d'avoir un combat qu'il porterait uniquement contre l'extrême droite. ça, tout le monde l'a compris, c'est le piège tactique dans lequel il nous a enfermés depuis trois ans.
Il a rappelé hier que 14 membres de son gouvernement sont issus de la gauche pour justifier qu'il n'était pas de droite.
Mais les gens qui sont issus d'eux, je ne sais pas ce que ça veut dire, en fait, vous avez des gens qui sont issus de plein de choses, il y a des gens, est-ce que Jacques Chirac était communiste parce qu'il a vendu l'humanité ? Non, il était, ce qu'il a été, un gaulliste, et donc, ne revenons pas sur leur jeunesse, ils ont visiblement rompu avec ce qu'ils ont été. Et ce n'est pas avec ce qu'ils ont voté depuis trois ans qu'on peut encore les définir comme étant des femmes et des hommes de gauche. Donc, moi, ce que je cherche à faire, c'est non pas à créer de la confusion, mais au contraire à recréer des choix qui soient des choix clairs.
Je n'ai pas de problème avec l'idée qu'on puisse être de droite. C'est heureux que dans ce pays, il y ait des choix possibles entre la droite de Christian Jacob et la gauche que je représente. Et c'est comme ça que la démocratie vit. Ce n'est pas en essayant de laisser penser qu'il n'y aurait plus qu'une seule voix possible, la sienne.
Dernière question. Le slogan pour ce 14 juillet, c'était la nation engagée, unie et solidaire. Le retour de la France unie, les moins de 30 ans ne s'en souviennent pas, mais c'était le slogan de la campagne présidentielle de François Mitterrand en 88. Ça vous dérange ou c'est dans la logique du en même temps ?
Je n'ai rien contre la France unie. Je la souhaite moi aussi unie. Mais pour l'unir, encore faut-il ne pas commencer par la diviser. Et quand je vois le président de la République ressortir le projet de réforme des retraites une fois de plus, une fois de trop, alors même que tous les partenaires sociaux lui ont dit que ce n'était pas l'urgence du moment et qu'il fallait la remiser et la renvoyer à plus tard... C'est ce qu'il va faire.
Il attend le temps de la concertation. C'est ce qu'il a dit.
J'ai entendu qu'il disait qu'il n'aurait pas cette réforme des retraites alors même que cette réforme est une réforme qui pénalisait ceux que nous avons applaudis pendant le confinement. Les infirmières, les éboueurs, c'était eux les premières victimes. Je souhaite que ce projet soit définitivement enterré.
Olivier Faure, premier secrétaire du Parti Socialiste, député de la Seine-et-Marne au micro d'Inter. Merci d'être venu sur France Inter ce matin. Bonne journée.
Olivier Faure