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interviewC dans l'air (sur YouTube)· 11 février 2025 8 min

IA : un enjeu stratégique pour la défense - Reportage #cdanslair 10.02.2025

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

C'est votre cas, A.Bordes. C'est un des enjeux majeurs de la révolution de l'IA, la défense.

Quelle place auront les robots sur les champs de bataille? La question est déjà posée. - C'est une fiction apocalyptique. - Notre monde est marqué par d'incessantes menaces balistiques. - Il y a un 2e impact... - Imaginée par des auteurs de science-fiction et des chercheurs, pour permettre à l'armée française de se préparer au pire. - Il y avait des essaims de drones comme on n'en avait jamais vu.

C'était le chaos. - Un scénario catastrophe, mais est-il vraiment possible? L'IA peut-elle changer le visage de la guerre?

Que faut-il craindre dans les prochaines années? Nous sommes allés poser ces questions à B.Rondepierre, l'homme en charge de la gestion de l'intelligence artificielle au sein du ministère des Armées.

Il tient à nous rappeler que l'IA est déjà utilisée par les militaires, notamment ukrainiens. - Ils ont une boucle "observer, orienter, agir". Quand vous accélérez cette boucle, que vous êtes capable de la faire plus vite que votre adversaire, ça vous donne une supériorité. - Toutes les grandes nations s'y mettent.

Les Etats-Unis, avec un drone de combat, les Israéliens, avec un tank basé sur l'IA...

De nouvelles armes plus puissantes et des modifications à prévoir comme cet essaim de drones, déjà intégré dans les exercices militaires sud-coréens. - Quand on envoie quelques drones en mission, demain, à l'échelle industrielle, on peut imaginer des essaims de 100 000 drones. C'est une mutation.

On est sur beaucoup d'objets aujourd'hui technologiquement compliqués. Demain, je pense qu'on sera sur de la masse, avec des objets moins complexes, moins coûteux, mais massifiés. Pour réfléchir à l'avenir, je pars d'un principe qui me semble clé: tout ce qui peut se passer va se passer. - Que va-t-il se passer alors?

Des chiens robots guidés par l'IA sont déjà testés par l'armée britannique pour désamorcer des bombes. Ils sont aussi équipés, aux Etats-Unis, de fusils. Peut-on envisager des robots boostés par l'IA, qui agiraient à la place des soldats? - Avec un fusil sur un robot, on va avoir un robot qui tire sur tout ce qui bouge.

On peut être sur quelque chose d'horrible sans même y mettre de l'IA. Demain, avec de l'IA, ce seront probablement des choses du même acabit. Nous, en tant qu'armée française, qu'est-ce qu'on fait pour s'y préparer et y faire face? - L'IA, ce sont aussi les deepfakes, des vidéos créées de toutes pièces dans lesquelles la voix et l'aspect d'une personne sont parfaitement imités, comme ici, avec le président ukrainien. ... - Une arme redoutable pour manipuler l'opinion publique. - Il y a un enjeu sur les deepfakes.

Il faut faire la part entre le vrai et le faux. C'est déjà le cas aujourd'hui. Ca continuera demain.

Ca rentre dans cette réflexion de savoir comment on y fait face. - L'enjeu pour l'armée française est de ne pas se laisser distancer. - Si les compétiteurs se mettent à avoir des capacités avec des drones, des essaims de 1000 drones, et qu'on n'est pas capables en face d'y faire face, parce qu'on n'aurait pas développé l'autonomie, de la commande à grande échelle, par exemple, ça veut dire que sur le terrain, on perd notre supériorité.

Donc on est vulnérables. Sur le terrain, ça se traduit par perdre la guerre, si je schématise. - C.Roux: C'est ça, prendre le tournant de l'IA ou perdre la guerre.

A.Bordes, je rappelle que vous êtes à la tête d'une entreprise spécialisée dans l'IA et la défense. Il y a déjà de l'IA, notamment en Ukraine.

On peut Se demander si l'étape d'après, ce sont des robots qu'on active tranquillement depuis le ministère de la Défense, et plus de soldats sur le terrain... - A.Bordes: Une phrase a été dite: "Tout ce qui peut arriver va arriver." On retient ça.

Au début du conflit ukrainien, les échos, c'était qu'on revenait à la guerre de 14, la guerre de tranchées, d'artillerie, de position. 3 ans plus tard, on parle d'essaims de drones et de transparence totale du champ de bataille. On voit tout grâce aux satellites et aux drones d'observation.

Il faut être capables d'innover très rapidement. Ce sont des cycles qui vont très vite. On n'était pas capables de produire des drones il y a 3 ans.

Maintenant, les Ukrainiens en produisent 1 million par an. Les Chinois vont en produire le même nombre et les Américains vont en produire 10 millions par an. - C.Roux: L'IA peut-elle tuer? - Elle ne tue pas de manière intentionnelle, mais son usage dans des domaines sensibles comme l'armement, les transports ou la santé peut entraîner des morts si elle est mal conçue, mal utilisée ou insuffisamment contrôlée. - D.Nora: Il y a aussi eu des suicides...

Des usagers amoureux d'une IA et qui voulaient la rejoindre. - G.Koenig: L'IA va se demander comment être plus efficace dans la guerre.

L'intelligence humaine va se demander: pourquoi la guerre? Si ce sont des robots qui font la guerre, peut-être que la guerre n'a plus de sens. On pourrait peut-être arrêter...

C'est la question qu'il faudrait se poser. Face aux enjeux du monde, l'IA, la prolifération du nucléaire, l'effondrement des espèces, on a besoin plus que jamais de coordination nationale et moins que jamais de perdre son temps dans la guerre. - C.Roux: C'est ce qui pourrait se dessiner?

Il y a de grandes puissances comme les Etats-Unis qui ont de nouveau des velléités territoriales. - G.Koenig: Parce qu'on n'est pas assez connectés à nos émotions.

L'armée de terre parlait l'autre jour du commandement par intention. L'armée est très bureaucratisée. Ca commence à poser un problème stratégique.

Le soldat de base devrait être capable de manière autonome d'exécuter un ordre simple tout en poursuivant une finalité. L'armée essaye au contraire aujourd'hui, dans les problèmes opérationnels, de retrouver beaucoup d'intelligence humaine. Sinon, elle est en risque bureaucratique. - C.Roux: De toute façon, la décision reste humaine? - A.Bordes: Oui.

Ce qui se restreint, c'est le temps qu'a l'humain pour prendre