Voeu apprentissage - Agnès Le Brun - 25/06/2026
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Attaque 70 %Défensif 30 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 3:00Locuteur 2Fait
« La réforme de l'apprentissage engagée en 2018 par la loi pour la liberté de choisir son avenir professionnel a retiré aux régions la compétence qu'elles exerçaient en matière d'apprentissage. »
- 4:00Locuteur 2Fait
« Les régions assument sur le terrain un rôle essentiel dans le développement de l'apprentissage. »
- 5:00Locuteur 2Chiffre
« En Bretagne, ce sont près de 200 organismes de formation qui forment plus de 49000 apprentis. »
- 8:00Locuteur 2Fait
« L'apprentissage n'est pas une variable d'ajustement budgétaire, c'est une politique d'avenir. »
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Merci monsieur le président. Il s'agit d'un vœu sur un sujet qui a déjà été traité ce matin. Concernant cette baisse brutale, drastique, on peut trouver pas mal d'adjectifs de 88 % sur les crédits d'apprentissage.
Monsieur Perin Serier s'est exprimé sur le sujet, d'autres aussi. C'est un vœu qui a été très légèrement reformulé. Euh donc on est tout à fait en face sur ce texte.
Je voudrais ajouter, si vous le permettez, puisqu'on a un petit peu d'avance, que c'est pas un vœu pour se faire plaisir ou pour se donner bonne conscience. C'est un vœu qui remplit sa fonction, c'est-à-dire exercer une pression qui nous appartient sans sans cynisme bien sûr, mais qui correspond de moins en moins, il faut le dire, à une situation que vous avez décrite, monsieur Périn Sarzier et moi qui me fait penser à une expression française que je trouve très jolie qui s'appelle à volo. Et il se trouve que tout par vos lots, vous l'avez parfaitement décrit.
C'est aussi d'ailleurs au passage, si vous me donnez juste une 30 secondes, c'est une une petite nouvelle naturaliste de Hismans qui raconte l'histoire d'un petit d'un petit employé de ministère tout moche et tout falla qui cherche à donner du sens à sa vie et qui n'en trouve pas. Bref, c'est une courte nouvelle qui montre le vide absolument existentiel qui peut se saisir de certains et j'ai bien l'impression qu'on est en plein dedans. Il s'appelle Folentin d'ailleurs ce personnage.
La réforme de l'apprentissage engagée en 2018 par la loi pour la liberté de choisir son avenir professionnel a retiré aux régions la compétence qu'elles exerçaient en matière d'apprentissage pour la recentrer entre les mains de l'État de France Compéten et des OPCO installant un pilotage national éloigné du terrain. France Compessante, il faut toujours penser 11 milliards, vous l'avez bien signalé. Pour autant, les régions assument sur le terrain un rôle essentiel dans le développement de l'apprentissage.
Chef de fil en matière d'orientation et de formation professionnelle, elles exercent également des responsabilités majeures en matière d'aménagement du territoire et de développement économique au côté de l'État. Elle pilote l'évolution de la carte des formations afin de répondre aux besoins des territoires, des entreprises et des filières économiques notamment dans les métiers en tension. À ce titre, elle participe au financement des équipements, finance en grande majorité les investissements immobiliers et contribue au fonctionnement des CFA.
En Bretagne, ce sont près de 200 organismes de formation qui forment plus de 49000 apprentis dans des secteurs vitaux pour notre économie. 49000 apprentis, ça veut dire juste 49000 vies en formation engagé dans un parcours industrie, bâtiment, travaux publics, agriculture services. Or le gouvernement a choisi de réduire drastiquement les moyens consacrés à l'apprentissage après une première annonce déjà inacceptable d'une baisse de 50 %.
La décision finale atteint désormais une coupe de 88 % avec des crédits qui s'effondrent de 268 millions d'euros à 33 millions d'euros. Pour la Bretagne, les chiffres parlent de même 117 en 20254 en 2026. Ce n'est pas un ajustement, c'est un désengagement massif.
Une telle décision n'est ni compréhensible, ni acceptable, ni soutenable. On pourrait ajouter, elle manque singulièrement de cohérence. Bien sûr, elle met directement en difficulté des centaines de CFA, fragilise leurs modèles économiques et pénalisent en premier lieu les territoires ruraux et les villes moyennes déjà confronté à des fragilités structurelles.
Nous sommes aujourd'hui à un carrefour budgétaire et politique, celui du choix. On ne peut plus prétendre d'un côté faire de la jeunesse une priorité et Fabien Legerné en parlera d'ailleurs et de l'autre affaiblir les moyens qui conditionnent son avenir. Le temps n'est plus aux ajustements techniques ni au compromis flou.
Il est aux décisions claires. Soit nous faisons le choix d'investir dans la jeunesse et dans les compétences, soit nous acceptons de nous inscrire dans une lente décélération qui conduit inévitablement à une impasse économique et social. D'où le vide existentiel.
Au moment où l'on parle de réindustrialisation, de souveraineté économique et de transition écologique, il est pour le moins paradoxal de fragiliser l'un des principaux leviers de formation des compétences. L'apprentissage n'est pas une variable d'ajustement budgétaire, c'est une politique d'avenir et c'est précisément ce que cette décision ne semble pas mesurer. La région Bretagne dénonce donc fermement cette réduction brutale des crédits consacré à l'apprentissage.
Elle alerte sur ses conséquences concrètes pour les CFA. Pour les jeunes et les entreprises, elle réaffirme que l'apprentissage est un pilier stratégique de l'insertion professionnelle, de la compétitivité économique et de la cohésion des territoires. Elle demande solennellement au gouvernement de revenir sur cette trajectoire de désengagement et de rétablir des moyens à la hauteur des enjeux.
Elle appelle enfin à l'ouverture immédiate d'un véritable dialogue avec l'État et les acteurs concernés afin d'éviter que cette décision ne produise des dégâts irréversibles sur l'offre de formation dans les territoires. Sans illusion donc mais nécessaire cependant me semble-t-il. Je vous remercie.
Merci.