Lubrizol : "Les habitants continuent de demander de la transparence, il faut que cela leur soit totalement accordé", estime Marie Toussaint
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Questions et réponses
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- 0:33OuverteRéponse partielle
Un mois après Lubrizol, assez de transparence et gestion gouvernementale ?
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Gouvernement rassurant mais défiance des Rouennais : comment l'expliquer ?
- 2:34FerméeRéponse directe
Ne croyez-vous pas Eric Snur sur la dangerosité des produits brûlés ?
- 3:37OuverteRéponse directe
Quelles mesures supplémentaires pour l'indemnisation après Lubrizol ?
- 4:00OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que le gouvernement pourrait faire de plus sur l'indemnisation ?
- 5:00OuverteRéponse directe
On ne peut pas détruire ces usines, que faire alors ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:56Invité politiqueFait
« Est-ce qu'il y a eu assez de transparence ? La réponse est non. »
- 1:09Invité politiqueFait
« on a dit pendant plusieurs jours, voire peut-être plusieurs semaines, que ce n'était pas bien grave, alors qu'on voyait bien qu'il y avait des nappes, enfin voilà, des rejets de pétrole aussi d'amiante qui tombaient sur les habitations. »
- 1:55Invité politiqueFait
« Deux ans avant cet incendie, il y avait eu une inspection qui disait qu'il n'y avait pas de risque d'incendie, ou en tout cas un risque d'incendie tous les 10 000 ans. »
- 2:41Invité politiqueFait
« Je crois qu'il ne le sait pas vraiment. »
- 2:47Invité politiqueFait
« On ne connaît même pas l'origine de l'incendie, donc je crois qu'il y a des éléments qu'on n'a pas. »
- 3:12Invité politiqueFait
« Sauf qu'on ne teste pas tout. »
- 4:25Invité politiqueFait
« La première question, c'est évidemment celle de où se situent ces sites, ces vésos, et est-ce qu'il y a des habitations autour ? »
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« La France a beaucoup de sites ces vésos, même c'est l'un des pays qui en accueille le plus en Europe. »
- 5:15Invité politiqueChiffre
« sur les 1300 sites que nous avons en France, plus de la moitié sont classés seuil haut. »
- 6:30Invité politiqueFait
« Il y a une baisse des moyens accordés au contrôle, aujourd'hui, sur l'ensemble des sites Céveso. »
- 6:35Invité politiqueFait
« Il y a aussi une baisse des moyens de l'INERIS, cet Institut National des Risques Industriels »
- 9:44Invité politiqueFait
« aujourd'hui, en Guadeloupe, on a un CHU qui est dans un état de délabrement et d'absence de moyens qui est absolument ahurissant »
- 9:56Invité politiqueFait
« En Guadeloupe, on a aussi évidemment le scandale de la chlordécone. »
- 10:05Invité politiqueFait
« Et puis, en Guadeloupe, on a toujours des lieux où il n'y a pas accès à l'eau potable. »
- 14:26Invité politiqueFait
« La France est en retard. Non seulement les lois françaises sont en deçà de l'accord de Paris, comme d'ailleurs les lois de l'ensemble des États membres de l'Union européenne, mais en plus de ça, la France est en retard. »
- 14:48Invité politiqueFait
« quand on regarde la Méditerranée, qui est l'une des mers les plus polluées du monde, dans laquelle il y a des zones mortes de plus en plus importantes, eh bien l'un des pollueurs principaux de cette mer Méditerranée, ça reste la France. »
- 15:33Invité politiqueChiffre
« si tout le monde consommait comme une Française ou comme un Français, de combien de planètes aurions-nous besoin ? On aurait besoin de près de trois planètes pour pouvoir vivre à notre rythme à nous. »
- 16:32Invité politiqueChiffre
« Il y a beaucoup d'argent qui partent dans l'évasion fiscale aujourd'hui, énormément, près de 1 000 milliards d'euros en Europe chaque année. »
- 16:37Invité politiqueChiffre
« On estime aussi la corruption, à près de 1 000 milliards d'euros en Europe chaque année. »
Temps de parole
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Merci de nous rejoindre sur France Info, bonjour à toutes, bonjour à tous, c'est le 8h30 France Info du samedi, en radio évidemment et sur le canal 27 également, de la TNT à mes côtés Myriam Ankawa, bonjour.
Bonjour Délique, bonjour à tous.
Journaliste LCP et puis notre invitée ce matin, députée européenne Europe Écologie Les Verts, cofondatrice de l'association Notre Affaire pour Tous à l'origine de la campagne L'Affaire du Siècle. Bonjour Marie Toussaint.
Bonjour.
Et c'est Myriam qui vous pose la première question.
Bonjour Marie Toussaint, il y a un mois tout juste, les Français découvraient l'existence de l'usine Lubrizol de Rouen, pour la deuxième fois hier, le Premier ministre s'est rendu sur place pour faire le point sur les indemnisations, une enquête de santé va commencer à partir du mois de mars prochain, est-ce que vous estimez au fond un mois après qu'il y a eu assez de transparence et que le gouvernement a bien géré ?
Est-ce qu'il y a eu assez de transparence ? La réponse est non. Il y a eu des études qui ont été faites, peut-être de manière un peu tardive, et surtout on a dit pendant plusieurs jours, voire peut-être plusieurs semaines, que ce n'était pas bien grave, alors qu'on voyait bien qu'il y avait des nappes, enfin voilà, des rejets de pétrole aussi d'amiante qui tombaient sur les habitations. Donc les habitantes et les habitants, les rouennaises et les rouennais continuent à demander la transparence. Il faut que ça leur soit complètement accordé et aussi qu'il y ait des mesures de protection qui soient mises en place.
Les images ont été publiées, il y a un gouvernement qui est rassurant, à la fois sur l'eau, sur l'air, sur les sols, et en même temps, et c'est sans doute légitime, il y a cette immense défiance des rouennais et des communes alentours, cette méfiance généralisée, comment vous l'expliquez ?
Non mais il y a une volonté de la part du gouvernement de répondre effectivement à la demande de transparence et d'information des citoyens. Sauf que, après, la demande des citoyens, elle ne vient pas de nulle part. Deux ans avant cet incendie, il y avait eu une inspection qui disait qu'il n'y avait pas de risque d'incendie, ou en tout cas un risque d'incendie tous les 10 000 ans. Dès lors, comment voulez-vous que les gens croient ce qui leur est dit, alors qu'on leur avait affirmé avec le tampon de l'État qu'il n'y aurait pas de problème et qu'il n'y avait pas de risque ?
C'est normal que les gens demandent des informations, demandent de la transparence, a fortiori, comme je vous l'ai dit, lorsque pendant plusieurs jours on a dit qu'il n'y a rien de toxique, et qu'on a observé que des produits toxiques gisaient sur les sols, dans les jardins, et partout à Rouen.
Donc vous êtes de ceux qui ne croient pas Eric Snur, le patron de Lubrizol, quand il affirme que ce qui a brûlé n'est pas plus dangereux qu'un simple feu de maison ?
Je crois qu'il ne le sait pas vraiment.
Il s'engage pourtant devant les députés et devant les sénateurs.
On ne connaît même pas l'origine de l'incendie, donc je crois qu'il y a des éléments qu'on n'a pas. Il y a plusieurs enquêtes qui vont le déterminer. Exactement, donc les enquêtes sont en cours. Et puis en termes techniques, pour rentrer un peu dans le détail, aujourd'hui on calcule un certain nombre de particules dans l'air et sur les sols, pour savoir est-ce qu'on teste la présence de ces particules ou pas. Sauf qu'on ne teste pas tout. Et c'est bien ça le problème, c'est qu'en fait dans ce qu'on regarde, ce qu'on trouve ce n'est pas grand chose, mais on sait bien qu'il y a beaucoup de choses qu'on n'a pas encore regardées, et dans lesquelles il pourrait y avoir des choses.
Donc il faut aller au bout, et ce n'est pas un manque de confiance que j'ai, c'est une demande qu'on aille au bout de ces enquêtes, de ces études, pour pouvoir effectivement affirmer, confirmer ce qui se trouve aujourd'hui dans les sols et dans l'eau à Rouen.
Alors il y a deux fonds d'indemnisation qui vont être mis en place. D'abord un fonds pour les agriculteurs, un autre pour les entreprises et les particuliers. C'est ce qu'a expliqué Edouard Philippe hier sur place. Le Premier ministre garantit que toutes les victimes seront indemnisées. On l'écoute.
Nous serons extrêmement vigilants à ce que l'indemnisation soit complète, à ce qu'elle soit rapide, et à ce qu'elle soit à la hauteur des attentes légitimes des acteurs.
Alors qu'est-ce que le gouvernement, là je parle de l'indemnisation, et donc de l'après-coup, pourrait faire de plus ? Entre cette enquête de santé qui va se mettre en place, donc un suivi médical de toutes les populations, et pas uniquement les Rouennais,
et ces fonds d'indemnisation. Qui sont importants aussi. Alors, protection, indemnisation, je crois qu'après il faut qu'on tire des leçons de ce qui s'est passé à Lubrizol. La première question, c'est évidemment celle de où se situent ces sites, ces vésos, et est-ce qu'il y a des habitations autour ? Alors, à Rouen, ce qui est particulier, c'est qu'on a même mis un éco-quartier, qu'on a prévu un éco-quartier juste à côté de l'usine de Lubrizol. Ou alors, il faut s'interroger sur les activités au sein de l'usine de ces vésos. On peut regarder la question sous les deux angles. Mais, donc, il y a cet éco-quartier-là qui est prévu à Rouen.
Dans le reste des sites industriels dangereux, il ne faut quand même pas se leurrer, ce n'est pas des éco-quartiers qui sont à côté, c'est souvent les populations les plus pauvres, les plus précaires, qui sont dans ces zones dangereuses, polluées, et parfois polluées et toxiques.
On ne peut pas détruire ou arrêter ces usines, elles sont là. Est-ce qu'on arrête d'en construire d'autres dans les villes ? Qu'est-ce qu'on fait ?
Alors, la France a beaucoup de sites ces vésos, même c'est l'un des pays qui en accueille le plus en Europe. Peut-être qu'effectivement, on peut se poser la question de est-ce qu'on continue, sachant qu'en plus, sur les 1300 sites que nous avons en France, plus de la moitié sont classés seuil haut. Les propositions que nous formulons en tant qu'écologistes, c'est de dire qu'on est dans une civilisation, de toute manière, détoxique. Des produits comme ceux qui sont produits par l'usine de ces vésos, peut-être qu'on pourrait les remplacer par d'autres produits qui ne seraient pas toxiques. Et de fait, les conditions de production et les conditions de travail dans ces usines...
Des substituts à toute une série de produits chimiques ?
Alors, il existe beaucoup de substituts aux produits chimiques. On doit absolument sortir des toxiques. Et surtout, quand on est dans des situations de production, il faut étudier à quel taux la société, la population, est exposée à ces produits toxiques.
Justement, est-ce que cette population, vous l'incitez à aller en justice ?
Il faut partir d'un principe de sobriété, d'exposition aux produits toxiques pour l'ensemble des citoyennes et des citoyens.
Cette population, on l'a vu, les agriculteurs, il y a une attention toute particulière qui est portée sur les agriculteurs, sur les éleveurs. Mais les riverains, vous les incitez à aller en justice ?
C'est à elles et eux de faire ce choix. Aujourd'hui, il y a des réflexions, effectivement. Il y a aussi des débuts d'action en justice qui ont été entamés. Il y a différentes possibilités. Il y a un défaut de l'État qu'on peut souligner. Notamment, je vous parlais de ces contrôles. Il y a une baisse des moyens accordés au contrôle, aujourd'hui, sur l'ensemble des sites Céveso. Il y a aussi une baisse des moyens de l'INERIS, cet Institut National des Risques Industriels, donc on peut se dire qu'il y a une défaillance de protection des citoyens de la part de l'État. Et il y a bien évidemment quelque chose qui s'est passé au sein de l'usine de Lubrizol et qu'il faudrait aller étudier.
Il y a eu une mise en danger à la fois des populations et des écosystèmes. Parce que quand on parle d'indemnisation, on parle très peu d'indemniser, alors on parle d'indemniser les citoyens directement concernés, les agriculteurs, les agricultrices, les commerçants, couides de la population dont la santé est endommagée et couides des écosystèmes qu'il va falloir réparer.
Une réponse très rapide à une question de Myriam ?
Oui, en quelques secondes, rouvrir le site, c'est ce que souhaite la compagnie, sans aller jusqu'à rouvrir les hangars où les produits ont brûlé. Ce n'est pas une option raisonnable pour vous, aujourd'hui ? En tout cas, pas tout de suite. Très bien, merci. En tout cas, pas tout de suite.
Merci Marie Toussaint pour rester avec nous. Évidemment, on a beaucoup d'autres sujets à aborder à vous. On parlera des sargasses notamment. On parlera également du bilan climat du chef de l'État auparavant à 8h40 sur France Info. Rappel des titres avec Steven Goyer.
La lutte contre les sargasses à l'agent d'Édouard Philippe. Le Premier ministre se déplace de jour en Guadeloupe pour intensifier la coopération autour de ces algues brunes, véritables fléaux des Caraïbes, la faute aux émanations toxiques et à leurs risques sur la santé. Un GG de trois mois indemnisé pour les aidants. L'Assemblée nationale a hier soir approuvé la mesure dans le cadre du projet de budget de la Sécurité sociale pour 2020 avec une indemnité de 43 euros par jour pour une personne aidante en couple, 52 euros pour une personne isolée. Près de 8 millions de personnes pourraient être concernées. Des bouchons à prévoir si vous roulez aujourd'hui en Ile-de-France.
Journée classée orange dans la région pour ce deuxième week-end. Des vacances de la Toussaint, c'est vert pour le reste de la France. Bison Futé appelle à éviter de quitter les grandes agglomérations aux heures de pointe, surtout en fin d'après-midi de 16h à 20h. Plus de 40 morts à Bagdad dans les manifestations anti-gouvernementales en cours depuis jeudi soir. Hier, les mobilisés ont incendié deux sièges de gouvernorat avant d'attaquer des dizaines de QG de partis politiques et de factions armées. Ils réclament toujours le départ des responsables du régime. L'AS Monaco revient dans la course aux places européennes en Ligue 1.
Les hommes de Jardim se sont imposés hier soir 1-0 à la Beaujoire face au FC Nantes grâce à un but de Wilson Ben Yedder. Les Monegasques sont huitièmes suite de la 11e journée aujourd'hui avec six matchs au programme, notamment l'Île-Bordeaux dès 17h30.
France Info, et tout est plus clair.
Et la suite du 8h30 France Info à la radio et à la télé sur le canal 27 de la TNT avec notre invité ce matin, Marie Toussaint, eurodéputée Europe Écologie Les Verts. On l'évoquait à l'instant. Le Premier ministre est donc en Guadeloupe pour aborder un sujet délicat. Il y a eu une convention qui s'est tenue pendant trois jours sur les sargasses, des algues brunes qui pourrissent littéralement, dans tous les sens du terme d'ailleurs, la vie de la population, et qui pourrissent sur place et qui dégagent des gaz extrêmement nocifs pour la santé et pour l'environnement. Est-ce que selon vous, l'État doit intervenir et comment peut-il intervenir ?
Alors avant de vous répondre sur les sargasses, j'aimerais juste faire un point sur la situation de la Guadeloupe. Aujourd'hui, en Guadeloupe, on a un CHU qui est dans un état de délabrement et d'absence de moyens qui est absolument ahurissant, et les populations en souffrent très directement. En Guadeloupe, on a aussi évidemment le scandale de la chlordécone. On a laissé tomber les Guadeloupéennes et les Guadeloupéens sur ce sujet pendant des décennies. Et puis, en Guadeloupe, on a toujours des lieux où il n'y a pas accès à l'eau potable. Et donc, la question des sargasses, elle se pose dans ce contexte de délaissement de ce territoire de la République par l'État lui-même.
Brûler les algues, d'ailleurs, si on en fait du charbon, pourrait avoir des effets peut-être positifs sur la lutte contre les pesticides. Est-ce que ce serait une option ?
Oula, alors le lien que vous faites est un peu...
C'est ce que j'ai essayé de comprendre. Pour faire du charbon actif, pour purifier l'eau très polluée par les pesticides, c'est une piste évoquée par le gouvernement de brûler les sargasses. Est-ce que c'est quelque chose qui peut marcher ?
Ce n'est pas que sortir des pesticides serait plus efficace pour lutter contre les pesticides. Mais comme il y en a sur place. Non, mais bon. Donc, les sargasses, il y a une vraie urgence. Et c'est important, effectivement, que l'État y apporte une réponse.
Ça fait plus de dix ans, maintenant, que le problème est connu et qu'il ne cesse d'ailleurs de prendre de l'ampleur année après année.
Qu'il est connu sans l'être tout à fait, puisqu'il y a encore des études qui sont menées sur la manière dont, notamment, on peut réutiliser ces sargasses. Il y a eu d'ailleurs un plan du gouvernement pour explorer ces pistes-là. Après, les sargasses, elles sont quand même liées à un modèle de production agricole dont vous parliez juste avant. Et c'est justement, très fortement, les sargasses viennent du fleuve Amazon et elles sont liées à cette déforestation, à cette agriculture intensive, extensive, liée aux engrais chimiques, un peu à la manière dont le sont les algues vertes sur la plage bretonne. Et donc, il y a une nécessité de changer de modèle.
On peut se dire, c'est au Brésil, on ne peut rien faire. Mais en fait, on peut faire des tas de choses. D'abord, parce qu'il y a des entreprises françaises qui opèrent au Brésil. Ensuite, parce qu'on a un commerce important avec le Brésil. Et d'ailleurs, que l'Union européenne est en train de négocier un accord sur le Mercosur.
Ça, c'est la vision d'ensemble, parce que tout est lié. Mais là, sur place, très concrètement et à court terme, qu'est-ce que vous proposeriez si vous étiez aux affaires pour lutter contre ces pollutions légales ?
Il y a une nécessité immédiate de protection des populations. C'est ce que je disais dans mon premier point. On ne peut pas abandonner ces populations. Il est important que l'État y réponde. Sauf que sur place, la réponse, elle est a posteriori. Donc, la réponse a posteriori, c'est quoi faire ? Dégager les sargasses. Alors, il y a des tentatives de les garder au large, puisque les sargasses sont beaucoup moins nocives, nuisibles. Les pélagiques sont des algues pélagiques. Quand elles sont en haute mer, et puis une fois qu'elles sont sur les plages, il faut les récupérer de manière très rapide. Pourquoi ?
Parce que les populations respirent les produits toxiques qui en émergent, que c'est des produits assez toxiques pour noircir les murs. Et donc, il y a une protection de la santé des populations en dégageant les sargasses et en s'occupant de la santé des gens, qui est la première étape. La deuxième étape, je vous parlais de cette agriculture dont il faut se débarrasser. Et la troisième, sur laquelle j'aimerais quand même insister, c'est que ces sargasses prolifèrent dans l'océan Atlantique, notamment du fait du réchauffement climatique et du rehaussement de la température de l'océan.
Tout est lié, et donc il y a une nécessité importante aussi que la France fasse ce qu'il faut pour lutter contre le réchauffement climatique. Aujourd'hui, des territoires comme la Guadeloupe sont particulièrement exposés aux effets du réchauffement climatique. Et je rappelle que du fait des territoires ultramarins, la France est le premier pays exposé en Europe au réchauffement climatique.
Alors, puisqu'on parle de climat et de réchauffement climatique, j'aimerais qu'on s'intéresse au bilan du chef de l'État, et notamment d'un rapport qui a été publié par Le Monde cette semaine, je ne sais pas si vous l'avez vu, qui montrait que la France a été fait taper sur les doigts parce que les émissions de gaz à effet de serre étaient supérieures à la normale au point de vue mondial. Mais les choses s'améliorent quand même. Elles s'améliorent. Alors, ces mêmes réductions baissent de 18% par rapport aux années 2000, au début des années 1990, même si je ne me trompe pas. Que l'eau des rivières s'améliore, que l'eau des mers également, la qualité de l'eau des mers s'améliore.
Est-ce qu'on peut parler d'un bilan en demi-teinte pour le chef de l'État ?
Pour le chef de l'État ou pour la France ? Parce que ce que vous me soulignez, c'est une action sur plusieurs décennies. Écoutez, on est dans une situation d'urgence, dans une situation d'urgence climatique et environnementale. Il y a peut-être des zones où les choses s'améliorent. Et heureusement, c'est une bonne nouvelle de savoir que quand on laisse la nature se régénérer, elle peut le faire. Donc c'est plutôt un signe d'espoir. Par contre, où en est la France ? La France est en retard. Non seulement les lois françaises sont en deçà de l'accord de Paris, comme d'ailleurs les lois de l'ensemble des États membres de l'Union européenne, mais en plus de ça, la France est en retard.
C'est un retard que nous avons souligné avec l'affaire du siècle, mais qui a été souligné depuis par le Haut Conseil du Climat, qui a lui-même été mis en place par le Président de la République. Et quant à la situation des mers et des océans, quand on regarde la Méditerranée, qui est l'une des mers les plus polluées du monde, dans laquelle il y a des zones mortes de plus en plus importantes, eh bien l'un des pollueurs principaux de cette mer Méditerranée, ça reste la France. Et l'endroit où la mer Méditerranée est la plus polluée, c'est au large de Marseille. Donc on a encore beaucoup de travail à faire pour être à la hauteur.
Sur tous ces dossiers, les océans comme sur le climat, pour la France, en même temps, pour tenir nos engagements, soyons honnêtes et francs, pour être dans les clous de l'accord de Paris, il faudrait réduire nos émissions de combien en France ? C'est 80% franchement. Est-ce que c'est possible, sans passer par des solutions comme la décroissance, qui ne sont pas des options pour ce gouvernement, et d'ailleurs aucun gouvernement ?
Alors, notre empreinte écologique, c'est-à-dire si tout le monde consommait comme une Française ou comme un Français, de combien de planètes aurions-nous besoin ? On aurait besoin de près de trois planètes pour pouvoir vivre à notre rythme à nous. Donc quand on parle de décroissance, souvent ça fait peur, en tout cas on a une décroissance importante de notre empreinte écologique à effectuer, c'est la question du CO2, mais c'est aussi la question de l'emprise sur les ressources naturelles, sur des questions de biodiversité, et je vais vous dire, on a beaucoup de solutions aujourd'hui, sur la table.
Par exemple, quand on parle de bâtiments, on sait construire aujourd'hui des bâtiments qui sont à consommation zéro, voire à consommation positive, c'est-à-dire qui produisent de l'électricité. Donc on peut faire beaucoup de choses.
Vous êtes de celle qui appelle à une sorte de new deal vert, un plan d'investissement massif dans les infrastructures, en profitant de la conjoncture économique, parce que les taux d'intérêt sont très faibles.
Bien sûr, on a besoin d'argent pour financer la transition climatique et écologique au sens large, mais cet argent, en fait, il est déjà sur la table. Il y a beaucoup d'argent qui partent dans l'évasion fiscale aujourd'hui, énormément, près de 1 000 milliards d'euros en Europe chaque année. Donc c'est quand même énorme. On estime aussi la corruption, à près de 1 000 milliards d'euros en Europe chaque année. Et par ailleurs, on estime à 11 milliards d'euros en France, les subventions qui sont encore aujourd'hui accordées par l'État, c'est-à-dire par nous, par les contribuables, aux énergies fossiles, dont on sait qu'elles sont les premières responsables de la dégradation du climat.
Donc on a vraiment les moyens de faire des choses et c'est peut-être le message que j'aimerais vous faire passer et que j'aimerais aussi que le gouvernement entende.
Marie Toussaint, vous restez avec nous, on va parler de politique politicienne, j'ai envie de dire, dans quelques instants, avec un certain Thierry Breton, évidemment, vous me voyez venir, qui a été proposé à la place de Sylvie Goulard auparavant, on fait un détour par l'info, c'est avec Steven Goyer. Il est 8h50.
Nouvelle appel à manifester aujourd'hui à 15h, à Rouen, un mois, jour pour jour, après l'incendie de l'usine Lubrizol, appel lancé par le collectif unitaire d'associations de défense de l'environnement, et de syndicats. Ils réclament un suivi médical plus approfondi et plus de transparence sur la dépollution. Hier, une convention d'indemnisation a été signée, les agriculteurs devraient recevoir les premiers versements le 18 novembre, insuffisant pour le collectif. C'est la méthode américaine qui consiste à payer et à rouvrir très vite, a déclaré il y a quelques minutes l'un de ses porte-parole, Jean-Noël Guyadère.
Ni train, ni bus de substitution, trafic toujours très perturbé entre Montpellier et Toulouse et entre Montpellier, Perpignan et l'Espagne. La faute aux pluies diluviennes tombées en milieu de semaine, des coulées de boue ont emporté des voies de chemin de fer. La flotte de bus n'est pas assez importante, explique la SNCF contactée par France Info. Les hôpitaux verront leur budget revalorisé. L'année prochaine, de 2,3%, mesure approuvée par les députés hier dans le cadre du projet de budget de la Sécurité sociale en 2020. Problème, la progression des dépenses, elle, est estimée à 4,5%. L'opposition dénonce une provocation. Manifestation monstre dans les rues de Santiago.
Le mouvement contre les inégalités économiques et sociales s'est poursuivi dans la capitale chilienne avec près de 800 000 protestataires. Mobilisation née de la hausse du prix des titres de transport début octobre qui a déjà provoqué l'arrestation de près de 7 000 personnes. Et puis, match de rêve aujourd'hui. En demi-finale du Mondial de Rugby, dans un peu plus d'une heure, les Anglais affrontent les All Blacks de la Nouvelle-Zélande à Yokohama à 10h. Confrontation au sommet entre un 15 de la Rose en reconquête et des Néo-Zélandais qui visent une quatrième couronne mondiale.
France Info. Et tout est plus clair.
Le 8h30 France Info qui se poursuit ce matin à la radio et à la télé, évidemment, avec toujours notre invité, l'eurodéputé Marie Toussaint. Encore quelques minutes à passer ensemble. Et pas mal de sujets à commencer, Myriam, par Thierry Breton.
Oui, la candidature de Thierry Breton proposée par Emmanuel Macron pour le poste de commissaire au marché intérieur, industrie, défense, espace, numérique. Depuis trois jours, la polémique enfle sur des soupçons de conflits d'intérêts. On va d'abord écouter Gilles Legendre, le patron des députés macronistes à l'Assemblée, qui défend un homme de compétence. Nous avons un homme qui connaît le numérique par cœur. Nous avons un homme qui est un Européen absolument convaincu. Et nous avons un homme qui connaît parfaitement les mécanismes économiques puisqu'il a été ministre de l'économie. Il n'y a pas de personne qui coche autant de casse que lui.
Il faut choisir entre compétence et absence de conflits d'intérêts ou pas. Parce que c'est difficile. Il a une carrière, Thierry Breton, qu'on lui reconnaît. Par le passé, il a érigé des murs, d'ailleurs, quand il était ministre de l'économie, avec ses précédentes activités à Thomson. En quoi ça n'est pas un bon candidat pour vous, Marie Toussaint ?
Alors, d'abord, j'aimerais revenir sur ce qu'a dit votre collègue tout à l'heure. La question de l'intégrité des responsables politiques n'est pas une question politicienne. C'est une question, au contraire de démocratie, de responsabilité vis-à-vis des citoyennes et des citoyens et de confiance dans les institutions. On sait qu'aujourd'hui, il y a une profonde méfiance...
J'avais évoqué plusieurs sujets. La politique politicienne, on va y venir aussi.
Il y a une profonde méfiance, en tout cas, envers les personnalités politiques. Est-ce qu'il est d'ores et déjà disqualifié à vos yeux, Thierry Breton ?
C'est ce que vous dites sur Twitter, quelque part.
Alors, ce que j'ai dit sur Twitter, c'est que Thierry Breton, sur le fond, est une personne qui souhaite mener une politique libérale et productiviste qu'il a démontré dans le passé. Ça, c'est une question d'opinion politique. Et effectivement, son projet n'est pas le mien, ni le nôtre, ni celui des écologistes. Au-delà de cette question-là, Thierry Breton, je ne remets en cause ni effectivement ses compétences, ni sa probité. Ce qu'on voit bien toutefois, c'est qu'il faut tirer des leçons de ce qui s'est passé avec Mme Goulard, qu'on est ici en situation avec quelqu'un qui a une grande expérience dans le privé, qui détient aussi de nombreuses actions.
Et donc, en commission des affaires juridiques, on a notamment, parmi les choses qu'on a demandées, demandées aux candidats commissaires de vendre leurs actions. Donc voilà, on verra ce qui sera jugé. Mais effectivement, et vous l'avez souligné, quand il était ministre de l'économie, il a dû opérer à une séparation, à ériger des murs, comme vous l'avez indiqué.
Et c'était Matignon qui traitait les dossiers qu'il pouvait faire à l'objet de sa option.
Et donc, étant donné que toutes ces activités sont en lien avec le marché intérieur, on se demande de combien de dossiers il va devoir se déporter au sein de la Commission européenne. Et est-ce qu'il va pratiquer ça ?
Donc vous, en tant que députée européenne, vous attendez quand même la fin des procédures d'examen de son dossier, avant de savoir ce que vous voterez, ou vous nous dites aujourd'hui, ce sera non, je ne voterai pas sa nomination ? Alors il y a différents niveaux. Vous savez déjà ce que vous allez voter ?
Oui, il y a un examen du conflit d'intérêt. Et ensuite, il y a des questions politiques et des auditions politiques. Sur la question des conflits d'intérêt, on va attendre de voir à la fois sa déclaration d'intérêt et les engagements qu'il souhaite prendre pour garantir son indépendance et son intégrité. Et on jugera à partir de ça sur cette question. Moi, ce que j'aimerais dire quand même, et je disais, il faut tirer les leçons de l'affaire Sylvie Goulard, il faudrait... l'erreur est humaine, persévérée est diabolique. Et donc la France, et j'aimerais que la France, ne devienne pas synonyme de conflit d'intérêt en Europe.
Et donc les barrières, effectivement, devront être extrêmement hautes, extrêmement efficaces, extrêmement solides pour garantir la poursuite de la procédure.
Au-delà de ça, je vais demander une réponse assez courte parce qu'il y a d'autres sujets derrière que nous aimerions aborder avec vous. Est-ce que vous ne le faites pas d'ores et déjà un procès d'intérêt en indiquant légalement sur Twitter que l'éventuelle nomination de Thierry Breton est une mauvaise nouvelle pour le climat ? Ce sont vos mots.
Ah mais alors, je sais ce qu'il faut mettre en œuvre pour sauver le climat. Je sais que ce n'est pas les propositions que Thierry Breton a portées dans le passé, ni, je le crois, les propositions qu'il va porter pour aller devant nous. Et après, on pourrait lui poser trois questions simples, mais il faudrait que vous l'invitiez sur votre plateau. Mais par exemple, est-ce que vous êtes prêts à mettre fin au financement des énergies fossiles, qui est une question importante ? Est-ce que vous êtes prêts, sur le marché intérieur, à réduire et à dire on peut utiliser le marché intérieur pour aller vers une consommation d'une seule planète au lieu de trois aujourd'hui pour l'Union Européenne ?
Voilà, autant de sujets qui ne font pas partie de ses préoccupations. Et puis, un sujet sur également la question sociale, où on voit bien dans le passé qu'il y a quand même des sujets sur son refus, par exemple, d'embaucher des seniors, des handicapés. Voilà, il a déjà montré qu'il n'était pas prêt forcément à cette transition écologique et sociale.
Autre sujet d'actualité, c'est un dossier que les Verts portent depuis des années, le cannabis thérapeutique. Il va y avoir une expérimentation. Il y a 3000 malades concernés de pathologies lourdes. Et il va y avoir donc cette possibilité d'utiliser le cannabis à des fins médicales. Vous applaudissez le gouvernement sur ce vote à l'unanimité à l'Assemblée ?
C'est vrai qu'il y a eu du courage pour avancer sur cette question. Maintenant, la France n'est pas pionnière sur cet enjeu-là. Dans de nombreux États, on a parlé du Portugal, bien évidemment les Pays-Bas, mais au Canada également, ce type de produits sont à disposition des malades. Et puis, c'est peut-être une avancée pour la protection des gens. Je crois que c'est ça qui est important, c'est qu'on jauge de ce dont les malades ont besoin.
Et en quelques mots, le cannabis récréatif doit rester interdit, selon vous ?
Eh bien non. Nous sommes avec les écologistes pour effectivement une réglementation, une légalisation réglementée du cannabis. Et dans les États où cela a été fait, ce qu'on a vu, c'était une baisse du trafic, une baisse des violences, une baisse du trafic illégal de facto. Et donc, on doit aussi avancer sur cette question-là.
Merci beaucoup Marie Toussaint d'avoir été l'invité de France Info du 8h30 France Info ce matin. Merci également à Myriam Ancavo, qu'on retrouve évidemment la semaine prochaine. À la semaine prochaine.
Et l'info politique, n'oubliez pas, c'est aussi un podcast original sur France Info, Paris, la bataille, le feuilleton des municipales. Un nouvel épisode tous les vendredis, un podcast à écouter sur franceinfo.fr, disponible aussi sur l'application Radio France.
Marie Toussaint