Jean-François Copé : "La fonction de maire est un pilier qui tient la République au quotidien"
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 45 %Défensif 15 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 86 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:11OuverteRéponse directe
Avant de parler de votre tribune sur la police municipale, un mot des incendies.
- 0:51OuverteRéponse directe
Est-ce qu'on est prêt ? Les risques d'incendie touchent désormais le sud et le centre.
- 1:14OuverteRéponse directe
Vous signez ce matin une tribune dans le Figaro contre l'annonce de Mathilde Panot.
- 1:26OuverteRéponse directe
Vous avez voulu lui répondre ?
- 2:36RelanceRéponse partielle
Il y a des études qui ne disent pas ça : aucune étude ne démontre le bénéfice d'armer tous les policiers.
- 2:55RelanceRéponse partielle
Les chiffres du ministère de l'Intérieur, on en fait ce qu'on veut.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:21Invité politiqueFait
« il faut évidemment faire attention à bien regarder les causes de chacun de ces drames. »
- 0:26Invité politiqueFait
« ce que je note en tout cas c'est que la mobilisation des services a été absolument exceptionnelle. »
- 1:40Invité politiqueChiffre
« C'est la priorité numéro un des Français pour les prochaines municipales. »
- 1:50Invité politiqueFait
« toutes les villes qui ont adopté des polices municipales nombreuses, armées, avec des caméras de vidéosurveillance, ont eu des résultats très supérieurs à la moyenne nationale. »
- 2:01Invité politiqueFait
« LFI veut faire de l'insécurité son allié objectif, quoi qu'elle en dise, en expliquant sans rire que la vidéosurveillance, que la police municipale ne sert à rien. »
- 3:00Invité politiqueChiffre
« Moi j'ai déjà un truc tout bête, c'est le nombre de crimes et délits pour 1000 habitants, c'est ce qu'on appelle le taux d'élucidation. »
- 3:14Invité politiqueChiffre
« On a diminué en 10 ans, quasiment par 2, le nombre de crimes et délits pour 1000 habitants. »
- 4:10Invité politiqueFait
« Quand il y a un classement assez récent chez vos confrères de Valeurs Actuelles, les neuf premières villes de France les mieux sécurisées en termes de statistiques sont des villes de droite qui ont adopté des polices municipales armées. »
- 5:24Invité politiqueFait
« dans les villes où il n'y a pas du tout de police municipale, qui sont principalement des villes de gauche, ce sont des laboratoires d'insécurité. »
- 6:07Invité politiqueFait
« Les policiers nationaux ne sont pas mieux formés que les policiers municipaux. »
- 6:14Invité politiqueFait
« La vérité, c'est que c'est une formation extrêmement stricte, extrêmement exigeante. »
- 7:25Invité politiqueFait
« beaucoup de maires connaissent des situations de grande précarité. »
- 7:48Invité politiqueFait
« nous tombe sur les épaules un niveau de responsabilité civile et pénale en cas de problème qui est considérable. »
Temps de parole
- Jean-françois Cope78 %
- Présentateur22 %
≈ 5,7 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Ce sont les élus préférés des Français déjà en campagne pour les municipales l'an prochain. Les maires font l'actualité politique ces derniers jours. Alors on reçoit ce matin l'un d'eux, le maire de Meaux. Bonjour Jean-François Copé. Bonjour. Avant de parler de votre tribune sur la police municipale qui est apparue ce matin dans le Figaro, Jean-François Copé a un mot des incendies. Ils arrivent désormais aux portes des villes à Marseille, à Narbonne.
Alors il faut évidemment faire attention à bien regarder les causes de chacun de ces drames. Alors ce que je note en tout cas c'est que la mobilisation des services a été absolument exceptionnelle. Soit les services d'incendie et de secours, que ce soit les policiers municipaux qui sont beaucoup intervenus, de ce que j'en ai compris, et puis les services de l'État. Donc à l'heure où je vous parle c'est surtout la preuve que nos services sont très mobilisés et qu'il faut continuer à avoir les moyens de faire face à ces épreuves.
Est-ce qu'on est prêt ? Parce que là ça touche le sud de la France. Les spécialistes accordent pour dire qu'aujourd'hui il y a des risques d'incendie dans le centre et plus au nord en fait.
Les risques ils existent absolument partout. Regardez ce qui s'est passé il n'y a pas très longtemps au Canada ou aux Etats-Unis. Et tout ça montre qu'on doit être extrêmement mobilisés, organisés. Et c'est un travail de chaque instant.
Vous signez ce matin une tribune. Donc dans le Figaro, très en colère contre la dernière annonce de l'insoumise Mathilde Panot. Dans toutes les villes qui éliront un ou une maire insoumise, l'an prochain, les polices municipales seront désarmées. Vous avez voulu lui répondre ?
Oui je lui ai répondu parce que c'est la parfaite illustration de la déconnexion complète entre ce qui se dit à Paris et ce que nous vivons nous les maires quand on doit faire face à l'insécurité et qui exaspère les gens. Les sondages d'ailleurs l'ont clairement montré. C'est la priorité numéro un des Français pour les prochaines municipales. Alors que paradoxalement c'est d'abord la compétence de l'Etat. Ce qui prouve bien qu'il fallait trouver des solutions. Et que toutes les villes qui ont adopté des polices municipales nombreuses, armées, avec des caméras de vidéosurveillance, ont eu des résultats très supérieurs à la moyenne nationale.
Donc j'en ai déduit une nouvelle fois que LFI veut faire de l'insécurité son allié objectif, quoi qu'elle en dise, en expliquant sans rire que la vidéosurveillance, que la police municipale ne sert à rien. Tout ça est irresponsable. Moi ce que je pense surtout c'est que tous les gens qui peuvent avoir une sensibilité de gauche sur le terrain, en réalité il faut qu'ils fassent attention à faire la dissociation entre le vote national et le vote local. Parce que regardons plutôt qui sur le terrain est capable de contribuer à la sécurité des gens au quotidien, parce que c'est dans les villes où on a ces polices municipales.
Alors il y a des études qui ne disent pas ça. Il y a un chercheur du CNRS, Sébastien Rocher, il est l'auteur chez Grasset de la police en démocratie, il a dit qu'il n'y a aucune étude qui démontre le bénéfice d'armer tous les policiers.
Oui, écoutez, c'est ça qui est sympathique dans une démocratie, c'est que chacun raconte un peu ce qu'il a envie.
Mais les chiffres du ministère de l'Intérieur, on en fait un peu aussi ce qu'on veut. On prend ce qu'on veut pour dire qui est plus en sécurité et qui est moins en sécurité.
Moi j'ai déjà un truc tout bête, c'est le nombre de crimes et délits pour 1000 habitants, c'est ce qu'on appelle le taux d'élucidation. A Maud par exemple, où nous avons fait ce choix d'une police municipale très importante, on a un taux d'élucidation des crimes et délits deux fois supérieur à la moyenne nationale. On a diminué en 10 ans, quasiment par 2, le nombre de crimes et délits pour 1000 habitants. Alors peut-être que c'est le ministère de l'Intérieur, mais on le voit sur le terrain quand même. Et puis vous avez beaucoup de gens aujourd'hui qui choisissent d'habiter dans des villes où il y a cette politique de sécurité. Tout simplement parce qu'on a des réponses immédiates.
Or quand vous avez une vie impossible, parce que vous avez des voisins violents, parce que vous avez des points de deal à côté de chez vous, quand il n'y a pas du tout de réponse, c'est pas la même chose que quand vous pouvez appeler la police municipale qui, en partenariat avec la police nationale et avec les parquets, font un travail exceptionnel. Parce qu'il ne faut pas penser que tout ça se fait tout seul dans notre coin. C'est un travail de continuum de sécurité.
D'ailleurs, il y a une prochaine loi, si jamais elle est votée dans cette assemblée totalement hors sol, qui va renforcer encore les pouvoirs des polices municipales, qui sont des hommes et des femmes extrêmement courageux, sérieux, formés, contrôlés naturellement par les services de l'État, sous la responsabilité du maire. Et écoutez, il y a des chiffres qui le mentent. Quand il y a un classement assez récent chez vos confrères de Valeurs Actuelles, les neuf premières villes de France les mieux sécurisées en termes de statistiques sont des villes de droite qui ont adopté des polices municipales armées.
C'est un classement de Valeurs Actuelles, vous l'avez dit.
Oui, mais quand c'est France Inter qui fait un classement, on ne dit pas à chaque fois que c'est la gauche qui gagne. Vous voyez ce que je veux dire ? Il peut y avoir aussi des moments où...
Je ne sais pas qu'on soit aussi marqués que Valeurs Actuelles, effectivement. Mais par exemple, il y a la Cour des Comptes.
Ça dépend des jours et ça dépend des personnes. C'est toujours pareil, ça fait partie de la démocratie. Ce n'est pas grave d'être de droite.
La Cour des Comptes, effectivement, sur la vidéosurveillance, écrit dans son rapport en 2020, aucune corrélation globale n'a été relevée entre l'existence de dispositifs de vidéoprotection et le niveau de la délinquance commise sur la voie publique ou encore les taux d'élucidation. Là, c'est la Cour des Comptes qui l'a dit.
Écoutez, la Cour des Comptes, elle a fait un rapport de la police municipale de la ville de Meaux dans lequel elle démontre de manière très avérée que les moyens extraordinaires, au sens étymologique du terme, qui ont été mis en œuvre dans notre ville ont donné des résultats extraordinaires. C'est l'analyse même de la Chambre nationale des Comptes qui a fait ce rapport pour le compte de la Cour des Comptes. Alors, encore une fois, chacun fait comme il veut, en fait, puisque nous avons cette liberté de le mettre en place.
Moi, je note simplement que dans les villes où il n'y a pas du tout de police municipale, qui sont principalement des villes de gauche, ce sont des laboratoires d'insécurité. Regardez ce qui se passe à Grenoble où le maire, M. Piolle lui-même, s'est vu reprocher très fortement par ses administrés cette insécurité. Regardez la situation à Nantes. Enfin, ce sont des réalités qui commandent quand même qu'on se dise peut-être que ça vaut la peine d'être pragmatique. C'est ce qui fait la différence entre le travail des maires au quotidien et ce qu'on dit à Paris.
Mais pourquoi ne pas renforcer plutôt la police nationale qui est mieux formée, plus formée, la gendarmerie également, plutôt que les policiers municipaux qui sont moins formés dans les villes ?
Vous avez raison de poser cette question et ça montre combien on a encore un travail d'explication à faire. Les policiers nationaux ne sont pas mieux formés que les policiers municipaux. Ce sont deux métiers distincts, complémentaires. Chacun est très bien formé. Vous imaginez qu'on autorise l'armement d'un policier municipal comme ça pour qu'il se balade dans la rue sans formation ? La vérité, c'est que c'est une formation extrêmement stricte, extrêmement exigeante. Ce sont des carrières complètes dans la police municipale. À la tête, par exemple, de la police municipale de Meaux, il y a un ancien colonel de gendarmerie.
C'est vous dire que sur ces sujets, nous avons des hommes et des femmes très professionnels qui font un travail remarquable, complémentaire.
C'est la tranquillité du quotidien, plutôt, les policiers municipaux.
Bien sûr, vous avez tout à fait raison. Mais on voit bien que lorsque l'État est impécunieux, c'est de la grande difficulté, qu'il n'a pas suffisamment de moyens, mieux vaut répartir les tâches. La police municipale ne fait pas de judiciaire, par exemple. C'est bien la police nationale qui le fait. Mais on est bien content de pouvoir faire des interventions complémentaires, police municipale, police nationale. Mais il faut aussi faire de la prévention. Il faut aussi casser les tours, mettre à la place des immeubles à quatre étages, mettre des caméras partout, parce que ça renforce le judiciaire. On a des preuves. Ça change tout.
Vous êtes maire de Meaux.
En plus, on dit aux gens, souriez, vous êtes filmé.
Vous êtes maire de Meaux depuis près de 20 ans. Les députés ont adopté au début de la semaine une mesure d'augmentation des indemnités des maires. C'est une bonne nouvelle ou pas ? Parce qu'on sait que beaucoup de maires jettent les bonches aujourd'hui.
Oui, alors pas seulement pour ce sujet-là. Bien sûr qu'il y a...
On sait que c'est de plus en plus dur d'être maire aujourd'hui.
Ce qui est vrai, c'est qu'aujourd'hui, beaucoup de maires connaissent des situations de grande précarité. Parce que, effectivement, le niveau des indemnités des maires étant ce qu'il est, compte tenu de l'exigence des fonctions, surtout d'ailleurs dans des petites communes où il y a très peu de moyens et où les maires sont souvent très seuls. Et c'est vrai qu'il y a un véritable sujet sur le statut de l'élu, y compris d'ailleurs sur sa protection pénale. Parce que vous savez qu'aujourd'hui, nous tombe sur les épaules un niveau de responsabilité civile et pénale en cas de problème qui est considérable.
Et souvent pour des choses dont on n'est même pas conscient, en réalité, tant la complexité législative et forte. Donc, oui, je pense que la démocratie ne peut pas fonctionner si nous n'avons pas des citoyens qui s'engagent dans leur ville et dans leur commune. Je le dis d'autant plus qu'il y a une crise de la représentation qui est terrible. Plus personne aujourd'hui ne peut faire de politique. Au niveau national, malheureusement, ça laisse place à des gens qui sont complètement hors sol. Mais au niveau local, c'est pareil.
Dernière question. Vous, vous briguerez un nouveau mandat. Amo, vous vous représentez l'année prochaine ?
Oui, absolument. Je l'ai dit à mes administrés. Mais aussi parce que je trouve que c'est probablement dans cette période où la République est si malmenée. La fonction de maire, c'est celle qui est l'un des grands piliers qui tient la République au quotidien. On l'a vu pendant le Covid. On le voit au quotidien et surtout face à un État qui aujourd'hui est complètement perdu, malheureusement.
Merci beaucoup, Jean-François Copé, d'avoir été l'invité de France Inter ce matin. Bonne journée. Sous-titrage Société Radio-Canada
Jean-françois Cope