Témoin RMC : Samira Abdelaoui - 06/07
Audio original de l'émission.
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Chapitres
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Vous écoutez RMC.
Je change de sujet, mais vous allez comprendre la détresse de Samira. Samira, bonjour Samira.
Bonjour, merci de me recevoir à l'antenne.
Merci. Samira, votre fille, a disparu le 31 juillet 2019. Nous sommes le 6 juillet 2020. Cela fait presque un an. Et depuis un an, vous la cherchez. Exactement. C'est ça Samira ? Tout à fait. Où il s'aime votre fille ? 16 ans, quand elle a disparu ?
Oui, 16 ans.
Mais que c'est...
Une heure.
Oui.
16 ans. Donc le matin du 31...
Vous allez me raconter. Le mercredi 31 juillet 2019, votre fille quitte votre domicile. À Évry, à Évry, donc, Courcouronne, dans l'Essonne. Il est quelle heure ? 7h du matin, je crois.
7h30, un peu près.
7h30. Que va-t-elle faire à ce moment-là ?
Elle va se diriger vers la gare, prendre normalement le bus pour aller à Villabé.
Oui.
Mais ce n'est pas ce qui s'est passé. En fait, à 16h, le patron m'appelle et il me dit qu'elle n'est pas arrivée sur son lieu de travail. Donc, je suis pas faite, j'appelle mon mari. J'appelle d'abord la petite, elle ne répond pas. Ensuite, j'appelle mon mari qui la géolocalise. Et on voit qu'elle se trouve dans le 95 et non dans le 91.
Voilà. Elle était en apprentissage dans un salon d'esthétique. Elle est partie tranquillement pour aller passer sa journée dans le salon, pour aller travailler. Elle a pris le bus. Elle a rejoint la gare routière voisine. Et vers 10h du matin, son téléphone borne à Beson. Beson, c'est dans le Val d'Oise, c'est dans le 95, c'est au nord de Paris. On est à 50 kilomètres. À 50 kilomètres. Et ensuite, est-ce qu'on a pu suivre sa trace ensuite ?
Non. À partir de 16h, le téléphone ne les mettait plus. Donc, on ne pouvait plus la géolocaliser. Et elle ne répondait plus au téléphone. Donc, d'où l'inquiétude. Mon mari se rend sur sa place. Et on commence à chercher. Et on cherche, on cherche. Jusque tard, très tard dans la soirée. Impossible de retrouver Wissam. Donc, on se dirige vers le commissariat d'Argentel, le commissariat le plus proche. Donc, on dépose plainte pour disparition inquiétante. Donc, comme elle est mineure, ils ont pris tout de suite la plainte. Mais en un mois, on a été reçus par personne, en fait. On n'a pas eu de contact avec le commissariat de l'Argentel. Rien. Et l'affaire a été mise, en fait.
J'ai un traitement de côté. Donc, une recherche n'a pas été faite.
De côté, tout le monde a pensé qu'elle avait fugué.
Tout à fait. Donc, officiellement, sur papier, elle est en disparition inquiétante. Mais officieusement, fugue. D'après eux.
Est-il vrai qu'elle a discuté avec un jeune homme sur les réseaux sociaux deux jours avant sa disparition ?
Oui, tout à fait. Puisque dans la semaine même, on a réussi, moi et mon mari, à avoir les détails téléphoniques. Et elle avait discuté sur son portable par SMS avec un garçon de Beson.
Vous l'avez retrouvé, ce garçon ?
Pas moi, j'ai juste son prénom. Mais la police, je crois, a pu remonter récemment. Après, en fait, au mois de novembre, ils ont pu remonter à ce garçon qui habite de Beson, qui a été interrogé et qui expose une version un peu farfelue. Comme quoi, il l'aurait laissé dans un McDonald's et à son retour, elle se serait volatilisée.
Oui, il l'aurait laissé pendant quelques minutes et à son retour, oui, ça m'aurait disparu.
Tout à fait.
Bon, il n'a pas été interrogé plus, ce garçon. Vous n'avez pas cherché à aller le voir ?
Ben non, je n'ai pas son adresse. Vous n'avez pas son adresse, oui. Mais je suis limitée. Déjà, j'ai réussi à avoir les détails téléphoniques. J'ai fait au départ ce que la police n'a pas fait. Je l'ai eu au téléphone. Donc, il ne m'en a pas dit plus. Il jure ne pas avoir d'informations. Déjà qu'on le croit. C'est la dernière personne qui a vu Wissem. Donc, on reste dans l'incertitude la plus totale. Donc, l'enquête est toujours en cours. Je ne sais pas s'il a été réinterrogé ou pas. Mais on ne sait pas quelle est la suite.
Et vous cherchez. Et vous êtes, depuis un an, vous vivez avec cette disparition dramatique avec vous.
On n'appelle pas vivre. On survit.
Vous survivez ? Oui, bien sûr, bien sûr, bien sûr. La meilleure amie de Wissem a lancé sur Twitter un hashtag Oué Wissem qui a été partagé plus de 8000 fois. Alors, on ne sait jamais. Peut-être que votre intervention pourra aider votre... J'espère. Oui. À résoudre cette disparition inquiétante. Il y a pas mal de disparitions. En Ile-de-France, 76, 78 disparitions.
70 l'année dernière.
70 l'année dernière, oui.
170, vous vous rendez compte, c'est énorme.
Ah oui.
C'est énorme et la police, j'ai l'impression qu'ils prennent ces disparitions à la légère. Il y a certaines familles qui se démènent pour retrouver leurs enfants. D'autres qui abandonnent, qui baissent les bras. Mais parmi ces enfants, il y en a qui ont peut-être 13, 14 ans, vous vous rendez compte ? Ils sont à la rue. Donc, à la merci peut-être de gens majeurs. Engrenés peut-être dans des réseaux. Oui. On ne sait pas, on ne sait pas ce qui arrive à nos enfants.
Oui.
Ils peuvent sombrer même dans la drogue. Comment le savoir ? Il y a eu aussi le Covid. Comment savoir que votre enfant est hospitalisé s'il n'a pas de papier sur lui ? S'il est mort, disons, comment remonter à ces informations ?
Oui.
Si l'enfant n'a aucun papier, rien sur lui. Donc, c'est catastrophique de ne pas savoir où est son enfant. Je pense que de nombreuses familles sont dans le même cas. Donc, il y a certaines choses par rapport à ça qui faudraient peut-être changer. Donc, ils travaillent avec une association, les disparus anonymes. Ils vont créer un fichier, justement, pour répertorier tous ces enfants. Et eux, ils travaillent en sous-marin pour retrouver ces enfants. Donc, des fois même mieux que la police, malheureusement.
Merci, Samira. Bon courage, dans tous les cas.
Je vous remercie. Merci beaucoup.
Et j'espère qu'on aura servi à quelque chose. C'est-on jamais.
J'espère aussi que beaucoup de gens écoutent et qui regarderont à quoi ressemble Bouissem et qui donneront de vrais témoignages.
Un indice.
Tout à fait. Tout à fait.