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InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 16 août 2023 23 minContradictoireActualité / polémiqueÉducation & rechercheÉconomie & entreprisesSolidarités & famille

Rentrée universitaire : "Une réforme structurelle des bourses" annoncée cet automne selon Sylvie Retailleau

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 65 %Attaque 15 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 87 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:10OuverteRéponse directe

    Est-ce que ça fait vraiment de la France une grande nation de la recherche, comme l'a dit hier le chef de l'État ?

  • 2:41ComplaisanteRéponse directe

    Alain Aspect, vous serez sûrement heureux d'apprendre que vous y êtes pour quelque chose dans la réussite de Saclay, puisque vous y êtes rattaché à l'université de Saclay. Et l'un des critères principaux de Shanghai, c'est le nombre de prix Nobel. Donc, ça sert aussi à ça, votre Nobel ?

  • 3:55RelanceRéponse partielle

    Elles ont un sens aujourd'hui, ces méga-facs, Sylvie Retailleau ?

  • 6:00RelanceRéponse partielle

    On ne risque pas, Sylvie Retailleau, de concentrer les moyens aux mêmes endroits, au détriment d'un service public universitaire partout sur le territoire.

  • 8:30OuverteRéponse directe

    Le nombre de doctorants a chuté de 4% l'année dernière. C'est même moins 10% en maths, moins 14% en chimie. Que se passe-t-il chez nos jeunes chercheurs ?

  • 10:02RelanceRéponse directe

    Mais le nombre de recrutements d'enseignants-chercheurs a chuté de près de moitié en 10 ans.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:16Invité politiqueFait
    « Ça fait plusieurs années que l'on a effectivement une université dans le top 20 et quatre universités dans le top 100. »
  • 1:54Invité politiqueFait
    « Il y a 27 établissements. Vous l'avez dit, parmi ces 27 établissements, on peut aussi remarquer un saut de plus de 200 places d'universités comme Poitiers, par exemple, qui est une université de taille moyenne. »
  • 9:36Invité politiqueChiffre
    « En 2023, c'est plus 1 100 contrats doctoraux qu'il y a eu grâce à cette loi de programmation pour la recherche qui a mis 25 milliards d'euros sur 10 ans. »
  • 9:49Invité politiqueChiffre
    « Aujourd'hui, on a des salaires qui sont déjà augmentés à 2000 euros par mois qui vont atteindre 2300 euros. »
  • 10:26Invité politiqueChiffre
    « En 2023, c'est plus 400 postes de chaires de professeurs juniors qui ont déjà été mis, publiés et mis en avant. »
  • 10:54Invité politiqueChiffre
    « Sur ces postes de chaires de professeurs juniors, c'est pratiquement 45% de retours de l'étranger. »
  • 21:39Invité politiqueChiffre
    « On a mis un demi-milliard d'euros pour cette rentrée avec une augmentation historique sur les bourses qui vont de 37 euros minimum jusqu'à 127 euros. »
  • 21:47Invité politiqueChiffre
    « C'est-à-dire entre 6% jusqu'à plus de 34% voire plus. »

Temps de parole

  • Invité politique50 %
  • Présentateur21 %
  • Invité19 %
  • Invité 26 %
  • Invité 35 %

≈ 0,4 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-2603 · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Une université dans le top 15 mondial, trois autres dans le top 100 et 27 au total reconnus par le classement de Shanghai publié hier. Emmanuel Macron s'est fendu d'un tweet pour souligner, je cite, « l'excellence française en matière de recherche ». Mais derrière ce palmarès, qui ne fait d'ailleurs pas l'unanimité, comment vont nos universités françaises, nos chercheurs, nos étudiants, à quelques semaines de la rentrée. Deux invités ce matin sur Inter. Bonjour Sylvie Rotaillot. Bonjour. Ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche en duplex de Nice. Avec nous aussi ce matin, on l'en remercie, notre prix Nobel de physique Alain Aspect. Bonjour. Bonjour.

Sacré il y a quelques mois pour vos travaux sur l'intrication quantique. Et puis vous qui nous écoutez, réagissez bien sûr, posez vos questions au 01 45 24 7000 et via l'application France Inter. Alors Sylvie Rotaillot, l'université Paris-Saclay, je le disais, dans le top 15 mondial de Shanghai. C'est le fait vraiment marquant de cette édition 2023. Derrière, on en a trois autres seulement dans le top 100, dans un océan d'établissements anglo-saxons et chinois aussi. Est-ce que ça fait vraiment de la France une grande nation de la recherche, comme l'a dit hier le chef de l'État ?

1:16
Invité politique

Alors, je pense que d'abord, il faut se réjouir de ces résultats. Ça fait plusieurs années que l'on a effectivement une université dans le top 20 et quatre universités dans le top 100. C'est important pour avoir une visibilité internationale, pour être dans les radars internationaux. Les étudiants à l'étranger, mais aussi les entreprises et les autres universités regardent ce classement. On en parlera tout à l'heure probablement, qui n'est pas l'alpha et l'oméga. Comme tout classement, il faut connaître ses critères, ne pas lui en faire dire plus que ce qu'il n'en dit. Ça, on pourra en parler. Mais c'est un classement regardé.

Et il vaut mieux être dedans, c'est comme tout, que dehors, parce que ça donne une visibilité. Après, je voudrais signaler par rapport à ce que vous disiez, il y a 27 établissements. Vous l'avez dit, parmi ces 27 établissements, on peut aussi remarquer un saut de plus de 200 places d'universités comme Poitiers, par exemple, qui est une université de taille moyenne. Tout ne se fait pas en Paris. On voit qu'on a de bonnes et de belles universités sur tout le territoire français. Et puis, comme l'université de Rennes aussi, qui a fait un bond de 200 places. Donc, une pluralité de ces universités.

Et je pense que cette progression, parce que ce qu'il faut voir, c'est la dynamique depuis quelques années, cette progression de la place de nos universités françaises, ces universités, en particulier celle qui est dans le top 20, c'est la première université européenne présente au niveau de ce classement. Et donc, la France est quand même bien présente. Non anglo-saxonne. Non anglo-saxonne.

2:41
Présentateur

Alain Aspect, vous serez sûrement heureux d'apprendre que vous y êtes pour quelque chose dans la réussite de Saclay, puisque vous y êtes rattaché à l'université de Saclay. Et l'un des critères principaux de Shanghai, c'est le nombre de prix Nobel. Donc, ça sert aussi à ça, votre Nobel ?

2:55
Invité

Oui, mais enfin, si j'ai bien compris, ça ne compte que pour une vingtaine de pourcents. Il y a aussi la médaille fils de Hugo Coppin, du Minil. Mais je crois que l'essentiel, c'est que l'université de Paris-Saclay, depuis des décennies, a cultivé une recherche fondamentale de haut niveau. Et je pense que le résultat dans ce classement vient essentiellement de ce travail de fond. Alors, je vais ajouter une remarque à ce qu'a répondu Sylvie Retailleau. Oui, certes, ce classement n'est pas l'alpha et l'oméga. Mais enfin, il faut savoir se comparer aux pays étrangers. Et ce classement permet de se comparer aux pays étrangers, de constater les progrès qui sont faits.

Je vous assure, moi qui m'intéresse à l'enseignement primaire et secondaire, le jour où nous progresserons dans le classement de PISA, je crois que ça voudra dire quelque chose. Donc, c'est bien de se comparer.

3:50
Présentateur

Ça reste un bon thermomètre pour vous. Mais Shanghai, critiqué particulièrement en France, car il serait devenu finalement la boussole de réorganisation de l'enseignement supérieur. Pour figurer dans Shanghai, il faut une taille critique. Alors, on crée des ensembles universitaires de plus en plus gros. Paris-Saclay, c'est la fusion d'une université, de quatre grandes écoles, de sept organismes de recherche. Même en province, Grenoble, c'est trois universités, une école d'architecture, un institut d'études politiques, par exemple. Elles ont un sens aujourd'hui, ces méga-facs, Sylvie Retailleau ?

4:18
Invité politique

Eh bien, alors, peut-être, tout d'abord, je voudrais replacer quelques points. Vous avez dit, il faut avoir des grosses universités. Si vous regardez le classement de Shanghai, non. Les universités qui sont très bien classées sont peut-être de taille plus ou moins grosse, avec plus ou moins d'étudiants. Donc, ce n'est pas une règle. On ne cherche pas la massification obligatoirement pour être dans le classement de Shanghai. Première chose. Deuxième chose, non. Les classements ne sont pas la boussole stratégique de notre politique d'enseignement supérieur. C'est une conséquence. C'est une conséquence importante, comme l'a dit Alain Aspé.

C'est une conséquence dont on a besoin, un thermomètre, parce qu'on est regardé à travers ces classements aussi. Mais ce n'est pas notre boussole. Paris-Saclay, comme Grenoble Lab, ce ne sont pas les plus grosses universités, ni françaises, ni européennes. Il y a même sur le territoire français de plus grosses universités en tant que nombre d'étudiants que Paris-Saclay. Donc, vous voyez que ce n'est pas la masse. Ce qui a fait, à un moment, que Paris-Saclay est devenu dans le top 20. Alain Aspel a dit, c'est d'abord le travail à long terme de notre communauté scientifique, et ça, partout sur le territoire, de la recherche fondamentale jusqu'aux applications. Ça, c'est le point fondamental.

Et puis, ces transformations, Paris-Saclay n'est pas la fusion avec les organismes de recherche. Historiquement, les organismes de recherche sont fortement présents au sein de nos universités françaises. Et c'est le fait de comptabiliser, par exemple, les chercheurs les plus fortement cités, ce qu'on appelle les highly cited dans le classement de Shanghai, de les comptabiliser pour les universités. Qui créent aussi ces ensembles. Mais on ne risque pas de concentrer... Qui créent et qui font qu'ils comptent. Qu'ils comptent parce qu'on est aujourd'hui au standard international.

5:59
Présentateur

On ne risque pas, Sylvie Retailleau, de concentrer les moyens aux mêmes endroits, au détriment d'un service public universitaire partout sur le territoire.

6:06
Invité politique

Alors, ce que vous dites est fondamental. D'abord, vous avez parlé de service public. On y tient profondément. Et particulièrement, le classement de Shanghai et d'autres classements qui font que nos universités sont reconnues, montrent que notre modèle français, notre service public de la recherche et de l'enseignement supérieur, est un modèle valable, est un modèle qui est reconnu et dont on peut être fier. Et que l'on doit justement porter au plus haut et que ces classements nous permettent de faire reconnaître. Ça, c'est la première chose.

Et la deuxième chose, c'est que si vous regardez, je vous ai parlé de Poitiers, je peux vous parler d'autres universités et dans les financements qui sont donnés, par exemple, l'université de Poitiers a été lauréat d'universités d'excellence de France 2030 comme d'autres universités plus petites du territoire. Donc, on a une pluralité d'universités qui ont des signatures spécifiques, qui font leur reconnaissance et je peux en citer comme Poitiers, La Rochelle, Pau qui sont d'excellentes universités de leur territoire.

7:06
Présentateur

Et on va revenir sur la question du financement. Alain Aspect, est-ce que vous, tout au long de votre carrière de chercheur et d'universitaire, vous l'avez vu, se transformer l'université et la recherche française sous l'effet de cette concurrence internationale ?

7:17
Invité

Oui, absolument. On peut l'appeler concurrence, on peut l'appeler tout simplement comparaison. Nous allons dans les congrès, nous parlons avec nos collègues, nous voyons leurs résultats, donc la comparaison, c'est essentiel. Je voudrais revenir une seconde sur la question de la taille. Il se trouve que j'appartiens à un établissement, l'Institut d'Optique, qui est petit et j'y suis bien parce qu'il est agile et réactif. Et je dois dire que quand on nous a demandé d'entrer dans l'université Paris-Saclay, j'étais un petit peu inquiet.

Eh bien, ce qu'il faut bien comprendre, c'est que quand des établissements comme l'Institut d'Optique et les autres grandes écoles du campus sont rentrés dans ce grand ensemble, sous la houlette de Sylvie Retailleau, d'ailleurs, elles ont gardé leur personnalité. Autrement dit, ce n'est pas une fusion qui homogénéise tout, c'est le fait de mettre les forces ensemble, mais nous gardons notre agilité et je crois que le résultat, c'est que du coup, on appartient à un grand ensemble très visible qui nous amène des chercheurs étrangers, des post-docs étrangers, etc. Donc, cette inquiétude de départ, je crois que je l'ai oubliée aujourd'hui.

8:21
Présentateur

On a donc ces universités qui brillent à l'international, mais qui sont aussi peut-être l'arbre qui cache la forêt sur l'état de la recherche en France. Madame la Ministre, on a un chiffre récent et plutôt inquiétant qui vient de tomber. Le nombre de doctorants a chuté de 4% l'année dernière. C'est même moins 10% en maths, moins 14% en chimie. Que se passe-t-il chez nos jeunes chercheurs ?

8:43
Invité politique

Alors, d'abord, les raisons, il faut analyser, vous l'avez dit, votre collègue l'a dit, rien n'est plus politique qu'un chiffre. Et donc, c'est à la fois important de faire ces constats et d'avoir ces chiffres pour justement les utiliser et puis de les analyser. Alors, deux choses peut-être pour aller directement. La première chose, c'est qu'on sort d'une période de Covid que les étudiants, les doctorants ont rallongé, et d'ailleurs l'État a rallongé, les bourses de thèses qui ont accompagné finalement cette prolongation des thèses pour passage de thèses. Et ça, c'est quelque chose qui peut expliquer aussi les variations de chiffres que l'on a actuellement.

Donc, attention dans cette sortie de plus. Ce n'est pas parce qu'ils n'ont plus

9:21
Présentateur

de perspectives de carrière en France.

9:23
Invité politique

Alors, ça c'est mon deuxième point. Le deuxième point, c'est que ce constat, on l'a fait avec la loi programmation pour la recherche et c'est pour ça qu'on augmente à la fois le nombre de thèses, le nombre de contrats doctoraux. En 2023, c'est plus 1 100 contrats doctoraux qu'il y a eu grâce à cette loi de programmation pour la recherche qui a mis 25 milliards d'euros sur 10 ans. Et puis, on revalorise les salaires des doctorants. Aujourd'hui, on a des salaires qui sont déjà augmentés à 2000 euros par mois qui vont atteindre 2300 euros, c'est-à-dire des salaires qui vont être maintenant comparables aux salaires des doctorants dans d'autres pays européens, voire internationaux.

10:01
Présentateur

Mais le nombre de recrutements d'enseignants-chercheurs a chuté de près de moitié en 10 ans.

10:05
Invité politique

Donc, le nombre de recrutements, c'est aussi un point sur lequel est l'attractivité. C'est un point majeur aujourd'hui, effectivement, pour la bonne santé de la recherche. Vous avez raison. et c'est pour ça qu'avec cette loi de la programmation de la recherche, où il y a particulièrement des mesures de ressources humaines, nous augmentons le nombre de profs et aujourd'hui, en 2023, c'est plus 400 postes de chaires de professeurs juniors qui ont déjà été mis, publiés et mis en avant. Et ces postes de chaires de professeurs juniors, eh bien, justement, ils sont attractifs à l'international.

Les premières statistiques que l'on a, c'est qu'habituellement, sur un poste de professeur classique, on attire environ 15% de retours de l'étranger, que ce soit d'étrangers ou de français revenant de l'étranger, sur ces postes de chaires de professeurs juniors, c'est pratiquement 45% de retours de l'étranger. Donc, on investit avec cette loi programmation pour la recherche, pour cette attractivité qui en a effectivement besoin.

11:03
Présentateur

Justement, on va faire un détour par le standard pour rejoindre Patrice. Bonjour Patrice.

11:08
Invité

Oui, bonjour.

11:09
Présentateur

Vous vous appelez de Montpellier.

11:10
Invité

C'est ça, Patrick de Montpellier. Je suis directeur de recherche au CNRS et j'avais quelques questions, et surtout, un état des lieux qui n'est pas celui de madame la ministre. Nous avons quand même depuis, je dirais, des politiques qui ont été menées depuis Valérie Pécresse sous le président Sarkozy, une politique qui a été basée sur ce classement de Shanghai. Et malgré ce qu'elle dit, c'est ce qui a conduit l'université française. Et une des questions comme majeures qui est assez incroyable, c'est qu'on ne parle que de recherche.

Vous l'avez vous-même dit, vous parlez des indicateurs de recherche, mais quand est-ce qu'on sortira des indicateurs de formation, de la formation des étudiants pour avoir une formation de qualité et pour avoir des étudiants qui puissent aller sur le marché du travail ou s'insérer dans le système académique ? Aujourd'hui, nous avons moins en moins d'étudiants qui vont vers le doctorat, vous l'avez dit, et il y a un problème sur le financement lui-même de la recherche qui est une vision à court terme sur des injonctions dites d'innovation mais dans lesquelles on ne peut pas aujourd'hui aller vers des ruptures parce qu'on est dans un système complètement piloté.

Alors moi, je dirais, le classement de Shanghai dont la Chine elle-même a dit qu'elle ne voulait plus l'utiliser pour ses propres diversités, le jour où tous ces indicateurs peut-être finiront par s'écouler et que le service public de recherche et d'enseignement supérieur sera vraiment plus mal que ce que disent les indicateurs, peut-être qu'on fera quelque chose. Voilà.

12:26
Présentateur

Madame la ministre, quelle réponse vous pouvez fournir à Patrice sur cette dictature des indicateurs au niveau international et qui cache la précarité aussi dans les laboratoires ?

12:37
Invité politique

Alors tout à fait. D'abord, merci de la question. Il a raison sur la partie le classement de Shanghai est un classement qui est basé sur des indicateurs de recherche. Alors peut-être deux choses. D'une part, et on le sait quand on fait partie de l'enseignement supérieur et la recherche, les indicateurs de recherche montrent quand même et sont liés à la qualité de l'enseignement et c'est un indicateur qui est vrai à l'international pour caractériser toutes les universités, ce qui n'empêche pas et Patrice a raison qu'il faut aussi des indicateurs de formation. Il y a d'autres classements, vous savez, un classement, il est défini par un périmètre, ces indicateurs.

Shanghai, comme je l'ai dit, il ne faut pas lui en faire dire plus que ce qu'il doit en dire et ça ne doit pas être l'alpha et l'oméga et c'est pour ça qu'on ne doit pas piloter notre enseignement supérieur et recherche français que par les classements. Et il y a d'autres classements, THE, QS, mais qui ont aussi d'autres inconvénients, d'autres problématiques de caractérisation, mais qui portent plus sur la partie formation. Je reviens sur les conditions. Juste un tout petit point pour bien répondre, c'est que sur les indicateurs de formation, comme l'insertion professionnelle qui est majeure pour nos jeunes, tout ça est pris dans les évaluations qu'on a.

Nos établissements sont évalués, on a un haut commissaire à l'évaluation et ces indicateurs de formation bien sûr existent et nous y travaillons en particulier, il a complètement raison, sur l'insertion professionnelle de nos jeunes et l'accompagnement.

14:00
Présentateur

Je voudrais redonner la parole à Alain Aspect. Alain Aspect, vous avez, vous, consacré du temps, beaucoup de temps pour aboutir à vos découvertes sur l'intrication quantique dans les années 70-80. Est-ce qu'aujourd'hui, selon vous, on a les moyens de laisser ce temps-là à vos jeunes collègues ?

14:14
Invité

Eh bien, dans une certaine mesure, oui, on ne peut pas le faire exactement au même moment que celui où je l'ai fait. Le point essentiel en ce qui me concerne, c'est que j'étais titulaire d'un poste lorsque je me suis lancé dans cette recherche. Mais aujourd'hui, quelqu'un qui est recruté comme maître de conférence ou au CNRS peut, me semble-t-il, se lancer dans une recherche similaire à celle dans laquelle je me suis lancé à l'époque. Il est clair que dans la mesure où beaucoup me décourageaient de cette recherche, disaient qu'elle n'avait aucun intérêt, si je n'avais pas eu de poste de titulaire, ça aurait été probablement suicidaire de se lancer là-dedans.

Mais nous avons quand même aujourd'hui un certain nombre de postes titulaires. Mais il y a aussi

14:56
Présentateur

130 000 enseignants vacataires à l'université, un quart des heures de cours.

15:01
Invité

Oui, bien sûr. Mais alors là, premièrement, les statistiques, je ne peux pas vous en parler. Et je pense qu'il faut laisser la ministre en parler. Je crois que, comme elle l'a dit, ses chaires de professeurs juniors qui permettent d'attirer des jeunes dynamiques, ça me semble une excellente chose. Pour revenir au fait sur lequel nous parlions, du fait qu'on juge d'après la recherche, il ne faut quand même pas oublier que les universités, c'est la recherche, que ce soit les plus grandes universités ou les universités de taille moyenne. s'il n'y a pas une bonne recherche, on ne parle plus d'enseignement supérieur.

Laissez-moi ajouter que l'intérêt des IDEX, c'est d'avoir forcé plus ou moins ou convaincu les grandes écoles de s'associer aux universités et du coup, la qualité de la recherche dans les grandes écoles immédiatement en a bénéficié.

15:50
Présentateur

Ce qu'on appelle les IDEX, ce sont justement ces rassemblements. Aujourd'hui, Sylvie Rotaillot, les chercheurs, ils passent une bonne partie de leur temps à chercher aussi des financements, à candidater à des appels à projets pour décrocher des dotations, à se faire concurrence entre laboratoires. C'est ça aujourd'hui le financement public de la recherche en France ?

16:07
Invité politique

Alors ça, c'est vraiment le point dur, je pense que vous mettez le doigt. C'est-à-dire, vous l'avez dit, et quand vous parlez de cette recherche de financement compétitif, finalement, ce que je pense derrière vous appeler les appels à projets, etc., eh bien, il a le problème dont vous avez parlé tout à l'heure, de temps. Et moi, je pense qu'aujourd'hui, il y a deux points sur lesquels il faut vraiment travailler pour continuer à avancer dans cette recherche et la garder en France et en Europe. On doit avoir à l'esprit l'échelle européenne.

Ce bon niveau, c'est de retrouver du temps pour la recherche et donc d'alléger nos chercheurs et de simplifier la vie du chercheur au niveau du laboratoire. On y travaille, on va lancer, on y a travaillé cette année avec les organismes nationaux de recherche, avec les universités, avec les écoles, les grandes écoles, enfin, toutes les conférences. On est en train de lister des mesures, des mesures concrètes et en se disant c'est quoi l'impact sur le chercheur. Alors, effectivement, par rapport aux appels à projets, vous allez me dire, quand il y a beaucoup d'appels à projets, ils passent beaucoup de temps à répondre aux appels à projets.

Oui, ceci dit, ces appels à projets, quand ils sont compétitifs, si on arrive à leur donner du financement sur du long terme, c'est ce que permet France 2030, c'est du financement sur 8 à 10 ans. Si on leur donne des sommes suffisantes et aussi, avec ce qu'on appelle le précipus, c'est-à-dire un retour à l'établissement qui permet d'environner la recherche aux chercheurs, eh bien, ça aura un impact positif. Ce qu'a besoin un chercheur aujourd'hui, un jeune chercheur, c'est un environnement propice, c'est ça aussi l'attractivité de la recherche.

17:40
Présentateur

Là, on parle de financement public. Alain Aspect, le financement privé de la recherche, ça ne doit pas être un tabou ?

17:46
Invité

Ça ne doit pas être un tabou, mais il ne faut pas se faire d'illusions, je ne pense pas que ça représentera une grande fraction, sauf pour les gens qui font une recherche très directement appliquée. Mais il faut ajouter à ce que dit Sylvie Retailleau, les crédits européens. Moi, j'en ai beaucoup bénéficié des crédits européens et elle a absolument raison. Ce qui est essentiel, c'est d'avoir des financements, excusez-moi, des financements qui marchent sur le long terme. Mais par contre, il y a un point sur lequel elle est passée rapidement, excuse-moi Sylvie, je ne vais pas être gentil, c'est l'alourdissement des procédures administratives.

Je pense que le temps que perdent les chercheurs, certes, il est à rédiger des projets, mais là, à la limite, c'est stimulant intellectuellement. Mais malheureusement, les procédures administratives s'alourdissent toujours, tout le temps, que ce soit au niveau national, au niveau européen. C'est une maladie

18:34
Présentateur

de notre société. Alors, on parlait des chercheurs. À quelques semaines de la rentrée universitaire, j'aimerais qu'on parle aussi des étudiants, 3 millions d'étudiants qui sont touchés de plein fouet par l'inflation. Le premier syndicat, l'AFA, j'estime ce matin que le budget de la rentrée va dépasser les 3 000 euros, c'est 500 euros de plus que l'an dernier pour les frais de la vie courante notamment. On a une question à ce sujet, au standard. Bonjour Julien. Bonjour. Allez-y.

18:58
Invité

Oui, bonjour madame la ministre, bonjour monsieur. Écoutez, on est assez inquiétés, nous, par rapport à cette rentrée universitaire. Moi, je dirige une association qui s'appelle Linky, L-I-N-K-E-E que vous connaissez madame la ministre, qui fait de l'aide aux étudiants des colis alimentaires distribués aux étudiants. On continue à distribuer tout l'été. On avait une distribution hier, on en a une aujourd'hui. On est à Lyon, à Lille, à Toulouse, à Bordeaux, à Paris, enfin bon voilà, dans les grandes villes universitaires. On a mené une étude auprès de 5 000 étudiants qui confirme exactement ce que disent l'UNEF et la phase.

On a un chiffre qui est alarmant qui est qu'un étudiant bénéficiaire des colis alimentaires, un étudiant sur 5, a envisagé ou envisage d'arrêter ses études. Alors, on est extrêmement inquiets pour cette année, d'autant que le plan qui a été mis en place l'année dernière de 10 millions d'euros d'aide alimentaire d'urgence aux étudiants, donc c'était un plan qui a existé l'année dernière. Je vais vous demander

19:49
Présentateur

d'être synthétique, Julien, parce qu'on n'a plus beaucoup de temps. Est-ce que vous avez une question pour madame la ministre ?

19:53
Invité

C'est justement par rapport à ce plan, ce plan qui a été décidé d'euros dont une partie a été bloquée mais pas la totalité. Est-ce que cette année, il est prévu d'avoir un plan conséquent et peut-être plus conséquent parce que nous, on en a besoin ? Réponse de Sylvie Retailleau

20:09
Présentateur

face à cette situation, ce constat très alarmant que nous pose Julien.

20:16
Invité politique

Alors, d'abord, oui, merci Julien et effectivement, je connais Linky et je connais Copain et d'autres associations qui nous aident à combattre l'ensemble et l'État soit apporte des subventions en soi de ces aides comme on a fait l'année dernière avec ces 10 millions qui vont être continuées à être déployées et comme je l'ai dit, on en a fait une réunion au ministère ensemble il n'y a pas si longtemps, le but est de continuer de travailler aussi avec vous en complément des actions directes que l'État fait, que le gouvernement a pris directement sur les étudiants.

Donc, on va continuer à travailler ensemble avec Linky, Copain, les Agorae dans les universités qui sont ces épiceries solidaires et je pense très utiles et donc, encore une fois, l'État les subventionne mais il y a eu cette aide supplémentaire et on continuera à regarder, à travailler, à apporter l'aide nécessaire en complément.

21:04
Présentateur

Vous avez annoncé une revalorisation des bourses, Sylvie Retailleau mais il n'y a toujours pas cette grande réforme structurelle que vous aviez promise et on en est où ?

21:13
Invité politique

Alors, tout à fait, les aides apportées aux associations ne remplacent pas effectivement les aides directes que l'on amène. Ces aides, on a annoncé une réforme première des hauts bourses parce qu'on avait anticipé ces problématiques liées à l'inflation. En fait, le coût de la rentrée dont l'UNEF parle et la fâche d'augmentation d'environ 6%, c'est l'inflation autrement dit effectivement les étudiants ne sont pas épargnés et c'est pour ça qu'on a mis un demi-milliard d'euros pour cette rentrée avec une augmentation historique sur les bourses qui vont de 37 euros minimum jusqu'à 127 euros c'est-à-dire entre 6% jusqu'à plus de 34% voire plus et plusieurs mesures de ce type.

Sur effectivement la remise à plat du système des bourses c'est un engagement on a travaillé toute l'année 2023 avec les organisations représentatives étudiants pour arriver à cette première étape et on va continuer on a un premier rapport j'annoncerai en début de cette année universitaire le calendrier le plan pour avoir une réforme structurelle des bourses parce qu'on en a vraiment besoin on a un modèle de bourse aujourd'hui qui est à bout de souffle qui n'est plus représentatif effectivement cette réforme qu'on a fait pour la rentrée nous permet d'augmenter le nombre d'étudiants boursiers c'était nécessaire et d'augmenter le montant des bourses mais on va faire cette réforme structurelle avec les étudiants et on a bien compris

22:38
Présentateur

qu'il y aurait des annonces sur le calendrier à l'automne merci Sylvie Retailleau et merci aussi à France Bleu Azur pour la réalisation de ce duplex et merci beaucoup aussi à Alain Aspect invité d'Inter ce matin bonne journée à tous les deux à tous les deux