Bernard Cazeneuve : "C'est parce que le bilan est bon que nous devons nous y adosser pour gagner la présidentielle"
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Temps de parole
- Locuteur 162 %
- Bernard Cazeneuve22 %
- Présentateur15 %
≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-nemo:12b · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
France Inter, le 7-9. Bonjour Bernard Guetta. Bonjour Patrick. Ce matin, 4 suggestions à Donald Trump.
Il prend ses fonctions le 20 janvier, il sera l'homme de l'année puisqu'il entend tout bouleverser dans la politique des Etats-Unis. Cela pose bien des questions, cela inquiète souvent. Mais voici, cher M. Trump, quelques propositions sur la manière dont vous pourriez mettre vos idées en application pour le plus grand bien de votre pays et du monde. La Russie d'abord. Alors, faites dire à Vladimir Poutine que sous votre présidence, les Etats-Unis pourraient publiquement et définitivement renoncer à toute idée d'intégration de l'Ukraine et de la Géorgie à l'Alliance Atlantique.
Vous lui donneriez ainsi une immense satisfaction puisque la Russie ne veut pas que l'OTAN s'étende jusqu'à ses frontières. Cela ne changerait rien à l'équilibre des forces puisque deux de vos prédécesseurs, George Bush et Barack Obama, ont déjà manifesté leur refus de défendre les frontières ukrainiennes et géorgiennes contre l'avancée des troupes russes et que vous les en approuvez. Mais avec une telle offre, vous pourriez obtenir beaucoup de Vladimir Poutine.
Vous pourriez lui demander en échange de se retirer d'Ukraine orientale et des territoires qui l'occupent en Géorgie, de respecter un statut de neutralité internationalement garanti de ces deux pays, d'organiser un nouveau référendum en Crimée, un vrai sous contrôle de l'ONU, et de réellement œuvrer enfin à un compromis politique en Syrie plutôt qu'à un faux semblant d'ouverture de Bachar el-Assad qui ne résoudra rien. Israël maintenant. Vous avez annoncé que vous y feriez transférer votre ambassade de Tel Aviv à Jérusalem. Cela surprend et fait peur, mais en fait, pourquoi pas ? Puisque dans une solution à deux États, Jérusalem devrait être à la fois la capitale d'Israël et de la Palestine.
Vous pourriez donc dire à la droite israélienne au pouvoir que l'annonce de ce transfert, l'achat de terrain par exemple, serait une anticipation de l'ouverture et du succès de négociations avec les Palestiniens, condition que vous mettriez à la réalisation de votre idée. Vous pourriez ainsi faire beaucoup bouger les choses et peut-être même devenir la fortune souriante aux audacieux, l'artisan d'un accord de paix.
Bon, bon, bon. Et quelles seraient les autres suggestions à faire à Donald Trump ?
Eh bien, prenons-en deux. Au soir de son élection, le candidat républicain s'était engagé à lancer un vaste programme d'investissement dans les infrastructures américaines. Ce plan de relance serait une excellente chose pour les États-Unis et pour l'Europe qui pourrait alors s'en inspirer. Faites-le, M. Trump. N'oubliez surtout pas cette promesse. Et pour ce qui est enfin de votre refus de continuer à faire financer la défense européenne par le contribuable américain, un seul amendement à vous suggérer.
Donnez-nous un délai, quelques années avant que le coup prenne le tombe, mais ne reculez pas d'un millimètre, ne cédez pas, car l'Europe devrait ainsi se doter d'une défense commune et ce serait à tout point de vue économique, politique et technologique
la meilleure des choses qui puisse nous arriver. Bernard Guetta, merci. Sur France Inter, il est 8h21.
Le 7-9 de France Inter, première matinale de France, à suivre aussi en vidéo sur franceinter.fr.
Le Premier ministre est notre invité ce matin. Bonjour Bernard Cazeneuve. Bonjour. François Hollande est en Irak, on l'a appris ce matin. Il ira tout à l'heure à Erbil, au Kurdistan irakien, au plus près du front contre l'organisation État islamique, au plus près d'une offensive à Mossoul qui se prolonge.
Quel est le sens de cette visite ? Le sens de cette visite, c'est d'abord de témoigner à nos militaires qui sont sur le théâtre des opérations extérieures, de toute la reconnaissance de la nation pour le travail qu'ils font dans le cadre de la lutte résolue que nous menons contre le terrorisme. J'étais moi-même, il y a de ça quelques jours, au Tchad, où j'ai pu remercier les militaires qui sont engagés dans l'opération Barkhane avec Jean-Yves Le Drian.
La lutte contre le terrorisme, elle se fait à l'extérieur de nos frontières, dans le cadre de l'opération Chamal, et elle se fait également à l'intérieur de nos frontières par le travail de nos services de renseignement, nos forces de sécurité intérieure, et le sens de la visite du président de la République. C'est de marquer au début de cette nouvelle année la résolution de la France à gagner ce combat contre Daesh.
Mais que répondez-vous, Bernard Cazeneuve, à ceux qui pensent que les interventions militaires sont justement la cause ou l'une des causes du terrorisme qu'à chaque offensive occidentale, à chaque recul de l'EI sur le terrain, les djihadistes répliquent par des attentats de masse sur nos territoires ?
Je réponds deux choses. La première, c'est que ces attentats qui sont commis ou qui ont été commis en Europe l'ont été sur la base d'instruction donnée par l'état-major de Daesh, là où cet état-major se trouve, c'est-à-dire en Irak et en Syrie. Et par conséquent, si nous ne créons pas les conditions d'un affaiblissement durable de Daesh, alors nous ne serons pas en situation d'éviter ces attentats dans le temps long de l'histoire de notre pays et de l'Europe. Donc ça, c'est le premier point. Et deuxième point, si nous voulons éviter des attentats sur le territoire européen, il faut que nous continuions à faire monter en puissance notre dispositif antiterroriste.
Je veux rappeler que nous avons recréé des postes en nombre dans les services de renseignement et les forces de sécurité intérieure, près de 9 000, dont 2 000 dans les services de renseignement et notamment dans le renseignement territorial et le renseignement intérieur français. Nous avons augmenté les budgets de ces forces pour leur permettre de se moderniser. Ce sont aujourd'hui près de 100 000 policiers et gendarmes de la sécurité publique qui assurent la sécurité sur le territoire national face au terrorisme. Ce sont les 7 000 militaires de Sentinelle.
Ce sont près de 450 personnes que nous avons arrêtées en 2016 parce qu'ils étaient engagés dans des groupes qui voulaient commettre des attentats en France. Ce sont 17 attentats qui ont été déjoués. Donc cela montre qu'à l'intérieur comme à l'extérieur, nous sommes dans un combat résolu contre le terrorisme et que ce combat, nous le gagnerons.
Mais la menace reste très élevée. Dans ce combat, Bernard Kasseneuve, la Russie de Poutine, elle nous aide ou elle vous inquiète ? C'est un partenaire ou un adversaire ?
Nous parlons avec les Russes en permanence et nous essayons de trouver avec eux par le dialogue une modalité d'évolution dans la zone qui permette de dégager une solution politique qui mette fin au conflit et qui mette fin aussi au terrorisme. C'est l'esprit de la résolution 2254 qui a été adoptée il y a de ça quelques mois et qui constitue la feuille de route de la France. Nous souhaitons que la Russie, avec ses partenaires, contribue à la fin du conflit, contribue à la réussite du cessez-le-feu. Nous constatons que la Russie, avec la Syrie, le gouvernement de Bachar el-Assad, les Iraniens n'ont pas jusqu'à présent contribué à cela.
La résolution qui a été adoptée il y a de cela quelques jours à la demande de la France, établissant les conditions d'un cessez-le-feu, l'accès de l'aide humanitaire, la protection des hôpitaux, va dans le sens d'un apaisement. Mais ce qu'il faut, c'est mettre en œuvre la résolution 2254, c'est-à-dire une résolution qui permette une solution politique à terme, la fin des conflits et la réussite du combat que nous menons contre les Russes.
Ce n'est pas du tout la feuille de route des Russes apparemment. Partenaire ou adversaire ? Bernard Cazeneuve, quand François Hollande, dans ses voeux, parle de guerre froide...
Mais nous condamnons résolument tout ce que la Russie peut faire en Syrie qui contribue à la poursuite des combats, qui conduit le gouvernement de Bachar el-Assad à tuer son propre peuple avec des exterminations, des massacres inacceptables que nous condamnons depuis des mois et pour lesquels, depuis 2013, nous proposons une solution politique.
Nous souhaitons que le dialogue entre les différentes forces syriennes se poursuive de manière à ce que le cessez-le-feu aboutisse et nous demandons, bien entendu, aux Russes de cesser de participer à ces opérations militaires qui sont des opérations funestes quant aux massacres qu'elles occasionnent et aux morts à l'origine desquelles elles se trouvent. Funestes, dites-vous ? D'autres ont parlé de crimes de guerre à Alep. Mais ce sont des crimes de guerre. Et c'est la raison pour laquelle la diplomatie française sous la conduite de Jean-Marc Ayrault a tout mis en œuvre pour que nous puissions dégager des solutions qui permettent encore une fois 1. la fin des combats 2.
l'accès de l'aide humanitaire 3. la protection des hôpitaux la mise en place d'observateurs indépendants et tout cela n'est pas la fin de l'histoire. Tout cela est destiné à permettre la poursuite des discussions de telle sorte à ce que nous puissions dégager une solution politique qui permette d'avoir en Syrie l'apaisement la fin de la guerre et la fin du régime de Bachar Al-Assad.
François Hollande Bernard Cazeneuve François Hollande a présenté ses voeux samedi soir les derniers de son quinquennat mais sans dire ce qu'il souhaitait précisément pour les échéances politiques à venir.
Quel est votre souhait à vous ? Mon souhait c'est que la gauche gagne les élections présidentielles. C'est assez simple. Oui, c'est mon souhait. Et vous imaginez peut-être que j'en aurais un autre. Mais quelle gauche ?
Mais la gauche qui gouverne le pays depuis maintenant 5 ans et qui a un excellent bilan une gauche qui a réussi à maîtriser la dépense publique et à réduire les déficits une gauche qui a réussi à restaurer la situation des entreprises à restaurer leurs marges une gauche qui a réussi à relancer l'investissement industriel il est de 3,4% cette année il était 3 fois moins important il y a de cela quelques années une gauche qui réussit à faire reculer le chômage puisque nous avons près de 120 000 chômeurs de moins dans le courant de l'année 2016 une gauche qui parvient aussi à lutter contre les inégalités et qui a fait progresser un certain nombre de protections sociales je pense à la mise en place du tiers payant pour ceux qui ont besoin de se soigner je pense aux comptes personnalisés d'activité pour ceux qui ont besoin de se former
une gauche incarnée par un président sortant qui n'était pas en mesure qui n'avait pas le poids politique
pour se représenter mais il y a pendant ce quinquennat énormément de sujets qui ont progressé un président de la république qui a pris en conscience la décision de ne pas se représenter pour des raisons qui tiennent à la conception qu'il a des institutions à la volonté qu'il a aussi de voir sa famille se rassembler à l'idée qu'il se fait de ce qu'est l'avenir du pays c'est-à-dire un homme qui est suffisamment soucieux de l'intérêt général pour ne pas se mettre au centre de tout et c'est rare en politique que le voir de grands chefs d'état s'effacer pour faire en sorte que l'essentiel puisse être préservé
Si je résume votre souhait Bernard Cazemin vous souhaitez que le vainqueur de la primaire socialiste ou la primaire de la BAPE la belle alliance populaire
gagne la présidentielle ? Mais ce que je souhaite c'est qu'effectivement le candidat qui sera désigné par les primaires gagne l'élection présidentielle
Même s'il est critique à l'égard des actions du quinquennat de François Hollande
Mais je pense qu'il sera très difficile de gagner la primaire et de gagner l'élection présidentielle a fortiori en étant critique à l'égard du bilan de François Hollande parce que nous n'allons pas aller aux élections présidentielles en indiquant voilà ce que nous avons fait n'est pas bien et c'est la raison pour laquelle nous vous invitons à continuer Moi je suis convaincu que ce que nous avons fait est bien qu'il y a des choses qui auraient pu être faites plus rapidement qu'il y a des résultats qui auraient pu arriver plus vite mais le bilan est bon et c'est parce que le bilan est bon que nous devons nous adosser au bilan pour gagner l'élection présidentielle Mais tous les candidats sont critiques à des degrés divers Je pense que et je l'ai dit très clairement au cours des dernières semaines et je l'ai dit ce week-end il est tout à fait illusoire de prétendre gagner l'élection présidentielle si on le fait sans défense du bilan du quinquennat de François Hollande pour des raisons très simples c'est que ce bilan est bon Deuxièmement nous savons ce qu'est la droite et l'extrême droite et nous voyons parfaitement la différence entre ce que nous avons fait et ce qu'ils veulent faire et par conséquent ceux qui n'ont pas compris aujourd'hui qu'il y a un véritable danger de voir une droite ultra conservatrice défaire le modèle social français et une extrême droite nous conduire dans des impasses dissimulées derrière des mensonges n'ont pas compris ce qu'est le moment historique dans lequel nous nous trouvons et moi je souhaite donc que l'on puisse un défendre le bilan de François Hollande deux le faire avec force trois dénoncer ce qu'est la vraie nature de la droite et de l'extrême droite et que sur cette base là nous parvenions à faire en sorte dans les semaines qui viennent qu'un candidat de gauche succède au président François Hollande
Bernard Cazeneuve Premier ministre vous restez avec nous vous répondrez donc tout à l'heure aux questions des auditeurs de France Inter qui nous appellent au 01 45 24 7000 c'est l'heure de la revue de presse il est 8h30
Bernard Cazeneuve