"J'ai besoin de l'État à Marseille", insiste le maire Benoît Payan, déplorant le manque de policiers nationaux dans sa ville
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Bonjour Benoît Payan. Bonjour. Merci d'être avec nous sur France Info. Bonjour Paul.
Bonjour Agathe, bon monsieur le maire.
Bonjour. Benoît Payan, vous êtes maire de Marseille et vous annoncez ce week-end votre candidature à votre succession pour les municipales. Vous revendiquez la cantine gratuite pour les enfants, des logements indignes, réhabilité, davantage de places d'hébergement d'urgence. Mais dans la rue, les Marseillais parlent encore insécurité, trafic, insalubrité. Pourquoi vous donnerait-il 6 ans de plus ?
D'abord, il faut reconnaître que ces 6 ans qui nous ont permis d'avancer, où on a remis la ville à l'endroit, on a trouvé une ville absolument incroyable et il faut savoir d'où on est parti pour comprendre où on est et où on va. Mais en effet, sur la question de la sécurité, je n'ai cessé de demander aux gouvernements successifs qui m'ont plus ou moins entendu des renforts de police, des renforts aussi sur tous les services publics. Pour notre part, on a doublé la police municipale dans les 6 dernières années. Je ne sais pas si vous vous rendez compte, mais quand on arrive, en 2020, il y a 400 policiers municipaux. La police municipale de Marseille, elle est créée en 1971.
C'est-à-dire qu'entre 1900... En 1971, il était un peu jeune. C'était Gaston de Fer. Mais en tout cas, Jean-Claude Gaudin nous laisse 395 policiers. Donc on a doublé en un mandat le nombre de policiers municipaux. Si tous les maires avaient fait ce que j'ai fait, on serait déjà quasiment à 2000 policiers municipaux. On est à 800, il y a encore des efforts à faire. Par contre, personne ne peut, et je pense que sur France Info, il faut être très précis, faire croire que la police municipale peut se substituer à la police nationale.
Donc tout n'est pas de votre responsabilité, c'est ça que vous dites ?
D'abord, je sais bien que vous le savez, mais je pense que les Marseillaises et les Marseillais, je pense que les habitants de n'importe quelle ville savent que ce qui est régalien doit rester régalien. Et ce qui doit rester de la compétence de l'État doit rester de la compétence de l'État. Mais, juste un mot sur la question de la sécurité, parce que, évidemment, c'est très important pour les Marseillais et pour nos auditeurs. Savez-vous combien de voitures de police nationale on a eues à Marseille cette nuit, dans une ville qui fait 5 fois Lyon et 2 fois et demi Paris ?
Qui ont brûlé, vous voulez dire ?
Non, de voitures de police nationale, de nombre de policiers...
Qui ont circulé ?
Oui. D'accord. Non, je ne sais pas. 12. 12. 12, c'est-à-dire, grosso modo, il y a la nuit à Marseille qui circule 40 policiers nationaux. Vous imaginez ça à Paris ? Est-ce que quelqu'un accepterait ça ? Et donc, évidemment, que les gens me disent, mais tu te plains trop au gouvernement. Vous demandez plus de moyens. Je me bats pour ma ville, je me bats pour les Marseillaises et les Marseillais, parce que c'est aussi un droit, la sécurité. Ce n'est pas la police qui va tout résoudre, mais c'est un droit.
Le ministre de l'Intérieur, Laurent Muniz et le président de la République, vous répondrez qu'ils vous ont donné énormément de moyens.
Non, à budget constant. D'abord, ce qui est très clair, c'est que... Et vous savez que je... Il m'est arrivé de m'opposer politiquement, et je ne suis pas d'accord politiquement avec Gérald Darmanin. Gérald Darmanin a été un ministre qui a tenu sa parole, et qui m'a donné un solde positif, c'est-à-dire 100 policiers de plus. Et puis depuis, ça s'est arrêté. Laurent Muniz est en train de reprendre ça. Énormément de moyens, 8 policiers par mois pour une ville...
Ça s'est arrêté sous le Retailleau, c'est ce que vous dites ce matin ?
J'ai en tout cas la certitude que mon solde n'est plus un solde positif. C'est-à-dire qu'il n'y a plus une montée crescendo du nombre de policiers. Parce qu'entre le nombre de personnes qui partent à la retraite, qui sont mutées, et le nombre de personnes qui arrivent, on peut raconter, j'ai recruté 150, 200 policiers. Mais si on en a 250 qui partent à la retraite, finalement, ça ne sert à rien. Moi, quand je vous dis que j'ai recruté 400 policiers municipaux de plus, c'est beaucoup plus que ça. Parce qu'entre-temps, certains sont partis, d'autres sont partis à la retraite. Donc pour en avoir 400 de plus, il faut quasiment recruter 180 par an.
Écoutez ce qu'en pense, en tout cas, l'élu d'opposition, Martine Vassal, elle est candidate, elle également au municipal. Elle assure qu'elle ne se sent pas en sécurité dans sa propre ville.
Sur le Vieux-Port, effectivement. Vous savez, moi, je fais mes courses, j'habite centre-ville. Quand je descends avec la poussette et une petite fille qui a 18 mois, je ne suis pas particulièrement en sécurité.
Et je ne suis pas la seule. Elle dit que beaucoup de Marseillais sont ressentis. Vous reconnaissez que ce n'est pas rassurant ? Ou vous dites non, ça n'existe pas ?
Agathe Lambré, entre des éléments de campagne d'une candidate qui s'amuse à faire peur, et qui d'ailleurs ferait bien, à mon avis, de faire une vraie campagne de droite plutôt que de courir derrière le Rassemblement National et la réalité, il y a une différence.
Il n'y a pas de quoi avoir peur quand on est dans le centre-ville, Benoît Payan, quand on va sur le Vieux-Port le soir, surtout quand on est une femme.
Je veux bien que vous passiez de Marseille,
de Chicago... Pour vous, il n'y a pas de problème ?
C'est une question. Pour vous, la vie, c'est blanc et noir ?
Non, du tout, mais alors dites-nous.
Parce que pour moi, ça n'est ni blanc ni noir. Évidemment qu'il y a des problèmes. Qui dit ? Est-ce que vous m'avez entendu une seule fois dire qu'il n'y avait pas de problème ? Vous pensez que s'il n'y avait pas de problème, j'aurais doublé la police municipale ? Vous pensez que s'il n'y avait pas de problème, j'aurais demandé des renforts de magistrats, de procureurs, de juges, de policiers, de douaniers ? Vous pensez que si j'imaginais qu'à Marseille, il n'y avait pas de problème, je n'aurais pas aidé les associations d'insertion, que je ne me battrais pas pour le service public ? Bien sûr qu'il y a des problèmes. Sauf que moi, je n'accepte pas que d'un regard extérieur.
Quelquefois poussé par un certain nombre de candidats en face de cette ville, la pire ville de France. Ça n'est pas vrai. Ou alors, c'est évidemment ne pas connaître Marseille.
Et dans le 13e arrondissement de Marseille, puisque le candidat du Rassemblement National, Franck Alizio, souligne selon lui qu'en septembre, que le 13e de Marseille est en train de basculer entre rodeo urbain, incendie de véhicules, tapage nocturne, point de deal, il vous reproche de ne rien faire. Qu'est-ce que vous lui répondez ? C'est toujours pareil.
Vous voyez bien qu'on est face à une campagne qui n'est pas une campagne municipale. Une campagne municipale, c'est une campagne où on essaie de réfléchir à la ville, à ce qu'on va y faire, et à comment est-ce qu'on va y vivre mieux. Dans le 13e arrondissement, on a inauguré un commissariat de police nationale. Je regrette, par exemple, qu'on ait perdu un commissariat de police nationale en contrepartie. C'est-à-dire, il y en avait un dans le 13e, il y en avait un dans le 14e. On en a inauguré un neuf. Donc, j'ai moi-même inauguré un commissariat de police municipal dans le 13e arrondissement. Donc, en fait, je suis en train de rattraper 40 ans d'inertie.
De Gaston Duffer et Jean-Claude Baudin ? Oui, bien sûr, je pense qu'il faut... Moi, je ne suis pas là pour raconter la droite, la gauche. Tout le monde sait qui je suis, d'où je viens, quelle est l'adhésion de ma pensée. Tout le monde sait que je suis un homme de gauche, mais je ne suis pas un maire... Je ne suis pas le maire d'un clan, le maire d'un camp, et je suis le maire de toutes les Marseillaises et les Marseilles, y compris ceux qui n'ont pas voté pour moi. Et je pense que la question de la sécurité...
Pour l'instant, personne n'a voté pour vous et ce serait la première fois que vous vous êtes élu sur votre nom. Je serais vraiment désolé de vous donner...
En tant que maire. Je voudrais vraiment essayer de... ne pas vous donner de leçons de droit électoral, mais oui, j'ai gagné mon secteur. Contrairement à tout le monde, en 2020, c'est comme ça que ça fonctionne. C'est la première fois que vous seriez élu sur votre nom. Oui, mais justement, c'est une chance. C'est la première fois, je ne sais pas si vous avez vu ce qui vient de se passer. On a une nouvelle loi qui nous permet d'être élu par toutes les Marseillaises et les Marseillaises, ce qui n'était pas le cas avant. Et donc, en effet, c'est pour nous quelque chose d'historique, puisque pour la première fois depuis 60 ans à Marseille, les Marseillais vont enfin pouvoir voter pour leur maire.
Et j'ai porté avec beaucoup de force,
avec beaucoup de force, j'ai vraiment poussé avec beaucoup de force pour que ça puisse fonctionner.
Parce que vos adversaires vous avez reproché de ne pas avoir été élu et d'avoir remplacé la candidate écologiste élu. Un dernier exemple concret sur la sécurité.
Si mes adversaires n'ont que ça à dire, ne parlez que de moi et que des problèmes qui devraient être réglés par le ministre de l'Intérieur, c'est que finalement, tout ne va pas si mal dans cette ville.
Et justement, dernier exemple, les 1 200 salariés d'Orange n'ont plus de bureau depuis jeudi, après la décision de leur direction de fermer les locaux du quartier où ils se trouvaient à cause du trafic de drogue. Est-ce qu'on peut travailler en sécurité à Marseille et que proposez-vous pour ces salariés ?
Franchement, moi je pense que, je vais vous le dire comme je le pense, le Marseille-Bashing ça suffit.
Pour vous c'est du Marseille-Bashing ?
Je pense qu'à un moment donné, il faut arrêter. Maintenant, vous arrêtez de taper de manière systématique sur cette ville parce que je la défendrai toujours. Bien sûr qu'il y a des problèmes, qui sont des problèmes importants dans cette ville, qui sont des problèmes qui sont graves. Parce que là, ce sont les salariés d'Orange qui se plaignent Benoît Payot, ce n'est pas les journalistes. Mais si vous ne l'avez pas terminé, on n'y arrivera pas. Et j'ai besoin de l'État à Marseille. Parce que quand je vous disais hier soir, 40 policiers nationaux, ça ne vous fait pas de tilt ? Vous ne vous dites pas qu'il y a un problème ?
Vous ne vous dites pas que c'est peut-être une ville qui manque de moyens ? Et peut-être que si on avait des moyens de l'État très forts, on n'en serait pas là ? Alors en effet, il y a dans le troisième arrondissement, chez les salariés d'Orange, une peur qui s'est installée. Évidemment que quand on vous entend parler, on peut avoir peur. Parce qu'entre vous et moi, personne n'a entendu de coup de feu. Donc évidemment, un matin, on s'est retrouvé avec... Et d'ailleurs, il y a eu une enquête qui nous laisse... Avec des journalistes qui se plaignent quand même. Qui nous laisse... Mais c'est normal d'avoir peur. Et moi, j'aurais peur aussi. Qui nous laisse extrêmement perplexes.
Mais je n'irai pas plus loin. Parce qu'il n'y a pas eu de coup de feu. Donc vous dites que peut-être que ça n'est pas si dangereux
que le tableau qui en est fait.
Je ne dis pas ça. Je dis qu'il faut être très prudent et qu'il faut laisser l'enquête se faire. Pour le reste, et c'est vu avec la directrice générale d'Orange, il y a des solutions qui sont aujourd'hui posées sur la table et avec lesquelles les syndicalistes et les salariés sont d'accord.
Mais M. le maire, la DZ mafia, ce n'est pas du Marseille bashing. Le problème de votre vie est gangrénée par la drogue comme d'autres villes de France, mais Marseille aussi. Deux mois après l'assassinat d'Amin Kessassi, frère du militant écologique.
Non, Amine n'a pas été assassinat.
Deux mois après l'assassinat du frère, pardon, d'Amin Kessassi. Vous avez raison de le souligner. Il a témoigné notamment sur France Info. Est-ce que le climat a changé dans la ville ?
Vous savez, vivre des assassinats, c'est difficile et c'est compliqué. Particulièrement pour Amine, qui n'est pas mort, heureusement, mais qui a été, comme toute sa famille d'ailleurs, frappée par des femmes et des hommes, dont on ne sait évidemment pas à quel groupe ils appartiennent, qui tuent et qui assassinent de sang-froid, et qui laissent une ville en état de deuil, et qui veulent nous faire peur et qui veulent nous faire taire. C'est-à-dire qu'ils ont assassiné le frère d'Amin pour qu'il se taisent. Pour qu'il ne parle pas. Pour qu'il baisse les yeux. Et je pense que le pire, ce serait de céder à la peur en fait.
Ce serait de faire ce qu'on pourrait être en train de faire là, c'est-à-dire de raconter que tout est terrible, que tout est effrayant. C'est pas ce qu'on dit, Benoît. C'est absolument ce qu'on dit. Non, non, c'est pas ce qu'on dit. Donc, le pire serait de ne pas relever la tête. Le pire, ça serait vraiment de laisser faire et de ne pas se battre. Ce serait de dire tout est perdu. Tout est perdu d'avance. Au contraire, il faut montrer de la détermination. Et face à ces narcotrafiquants, à ceux qui gangrènent la ville, il faut se battre avec des moyens et à armes égales. Il ne faut pas simplement couper les tentacules de la pieuvre. Il faut lui couper la tête.
Et ça n'est pas au pied des immeubles où il y a quelques trafiquants qu'il faut être capable de sanctionner. J'ai pas de problème vis-à-vis de ça. Sauf que l'État français, l'État français, les gens que vous interviewez tous les jours, les ministres, ceux qui sont responsables de la sécurité à Marseille, eux doivent mettre les moyens.
Et vous savez qu'on leur pose des questions régulièrement.
Dans la justice. Léron Inès était à votre place et on lui a posé. Dans la justice. Et vous trouvez qu'avoir supprimé un préfet de police à Marseille, c'était une bonne idée ? Vous pensez qu'avoir supprimé des moyens supplémentaires, c'était une bonne idée ? Vous pensez qu'accepter que Bruno Retailleau ait supprimé le préfet de police à Marseille avec tout ce que vous venez de me raconter, c'était une bonne idée ? Moi, je pense le contraire, en fait. Et donc, vous m'interrogez là, en me disant « Mais alors, qu'est-ce qui se passe à Marseille ? » Il se passe que des décisions qui ont été prises à Paris sont préjudiciables pour Marseille et que je ne les accepte pas.
Avec Benoît Payan, maire d'Hivergauche de Marseille et candidat des municipales qui se présentent avec un Rassemblement national très haut.
Dans la Marseillaise ce matin, ce sondage Ipsos BVA pour les municipales vous donne, M. le maire, à égalité avec le Rassemblement national. 30% pour le candidat Franck Alizio. 30% c'était déjà le score au dernier législatif, le score du Rassemblement national. Il existe donc une possibilité que le parti de Marine Le Pen conquiert la ville de Marseille. Que dites-vous ? C'est très clair. Vous avez des cas qui sont tentés.
D'abord, je leur dis évidemment que quand ils vous écoutent, quand ils nous écoutent, ils n'ont qu'une seule envie. C'est se replier sur eux-mêmes. C'est d'avoir peur. C'est de penser qu'ils vivent dans une ville qui ressemble à Chicago dans les années 80 et que quand on entend chaque fait divers érigé comme une grande actualité, on prend peur. Et c'est normal. Mais je leur dis de ne pas avoir peur. Il n'y a pas d'ennemi de l'intérieur. Or, on voit bien qu'on est en train de vivre un moment particulier de l'histoire où tout s'accélère. On le voit au plan international.
On le voit au plan national où les femmes et les hommes politiques donnent une image navrante et où finalement, le Front National apparaît comme une solution.
Elle n'est pas thétique la politique en ce moment ?
Pas que la politique, mais la politique, ça c'est sûr. Mais on voit bien qu'en ce moment, cette peur, elle trouve une valeur refuge dans le Rassemblement National. Or, c'est un ennemi de l'intérieur fantasmé que le Front National cherche en cherchant un bouc émissaire en permanence, en cherchant celui qui est différent. Alors, il y a 40 ans, c'était le juif. Aujourd'hui, c'est le musulman et c'est comme ça qu'ils le vivent. Et ça donne un écho. Vous imaginez bien, on a fait 25 minutes d'émission sur la question de l'insécurité à Marseille, comme s'il n'y avait que ça. Vous parlez, nous on en a fait 10,
il en reste 10. Et donc,
vous voyez bien que on vit un moment qui est particulier. On vit ce moment où les femmes et les hommes politiques, quels qu'ils soient d'ailleurs, sont incapables de développer une vision, sont incapables de développer à la fois un sentiment de calme et de responsabilité. Mais quand on se bat, c'est pour Marseille. Ce n'est pas contre Marseille. Or, le Rassemblement National, qu'est-ce qu'il veut faire à Marseille ? Il veut nous diviser en fonction du quartier où on habite, en fonction de notre couleur de peau, en fonction de notre religion. Il crée des problèmes ou surcrée des problèmes. Il fait du moindre fait divers une actualité sur France Info, par exemple.
Et donc, évidemment que c'est quelque chose... Le Rassemblement National qui dit ce qu'il y a sur France Info. Et c'est donc quelque chose, et c'est donc évidemment quelque chose, sur France Info ou ailleurs, c'est donc quelque chose qui fait très peur. Et donc, oui, on se trouve dans une situation où on a une candidate de droite qui court derrière le Rassemblement National. Vous imaginez que la candidate du Président de la République, pour qui on a voté contre le Rassemblement National, pour faire barrage au Rassemblement National, dit toute honte-bue, moi je suis l'original et le Rassemblement National est la copie.
Vous imaginez, j'imagine à quel point Emmanuel Macron doit avoir honte, à quel point le parti d'Emmanuel Macron doit avoir honte. Vous qu'il connaissez bien, vous lui avez dit ça, au Président de la République ? Bien sûr que je lui ai dit. Évidemment que je lui ai dit, mais encore une fois, je ne suis pas là pour lui donner des conseils. On voit bien qu'il y a une forme de perdition totale. Quand on choisit une candidate qui dit qu'elle est capable de s'allier avec le Rassemblement National.
Elle ne l'a pas exclue, en tout cas.
Qui dit qu'elle est la copie, pardon, qu'elle est l'original et que le Rassemblement National est la copie.
Et justement, et face à cela, Benoît Payan, face à cela, vous vous êtes soutenus par les socialistes, par les écologistes, par les communistes notamment, mais pas par les insoumis qui ont leur propre candidat. Sébastien Delogu, vous dites dans la Provence qu'il n'y aura pas d'alliance avec LFI au second tour. Est-ce que c'est définitif, même face à cette menace du Rassemblement National ?
D'abord, moi, je suis, et j'ai toujours été pour le Rassemblement. Mon ADN, c'est que la gauche et que les gens doivent se rassembler, particulièrement quand il y a la menace du Rassemblement National. Parce que le Rassemblement National, ce n'est pas un parti comme un autre. Et qu'arriver à Marseille, il provoquerait une situation et une difficulté extrême. Vous imaginez le Rassemblement National arriver en tête à Marseille ou gagner à Marseille. LFI fait le choix, incongru, de venir diviser à ce moment-là. C'est-à-dire que leur seule réponse, c'est on va aller aux élections et puis on verra bien. Et puis si le Rassemblement National gagne, ce n'est pas grave.
Quand on décide de diviser comme l'a fait ou comme le fait Sébastien Delogu, on en prend la responsabilité. On ne peut pas au premier tour raconter que je serais infréquentable pour dire « Ah, je veux venir avec toi au second tour ». On ne s'amuse pas. Est-ce qu'il y a une différence de valeur
avec LFI, Benoît Payan ?
En tout cas, il y a une différence de méthode. Je pense que ça, c'est clair, net et précis. il y a une différence d'approche et plus les choses vont et plus, en effet, on commence à avoir une différence et on a une différence de valeur. Je ne me comporte pas comme Sébastien Delogu et il y a des choses que je ne peux pas laisser passer et que je ne laisserai jamais passer. Il y a des choses sur lesquelles je ne céderai pas. Moi, je ne suis pas là pour que Marseille soit divisée, pour que certains candidats montent le sud contre le nord. ou que d'autres montent le nord contre le sud. C'est une ville qui a besoin d'être rassemblée et rassurée. Mais si on a une campagne qui va à ce niveau-là,
là, j'avoue qu'on va avoir beaucoup de difficultés. Cette question, l'Union des Gauches, ne concerne pas seulement Marseille mais également 2027. L'écologie, Yannick Jadot, critique la stratégie de Marine Tondelieu, l'écologiste, qui ne rompt pas clairement avec la France insoumise, c'est-à-dire sur LCI.
On est devenu, oui, des psychothérapeutes de couple entre les insoumis et les socialistes. Et je pense que ça n'est pas notre rôle. La relation de Jean-Luc Mélenchon à la démocratie est tellement dégradée que notre avenir politique n'est pas de construire une primaire qui n'arrivera pas et qui sera donc forcément déceptif.
C'est ça que vous faites à Marseille, vous êtes d'accord avec Yannick Jadot, tenter l'union avec LFI pour 2027, ça ne sert à rien ? Ça m'est strictement égal.
C'est-à-dire ? Mais complètement. C'est-à-dire que moi, je me bats pour Marseille et la course du petit chevaux, c'est très important. Mais moi, vous l'avez noté, je ne suis ni candidat à la députation, ni candidat à la sénatoriale, ni candidat à la présidence de la République. Vous savez, moi, je ne suis pas le représentant d'un camp ni d'un clan.
Mais vous êtes quand même subi par les socialistes à chaque élection.
Je suis un homme par les Verts, par les communistes, par les citoyens, par des gens qui ont voté Emmanuel Macron, par des gens qui ont voté Jean-Luc Mélenchon. Encore une fois, je ne ferme la porte à personne.
Mais 2027, ce n'est pas votre sujet de 2016 ?
Non. Moi, je suis candidat à la ville de Marseille et je suis candidat pour Marseille. Si vous pensez que je vais commenter les petites phrases des uns et des autres...
Ce n'est pas les petites phrases. Vous dites que vous avez peur que le Rassemblement national gagne votre vie de Marseille là où il parle de la France.
Je pense que c'est comme ça qu'on lutte entre le Rassemblement national en sachant si Marine Tondelier est la psychothérapeute entre les Insoumis et...
Non, on parle de la gauche unique face au Rassemblement national. Vous êtes en général
plus sérieux que me demander ce genre de questions. Je me sens que c'est une question extrêmement sérieuse, M. le maire. Si vous me parlez de la question du Rassemblement national au pouvoir en France, là, on peut parler. Si vous me faites commenter des petites phrases, c'est sans moi.
Benoît Payan, est-ce que la menace d'Emmanuel Macron et Sébastien Lecornu... Enfin, l'exécutif menace...
Je ne sais pas si c'est Sébastien Lecornu ou Emmanuel Macron... Justement, en tout cas, c'est l'exécutif
qui menace de dissoudre l'Assemblée nationale et d'organiser des législatives en pleine municipale s'il était censuré. Les deux scrutins auraient lieu au même moment. Est-ce que ça vous inquiète ?
Non, parce que je crois que ça n'existe pas.
C'est un coup de bluff ?
C'est de la farce. Je trouve que, objectivement, la France mérite mieux que ce genre de spectacle affligeant que nous donne l'Assemblée nationale ou l'exécutif. La France, c'est un grand pays qui aujourd'hui n'a plus de voix dans le monde et on le voit avec les malheurs du monde qu'on est en train de vivre, avec ce qui est en train de se passer au niveau géopolitique. Nous avons des responsables de droite et de gauche, d'ailleurs, qui tentent... Quelques-uns commentent est-ce que Marine Tondelier serait psychothérapeute ? L'autre dit on va dissoudre alors que c'est la compétence de l'autre. Certains diraient si vous ne faites pas ça, voilà ce qui va se passer.
Il vous en parle, les Marseillais, de ce climat politique, de cette instabilité politique ?
Ils sont, pour le coup, ulcérés par la classe politique. Alors, la classe politique marseillaise, dans son ensemble, quelquefois, ça n'est pas mieux. Mais la classe politique tout court est assez affligeante. Il n'y a plus de débat de fond. Regardez le débat qu'on vient d'avoir. Nous n'avons parlé que de faits divers. Évidemment, vous allez vous défendre et c'est normal et je ne vous en veux pas. Mais il se passe des choses à Marseille ou dans le monde qui méritent qu'on ait un point de vue qui soit éclairé, qu'il soit un point de vue qui soit développé et pas sans cesse de voir répondre à la petite phrase, à la petite attaque.
Et donc, encore une fois, vous me demandez est-ce qu'on aura des élections législatives en même temps que les élections municipales ? Bien sûr que non. Il n'y aura pas. Mais vous pensez vraiment qu'il y a une... D'abord, il y aura une motion de censure qui ne passera pas. Vous voyez bien l'absurdité de faire une motion de censure sur le Mercosur alors qu'on a un gouvernement qui s'est battu contre le Mercosur. Donc déjà, il y a une schizophrénie. Qui va aller voter ? Tout ça ne peut rien dire.
Benoît Payan, il faut qu'on avance comme tous les jours. C'est le moment de la question qui a retrouvé sur les réseaux sociaux de France Info. Aujourd'hui, la question qui terrorise. Mi-décence, vous aviez précisé avoir reçu 400 menaces de mort en deux mois. Quelles sont les dernières menaces que vous avez reçues ? Comment ? Et est-ce que vous avez peur ?
Non. D'abord, un, je n'ai pas peur. Deux, je pense que si on cède à la peur, si on baisse la tête, si on montre qu'on est faible vis-à-vis de ceux qui sont tentés, justement, de toujours nous diviser ou de nous mettre des coups de pression, alors ils ont gagné. Donc non, non seulement je n'ai pas peur, mais en plus, ça me donne de la force et du courage. Nous n'allons pas donner raison à ceux qui menacent, ceux qui font peur.
Vous continuez à recevoir des menaces ?
Ceux qui essaient, mais c'est le quotidien, ceux qui essaient de m'intimider, normalement, et en plus, ça vient en général souvent du même camp, même si ça peut venir de tous les côtés. La dernière, un exemple. Un exemple de menace récent. Ce n'est pas très intéressant,
ça parle de ma famille et je préfère que ça reste... On respecte un mot, juste vous aviez dit Camille Kessassi était bien seul face au narcotrafic et que certains étaient bien silencieux. Qui visiez-vous ?
Tous ceux qui n'ont pas parlé. Tous ceux qui n'ont pas parlé ou ceux qui ont fait semblant de parler. Tous ceux qui, quand on parle de narcotrafiquants, ont quelques mots de compassion, mais font comme si ça n'existait pas. Tous ceux qui ne disent pas oui, je vais les affronter et oui, il faut les mettre à bas. Et oui, ceux qui ont assassiné Mehdi sont des assassins qu'il faut mettre durablement, violemment en prison.
Merci Benoît Payan d'avoir répondu aux questions de France Info. Merci Paul, à demain. Merci à la tête,
à demain.
Benoît Payan