Jean-Noël Barrot : "Poutine est en échec, militairement, économiquement et politiquement"|LCI
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Monsieur le ministre, bonsoir. Bonsoir. Merci de cet entretien.
Il se tient dans le cadre particulier du forum de Paris sur la paix, circonstance exceptionnelle pour la sécurité du continent. Ce forum s'est créé dans le souvenir de 1918 de l'armistice alors qu'on espérait que ce serait la la fameuse der des deres, la dernière des guerres. On connaît la suite.
Comment est-ce que ça raisonne pour vous avec ce qu'on a sous les yeux ? Je trouve qu'il a il a vraiment toute sa place puisque euh encore plus peut-être qu'il y a 8 ans quand le président de la République a voulu créer euh cet espace où le monde entier se retrouve pour élaborer des solutions, euh les les espaces traditionnels euh de la diplomatie euh sont mal en point. Le multilatéralisme, comme on le dit, va mal.
Les Nations- Unies sont fragilisées. Il faut donc créer de nouveaux nouveaux moments, de nouveaux espaces où se rencontrent les diplomate avec les acteurs de la société civile, les entreprises, les associations, les organisations non gouvernementales pour répondre ensemble à partir de de coalition à certains des grands enjeux de notre époque et à partir de ces coalitions ensuite élargir progressivement le cercle. Et c'est ce que ce forum a réussi à faire ces dernières années sur et bien les enjeux climatiques par exemple avec ce pacte pour la prospérité, les peuples et la planète que la France a porté qui est née au forum de Paris sur la paix et qui a vocation à à engager les pays du nord, les pays du sud à se serrer les coudes face à ces enjeux majeurs.
Ça a été le cas aussi pour la lutte contre la violence en ligne puisque de ce forum est parti il y a quelques années l'appel de Christ Church qui a mobilisé les pays du monde pour en quelque sorte durcir un peu le ton face aux grandes plateformes qui laissaient prospérer en leur sein toutes les violences et la haine ce qui était inacceptable. Le chef d'état-major des armées a marqué les esprits ces derniers jours en parlant de ce choc avec la Russie auquel il faut se préparer d'ici 3 ou 4 ans. Il l'analyse comme homme de guerre.
Comment est-ce que vous le regardez vous comme chef de la diplomatie ? Ce qui est clair, c'est que le niveau de la menace augmente. On l'a vu avec Vladimir Poutine qui réarme la Russie en consacrant une part très importante de son budget et même de sa richesse nationale à son effort militaire qui a décidé il y a quelques mois d'une conscription militaire la plus importante depuis 14 ans et qui clairement souhaite en découdre.
Mais ça ne s'arrête pas là puisque on le voit ailleurs, les réseaux du terrorisme se reconstituent du Sahel jusque à l'Asie mineur. Mais on voit aussi l'architecture qui nous a protégé contre la prolifération nucléaire qui elle-même est fragilisée. Et face à cette augmentation de la menace, des questions se posent sur la la ce qu'on appelle no architecture de sécurité et en particulier l'OTAN, cette solidarité entre les pays de l'Europe et de l'Amérique du Nord qui nous a permis, sur la base d'un principe simple, un pour tous et tous pour un, d'écarter de dissuader toutes les menaces depuis 76 ans maintenant.
Et donc face à ça, c'est-à-dire une augmentation de la menace et une fragilisation en quelque sorte de nos protections collectives, et bien il est clair qu'on ne pouvait pas rester les bras balls et c'est pour ça qu'on a agi. Comment est-ce que vous expliquez l'attitude de Poutine maintenant, pas seulement depuis des mois, mais là ces derniers jours, Trump lui impose des sanctions très dures. Il touche vraiment au cœur de la machine économique russe avec le le pétrole.
Et malgré ça, non seulement Poutine ne baisse pas de temps, au contraire, il en rajoute encore, que ce soit en terme conventionnel ou dans les mots. Pourquoi ? lucide.
Vladimir Poutine est en échec militairement, économiquement et politiquement. en échec militairement d'abord parce que depuis 1000 jours, il n'a réussi à conquérir que 1 % euh du territoire de l'Ukraine. En échec économique puisque et bien l'économie russe s'effondre sous le triple coût euh de l'effort de guerre que lui impose Vladimir Poutine, des sanctions auxquelles Vladimir Poutine expose son propre peuple et puis des frappes ukrainiennes qui désormais touchent les infrastructures civiles russes.
Et donc ça veut dire pardon que c'est une fuite en avant pour vous. C'est une manière de masquer cet échec. Comment ?
D'abord en pilonnant les villes de l'arrière. Vous savez, chaque nuit ou chaque matin, on se réveille avec les nouvelles en provenance de l'Ukraine, des zones résidentielles ciblées par des missiles et des drones et des civils tués. Et puis de temps à autre, ce sont des incursions dans l'espace aérien de pays Balt, de la Pologne ou de ou d'autres tout simplement pour masquer cet échec et tenter d'intimider les Européens ou de faire baisser ou d'affaiblir le niveau de leur soutien.
Est-ce que c'est ça ou est-ce que ça peut être davantage pour vous ? Est-ce que la possibilité existe de l'aventure ? C'est-à-dire non pas qu'il veuille seulement comme vous dites masquer un échec ou tenter des provocations mais davantage que ça qu'il est en vue l'aventure, c'est-à-dire attaquer l'utant.
Est-ce que cette hypothèse existe ? Je crois que l'objectif principal est d'intimider, de décourager les Européens dans un moment où en réalité c'est l'inverse qui se produit. Euh les Européens ont décidé dans le cadre euh de l'OTAN de relever leur niveau de dépense militaire, ce que nous avions déjà décidé puisque président de la République et les gouvernements successifs ont euh acté le doublement euh de nos dépenses militaires.
L'Union européenne quant à elle a décidé dans son prochain budget de consacrer jusqu'à 1 125 milliards d'euros au développement d'une base industrielle et technologique de défense. Donc ce qui est en train de se passer, c'est que la Russie de Vladimir Poutine ayant décidé de se réarmer, les Européens et bien se réarme également non pas dans une logique d'agressivité mais pour dissuader toute forme de menace et que Poutine pendant cette période là tente de les en décourager. Mais monsieur le ministre, ça vous soulignez du côté européen le vert à demi-plin le côté à demi-vide est-ce que c'est une forme de fébrilité ?
Est-ce qu'il y a une forme de fébrilité de l'Europe qui dit tout à coup ça peut arriver plus vite qu'on le pensait quand quand le chef de termajor dit dans dans 3 ans, dans 4 ans même pendant la guerre froide, on disait pas ça. On disait on est prêt, on pas une fébrilité, un réveil. Je vais vous dire, nous sommes ici au Qué d'Orsé.
C'est dans ce bâtiment à l'étage du dessous de celui dans lequel nous trouvons en ce moment qui a été initié la construction européenne 1 an après la la signature du traité de l'OTAN. C'est-à-dire qu'il y a 75 76 ans, nous nous sommes dotés euh de système de solidarité parce que nous avons considéré qu'un nous étions plus forts et que nous allions dissuader les menaces. Et tout ça nous a garanti h décennies de paix.
Il se trouve que le mur de Berlin est tombé et que quelques décennies plus tard, Vladimir Poutine a décidé de se lancer dans une course impériale, quasi coloniale pour reconstituer en quelque sorte l'URSS. mais nous n'allons pas le laisser faire et nous sommes infiniment plus riches et plus forts que la Russie de Vladimir Poutine et il le sait. Alors, il tente de nous décourager pas uniquement par des incursions, pas uniquement euh par euh euh son attitude en Ukraine, mais également en ayant installer une forme de conflictualité permanente euh dans de très nombreux champs, des champs un peu que chacun connaît ici.
La désinformation, les sabotages, les assassinats. Mais ne nous laissons pas intim. Mais pardon, vous dites pas de fébrilité tout de même.
Moi j'ai été très frappé sur nos plateaux des généraux généraux sérieux, général Richou par exemple qui disait "On n'est pas prêt maintenant à une guerre de haute intensité." Il disait "On n'est pas prêt maintenant". Et ça paraît, on peut pas d'ailleurs le reprocher au président de la République ou à votre gouvernement puisque 2000 depuis 2017, les budgets ont augmenté.
Ça c'est un fait. Mais enfin la génération en général, notre génération, est-ce qu'il y a une forme d'irresponsabilité de découvrir maintenant que effectivement on n'est pas prêt ? Il y a eu un réveil français, vous venez de le dire, et nous assistons désormais à un réveil européen.
Et lorsque nos partenaires nos partenaires les plus proches consentent eux aussi à leur tour à un effort de relèvement de leurs dépenses militaires, ça contribue, ça concourt à notre sécurité collective. Mais pardon, c'est quand même très grave le la sécurité extérieure et intérieure, c'est la base de la base d'un état. C'est ce qu'on doit aux concitoyennes et concitoyens.
Donc se dire on n'est pas prêt maintenant, il faut qu'on se prépare à l'aide dans 4 ans, c'est grave. Non, c'est une évolution du monde que nous avons détecté, décelé peut-être un peu plus rapidement que certains de nos partenaires. Et cette évolution du monde, c'est celle que j'ai décrite, c'est-à-dire un un dirigeant russe qui se met à rêver d'une reconstitution de l'URSS et puis des États-Unis d'Amérique allié majeur de l'OTAN qui ont progressivement décidé de réorienter leurs efforts et notamment en matière de défense vers le Pacifique.
Jusqu'où veut-il ? D'après vous ? Le président de la République était notre invité il y a quelques semaines.
Il avait ce geste en disant il est comme l'ogre qui veut toujours davantage manger. Mais manger jusqu'où ? Je crois qu'il a été très clair dans ses expressions.
La vision qu'il se fait de la Russie ne connaît pas de frontières. C'est bien notre problème majeur puisque euh il n'a échappé à personne qu'au moment où l'Union euh euh soviétique a s effondré, certaines de ces Républiques qui vivaient sous le jou euh de l'URSS depuis des décennies ont fait un un choix un choix résolu qui est celui de l'Union européenne. Et je je dirais même plus, c'est-à-dire que certaines de ces Républiques soviétiques qui ne sont pas encore dans de ex Républiques soviétiques qui ne sont pas encore dans l'Union européenne font elles aussi le choix de l'Union européenne.
Et ça dit quelque chose d'ailleurs de cette Union européenne qui est parfois critiquée pour des raisons légitimes. Sa sa lenteur, sa complexité, son caractère technocratique. Je suis oblé je suis bien obligé de constater qu'il y a des pays dans l'Europe orientale de l'Europe orientale qui font le choix de se tourner vers l'Europe parce que l'Europe c'est la liberté et c'est la démocratie.
Jean-L Barreau, ce soir Vladimir Poutine insiste sur son dispositif nucléaire. Ce qui marche, ce qui marche peut-être, ce qui a été démontré, d'autres choses qui ne le sont pas, mais enfin il arrive à impressionner parce que visiblement il y a pas eu de No Fly zone, il y a quand même, on voit que les les occidentaux n'ont pas dépassé un certain cap. Il insiste sur le Sarma, sur le Poséidon.
Il y a de fait un une escalade. Est-ce qu'il y a un danger pour pour vous de prolifération ? La seule escalade, c'est celle de la Russie.
Mais vous avez raison de parler de prolifération parce que en réalité, il faut se souvenir puisque nous célébrons ces ces jours-ci le 8e anniversaire des Nations- Unies. autre euh grand enfin élément majeur, pilier majeur de ce qu'on appelle l'architecture de sécurité internationale. Il reste pas grand-chose hein.
Non mais qui qui était fondé sur un principe simple, je ne touche pas à tes frontières, tu ne touches pas aux miennes. Principe qui n'a pas évité tous les conflits mais qui en a évité beaucoup parce que elle a rendu il a rendu illégal le fait d'envahir son voisin. Qui étaient les principaux gars de ce principe et des Nations- Unies ?
Et bien, ce sont les cinq membres permanents du Conseil de sécurité. L'instance suprême de des Nations- Unies, les États-Unis, le Royaume-Uni, la Chine, la France et la Russie. Ce sont cinq pays qui non seulement ont des responsabilités éminentes vis-à-vis de la sécurité et de la liberté du monde, mais ce sont aussi cinq nations qui sont les seules à avoir le droit d'être doté de l'arme nucléaire.
Mais avec le droit vient une responsabilité particulière, celle de ne jamais employer l'arme nucléaire. euh dans une rhtorique d'escalade ou d'intimidation. Malheureusement, je dirais que la Russie de Vladimir Poutine ces dernières années a failli à tous ses devoirs parce qu'elle a en quelque sorte détourné cette responsabilité que lui ont confié euh les nations du monde il y a 80 ans au profit d'une aventure coloniale et impérialiste.
La les États-Unis sont là par bien décé avec les sanctions, ils sont actifs contre la l'influence russe mais enfin ils vont réduire leur dispositif militaire en Roumanie. Est-ce que la France peut prendre la relève ? D'abord euh ne diminuons pas l'importance des décisions qui ont été prises par les États-Unis que nous avons nous attendions depuis un certain temps, les Ukrainiens aussi et que nous avons euh contribué je dirais à à encourager puisque il est remarquable de constater que les sanctions européennes et les sanctions américaines la semaine dernière ont été prises quasiment la même heure.
Là vous dites bravo Trump. Je dis bravo les Européens. Oui, mais enfin aussi et je dis que il revient de loin.
Rappelez-vous, pardon, on disait sur certains plateaux de télévision, c'est un agent russe et cetera. Oui, mais vous croyez vous croyez que c'est tombé du ciel euh Darius Rochman ? Non.
C'est le fruit d'une diplomatie très active, une diplomatie qui s'est adressée aux autorités euh américaines mais également aux parlementaires euh américains que nous avons accueilli ici à Paris, à l'Élysée comme au quedé pour les encourager pour les encourager puisque l'opinion publique américaine soutient l'Ukraine. Le parlement les parlementaires américains soutiennent l'Ukraine. Ils ont même proposé eux-mêmes un paquet de sanction qui avait été signé par 82 sénateurs sur 100.
Donc démocrates comme républicain était en faveur de cela. Il fallait que le président Trump, le président des États-Unis, appuie sur le bouton et il l'a fait au moment où les les Européens avaient eux-mêmes décider de sanctionner les principales entreprises pétrolières russes, ce qui va porter un coup très dur à l'effort de guerre de Vladimir Poutine aujourd'hui. Là, vous insistez sur les influences, les tentatives de désinformation de la Russie.
Il y a un passé hein, on se rappelle qu'au temps de l'Union soviétique, il y avait un un parti stalinien à Paris qui pesait des fois jusqu'à 30 %. Il y avait des réseaux d'argent et ce d'une façon de certaine façon c'était encore pire. Mais aujourd'hui, qu'est-ce qui se passe d'après vous ?
Ce qu'il se passe que nous vivons dans un monde où le débat public a été délocalisé. nous l'avons laissé être délocalisé sur des grandes plateformes de réseaux sociaux dont les règles sont fixées par des milliardaires américains ou chinois qui conduisent qui nous conduisent à nous enfermer dans des bulles mais qui conduisent aussi à une fragmentation alors qu'avant la place publique tout le monde s'y retrouvait désormais l'espace public est fragmenté sur internet et nos adversaires voire même parfois nos ennemis s'infiltrent dans notre espace public pour diffuser de la désinform formation et la France est particulièrement visible bien sûr la France est particulièrement ciblée notamment depuis le début de la guerre d'invasion russe en Ukraine puisque la France a en quelque sorte elle présidait l'Union européenne à l'époque a marqué dès le départ un soutien très résolu et très marqué à l'Ukraine. Alors comment ça se manifeste ?
Et bien ça se manifeste puisque a lieu aujourd'hui le procès des responsables des Mars Rouges dont on peut suspecter qu'ils ont été je dirais diligentés, commandité par la Russie. Mais ce sont de de très nombreuses opérations euh qui sont euh volontaires, qui sont coordonnées pour diffuser des euh des informations euh manifestement inauthentiques auin de polariser le débat public, mais aussi euh et et plus simplement et de manière plus grave, je le dirais, euh de fragiliser la démocratie. Nous avons réussi peut-être parce que nous avions pris là aussi un petit peu plus d'avance euh que nos partenaires européens à protéger nos scrutins électoraux qui ont été ciblés hein par des manœuvres de désinformation.
Mais vous avez vu ce qu'il s'est passé en Roumanie où des élections ont été tellement manipulées h qu'elles ont dû être annulées et on voit que nos processus démocratiques sont directement ciblés. Vraiment extrêmement grave. Est-ce que Est-ce que le temps reviendra ?
Vous avez la main disons qui qui la main forte. Est-ce que l'autre main est toujours active celle un jour de la négociation ? une tradition Chira qui a été très proche de Poutine à une époque où déjà il y avait eu la Tchenio donc il y a toujours eu aussi la main diplomatique.
À quelles conditions pour vous il faudra reparler avec la avec la Russie ? Je crois qu'il est essentiel qu'on arrive à incesser le feu avant que des discussions puissent s'engager et ces discussions seront nécessaires puisque on l'a dit depuis le départ, c'est d'ailleurs à Paris que on a pour la première fois mis autour de la table les Ukrainiens, les Américains et les Européens. Euh la guerre en Ukraine euh elle elle engage la sécurité de l'Europe de l'Union européenne.
Donc espérez ça à ce moment-là, vous l'espérez. Je souhaite euh que euh cette discussion puisse s'engager pour que nous puissions défendre notre sécurité, la sécurité de l'Union européenne. Et puis au-delà Darius Rochemin, nous avons dit, nous allons faire augmenter nos dépenses à 3,5 % du de notre richesse nationale d'ici 2035.
Mais vous imaginez bien que quand on va arriver en 2035 et qu'on se retrouvera peut-être dans d'autres capacités, ça sera pas pour se dire tiens, on était on est arrivé à 3 et demi, on va passer à 7. L'objectif pour les Européens aujourd'hui, c'est de rétablir le la dissuasion, c'est-à-dire rétablir le bon niveau de défense pour écarter les menaces. Mais une fois que nous y serons, si je puis dire, il nous faudra à nouveau, comme l'ont fait nos prédécesseurs, inventer des nouveaux mécanismes de solidarité. pour et bien tout simplement écarter par la diplomatie le risque de la guerre plusôt que d'avoir Trump la paix par la force.
Non, c'est la version de Robert Schumann des fondateurs de l'Union européenne. Non mais pardon de des fondateurs de l'Union européenne qui ont dit si on continue comme ça, on était 5 ans après la fin de la deuxième guerre mondiale et qui ont dit si ça continue comme ça, on est reparti pour une 4e guerre avec l'Allemagne. Avant ce cap là, avant ce cap là, Budapest alors c'est resté pour l'instant en l'air.
On sait pas si ça aura lieu ou non. Si Trump et Poutine peuvent quand même revenir à une forme de dialogue après ces ces tensions là, mais pour vous, quelle est la condition pour que vous souteniez vraiment cette démarche là ? Il y aura Trump, Poutine, qui d'autre d'après vous ?
Non, mais ce que j'ai dit moi spontanément lorsque la la nouvelle est sortie que une rencontre pourrait avoir lieu à Budapest avant que cette hypothèse ne soit écartée, c'est que à mon sens, elle n'avait de sens que si Vladimir Poutine venait y annoncer enfin le cesser le feu auquel l'Ukraine a consenti depuis le mois de mars. Si les États-Unis et et et la Russie doivent avoir un dialogue bilatéral, ça leur appartient. S'il s'agit de parler de l'avenir de l'Europe et de sa sécurité, alors il est inconcevable que ça puisse se faire en en l'absence des Européens.
Donc vous espérez quoi ? Que le président de la République il soit Je souhaite que si les si toutefois une discussion à venir entre les présidents américains russes devait avoir lieu qui traite des questions de l'Ukraine et de l'Europe alors que le président ukrainien et que les Européens le président de la République puissent y être présenté. Effectivement, les priorités de votre ministère, elles sont en train d'être réévaluées.
Vous allez organiser avec votre homologue de l'intérieur, Laurent Nugèz, un conseil stratégique sur les migrations. Parlons notamment de de l'Algérie puisque dans cette même émission, monsieur NZ disait "La la communication est coupée sur un dossier très important qui est la lutte contre les islamistes où l'Algérie aidait en terme d'information et cette ce flux est coupé. Est-ce que vous tendez la main à l'Algérie pour le rétablir ?" Ce qui est clair, c'est que la période récente était marquée par des tensions graves liées à la détention sans aucun fondement de nos deux compatriotes Boem Sansal et Christophe Glaise, par les expulsions brutales de nos agents en poste en Algérie et puis par l'arrêt de la coopération migratoire pour la reconduction des Algériens en situation irrégulière et la coopération sécuritaire qui est importante pour lutter contre les la résurgence du terrorisme islamiste qui se reconstitue, je le disais tout à l'heure, au Sahel, c'est-à-dire au sud de l'Algérie.
Et donc nous avons euh constater que la relation était gelée. Nous avons marqué notre disponibilité à avoir un dialogue exigeant. Euh aujourd'hui, vous tendez la main, vous pourriez appeler votre homologue.
Mais pour un dialogue, il faut être deux et pour l'instant, nous n'avons pas eu réponse. Il y en a un qui appelle l'autre à un moment donné. Nous avons marqué à de nombreuses reprises notre euh disposition à un dialogue exigeant euh sur les sujets que je viens d'évoquer qui touche à à à l'intérêt de la France et des Français.
Mais il faut bien comprendre que certains de nos intérêts se jouent dans le le dialogue avec les pays de l'Afrique du Nord et en particulier avec l'Algérie. Vous avez parlé, le ministre de l'intérieur l'a fait aussi de la la de la lutte antiterror antiterroriste. Elle se construit par le dialogue entre les services de ren Mais disons les choses et tout le monde voit bien ce qui se passe.
Parfois ce sont aussi des questions d'hommes de personnes Bruno Rotaillot incarné à Taureau a raison. Chacun est juge une certaine ligne à l'égard de l'Algérie. Cette ligne a un peu changé avec le Est-ce que pour vous on est dans un moment où il peut y avoir un réchauffement avec l'Algérie ?
Je crois que c'est aux autorités algériennes de ce qu'il faut poser la question. Et ça a changé un peu à Paris aussi. Franchement, je crois que a changé.
Vous savez, nos intérêts restent les mêmes. la libération de nos compatriotes, la reprise d'une coopération exigeante sur le plan migratoire avec la reconduction des Algériens en situation irrégulière et puis la coopération en matière sécuritaire et puis et puis sans doute le les les questions de diplomatique et consulaire puisque nous avons je dirais subi des décisions très abruptes de la part des autorités algériennes auxquelles nous avons répondu avec beaucoup de fermeté et de réciprocité. le dialogue avec Donald Trump.
Alors, il y a une historique. D'ailleurs, vous allez voyager, enfin, le président de la République va voyager pour la la COP, il y a eu ce ce dialogue parfois de tension, mais de respect avec entre Emmanuel Macron et et Donald Trump. L'action de Trump au contre les narcotraafiquants, c'est une des autres de de vos priorités.
Ce qui se passe au Venezuela d'abord, est-ce que c'est une bonne chose que Trump agisse aussi durement ? Notamment, il bombarde les narcotrafiquants ? J'ai suivi les opérations euh américaines, les 13 frappes qui ont fait plusieurs dizaines de morts avec euh vive préoccupation. vive préoccupation parce que ce faisant, les États-Unis se sont affranchis des règles du droit international, du droit de la mer dans une région du monde où la France est présente avec ces outres mères dans les Antilles notamment où vivent un million de de nos compatriotes.
Ils sortent du droit là d'après vous, ils sont ils s'affranchissent du droit international et du droit de la mer. mais préoccupation également sur le développement considérable du narcotrafic et de la criminalité organisé qui touche en premier lieu nos outres maires Guyane, Martinique, Guadeloupe, Saint-Bartelimi, Saint-Martin qui sont vraiment dans la région. C'est pas un modèle pour vous.
On voyait déjà Obama beaucoup plus en Europe, on fait quand même on fait beaucoup plus appel à la justice, au procureur et cetera. Obama tapait sur les djihadistes de façon très très abondante avec les drones. Trump bombarde des narcotraafiquants sans état d'âme.
Pour vous, c'est une pratique qui peut arriver en Europe ou jamais. Non, non, mais attendez euh si vous voulez voir des opérations conduites par euh euh les forces armées françaises, regardez ce qui s'est passé récemment avec un navire russe de la flotte fantôme qui a été arraisonné par nos forces, regardez ce qui s'est passé récemment au large de MER où c'est euh un bâtiment français qui a raisonné un navire qui transportait des stupéfiants. Donc, nous savons employer des moyens lorsqu'ils sont nécessaires dans le respect du droit international.
Et pourquoi ? Pas parce que on est procédurier. Mais simplement parce que le droit international, c'est ce qui évite euh que euh je dirais que que s'engage des escalades euh dont on ne sait pas très bien jusqu'où elles peuvent être elles peuvent aller.
Est-ce que vous êtes inquiet de la tentation américaine potentielle de renverser le régime au Venézuela ? Ils ont une historique he depuis Aliendé jusqu'à Saddam Husen. Ils ont renversé des régimes.
Là on sent qu'ils sont tentés. Je vous ai dit nos préoccupations. Je veux pas commenter ce que sont les intentions supposées ou réelles de l'administration américaine.
Pour notre part, nous considérons comme l'un des principes fondateurs de l'ordre international l'autodétermination des peuples. C'est au peuple de décider, c'est au peuple de décider de leur propre dirigeant. En ceci dit, nous n'avons pas reconnu l'élection de monsieur Madouron.
Oui, monsieur le ministre. La la France a joué un rôle pionnier dans la reconnaissance de l'État palestinien et évidemment le le seul, vous citiziez tout à l'heure les cinq membres permanents du conseil de sécurité parmi les trois grandes puissances occidentales. C'est celle qui a donné le mouvement.
Aujourd'hui, vous allez plus loin et je crois que vous pouvez l'annoncer ce soir en terme de de mission à Gaza. Sous quelle forme ? Alors, j'irai même un peu plus loin que vous.
Euh je ne l'entends pas beaucoup dans la bouche des observateurs français, mais chaque fois que je me déplace à l'étranger, c'est ce que l'on me dit. L'initiative que la France a porté avec l'Arabie Saoudite dans le cadre de laquelle la France a reconnu l'État de Palestine a ouvert la voie au plan de paix que les États-Unis d'Amérique ont présenté le 29 septembre dernier. Un plan de paix dont nous voulons qu'il soit une réussite et auquelle nous voulons contribuer.
Nous y contribuons de différentes manières. Nous co-organiserons avec l'Égypte, les États-Unis conférence sur la reconstruction de Gaza dans quelques semaines. Nous travaillons en ce moment même à New York, aux Nations-Unies, avec les équipes américaines pour que le mandat soit donné à une force internationale de stabilisation qui va permettre de sécuriser euh Gaza.
Et puis enfin, nous avons dépêché des personnels militaires et civils français dans l'équipe que les États-Unis ont déployer en Israël pour mettre en œuvre sur le terrain les différents points du du plan de paix. Donc, vous allez envoyer des militaires et des civils à Gaza. C'est bien ça ?
En en au centre civilo-militaire que les États-Unis ont créé pour mettre en œuvre le plan de paix qui se situe en Israël entre Jérusalem et Telavif. To tous ces sujets sont évidemment extrêmement sensibles. Euh un point que que qui est important d'exclercir parce ça suscite toujours beaucoup de suppositions, c'est chaque fois que Benjamin Metahou qui est sous le coût du mandat d'arrêt de la compagne internationale survole ou non l'Europe, la France.
Vous savez que tous les amateurs de Flight Radar suivent son avion pour et se demandent si oui ou non la France accepte qu'il survole le territoire français. Qu'est-ce qu'il en est ? Nous répondons à toutes les sollicitations de la Cour pénale internationale.
J'irai même plus loin. Euh vous le savez, certains juges dont un juge français de la Cour pénale internationale ont fait l'objet de sanctions euh américaines que nous avons dénoncé et nous travaillons activement avec la Cour pénale internationale pour lui donner les moyens de continuer à à travailler en dépit des sanctions. Parce que je le dis pour les téléspectateurs qui nous regardent, quand les États-Unis sanctionnent cette cour pénale à laquelle nous sommes attachés, et bien les juges qui sont concernés perdre l'accès à leur carte bleue, à leur boîte mail et sont presque dans l'incapacité de travailler.
Nous voulons que la Cour puisse travailler en toute indépendance conformément au statut de Rome auquel nous sommes particulièrement attachés. Et lorsque nous avons des réquisitions de la Cour pénale internationale et bien évidemment la France s'y conforme. Alors ça j'ai compris mais est-ce que oui ou non Benjamin Mignou peut survoler avec son avion peut entrer dans l'espace aérien français ?
Et je crois pas que la question soit posée qu'il y a pas de de voyage particulier mais surtout je ne vois pas s'est posé quandme quand il est allé aux États-Unis question s'est posé vois pas le rapport entre votre question et la cour pénale internationale. Mais il est sous le coup de mandat et alors donc dans ce cas-là en principe pour vous ça ne pose pas de problème c'est pas pour moi. qu'il y a pas de rapport entre le mandat et le survol que le le l'avion de telle ou telle personne sous mandat d'arrêt euh va faire et et le et la et la réaction des des pays qui se survolés.
Donc pardon, pas faire Noël là-dessus, mais qu'on comprenne bien, ça veut dire que il peut survoler de fait le le l'espace, il peut rentrer dans l'espace aérien français, il peut traverser le le ciel français pour aller aux États-Unis. Ça ça n'est pas un problème pour la France. Ça n'est pas un problème pour vis-à-vis du droit international, pas un problème vis-à-vis de la Cour pénale internationale.
Ça n'a même rien à voir avec la Cour pénale internationale. Monsieur le ministre, la lutte vous ce jeudi, c'est le sommet sur les grands lacs. La l'Afrique est une terre où alors la Russie est active, où l'islamisme représente un très grand danger, le dhadisme et sera bientôt l'accommoration des attentats du Bataclan.
Est-ce que la France est en mesure de dire à l'influence djihadiste, die sait s'il y a eu des morts français pour se battre contre elle, vous n'irez pas plus loin. Je vous réponds là-dessus. Mais avant cela, pourquoi est-ce que nous accueillons une conférence euh sur les grands lacces ?
Les grands Lacs, c'est cette région euh au cœur de l'Afrique entre la République démocratique du Congo, le Rwanda notamment. C'est là où se euh déroule la 2e crise humanitaire la plus grave du monde avec euh 27 millions de personnes en insécurité alimentaire. 7 millions de personnes déplacées, 5 millions de personnes en crise aigue, un viol tous les 4 minutes et le risque sanitaire majeur d'une résurgence d'épinémie comme Ébola euh ou même comme le SIDA étant donné la situation dans la région.
Et donc notre objectif, c'est de mobiliser la communauté internationale pour apporter une réponse humanitaire à cette crise, mais aussi de rassembler les acteurs euh de la région, les pays de la région euh et les acteurs du conflit pour que un cesser le feu puisse être obtenu le plus rapidement possible. Vous savez qu'il y a eu des médiations au Qatar et puis aux États-Unis, mais nous voulons que ça avance parce qu'on ne peut pas se satisfaire d'une crise qui dégénère et qui pourrait avoir une des conséquences dans toute la région et bien au-delà. Ensuite sur le djihadisme en Afrique, on l'a évoqué deux fois déjà dans cet entretien et c'est et c'est légitime parce que c'est une problématique majeur pour nous même si à ce stade nous n'avons pas été victime directement d'un attentat qui soit projeté depuis des foyers terroristes africains.
Mais ça pourrait venir à l'avenir. Plusieurs choses que nous faisons. D'abord, c'est la coopération en matière de renseignement avec l'Algérie, mais pas seulement, qui nous permet de nous protéger contre de teles une telle menace et de tel risque.
Ensuite, c'est la coopération avec les pays qui sont eux-mêmes parfois victimes de ce de cet élargissement de la sphère d'influence du terrorisme. et avec ces pays et bien nous quand lorsqu'il le nous sollicite par exemple pour acheter des équipements en matière de défense français et bien nous répondons à leur sollicitation et puis enfin ce que nous faisons et je le dis avec une certaine fierté puisque c'est le le ministère des affaires étrangères le quedors qui est maître d'œuvre là-dessus nous développons des écoles régionales pour former des officiers pour former des policiers et il y en a une en particulier qui forme en Côte d'Ivoire des officiers spécialisés dans la lutte antiterroristme. Voilà ce que fait la France pour contenir la menace terroriste en Afrique.
Monsieur ministre, merci beaucoup. Deux questions encore personnelles, politique. Vous êtes un centriste, je rappelle toujours Jean Dormeçon qui était le maître de la liste politique qui disait "Méfiez-vous des centristes, ce sont les manœuvriers les plus redoutables.
Là, vous êtes en train de négocier votre budget, c'est combien le budget de la du K d'oret ? Vous vous battez là ? Chacun se bat en ce moment bud.
Oui. Le budget l'année dernière c'était 6 milliards d'euros tout compris. Et et nous proposons puisque le le notre poids à l'extérieur dépend de notre force intérieure et que notre force intérieure dépend de la la situation de nos finances publiques, je vais défendre une réduction de ce budget de 400 millions d'euros cette année.
Et je souhaite ne pas devoir aller plus loin parce que nous avons besoin d'une diplomatie plus forte. Nous avons besoin de protéger les 3 millions de français qui sont à l'étranger et je n'oublie pas nos compatriotes qui sont retenus oage ou qui sont détenus arbitrairement. Puis nous avons besoin de porter la voie de la France et de manière différente de ce que nous avons pu faire par le passé puisque sur les réseaux sociaux, il faut être entendu et il faut pouvoir se défendre contre l'agressivité de nos rivaux et de nos adversaires.
Vous êtes un un fidèle du président de la République depuis très longtemps. Euh voilà, vous voyez que la les fidèles qui deviennent moins fidèles en ce moment, de quel œil vous les regardez là ? Vous savez, je je crois que la fonction présidentielle est la clé de voûte de la 5e euh République.
Elle doit donc être préservé parce que euh s'en prendre à elle, euh c'est prendre le risque de créer une instabilité qui nous affelluerait, qui nous désunrait dans un moment où nous avons besoin de renvoyer une image de stabilité et de force. C'est une erreur ce qui demande sa son départ dans dans votre propre camp dans le bloc central. Je pense que c'est une erreur de s'en prendre à la fonction présidentielle dans la 5e République.
Merci beaucoup, monsieur le ministre. Merci à vous.
Jean-noël Barrot