Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
InterviewFrance Inter (sur YouTube)· 26 août 2024 26 minContradictoireActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesTravail & emploiRetraitesSolidarités & famille

Patrick Martin : "Ce n'est pas la politique économique qui a été sanctionnée"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 35 %Attaque 45 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 95 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:51OuverteRéponse directe

    Les chefs d'entreprise sont-ils encore dans la parenthèse olympique enchantée ou ont-ils maintenant de sérieuses inquiétudes sur les mois à venir ?

  • 1:33RelanceRéponse directe

    Vous dites que la France a perdu un trimestre de croissance depuis le 9 juin

  • 2:20RelanceRéponse directe

    Donc il y a un lien direct entre la situation politique et les décisions politiques et la chute de la croissance, vous l'avez constaté immédiatement dans les chiffres

  • 2:37FerméeRéponse directe

    Vous parlez de massacre dans une interview au Figaro

  • 3:59OuverteRéponse directe

    Les résultats ont été bons pour les médailles, pour l'image de la France, mais est-ce qu'il y a eu des retombées bénéfiques ou est-ce que c'est plus mitigé ?

  • 5:18OuverteRéponse directe

    L'an dernier, lors des journées d'été du MEDEF, vous receviez la première ministre de l'époque, Elisabeth Borne, accompagnée de 8 ministres de son gouvernement. Cette année, zéro. Comme patron du MEDEF, comment voyez-vous ces fauteuils vides ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:39Invité politiqueChiffre
    « il y a 10 000 suppressions d'emplois par mois dorénavant »
  • 3:25Invité politiqueChiffre
    « on a battu en juillet le record historique de dépôt de bilan »
  • 3:35PrésentateurChiffre
    « Un peu moins de 6000, c'est ça, 5800 »
  • 4:42Invité politiqueChiffre
    « on estime, on partage ça avec la Banque de France, que ce sera un effet sur la croissance du troisième trimestre de 0,2 à 0,3 points »
  • 8:38Invité politiqueFait
    « avec l'augmentation du SMIC je peux vous dire que dans la restauration collective, la sécurité, la propreté mais aussi le bâtiment, la grande distribution ça ne sera pas économiquement supportable »
  • 9:32Invité politiqueChiffre
    « chaque mois un salarié paye encore 368 euros de charges »
  • 11:46Invité politiqueFait
    « si abrogation de la réforme des retraites augmentation des cotisations qu'on se comprenne bien y compris des cotisations salariales c'est ça la vérité à la fin »
  • 11:53Invité politiqueChiffre
    « si on creuse le déficit des retraites de 17 milliards d'euros par an à partir de 2030 »
  • 13:24Invité politiqueChiffre
    « les deux millions de nos concitoyens qui ont trouvé un emploi depuis 2017 grâce à la politique de l'offre »
  • 22:46Invité politiqueFait
    « le taux d'emploi des seniors de 50 à 60 ans en France est dorénavant supérieur à la moyenne européenne »
  • 22:55Invité politiqueChiffre
    « le taux d'emploi des 60-64 ans qui est effectivement très inférieur à la moyenne européenne a déjà augmenté de 10 points ces dernières années »
  • 24:34Invité politiqueChiffre
    « à la naissance un petit français ou un bébé né sur le territoire national supportent d'entrée de jeu 45 000 euros de dette liés à la dette publique »

Temps de parole

  • Patrick Martin59 %
  • Présentateur17 %
  • Invité14 %
  • Présentateur 26 %
  • Présentateur 32 %

1,2 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

France Inter, Léa Salamé, Nicolas Demorand, le 7-10 Et avec Léa Salamé, nous recevons ce matin le président du MEDEF Le MEDEF qui fait aujourd'hui sa rentrée avec la rencontre des entrepreneurs de France à Longchamp Vos questions, vos réactions, amis auditeurs, amis auditrices au 01 45 24 7000 et sur l'application France Inter Patrick Martin, bonjour Bonjour Et merci d'être à notre micro, on va venir dans un instant à la situation politique inédite du pays Toujours sans Premier Ministre et à la manière dont les patrons traversent ce moment Mais d'abord un mot sur la situation économique de la France en cette rentrée Après un été marqué par les Jeux Olympiques et bientôt Paralympiques Les chefs d'entreprise sont-ils encore dans la parenthèse olympique enchantée Ou ont-ils maintenant de sérieuses inquiétudes sur les mois à venir ?

1:01
Patrick Martin

Je vais commencer par vous dire que comme tout un chacun, les chefs d'entreprise ont été impressionnés, sont très fiers du déroulement des Jeux Olympiques Auquel ils ont contribué à ce déroulement, convaincus que ça aura des effets positifs sur la croissance plutôt dans les métiers de service Mais oui on est rattrapé je dirais par les réalités et par ailleurs il y a une activité économique qui est très molle en ce moment Et il y a un certain nombre de décisions qui depuis la dissolution en définitive sont à l'arrêt Je veux parler de décision d'investissement, je veux parler de décision d'embauche

1:33
Invité

Vous dites que la France a perdu un trimestre de croissance depuis le 9 juin Un trimestre de croissance depuis le 9 juin Le 9 juin c'était le moment où Emmanuel Macron a décidé de dissoudre l'Assemblée nationale

1:46
Patrick Martin

Oui alors qu'on était plutôt sur une bonne tendance en termes de création d'emplois, en termes de croissance Les chiffres du deuxième trimestre qui enjambent le 9 juin, enfin c'était à la fin du deuxième trimestre étaient positifs et corroboraient les prévisions de croissance du gouvernement Mais depuis lors, parce qu'il y a une offre politique très illisible et qui sur certains pans de cette offre sont très inquiétantes pour les chefs d'entreprise Très normalement, très normalement, je suis chef d'entreprise avant d'être président du MEDEF et donc je fais comme les autres, je me dis oulalala, attendons de voir à quelle sauce on va être mangé

2:20
Invité

Donc il y a un lien direct entre la situation politique et les décisions politiques et la chute de la croissance, vous l'avez constaté immédiatement dans les chiffres

2:28
Patrick Martin

Bien sûr, bien sûr, et puis après d'un secteur d'activité à l'autre il y avait des trajectoires qui étaient plus ou moins positives typiquement dans le bâtiment qui est sinistré, il faut dire les choses

2:37
Présentateur

Vous parlez de massacre dans une interview au Figaro

2:39
Patrick Martin

Absolument, il y a 10 000 suppressions d'emplois par mois dorénavant les permis de construire sont à l'arrêt, enfin ça prend des proportions dramatiques et ça, ce n'est pas du fait de la dissolution, mais ça a accentué encore Dans les transactions immobilières qui étaient déjà à un niveau assez faible c'est à l'arrêt actuellement et c'est normal parce que les ménages comme les entreprises se disent mais quels seront nos impôts demain quelle sera la dynamique d'activité est-ce que mon emploi va être menacé ? Tout ça est logique

3:04
Invité

Vous dites cela et malgré tout les chiffres sur le moral des chefs d'entreprise et des patrons est en hausse

3:09
Patrick Martin

Alors, il y a des indices un peu plus positifs sur le mois d'août tant mieux, effet JO de mon point de vue ça n'enlève rien au fait que par exemple dans l'intérim l'activité baisse depuis 6 trimestres dans l'industrie l'activité baisse depuis 8 mois dorénavant ça c'est factuel et je donne un autre chiffre, pardon on a battu en juillet le record historique de dépôt de bilan ça c'est des chiffres

3:33
Présentateur

On n'avait jamais vu ça dans l'histoire Jamais Un peu moins de 6000, c'est ça, 5800

3:37
Patrick Martin

5800, oui Alors il ne s'agit pas de pleurnicher, de dire que c'est la fin du monde non pas du tout, mais on a besoin de visibilité, on a besoin de stabilité et puis surtout qu'on ne vienne pas nous matraquer par des mesures législatives totalement inappropriées au regard de cette situation économique

3:53
Présentateur

Alors ça on va y venir, mais encore un mot Patrick Martin sur le bilan économique des Jeux Olympiques et Paralympiques les résultats ont été bons pour les médailles, pour l'image de la France mais est-ce qu'il y a eu des retombées bénéfiques ou est-ce que c'est plus mitigé ? Est-ce qu'il y a eu un boost, si j'ose dire, pour l'économie française ou pas vraiment ?

4:16
Patrick Martin

Alors d'abord les Jeux Olympiques n'ont pas commencé à la cérémonie d'ouverture donc ça a eu déjà un effet positif depuis des années d'ailleurs avec la construction du village olympique, enfin il y a beaucoup d'entreprises nous on s'est appliqué à ce qu'est beaucoup de PME en particulier qui ont été impliqués dans la préparation des Jeux Olympiques ensuite du côté plutôt des prestataires de services, de l'hôtellerie, de la restauration ça a eu des retombées positives, ici ou là il y a eu quelques déçus mais globalement c'est très positif, on estime, on partage ça avec la Banque de France que ce sera un effet sur la croissance du troisième trimestre de 0,2 à 0,3 points et puis il y a la tendance longue, je pense que pour l'image de la France ces Jeux Olympiques et Paralympiques sont dingues moi je parlais de fierté tout à l'heure, j'ai beaucoup d'amis étrangers qui disent mais vous êtes un pays fabuleux, ils vont venir

5:00
Invité

Les décepions c'est surtout dans l'hôtellerie et la restauration

5:02
Patrick Martin

Oui mais sans en faire une généralité à vrai dire c'est plutôt avant les Jeux Olympiques avec toutes les mesures de sécurité à Paris qu'il y a eu, il faut le dire, une grosse baisse d'activité depuis lors dans l'hôtellerie et la restauration mais c'est vrai par exemple, des grandes surfaces alimentaires en Ile-de-France il y a des chiffres incroyablement positifs

5:18
Invité

Alors Patrick Martin, l'an dernier, lors des journées d'été du MEDEF vous receviez la première ministre de l'époque, Elisabeth Borne accompagnée de 8 ministres de son gouvernement cette année, zéro

5:28
Patrick Martin

Mieux que ça, on avait accueilli 18 ministres l'année dernière, tous n'avaient pas pris la parole mais bon

5:33
Invité

Cette année, zéro, zéro ministres conviés et pour cause ils sont tous démissionnaires Comme patron du MEDEF, comment voyez-vous ces fauteuils vides ? Et plus largement, les chefs d'entreprise sont-ils inquiets du flou politique du moment ?

5:46
Patrick Martin

Oui, alors c'est comme un accord que les ministres ne viennent pas Il n'empêche que nous aurons Gérard Larcher et Yael Brown-Pivet c'est pas indifférent parce qu'on est tous conscients que le pouvoir s'est déplacé pour partie vers le Parlement, vers l'Assemblée Nationale donc on est très impatients de les entendre Ce ne sont pas des gens indifférents, je dirais, dans le panorama politique Mais traditionnellement il y avait toujours des ministres

6:08
Invité

parce que c'est un moment de lobbying des patrons avec les ministres pas cette année

6:12
Patrick Martin

Alors il y a Bruno Le Maire qui viendra mais qui ne prendra pas la parole mais les faire venir pour qu'ils ne parlent pas ça n'a pas grand sens si vous voulez c'est pas un numéro de claquette notre rencontre des entrepreneurs de France

6:23
Invité

Ils sont inquiets les patrons ?

6:25
Patrick Martin

Oui, ils sont inquiets parce que d'abord la situation du monde est un peu préoccupante mais enfin quand on voit la dureté de la concurrence internationale les Chinois qui nous submergent de panneaux photovoltaïques de voitures électriques, d'acier les Américains qui montent en puissance et puis il y a les élections américaines qui vont arriver et puis en France même voilà on est dans l'indécision et l'économie d'une manière générale je le redis, c'est vrai pour les particuliers comme pour les entreprises l'économie n'aime pas l'indécision elle aime encore moins les menaces donc les chefs d'entreprise sont inquiets il ne faudrait pas les rendre fébriles avec un flou politique qui dure trop longtemps et puis surtout une offre politique des décisions politiques inappropriées au regard de nos intérêts économiques

7:08
Présentateur

Donc Patrick Martin, comme patron du MEDEF votre message ce matin c'est il y a urgence à sortir des consultations organisées par Emmanuel Macron et à nommer un premier ministre ?

7:21
Patrick Martin

Alors urgence, oui il ne faut pas que ça tarde trop mais il faut surtout un bon programme et puis la bonne personne pour le mettre en oeuvre et je me permets de dire que si on peut avoir un gouvernement qui dans sa tête et dans ses actes enjambe la présidentielle de 2027 c'est-à-dire inscrit le pays dans une trajectoire longue ça sera encore mieux

7:41
Invité

Alors un bon programme et une bonne personne pour le défendre dites-vous, vous le savez le nouveau Front Populaire arrivé en tête estime que c'est à lui d'exercer le pouvoir et pousse la candidature de Lucie Castet et son programme qui a été défendu pendant les législatives si cette option devait être retenue comment réagiriez-vous alors que vous disiez clairement pendant les législatives que le programme du nouveau Front Populaire comme celui du Rassemblement National d'ailleurs était, je vous cite, dangereux et insupportable au sens propre du terme ?

8:08
Patrick Martin

Alors qu'on se comprenne bien la réaction des chefs d'entreprise la réaction du MEDES ce ne seront pas des réactions politiques ce sont des réactions économiques s'il y a plus d'impôts si on charge la barque en annulant la réforme des retraites en augmentant le SMIC à la seule charge des entreprises immanquablement ça va impacter les décisions des entreprises il y aura moins d'argent dans les entreprises pour embaucher il y aura moins d'argent pour investir et il y aura moins d'argent pour augmenter les salaires je parlais tout à l'heure du nombre record de dépôts de bilan écoutez je suis désolé ça va précipiter des dépôts de bilan avec l'augmentation du SMIC je peux vous dire que dans la restauration collective la sécurité, la propreté mais aussi le bâtiment la grande distribution ça ne sera pas économiquement supportable on ne s'en réjouit évidemment pas tout ce dont on rêve et tout ce qu'on veut faire c'est de réussir

8:55
Présentateur

mais le SMIC à 1600 euros c'est une proposition qui est soutenue par certains patrons et par des personnalités de droite comme Gérald Darmanin qui dit qu'on aurait tort de l'écarter d'un revers de main d'écarter l'augmentation du SMIC d'un revers de main qu'est-ce que ça vous inspire ?

9:11
Patrick Martin

mais je suis d'accord pour que le SMIC soit porté à 1600 euros puis que d'une manière générale tous les salaires augmentent mais il y a des réalités économiques il y a une concurrence on a des comptes d'exploitation on voit bien qui est en perte qui est en bénéfice donc il y a d'autres solutions pour revaloriser les salaires et la première de ces solutions c'est de remettre à plat le financement de la protection sociale en France au niveau du SMIC chaque mois un salarié paye encore 368 euros de charges moi je pense que d'abord on pourrait réduire la dépense sociale il y a des poches économiques ensuite la France devrait arrêter de se singulariser aux yeux du monde entier en étant le pays où la protection sociale est le plus financée par le travail donc il y a des solutions oui on peut augmenter le SMIC

9:52
Invité

mais vous le savez le pouvoir d'achat c'est la préoccupation numéro 1 des français ne pensez-vous pas que les chefs d'entreprise doivent faire un geste aussi doivent faire un geste pour augmenter ce pouvoir d'achat et ça passe par l'augmentation des salaires et peut-être par l'augmentation du SMIC

10:05
Patrick Martin

alors est-ce que les chefs d'entreprise n'ont pas augmenté les salaires les entreprises tous les chiffres le confirment cette année il y aura en moyenne des entreprises des augmentations de salaires de l'ordre de 3,2-3,3% en fonction de ce que peuvent faire les entreprises

10:19
Invité

d'accord mais ça vient après deux ans d'inflation qui ont touché qui étaient supérieurs aux 3% dont vous parlez bien supérieurs et qui ont touché notamment les personnes qui gagnent le moins d'argent

10:27
Patrick Martin

alors le SMIC a été mécaniquement revalorisé en réalité les salariés qui ont pu souffrir ce sont plutôt les salaires intermédiaires ou supérieurs en 2023 on avait été au rendez-vous aussi j'ajoute un point qui n'a pas été suffisamment souligné on a signé avec les syndicats un accord sur le partage de la valeur donc on est bien conscient on l'a signé cet accord le MEDEF l'a signé on est bien conscient que quand c'est possible on peut mieux partager les bénéfices et on est prêt à le faire donc voilà je ne suis pas du tout en train de dire qu'il n'y a pas de problème de pouvoir d'achat pour les salariés modestes je dis simplement que ça n'est pas tout noir ou tout blanc et que les entreprises quand même font face à leurs responsabilités

11:10
Présentateur

Autre point Patrick Martin que pousse le nouveau Front populaire ils ont même annoncé que ce serait leur première mesure les syndicats sont également sur cette ligne c'est l'abrogation de la réforme des retraites il pourrait sur ce coup y avoir une majorité à l'Assemblée avec les voix du RN pour abroger cette réforme des retraites ou la suspendre que dites-vous de cette possibilité ce matin ?

11:35
Patrick Martin

Je vais citer les bons auteurs Dominique Seuil il y a quelques minutes sur votre antenne qui rappelait une chose qui a été savamment occultée par le nouveau Front populaire lui-même si abrogation de la réforme des retraites augmentation des cotisations qu'on se comprenne bien y compris des cotisations salariales c'est ça la vérité à la fin c'est que si on creuse le déficit des retraites de 17 milliards d'euros par an à partir de 2030 à un moment ou à un autre au niveau d'endettement où est la France qui est insupportable il faudra bien que quelqu'un paye donc ça sera les salariés les entreprises et ou les retraités dont on baissera les retraites tout ça c'est de l'arithmétique il n'y a pas besoin d'être prix Nobel pour le comprendre

12:12
Invité

mais en fait à vous écouter ce matin vous dites comme patron du MEDEF il ne faut surtout pas faire le SMIC à 1600 euros il ne faut surtout pas abroger la réforme des retraites j'imagine que vous allez dire aussi il ne faut surtout pas toucher à revenir à l'ISF donc du coup on fait comme s'il n'y a pas eu les élections législatives comme s'il n'y avait pas eu même Emmanuel Macron a reconnu que les législatives avaient envoyé un message d'alternance est-ce qu'il n'y a pas un message à entendre du vote des français il y a deux mois qui ont dit peut-être que cette politique économique là peut-être que cette politique de l'offre là on en a assez ou il faut la changer ou au minimum l'améliorer vous n'avez pas entendu ça dans le vote des français ?

12:56
Patrick Martin

D'abord j'ai dit tout à l'heure que pour la revalorisation du SMIC il y avait d'autres solutions qui ne pénaliseraient pas l'économie ensuite je ne me suis pas exprimé sur des sujets parce que je ne pense pas être légitime à le faire typiquement l'ordre public et ensuite est-ce que ces élections ont sanctionné la politique économique du gouvernement ?

Pendant les débats électoraux vous avez entendu parler d'innovation vous avez entendu parler de formation on n'a même pas entendu parler d'emploi donc nous ce qu'on considère c'est que ce n'est pas la politique économique qui a été sanctionnée que je sache les deux millions de nos concitoyens qui ont trouvé un emploi depuis 2017 grâce à la politique de l'offre ont des revenus maintenant supérieurs à ce qu'ils auraient s'ils étaient au chômage ils ont une dignité parce que le travail est un moyen d'inclusion absolument remarquable donc je crois qu'il faut pas se tromper de débat nous ce qu'on veut c'est réimposer la rationalité économique c'est pas les petits profits des chaînes d'entreprise c'est simplement parce que c'est l'économie qui commande beaucoup de choses l'emploi le pouvoir d'achat les déficits publics les déficits commerciaux et de ça les politiques quels qu'ils soient n'ont pas suffisamment parlé nous on veut en parler parce que c'est la pierre angulaire

14:01
Présentateur

on va passer au standard inter où nous attend Elisa bonjour bienvenue bonjour à tous à choisir entre les deux le MEDES préfère-t-il le programme économique du nouveau fonds populaire approuvé par 300 économistes Gabriel Zuckman Thomas Piketty ou plutôt il préférerait celui du rassemblement national à 100 milliards de dépenses par an un désastre pour les finances publiques et peu crédible pour le pouvoir d'achat et les retraites merci Elisa pour cette question Patrick Martin vous répond

14:34
Patrick Martin

moi je me suis déjà exprimé là-dessus ça a été rappelé tout à l'heure par Elia Salamé il y a une autre offre politique nous tous qui de près ou de loin affaiblit l'économie du pays par voie de conséquence le pouvoir d'achat par voie de conséquence l'emploi on le dénonce on est quand même le pays au monde où on paye le plus d'impôts on est le pays au monde où il y a le plus de dépenses publiques et en parallèle on est le pays au monde où il y a le plus de déficit donc à un moment donné il faut se poser les bonnes questions nous on ne fait pas de la politique à proprement parler

15:03
Présentateur

Sur la question et l'emploi du mot insupportable pour qualifier le programme du nouveau front populaire Renato vous dit la chose suivante insupportable vraiment réduire les inégalités sociales aggravées par les politiques néolibérales restaurer les services publics de santé, d'éducation, de justice abandonner par ces politiques demander une contribution équitable à tous les citoyens pour réaliser ce programme républicain soucieux d'égalité, de liberté, de fraternité est-ce vraiment insupportable ?

15:37
Patrick Martin

Non, insupportable il faut se comprendre c'est au sens premier du terme c'est pas pour exprimer une irritation que j'ai employé ce terme là c'est tout simplement que physiquement on ne pourrait pas le supporter bon ensuite je ne vais pas reprendre tout ce que j'ai déjà dit si le modèle français fonctionnait avec le niveau de dépenses publiques le plus élevé du monde ça se saurait on aurait des performances sur le système éducatif sur la sécurité sur un certain nombre d'autres indicateurs qui seraient les meilleurs du monde ce ne sont pas les meilleurs du monde donc sans parti pris c'est pas illogique qu'on s'interroge sur ce modèle premier point deuxième point est-ce que la politique qui a été menée ces dernières années a donné de mauvais résultats en terme de croissance en terme de création d'emplois en terme de génération de pouvoir d'achat il y a quand même eu un événement majeur le Covid qui a touché le monde entier donc la France est-ce que tout ça n'a pas été efficace voilà c'est tout

16:26
Présentateur

retour au standard Patrick à Montpellier bonjour oui bon bonjour à tous et bonjour à votre invité monsieur Martin une question très simple j'observe comme beaucoup de français aujourd'hui qu'il n'y a pas de majorité politique qui se dégage aucune majorité politique d'ailleurs j'en veux beaucoup notamment à certaines forces politiques forces politiques je pense à NFP par exemple qui revendique la nomination d'un premier ministre puisqu'il n'y a pas de majorité politique impossible les français se sont exprimés clairement là-dessus malheureusement un tiers un tiers un tiers donc pas de possibilité politiquement de nommer un premier ministre pourquoi le président de la république ne nommerait-il pas un chef d'entreprise jusqu'aux prochaines élections présidentielles puisqu'on sait très bien que les chefs d'entreprise ont au moins cette faculté de gérer on va dire le budget en fonction des rentrées et la prospective aussi les possibilités de croissance bref les qualités d'un chef d'entreprise évidemment un homme d'état quelqu'un qui a une vraie réputation quelqu'un qui est assis pourrait peut-être d'ici la prochaine élection présidentielle en 2027 créer quelque chose d'intéressant pour notre pays voilà ma proposition monsieur Martin

17:31
Invité

vous avez des idées vous avez des noms

17:33
Présentateur

écoutez il paraît que le président de Renault est pressenti on parle de lui mais il n'y a pas que lui Jean-Dominique Sénat vous voyez par exemple mais moi j'ai eu par exemple quelques quelques il y a quelques années l'ancien président de la SNCF Louis Gallois qui était un homme formidable gérer une mission d'état une mission publique il y a parmi les chefs d'entreprise des gens un peu âgés on va dire aujourd'hui qu'il y a une vraie expérience des hommes d'état entre guillemets même si effectivement il ne porte pas le nom un patron et aussi quelqu'un qui a une véritable responsabilité et une grandeur aussi pour notre pays et je pense que c'est une option à étudier Merci Patrick pour cette intervention Patrick Martin vous répond Pourquoi pas

18:15
Patrick Martin

moi je ne suis pas dans la tête du président de la république qui à la fin est quand même décisionnaire ce qui me paraît important évidemment je partage ce que vous avez dit les chefs d'entreprise dont l'immense majorité des cas savent compter bon premier point ils ont peut-être plus que d'autres le sens du temps long j'évoquais tout à l'heure la nécessité d'enjamber l'élection présidentielle de 2027 il faut pas qu'on soit prisonnier de calculs individuels ou politiciens bon après il y a des chefs d'entreprise remarquables femmes ou hommes mais dans ce panorama il faut aussi quelqu'un de très expérimenté parce que ça va être ça va être très subtil de négocier avec le parlement que le parlement et de dégager au cas par cas ou plus systématiquement des majorités au moins relatives je ne sais pas répondre mais je partage en partie votre remarque

19:03
Invité

mais pour vous le profil doit ressembler à quoi c'est à dire à un politique à un techno qu'est-ce que je sais que c'est pas à vous de choisir mais on vous entend très inquiet des programmes du NFP et du rassemblement national mais en l'occurrence c'est le NFP qui est sur la table alors nous parlons alors c'est quoi le profil idéal dans ce casse-tête ou dans cette équation très difficile à résoudre pour Emmanuel Macron

19:30
Patrick Martin

il faut quelqu'un qui connaisse le monde parce qu'on est très nombriliste à nouveau dans tous ces débats on n'a pas parlé de la concurrence internationale on n'a pas parlé de ce qui se passe dans les autres pays de bien ou de mal d'ailleurs l'Allemagne ne va très bien ne va pas très bien par exemple il faut quelqu'un qui comprenne les grands mécanismes économiques mais il faut aussi quelqu'un qui à nouveau soit à l'aise autant qu'on puisse l'être ce casting est difficile à satisfaire j'en suis parfaitement conscient

19:56
Invité

en tout cas dans le casting la personne qui sera nommée devra boucler le budget 2025 et ça c'est pas une mince affaire on rappelle que Bruno Le Maire estime qu'il faut faire 25 milliards d'économies où vous les trouvez si vous dites il faut pas d'augmentation d'impôts ?

20:12
Patrick Martin

et bien écoutez il y a l'éternel éléphant au milieu de la pièce on dit que les entreprises sont aidées excessivement non les entreprises françaises sont les plus taxées au monde net des aides dont effectivement elles bénéficient par contre on ne parle jamais jamais des économies que l'Etat la sphère publique plus généralement pourrait faire sur ces frais de fonctionnement tous les comparatifs internationaux en témoignent on a beaucoup trop de frais d'administration de l'administration dans notre pays je suis bien curieux de savoir quelle politique va s'attaquer à ce sujet on touche à des intérêts particuliers oui mais quoi qu'il advienne on touche à des intérêts particuliers pourquoi pas cela

20:53
Présentateur

Pensez-vous que la France puisse tenir son objectif de croissance 1% ou c'est trop optimiste ?

21:00
Patrick Martin

Moi je pense qu'elle peut le tenir mais sous réserve à nouveau que rapidement on est on dégage le panorama économique politique législatif social et qu'on apporte de l'apaisement les chefs d'entreprise ne demandent pas des triple salto arrière si vous me permettez aux futurs premiers ministres ils demandent simplement de savoir où on va et si c'est dans la bonne direction et de poursuivre

21:22
Invité

la politique telle qu'elle est mise en place si je vous écoute bien ce matin en gros vous dites continuons la politique menée par Emmanuel Macron depuis 7 ans politique économique

21:32
Patrick Martin

elle marche et à nouveau je ne crois pas que ce soit cette politique qui était sanctionnée lors des élections ce sont d'autres sujets bien réels auxquels il faut répondre mais avez-vous entendu parler d'économie dans la campagne

21:45
Invité

il a été question de justice sociale il a été question des salaires du pouvoir d'achat

21:49
Patrick Martin

mais oui mais oui de distribution de pouvoir d'achat et il le faut qui a parlé de création de richesse comment peut-on continuer à distribuer de l'argent qu'on n'a pas alors qu'on a un niveau de dette publique abyssal

22:02
Présentateur

allez on retourne au standard Catherine dernière question pour vous bonjour bienvenue

22:07
Invité

bonjour l'équipe France Inter bonjour monsieur Martin voici ma question quelles seraient les décisions politiques en matière d'embauche des seniors qui seraient bénéfiques pour les entreprises pour l'économie et pour notre taux d'embauche des seniors qui est désastreux en Europe merci pour des réponses concrètes

22:32
Présentateur

merci à vous Catherine pour cette question précise Patrick Martin vous répond

22:37
Patrick Martin

la première décision c'est de ne pas annuler la réforme des retraites le taux d'emploi des seniors de 50 à 60 ans en France est dorénavant supérieur à la moyenne européenne contrairement à ce que vous venez de dire le taux d'emploi des 60 64 ans qui est effectivement très inférieur à la moyenne européenne a déjà augmenté de 10 points ces dernières années ce que je veux dire par là c'est qu'on sait tous les recruteurs les candidats que si l'échéance de départ en retraite est reportée on se dirige plus facilement vers l'embauche dans les entreprises ça c'est un premier élément de réponse deuxième élément de réponse on est prêt nous je vais le redire cet après-midi dans mon discours à la REF on est prêt à rouvrir avec les salariés une négociation qui a échoué au printemps dernier sur l'emploi des seniors mais les conditions de la réussite sont là on les connaît et à nouveau le taux d'emploi des seniors est en train d'augmenter dès à présent

23:31
Présentateur

le thème de vos journées d'été c'est le pouvoir et dans cette interview au Figaro vous dites je vous cite le MEDEF a décidé de lancer un front économique associant des chefs d'entreprise des économistes et des think tanks pour peser dans le débat et éviter que nos décideurs ne s'égarent nous nous mettons en ordre de bataille en vue des prochaines élections échéances électorales afin de défendre nos convictions influencer la décision publique qui ne prend pas assez en compte l'état de l'économie ni l'état du monde fin de citation vous estimez que vous êtes tenu trop à l'écart de la politique vous voulez plus clairement influer, influencer la sphère politique ?

24:16
Patrick Martin

oui la sphère politique et le débat public à nouveau à un moment donné il y a un principe de rationalité il faut être objectif quand on analyse les choses enfin combien de nos concitoyens sont-ils conscients qu'à la naissance un petit français ou un bébé né sur le territoire national supportent d'entrée de jeu 45 000 euros de dette liés à la dette publique ça calme quand même et si à un moment donné on ne parle pas de ces choses-là qui ne sont peut-être pas très romantiques qui ne sont peut-être pas très enthousiasmantes au contraire et bien on passe à côté de beaucoup de sujets et ensuite on parle pour ne rien dire ou on balance dans la nature des propositions qui peuvent être séduisantes mais qui à la fin nous mettent en difficulté

24:55
Invité

donc aux prochaines échéances électorales on va avoir un MEDEF qui va beaucoup plus prendre la parole dans la campagne qui va se prononcer

25:02
Patrick Martin

oui d'ailleurs on l'a fait déjà dans le cadre des élections européennes et puis finalement ça a donné des résultats parce qu'on va avoir une nouvelle commission qui poursuivra et c'est très bien des objectifs environnementaux sociétaux etc. mais qui va un peu corriger le tir par rapport à la précédente on n'a pas pris en compte la concurrence internationale on n'a pas pris en compte les coûts de la révolution environnementale on n'a pas pris en compte l'acceptabilité sociale d'un certain nombre de mesures d'ailleurs ça s'est traduit dans les urnes

25:29
Présentateur

merci merci Patrick Martin président du MEDEF d'avoir été notre invité aujourd'hui merci

25:37
Locuteur

merci merci merci