AFFAIRE LYHANNA, UN DYSFONCTIONNEMENT ? DARMANIN SE DÉFAUSSE
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Oh, tu sais pas qui j'ai croisé hier soir ? J'ai croisé qui ? Et ben Darmanin, figure-toi.
Drmanin. Dmanin. L'abjecte d'Armanin.
Ah bah en personne. Ouais, ouais, ouais. Et puis il faisait la gueule, hein, je peux te dire.
B Ah, c'était pas la mienne des grand jours, hein. Qu'est-ce qu'il a encore ? Ah bah, il y a des raisons.
Attends, je te je te montre. Bonjour et bienvenue dans le récap. Un tout petit mot avant de commencer parce que l'heure est grave.
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Et nous sommes le mardi 9 juin. Nous allons parler d'un dysfonctionnement. L'affaire Liana serait cela un dysfonctionnement.
C'est en tout cas ce que nous rabâche le gouvernement. Alors qu'une collégienne de 11 ans a été retrouvée morte dans un silo à grain dans le Gers. Le 29 mai dernier, cette jeune fille avait disparu à la sortie de l'école après avoir été aperçu dans le véhicule d'un homme de 41 ans.
Ce dernier, Jérôme Barella, est rapidement identifié et arrêté. Le père de famille connaît bien la jeune victime hein puisque c'est une amie de sa propre fille. Alors pendant sa garde à vue, le suspect nit toute implication et garde le silence mais son profil fait froid dans le dos.
Au total Jérôme Barella cumule neuf procédures contre lui depuis 2017 à chaque fois pour des faits liés à de la pédocriminalité. Alors, plusieurs ont été classés euh sans suite, hein, aux raison euh de faits insuffisamment caractérisés pour la justice. La dernière plainte avant l'affaire Liana date du mois d'août dernier, hein.
La victime Rosa, une fillette de 10 ans est à nouveau une amie de la fille de Barella. Elle dénonce plusieurs viols he commis au domicile de du père de famille, corroboré par des examens médicaux confirmant la présence de lésion sur le corps de l'enfant. Et malgré cette plainte et donc l'ouverture d'une enquête à ce jour, presque un an plus tard, le quadra génére n'a jamais été inquiété ni perquisitionné ou même simplement auditionné sur les faits dénoncés.
La mère de la jeune fille a d'ailleurs annoncé ce matin poursuivre l'État en responsabilité devant le tribunal judiciaire pour faute lourde et lancer une procédure distincte au pénal. Donc pas une seule nuit en garde à vue hein pour euh cet homme une fois visé par des accusations de viol et d'agression sur des mineurs. Les militants et militantes qui ont manifesté hier hein pour dénoncer euh les manquements de la justice dans l'affaire Liana et plus largement euh le traitement des violences sexuelles en France. et ben elles peuvent pas en dire autant particulièrement celles et ceux qui se sont rassemblés sous les fenêtres du ministère de la justice he le domaine de Gérald d'arrin place Vendô.
Alors, la préfecture avait interdit cette manifestation au motif d'un potentiel trouble à l'ordre public et d'une menace terroriste qui serait particulièrement élevée. Mais ces problèmes sont visiblement très localisés à la place Vendô et ne concerne donc que le périmètre du ministère de la justice parce que la préfecture n'a pas eu de problème à autoriser un rassemblement idoane devant la cour d'appel de Paris sur l'île de la cité à quelques kilomètres de là. Les voix de la sécurité sont vraisemblablement impénétrables.
À moins que ce soit un prétexte pour ne pas trop embarrasser Gérald déjà bien emmerdé avec toute cette affaire. Même la présidente de l'Assemblée nationale, la macroniste Yel Bron Pivé n'a pas compris cette interdiction. C'est dire alors je je n'ai pas compris pourquoi ce rassemblement a été interdit.
Ce sont des femmes, ce sont des collectifs, des associations, des citoyens engagés. la décision de la lune. Euh depuis euh des années pour défendre nos enfants, pour défendre les femmes de notre pays et donc qu'elles ne puissent pas manifester euh devant le ministère où que ce soit.
D'ailleurs, vous dites ça au préfet de police et au ministre de l'intérieur, au préfet, au ministre de de l'intérieur, au ministre de la justice aussi. Alors, quelle doit être l'incompréhension de la présidente de l'Assemblée quand elle a appris hier et probablement ce matin qu'en plus de l'interdiction incompréhensible, la police a été envoyée pour violenter les manifestants et manifestantes de la place Vandô hier soir. D'ailleurs, la comédienne et réalisatrice Andrea Bescon, hein, très engagée puisqu'elle-même victime de viol alors qu'elle était enfant, faisait partie de ses manifestants.
Elle a été arrêtée et a passé la nuit en garde à vue pour attement après sommation de dispersion, violence sur personne dépositaire de l'autorité publique et rébellion. Un grand classique du genre, on connaît bien la comédienne. Elle de son côté avance une toute autre version des faits.
Je la cite. C'était un peu une surprise de se retrouver nez à nez avec ces gros boucliers qui nous poussaient alors que nous faisions un rassemblement non violent depuis 2h. Ça c'est ce qu'elle écrit sur un poste Instagram. ce matin où elle ajoute quelle étrange réaction de la part des services de police ?
Alors étrange certes, mais non moins inhabituel. Mes collègues Lydia MZ et Andre Manivit, ben ils étaient sur place hier sur les deux lieux de rassemblement à Paris et justement le choix du lieu n'était pas un hasard. Bien au contraire, pour l'actrice Anna Mouglalis, il était important et nécessaire de pouvoir s'adresser au pouvoir politique pour faire changer les choses plutôt qu'au magistrat, on l'écoute.
On s'adresse pas à Paris, on s'adresse pas au procureur, on s'adresse en fait au ministres de la justice et c'est ça qu'on nous empêche de faire ce soir. C'est incroyable. Et encore une fois, on retourne, c'est les gens qui luttent contre les violences qui sont ciblés comme des personnes potentiellement dangereuses.
C'est je sais pas maintenant ça fait 15 ans que certaines personnes demandent une grande loi intégrale, une loi cadre pour que c'est en fait il y a une vraie protection des enfants, des femmes par rapport aux violences sexistes et sexuelles. Et rien n'est fait. On réagit uniquement, il y a des circulaires uniquement qui réagissent à l'actualité.
Tout est priorisé par le ministère de la justice. Plus rien ne l'est. C'est complètement absurde.
Manque de moyens, on le sait. On entend des choses aberrantes. Géral d'Armanin et le pouvoir politique en général fait justement des pieds et des mains pour se déresponsabiliser dans l'affaire Liana.
Alors que soit le ministre de la justice ou même Emmanuel Macron lui-même, le premier réflexe a été de charger l'institution judiciaire et à la marge les services de l'État. C'est ce qu'il a déclaré d'ailleurs Gérald Darmanin lors de son audition devant le Sénat. Du point de vue qui m remonté des procureurs généraux, euh je crains que effectivement dans la dans l'affaire Liana, il y a eu une défaillance des services des parquets, peut-être d'autres services de l'État.
On en a parlé avec monsieur ministre inter monsieur ministre d'éducation nationale et on aurait dû on aurait dû appliquer de manière prioritaire même en cas d'essaisissement de Toulouse pour Roche parce que l'auteur et parce que l'effet était dans un autre département. On aurait dû appliquer le principe de précaution euh pour mettre de côté monsieur Barella et regarder s'il était ou non l'auteur de ces viol. Et alors on n'allait surtout pas leur parler à tout cela d'un manque de moyens.
Le garde des saut balay ça d'un revers de main comme le président d'ailleurs. Il y voit au contraire des responsabilités individuelles et il a d'ailleurs indiqué que des sanctions pourraient être prononcées notamment pour faute professionnelles. Dans le viseur du gouvernement, la procureur de la République d'Auche, Clémence Meyer, qui a dirigé l'enquête sur la jeune Liana.
Sauf que selon nos informations au médias, la magistrate mise en cause a fait l'objet d'une promotion inscrite au tableau d'avancement pour l'accès au 3e grade de la magistrature. Un avancement annoncé officiellement sur l'Ég France le jeudi 4 juin 2026, soit le jour de la découverte du corps de la jeune Liana. Je vous renvoie à notre enquête écrite et publiée à l'instant sur notre site internet.
Alors pour donner le change hein et masquer sa propre incapacité à traiter le problème, Gérald d'Armanin a notamment demandé au procureur de la République de passer en revue les 70000 plaintes pour infraction sur mineur et ce avant le 14 juillet. Une tâche évidemment titanesque quasi impossible dans le délit imparti que les magistrats dénoncent. Le Conseil supérieur de la magistrature déplore dans un communiqué le discrédit jeté sur les milliers de magistrats rappelant que la justice n'a pas un budget à la hauteur de l'ampleur sans cesse croissante de ses missions et des urgences multiples auxquelles elle doit faire face.
Les enquêteurs non plus d'ailleurs n'ont pas ses moyens. La machine est grippée de bout en bout et ça c'est évidemment le résultat d'années de démantellement des services publics par le pouvoir en place et de priorité qu'il a également déterminé lui-même et dont ne font pas partie les violences sexistes et sexuelles ou la protection de l'enfance. C'est d'ailleurs ce que révèle Médiia Partin.
Nos confrères ont fait le compte depuis son arrivée au ministère de la justice début 2025. d'Armanin a adressé au magistrats et magistrates 114 circulaires et des pêches et contrairement à ce qu'il affirme publiquement les violences sexuelles ou les violences contre les mineurs n'occupent qu'une place très limitée dans ces textes. Les principales priorités affichées concernent surtout, je vous le donne en 1000, le narcotrafic, la criminalité organisée ou encore des sujets liés à l'actualité médiatique.
Et c'est justement là où le BB blesse l'actualité médiatique puisque c'est toujours elle qui fait la pluie et le beau temps. La preuve encore une fois, rien de tel qu'une côte de popularité politique qui s'effondre suite à un fait divers un peu trop important pour que tout d'un coup le politique justement se saisisse d'un sujet qu'il a jusque-là toujours ignoré. Encore une fois, l'affaire Liana n'en est qu'une éème preuve.
Et d'ailleurs, ça se saurait si Darmanin était du genre concerné par les violences sexistes et sexuelles. Enfin, quand je dis concerné, je veux dire préoccupé, hein. Je parle pas des histoires d'appartement tout ça.
Oh mince, je viens d'en parler. Tant pis. Le syndicat de la magistrature rappelle également hein que les violences faites aux enfants sont depuis longtemps reléguées au second plan.
Elles aussi, faute de moyens humains et matériel suffisant. Il accuse les gouvernements successifs de ne pas avoir engagé les réformes nécessaires. Et puis d'ailleurs, il suffit de regarder un peu ce qui se passe du côté de l'aide sociale à l'enfance.
He la zeux, le service public censé justement protéger les enfants en danger et en vulnérabilité. Bah pour se convaincre du désintérêt que portent les différents pouvoirs politiques sur le sujet et ce depuis un long moment. Et oui, mais sauf que là, bah ça barde, l'opinion publique est sur les dents avec l'affaire Liana et elle catalyse toute la colère liée à une multiplication justement des affaires de pédocriminalité, enfin des affaires médiatisées ces derniers temps.
C'est la goutte d'eau finalement qui fait déborder le vase de l'indignation et sous les dorures des palais de la République, bah c'est un peu panique à bord surtout avec la présidentielle à venir et les nombreuses ambitions. Mon collègue Nils Vilque nous en parlait d'ailleurs vendredi dernier dans sa chronique. C'est un peu la panique au sommet de l'État face aux retombées de l'affaire Liana.
L'exécutif a réagi avec une vigueur qu'on ne lui connaissait pas dans ce type d'affaire très sensible. notamment, j'ai interrogé un conseiller gouvernemental qui reconnaît effectivement que ça va devenir probablement une affaire nationale. Il va falloir réagir vite et fort pour ne pas donner l'impression qu'on est à la ramasse.
Alors en attendant, bah les orientations budgétaires prises à Paris par ce gouvernement macroniste, elles approuvissent les moyens humains et financiers donnés au magistrats et aux forces de l'ordre pour faire leur travail correctement. Et les Français qui connaissent des drames sordides comme la famille de la petite Liana sont touchés par ricoché et ce n'est pas l'opération de communication du gouvernement qui peut changer ce constat. Et oui, comme on l'a dit, au sommet de l'État, c'est panique à bord.
Alors, dernière réaction en date, hein, le corn, Sébastien Lecnu, le premier ministre qui a annoncé sa volonté de faire passer la peine de viol sur mineur de 20 ans jusqu'à la perpétuité. Alors encore une mesure choc hein davantage penser pour calmer l'opinion que comme une réponse réellement efficace pour lutter contre le fléau de la pédocriminalité et plus généralement contre les violences sexuelles. Dans un communiqué commun à 150 assauts, ONG et syndicat, la fondation des femmes pointe au contraire la responsabilité ou plutôt le cas échéant l'irresponsabilité des politiques qui je cite ont décidé depuis 10 ans de regarder ailleurs, de ne pas prendre en compte les alertes remontées par toutes les associations et le système judiciaire.
Le communiqué rappelle que depuis la vague Mou et la libération de la parole, une avalanche de plainte a été constatée. C'est trois fois plus de plainte qu'avant 2017. Et je cite encore, face à cela, il y a eu 94 % de classements sans suite dans les affaires de viol.
Des classements faute de preuve, mais surtout faute de moyens d'enquêter et faute de volonté politique au sommet d'en faire une priorité. 77 mois entre la première plainte et la finale de la procédure. 1 % des violeurs condamnés lorsque 160000 enfants et plus de 100000 femmes sont victimes chaque année de violence sexuelle, ce n'est plus une série de faits divers. est un phénomène de masse, une violence systémique, une urgence nationale, termine le communiqué qui rappelle quand même que l'État français dispose de deux fois moins de juges et de quatre fois moins de procureurs que la moyenne européenne. difficile dans ces conditions d'être à la hauteur de l'enjeu.
La militante féministe et écrivaine française Anne Cécile Melfer, également présente hier à la manifestation Place Vandô, elle a souligné ce manque de moyen au micro de mes collègues. Je vous propose de l'écouter. On sait qu'il y a depuis mitou trois fois plus de plaintes pour viol et depuis mitou, ils ne veulent pas augmenter les moyens.
Mais qui peut croire qu'on peut juger de la même manière aujourd'hui un viol avec avant mitou ? Quand vous avez trois fois plus de plainte, vous faites comment pour enquêter trois fois plus quand vous avez pas trois fois plus d'enquêteurs, trois fois plus de juges et puis il y a tout ce qui concerne la prévention également. C'est que nous on est vraiment très attaché à essayer de faire en sorte qu'il y ait plus de viol déjà.
Mais est-ce que le gouvernement s'en préoccupe ça de de nous protéger aussi pour ne pas être violé et pas seulement punir quelques violeurs de temps en temps ? Et puis il y a la réparation. La réparation c'est comment faire en sorte qu'il y ait des soins qui ait des pédopsychiatres qui a des soins psychotraumatiques, qui a des moyens en fait sur le système public de santé.
Et et en fait, il y a rien qui fonctionne aujourd'hui. Il y a rien qui va. Il y a aucune politique publique coordonnée sur les violences faites aux femmes.
Il y a pas les moyens qu'il faut. Nous, on a dit hein, on a chiffré, il faut 2,6 milliards. Il y a au minimum, il y a au maximum, pardon, il y a au maximum 355 millions d'euros qui sont mis alors qu'il faudrait 2,6 milliards d'euros.
L'article 20 de la proposition de loi qui a été déposée le 25 novembre 2025, proposition de loi intégrale explique clairement qu'à partir du vote de cette loi, il serait possible d'examiner dans la juridiction du domicile de la victime l'intégralité de la plainte. Ça aurait voulu dire que dans le cas de Rosa qui est la qui est celle qui a porté plainte juste avant le meurtre de Liana, au lieu d'avoir un dossier qui euh voyage d'une juridiction à une autre en plus par envoie papier je sais pas quoi, qui se perd, qui met des mois et des mois, elle aurait été examinée tout de suite dans la juridiction de la victime, c'est-à-dire à Toulouse. Elle aurait jamais dû finir à Ha !
Elle aurait dû être examinée à Toulouse. Ça c'est l'article 20 de la proposition de loi. Si elle avait été votée en novembre, je pense que peut-être, je ne sais pas, mais peut-être en tout cas euh la la plainte de Rosa, elle aurait été examinée rapidement en temps et en heure et peut-être que du coup le mise en cause ne serait pas passé à l'acte pour Liana.
Alors cette loi intégrale appelée des vœux des associations et des militants et militantes et ben elle existe déjà. Ça tombe quand même bien. C'est la députée socialiste Céline Tiébo Martinez qui la porte et elle est soutenue par une centaine de députés de plusieurs tendances politique.
Cette proposition de loi, elle a été déposée en novembre dernier et depuis silence radio. La députée a d'ailleurs pris la parole ce jour dans l'hémicycle pour demander une fois au gouvernement de se saisir du sujet. Depuis 8 mois, je vous interpelle, depuis 8 mois, nous demandons à avancer.
Jusqu'alors ce sujet n'a pas été votre priorité et malheureusement une fois de plus, c'est l'horreur qui nous oblige à regarder la réalité en face. Cette réalité, nous devons l'affronter en travaillant enfin sur une proposition de loi intégrale. L'examen du texte est demandé dès le mois de septembre en session extraordinaire.
Qui le demande ? Nous, les députés mais aussi des sénateurs et des sénatrices qui ont travaillé sur le texte. La coalition de plus 150 associations et syndicats à l'initiative d'une plateforme inédite de proposition, les près de 200000 signataires de la pétition pour une loi intégrale.
À nos voix se sont ajouté hier celles de milliers de citoyens et de citoyennes mobilisées partout en France. Monsieur le Premier ministre, cette mobilisation appelle désormais une réponse politique. J'ai bien entendu vos annonces faites ce midi et qui seront examinées dans le texte sur la protection de l'enfance.
Mais soyons clairs, nous nous contentrons pas de cela. Ce ne sera pas suffisant. Monsieur le Premier ministre, au nom de toutes celles et de tous ceux qui veulent être écouté, protégé et défendu, je vous demande d'inscrire à l'ordre du jour la proposition de loi intégrale visant à lutter contre les violences faites aux femmes et aux enfants.
Alors, décidément, il n'y a bien que le gouvernement pour continuer de nier sa responsabilité dans l'affaire Liana et dans toutes les autres. D'ailleurs, dans une démocratie parfaitement fonctionnelle, une telle onde de choc aurait évidemment donné lieu à des démissions au sein de ce même gouvernement, mais pas chez nous. Gérald d'Armanin notamment s'accroche à son fauteuil comme à une moule à son rocher, estimant que la défaillance ne tenait pas aux instructions que le ministère a donné, circuler, il y a rien à voir comme toujours.
Et bien non, monsieur le ministre, la mort de la jeune Liana n'est pas un dysfonctionnement. C'est précisément le fonctionnement, celui que vous et vos prédécesseurs avaient instauré, alimenté et même entretenu. Depuis une semaine, ce mot est partout. dysfonctionnement, dysfonctionnement de la justice, des services de l'État, de la chaîne pénale. un mot formidable que le dysfonctionnement.
Il donne l'impression d'un accident de parcours, d'une anomalie imprévisible alors qu'il s'agit au contraire d'un choix politique car enfin qui peut sérieusement prétendre découvrir aujourd'hui l'état de la justice française qui peut feindre la surprise face à ses magistrats débordés, à ses enquêteurs surchargés, à des services sociaux exang à des associations à bout de souffle et à des milliers de signalements traités dans des conditions que tout le monde sait. indignne, personne, absolument personne. Les alertes sont publiques, elles le sont depuis des années, elles sont documentées, répété, martelé.
Les professionnels n'ont cessé de prévenir, les syndicats aussi, les associations, les militants, les victimes, tout le monde a prévenu. Mais prévenir suppose encore qu'il y ait quelqu'un pour écouter. Or, ceux qui nous gouvernent n'ont jamais voulu entendre.
Ils ont préféré les grands discours au vrai budget, les belles annonces au recrutement réel, les plateaux de télé aux réformes de fonds. Ils ont préféré administrer la pénurie plutôt que de la combattre. Ils ont préféré gérer les conséquences plutôt que de s'attaquer aux causes.
Et aujourd'hui, après des années à laisser les institutions s'épuiser, les voilà qui découvrent soudainement toute leur fragilité. Quelle comédie ! Les mêmes qui expliquaient hier encore que tout allait pour le mieux cherchent aujourd'hui des responsables parmi ceux qui ont eux-mêmes laissé travailler dans des conditions impossibles.
Les mêmes qui ont ignoré les alertes se présentent maintenant comme les premiers indignés. Il faut dire qu'il y a urgence, non pas urgence seulement pour les victimes he qui attendaient déjà hier, mais une urgence politique parce que cette fois l'indignation ne retombe pas. Cette fois, une partie de la population fait directement face à ce que les professionnels répètent depuis des années.
Ce qui s'est produit n'est pas l'échec d'un système efficace, c'est le résultat d'un système abandonné. Et c'est aussi là qu'apparaît une autre conséquence de cette faille. Une conséquence dont les macronistes portent également la responsabilité.
Car à force d'avoir attendu, à force d'avoir ignoré les alertes, à force d'avoir laissé s'accumuler les drames qu'ils prétendent aujourd'hui découvrir, ils ont fini par produire le pire des résultats. Non seulement l'échec de la protection des victimes évidemment, mais aussi l'affaiblissement de la confiance dans les solutions démocratiques elles-mêmes. Et c'est dans Stéro que désormais ressurgissent de plus en plus de revendications comme le rétablissement de la peine de mort dans notre pays. une régression historique qui constitue elle aussi une part du bilan, un nouvel échec des macronistes.
Et qu'on soit clair, cette revendication, c'est une impasse. Elle ne ramène aucune victime. Elle ne répare aucun drame.
Elle ne remplace jamais la justice, la protection de l'enfance ou des services publics à la hauteur. Mais son retour dans le débat public dit quelque chose de profond. La colère, elle n'est pas née nulle part.
Elle est le produit de l'accumulation des échecs. Elle est le produit de l'impuissance organisée, d'un pouvoir qui n'a cessé de promettre l'efficacité tout en affaiblissant les outils qui la rendent possible. Voilà pourquoi l'affaire Liana dépasse tragiquement le seul destin de cette pauvre enfant.
Parce qu'elle révèle tout à la fois l'abandon de la protection de l'enfance et des plus vulnérables, l'épuisement de la justice, le mépris des lanceurs d'alerte et désormais la progression de réponse toujours plus brutale dans le débat public. Voilà le bilan, celui des macronistes. Voilà pourquoi il ne s'agit pas d'un dysfonctionnement.
Monsieur le ministre, vous n'êtes pas face aux conséquences d'un système qui aurait cessé de fonctionner. Vous êtes face aux conséquences d'un système qui fonctionne exactement comme vous l'avez organisé. Alors maintenant, une question simple demeure.
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Mercredi 10 juin, les quatre syndicats représentatifs de la SNCF, la CGT, Sudraille, l'UNSA et la CFDT appellent à la grève. Il déplore un état d'urgence lié à la multiplication des drames. Il faut comprendre par là l'augmentation des accidents de travail, des arrêts maladies et des suicides engendrés selon les syndicats par des restructurations compulsives et le processus de filialisation.
Deux phénomènes qui semblent mettre à mal he les conditions de travail des employés de la SNCF dirigé aujourd'hui par l'expremier ministre Jean Castex. L'ouverture à la concurrence des lignes et la baisse du pouvoir d'achat sont également pointé du doigt. Les revendications sont quant à elle clair.
Les grévistes demandent l'augmentation générale des salaires, la revalorisation des primes de travail, la réévaluation de l'indemnité de résidence et enfin l'octroit d'un véritable 13e mois. Selon les prévisions, deux TGV sur 3 seront en circulation et un intercité sur de le trafic régional sera quant à lui fortement perturbé. À faire donc à suivre demain.
Vous ne savez pas qui est le candidat à la présidentielle du PS ? Et ben moi non plus. Mais on est censé y voir plus clair le 9 juillet. date à laquelle les militants socialistes seront convoqués pour décider de la stratégie à adopter pour la présidentielle.
On en a parlé dans un récap la semaine dernière. Alors, à savoir il y aura-t-il une primaire ? Quand ?
Qui est-ce qui va y participer ? Peut-être une préprimaire même, on le rappelle, le patron du PS Olivier Fort à gauche hors LFI en deux temps. Ça c'est la nouveauté.
Alors, certains ont déjà donné leur accord, hein, François Ruffin, Marine Tondelier, d'autres s'y opposent fermement comme c'est le cas pour Raphaël Gluxman. Vous l'aurez compris, c'est un peu le bazar. Et comme si ça n'était pas encore assez, deux nouveaux candidats sont déclarés.
Karim Boamran l'a fait savoir ce matin. Il est candidat. Rappelez-vous, c'est le maire PS de Saint-toin qui était contre l'installation d'un master poulet dans sa ville et qui en a fait tout un fromage sur les réseaux sociaux.
Ça aussi c'était un sujet de récap que vous pouvez retrouver. Et alors Karim Boamran, il a été clair, je le cite, je renvoie dos à dos les offres de Bardella et de Mélenchon. Pour moi, c'est pareil.
Mon petit doigt me dit que ça pourrait faire un sujet de récap pour demain. Ah oui et puis si vous n'avez pas vu passer l'info, Delphine Bateau, l'ex et très éphémèire ministre de l'écologie est également candidate. Elle a été officiellement investie par son parti Génération écologie lors de la convention nationale samedi dernier.
Et comme Karim Bouamran, elle partira seule à la présidentielle. À ce train-là, la primaire de la gauche, vraiment pas sûre quel est lieu, elle n'intéresse manifestement vraiment pas grand monde. Et on continue avec l'international.
L'extrême droite bolivienne affiche sa volonté de réprimer les manifestations. Le président Rodrigo Paz, qui a fait face à une contestation sociale inédite he depuis plusieurs semaines, a signé une loi décrétant l'état d'urgence. Il veut aussi faire intervenir l'armée ainsi que restreindre les libertés de réunion et de circulation.
Les manifestants maintiennent des barrages routiers réparti sur au moins 80 points un peu partout en Bolivie. Les manifestants quant à eux réclament des hausses de salaires et d'autres mesures sociales. Ce qui a mis le feu aux poudres en Bolivie.
Et ben des baisses d'impôts pour les plus riches et une réduction de 30 % du budget de l'État. Alors ces barrages routiers hein ont provoqué des pénuries de nourriture, de médicaments et de carburant à la paz, la capitale du pays et dans d'autres localités également. Le président Rodrigo Paz est en poste lui depuis à peine 6 mois que la population veut déjà son départ.
On en a parlé il y a quelques semaines sur le plateau de Toujours Debout. Vincent Harpoulet du vent se lève était alors notre invité. Je vous invite à aller revoir cette émission si vous souhaitez approfondir le sujet et le média se tiendra évidemment attentif à l'évolution de la situation en Bolivie.
Merci d'avoir regardé cette nouvelle édition du Recap. N'hésitez pas à nous laisser vos impressions en commentaire si vous nous regardez sur YouTube ou via email si vous nous regardez à la télé. Et pour nous aider, vous le savez, rendez-vous sur capsurdk.lemlediatv.fr FR pour devenir un de nos 10000 donateurs mensuels et sauver notre chaîne avant le 31 juillet.
Nous vous remercions. Très bonne soirée sur le média.
Gérald Darmanin