Emmanuel Macron dévoile un service national «militaire» et «volontaire» - L’édito de Patrick Cohen
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 10 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 2:00OuverteRéponse directe
Pour quelles missions?
- 4:00FerméeRéponse directe
Combien de recrues?
- 6:00ComplaisanteRéponse directe
Ca fait longtemps que l'idée de guerre n'a pas autant imprégné le débat public.
- 8:00OuverteRéponse directe
Est-ce qu'E.Macron a réussi à trouver le bon ton, l'équilibre?
- 10:00FerméeRéponse directe
Les jeunes seront sélectionnés?
- 12:00OuverteRéponse directe
Le service pourrait devenir obligatoire, à terme?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:00P.CohenFait
« des jeunes entre 18 et 19 ans, incorporés sous l'uniforme à l'été pour une période de service de 10 mois »
- 3:00E.MacronFait
« Les jeunes serviront sur le territoire national, et uniquement sur le territoire national. »
- 4:00P.CohenFait
« Ils auront une carte de circulation SNCF avec des réductions de 75 %. »
- 5:00P.CohenChiffre
« A terme, plusieurs dizaines de milliers. Objectif: 50 000 en 2035. »
- 7:00E.MacronFait
« Dans ce monde incertain, où la force prime sur le droit, où la guerre se conjugue au présent, notre nation n'a le droit ni à la peur, ni à la panique, ni à l'impréparation, ni à la division. »
- 9:00Gal J.PellistrandiFait
« On a besoin de renforcer nos capacités de défense. »
- 11:00G.SlimanChiffre
« 8 Français sur 10 approuvent l'idée de ce service national volontaire, mais 50 % seulement des parents sont prêts à encourager leurs enfants ou petits-enfants à s'engager. »
- 12:00Gal J.PellistrandiChiffre
« La cible, d'ici 2030, c'est d'atteindre les 10 000 par an. »
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et de la stracciatella. B.Chameroy fait semblant de parler italien. - A.-E.Lemoine: Tout de suite, L'Edito de Patrick.
E.Macron relance le service national. - P.Cohen: Un service militaire et volontaire pour répondre aux besoins des armées face au risque accru de conflit.
Le chef de l'Etat a détaillé son plan dans un discours en Isère. Qui sera concerné? Pour l'essentiel, des jeunes entre 18 et 19 ans, incorporés sous l'uniforme à l'été pour une période de service de 10 mois, donc jusqu'à l'été suivant.
Ca revient à une année de coupure dans leurs études. Ce service sera aussi ouvert à des profils spécialisés qui pourront servir jusqu'à 25 ans avec le grade d'aspirant. Comme pour le service d'antan, les jeunes soldats font des classes le premier mois pour apprendre la discipline, le maniement des armes, la marche au pas, les chants et les rituels, tout ce qui nourrit la fraternité de nos armées, selon le président.
Les 9 mois suivants, les volontaires sont insérés dans les 3 armées: terre, mer, air. - A.-E.Lemoine: Pour quelles missions? - P.Cohen: La question d'aller en Ukraine ou dans des opérations extérieures... - E.Macron: Les jeunes serviront sur le territoire national, et uniquement sur le territoire national.
C'est-à-dire en métropole et dans nos outre-mer. Le service national, c'est le territoire national car c'est la mobilisation pour nous défendre. Je souhaite que cet envoi sur le territoire national soit prévu par la loi. - P.Cohen: Sur le territoire, dans leurs unités, mais aussi au sein de l'opération Sentinelle pour la protection des sites militaires.
Pendant le temps sous les drapeaux, les jeunes recevront un solde de 800 euros minimum. Ils auront une carte de circulation SNCF avec des réductions de 75 %. A l'issue du service, les jeunes seront versés dans la réserve opérationnelle dite de second niveau. - A.-E.Lemoine: Combien de recrues? - P.Cohen: A terme, plusieurs dizaines de milliers.
Objectif: 50 000 en 2035. Le ministère des Armées annonce un démarrage dès la mi-janvier avec une sélection de 3000 jeunes qui débuteraient leur service à l'été. 3000, pas plus.
L'armée manque de casernes pour les héberger. - A.-E.Lemoine: Ca fait longtemps que l'idée de guerre n'a pas autant imprégné le débat public. - P.Cohen: Plus de 60 ans.
On voit depuis 10 jours, depuis les propos du général Mandon, à quel point l'équilibre est difficile à trouver sur la bonne façon d'évoquer les menaces stratégiques qui pèsent sur l'Europe. E.Macron a encore tenté cet équilibre aujourd'hui. - E.Macron: Dans ce monde incertain, où la force prime sur le droit, où la guerre se conjugue au présent, notre nation n'a le droit ni à la peur, ni à la panique, ni à l'impréparation, ni à la division.
La peur, au demeurant, n'évite jamais le danger. La seule façon de l'éviter, c'est de s'y préparer. C'est ce que font nos armées au quotidien.
Elles le feront demain plus encore. - P.Cohen: Autrement dit, et comme l'avait dit F.Hollande, il faut se préparer à toutes les hypothèses, sans affoler les Français.
C'est une gageure. - A.-E.Lemoine: Est-ce qu'E.Macron a réussi à trouver le bon ton, l'équilibre?
Alerter les Français sur les menaces sans les affoler... - Gal J.Pellistrandi: Il part d'un constat, qui est celui de la menace russe qui ne cesse de grandir.
On l'a vu précédemment. Il faut bien prendre conscience que le rétablissement du service militaire...
Je ne suis pas d'accord. C'est pas le même que celui qu'on a connu. Avant d'être officier, j'ai fait mon service militaire en Allemagne comme simple appelé du contingent.
Certes, il y a des ressemblances, mais ce sera totalement différent. On a besoin de renforcer nos capacités de défense. Pour cela, oui, le service militaire volontaire va apporter aux armées quelque chose de plus avec des jeunes qui vont servir pendant 10 mois.
Aujourd'hui, nous ne sommes pas les seuls à avoir rétabli le service militaire. Nos partenaires européens...
En Allemagne, dès le 1er janvier, il y a à nouveau des volontaires dans la Bundeswehr. La problématique, c'est la menace russe. Le jour où V.Poutine arrête, peut-être que la menace descendra, mais aujourd'hui, on a absolument besoin de renforcer nos capacités pour démontrer que nous avons la volonté.
C'est l'important. Il ne s'agit pas de dire qu'on va faire la guerre demain, mais il faut transmettre le message à V.Poutine que nous, la nation française, nous sommes prêts à nous défendre. - P.Cohen: Qu'est-ce qui vous semble très différent par rapport à 97? - Gal J.Pellistrandi: La conscription avait un caractère obligatoire.
Ca change tout. A l'époque, on était dans la quantité. Il fallait faire front.
Aujourd'hui, l'objectif n'est pas... 3000 ou 4000 en 2027...
C'est de faire quelque chose de qualité. - A.-E.Lemoine: Les jeunes seront sélectionnés? - Gal J.Pellistrandi: Comme pour Parcoursup, les jeunes vont faire leurs voeux.
Celui à qui ça plairait bien d'aller en Martinique, il pourra le faire. C'est la différence par rapport au service d'hier, qui était à la fois une contrainte... - A.-E.Lemoine: A laquelle beaucoup essayaient d'échapper. - Gal J.Pellistrandi: Là, on est sur une base totalement différente.
On va privilégier la qualité, notamment des postes proposés. - A.-E.Lemoine: Ne pas affoler les Français...
Il en reste quelque chose dans l'opinion française que vous avez sondée, G.Sliman? Certes, 8 Français sur 10 approuvent l'idée de ce service national volontaire, mais 50 % seulement des parents sont prêts à encourager leurs enfants ou petits-enfants à s'engager. - G.Sliman: J'aurais pas la même lecture que vous.
Pour moi, 50 %, c'est énorme. - A.-E.Lemoine: 49 % ne les encouragent pas... - G.Sliman: C'est pas une question de bonne ou de mauvaise opinion d'E.Macron, c'est une question d'action.
Quand 1 personne sur 2 dit...
Les enfants peuvent avoir d'autres projets. Ils peuvent avoir prévu de faire médecine ou d'être ébéniste...
Que 1 personne sur 2 dise qu'elle encouragera son petit-fils à le faire, c'est énorme. Il faut bien distinguer les questions d'opinion des questions d'intention. - A.-E.Lemoine: Peut-être que des parents ont peur de perdre leurs enfants en les encourageant à faire ce service militaire et à devenir potentiellement réserviste. - G.Sliman: C'est possible, mais là, on est sur quelque chose qui est d'un très haut niveau.
Dans le sondage, on interroge aussi les personnes elles-mêmes. Le fait que 1/4 des personnes disent qu'elles envisageraient de le faire et, quand on regarde de plus près, les plus concernés, les jeunes gens, c'est près de 4 sur 10 qui sont intéressés...
Dans une vie, on a des tas de projets. - P.Cohen: Il y a un niveau d'engagement qui vous a surpris? - G.Sliman: Quand on fait beaucoup de sondages, on n'est pas toujours si surpris.
Il y a un niveau d'engagement qui va de pair avec les autres résultats de l'enquête, qui montre le très haut niveau d'adhésion à une proposition d'E.Macron. Pour qu'E.Macron propose quelque chose et qu'une écrasante majorité de Français le salue, c'est pas tous les jours. - A.-E.Lemoine: Et ça va jusqu'à LFI. - G.Sliman: Vous avez raison.
Non seulement le niveau est élevé, mais il est comparable...
Il est très majoritaire dans toutes les catégories de population. - P.Cohen: Le parti LFI est celui qui a formulé le plus de réserves sur ce projet de service volontaire. - G.Sliman: Ca dit ce que montrent les autres résultats de l'étude.
Ca dit à la fois le haut niveau de peur par rapport au conflit russo-ukrainien. Les 3/4 des Français nous disent que c'est quelque chose qui leur fait peur. Ca dit aussi des choses du changement de regard sur l'armée et sur les forces militaires, sur le drapeau et sur la nation, qui étaient des valeurs clivantes ou typées politiquement et générationnellement.
Ca n'est plus le cas. Le général a raison de dire qu'il y a un très grand changement par rapport au service militaire que j'ai fait il y a quelques années, avant qu'il ne soit arrêté. C'est son caractère non obligatoire.
C'est la base du volontariat. On a demandé aux jeunes s'ils étaient favorables à un service obligatoire. Une majorité de Français disent oui mais les jeunes ne le souhaitent pas.
La proposition d'E.Macron leur convient bien. - A.-E.Lemoine: Le service pourrait devenir obligatoire, à terme? - Gal J.Pellistrandi: Non.
Il y a des dispositions législatives. J.Chirac décide juste la suspension.
Légalement, si on était dans une dégradation majeure de la situation...
Là, l'objectif n'est pas de le rendre obligatoire. La cible, d'ici 2030, c'est d'atteindre les 10 000 par an. Ce désir de servir, on le trouve chez les jeunes pompiers volontaires.
Il y a une appétence dans une grande partie de la jeunesse à donner du temps pour la collectivité. Je rappelle que chaque année, plus de 100 000 jeunes font un service civique. C'est donner de sa personne pour une rémunération qui n'est pas plus élevée.
C'est une réponse à cette volonté de service. Il y a un point qui est essentiel pour moi. D'abord, il est hors de question de les envoyer en opération extérieure.
C'est sur la base du volontariat. Quand on regarde dans l'échiquier politique, les candidats aux précédentes élections dans les 2 extrêmes plaidaient pour des services militaires obligatoires. Là, on n'est pas du tout dans cette idée-là.
On est sur le volontariat, même si on peut monter en termes d'effectifs. - P.Cohen: Pour le RN, c'est 3 mois dans le programme de M.Le Pen. - Gal J.Pellistrandi: Là, je prends le képi militaire.
Ce service militaire que nous proposons n'est pas pour encadrer la jeunesse dans un sens ou dans l'autre. Il est pour répondre à un besoin opérationnel. Nous n'avons pas l'idée de vouloir militariser la société ou de faire quelque chose...
Emmanuel Macron