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interviewFrance Inter — L'invité de 8h20· 16 mars 2022 25 min

Valérie Pécresse : "La guerre, Emmanuel Macron l'utilise pour n'avoir pas de comptes à rendre sur son bilan"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Il est 8h22. France Inter. Léa Salamé. Nicolas Demorand, le 7-9. Et avec Léa Salamé, nous recevons ce matin dans le grand entretien la candidate LR à l'élection présidentielle, également présidente de la région Île-de-France. Elle publie en cette campagne chez Bouquin. Le temps est venu. Amis auditeurs, vous pourrez dialoguer avec elle au 01 45 24 7000 sur les réseaux sociaux et l'application mobile de France Inter. Bonjour Valérie Pécresse. Bonjour. Et bienvenue sur France Inter. On va évidemment parler avec vous dans quelques instants de la guerre en Ukraine et de ses conséquences sur la campagne électorale, sur l'économie et la vie des Français.

Mais d'abord la Corse qui est en proie aux violences depuis 12 jours suite à l'agression en prison d'Yvan Colonna. Gérald Darmanin qui se rend aujourd'hui et demain sur l'île. C'est dit près cette nuit à aller jusqu'à l'autonomie pour la Corse. C'est la première fois qu'un gouvernement dit ce mot, ouvre la porte à cette revendication ancienne des nationalistes corse. A-t-il raison de le faire ? Comment réagissez-vous ce matin à la perspective ouverte par le ministre de l'Intérieur ?

1:07
Valérie Pécresse

D'abord je crois qu'Emmanuel Macron paye cash son mépris des territoires. Il paye cash son mépris des territoires parce que ça fait des mois, même des années, que les régions de France demandent de pouvoir discuter de la différenciation régionale au sein de la République et de pouvoir prendre davantage de compétences. Moi-même, j'ai signé avec les régions de France un document qui demande cette différenciation, c'est-à-dire plus d'autonomie pour toutes les régions en fonction de leur identité locale, y compris pour la Corse.

Mais là aujourd'hui on a un président qui est visiblement aux abois, aux abois et qui cède à la violence, comme il l'a fait à Notre-Dame-des-Landes en ne respectant pas les résultats du référendum. Et ça, ça n'est pas sain. Ça n'est pas sain. Il faut ramener l'ordre en Corse avant d'entamer les négociations parce que sinon l'État n'entamera pas ses négociations sur le nouveau statut de la Corse en position de force. Or ce qu'il faut, c'est pas seulement une autonomie pour la Corse, c'est qu'il faut mieux de gouvernement pour les Corses et résoudre un certain nombre de problématiques qui sont en Corse.

C'est-à-dire l'autonomie, oui bien sûr, mais l'autonomie avec des indicateurs de performance, avec des résultats pour les Corses. Et aujourd'hui, on le sait bien, on a des soucis en Corse de création d'emplois, on a des soucis d'investissement, de désenclavement, on a des soucis avec la gestion des déchets. Donc il faudrait obtenir un donnant-donnant, l'autonomie contre des résultats.

2:35
Présentateur

Mais pour vous, aujourd'hui, en disant cela, il cède à la violence et à la rue, le gouvernement ?

2:41
Valérie Pécresse

Bien évidemment, on voit bien que c'est un gouvernement qui a refusé pendant cinq ans d'engager ce fameux pacte girondin d'autonomie avec les régions, de s'appuyer sur des pouvoirs régionaux puissants qui pourraient aider l'État et faire mieux que l'État. Et qu'aujourd'hui, face à la force, il est prêt à tout céder. Et ce n'est pas une bonne manière de gouverner. Aujourd'hui, Emmanuel Macron ne peut pas être le président qui cède à la force. On l'a vu avec les gilets jaunes. Aujourd'hui, il faut un gouvernement qui est une ligne directrice. Moi, ma ligne directrice, c'est celui de la plus puissante décentralisation depuis le gouvernement de fer, avec un État qui lâche prise. Pourquoi ?

Parce qu'il faut faire des économies, parce qu'il y a des doublons partout et parce qu'on s'est rendu compte pendant la crise Covid que les choses étaient mieux gérées au plus près. Mais il faut faire attention, parce que l'autonomie, c'est dans le cadre de la République et ça ne doit pas conduire au démantèlement de la République. Et c'est ça qui est inquiétant dans le processus Corse.

3:36
Présentateur

La campagne, on ne cesse d'entendre Valérie Pécresse qu'elle est escamotée, qu'elle n'offre pas aux Français les débats qu'ils sont en droit d'entendre. Avez-vous l'impression que la guerre en Ukraine relègue au second plan la campagne présidentielle ? Ou qu'au contraire, cette guerre pose les grands enjeux des années à venir pour la France ? La question de la défense, si un jour la France ou l'Europe sont attaquées par une autre puissance. La question de la souveraineté énergétique. La question alimentaire. Bref, des questions existentielles qui, pour le coup, sont bel et bien au centre de la campagne.

4:09
Valérie Pécresse

Alors, un peu les deux. Je crois que la guerre en Ukraine, le président de la République l'utilise pour justement se protéger et n'avoir pas de compte à rendre sur son bilan national, c'est-à-dire sur l'état de la France.

4:22
Présentateur

Il l'utilise ?

4:24
Valérie Pécresse

Il l'utilise, oui. Regardez, là, on a fait un grand débat lundi, qui était un débat présidentiel. Ça s'appelait la France face à la guerre. Et on a eu des questions quasiment que sur la question de la guerre en Ukraine. Je rappelle qu'il n'y a pas la guerre en France. Il y a la guerre sur le continent européen, qui est évidemment un sujet éminemment grave, et qui nous oblige, d'ailleurs, à revoir toute une série de politiques et à les repenser. Mais c'est quand même une émission dans laquelle on a évité de parler de l'immigration incontrôlée, de la montée de la violence, des services publics à bout de souffle, de la question réelle du pouvoir d'achat.

Donc, il y a des questions sur l'état de la France qu'on n'a pas pu poser. Mais je reviens sur la question de Nicolas Demorand, parce que je pense que cette crise en Ukraine, tout comme la crise Covid, révèle aussi des erreurs politiques que nous avons faites, au plan national et au plan européen. Typiquement, la question de l'indépendance énergétique, ne pas mettre le nucléaire dans le plan de relance, ne pas assumer une stratégie énergétique avec notre grand atout, qui était le nucléaire, à côté des renouvelables. C'était une faute. Une faute commise par Emmanuel Macron. Qui l'a corrigée, si vous estimez que c'est une faute. A 180 degrés et à un mois de l'élection.

Mais une autre faute, souveraineté alimentaire. Emmanuel Macron a accepté que l'Europe vote un projet qui s'appelle de la ferme à la fourchette, qui organise la décroissance agricole en plein réchauffement climatique, alors que les famines vont se multiplier sur le continent africain. Et la crise russe est emblématique de ça, puisque le prix du blé augmente. Et que vous le savez, sur le continent africain, là encore, le prix du blé est consubstantiel de la nourriture et du pouvoir d'achat des ménages. Les destins de l'Afrique et de la France sont liés.

Là encore, ce que révèle cette crise ukrainienne, c'est que nous avons laissé les groupes Wagner qui sont pilotés par la Russie, des milices russes, abîmer l'image de la France en Afrique, en Centrafrique, au Mali. Donc je crois que la crise ukrainienne est un révélateur de beaucoup d'erreurs qui ont été commises par Emmanuel Macron dans son mandat, mais qu'elle s'ajoute à des difficultés spécifiquement françaises qu'il faut qu'on règle. L'ordre à nos frontières, l'ordre dans nos comptes, l'ordre dans la rue et l'état de nos services publics, l'école, la justice, l'hôpital.

6:46
Présentateur

Emmanuel Macron a encore parlé à Vladimir Poutine il y a deux jours. Est-ce qu'il a raison de continuer à lui parler ou il faut maintenant arrêter ?

6:52
Valérie Pécresse

Il faut toujours maintenir le dialogue. Mais on voit bien que ce dialogue, aujourd'hui, ne mène pas à grand-chose. Et on voit surtout que Vladimir Poutine, aujourd'hui, cherche des voies de médiation ailleurs. Les voies de médiation, elles sont en Turquie, les voies de médiation, elles sont en Israël, elles sont en Chine. Moi, ce que je crois, c'est que le rayonnement international de la France dépendra de sa force intérieure. Je pense qu'on respecte plus des présidents qui sont des présidents à la tête de grandes puissances économiques que des présidents qui sont surendettés, déficitaires et qui n'arrivent pas à faire régner l'ordre chez eux.

C'est pour ça, d'ailleurs, c'est pour ça, d'ailleurs, la crise Covid, elle a touché le monde entier et elle n'a pas empêché les Allemands d'être excédentaires de 180 milliards d'euros de balance commerciale et d'exporter ni les Italiens ni les Belges. Nous, nous avons affaibli notre puissance économique pendant ces dix dernières années en menant une politique de gribouille, de dépenses publiques tous azimuts qui a empêché de rendre notre industrie compétitive et de créer les emplois en France.

Donc, il y a beaucoup de choses à dire aujourd'hui sur le bilan d'Emmanuel Macron et ce bilan, il est mauvais et il veut y échapper en ne parlant aujourd'hui que de son rôle dans la négociation ukrainienne.

8:09
Présentateur

Mais demain, il va faire une conférence de presse où il va présenter son programme. Est-ce que vous espérez qu'il soit aussi questionné sur son bilan ? Il va probablement l'être, non ? Moi, ce que je souhaite,

8:19
Valérie Pécresse

c'est que les Français se rendent compte que les cinq ans d'Emmanuel Macron ont affaibli la France et que c'est très difficile de faire confiance à un président qui vraisemblablement demain va proposer le contraire de ce qu'il a fait ces dernières années. Moi, ce que je demande, c'est un vrai débat démocratique face à face parce que ce débat permettrait de mettre à jour un certain nombre. Mais oui, mais parce qu'il ne veut pas qu'on démasque ces contre-vérités. Regardez l'émission de lundi. Je n'ai pas changé d'avis sur le nucléaire ? Eh bien, si. Je n'ai pas renoncé à faire la réforme des retraites ? Eh bien, si.

Donc, si on avait eu un vrai débat, je pense qu'on aurait mis à jour un président zigzag, un président qui, finalement, n'a pas tracé son sillon droit, n'a pas eu le courage de faire les réformes que le pays attend et dont il a besoin. Et demain, l'addition va être très scellée parce qu'on voit bien qu'aujourd'hui, c'est l'open bar de la dépense publique mais on ne voit pas bien le chemin de réforme qui remettra le pays sur les rails et qui évitera de léguer aux générations futures une dette financière abyssale et une dette écologique. Et c'est pour ça que je dis aux Français « Votez selon vos convictions ».

Moi, je suis persuadé que ce sont les solutions de la droite, les solutions de la réforme, les solutions qui remettent de l'ordre dans le pays, aux frontières, dans la rue, dans les comptes, qui sont les bonnes pour la France, et je leur dis « Votez pour vos convictions ».

9:40
Présentateur

Sur la question des débats, Gérard Larcher, le président du Sénat, a déclaré hier que s'il n'y avait pas de débat entre les candidats, s'il n'y avait pas de campagne, la question de la légitimité du gagnant se posera au terme de l'élection. À ce micro, Julien de Normandie, hier, disait que c'était là des propos irresponsables. Le président du Sénat, c'est un garant de notre démocratie et il essaie de faire courir une petite musique qui serait un procès en illégitimité. Est-ce que vous partagez l'analyse de Gérard Larcher ?

10:09
Valérie Pécresse

Ce que je crois, ce qu'a dit le président Larcher, c'est que les Français ont droit à ce débat et que ce serait très irrespectueux qu'ils ne l'aient pas. Il n'y a pas d'élection par tacite reconduction. Ça n'existe pas. Et aujourd'hui, la guerre n'est pas en France. La guerre est sur le continent européen. Mais Emmanuel Macron n'est pas chef de guerre. Emmanuel Macron est président de la France.

10:31
Présentateur

Et de l'Union européenne.

10:33
Valérie Pécresse

Il exerce la présidence de l'Union européenne. Mais il n'est pas président du Conseil européen. Le président du Conseil européen c'est Charles Michel. Ce que je veux dire, c'est qu'en juin, Emmanuel Macron ne redeviendra s'il est réélu que le président de la France. En juin, la future présidente qui sera élue sera président de la France. Et ce qui se joue, c'est le destin de la France. Est-ce que demain, on sera encore une grande puissance souveraine énergétiquement, agricolement, industriellement, militairement. Est-ce qu'on a fait les efforts suffisants ? Prenons l'exemple militaire.

11:04
Présentateur

Mais la question de la légitimité de la personne élue ce n'est quand même pas n'importe quelle question que pose Gérard Larcher. Je vous la repose.

11:11
Valérie Pécresse

Non mais s'il y a une abstention massive parce qu'il n'y a pas de débat démocratique, parce que les Français qui sont en colère se disent que finalement à aucun moment ils n'ont eu la possibilité de débattre face à face avec le président et de confronter leurs souffrances, leurs difficultés du quotidien, les difficultés de nos services publics, de l'hôpital, de la santé, de la justice, alors l'élection sera illégitime. Non, alors il y aura une colère et une frustration. Et moi je pense qu'il faut que ce temps démocratique

11:40
Présentateur

soit respecté. Voilà, c'est ce que je dis. Vous avez parlé de l'énergie, de la souveraineté énergétique. Pour être indépendant en énergie, la patronne d'ENGIE qui était là il y a une semaine ou deux, Catherine Magrégor, dit à ce micro qu'il faut absolument accélérer sur les énergies renouvelables, pas seulement le nucléaire mais les renouvelables, elle défendait notamment les éoliennes. Faut-il dans le nouveau contexte ouvert par la guerre d'Ukraine aller plus vite que ce que vous prévoyez dans votre programme Valérie Pécresse, notamment sur les éoliennes ? Vous êtes prête à être assez souple sur ça ?

12:11
Valérie Pécresse

Je prévois d'aller au maximum sur tout. Sur les éoliennes, ce que je dis, c'est qu'il y a certains territoires dans lesquels on a atteint un niveau de saturation. Voilà, le niveau de tolérance est atteint, voire même dépassé. Donc, dans ces territoires, il n'y aura pas d'éolien sans accord des populations et les projets éoliens doivent se faire avec l'accord des populations et ça doit se concerter. Mais, il y a plein d'autres énergies dont on ne parle pas. Il y a le biomethane, aujourd'hui, pour échapper à la dépendance du gaz russe. Est-ce que vous savez combien de temps on met pour ouvrir un méthaniseur en France ? On met plus d'un an et demi de procédures.

Moi, je veux diviser par deux toutes les procédures. Il y a les biocarburants, il y a la filière hydrogène, il y a les réseaux de chaleur, il y a la géothermie, il y a le solaire. Nos toits, aujourd'hui, on a un nombre de réglementations terribles qui fait qu'on n'arrive pas à mettre du solaire sur les toits. Donc, toutes ces réglementations, il faut les faire sauter parce qu'effectivement, la production d'énergie va devenir absolument cruciale

13:10
Présentateur

dans les années qui viennent. Un mot sur la crise des réfugiés. La France se dit prête à accueillir jusqu'à 100 000 réfugiés ukrainiens sur son sol en tant que présidente. D'abord, est-ce que vous êtes d'accord avec ce chiffre-là ? Est-ce qu'il y en aura plus ? Il y en aura moins ? Est-ce que vous êtes pour accueillir tous ceux qui veulent venir en France ou mettre des limites ? Je vous pose la question. Et puis, en tant que présidente de la région Île-de-France, qu'avez-vous mis en place pour accueillir les familles ?

13:31
Valérie Pécresse

Alors moi, dès que j'ai vu la guerre en Ukraine, j'ai débloqué 500 000 euros immédiats d'aides d'urgence. A l'époque, c'était pour les pays limitrophes parce que les associations humanitaires demandaient de l'aide, mais d'urgence, pour pouvoir monter des tentes, monter des villages. Donc, on a débloqué 500 000 euros pour les associations humanitaires. Et là, aujourd'hui, j'ai dégagé 600 places d'accueil dans les bases de loisirs de la région jusqu'au 1er juillet pour pouvoir accueillir tous ces réfugiés ukrainiens.

Et, par ailleurs, en tant que candidate à la présidentielle, j'ai réuni tous les élus locaux qui me soutiennent et j'ai demandé que chacun prenne sa place dans cette grande mobilisation d'accueil. Donc, nous sommes aujourd'hui fidèles à cette tradition, j'allais dire, chrétienne, humaniste, de la France, du droit d'asile pour les peuples persécutifs. Il faut accueillir

14:26
Présentateur

tout le monde, tous les ukrainiens qui arrivent ?

14:28
Valérie Pécresse

Il faut accueillir ceux qui demandent la protection aujourd'hui de la France. C'est une protection transitoire. Vous le savez, d'un an, le temps que la guerre cesse. Moi, ce que je sais, c'est que la plupart de ces réfugiés sont des réfugiés de guerre qui veulent rentrer chez eux dès que la guerre sera terminée. Donc, notre objectif, c'est évidemment le cessez-le-feu, c'est la fin de la guerre et c'est l'accueil de ces populations.

14:49
Présentateur

La parole aux auditeurs et auditrices de France Inter.

14:55
Auditeur

Bonjour, bonjour Madame Pécresse. Bonjour Nathalie. Voilà, c'est une question très concrète. Je suis, je laisse mes enfants, je suis séparée de mon ex-conjoint. Donc, j'ai deux enfants. C'est pas facile tous les jours, financièrement parlant. La pension alimentaire que je perçois, je la déclare aux impôts alors que leur père la déduit intégralement. Ça fait cinq ans que je me bats, que j'ai, voilà, écrits au Premier ministre, au Président de la République, au ministre des Finances. Aucune réponse. J'ai vu que vous aviez cette mesure dans votre programme. Si vous êtes élue, Madame Pécresse, quand allez-vous mettre en place cette mesure ?

15:47
Présentateur

C'est une source

15:48
Auditeur

de grande injustice.

15:49
Présentateur

La mesure de défiscalisation des pensions alimentaires. Merci beaucoup Nathalie pour cette question. Valérie Pécresse vous répond.

15:56
Valérie Pécresse

Je vais mettre une double mesure pour vous Nathalie en place. D'abord, je vais augmenter les allocations familiales pour les familles. Je vais créer une allocation familiale dès le premier enfant et augmenter de 15% pour les familles de deux et trois enfants parce qu'il faut un choc de pouvoir d'achat et que je ne me résous pas avoir autant d'enfants qui se passent sous le seuil de pauvreté. Et puis, je veux effectivement mettre fin à cette injustice qui est la fiscalisation des pensions alimentaires des maîtres seules, des mamans solos, des familles monoparentales parce que c'est de l'argent qui est là pour l'éducation de vos enfants. Ce n'est pas un revenu pour vous.

Et donc, j'y mettrai fin dès juin puisque j'ai dit que c'est dans mes 100 jours que je mettrai en place la plus grande partie des mesures financières de mon programme.

16:42
Présentateur

Feissal est au standard. Bonjour, bienvenue. Oui, bonjour France Inter. Bonjour Madame Pécresse.

16:48
Valérie Pécresse

Bonjour.

16:48
Locuteur non identifié

Ma question est la suivante. Je voulais savoir comment vous avez pu vous faire piéger par la France la plus réactionnaire des Républicains dans une campagne où vous auriez pu et dû normalement faire renaître ce que moi j'appelais de mes voeux, à savoir une vraie droite républicaine et sociale. Si les événements ukrainiens n'avaient pas percuter la campagne, on aurait eu ad nauseum une campagne basée uniquement sur Haro les Arabes. Et ça, c'est absolument infernal. C'est indigne d'une campagne présidentielle.

17:30
Présentateur

Merci Faisal pour cette question. Valérie Pécresse vous répond.

17:34
Valérie Pécresse

Écoutez, moi je ne crois pas du tout, enfin pardon, mais je préside une très grande région dans laquelle je respecte chaque Francilien, quelle que soit son origine, quelle que soit sa religion et je l'ai toujours fait et c'est comme ça que je présiderai la France. Et d'ailleurs, vous avez peut-être vu mon débat contre Éric Zemmour et vous avez peut-être bien vu la différence entre ce qui est une droite républicaine, c'est-à-dire très ferme sur la reprise du contrôle des frontières parce que des flux incontrôlés migratoires avec une intégration ratée, ça peut disloquer une nation.

Mais vous avez vu aussi que je l'ai mis dans les cordes lorsqu'il a dit que l'islam et l'islamisme c'était la même chose et que je lui ai dit que pour moi ça n'était pas du tout la même chose et que moi je luttais contre l'islamisme et d'ailleurs je lui ai rappelé je lui ai rappelé la mort d'Imad Ibn Zlatan, soldat français tué par les islamistes je lui ai rappelé la mort de Mohamed Merhabé tué par les islamistes policiers français et je lui ai dit que ce que je souhaitais c'était qu'on demande à nos compatriotes musulmans ce qu'on a demandé à nos compatriotes chrétiens et juifs par le passé c'est juste d'inscrire leur culte dans les lois de la république même droit même devoir pour tous c'est maligne et je n'en ai pas changé c'est certains qui ont voulu dénaturer mes propos et qui ont voulu j'allais dire faire croire qu'il n'y avait pas de différence entre Éric Zemmour et moi c'est pour ça que j'ai voulu ce débat pour montrer qu'il y avait une vraie différence et que immigration zéro c'était un slogan qui ne marchait pas avec moi il y aura des quotas migratoires et il y aura un donnant donnant avec les pays d'origine soit ils reprennent leur clandestin ils ont des visas soit ils ne reprennent pas leur clandestin et c'est zéro visa

19:24
Présentateur

c'est vrai mais vous avez personne ne vous a forcé à utiliser l'expression grand remplacement oui mais sauf que

19:29
Valérie Pécresse

la façon dont je l'ai utilisé a été déformée parce que j'ai dit exactement l'inverse de ce qu'on m'a fait dire j'ai dit que j'étais contre le grand déclassement c'est Emmanuel Macron et contre le grand remplacement c'est Éric Zemmour et que j'incarnais une troisième voix entre les deux et cette phrase elle a été détournée de son sens et on lui a fait dire ce que je ne voulais pas lui faire dire je suis le rempart aujourd'hui républicain à justement ses peurs et ses théories complotistes

19:57
Présentateur

Gilles au standard bienvenue Gilles oui on vous écoute

20:01
Auditeur

oui bonjour madame Pécresse bonjour donc ma question est la suivante en début de campagne vous avez annoncé que vous serez un tiers Thatcher et deux tiers Merkel et c'est vrai que comme vous l'avez dit ce matin en France il y a beaucoup de spécificités régionales donc maintenant est-ce que vous revendiquez encore de ces deux personnalités

20:22
Présentateur

merci Gilles

20:24
Valérie Pécresse

Valérie Pécresse vous savez pourquoi j'ai dit ça j'ai dit ça parce que il y a un plafond de verre aujourd'hui en France c'est à dire qu'il y a beaucoup de français qui n'imaginent pas le pouvoir au féminin et surtout alors qu'il y a une guerre en Ukraine mais vous savez aujourd'hui madame Thatcher madame Merkel ce sont sans doute les femmes qui ont le plus défendu leur peuple madame Thatcher a défendu le peuple britannique elle a même fait une guerre au Malouine pour le défendre elle a défendu son peuple au niveau européen on disait même que c'était les britanniques qui dirigeaient l'Europe à un certain moment et madame Merkel a défendu son peuple elle a défendu les allemands et aujourd'hui si vous allez regarder à la commission de Bruxelles c'est les allemands qui dirigent c'est eux qui fixent les normes en fonction de leurs intérêts donc ce que j'ai voulu dire en parlant d'elle c'est que à un moment donné il faut une présidente qui fait et qui défend son peuple et moi je vous défendrai si je suis présidente de la République et je serai

21:27
Présentateur

une femme forte Valérie Pécresse rapidement on commence à avoir le programme d'Emmanuel Macron au compte-gout retraite à 65 ans RSA conditionné à un minimum d'activité économiquement vous ne pouvez qu'applaudir au moins ces deux premières mesures et bien ce que je constate

21:39
Valérie Pécresse

c'est qu'il va promettre le contraire de ce qu'il a fait depuis 5 ans et pourquoi a-t-il soudain cette inspiration et bien sans doute parce que j'ai moi-même dit qu'il faudrait faire la retraite à 65 ans parce que j'ai moi-même dit qu'il fallait revenir à l'esprit du RSA et avoir 15 heures d'activité par semaine pour toucher des revenus d'assistance donc c'est un copieur vous voulez dire ? oui je dis je dis je dis aux français ne votez pas pour une pâle copie qui vous dit le contraire de ce qu'il a fait pendant 5 ans qui peut le croire ?

si les français veulent un vrai programme de droite avec les vraies réformes qu'ils attendent pour le pays la réforme de l'état la débureaucratisation la décentralisation la réforme de l'assurance chômage la réforme du RSA la réforme des retraites ils doivent faire confiance à mon équipe qui est une équipe expérimentée qui saura de François Baroin à Eric Ciotti à Xavier Bertrand à Michel Barnier Annie Gennevar Florence Portelli Agnès Évrenne Christelle Mansec qui saura faire ces réformes dont le pays a tant besoin donc votez là encore pour vos idées ne votez pas pour une pâle copie

22:51
Présentateur

une dernière question de Pierre

22:53
Valérie Pécresse

c'est un peu un président illusionniste quand même

22:55
Présentateur

une dernière question de Pierre sur l'application d'Inter concerne l'entreprise Total qui contrairement à BP et Shell poursuit ses activités en Russie est-ce que vous comprenez que Total soit encore là-bas en Russie ou est-ce que ça vous choque ?

23:09
Valérie Pécresse

ce que je souhaiterais c'est surtout que les pétroliers fassent un geste moi j'ai demandé sur ces questions du prix de l'essence à l'Etat de rendre l'argent des taxes qu'il avait perçues on me dit que la hausse des taxes sur l'essence perçue par l'Etat c'est 25 centimes or il ne va rendre en français que 15 centimes moi j'aurais voulu que l'Etat rendre toutes les taxes c'est-à-dire 25 centimes mais je voudrais aussi que les pétroliers fassent un geste les pétroliers sont en train de profiter de cette spéculation sur les prix de l'essence d'une manière qui est extrêmement forte et dans leur profit donc il faut eux aussi qu'ils fassent un geste à la pompe et je demande à Total de faire un geste à la pompe

23:50
Présentateur

et sur la présence en Russie ?

23:52
Valérie Pécresse

je crois que les entreprises françaises doivent continuer à faire du commerce en Russie on ne peut pas planter les entreprises françaises il faut mettre des sanctions très fortes il y en a beaucoup

24:02
Présentateur

qui sont parties

24:02
Valérie Pécresse

non très très peu très très peu d'entreprises françaises qui sont parties les entreprises qui sont parties c'est des entreprises qui avaient très peu d'intérêt en Russie aujourd'hui moi je ne veux pas mettre des français au chômage à cause de cette crise russe ce que je veux c'est que Total fasse un effort à la pompe pour le prix de l'essence

24:17
Présentateur

merci Valérie Pécresse le temps est venu le titre de votre dernier livre chez Bouquin je rappelle que vous êtes évidemment candidate à telle heure à l'élection présidentielle le temps est venu

24:25
Valérie Pécresse

de faire enfin les réformes

24:26
Présentateur

on vous a entendu depuis 8h20 ce matin sur Inter président de la région Île-de-France également merci encore d'avoir été à notre micro

24:34
Valérie Pécresse

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