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InterviewLe Média (sur Podcast)· 26 octobre 2024 23 minContradictoireActualité / polémiqueImmigration & asileEurope & internationalInstitutions & électionsSolidarités & famille

"Ils cherchent à me faire taire !" : Pascal Boniface s'explique sur la polémique sur Karim Bouamrane

Source d'origine 3 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 10 %Attaque 70 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:49OuverteRéponse directe

    Pourquoi l'avoir finalement retiré ce tweet ?

  • 4:29OuverteRéponse directe

    Quelle est votre réaction après l'annulation de votre participation aux Géopolitiques de Nantes ?

  • 6:09RelanceRéponse directe

    Est-ce que cette polémique n'est pas un exemple de cancel culture ?

  • 8:43OuverteRéponse directe

    Revenons sur le profil de ceux qui vous attaquent.

  • 10:18OuverteRéponse directe

    Il a suffi d'un tweet de votre part pour que la lutte contre l'islamophobie soit au cœur des luttes de l'extrême droite. C'est ironique, non ?

  • 10:58OuverteRéponse directe

    On a lu que vous auriez inventé ce concept raciste. Pourtant, Sarkozy l'avait employé avant vous.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:53Invité politiqueFait
    « Parce qu'il a suscité de l'incompréhension sincère chez une petite minorité et une instrumentation chez beaucoup de gens. »
  • 2:05Invité politiqueFait
    « Ce que je voulais dire, c'est quelqu'un qui apparaît comme musulman aux yeux des autres, donc quelqu'un qui est perçu comme musulman. »
  • 2:49Invité politiqueFait
    « Est-ce que l'on peut rester muet par rapport au risque de génocide ? Je ne parle pas encore de génocide, mais le risque de génocide est avéré à Gaza. »
  • 4:32Invité politiqueFait
    « Je ne la comprends pas parce que, je veux dire, une fois encore, ça me paraît d'ailleurs, beaucoup de gens, y compris à Nantes, trouvent que c'est disproportionné. »
  • 5:54Invité politiqueFait
    « C'est que beaucoup de gens n'arrêtent pas de dire, il faut arrêter la cancel culture quand on demande, etc. »
  • 7:21Invité politiqueFait
    « Je tiens ma dignité, à mon intégrité. C'est aussi pour cela que même si je suis attaqué, il y a quand même beaucoup de gens qui me soutiennent parce qu'ils me reconnaissent une honnêteté intellectuelle. »
  • 10:31Invité politiqueFait
    « Ce n'est même pas tellement une lutte contre l'islamophobie qu'une attaque sur le bon espace. Disons qu'on profite d'un mot pour m'attaquer, concentrer. »
  • 11:42Invité politiqueFait
    « Oui, le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il a dû subir moins de propos que moi. »
  • 13:13Invité politiqueFait
    « Il faut rappeler que la convention de 1948 sur le génocide est là pour prévenir, c'est la prévention du génocide. »
  • 13:36Invité politiqueFait
    « Vous savez, regardez au Parlement, auparavant, les forces, on peut dire que, grosso modo, auparavant, les forces étaient politiques, étaient réparties. »
  • 16:59Invité politiqueFait
    « C'est une question sur laquelle on pourrait s'interroger parce que c'est un fait. »
  • 18:35Invité politiqueFait
    « Oui, même le terme si vous employez le terme d'islamophobie on va dire qu'il y a quand même une idée qui s'est imposée dans le débat public c'est que le terme d'islamophobie a été inventé par Roménie ou les mollahs iraniens pour empêcher une critique de la région. »
  • 20:06Invité politiqueFait
    « Moi les réseaux sociaux à la fois je m'en plains et je m'en félicite parce qu'ils offrent un espace de liberté moi je suis interdit sur de nombreux médias heureusement que j'ai les réseaux sociaux pour pouvoir m'exprimer librement. »
  • 21:14Invité politiqueFait
    « Votre média y participe parce que vous avez une programmation alternative et on voit chez vous ce qu'on n'a pas ailleurs. »

Temps de parole

  • Invité politique68 %
  • Invité30 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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0:01
Invité

Un muslim d'apparence, cette expression qui a fait couler beaucoup d'encre dans la sphère médiatico-politique, il faut le dire surtout, à droite de l'échiquier, a été utilisé dans un tweet écrit par le chercheur Pascal Boniface le 20 octobre. En parlant de Karim Bouamran, le maire de Saint-Ouen, Pascal Boniface répondait ainsi à une vidéo de l'élu socialiste invité dans l'émission de France 2 « Quelle époque ? » et dans laquelle il ne voulait pas parler du conflit au Moyen-Orient et de Gaza en particulier, affirmant que ce sujet a été importé en France à des fins électoralistes.

Alors entre réaction d'indignation, appel à la censure, interdiction de conférence, le directeur de l'IRIS n'a pas été épargné par cette déferlante d'attaque jusqu'à un signalement de la LICRA au procureur de la République. Alors faut-il y voir vraiment derrière ces propos un dérapage ou est-il grossièrement instrumentalisé par la droite et les censeurs de la critique de l'État d'Israël ? On en parle avec Pascal Boniface qui est l'invité de cet entretien. Bonjour Pascal Boniface. Bonjour.

Alors avant de commencer cet entretien et pour la compréhension de ceux qui n'auraient pas suivi cette polémique, je vais lire intégralement le tweet qui a été pris pour cible, vous écrivez « Sincèrement, je m'interroge sur cet homme que je ne connais pas perso. Est-il un exemple de la méritocratie ? » Alors bravo. « Ou instrumentalisé façon un muslim d'apparence qui ne critique pas Netanyahou et donc bénéficie d'une grosse promo médiatique. J'attends de voir. » Voilà vos propos que je signale, vous avez supprimé par la suite. Alors pourquoi l'avoir finalement retiré ce tweet ?

1:53
Invité politique

Parce qu'il a suscité de l'incompréhension sincère chez une petite minorité et une instrumentation chez beaucoup de gens. Donc en fait quand on se fait mal comprendre, c'est peut-être qu'on s'est mal exprimé. Ce que je voulais dire, c'est quelqu'un qui apparaît comme musulman aux yeux des autres, donc quelqu'un qui est perçu comme musulman. On ne sait pas s'il est croyant, on ne sait pas s'il est musulman, mais il est perçu comme tel. Voilà ce que j'ai voulu dire. Et ça a été instrumentalisé par différents moyens. Au PS, pour la V plus blanc que blanc. Après, tous mes ennemis qui me critiquent depuis très longtemps sur les positions, sur le conflit sur le Brésilien, se sont précipités.

Vous avez parlé de la LICRA qui a fait un signalement. Et puis tous ceux qui essayent depuis 25 ans en fait de briser l'iris, de me briser moi, de m'interdire professionnellement, se sont précipités. On voit bien la couleur. Et en fait, du coup, la polémique fait qu'on n'en parle pas du fond. Est-ce que l'on peut rester muet par rapport au risque de génocide ? Je ne parle pas encore de génocide, mais le risque de génocide est avéré à Gaza. Est-ce que l'on peut rester muet face à ce... C'est plus qu'un drame, ce qui se passe. Je pense que non. Mais en fait, voilà, vous savez, on parle du coup du terme de musulman d'apparence, qui donc, dans mes yeux, n'est pas un terme dégradant, etc.

Mais on ne parle que de ça, comme si j'étais d'ailleurs... Enfin, ce qui est assez marrant, c'est que viennent me condamner des gens qui sont franchement islamophones depuis longtemps. Moi, je suis plutôt considéré comme étant quelqu'un qui a combattu toute sa vie toutes les formes de racisme. On est nombreux. Et les discriminations à l'égard de musulmans, on est moins nombreux. Et donc, me voir reprocher à être anti-musulman, c'est quand même assez, pour le moins, curieux. D'ailleurs, aucune organisation musulmane ne m'a pris à partie.

Et j'ai de nombreux musulmans qui, au contraire, sont venus me soutenir, m'ont exprimé leur soutien, en disant qu'ils avaient très bien compris, eux, ce que je voulais dire. Donc, ce que je voulais dire, c'est quelqu'un qui est perçu comme musulman. Voilà. Donc, apparence musulmane, voilà. Parce qu'on ne sait pas s'il est croyant. On ne sait pas si... Bon, et voilà. Et donc, il n'y a pas d'assignation. Mais par contre, je maintiens les questions que j'ai posées. Peut-on rester muet par rapport à cela ? Et je ne crois pas. Je ne crois pas que dénoncer les crimes de l'armée israélienne soit importer le conflit. Au contraire, refuser d'en parler nourrit le complotisme.

4:12
Invité

Alors, après ce tweet, la métropole de Nantes a annoncé que vous ne serez pas associé aux prochaines éditions des Géopolitiques de Nantes. C'est un rendez-vous de conférences, de décryptage en quelque sorte de l'état du monde. Quelle est votre réaction après cette annulation ?

4:32
Invité politique

Je ne la comprends pas parce que, je veux dire, une fois encore, ça me paraît d'ailleurs, beaucoup de gens, y compris à Nantes, trouvent que c'est disproportionné. Surtout que, voilà, il n'y a pas eu de contact direct entre Nantes-Pétropole et moi pour dire, bon, qu'est-ce qui s'est passé, etc. Les gens de Nantes me connaissent et on a fait la douzième édition, donc ils me connaissent quand même. Ils savent bien que je ne suis pas raciste. Alors, je pense qu'il y a peut-être aussi une ambiance de préparation du Congrès européen, chacun… Et puis, c'est vraiment l'emballement médiatique. Vous savez, cet événement, il aura lieu, s'il a lieu, en septembre 2025.

Donc, il y avait quand même le temps de voir venir, d'avoir des explications, de demander une explication directe. Mais on voit bien que chacun se précipite pour dire, regardez, regardez, j'ai réagi avec vigueur et je ne suis pas le dernier à jeter la pierre sur celui qui se fait lapider. Donc, c'est vraiment typiquement, je pense que par la suite, peut-être, il y a des gens qui referont l'historique de cet emballement médiatique dans lequel, je pense, l'émotion et, disons, des intentions sournoises l'ont en plan reporté sur la rationalité.

5:37
Invité

C'est ce que les tenants de cette cause, ceux qui vous critiquent le plus, réprouvaient par le passé cette forme de cancel culture, sur qu'ils finissent par solliciter eux-mêmes.

5:50
Invité politique

Oui, vous mettez le doigt sur un point sensible. C'est que beaucoup de gens n'arrêtent pas de dire, il faut arrêter la cancel culture quand on demande, etc. Et en fait, la cancel culture, c'est quand il y a eu des protestations contre une pièce qui a quand même pu avoir lieu. Donc, ces quelques exemples qui sont pris, là, quand même, c'est très clairement un délit d'opinion. Parce qu'en fait, ce qui est visé, ce n'est pas cette phrase, c'est tout ce que je fais depuis assez longtemps. Et donc, voilà, on a jeté ma tête en pâture à tout cela. C'est vraiment, là, un exemple, effectivement, de cancel culture, de censure, puisque, alors, l'événement peut avoir lieu sans moi, apparemment.

C'est quand même moi qui l'ai créé, qui l'ai animé pendant 12 ans, puisque on a fait la 12e édition en septembre. 6900 personnes sont venues assister à nos différents débats, dans un enthousiasme assez chaleureux, etc. Voilà, je ne fais que constater et déplorer quelque chose que je ne peux pas contrôler. J'aurai d'autres occasions de m'exprimer. Ce n'est pas la première fois que je subis ce type. Vous savez, en 2003, l'IRIS a failli disparaître. Il y a plusieurs fois des campagnes contre moi. C'est irrégulier. Dès que ça s'enflamme un peu au Proche-Orient, on cherche à faire taire ceux qui s'expriment sur le sujet, mais une fois encore.

Admettons l'argument de dire qu'il ne faut pas parler des éléments du Proche-Orient parce que ça devait être l'antisémitisme. Je crois, au contraire, que si on n'en parle pas, que ça nourrit le complotisme et l'antisémitisme, parlons-en. Parlons-en, débattons librement. Il y a des lois qui interdisent les insultes racistes. Alors oui, on dit que la LICRA a fait un signalement au procurant. Moi, je suis prêt à m'expliquer, mais je trouve que la base juridique est un peu faible. On verra bien, on verra bien. Mais en tous les cas, vous savez, moi, je tiens ma dignité, à mon intégrité.

C'est aussi pour cela que même si je suis attaqué, il y a quand même beaucoup de gens qui me soutiennent parce qu'ils me reconnaissent une honnêteté intellectuelle et je ne prends pas position en vertu des flots dominants ou des vents dominants. Je prends position en vertu de ce que j'estime être juste et d'être vrai. Alors je peux me tromper, je peux faire des erreurs, mais je n'ai jamais menti et je n'ai même jamais pris une position pour défendre mes intérêts personnels.

Je crois qu'au contraire, depuis le temps que je fais ce métier, j'ai plutôt payé, souvent un prix très lourd d'ailleurs, pour tenir des positions auxquelles je croyais parce que je n'ai fait pas ce métier pour me taire ou avoir peur. Vous savez, pour certains, c'est un peu la siate au beurre. Il y a des gens qui ont peur de se détacher de l'opinion dominante. Je connais beaucoup de gens qui me disent sur le prochain temps, je suis d'accord avec toi, mais je ne dirai jamais en public. Moi, je dis en public ce que je pense.

Admettons que l'expression du style d'apparence était maladroite, mais ce n'était pas une stigmatisation, c'était quelqu'un qui apparaît comme musulman aux yeux des autres.

8:41
Invité

Alors, revenons, si vous voulez bien, sur le profil de ceux qui vous attaquent. Moi, je suis allé un petit peu regarder avant cette interview. C'est souvent des personnes ou des médias d'extrême droite ou de droite. Le Printemps Républicain également. Je suis allé voir en 48 heures un journal comme Le Point a publié six articles différents sur vous, des tribunes, des vidéos. Et j'en passe. Et pourtant, on ne peut pas dire qu'il s'agisse là de médias à qui la cause des musulmans de France tiennent particulièrement.

9:16
Invité politique

Certains l'ont fait. D'ailleurs, sur Twitter, ils ont mis l'ensemble des unes du point qui stigmatisent les musulmans. Elles sont assez nombreuses. Donc, que le point m'attaque sur les propos que j'ai retenus sur les musulmans, on voit bien que c'est tout à fait pour autre chose. Donc, effectivement, mes positions m'attirent des inimitiés. Les gens se vengent. On connaît les gens du point. Voilà. Enfin, donc, ce n'est pas étonnant. Il y a une sorte d'acharnement. Disons que les gens ont une voix mauvaise et on voit bien. Par exemple, il y a une journaliste du Pierrot-Judy Vintribe qui a dit « ça sent le sapin pour Boniface », etc.

Donc, effectivement, les gens espèrent que ce soit ma mort professionnelle pour être débarrassée de moi. Donc, j'attends ça. Je verrai. Je pense que ça ne va pas réussir. Mais enfin, en tous les cas, il y a une très forte mobilisation, mais qui ne vient pas des organisations musulmanes qui auraient été outrées par mes propos, mais qui vient plutôt de ceux qui, d'habitude, déversent leur bile quand ce n'est pas leur haine à l'égard des musulmans. Donc, c'est pour le moins paradoxal.

10:17
Invité

Et puis, on peut dire qu'il a suffi, en fait, d'un tweet de votre part pour que la lutte contre l'islamophobie soit au cœur des luttes de l'extrême droite. C'est tout de même ironique comme réaction, non ?

10:31
Invité politique

Oui, enfin, en fait, ce n'est même pas tellement une lutte contre l'islamophobie qu'une attaque sur le bon espace. Disons qu'on profite d'un mot pour m'attaquer, concentrer. Ne vous inquiétez pas. Tous ces gens reprendront leur combat islamophobe. Je peux mourir cette nuit. Je serai oublié. Et ils reprendront. Ils ne vont pas se convertir en disant, finalement, on a réfléchi. Il faut que les musulmans ne soient plus discriminés. Ils reprendront leur discours anti-musulmans qu'ils tiennent d'habitude.

10:57
Invité

Alors, on a même lu quelque part que vous auriez inventé ce concept raciste. Et pourtant, une personnalité publique, avant vous, l'avait employée. Cette expression, il avait dit des musulmans d'apparence. C'était Nicolas Sarkozy en 2012 lors d'une interview sur France Info. On écoute. De même, je le rappelle

11:17
Présentateur

pour nos auditeurs que les amalgames n'ont aucun sens. Je rappelle que deux de nos soldats étaient, comment dire, musulmans, en tout cas d'apparence, puisque l'un était catholique, mais d'apparence, comme l'on dit, la diversité visible. Et ça serait particulièrement odieux cet amalgame parce que deux français musulmans ont été assassinés parce que soldats par Mérat.

11:42
Invité politique

Oui, le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il a dû subir moins de propos que moi. Donc ça veut dire qu'on voit bien le deux poids, deux mesures. Et ce qui est attaqué, ce ne sont pas les propos, ce sont les hommes. Donc, lorsque le président parle de Sarkozy, il parle de musulmans d'apparence, ça passe crème. Et si c'est moi qui mets donc musulmans d'apparence, là, effectivement, c'est quelque chose sur lequel on concerne les attaques. Donc, une fois encore, on voit que ce ne sont pas les propos qui sont en cause, mais bien l'homme. Le président Sarkozy, il habite quoi ? Musulmans d'apparence, c'est ça ? Musulmans d'apparence, il l'a dit, clairement. D'accord. OK.

Bon, c'est le moins qu'on puisse dire, c'est que merci de signaler cela parce que, je veux dire, on montre bien quand même, je ne pense pas que ces colloques ont été annulés par la suite.

12:28
Invité

Non, évidemment. Alors, j'aimerais vous demander, par rapport au conflit israélo-palestinien, comment vous expliquez cette distorsion entre une opinion publique qui est largement critique envers Israël, on peut le dire, dans ses crimes de masse à Gaza, au Liban, et la sphère médiatique, d'un autre côté, médiatico-politique même, on peut dire, où le simple mot, le simple fait d'utiliser le mot génocide, qui est le mot le plus approprié, on peut le dire, pour qualifier la situation actuelle, peut causer un bannissement ou alors d'être traité d'horrible antisémite. Comment expliquer qu'il y ait une telle distorsion entre les deux ?

13:12
Invité politique

Il faut rappeler que la convention de 1948 sur le génocide est là pour prévenir, c'est la prévention du génocide. Donc, même si le génocide n'est pas encore commis, mais qu'il peut y avoir un risque de génocide, on est censé devoir intervenir. Donc, ce n'est pas uniquement pour sanctionner un génocide commis, c'est pour prévenir un nouveau génocide. Et donc, comment expliquer ça ? Vous savez, regardez au Parlement, auparavant, les forces, on peut dire que, grosso modo, auparavant, les forces étaient politiques, étaient réparties. Là, l'extrême droite est massivement pro-israélienne.

la droite républicaine n'a plus grand-chose à voir, les républicains n'a plus grand-chose à voir avec les positions de De Gaulle et Dominique de Villepin est très isolée dans son ancienne famille politique. Les formations autour d'Emmanuel Macron sont plutôt orientées. Emmanuel Macron serait, et qui est même critiqué par certains des gens qui ont été élus sur son nom, lorsqu'il dit qu'il faut arrêter la livraison d'armes à Israël. Donc, c'est-à-dire, le PS est toujours un peu divisé entre une tendance molettiste et une tendance mitterrandiste. Il n'y a qu'effectivement les Verts, le PC et les FI qui ont ces positions autres. Et dans les médias, en fait, il y a plusieurs choses.

Certains, j'entends des fois dire « Oui, c'est les juifs qui tiennent les médias. » Non, ça, c'est faux. C'est stupide, c'est antisémite de dire ça parce que les juifs sont plutôt minoritaires, en fait. Et puis certains sont très critiques de Netanyahou. On ne va pas faire d'une end-dropping. Mais en fait, les avis des juifs sont partagés. Certains sont universalistes, d'autres sont plus à défendre Netanyahou. Après, vous avez des gens qui éprouvent une très grande culpabilité par rapport aux juifs, à Israël, et donc qui vont accepter d'Israël des choses qu'ils n'accepteraient pas d'un autre pays.

Après, vous avez des gens qui disent « Bon, Israël appartient au bloc occidental, donc il faut le soutenir. » Sauf qu'on peut penser que par son comportement, Israël met en danger le bloc occidental. Et puis, vous avez des gens qui sont carrément suprémacistes et qui pensent qu'Israël est carrément la pointe avancée du combat contre l'islam au Proche-Orient et que donc, il faut le soutenir. Sauf qu'on peut penser qu'Israël nourrit aussi l'islam radical et qu'il y a peu de chances que ce qui se passe à Gaza ne suscite pas de nouveaux terroristes. Donc, c'est un ensemble de facteurs et puis, je pense surtout, c'est... Je dis, beaucoup de gens ont peur de s'exprimer.

Beaucoup de gens vont regarder ce qui m'arrive. Donc, ça ne donne pas envie. Ça ne donne pas envie. Donc, il y a des gens qui se disent si vous êtes invité sur le plateau et que vous avez un propos qui pourrait être perçu comme étant trop critique comme Israël et donc, avec l'accusation directe d'antisémitisme, vous êtes exclu du débat public. Et c'est vrai que Netanyahou a réussi à assimiler antisémitisme, antisionisme et critique du grand Israël dès qu'on n'est pas d'accord avec lui. L'ONU est antisémite, Guterres est antisémite, les ONG sont antisémites.

Mais en fait, c'est un fuse en France où immédiatement l'accusation d'antisémitisme survient et qu'elle est très lourde à porter et qu'il y a des gens qui estiment plus prudent de ne pas prendre de risque de critiquer Netanyahou pour ne pas être accusé d'antisémitisme.

16:19
Invité

Mais la situation date quand même de bien avant Netanyahou. Jean-Michel Apathy, journaliste, le disait sur un plateau que lorsque des personnalités publiques comme Dieu Donné ou Soral ont été soupçonnées d'antisémitisme, elles ont vite fait et à raison à tort ou à raison d'être entièrement totalement banni pendant des décennies pendant des années plutôt de la télévision des sphères médiatiques pourquoi le fait d'être convaincu d'islamophobie comme Éric Zemmour n'entraîne pas n'entraîne pas le même bannissement ?

16:58
Invité politique

Écoutez, c'est une question sur laquelle on pourrait s'interroger parce que c'est un fait. Ce que vous dites est un fait. Les causes, c'est que pour certains, la guerre d'Algérie n'est pas terminée, il y a un racisme, c'est vrai que les attentats du 11 septembre puis de 2015 ont nourri un narratif anti-musulman par rapport aux attentats qui ont été commis.

Donc c'est un ensemble de raisons qui fait que effectivement et puis il y a aussi là aussi un dévoiement de la laïcité ce que le plus grand spécialiste français de la laïcité Jean Bobéraud appelle la laïcité falsifiée c'est que certains cachent un discours anti-musulman sur une défense de la laïcité qui serait mise en cause par l'islam et donc effectivement si vous critiquez Israël vous êtes antisémite mais si vous critiquez les musulmans vous êtes un laïc convaincu.

17:50
Invité

Alors Pascal Boniface vous qui êtes spécialiste en relations internationales est-ce que ce débat le débat initial que nous avons porté concernant Karim Boamran est-ce qu'il n'est pas une particularité française ce débat la question de l'instrumentalisation des personnes racisées a l'air assez librement étudié dans les pays anglo-saxons aux Etats-Unis notamment dans les universités là-bas on parle d'ailleurs du syndrome de l'oncle Tom dérivé du célèbre livre d'Ariette Becher Stowe est-ce qu'on n'est pas dans une particularité française où il y a à chaque fois une chape de plomb et un verrouillage à évoquer ces questions d'instrumentalisation des minorités ?

18:35
Invité politique

Oui, même le terme si vous employez le terme d'islamophobie on va dire qu'il y a quand même une idée qui s'est imposée dans le débat public c'est que le terme d'islamophobie a été inventé par Roménie ou les mollahs iraniens pour empêcher une critique de la région alors que c'est historiquement prouvé que ce concept remonte au début du XXe siècle donc en 1920 il n'y avait pas l'avaliateur Roménie donc effectivement il y a des tabous et bon et il y a c'est de la dynamite tout ça effectivement en fait tout ce qui provient un peu qui permet de conduire au Porche-Orient est interdit et moi je connais je veux dire quand j'étais au PS les copains du PS qui étaient alors bon musulmans musulmans arabes ou tout ce que vous voulez disaient non non mais moi tu comprends je ne peux pas m'exprimer sur le conflit du Porche-Orient parce qu'on va tout de suite dire que je suis antisémite ou on va tout de suite dire que je fais dans le communautarisme et donc il y avait un silence là-dessus qui existe toujours il y a une peur générale dans ce pays à s'exprimer sur le conflit alors par contre il y a des gens qui vont au secours on condamne l'apologie du terrorisme c'est bien c'est normal mais il y a des gens qui font l'apologie des crimes de guerre en toute liberté quand même et c'est quand même effectivement plus contestable

19:50
Invité

et la situation n'est-elle pas aussi plus biaisée par l'existence même du débat politique sur les réseaux sociaux où les questions de fond ne sont pas abordés mais finalement c'est de la postule politicienne la communication qui prime

20:05
Invité politique

si vous voulez moi les réseaux sociaux à la fois je m'en plains et je m'en félicite parce qu'ils offrent un espace de liberté moi je suis interdit sur de nombreux médias heureusement que j'ai les réseaux sociaux pour pouvoir m'exprimer librement alors bon peut-être maladroit mais enfin si je n'ai fait que reprendre les propos de Nicolas Sarkozy je m'étonne que ça suscite autant des mois et qu'en est aussi peu mais effectivement les réseaux sociaux permettent quand même aussi qu'à chacun d'être émetteur d'informations récepteur d'informations et dans les médias centraux il y a vous savez on a fait beaucoup de reportages sur la guerre en Ukraine quand les civils étaient bombardés alors on y avait accès d'ailleurs il y a beaucoup moins d'images des bombardements sur le Gaza

20:48
Invité

Alors pour la suite comment faire valoir le positionnement les idées des intellectuels qui essayent dans une honnêteté intellectuelle puisqu'on a la réalité de la catastrophe du génocide qui se passe à Gaza comment faire valoir certaines voix qui vont de plus en plus être difficiles à porter si même des chercheurs comme vous ont du mal à s'exprimer

21:13
Invité politique

C'est clair votre média y participe parce que vous avez une programmation alternative et on voit chez vous ce qu'on n'a pas ailleurs c'est pour ça que vous êtes regardé s'ils n'avaient pas eu accès à la TNT en fait est-ce qu'il y a des gens qui vont se décourager en disant c'est trop compliqué je connais des gens qui me disent ça c'est trop compliqué ça fait depuis trop longtemps on n'y peut rien autant rester peinard et s'occuper d'autres choses j'ai du mal moi à suivre ce pli là donc je continuerai à m'exprimer librement je sais que des portes me sont fermées je sais que d'autres portes vont probablement se fermer et bien je continuerai à faire mon métier j'imagine enfin je pense honnêtement et à essayer de continuer à décrypter les choses et à ne pas me taire par peur vous savez quand même à la limite je me dis je ne risque pas d'être emmené à 5h du matin etc je risque quoi de juste de perdre des ouvertures de voir mon espace médiatique restreint etc je ne cours pas on n'est pas en dictature il y a des choses qui sont interdites des débats qui sont interdits mais il n'y a pas je ne sais pas jeter dans un cul de basse fosse parce que je tiens ces propos là

22:26
Invité

merci beaucoup Pascal Boniface directeur et fondateur de l'IRIS et merci à vous d'être fidèle aux médias sur le canal 165 de la Freebox sur Youtube ou sur notre site internet le média votre média on le rappelle ne vit que des abonnements des soutiens et des dons de celles et ceux qui l'aiment si vous le pouvez allez sur le site le 3w.lemédiatv.fr slash soutien et donnez-nous de la force restez connectés aux médias