Clément Hervieu-Léger : "Le théâtre est politique par définition, aujourd'hui plus que jamais"
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France Inter, Alibadou. Grand entretien ce matin avec Marion Lourdes. Nous avons le bonheur de recevoir un comédien metteur en scène et qui est depuis cet été à la tête d'un des théâtres les plus prestigieux d'Europe. Celui qu'on nomme tout simplement le français. Monsieur l'administrateur général de la comédie française est notre invité ce matin. Chers auditeurs, vos réactions, vos émotions devant Molière Racine, votre expérience de spectateur au 01 45 24 7000 ou l'application Radio France. Clairement Hervieux-Léger, bonjour. Bonjour.
Et bienvenue, vous mettez en ce moment en scène, Clément Hervieux-Léger, l'école de danse, une pièce de Carlo Goldoni au français donc, et le misanthrope de Molière. Qu'est-ce donc ? Qu'avez-vous donc ? Laissez-moi, je vous prie. Qu'est-ce que c'est ? C'est Alceste Filin, première scène du misanthrope. Première scène du misanthrope. Pourquoi cette pièce-là est-elle emblématique ? Elle est fondatrice du théâtre en France et elle est au cœur, cette pièce-là, de la comédie française. Sans doute parce que c'est une des pièces les plus achevées de Molière. C'est une pièce qui est à la fois une grande comédie et une grande tragédie, ce qui n'était quand même pas du tout la règle.
Au milieu du XVIIe, Molière a complètement changé le genre avec cette pièce. Et puis surtout, c'est une révolution dramaturgique sur ce qu'est le jeu de l'acteur. C'est-à-dire que tout à coup, il demande à ses acteurs d'être ce qu'il représente. C'était une révolution folle. Qu'est-ce que ça veut dire d'être ce qu'il représente ? C'est toute la question de l'incarnation.
C'est-à-dire que Molière a fait sortir le théâtre des stéréotypes pour nous parler de nous, pour nous parler de notre humanité, de nos faiblesses, de nos difficultés à vivre, parce que c'était quand même la grande question de Molière, de nos rapports avec la famille, de nos rapports au désir, de tout ce qui continuait à faire notre monde. La devise de la Comédie Française, c'est être ensemble et être soi-même. Qu'est-ce qu'elle veut dire ? Elle veut dire qu'une troupe comme la Comédie Française, c'est d'abord un groupe et c'est très important, mais c'est aussi un collectif, une association de talents. Et c'est le cas à la Comédie Française.
C'est une très grande maison, centenaire, tout est classé, du sol au plafond, 400 personnes, tous les métiers pour la faire fonctionner, ou presque technique, juridique, administratif. Vous dites qu'à tous les étages, pourtant, à tous les services, on ne pense qu'à une chose, que le rideau se lève le soir. Vous, vous êtes l'administrateur général de la Comédie Française. C'est un nouveau boulot, c'est un autre nom pour dire directeur, mais qu'est-ce que ça veut dire au fond ? Parce que ça en dit long sur l'institution.
Oui, effectivement, je dirige cette maison, mais mon titre c'est administrateur général, parce qu'au cœur de la Comédie Française, il y a une société de comédiens, la Société des Comédiens Français, il y a une part d'autogestion à la Comédie Française, puisque les comédiennes et les comédiens, les sociétaires, ont vraiment aussi leur mot à dire dans la gestion de cette maison. Et l'administrateur est là pour mettre... Et il ne se prive pas de le dire, d'ailleurs. Il ne se prive pas de le dire, mais c'est ça qui est passionnant.
Et l'administrateur est là pour mettre tout ça en musique, mais effectivement, je ne dirige pas seul, mais je crois que de toute façon, on ne fait pas du théâtre seul.
Et vous êtes arrivé l'été dernier, donc, pour cinq ans, c'est un quinquennat renouvelable, vous succédez à Éric Ruff, qui avait pour projet d'ouvrir une nouvelle salle, ça a priori, vous l'avez abandonné. En revanche, vous en avez plein, vous, des projets, comme par exemple des partenariats avec d'autres institutions, y compris en dehors de la capitale. Est-ce que vous pouvez nous en dire plus, les grandes lignes de ce mandat qui démarre ?
Oui, vous venez de le dire, le grand projet de mon prédécesseur Éric Ruff était d'ouvrir une autre salle, notamment pour que la Comédie française puisse déployer des formes autres que celles qu'on peut avoir dans la salle Richelieu, qui est la salle historique, qui est un théâtre à l'italienne. Un théâtre à l'italienne. Le studio et le vieux colombier, qui sont des jauges différentes. Aujourd'hui, ce projet n'a plus cours, et on voit bien que ce n'est pas dans le contexte économique dans lequel on est qu'on va faire naître un projet comme celui-là. Sans doute malheureusement, parce que ce serait toujours formidable d'ouvrir un nouveau théâtre.
Alors je vais faire avec les théâtres qu'on a déjà, évidemment les trois salles qui sont très différentes et qui ont leur spécificité, y compris pour accueillir des répertoires différents. Puis je me dis qu'il faut aussi aller dans d'autres salles puisqu'on ne va pas en ouvrir de nouvelles, mais il y en a plein, et notamment aussi en région, et que la Comédie française se doit d'être sur d'autres territoires que le seul territoire parisien, même si elle le fait déjà, en tournée bien sûr, mais je voudrais qu'on puisse créer en région, notamment dans les centres dramatiques nationaux. On va toujours citer Molière, « Tout le plaisir de l'amour est dans le changement ». Vous êtes d'accord ?
Qu'est-ce que vous allez garder de l'identité de la Comédie française et quelle est votre touche personnelle ? Il y a déjà beaucoup de questions au standard avec des auditeurs qui ont des choses à vous demander. Mais d'abord, je crois que quand on se retrouve à la tête d'une maison comme celle-là, il faut avoir beaucoup d'humilité. Je ne vais pas faire la révolution. La Comédie française, elle me survivra, elle me survivra très bien. Je vais surtout essayer de faire en sorte qu'elle continue à être en phase avec son temps. C'est ça qui m'importe. Donc oui, il y a du changement. Non mais vous voulez créer par exemple une école du spectateur. Qu'est-ce que ça peut bien vous dire ?
Je veux créer une école des métiers. Ça, c'est une chose importante parce que je trouve qu'il y a des métiers à la Comédie française qu'il faut absolument qu'on préserve. Vous l'évoquiez tout à l'heure. Une école du spectateur, non, je crois que toute représentation de théâtre est une école pour les spectateurs et les spectatrices. Ce que je voudrais en tout cas, c'est qu'on puisse voyager dans les programmations qui seront celles de la Comédie française, qu'il puisse y avoir du lien entre les programmations dans les trois salles, qu'il puisse y avoir des échos d'un spectacle à l'autre, mais pas seulement.
Je voudrais qu'il y ait des grands partenariats avec d'autres institutions, je pense au Louvre, à l'Opéra de Paris, que tout à coup, un spectacle monté salle Richelieu puisse être en écho à une très grande exposition qui est présentée au Louvre. Et de se dire, je ne sais pas si le Louvre ouvre une exposition sur telle période ou sur tel peintre ou sur tel que la Comédie française puisse présenter un spectacle de la même période ou du même pays, si c'est tout à coup, je ne sais pas, une grande exposition sur l'Angleterre ou sur l'Espagne.
Et qu'il y ait aussi ces échos-là parce que je pense qu'il faut qu'on puisse, dans les temps actuels, collaborer et que les spectateurs, les visiteurs du Louvre puissent aller d'un endroit à l'autre. C'est très important.
Vous dites aussi que vous voulez faire bouger le répertoire. Alors, il y a déjà 3500 pièces dans le répertoire en accueillant, par exemple, des pièces comme Le Roi à Lire de Shakespeare ou peut-être des œuvres plus contemporaines comme John Foss. Donc, pour ça, il faut être élu pour rentrer dans le répertoire par un comité de lecture.
Là, vous parlez du Roi à Lire qui est rentré au répertoire récemment. C'est pour ça que c'est cet exemple où John Foss est présenté au studio. Actuellement, toutes les entrées au répertoire pour la salle Richelieu doivent effectivement être votées au comité de lecture. Il y a un comité de lecture qui doit donc accepter que les pièces rentrent au répertoire. Mon idée, mon envie, c'est qu'il puisse y avoir des entrées au répertoire aussi au studio et au Vieux Colombier parce que, justement, il y a aujourd'hui des spectacles ou des œuvres. Je pense à Beckett, je pense à...
qui n'ont pas forcément leur place dans un théâtre à l'italienne parce que ce n'est pas l'endroit idéal pour le monter mais qui ont toute leur place au répertoire de la comédie française. Mais avouez que c'est quand même dingue que le chef-d'œuvre de Shakespeare qui date du début du XVIIe siècle vienne à peine de faire son entrée au répertoire. Il y a une rivalité avec la perfide Albion. Pas forcément. C'est Molière contre Shakespeare. Non, mais pas forcément. Regardez-vous, Denis, l'école de danse, alors c'est vrai que c'est une pièce plus connue, elle n'était pas au répertoire, elle vient de rentrer et c'est ça qui est bien, c'est qu'on a l'impression que tout est au répertoire.
Non, tout n'est pas au répertoire et puis l'enrichissement du répertoire, il se fait avec des œuvres classiques qui n'y sont pas qu'il faut faire rentrer, des œuvres qu'on ne joue plus parce que dans les 3500, il y en a plein qu'on ne joue plus, alors peut-être à raison d'autres qui seraient peut-être heureux de voir ressurgir et puis surtout, il faut faire entrer des pièces nouvelles, des pièces contemporaines parce qu'on oublie toujours que Hugo a été créé de son vivant à la Comédie française. Oui, alors qu'est-ce qu'un classique justement ? Un classique, je crois que, alors c'est Antoine Vitesse qui répondait en disant que les classiques nous aident à travailler sur notre mémoire sociale.
Moi, je crois beaucoup à ça, c'est-à-dire que je crois que les classiques sont ces œuvres qui réussissent à traverser le temps pour continuer à nous parler de nous-mêmes à toute époque. Et c'est ça qui est important. C'est ce que fait Molière avec le misanthrope, c'est extraordinaire. Il nous parle de la dépression, de la difficulté à aimer, de la difficulté à faire société. Il l'écrit au 17ème, ça continue à nous parler aujourd'hui. Et il est tous les hommes. Vous en avez d'ailleurs une interprétation justement de cette dépression et de ce personnage, la misanthropie d'Alceste incarnée par Loïc Corbery sur scène à la Comédie française. Vous êtes plutôt Molière, Racine ou Corneille ?
Je ne peux pas dire autrement que Molière, mais j'ai une grande passion pour Racine.
Parce que c'est la maison de Molière.
C'est la maison de Molière. Et il est partout quand même. Il y a même son fauteuil, le fauteuil sur lequel il a l'unité sur scène. Et puis quand on rentre à la Comédie française, on joue Molière parce que ça fait partie vraiment de nos missions. Ce qui est fou, c'est que Molière est une star. Pourquoi ? Parce que Molière remplit les salles. Parce que Molière, c'est extraordinaire d'avoir réussi à nous faire réfléchir sur le monde tout en nous faisant rire. Il l'a fait comme personne. Et puis, je ne sais pas, si on prend le misanthrope, la question de Philinte, l'autre personnage que vous évoquiez tout à l'heure dans la première scène.
Le compromis sans la compromission, c'est quand même une chose qui nous parle actuellement, non ?
Mais justement, vous arrivez à remplir des salles aussi avec Goldony, avec cette école de danse qui n'est pas connue, qui n'est pas une pièce mondialement renommée.
Non, mais c'est aussi là. D'abord parce que je pense que Goldony est un grand auteur, mais c'est la joie de la troupe.
Oui, c'est vrai qu'on rit beaucoup en la regardant. Mais si on regarde, par exemple, cette pièce, vous y trouvez aussi des résonances avec aujourd'hui, par exemple, la libération des femmes puisqu'il est question de danseuses qui se libèrent du jou d'un professeur qui est un peu abusif. Si on regarde, effectivement, le misanthrope, il y a cette question de la dépression qui est aussi très actuelle. C'est ça, l'ADN de la comédie française, c'est de trouver les résonances d'aujourd'hui dans ces pièces du répertoire ?
En tout cas, c'est la mission que je me donne à la tête de la comédie française. Je trouve que c'est comme ça ce que je trouve aussi que le répertoire nous rappelle que tout théâtre est engagé et que théâtre engagé ne veut pas forcément dire théâtre militant, que c'est deux choses différentes et qu'aujourd'hui, l'exemple de l'école de danse est pour moi important. C'est une pièce qui est écrite au milieu du 18e à Venise et qui nous parle effectivement de la relation homme-femme, de la difficulté aussi pour des jeunes femmes dans le milieu artistique à s'émanciper. C'est quand même des sujets qui traversent notre métier actuellement.
Alors justement, question de Brigitte sur l'application Radio France, est-ce que le théâtre est toujours un lieu politique ? Oui, je crois. Toujours, évidemment. Toujours, évidemment ? Oui, je crois que le théâtre est politique par définition et qu'aujourd'hui, plus que jamais, le besoin de se rassembler, de faire corps pour regarder d'autres personnes qui tâchent d'éclairer le monde en le mettant en scène, oui, c'est quand même une expérience de notre commune humanité qui est décisive et qui est ô combien politique. Ce qui est assez formidable, c'est le nombre d'auditeurs qui font état de leur amour pour la comédie française. Et alors, il y a des souvenirs. Ceux de Juliette.
À 12 ans, j'ai découvert Molière grâce à la comédie française et à ces merveilleux comédiens que Molière pouvait transporter et faire rire. Sa meilleure expérience scolaire, dit-elle. Brigitte qui dit qu'elle a un attachement profond pour la comédie française. Ses parents l'y ont amené jusqu'à 15 ans et à chaque fois qu'elle peut emmener ses enfants, et ce n'est pas facile de trouver des places à la comédie française, elle le fait. On a vu le misanthrope, c'est un endroit qui me touche profondément. Qu'est-ce qui crée cet attachement unique, très particulier, de cette institution qui est située au cœur de Paris, au Palais Royal, avec ses spectateurs ?
D'abord, je voudrais dire que cet amour, il est magnifique et qu'il m'oblige. Votre premier choc, c'est à 10 ans avec le bonjour et la comédie française. Je crois que pour beaucoup, d'ailleurs, vos auditeurs, vos auditrices le racontent, c'est une maison qui est aussi une machine à créer des souvenirs. Et ça, c'est formidable. Des souvenirs de famille, des souvenirs scolaires, des souvenirs d'amitié. Ça, moi, c'est une chose qui m'émeut. Mais vous, un gamin à 10 ans, qu'est-ce que vous retenez ? Qu'est-ce que vous avez été touché ? Je crois à l'émerveillement. Par le bourgeois gentilhomme ? Bien sûr.
Mais par le bourgeois gentilhomme, par le rire et puis aussi par cette salle et puis par les costumes, par le talent des actrices et des acteurs qui étaient en scène. Vous savez, je ne suis pas sûr, je crois profondément que le théâtre est politique. Je crois que malheureusement, le théâtre ne peut pas forcément changer le monde, mais je crois qu'il peut changer la vie. Et ce n'est pas tout à fait la même chose. Il a changé la mienne et là, les témoignages que vous évoquez prouvent bien que le théâtre peut changer la vie.
Alors, puisqu'on se place du point de vue des spectateurs, il faut regarder quand même les chiffres. Si on regarde la dernière étude sur les pratiques culturelles, c'est celle du Crédoc en 2023. 14% seulement des Français vont au théâtre une fois par an. Alors, c'est plus élevé pour ceux qui ont des hauts revenus, pour ceux qui ont plus de 70 ans, pour ceux qui sont diplômés du supérieur. Quel rôle la comédie française, alors on dit que vos salles sont pleines effectivement, donc c'est peut-être un peu compliqué, mais peut jouer pour amener d'autres publics ?
Elle a un rôle très important et ça c'est la question de la diffusion et on en parlait tout à l'heure. C'est pour ça que dans le projet qui est le mien, je souhaite qu'on aille aussi dans d'autres territoires mais qu'on puisse s'installer un peu là-bas, créer sur place parce que c'est une chose importante. Il y a aussi toute la question aussi des diffusions au cinéma qui est quand même une vraie possibilité. On le fait actuellement cette année. Il y aura à la fois Les Femmes Savantes, Le Cid, Hamlet qui seront diffusés en direct au cinéma. C'est très important. En direct ?
Parce que c'est important parce qu'Anne vous demande pourquoi vous ne travaillez pas davantage avec France Télévisions pour que les spectacles de la comédie française soient captés mais on n'a pas réussi aujourd'hui encore à la télévision ou au cinéma à filmer le théâtre. C'est assez fascinant. C'est difficile. Je trouve qu'on y arrive de mieux en mieux mais alors pour répondre à Anne on a capté la semaine dernière pour France Télévisions l'école de danse de Carlo Goldoni et c'est vrai que ça me réjouit parce que c'est une diffusion qui est autre et il y a eu je crois aussi pendant longtemps l'idée que si on captait le théâtre les gens ne viendraient plus au théâtre.
C'est l'inverse qui se passe. C'est-à-dire qu'on se rend compte que beaucoup de spectateurs de spectatrices qui vont voir des spectacles au cinéma ou qui les voient à la télévision ont ensuite envie de venir au théâtre. C'est ça le levier
pour attirer d'autres gens.
C'en est un mais il y a aussi bien entendu encore une fois le travail avec les professeurs qui sont extraordinaires. Le rapport des professeurs à la comédie française il est fou mais là aussi il faut qu'on puisse aller dans des académies qui sont peut-être un peu plus éloignées mais aussi dans des territoires par exemple pour moi les territoires ultramarins sont actuellement l'angle mort de la comédie française. Il est grand temps que ça change. C'est passionnant de lire les notes que vous avez rédigées pour le misanthrope que vous avez donc mis en scène. Vous écrivez notamment que pour comprendre la misanthropie celle d'Alceste il faut lire le Fédon de Platon.
Alors on ne va pas effrayer les auditeurs ou ceux qui n'ont pas lu le Fédon mais il faut revenir à la théorie des humeurs d'Hippocrate. Être metteur en scène c'est être un traducteur c'est être un passeur qui dépasse les générations qui dépasse le temps qui défie le temps ?
Ça dépend de la manière dont on fait son métier de metteur en scène en tout cas c'est comme ça que moi je le pense et oui je crois que le terme de passeur que vous employez il est très important il est très important pour le metteur en scène il est très important pour les interprètes et il est évidemment essentiel pour la troupe je crois qu'aujourd'hui la troupe est un formidable passeur parce que les gens aiment par exemple retrouver des comédiats qu'ils ont vus dans des rôles Oui mais il y a des individualités on imagine qu'elle ait donné des consignes à Denis Podalides par exemple C'est très facile C'est très facile ?
Oui parce que Denis est quelqu'un avec qui c'est facile de travailler Denis est un immense acteur il a vraiment du génie et Denis ce qu'il aime c'est embrasser des projets qui ne sont pas les siens alors qu'il est lui-même metteur en scène par ailleurs et c'est ça qui est extraordinaire il faut voir aussi qu'à la comédie française c'est une école de travailler avec autant de metteurs en scène dans une saison les comédiennes les comédiens sont confrontés à des esthétiques des metteurs en scène des lectures différentes et le plaisir moi j'ai été 20 ans dans cette troupe le plaisir d'appartenir à cette troupe c'est aussi de se fondre dans une lecture un projet qu'on n'avait pas forcément imaginé de cette manière-là
Denis Podalides qui incarne magnifiquement le professeur de danse de Golden Hill
il est très drôle Il y aura un CID de Denis Podalides en 2020 Il va l'emporter de M3 puisqu'on va fermer pour travaux pendant quelques mois et donc on va se délocaliser dans différents thèmes
Voilà pendant 9 mois vous allez vous délocaliser dans d'autres théâtres je voulais vous parler un peu d'argent quand même Clément Violléger parce que le budget de la culture est en baisse le budget général vous vous vivez des subventions publiques en très grande partie d'ailleurs Eric Ruff s'inquiétait même à l'été dernier il était venu ici il aurait je le cite préféré vous confier la maison dans une santé budgétaire et financière plus grande est-ce que c'est une inquiétude pour vous aussi ?
C'est plus qu'une inquiétude c'est une réalité pour moi c'est mon travail de tous les jours actuellement et il avait raison de s'inquiéter oui oui bien entendu la question budgétaire est centrale on est aujourd'hui tenu de trouver aussi d'autres modes de financement que les seules subventions publiques et c'est bien normal et il y a notamment bien entendu les recettes mais on est un peu au bout puisque vous le rappeliez nos salles sont pleines alors ça ne veut pas dire que je rappelle aux auditeurs aux éditrices que tous les soirs il y a des places qui sont mises en vente à la comédie française les places de dernière minute et puis il y a évidemment le fameux petit bureau où on fait la queue pour avoir des places très peu chères mais ça c'est très important et j'y tiens beaucoup donc oui il faut voir aussi que le mécénat a pris une place aussi importante on a beaucoup de chance mais je ne vous cache pas que la ligne de crête est raide vous aviez un protecteur qui était le roi qui était le frère du roi monsieur aujourd'hui c'est le président de la république vous avez un message à lui transmettre écoutez je crois que j'ai été nommé par le président de la république et je connais son attachement à la comédie française je ne doute pas qu'il soit à nos côtés voilà écoutez comme dit le misanthrope laissez-moi je vous prie on vous laisse tranquille et on vous souhaite une excellente journée il faut aller donc voir la comédie française voir toute la programmation de 2026 l'école de danse de Golfe Denis et le misanthrope évidemment merci infiniment d'avoir été notre invité ce matin et de nous avoir fait partager votre passion du théâtre