Frédéric Cuillerier de l'AMF : favorable aux 30 km/h à Paris, "pour une ville apaisée"
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Chapitres
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Questions et réponses
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Pour ou contre réduire la vitesse à 30 km/h dans les rues de Paris ?
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A l'AMF, vous soutenez ce genre d'initiative ?
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Et pourquoi soutenir ce genre de mesures ? Quel est l'impact en fait ?
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Il y a vraiment eu des études, des retours qui ont été mesurés ?
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Avec cette mesure à 30 km/h dans Paris, on imagine aussi qu'à long terme, la place de la voiture va se réduire de plus en plus. C'est quoi l'avenir selon vous pour la voiture ?
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Et quel impact va jouer l'épidémie de Covid sur cette réflexion, cette tendance qui s'inscrit quand même déjà depuis quelques temps ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« nous avons recensé près de 200 communes qui d'ores et déjà ont adopté le 30 km heure en périssante et à l'intérieur des zones urbaines. »
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« un choc, dans un choc à 30 km heure, le risque de décès de 20%, à 50 km heure, il est de 90%. »
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« Il y a des efforts qui sont faits par le gouvernement aujourd'hui pour passer d'une utilisation de 3% à 9% en plan national avec des crédits et ces appels à projets. »
Temps de parole
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Pour ou contre réduire la vitesse à 30 km heure dans les rues de Paris. Les habitants de la capitale sont invités à donner leur avis. Une consultation est lancée aujourd'hui sur internet pour un mois. C'est une promesse de campagne d'Anne Hidalgo. C'est aussi une proposition de la Convention citoyenne pour le climat. Bonjour Frédéric Cuillerier.
Bonjour.
Vous êtes le président de la commission transport et mobilité au sein de l'association des maires de France. Vous êtes également maire de Saint-Et dans le Loiret. A l'AMF, vous soutenez ce genre d'initiative ?
Bien sûr, nous soutenons cette initiative qui n'est pas unique. Puisqu'en France, nous avons recensé près de 200 communes qui d'ores et déjà ont adopté le 30 km heure en périssante et à l'intérieur des zones urbaines.
Et pourquoi soutenir ce genre de mesures ? Quel est l'impact en fait ?
Parce que nous sommes très favorables et mes collègues sur l'ensemble du territoire national travaillent cette question. Beaucoup, beaucoup de maires agissent dans ce domaine pour une ville apaisée où règne la qualité de vie. Une ville apaisée, c'est une ville effectivement qui a une circulation plus réduite des automobiles puisqu'on a laissé beaucoup trop de place à l'automobile depuis les années 70-80. Donc une ville apaisée avec une circulation qui ne dépasse pas 30 km heure. Donc nous réduisons le niveau sonore.
Nous réduisons aussi la vitesse et parallèlement, paradoxalement, la réduction de la vitesse peut aussi fluidifier les flux routiers puisqu'il y a moins d'accélération, moins de freinage et finalement on ne va pas moins vite. Bien sûr, ça a un impact sur la qualité de l'air et la santé de nos concitoyens.
Mais tout cela, vous avez pu le mesurer puisque vous dites qu'il y a 200 communes à environ, notamment deux grandes villes, je pense à Grenoble et Nantes. Il y a vraiment eu des études, des retours qui ont été mesurés ?
Oui, il y a des retours d'ores et déjà et en particulier Grenoble, avec mon collègue président de Grenoble Métropole, il y a là des tests qui ont été faits avec des résultats extrêmement positifs sur le niveau sonore, sur le fait que finalement la vitesse n'est pas sensiblement réduite, bien au contraire, avec une qualité de vie qui est améliorée. Et puis il y a un point important que je voulais ajouter, au-delà du niveau sonore, la réduction, donc l'amélioration de la qualité de l'air, c'est la sécurité routière. Il faut savoir qu'un choc, dans un choc à 30 km heure, le risque de décès de 20%, à 50 km heure, il est de 90%.
Donc il y a beaucoup d'arguments qui plaident en faveur de la réduction de la vitesse en centre-ville, à l'intérieur du périmètre urbain, tout en laissant dans les grands axes la vitesse à 50, les grands axes de transit, donc laissant la vitesse à 50 ou 70 km heure.
Avec cette mesure à 30 km heure dans Paris, on imagine aussi qu'à long terme, la place de la voiture va se réduire de plus en plus. C'est quoi l'avenir selon vous pour la voiture ? C'est d'être relégué en dehors des zones urbaines ?
Oui, nous considérons que la voiture a de moins en moins sa place, en particulier en hyper-centre-ville et à l'intérieur des zones urbaines. Il faut de toute façon imaginer aujourd'hui un autre type de véhicule, il faut que ce soit des véhicules propres, silencieux, donc électriques, et puis qu'il s'agisse aussi de véhicules partagés, c'est-à-dire que les véhicules qui vont rester dans les centres-villes, ce seront, à mon sens, dans les années à venir, des véhicules propres, silencieux, électriques, et des véhicules partagés. Il faut cesser d'être seul dans son véhicule et à tout seul de participer à la pollution.
Donc c'est l'évolution qui va se faire, à mon sens, dans les années à venir, et qui est souhaitée par une grande majorité d'élus de France.
Et quel impact va jouer l'épidémie de Covid sur cette réflexion, cette tendance qui s'inscrit quand même déjà depuis quelques temps ? On a vu qu'en gros, les gens prennent moins les transports en commun parce qu'il y a plus de promiscuité. Mais du coup, il y a ceux qui se sont mis au vélo, mais il y a ceux aussi qui ont repris leur voiture.
Écoutez, moi, pendant le Covid, je ne suis pas parisien. Je suis revenu à Paris juste après le Covid. J'ai constaté une poussée du vélo assez extraordinaire et je m'en suis vraiment réjoui. On se rend compte qu'il y a une prise de conscience de nos concitoyens que la voiture, c'était la voiture des années 80 et qu'aujourd'hui, il faut imaginer d'autres mobilités qui sont essentiellement des mobilités douces. C'est bien sûr le vélo, le vélo à assistance électrique, c'est aussi la marche, les piétons. Et dans ce domaine, les villes font aujourd'hui beaucoup, beaucoup d'efforts pour faciliter les mobilités douces.
Et ce sont aussi les transports en commun qui vont, à mon sens, évoluer de façon positive dans les années à venir, en termes de pollution, mais aussi en termes d'adaptation aux besoins des habitants. Nous travaillons aussi sur le véhicule autonome, les navettes autonomes.
Mais à propos du vélo, vous pensez vraiment que ça va durer ? C'était sympa pendant les beaux jours, mais avec l'hiver qui approche, la pluie, le froid, les Français vont continuer à faire du vélo ?
Écoutez, il y a des pays du Nord dans lesquels il fait nettement moins beau que chez nous, dans lesquels le vélo, quelle que soit la saison, est utilisé. Et puis peut-être nous aurons aussi, et ça commence à venir, des vélos carénés qui protègent un minimum des intempéries. Donc pour moi, le vélo va se développer de façon sensible. Il y a des efforts qui sont faits par le gouvernement aujourd'hui pour passer d'une utilisation de 3% à 9% en plan national avec des crédits et ces appels à projets. Mes collègues maires y répondent.
Et donc vous à l'AMF, vous dites aux mairies qui ont mis en place beaucoup de pistes cyclables justement depuis 6 mois avec cette crise, gardez-les, maintenez-les définitivement ces pistes ?
Il faut les adapter dans un plan global. Il faut éviter de créer aujourd'hui, et c'est un peu la réserve que j'émettrais, il faut faire attention au développement anarchique de ces mobilités. Nous à l'AMF, nous disons, tout doit être conçu dans un plan global de mobilité douce et de relation avec la voiture automobile. Et parce qu'on ne peut pas nier quand même qu'en France,
la voiture pour certains, c'est vraiment sacré, on n'y touche pas, c'est un espace de liberté aussi.
C'est un espace de liberté, vous avez raison, et nous avons dans ce domaine un travail de pédagogie et d'acceptabilité qui doit être fait pour faire comprendre qu'il y a d'autres solutions, mais ça suppose que ces autres solutions, c'est-à-dire les mobilités douces, nous les mettions en place préalablement ou parallèlement. Sinon, nous allons au conflit, au conflit d'usage, et là, ça peut être effectivement non plus la ville apaisée, mais la ville violente, et ce n'est pas du tout ce que nous voulons, au contraire, il faut qu'il y ait un plan global qui soit imaginé de mobilité douce parallèlement à la réduction de la voiture.
Merci Frédéric Cuilleri, président de la commission transport au sein de l'Association des maires de France.