Film-citoyen "La dette c'est chouette"
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
(Un oiseau gazouille) La dette ? La dette. La dette...
C'est chouette ! Enfin, ça dépend. Si l'État veut construire des écoles, des hôpitaux, des routes, des voies ferrées, des stades, des piscines, des universités, des églises (ah non, plus maintenant), des éoliennes, des maisons de retraite, des musées, des théâtres, ça coûte des sous, alors il emprunte.
Ça, c'est de la dette "légitime". On remboursera avec nos impôts, petit à petit. Cette dette légitime, c'est 1/3 de la dette totale.
Mais les 2/3 qui restent, c'est quoi ? Eh bien voilà, l'État a dit à une personne : "Vous, c'est pas la peine de payer trop d'impôts." Appelons cette personne "le riche".
On lui a baissé l'impôt... sur les revenus du capital, sur les sociétés, sur les hauts revenus et sur la fortune.
On lui a créé des niches fiscales, un bouclier fiscal. On l'a exonéré de cotisations sociales. Ces mesures devaient encourager le riche à faire bon usage de son argent : qu'il le réinvestisse pour créer plus de richesses. <i>argent qui tinte</i> <i>jingle jackpot</i> Eh ben non.
Le riche veut être encore plus riche. Il préfère mettre son argent dans des paradis fiscaux. Et le jouer en bourse.
Il mise sur des produits financiers complexes, très rapidement et très fortement rémunérateurs. Mais aussi très risqués. Qui pourraient produire la plus grande crise depuis 1929.
Pardon, qui "a" produit la plus grande crise depuis 1929. C'est la crise. La récession.
On crée moins de richesses. L'État, avec son petit taux d'imposition, n'arrive plus à payer sa dette. Il supprime des postes d'infirmière, de professeur, de policier, de juge, d'assistante sociale, de curé (ah non, plus maintenant), de gardien de musée, de maître nageur. "Pour faire des économies".
C'est "l'austérité". En plus, la crise pousse l'État ruiné à dépenser plus en assurance chômage, en prime à la casse, en plans de relance. Pour ça, l'État emprunte, emprunte, emprunte... et la dette explose.
Voilà les 2/3 de la dette, la dette "illégitime" ! Celle des riches, de leur crise et des cadeaux qu'on leur a faits. Mais attendez la suite : c'est beau comme une crèche.
Pour financer la crise du riche, on emprunte au riche ! On lui emprunte un argent qu'il aurait dû payer en impôt et qu'on devra lui rembourser avec des intérêts. C'est le pompon.
Le bouquet. Mais c'est surtout injuste et pas chouette du tout. Alors, stop.
On réfléchit. Il faut un moratoire pour nettoyer ce bazar. On veut bien rembourser, mais ce qu'on doit, et pas plus.
Et certainement pas au riche. Un moratoire pour statuer démocratiquement sur la dette. Pour reprendre en main notre avenir.
Pour refuser le diktat de la finance. Pour se donner les moyens de contrôler nos choix collectifs. Alors, on arrête tout.
On fait le tri. Et c'est moins cher. Et c'est plus juste et c'est plus chouette. (L'oiseau regazouille)
Clémentine Autain