Accueil de l'"Ocean Viking", inflation, retour d'Adrien Quatennens à l'Assemblée nationale, Cyril Hanouna... Ce qu'il faut retenir de l'interview de Fabien Roussel
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Bonjour Fabien Roussel. Bonjour à vous deux. Les 230 personnes qui étaient à bord du navire Océan Viking ont pu débarquer à Toulon en fin de semaine dernière. Elles sont prises en charge par les autorités françaises. Leur dossier va à présent être examiné. Est-ce que vous saluez tout d'abord cette décision du gouvernement ?
Oui, quand même. C'est honteux que les pays de l'Union Européenne et membres du mécanisme européen de solidarité qui a été mis en place et qui auraient dû accueillir ce bateau, honteux qu'ils ne l'aient pas fait. Je pense notamment à l'Italie. Ils appartiennent à ce mécanisme de solidarité. Ils font appel à des fonds européens. Ils touchent de l'argent pour un tas de choses. Donc l'Europe, c'est oui quand ça rapporte, mais c'est non quand il faut participer à la solidarité. Le droit international maritime demande à ce que les pays les plus proches comme Malte ou l'Italie accueillent ces bateaux.
Ensuite, il y a un mécanisme qui permet de faire en sorte que l'ensemble des pays qui participent accueillent ces personnes, ces hommes, ces femmes, ces enfants. Heureusement que la France a fait ce geste. On parle de 234 vies humaines. Qu'est-ce qu'il y a de honteux à accueillir 234 vies humaines ?
Est-ce que c'est aussi une victoire pour les passeurs ?
On sait que derrière, il y a un trafic d'êtres humains scandaleux, honteux, qu'il faut pouvoir démanteler et auquel il faut s'attaquer. Et c'est la raison pour laquelle, s'il y avait aux frontières de l'Union européenne des zones légales où on peut entrer en Europe pour pouvoir faire valoir ses droits, pour pouvoir demander des centres de tri des migrants pour examiner leurs dossiers. S'il y avait des lieux où on pouvait entrer, faire une demande légalement au pays et à l'Union européenne, il n'y aurait pas autant de passagers clandestins, autant de morts en Méditerranée ou dans la Manche par chez moi.
Des hotspots, il y en a, Fabien Roussel, notamment en Grèce, en Italie.
Mais si peu et avec ce que l'on appelle le règlement de Dublin qui fait que c'est dans le pays d'accueil. Et c'est tout le problème aujourd'hui. Et c'est tout le problème aujourd'hui, mais c'est pour ça qu'il y a besoin d'avoir une vraie politique qui permette d'étudier les cas, de pouvoir les accueillir, de pouvoir donner des autorisations temporaires. Regardez ce que l'on a fait pour les Ukrainiens.
Fabien Roussel, justement, ça a été la question qui a poussé Gérard Collomb, ancien ministre de l'Intérieur, issu de la gauche, à démissionner. Parce qu'Emmanuel Macron voulait à l'époque créer un hotspot à Toulon, un centre d'accueil et de tri des personnes qui viennent par la Méditerranée. Et que s'il l'avait fait, donc on se serait retrouvé dans la même situation que la Grèce ou l'Italie. Est-ce que vous entendez cet argument ? Il a raison de dire que c'est dangereux d'organiser un centre d'accueil en France.
Mais aujourd'hui, ce qui se passe, c'est qu'il y a d'abord celles et ceux qui perdent la vie en traversant illégalement et qui se retrouvent dans les mains de passeurs et d'une véritable mafia dont vous avez parlé, Marc Fauvel. Les hotspots, ça n'évitera pas les passeurs et les traversés. Mais de l'autre côté, créer des hotspots et s'en tenir à la législation actuelle ne convient pas non plus. Puisque, regardez ce qui se passe en Grèce ou en Italie, justement.
– Justement, l'Italie dit qu'on ne veut pas être le seul pays à accueillir les migrants.
– C'est bien pour ça que je tiens les deux bouts, comme on dit. Je dis que d'un côté, il faut créer des conditions d'accueil dignes et faire vivre véritablement un mécanisme européen d'accueil des migrants pour faire en sorte que ce ne soit pas le pays qui accueille un bateau par où entre les migrants qui soient en charge de tout, d'accueillir tout le monde. Et donc, il faut véritablement faire en sorte que chaque pays de l'Union européenne prenne sa part. Enfin, nous donnons des leçons au monde entier sur le respect des droits humains et de la dignité humaine. Je parle de l'Union européenne. Et nous ne sommes pas capables, l'Union européenne n'est pas capable de les faire vivre en son sein.
C'est ça le problème de fond.
– La question, elle se pose aussi dans l'autre sens, Fabien Roussel, c'est-à-dire des côtes françaises vers les côtes britanniques. 40 000 départs depuis le début de l'année, il y en a eu des centaines ce week-end encore. Que doit faire la France ? Est-ce qu'elle doit les empêcher de partir, les escorter, les aider à traverser ou les renvoyer dans leur pays d'origine ?
– D'abord, je ne suis pas d'accord sur le principe de base qui existe depuis les accords du Touquet. – La frontière est côté français. – La France qui est obligée, et le terme est horrible, de sous-traiter la frontière des Britanniques. Et c'est les Britanniques qui nous donnent de l'argent pour pouvoir gérer cette frontière qui se trouve sur le territoire français. – Donc vous vous renvoyez la frontière de l'autre côté de la manche. – Donc d'une part, ça, ce n'est pas normal. De deux, il y a une règle à faire respecter, c'est celle du regroupement familial, puisque pour 70% des cas, cette règle-là n'est pas respectée.
Ce n'est pas parce que l'Angleterre est sortie de l'Union européenne suite au Brexit que cette règle du regroupement familial ne doit pas être respectée, car elle existe toujours, ça fait partie de leur législation, ils doivent la faire vivre. Et donc le minimum du minima rhum, c'est qu'au moins, ils s'engagent à faire respecter cela avec les personnes de chine.
– Mais je vous repose ma question, est-ce qu'on les empêche de partir ? C'est ce qu'on essaye de faire aujourd'hui avec un succès tout relatif. Est-ce qu'on les accompagne jusqu'aux côtes britanniques ?
– Vous voulez qu'on les accompagne ? Oui, on peut les accompagner. – Pour éviter qu'ils coulent au milieu. – Et si les Britanniques ne sont pas d'accord, on fait quoi ? On les lâche à 50 mètres du bord et finissent à la nage ? Vous voyez bien qu'on est aujourd'hui dans une situation qui n'est pas saine. Il y a besoin d'engager un bras de fer avec les autorités britanniques. Enfin, il y a le droit qui doit être respecté. Partout, le droit est bafoué. Que ce soit le droit européen, justement, où on défend la dignité humaine, mais où on construit des barbelés partout. Ou que ce soit le droit au regroupement familial en Grande-Bretagne. – Concrètement, on fait quoi, Fabien Roussel ?
Ces personnes, elles sont là par milliers sur le sol français. Elles ont envie d'aller au Royaume-Uni. C'est compliqué, c'est compliqué, puisque le Royaume-Uni ne les accueille pas. On fait quoi, nous, Français ?
– On doit être plus fermes avec les autorités britanniques. On doit être beaucoup plus fermes avec les autorités britanniques pour qu'elles assument leurs responsabilités et qu'elles fassent vivre au minimum l'accueil, et notamment ceux liés au regroupement familial. On doit être plus fermes. Qu'est-ce que je vous dis ? Moi, si j'étais président de la République, premier ministre, certainement que je mettrais d'autres mesures sur la table, comme bras de fer. Regardez ce qui se passe entre la France et l'Italie, ou avec d'autres pays.
– Vous considérez, par exemple, que Gérald Darmanin a eu raison de suspendre le mécanisme de relocalisation des migrants qui fait que, normalement, la France devait accueillir sur son sol certains des migrants arrivés en Italie.
– Ça fait partie du bras de fer qui se joue, parce que c'est trop facile que l'Italie se comporte de la sorte. Mais de l'autre côté, attention, parce que ces 3 000 migrants, justement, ce sont des vies derrière, des vies humaines. Donc si c'est pour qu'elles restent enfermées dans des camps et dans de mauvaises conditions, ce n'est pas humain non plus. – On sent que c'est compliqué,
vous n'avez pas la solution.
– Est-ce que la France a la solution toute seule ? On parle, justement, d'un mécanisme européen. Et c'est pour ça que j'en appelle, moi, au chef d'État de l'Union européenne. C'est tous ensemble que nous devons prendre les mesures qu'il faut. Nous avons su le faire pour accueillir les Ukrainiens qui ont fui la guerre. Nous avons créé un statut temporaire pour les réfugiés ukrainiens. Nous avons su accueillir 6 millions, 6 millions de réfugiés ukrainiens, l'Union européenne. – Sur toute l'Europe. – Parce qu'après la guerre, ils sont censés rentrer chez eux. – Oui, mais c'est énorme, quand même. – Mais c'est ça, la différence. – C'est temporaire. – C'est avec un statut temporaire.
Mais enfin, il n'y a pas qu'en Ukraine, où il y a une guerre et où des populations civiles fuient la guerre. Il y a encore une guerre en Syrie, il y en a encore au Yémen, il y en a encore en Afghanistan avec les talibans qui sont arrivés.
– Donc vous réclamez le même statut pour ces milieux.
– Donc créons un statut pour tous. Il ne peut pas y avoir de différence ethnique entre des Ukrainiens qui fuient la guerre et des Yéménis qui fuient la guerre aussi. Enfin, quand même. Donc c'est ça. Nous devons donc avoir assumé cette responsabilité puis tenir compte qu'il va y avoir demain. Si demain, il y a des catastrophes climatiques, tout le monde en parle. Des pays qui vont être submergés. Comment on agit tous ensemble ? Ça ne peut pas être un pays qui décide tout seul. Donc c'est la raison pour laquelle je ne peux pas vous dire qu'il ne faut qu'il n'y a qu'un. C'est l'ensemble de l'Union européenne.
Nous devons y travailler tous ensemble. – Fabien Roussel, secrétaire national du Parti communiste français, invité de France Info jusqu'à 9h, 9h15, 8h. 41, le fil Info, Marie Maheu.
Emmanuel Macron se dit favorable à des sanctions contre des personnalités du régime iranien sur France Inter. En particulier contre les responsables de la répression du mouvement de contestation qui touche le pays depuis la mi-septembre. Au moins 326 personnes ont perdu la vie selon l'ONG Iran Human Rights. Plus moyen d'échapper aux mathématiques ? Au lycée, dès la rentrée prochaine, tous les élèves, dès la première en filière générale, en auront 1h30 par semaine. Mais si cette mesure ne rencontre pas l'adhésion des enseignants, elle ne fonctionnera pas. Mais on garde sur France Info le mathématicien Cédric Villani.
Bientôt la fin de la ristourne gouvernementale de 30 centimes par litre au carburant. Après-demain, mercredi, elle passe à 10 centimes, ce qui a provoqué des files d'attente ce week-end dans certaines stations essence. Et puis Joe Biden rencontre son homologue chinois Xi Jinping aujourd'hui au G20 en Indonésie. Le président américain veut définir des lignes rouges sur fond de tensions croissantes entre les deux premières puissances mondiales. France Info
Le 8.30 France Info Salia Brakia, Marc Fauvel
Toujours avec Fabien Roussel, le secrétaire national du Parti communiste, 15 milliards en plus, 8500 postes de policiers et de gendarmes supplémentaires sur le quinquennat. Est-ce que vous voterez la loi de programmation du ministère de l'Intérieur qui est examinée à l'Assemblée nationale dans l'hémicycle en particulier cet après-midi ?
Bon, d'abord, laissez-nous faire le travail de discussion et d'amendement. On verra bien ce qui va en sortir. Il y a d'un côté des avancées importantes puisqu'il va y avoir beaucoup plus de policiers formés et de gendarmes présents sur le terrain. Et c'est important. C'est quelque chose que je demandais moi-même. Ça, c'est une bonne nouvelle. Plus de moyens humains, plus de protection, de meilleures conditions de travail. Ça va un peu s'améliorer. On est toujours en train de discuter pour voir si on ne peut pas aller plus loin. Mais de l'autre côté, il y a des choses que nous ne partageons pas du tout. Il y a d'abord cette réforme de l'OPJ qui est mise en place, la police judiciaire.
Et nous demandons, nous, de respecter la séparation entre la police nationale et la police judiciaire comme l'ensemble, d'ailleurs, des policiers qui le demandent. Et donc, cette réforme, elle se poursuit et nous ne la partageons pas. Nous demandons à revoir la politique de maintien de l'ordre qui n'a jamais été revue par ce gouvernement et qui est appliquée depuis maintenant plus de 5 ans. Et puis, ça c'est quelque chose qui me tient forcément à cœur, c'est de donner beaucoup plus de moyens d'enquête pour pouvoir lutter contre et la fraude fiscale et les trafics de drogue et d'armes.
Il y a besoin pour cela, pas seulement plus de bleu dans les quartiers, mais beaucoup plus de têtes dans les bureaux, sur le terrain pour s'attaquer aux têtes de réseau, aux trafiquants et de drogue, mais aussi aux cols blancs qui font beaucoup de mal aux finances de notre pays.
Fabien Roussel, vous venez d'appeler les salariés à réoccuper les ronds-points pour réclamer des hausses de salaire. Les gilets jaunes vous manquent ?
Ce n'est pas que les gilets jaunes me manquent. Je suis inquiet. Je suis inquiet parce que d'ici deux jours, les Français, les automobilistes vont voir que l'essence va augmenter de 20 centimes, 10 centimes tout de suite, 20 centimes, bref, 30 centimes bientôt qu'en total va aussi supprimer sa prime. Les Français découvriront que ce n'est pas à cause de la CGT qui occupe la raffinerie que l'essence va repasser à 2 euros. Je suis inquiet parce que le pouvoir d'achat de nos concitoyens est gravement attaqué.
J'entends aussi des locataires dans des logements, dans des HLM, qui voient des régules de charges de 400, 500 euros, j'en ai chez moi assaintement les autres, qui ne savent pas comment les payer. Et enfin, des chefs d'entreprise, des TPE, un boulanger chez moi que j'ai rencontré, qui va avoir une facture d'électricité qui va augmenter de 125%, mais qui va être en dessous du seuil pour lequel le gouvernement souhaite appliquer un bouclier tarifaire et qui ne sait pas comment il va faire. Nous parlons de tout ça avec le gouvernement. D'ailleurs, de ce cas-là, j'en ai parlé à Olivier Grégoire. Pour autant, pour l'instant, on ne voit pas le bout.
On ne voit pas le bout de la manière dont on va s'en sortir.
Et la solution pour vous doit revenir à un mouvement vide sur les ronds-points ?
Si le gouvernement n'entend pas que la cocotte est en train de bouillir, si le gouvernement n'entend pas qu'il y a besoin de prendre des mesures fortes visant à s'attaquer à la spéculation, pas continuer de faire des petits chèques parce que ça nous coûte un bras, mais de s'attaquer aux causes de la spéculation, eh bien oui, il faudra pousser, pousser par tous les bouts. Et s'il faut demain réoccuper les ronds-points pour dire stop, basta, il faut agir, eh bien, il faut le faire.
Et vous irez ? Mais bien sûr, mais comme j'y étais en 2018. Mais est-ce que ce n'est pas une façon de dire, Fabien Roussel, j'en appelle une forme de retour des Gilets jaunes parce qu'aujourd'hui, les manifestations ne prennent pas. Vous savez, moi j'en appelle... 30 000 personnes la semaine dernière à l'appel de la CGT dans toute la France.
D'abord, il y a besoin de montrer que nous nous battons et que nous sommes à côté de ceux qui ont du mal à payer leurs factures. Il faut montrer qu'il y a des propositions sur la table. J'ai déposé un texte de loi visant à indexer l'ensemble des salaires sur l'inflation. C'est la gauche qui l'a supprimé. Le gouvernement dit non. Nous, on dit oui.
Parce que création de spirale inflationniste dans ces cas-là.
Mais c'est pour ça que je fais ces propositions de mobilisation partout dans la rue, sur les ronds-points. On met des propositions sur la table. Le gouvernement dit non. Et donc, c'est fini. On rentre chez nous, affaires régler. Et pendant ce temps-là, on se fait saigner. Eh bien non. Si ça n'arrive pas à passer par l'Assemblée Nationale, il y a des lois que je souhaite rendre populaires et les faire gagner par la rue.
Vous allez dire, si ça n'arrive pas à passer par l'Assemblée Nationale, ça doit passer par ?
En les faisant gagner par la rue. Par la rue.
C'est un député qui dit ça.
Mais bien sûr. Quand on est face à un gouvernement qui vous aligne 10-49-3, comment vous voulez qu'il vous parle, le député ? On vote des amendements. Vous êtes impuissant aujourd'hui. On vote des amendements. Y compris des amendements transpartisans. Où la gauche et la droite les votent ensemble. Et le gouvernement vous met un 49-3, une guillotine à coup près. Et tout ça est balayé. Comment voulez-vous qu'on fasse ? Quels sont les autres moyens que nous avons pour faire vivre la démocratie dans ce pays ? Et alors forcément, à un moment donné, on appelle les salariés à se mobiliser.
Et j'en appelle, moi, à la solidarité ouvrière, à la solidarité des hommes et des femmes, quelle que soit leur classe sociale, mais qui aujourd'hui, dans le public comme dans le privé, n'arrivent plus à boucler leur fin de loi. Ce sont autant la classe ouvrière que les classes moyennes, qui voient le déclassement arriver, qui voient le sur-endettement arriver. Et donc, il faut qu'on s'y mette tous ensemble.
Vous dites qu'il y a des amendements communs entre la droite et la gauche. Bon, c'est assez rare. Il y a une proposition portée par la France Insoumise, celle de porter le SMIC à 1 600 euros. Marine Le Pen dit que c'est une trappe à bas salaire pour les classes moyennes, les classes modestes. En fait, les salaires vont se tasser à ce niveau-là. Donc, ce n'est pas une bonne idée.
Le Rassemblement National ne veut pas la hausse du SMIC. Le Rassemblement National ne veut pas l'indexation des salaires sur l'inflation. Pour les mêmes arguments que le gouvernement. Mardela l'a dit ce week-end. Pour les mêmes arguments que le gouvernement. Eh bien, moi, ici, je dénonce la nouvelle bande des quatre qui, aujourd'hui, est d'accord sur le fond à l'Assemblée Nationale et au Sénat. La nouvelle bande des quatre, c'est le Rassemblement National, Macron, Horizon avec Édouard Philippe, mais aussi les Républicains. Et on ne sait pas qui, Éric Ciotti, Pradié, etc.
Cette nouvelle bande des quatre, ce sont ces quatre parties de droite et d'extrême droite qui, aujourd'hui, sont d'accord pour ne pas augmenter les salaires, pour ne pas rétablir l'ISF, pour ne pas indexer les salaires sur l'inflation, pour ne pas mettre de coups de pouce au SMIC. Cette nouvelle bande des quatre, ils sont d'accord pour distribuer des primes, de l'intéressement et même des dividendes salariés. Ils ne veulent pas s'attaquer aux causes de la spéculation. Cette nouvelle bande des quatre, c'est elle qui est aujourd'hui en train de faire le plus de mal au monde du travail de notre pays.
Le dividende salarié, justement, Fabien Roussel, c'est une idée d'Emmanuel Macron dont on a encore un peu de mal à voir les contours. Ce que préconise l'exécutif, c'est à chaque fois qu'une entreprise verserait des dividendes à ses actionnaires, elle devrait aussi en verser à ses salariés. Est-ce que c'est une juste répartition du capital ?
Mais on est toujours sur des logiques libérales et cette nouvelle bande des quatre partis sont d'accord.
On n'est pas dans le partage de la valeur ?
Non, non, on n'est pas dans le partage de la valeur. Il y a différentes manières de partager la valeur, c'est-à-dire la richesse produite par les travailleurs et les investissements du capital. Mais il y a différentes manières de partager la valeur. Alors, les libéraux, eux, c'est ou la prime, ou l'intéressement, ou la participation, qui sont trois moyens différents. Le dividende salarié, là. De gros, on n'était pas le premier des libéraux. Ou différents, mais pour partager la valeur. Et il y a le salaire aussi. Le salaire.
Le salaire, c'est quand même le meilleur moyen garanti qui tombe tous les mois, qui est sûr, et en plus sur lequel sont assises des cotisations, qui est un salaire socialisé qui permet de financer les retraites, on va en parler, mais la santé, les accidents du travail, les allocations familiales, les primes, l'intéressement, les dividendes salariés. Mais il n'y a pas de cotisation dessus, Marc Fauvel, comment on va financer la Sécu avec tout ça ? Ils sont en train de basculer complètement le rapport capital-travail avec des primes, avec des dividendes. Mais ils vont nous rétablir le travail à la tâche avec les contrats d'auto-entrepreneurs.
Vous allez voir que les usines, les entreprises, demain, ils ne vont plus faire des CDI ni des CDD. Ils vont vous demander un statut d'auto-entrepreneur.
Très bien, Marc Fauvel va lancer le fil-info, si vous le permettez. Allez-y, je vous en prête, je vous en prête. Je vous en prête, je vous en prête, c'est une. Oui, non, pardon, c'était... Et on se retrouve dans un instant, Marie-Maheu.
Après l'attentat qui a fait au moins six morts hier à Istanbul, le ministre de l'Intérieur turc annonce que le poseur de bombes a été arrêté. Il pointe la responsabilité des Kurdes du PKK, le parti des travailleurs du Kurdistan, considéré comme organisation terroriste par Ankara. Volodymyr Zelensky accuse les Russes d'exaction à Kherson quelques jours après la reprise de la ville. Des corps de militaires et de civils ont été retrouvés. Il s'agit des mêmes atrocités que dans les autres régions où l'armée russe est passée, assure le président ukrainien. Les laboratoires de biologie sont en grève à partir d'aujourd'hui, contre le budget de la sécurité sociale.
Le gouvernement veut faire 250 millions d'euros d'économie. 95% des laboratoires garderont porte-close, sauf en cas d'urgence. Et puis faute de neige, la station de Val-Torins en Savoie repousse son ouverture. Ceux qui comptaient dévaler les pentes dès ce samedi vont devoir attendre une semaine de plus le 26 novembre.
Fabien Roussel, le député insoumis Adrien Caténin se prépare son retour à l'Assemblée nationale, deux mois après son départ pour avoir reconnu des violences conjugales. Est-ce que vous souhaitez qu'il revienne ? Est-ce que vous dites comme Jean-Luc Mélenchon, on va l'aider à ça ?
D'abord, je n'ai pas à m'exprimer là-dessus simplement parce que je ne suis pas membre du groupe de la France insoumise. Je peux vous dire quelle serait ma position au sein du groupe des députés communistes si une telle situation arrivait, ou au sein de ma famille politique, le Parti communiste français. Nous avons une commission féministe, nous avons une cellule qui travaille sur ces cas concrets. et ce que je sais, c'est qu'il y a une forte attente de leur part pour qu'il y ait des positions fermes prises par les responsables politiques.
Et en l'occurrence, pour notre part, si un tel cas devait se produire, mais nous ne proposerions pas à un député qui a avoué avoir giflé de pouvoir revenir et de faire comme si c'était oublié. D'abord, il y a une décision de justice, je crois, qui doit être rendue puisqu'il y a une enquête qui doit avoir lieu.
Suspendu, s'il était communiste, il serait suspendu pendant combien de temps ?
La différence avec d'autres cas, c'est qu'il a avoué, il l'a écrit, enfin vous imaginez...
Vous, vous l'aurez exclu du groupe ?
Moi, j'aurais... Si j'étais... En plus, je ne m'imagine pas dans cette situation. Il faudrait dire que si, j'avais mis une femme à femme. Enfin, c'est compliqué quand même. Mais je n'arriverais pas à revenir en politique. C'est à soi-même de se mettre en retrait, je pense. C'est un cas de conscience qu'on doit se poser. Et ensuite, les collègues dans le groupe... Mais je ne vois pas comment on peut, y compris, intervenir à l'Assemblée nationale où on est normalement en situation d'intervenir sur tous les sujets. Il aurait dû donc s'intervenir là-dessus, sur les violences sexuelles et sexistes, qui est un sujet qui est quand même important, dont on parle beaucoup, les féminicides, etc.
Mais on fait quoi ?
Vous l'avez dit à vos amis des Insoumis ?
Mais c'est à eux d'en parler. Peut-être que nous aurons l'occasion d'en parler. En tout cas, ce serait plutôt sain que l'on ait un échange là-dessus. Parce qu'effectivement, on va nous interroger. Et comme a été créé un intergroupe, nous sommes tous un petit peu liés, quand même.
S'il s'assoit à côté de vous dans quelques jours, Adrien Quatennas, vous oserez lui parler ou pas ?
Écoutez, on verra d'abord s'il revient d'ici quelques jours. Et je pense que c'est une situation qui est très délicate. Et je pense à toutes ces femmes, toutes ces associations qui se battent, et qui se battent justement pour ne pas minoriser les violences et les coups portés, sous-entendu, mais c'est dans un contexte où quand même les torts sont partagés, et c'est pas grave. C'est extrêmement grave. Et si c'est extrêmement grave, on ne peut pas minorer un tel geste.
Fabien Roussel, Cyril Hanouna disait pendant la campagne présidentielle que vous étiez son coup de cœur. Vous êtes allé plusieurs fois sur le plateau de Touche pas à mon poste. Est-ce que vous êtes prêt à y retourner aujourd'hui ?
En tout cas, quand j'ai vu l'extrait, je vais vous dire une chose. D'abord, quand j'ai vu l'extrait, Je ne regardais pas l'émission, j'ai découvert ça le lendemain. J'ai quand même été profondément choqué par les propos tenus par l'animateur, Cyril Hanouna, profondément choqué. Et d'ailleurs, je suis allé...
Il a insulté le député.
J'étais à Saint-Amand-les-Eaux, pour tout vous dire. J'étais à Saint-Amand-les-Eaux. Je suis passé dans deux, trois cafés pour dire bonjour. Et on m'en a parlé spontanément. Mais on m'en a parlé pour me dire, c'est honteux la manière dont Cyril Hanouna a parlé. Mais sous-entendu, pas parce que c'est un député. Parce qu'on ne parle comme ça à personne. À personne, on parle comme ça. Qu'on soit député, ouvrier, chroniqueur, chroniqueuse, salarié, qui que ce soit, on ne parle jamais comme ça. Alors, en plus, de la part d'un animateur, sur une heure de grande écoute, où tout le monde regarde, faut-il que cette émission soit interdite au moins de 18 ans ?
C'est la question que vous posez ?
Non, mais c'est pour que s'y tiennent de tels propos. Vous y retournerez, vous ? Je trouve plutôt sain que l'ARCOM soit saisie, pour qu'elle puisse se prononcer, l'organisme de régulation de l'audiovisuel. Je souhaite que l'on puisse, pour répondre à votre question, je souhaite que l'on puisse pouvoir aller dans ces émissions, pour pouvoir parler à un public qui, à cette heure-là, il y a quand même un public important, des téléspectateurs, et pouvoir leur parler. Moi, c'est pour ça que j'y suis déjà allé, dans cette émission. Je leur ai parlé d'évasion fiscale, je leur ai parlé de ces sujets qui me préoccupent. Louis Voyard a eu du mal à parler de Bolloré.
Et je souhaite que l'on puisse parler, y compris de l'actionnaire du groupe, s'il s'est passé quelque chose dans l'actualité. Enfin, quand même, si on ne peut pas dire, Bolloré a fait ci, ou Bernard Arnault. C'est le point qui a provoqué les insultes. Je sais. Donc, c'est pour ça qu'il faut pouvoir faire en sorte, et j'espère que l'ARCOM le dira, que quand on va dans une émission de ce type, eh bien, quand même, qu'on puisse tout se dire, et qu'on puisse se dire les choses
avec un minimum de respect. Je signale également, pour ceux qui nous suivent uniquement à la radio, ce matin, qui ne vous auraient pas vus, donc à l'image, Fabien Roussel, que vous avez une très belle moustache, ce matin, en soutien au Movember. C'est une opération pour mobiliser contre les cancers
qui touchent les cancers masculins, cancer des testicules et de la prostate. Il y a 8000 hommes qui meurent par an du cancer de la prostate, car ils le dépistent trop tard. Or, tous les ans, il y a une campagne de dépistage. C'est prise en charge par la sécurité sociale, cette belle sécurité sociale, financée par nos cotisations. Et c'est donc prise en charge, c'est gratuit. Prise de sang, test, etc. Il faut le faire. Si ce cancer est dépisté suffisamment tôt, eh bien, on est sauvé, parce que la médecine est merveilleuse, et nous faisons confiance à nos médecins. Alors, dépistez-vous, et cette moustache, elle est là pour le rappeler.
Et ce sera le mot de la fin. Merci Fabien Roussel, bonne journée à vous.
Fabien Roussel