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InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 6 juin 2016 9 minContradictoireActualité / polémiqueTravail & emploiÉconomie & entreprisesInstitutions & électionsSolidarités & famille

Jean-Pierre Raffarin

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 20 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 86 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:12OuverteRéponse directe

    Vous pensez que les Français ont le cœur ou la tête à la fête ?

  • 0:14OuverteRéponse directe

    Comment sentez-vous l'humeur du pays ?

  • 0:57RelanceRéponse partielle

    Si le pays est à fleur de peau aujourd'hui, c'est la faute du gouvernement actuel et de François Hollande ?

  • 1:30RelanceÉludée

    Est-ce que ce pays-là, qui dites-vous a besoin d'être apaisé, peut supporter d'être brutalisé par la purge libérale que nous promettent tous les prétendants de droite pour l'an prochain ?

  • 2:47FerméeRéponse directe

    Si vous augmentez la TVA pour financer de nouvelles baisses de cotisations patronales, si vous supprimez l'ISF, les 35 heures, le statut des fonctionnaires, si vous décidez la dégressivité des allocations chômage, le report de l'âge de la retraite et les suppressions de postes dans la fonction publique, vous dites que ça pourra être supporté par le pays et que c'est simplement une politique de l'offre.

  • 3:56OuverteRéponse directe

    La loi travail est arrivée au Sénat. Elle a été amendée en commission avec notamment un amendement qui est porté par les Républicains qui propose de supprimer la référence aux 35 heures comme durée légale du travail hebdomadaire.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:17Invité politiqueFait
    « Je pense qu'il y a beaucoup d'inquiétudes, il y a beaucoup de tristesse, et donc l'humeur n'est pas bonne. »
  • 0:21Invité politiqueFait
    « Je crois qu'il y a surtout des tensions, qu'au fond on crée beaucoup de tensions »
  • 0:39Invité politiqueFait
    « C'est assez étonnant de voir que les échecs de la gauche au pouvoir recréent l'extrême gauche. »
  • 0:50Invité politiqueFait
    « En fait M. Mitterrand, contrairement à M. Hollande, avait asphyxié l'extrême gauche. »
  • 1:05Invité politiqueFait
    « Les échecs en matière d'emploi sont évidemment responsables en grande partie d'une certaine forme de désespoir de certaines catégories de notre pays. »
  • 1:15Invité politiqueFait
    « Je pense aux agriculteurs, je pense à tous ceux qui sont dans le bâtiment. »
  • 3:49Invité politiqueChiffre
    « Quand le chômage augmente de 20% en France, il baisse de 10% en Europe. »
  • 4:52Invité politiquePromesse
    « Je pense par exemple à l'augmentation des seuils, par exemple à la détaxation des CDD »
  • 5:23Invité politiqueChiffre
    « On passe de 50 à 100. »
  • 6:42Invité politiqueFait
    « Il y a une rupture de confiance dans le passé entre lui et Alain Juppé. »
  • 8:10Invité politiquePromesse
    « je pense qu'une clarification serait en effet utile. Avant l'été, donc ? »

Temps de parole

  • Jean-Pierre Raffarin69 %
  • Présentateur31 %

4,5 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Le 7-9, Patrick Cohen, sur France Inter. Bonjour Jean-Pierre Raffarin. Bonjour M. Cohen, bonjour à tous. Titre du Parisien ce matin à propos de l'euro de football, va-t-on enfin pouvoir s'amuser ? Vous pensez que les Français ont le cœur ou la tête à la fête ? Comment sentez-vous l'humeur du pays ?

0:17
Jean-Pierre Raffarin

Je pense qu'il y a beaucoup d'inquiétudes, il y a beaucoup de tristesse, et donc l'humeur n'est pas bonne. Je crois qu'il y a surtout des tensions, qu'au fond on crée beaucoup de tensions, et je crois qu'il y a un grand besoin d'apaisement, de respect. Il faut, pour traiter un certain nombre de problèmes, de la fermeté, mais toujours avec du respect. Et aujourd'hui on a le sentiment que la CGT elle est entêtée, mais il n'y a pas de respect, que dans les tensions les discours politiques se crispent, on voit M. Mélenchon. C'est assez étonnant de voir que les échecs de la gauche au pouvoir recréent l'extrême gauche. En fait M. Mitterrand, contrairement à M.

Hollande, avait asphyxié l'extrême gauche. Et M. Hollande, par ses échecs, recrée l'extrême gauche.

0:57
Présentateur

Si le pays est à fleur de peau aujourd'hui, c'est la faute du gouvernement actuel et de François Hollande ?

1:02
Jean-Pierre Raffarin

Non, je pense que c'est un des acteurs majeurs. Les échecs en matière d'emploi sont évidemment responsables en grande partie d'une certaine forme de désespoir de certaines catégories de notre pays. Les catégories sociales très inquiètent. Je pense aux agriculteurs, je pense à tous ceux qui sont dans le bâtiment. Il y a beaucoup d'inquiétudes, mais bien sûr aussi il y a d'autres sujets. Les problèmes de sécurité, le problème de terrorisme, les tensions internationales. Et puis la météo qui ajoute tout cela, tout ça ne fait pas beaucoup de rayons de soleil, comme vous l'avez remarqué tout à l'heure.

1:30
Présentateur

Est-ce que ce pays-là, qui dites-vous a besoin d'être apaisé, peut supporter d'être brutalisé par la purge libérale que nous promettent tous les prétendants de droite pour l'an prochain ?

1:41
Jean-Pierre Raffarin

Vous y allez fort quand même, purge libérale.

1:44
Présentateur

Vous savez où j'ai trouvé le mot Jean-Pierre Afarou ? Dans la bouche de celui que vous connaissez bien, qui a longtemps été le porte-drapeau des libéraux français, Alain Madelin. Vous avez vu cette interview au point ? À propos des programmes de droite, il parle d'une caricature de libéralisme, du robin des bois à l'envers, prendre l'argent aux pauvres pour le donner aux riches.

2:02
Jean-Pierre Raffarin

Oui, j'avais lu ça aussi, mais ça c'est le caractère créatif d'Alain Madelin, qui naturellement est le propriétaire de l'idée libérale en France, et que quand cette idée se généralise, d'un seul coup il perd son exclusivité. Donc lui, il parle de purge.

Donc je pense que c'est une erreur, je crois qu'il y a une volonté, qui est aujourd'hui une volonté de bon sens, il s'agit de faire des économies, il s'agit de lever les contraintes, il s'agit de simplifier la vie des entreprises, il s'agit de se dire que s'il n'y a pas d'investisseurs, il n'y aura pas d'investissement, s'il n'y a pas d'investissement, il n'y aura pas d'emploi, s'il n'y a pas d'entrepreneurs, il n'y a pas d'entreprise, il n'y a pas d'emploi. Donc c'est une politique qui est proposée aujourd'hui par la droite et le centre, d'une manière générale, politique de soutien à ceux qui font l'emploi.

2:47
Présentateur

Si vous augmentez la TVA pour financer de nouvelles baisses de cotisations patronales, si vous supprimez l'ISF, les 35 heures, le statut des fonctionnaires, si vous décidez la dégressivité des allocations chômage, le report de l'âge de la retraite et les suppressions de postes dans la fonction publique, vous dites que ça pourra être supporté par le pays et que c'est simplement une politique de l'offre.

3:05
Jean-Pierre Raffarin

Vous voyez la TVA, ce qui est absurde aujourd'hui, c'est que les charges sociales, c'est-à-dire le financement de notre modèle social, ils pèsent sur l'emploi. Donc pour financer notre modèle social, on taxe l'emploi. Il vaut mieux taxer la consommation si on veut des emplois. Ça dépend quelle est la priorité du pays aujourd'hui. Est-ce que la priorité c'est l'emploi ? Avec le gouvernement socialiste, on n'a pas l'impression que la priorité c'est l'emploi. Nous nous disons, la priorité ça doit être l'emploi. Donc plutôt que de faire porter le financement de notre modèle social par l'emploi, faisons-le porter par la consommation. D'où la TVA.

Donc ce sont des orientations qui ont du sens et en fait qui ont du bon sens.

3:41
Présentateur

Et qui sont supportables par le pays.

3:42
Jean-Pierre Raffarin

Et qui sont évidemment supportables. Puisque c'est supporté en Allemagne, puisque c'est supporté partout dans les pays aujourd'hui, qui ont de meilleurs résultats. Quand le chômage augmente de 20% en France, il baisse de 10% en Europe. Il faut quand même qu'on s'interroge pourquoi ça marche d'ailleurs et pas chez nous.

3:56
Présentateur

La loi travail est arrivée au Sénat. Elle a été amendée en commission avec notamment un amendement qui est porté par les Républicains qui propose de supprimer la référence aux 35 heures comme durée légale du travail hebdomadaire. Le texte prévoit que la durée de référence est fixée par accord collectif de chaque branche ou entreprise. C'est ce qui préfigure le programme de la droite.

4:19
Jean-Pierre Raffarin

C'est ce qui sera sans doute débattu. On va avoir des primaires qui vont organiser le débat. Moi, j'étais par exemple sur ces primaires, j'étais assez hostile au début à cette idée. L'intérêt que je vois maintenant, c'est que le débat est lancé et que ça nous avait travaillé 6 mois plus tôt pour les propositions. Donc, il va y avoir des vrais échanges, par exemple, sur cette durée légale du travail. Par exemple, à partir de quand on déclenche les heures supplémentaires, qu'est-ce qu'on fait du contrat par rapport à la règle générale. Donc, je pense qu'il y a des vrais débats.

Et de ce point de vue-là, en effet, ce que nous votons actuellement au Sénat, ça préfigure un peu les consensus de nos propositions pour l'élection présidentielle. Je pense par exemple à l'augmentation des seuils, par exemple à la détaxation des CDD, parce que nous considérons aujourd'hui qu'il y a dans notre pays une politique qui n'est pas ouverte à ceux qui veulent entrer dans l'emploi. C'est une politique qui protège ceux qui ont un emploi plutôt que d'accueillir ceux qui n'en ont pas.

5:12
Présentateur

Et la référence, ce serait 39 heures, c'est ce qui est inscrit dans le programme d'Alain Juppé. Absolument. Ce serait la référence. sauf des accords d'entreprise. Et l'augmentation des seuils, en l'occurrence, c'est le doublement des seuils.

5:23
Jean-Pierre Raffarin

On passe de 50 à 100. Voilà, c'est le doublement des seuils qui a été voté au Sénat.

5:28
Présentateur

Est-ce que dans les programmes qui sont proposés aujourd'hui, est-ce qu'Alain Juppé, que vous soutenez, vous semble moins libéral ou moins brutal que les autres ?

5:39
Jean-Pierre Raffarin

Je pense que c'est en effet le plus tempéré. Il a ce côté, je crois, fondamentalement solide. La gravité de la situation appelle une forme de solidité. On ne sera pas du tout dans une campagne de marketing. Demain, tout est possible. Yes, we can. On sera vraiment dans une situation de gravité où il faut des gens assez solides, des gens sobres. Et je pense qu'Alain Juppé a cette orientation. C'est de la fermeté, mais du respect. Il ne faut pas de la fermeté et de la brutalité dans ce pays. On ne gouverne pas avec la brutalité. Je vois les tensions qui sont aujourd'hui générées. C'est, je crois, quelque chose qui bloque la société.

Et donc, il faut une forme d'autorité à la Juppé, mais en même temps, beaucoup de respect. C'est cet équilibre qui est bien fait, je crois, dans la personne, dans cette humanité Juppé.

6:22
Présentateur

Alain Juppé, moins brutal que les autres, dites-vous. Pourtant, c'est Nicolas Sarkozy que François Baroin a choisi. Comment qualifier cet attelage, Jean-Pierre Raffarin ? Désaccordé, complémentaire ?

6:35
Jean-Pierre Raffarin

Extrêmement complémentaire, en effet. Largement complémentaire. François Baroin est d'évidence quelqu'un de qualité. Il y a une rupture de confiance dans le passé entre lui et Alain Juppé. Donc, tout ceci a des conséquences. Et vous le comprenez, cet argument ? Je n'ai pas le même palmarès de confiance que lui. Moi, j'ai confiance en Alain Juppé. J'ai un engagement de sincérité vis-à-vis d'Alain Juppé. Donc, c'est une attitude qui est différente de celle de François Baroin qui, visiblement, a une rupture de confiance dans le passé avec Alain Juppé. Donc, ceci s'explique sans doute par cette histoire des deux personnalités.

Ça n'enlève rien aux qualités de François Baroin, mais ça montre, en effet, qu'il y a, dans le cas de Nicolas Sarkozy, une recherche assez large de la complémentarité.

7:22
Présentateur

Le mariage de la Carpe et du Baroin, comme le titrait un hebdomadaire ce week-end. Nicolas Sarkozy, en tout cas, sera candidat. François Baroin l'a dit de façon tout à fait claire. Je crois qu'il n'est chère à personne qu'il l'est déjà. Oui, mais est-ce qu'il doit éclaircir sa situation, se déclarer ouvertement et quitter la présidence du parti, comme l'a demandé explicitement Bernard Acquoyer il y a quelques jours ?

7:45
Jean-Pierre Raffarin

Je crois que plus les choses avancent, plus il apparaît très clairement qu'à l'occasion d'événements du parti, Nicolas Sarkozy fait des meetings, rencontre les militants et fait, en fait, une vraie campagne de terrain. Donc, je crois que tant que les primaires ne sont pas complètement stabilisées, il nous faut un exécutif à la tête du parti. Mais dès que les primaires vont être stabilisées, c'est-à-dire que les bureaux de vote sont arrêtés, ce qui ne va pas tarder maintenant, je pense qu'une clarification serait en effet utile. Avant l'été, donc ? Je pense qu'avant l'été, ce serait sans doute raisonnable qu'il y ait une prise en compte des réalités.

Et les réalités, c'est que Nicolas Sarkozy est en campagne. Et d'ailleurs, ça fait du bien au parti, ça stimule, et on est plutôt satisfait de cette situation, puisqu'on veut des primaires et que les primaires créent un large débat pour choisir. Le choix est ouvert.

8:34
Présentateur

Mais s'il ne le fait pas, il y aurait une rupture d'égalité entre candidats ?

8:36
Jean-Pierre Raffarin

Je pense qu'il y a un moment où il sera difficile de donner le sentiment qu'il n'est pas encore candidat tout en faisant campagne. Donc quand on fait campagne, c'est probablement qu'on est candidat. Et au frais du parti ?

8:47
Présentateur

Au frais du parti, puisqu'il est président.

8:49
Jean-Pierre Raffarin

Je crois qu'il y a des règles qui ont été définies, qui sont respectées.

8:53
Présentateur

Jean-Pierre Raffarin avec nous et vos questions d'auditeurs de France Inter. 01 45 24 7000 dans quelques minutes.