Jean-François Copé : "C'est une erreur historique" d'avoir supprimé des effectifs dans la police durant le mandat de Nicolas Sarkozy
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Les Jeux Olympiques, c'est une bonne ou une chose peut-être un peu moins bonne pour la France ?
- 3:24OuverteRéponse directe
Est-ce qu'un événement comme ça, Jean-François Copé, modifie votre manière de voir les choses ? Est-ce que ça vous rend plus écologique, peut-être, que vous ne l'avez été ?
- 6:21OuverteRéponse directe
La politique d'Anne Hidalgo, c'est de réduire la place de la voiture dans la ville. Vous ne la soutenez pas, là ?
- 9:13OuverteRéponse directe
Quelle est votre réaction à l'agression d'un militaire de l'opération Sentinelle ce matin ?
- 10:38OuverteRéponse partielle
C'est prévu d'embaucher des policiers, c'est prévu dans le prochain budget.
- 11:27OuverteRéponse directe
Vous y êtes favorable ?
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- 1:10Invité politiqueFait
« Ça fait 30 ans que les enveloppes de départ ne sont jamais respectées par les villes organisatrices. »
- 2:02Invité politiqueChiffre
« Pour fixer les idées, la ville de Tokyo a obtenu les Jeux olympiques 2020, il y a 5 ans de ça, avec un budget de 5 milliards, ils en sont déjà à 17 de dépense. »
- 10:10InvitéChiffre
« C'est 50 000 postes supplémentaires qu'il aurait fallu programmer pour ce quinquennat. »
- 10:43InvitéFait
« C'est une erreur historique. C'est une erreur, bien sûr. »
- 21:54InvitéFait
« C'est une faille du système dont certains profitent aujourd'hui et qu'il faut absolument corriger, bien sûr. »
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Jean-François Copé est notre invité ce matin sur France Info, Jean-Michel Apathy.
Bonjour Jean-François Copé.
Bonjour.
Réunion exceptionnelle cet après-midi à l'Elysée. Emmanuel Macron a convié tous les artisans de la candidature de Paris pour les Jeux Olympiques d'été en 2024, Anne Hidalgo, Tony Estanguet en tête à l'Elysée, et aussi ses prédécesseurs Nicolas Sarkozy et François Hollande. Tout le monde se retrouve donc cet après-midi.
Ce qui est très élégant de sa part d'ailleurs.
Voilà, c'est une photographie assez rare dans notre pays, où on a plutôt l'occasion de se diviser que de se rassembler. Les Jeux Olympiques, c'est une bonne ou une chose peut-être un peu moins bonne pour la France ?
C'est formidable. Il n'y a même pas de débat. J'ai bien lu qu'il y avait quelques grincheux. Mais c'est une aventure fantastique. Ça fait des années et des années que la France se bat pour avoir les JO. Je trouve en plus que le dossier est très solidement monté. Il a fait l'objet d'un esprit collectif. Et il me semble que sur le plan budgétaire, si chacun est rigoureux et tient bien les engagements, ça devrait être quelque chose de positif. C'est des investissements, c'est des emplois, une perspective vraiment formidable.
Ça fait 30 ans que les enveloppes de départ ne sont jamais respectées par les villes organisatrices. Donc c'est important de respecter ou pas une enveloppe comme ça. Ou est-ce que l'enjeu qui est véhiculé par cette manifestation mondiale, la première pratiquement au monde par l'impact qu'elle a, après tout justifie qu'on dépasse un budget ?
Ah non, il n'y a rien qui justifie qu'on dépasse un budget. 6 milliards de budget. Vous savez, moi j'ai une culture d'ex-ministre du budget, donc je pense qu'il faut être très rigoureux. Je pense simplement qu'il y a des bases qui peuvent permettre de l'espérer. Parce que 95% des sites sont déjà en place. Il faut bien sûr les moderniser, les adapter. Que d'autre part, le budget tel que nous l'avons vu, me semble être bien fondé. Il y a sur un budget total d'un peu plus de 6 milliards d'euros, une moitié pour l'investissement, une moitié pour le fonctionnement. On appelle le privé aux côtés du public. Je pense que ça peut tenir la route.
Pour fixer les idées, la ville de Tokyo a obtenu les Jeux olympiques 2020, il y a 5 ans de ça, avec un budget de 5 milliards, ils en sont déjà à 17 de dépense.
Oui, vous avez raison, mais je propose que le lendemain de cette annonce, on soit positif. Mais cela dit, on n'oublie pas le passé. On peut même s'en servir pour ne pas refaire les mêmes erreurs.
Ces Jeux olympiques seront parisiens et franciliens, toute la région. Et francilien. Le Grand Paris... La Seine-et-Marne accueille à Vers-sur-Marne un équipement important. J'allais vous demander si le maire de Meaux se réjouissait de ce projet global.
Mais bien sûr, d'autant que nous, nous sommes une ville très sportive à Meaux. Il y a notamment un pôle de gymnastique de niveau national que j'ai encouragé à constituer il y a quelques années. Nous avons, dans de nombreuses disciplines sportives, de quoi participer à ces Jeux.
Emmanuel Macron est à l'Élysée cet après-midi, tout juste de retour des Antilles françaises. L'Antilles françaises frappées par l'ouragan Irma. Cet événement climatique, ce drame climatique est appelé, selon certains, évidemment à se renouveler. On écoute Pascal Canfin, qui préside l'association WWF pour sa partie française. Il était notre invité vendredi dernier.
Depuis des années que les scientifiques nous alertent, c'est que nous n'en tenons pas compte au niveau où on devrait le faire. Malheureusement, ça va se multiplier, parce que tous les scientifiques le disent, ce genre de catastrophe va arriver de plus en plus fréquemment.
Est-ce qu'un événement comme ça, Jean-François Copé, modifie votre manière de voir les choses ? Est-ce que ça vous rend plus écologique, peut-être, que vous ne l'avez été ?
Moi, ça fait maintenant pas mal d'années que je fais partie de ceux qui ont compris le message 5 sur 5. Ce que dit Pascal Canfin est très juste. Je crois qu'il faut arrêter de partir sur des faux débats, des dénis de réalité. Qu'est-ce qu'il faut changer concrètement ? Mais tout, tout.
Pour fermer les centrales nucléaires ? Non, d'abord parce que c'est pas les centrales nucléaires
qui sont en première ligne par rapport aux dérèglements climatiques. Le vrai sujet aujourd'hui, c'est les émissions de CO2, c'est la manière dont on conçoit une politique énergétique et malheureusement, ça n'est pas qu'à l'échelle de la France ou de l'Europe. C'est le monde entier. Et on voit bien aussi que ça concerne des problèmes alimentaires, ça concerne des problèmes de comportement.
Oui, il y a un tsunami au Japon et on a...
En même temps, vous savez, je vais vous dire...
On a eu au début des années 2000, 1999, j'oublie son nom, une tempête terrible et une centrale nucléaire dans le Bordelais aurait pu être inondée.
Oui, enfin, d'accord. Si la question est celle du nucléaire, je pense qu'on abordera le problème que par une toute petite partie du sujet. Vous voyez bien que le dérèglement climatique aujourd'hui, c'est des décennies de comportements inconscients parce qu'en réalité, on n'avait pas suffisamment d'informations. Le problème, c'est que c'est à la fois chacun qui doit se mobiliser et en même temps un travail de toute la planète. C'est vrai que quand on a entendu les comportements de certains grands pays du monde, on est très inquiets.
Ce n'est pas un sujet que votre famille politique met en avant spontanément.
Je ne suis pas d'accord avec vous. Les choses ont beaucoup changé. Vous savez, je crois qu'il faut sortir de la caricature qui consiste à dire la gauche est écolo, la droite ne l'est pas. La vérité, c'est que c'est aussi absurde.
François Fillon, c'était un candidat à la présidentielle écologiste ?
Je ne sais plus. C'est déjà tellement loin, tout ça. Non, mais oui, c'est bien sûr. C'était il y a six mois. Mais oui, mais dites-moi, ce n'est pas six mois anodin. Les choses ont beaucoup changé. Non, mais restons juste une seconde sur le fond. Il me semble quand même que derrière tout cela, le débat ne peut plus être entre ceux qui sont adeptes du progrès et ceux qui sont adeptes de la préservation de la planète. Je pense que tout ça doit faire partie d'un tout. C'est un peu la philosophie que nous avions avec le Grenelle de l'environnement. Et je crois que c'est ça maintenant qu'il faut mettre en exergue.
Comment concilier le développement économique, le développement social et la qualité de notre environnement ?
La fin des monteurs thermiques sur les voitures, c'est une bonne chose du coup ?
Je pense que la question de la voiture est en première ligne. C'est en vérité, à partir de quand serons-nous capables d'avoir des voitures propres ? Et je crois que tout le monde est impatient de les voir arriver avec un dispositif qui fonctionne suffisamment pour qu'aujourd'hui, il n'y ait pas les dysfonctionnements qu'on connaît. Donc ça concerne le moteur thermique, ça concerne de manière plus générale d'ailleurs l'organisation des transports. Et là, pour le coup, les maires ont un rôle à jouer.
Moi, je vois bien à mots le travail que nous sommes en train de faire aujourd'hui pour essayer de faire en sorte que tout soit organisé, pas que la moitié, pour qu'il y ait de moins en moins de voitures. C'est le drame de Paris. La manière dont Mme Hidalgo a conçu les choses a étranglé l'agglomération.
Puisque la voiture est en première ligne, j'allais vous poser la question. La politique d'Anne Hidalgo, c'est de réduire la place de la voiture dans la ville. Vous ne la soutenez pas, là ?
Mais pourquoi je ne la soutiens pas ?
C'est la politique qui reprend ses droits.
Mais ne me dites pas ça. Non, franchement, je vous assure, je ne suis plus là-dessus. Il y a deux, trois choses qui se sont passées ces derniers mois. Alors, croyez-moi, je crois bien qu'on doit tous se demander ce qui est bon pour le pays.
Donc, réduire la place de la voiture dans la ville.
Je raisonne en responsable, enfin, pardon de vous le dire, en dirigeant public. On ne peut pas régler un problème par la brutalité. Il faut un plan d'ensemble. Le fait qu'elle ait bloqué brutalement les voies sur berge, alors que quand même la gauche est au pouvoir à Paris depuis longtemps, qu'elle n'ait pas anticipé le fait de dire la compensation, c'est un autre plan de circulation, voilà comment on organise le stationnement, voilà comment on organise l'accès des gens qui viennent de banlieues à porter leurs forces de travail à Paris, voilà comment on modernise les transports ferroviaires. C'est ça qui a tout bloqué.
Et c'est ça qui fait qu'aujourd'hui, paradoxalement, il y a plus de pollution à Paris compte tenu des embouteillages.
Vous restez avec nous, Jean-François Copé. Il est 8h40. Voici l'essentiel de l'info avec Edwige Koupès.
On vient de l'apprendre, un militaire de l'opération Sentinelle a été attaqué ce matin dans le métro à Paris par un homme armé d'un couteau. Pas de blessé, le soldat a pu se dégager et son assiette agresseur a été maîtrisé. C'est ce qu'indique la préfecture de police de Paris. La fermeté nouvelle du gouvernement vis-à-vis des évadés fiscaux. Il reste trois mois aux fraudeurs pour régulariser leur situation. Ensuite, cette conciliation prendra fin au 31 décembre. Gérald Darmanin, le ministre des Comptes publics, l'annonce ce matin dans Libération. Près de 8 milliards d'euros ont ainsi été recouvrés par le fisc en 4 ans.
Jean-Luc Mélenchon, plus que Philippe Martinez, pour 33% des Français, c'est le patron de la France insoumise qui incarne l'opposition à la réforme du Code du travail contre 13% seulement pour le leader de la CGT. La journée d'action lancée par le syndicat est d'ailleurs perçue comme un échec par près des deux tiers des personnes interrogées. C'est ce que nous montre un sondage au DOXA d'Ensu Consulting pour France Info et le Figaro. La réponse de la Corée du Nord aux dernières sanctions de l'ONU. Pyongyang a tiré un nouveau missile la nuit dernière au-dessus du Japon. L'ONU se réunit une nouvelle fois dans la soirée, le conseil de sécurité. 5-1, Nice sur sa lancée en Ligue Europa.
Vainqueur des Belges de Varegem pour son premier match de poule. Marseille assure l'essentiel, 1-0 contre les Turcs de Cognasport. Lyon cale de son côté à Chypre, un partout contre l'Apollon-Limasol.
Jean-François Copé est notre invité ce matin sur France Info. On l'a appris il y a quelques minutes, vous l'avez entendu à l'instant. Ce militaire de l'opération Sentinelle qui a été menacé, agressé par un homme. Il n'y a pas eu de blessé. Mais tout ça arrive au moment où on annonce que l'opération Sentinelle va être réaménagée. Quelle est votre réaction ?
Je pense que c'était nécessaire de réadapter le format de Sentinelle. Je pense que nous avons sur tous ces sujets besoin maintenant de tirer les leçons de ces dernières années. Parce qu'on commence à avoir du recul sur la lutte anti-terrorisme. Je pense pour ma part que même si beaucoup de choses sont faites et que ce serait absurde de critiquer pour critiquer. Je pense en revanche qu'on n'a pas encore suffisamment assumé ce qui pour moi est essentiel. C'est ce que veut dire un tournant sécuritaire. C'est-à-dire des effectifs supplémentaires.
Car la vérité, c'est que si dans un certain nombre de domaines de l'action publique, on devrait assumer de baisser les effectifs, autant je pense que dans le domaine de la sécurité, nous ne sommes pas au niveau de la menace.
C'est prévu d'embaucher des policiers, c'est prévu dans le prochain budget.
Oui, mais à mon sens... C'est pas assez ? Non, voilà. Vous savez, je pense qu'en réalité, tout confondu, c'est-à-dire policiers, gendarmes, militaires, magistrats, gardiens de prison, c'est 50 000 postes supplémentaires qu'il aurait fallu programmer pour ce quinquennat. C'est ce que je plaide. Et j'avais d'ailleurs l'année dernière financé cette proposition par des réductions d'effectifs dans d'autres domaines. C'est à mon sens la priorité absolue aujourd'hui que d'assurer à tous ceux qui habitent notre pays une sécurité digne de ce nom. Or aujourd'hui, la chaîne pénale et sécuritaire est affaiblie par ces insuffisances de moyens.
C'est une autre histoire, mais on vous a beaucoup reproché, pas à vous personnellement, d'avoir supprimé des policiers dans le quinquennat de Nicolas Sarkozy.
Je sais bien, oui, c'est une erreur historique. C'est une erreur, bien sûr.
Le projet de loi de transcription de l'état d'urgence dans le droit ordinaire que présente le ministre de l'Intérieur, vous le soutenez ?
Oui, je le soutiens. Je pense ensuite qu'il faut accepter l'idée que l'on s'adapte en permanence. C'est-à-dire qu'il ne faut pas craindre que sur un sujet comme celui-là, les dispositifs soient adaptables rapidement, y compris par voie législative. Et le tout en veillant à ce que l'Assemblée nationale soit en permanence associée et le Sénat, évidemment, à ces modifications.
Toujours au sujet des forces de l'ordre, le nouveau directeur général de la police nationale était l'invité de France Info ce matin. Il a défendu le projet de retour de la police de proximité. Alors, ça ne s'appelle plus comme ça, c'est la police de sécurité quotidienne. Vous y êtes favorable ?
C'est-à-dire, moi, compte tenu que le gouvernement fait beaucoup d'aller-retour depuis 15 ans sur ces sujets, moi, j'avais fait un choix à mot, qui est d'embaucher massivement des policiers municipaux armés, de mettre des caméras dans toute la ville, et nous avons obtenu des résultats spectaculaires sur la baisse de la délinquance. À mot, on a divisé par deux le nombre de crimes et délits pour mille habitants par rapport.
Donc, vive la police de proximité.
Donc, la police municipale, c'est pas une police de proximité. La police municipale, c'est une police, comme son nom l'indique, qui est... Oui, mais donc, normalement, elle est là pour faire un travail qui est en complémentarité de la police nationale. Si la police nationale remet des effectifs, alors, à ce moment-là, il faut qu'elle le fasse en tenant compte de la réalité du terrain, et en particulier, de continuer cette complémentarité avec les polices municipales. Et moi, je suis partisan qu'on aille beaucoup plus loin dans le développement des polices municipales.
Ensuite, police de proximité, il faut que la police nationale, elle ait les moyens de travailler, elle est dans un état de précarité, donc que personne ne veut voir. Des équipements qui manquent, des voitures qui ne marchent pas, des situations de vie dans les commissariats qui sont aberrantes, et qu'on ne peut pas continuer comme ça.
— Un sujet que vous n'avez pas envie de traiter, mais qui est dans votre actualité, puisque vous êtes toujours membre des Républicains, Jean-François Copé.
— Oui, ça, c'est sûr que je suis membre des Républicains.
— Vous allez voter les 10 et 17 décembre pour le nouveau président ?
— Je vais voter, oui. — Vous allez voter pour qui ? — Je ne sais pas. — Vous ne savez pas si vous allez voter ? — Non, parce qu'en fait, c'est pas vraiment une élection. Vous l'avez compris.
— Vous ne savez même pas si vous allez voter ?
— Non, parce qu'il n'y a pas d'enjeu.
— Si, il y a l'enjeu, il faut désigner un président.
— Oui, mais non, mais c'est fait. — C'est qui ? — Mais c'est Laurent Wauquiez. — Vous allez voter pour lui ? — Comme il n'y a pas d'enjeu, je ne sais pas si je vais voter. — Ah ben, non.
— Oui. — Non, mais c'est quand même la responsabilité politique. Elle vous oblige quand même à vous intéresser un peu à ça et à dire, voilà, ce que je vais faire. Sinon, c'est la négation même de la responsabilité, sinon.
— Ah ben alors, heureusement que je vous entends pour me demander ce que c'était que la responsabilité. — Voilà, elle est définie un peu le mot. — Je ne sais pas comment j'aurais fait. Non, mais ce que je veux simplement...
— On est un peu estomaqués parce que vous le dites ce matin quand même, Jean-François Collet. — On peut le dire comme ça.
— Mais bon, allez-y, allez-y. — Ne le soyez pas, il n'y a pas de quoi. Franchement, il n'y a pas de quoi. C'est bien éloigné des problèmes majeurs que nous avons à vivre aujourd'hui. Ce que je veux simplement dire, c'est qu'une élection, ça a du sens s'il y a un enjeu, s'il y a un débat politique, s'il y a un débat entre plusieurs lignes. Là, il n'y a pas de débat. Pour une raison très simple, c'est que nous n'avons pas, à mon grand regret, voulu faire ce débat.
C'est-à-dire que là où la logique eut voulu qu'après le désastre qu'a connu la droite française au mois de mai dernier, on ne commence pas par faire comme si rien ne s'était passé en procédant à une élection qui ne ressemble à rien, qu'on commence par un débat de fond. — Oui, mais les choses sont comme elles sont. — Oui, mais très bien. Donc du coup, j'en tire les conséquences. — Et donc vous n'allez pas voter du tout. — Donc j'en tire les conséquences. À partir du moment où il n'y a pas de débat sur le fond, qu'il n'y a pas d'enjeu sur la victoire évidente de Laurent Wauquiez, le problème de savoir si je vais voter ou pas, ou pour qui je vais voter, n'a aucun intérêt.
— Je ne dis pas que ça passionne les foules, mais quand même... — Ah, mais c'est même pas que ça... C'est que ça ne me passionne pas.
— Oui, mais si vous, ça ne vous passionne pas, vous êtes quand même membre de ce parti, vous en êtes les dirigeants.
— Bah oui, mais Jean-Michel Abadie, vous m'invitez. Vous vous demandez ce que j'en pense. Donc je vous le dis. Je vous dis quoi ? Je vous dis que ce qui...
— Vous voulez pas dire que... — Je vous dis que ce qui compte, ce qui... Non, laissez-moi vous dire. — Vous n'avez pas envie que Laurent Wauquiez devienne président, mais vous pouvez pas l'empêcher. C'est ça que vous voulez dire.
— Enfin, je sais pas, parce qu'après tout, le vrai sujet, il n'est même plus là. Le vrai sujet, c'est qu'à partir du moment où Laurent Wauquiez, sans aucun suspense, sera élu. Il n'y a aucun suspense. La question, c'est qu'est-ce qu'il en fera ? Parce que du coup, le vrai sujet, ça n'est pas sa victoire ou sa défaite, il va gagner. Le vrai sujet, c'est que va-t-il faire de notre parti ? Soit il le recroqueville, et dans ce cas, il faudra faire autrement. Ou au contraire, il comprend que, compte tenu que cette victoire n'a pas de signification politique, il faut donc vraiment élargir. Là, à ce moment-là, ça a du sens.
Et pour ce qui me concerne, c'est à ce moment-là que je participerai, quoi qu'il arrive, au débat. Vous voyez ? Donc c'est tout. Vous me disiez que vous étiez estomaqué. Je vous rends vos estomacs. Franchement, ça serait dommage de les perdre pour ça. Et ce que je veux simplement dire, c'est que le rendez-vous du mois de décembre, de cette élection, n'est pas un rendez-vous qui, de mon point de vue, est d'une importance majeure, compte tenu qu'il n'y a pas de débat.
Vous appelez les militants à ne pas aller voter ?
Oui, c'est ça. Vous ne pouvez pas banaliser le fait qu'une dirigeante d'un grand parti dise qu'il n'intéresse pas à l'élection.
Est-ce que j'étais le patron de ce mouvement ? Oui, bien sûr. Mais dites-moi, j'ai été effectivement le président de ce mouvement à un moment qui était totalement différent. C'était un moment où les débats existaient. Je vous rappelle que j'avais créé les mouvements, les sensibilités différentes. On avait cinq sensibilités différentes. C'était un parti qui était large, avec des centristes, des libéraux, des chrétiens démocrates, des gaullistes, des gens qui avaient des visions différentes sur l'Europe. Chacun pouvait alors s'exprimer. Et nous avons remporté, il faut bien le dire, la seule grande victoire électorale à cette époque depuis dix ans, qui était la vague bleue des municipales.
Donc, c'est vous dire combien, à cette époque, les choses vivaient. Aujourd'hui, tout ça est à Tône. On n'a tiré à ce stade aucune conséquence de notre désastreuse défaite du mois de mai. Donc, ces conséquences, il faudra les tirer un jour.
On peut considérer, d'une certaine manière, que vous êtes en congé des Républicains. Ce sera la leçon de ces passages sur l'interview.
Non, non, non, je ne peux pas vous laisser dire ça. Les mots ont un sens.
Si même vous ne votez pas pour votre président, ce n'est pas moi qui vais le faire.
Non, mais écoutez, attendez, attendez. Je suis désolé. Ce n'est pas le sujet. Je ne suis pas du tout en congé. Je vous dis simplement que, pour moi, le rendez-vous n'est pas celui de cette élection qui est en réalité factice, puisque les jeux sont faits. Le vrai sujet, c'est qu'est-ce qu'on fait de l'avenir de notre famille politique ? Et cela nécessite non pas une élection, mais un débat.
L'interview de Jean-François Copé se poursuit dans un instant. D'abord, 8h50. L'essentiel de l'info, Edwige Coupez.
L'ancienne formule du Levothyrox disponible à nouveau dans 15 jours. C'est ce qu'indique la ministre de la Santé chez nos confrères de France Inter. Agnès Buzyn précise aussi que les malades de la thyroïde auront accès à d'autres médicaments dans un mois. Plus de 9000 patients se plaignent d'effets secondaires graves. L'agression d'un militaire ce matin dans le métro à Paris par un homme armé d'un couteau. L'assaillant a été maîtrisé par le soldat lui-même qui n'est pas blessé, selon la ministre des Armées. Les fonctionnaires vont-ils se mettre en grève contre le gel du point d'indice ou encore la suppression de 120 000 postes ?
Une journée d'action est envisagée le 10 octobre, notamment par la FSU majoritaire. D'autres syndicats, eux, sont favorables à rejoindre le mouvement contre la réforme du Code du Travail. L'intersyndicale doit préciser sa position avant midi. Une nouvelle condamnation dans le clan Balkany, le bras droit du maire de Levallois, reconnu coupable de détournement de fonds publics. C'est une information de la cellule, l'investigation de France Info. Il est condamné à 12 mois de prison avec sursis et une forte amende dans une affaire d'emploi fictif. L'admifinale de la Coupe Davis, la France affronte la Serbie à partir de cet après-midi, mais sans ses meilleurs joueurs.
Novak Djokovic, notamment, est blessé. Premier simple, ce sera à partir de 13h avec Lucas Pouille.
Jean-François Copé, notre invité ce matin, Jean-Michel Apathy.
Le gouvernement l'a annoncé, cette semaine, il veut étendre à toutes les femmes la possibilité d'une procréation médicale assistée, la PMA. Bonne idée, Jean-François Copé, ou mauvaise idée ?
Bon, d'abord, il y a une première chose que je veux vraiment dire. Je souhaite de tout cœur qu'on ne replonge pas dans le cauchemar que nous avons vécu il y a quelques années avec la loi présentée à l'époque par Mme Taubira et qui a créé dans notre pays une fracture d'une violence extrême.
Excessive, parce qu'on ne peut pas dire trois ans après l'adoption de cette loi qu'on ait changé de civilisation. On est bien d'accord. On n'a pas changé grand-chose ?
On est bien d'accord.
Et la réforme était finalement sans doute une bonne réforme ?
En tout cas, il y a une chose.
Vous souhaitez sa disparition aujourd'hui ?
Mais certainement pas. Donc vous avez peut-être eu tort de manifester contre, alors ? J'ai écrit sur ce sujet un certain nombre de choses.
Mais vous y étiez dans les manifestations ?
J'ai écrit sur ce point que j'ai regretté que cela prenne un tour aussi violent et agressif.
Est-ce que vous avez regretté d'avoir participé à ces manifestations ?
J'ai expliqué pourquoi je l'avais fait. Je l'ai fait d'abord...
Est-ce que vous avez regretté après coup d'avoir participé à ces manifestations ? Je ne vous montre pas l'explication pour lesquelles vous avez fait.
Oui, mais il y avait une explication que je voudrais vous dire et qui explique que je ne peux pas complètement la regretter. C'est que la rue était préemptée par les troupes du Front National. Et que je considérais à cette époque qu'il était important que je sois au milieu des miens, même si j'avais des nuances que je n'exprimais pas et que j'exprime beaucoup plus librement aujourd'hui, compte tenu que je n'ai plus les fonctions de président de l'UMP. Alors la PMA ? Donc la PMA. Je pense qu'il faut voir la chose suivante.
La PMA aujourd'hui, elle est autorisée par la loi dans un contexte bien précis, fixé, qui concerne les couples hétérosexuels qui, pour des raisons médicales, se trouvent dans cette situation de ne pouvoir avoir d'enfant autrement. Bien. La question est de savoir, est-ce qu'on l'étend pour des couples qui ne sont pas dans cette situation ? Et des femmes ? Qui ne sont pas dans cette situation, pardon. Moi, je pense que sur ce sujet, il faut évoluer. Et donc, pour ma part, je ne m'y opposerai pas.
En revanche, je fais une différence très ferme et très claire par rapport à la GPA, la gestation pour autrui, dont le terme même montre bien que là, il s'agit de la marchandisation des corps, dans ce cas-là, de plus abjecte. Mais l'une des raisons pour laquelle, sur ce point, je vous dis mon avis favorable, c'est qu'en réalité, il faut sortir quand même de l'hypocrisie qui veut que ces pratiques, dans notre société, elles existent, mais qu'au lieu qu'elles se fassent en France, elles se font à l'étranger, dans des conditions qui ne sont pas encadrées.
Donc, plutôt favorable à la législation, on enregistre votre position.
Et pour ce qui me concerne, je ne participerai certainement pas à la polémique et je souhaite de tout cœur qu'elle n'ait pas lieu.
Nous avons volontairement mis...
Et qu'on respecte les points de vue des uns et des autres.
La question qui va suivre à cet endroit, parce que c'est une opposition de principe que nous attendons de votre part, le magazine Lyon Capital a révélé que Laurent Wauquiez bénéficiait depuis 13 ans d'un détachement du Conseil d'État, ce qui lui permet de cotiser à la retraite, dans le cadre de la fonction publique, une situation légale, tout le monde le reconnaît, mais pas morale, expliqué hier sur France Info, le président de l'association anticorruption, une association qui s'appelle Anticor, on l'écoute.
C'est une pratique que l'on connaît depuis longtemps, qui est effectivement assez choquante, et qui bénéficie aujourd'hui, surtout aux élus locaux. Donc on peut avoir, comme ça, plusieurs retraites sans aucune limitation. C'est une faille du système dont certains profitent aujourd'hui et qu'il faut absolument corriger, bien sûr.
Vous êtes choqué, vous aussi, par cette faille du système ? Il faudrait empêcher quelqu'un de continuer à cotiser à la fonction publique en tinité ?
Il y a une chose qui est sûre, c'est que je ne vois pas pourquoi on s'acharnerait plus sur Laurent Wauquiez que sur un autre. Je le dis d'autant plus que lui-même s'est acharné sur moi en bien des circonstances, et a donné beaucoup de leçons de morale aux autres. Mais là, je ne vois vraiment pas pourquoi ce serait lui qui serait la cible unique de cette situation. Si on doit supprimer le régime...
Les dirigeants politiques ont démissionné de la fonction publique. Valérie Pécresse ? Oui, oui. Nathalie Cossus-Comorisé ? Emmanuel Macron ? Oui, oui. Non, mais juste, mon point... Est-ce qu'il ne faut pas démissionner de la fonction publique comme on ne travaille plus ?
Pourquoi pas ? Mais ce que je veux dire, c'est qu'à ce moment-là, on le décide pour tout le monde. Je n'ai pas de sujet, mais il n'y a aucune raison de s'acharner plus sur Laurent que sur d'autres. Voilà, c'est tout ce que je dis.
Vous n'êtes pas choqué par la situation de Laurent Wauquiez ?
Mais je ne dis pas que je suis choqué. Je dis que toutes les situations ont du pour et du contre. Bon, donc encore une fois, d'accord, très bien, interdisons à l'ensemble des fonctionnaires qui rentrent en politique de rester fonctionnaires. Je n'ai pas de problème avec ça. Mais ce que je veux dire, c'est que ne ciblons pas un homme au motif qu'il est un peu plus en vue en ce moment. Voilà, c'est tout. Et je vous dis, je le dis d'autant plus de Laurent Wauquiez qui s'est déchaîné contre moi, en d'autres circonstances.
La question, c'est est-ce que la situation vous choque ou pas ? Quelqu'un qui a travaillé deux mois au Conseil d'État et qui a en bouché la retraite, celle-là, vous ne voulez pas y répondre précisément.
La question de principe, nous vivons dans... Sans oublier Laurent Wauquiez, la question de principe. Sur la question de principe, comme d'habitude, il y a du pour et du contre. C'est-à-dire qu'effectivement, on l'a fait pour permettre à un certain nombre de personnes, pas simplement de la haute fonction publique, de la fonction publique en général, de s'engager. Je suis plus choqué, si vous voulez, d'une situation dans laquelle vous avez des gens qui viennent du privé et qui ne peuvent pas faire de politique parce que sinon ils perdent leur emploi, que par l'inverse. Et donc l'idée selon laquelle on dirait, ah ben les fonctionnaires peuvent pas, je trouve ça un petit peu dommage.
Quelle est votre situation, vous, par rapport à la fonction publique ?
C'est une situation qui est un peu différente parce que moi je suis en fait avocat depuis une dizaine d'années en réalité. Donc je suis en disponibilité. Donc il n'y a pas de retraite.
Donc vous ne cotisez pas pour la retraite. Et on a bien entendu que vous disiez Laurent.
Vous avez raison, Bruce. C'est qu'il est une marque de sympathie. Il nous reste un peu moins d'une minute.
Non mais il n'y a pas d'antip... Enfin écoutez, vous savez, je comprends, mais... Non, excusez-moi. Il y a beaucoup de choses qui se sont passées depuis six mois quand même. En 30 secondes. Moi je ne peux pas avoir le même mental que celui qui n'aurait rien vu de ce qui s'est passé. Il y a quand même eu un cataclysme gigantesque dans la vie politique française. Il ne reste plus que 40 secondes. Dans la vie politique française. Et les français sont très très éloignés. Et ils ont bien raison de polémiques qui sont bien petites.
Même 30 secondes. Alors je me suis contenté de signaler que vous avez fait une tribune pour défendre les populations musulmanes en Birmanie qui sont victimes de ce que l'on peut presque appeler un génocide.
Absolument. Et je voudrais vraiment que l'opinion publique soit informée de ce qui se passe. C'est un massacre épouvantable qui touche une communauté de confession musulmane qui s'appelle les Rohingyas en Birmanie qui sont pourchassés. Et nous sommes en présence d'un crime humanitaire gravissime. Et j'ai écrit sur ce sujet sur ma page Facebook. J'aimerais qu'un peu partout on prenne conscience que le silence qui a été le nôtre face au massacre des chrétiens d'Orient nécessite aussi qu'on prenne conscience de ce qui se passe aujourd'hui en Birmanie.
Merci beaucoup Jean-François Copé. Merci Jean-Michel Apathy pour cette interview. Merci.
Jean-françois Cope