L’Interview Politique – Xavier Bertrand, président (Les Républicains) de la région Hauts-de-France, invité d’Adrien Gindre dans le 6/9
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8h30 sur LCI, l'invité ce matin c'est Xavier Bertrand, bonjour. Bonjour. Président Les Républicains de la région Hauts-de-France, on va parler avec vous. Transport, pouvoir d'achat, d'abord cette planification écologique présentée par le chef de l'État hier. Il dit vouloir une écologie à la française, il a annoncé que l'interdiction des chaudières à gaz était oubliée. En revanche, triplement de la production des pompes à chaleur d'ici 2027, est-ce que ça va dans le bon sens ?
Oui, je pensais même qu'on aurait un objectif plus ambitieux encore. Alors, certains spécialistes disent que d'ici 2030, il faudrait quasiment 10 millions de pompes à chaleur. C'est une direction dans laquelle on se retrouve parce que c'est celle qu'on suit dans la région des Hauts-de-France. Il y a notamment de très belles usines de production de pompes à chaleur parce qu'il ne faut pas reproduire les mêmes erreurs que pour le photovoltaïque. C'est-à-dire laisser l'étranger, les Chinois, développer leur production. Non seulement ce n'est pas bon pour le commerce extérieur, mais ce n'est pas bon non plus pour le bilan carbone de ce qui est transporté.
Donc nous, nous avons des usines que nous allons justement aider, co-financer leur développement et on se retrouve dans les directions. Mais est-ce qu'on peut s'arrêter un moment sur ce qui a été annoncé hier ? Vous venez de nous dire que c'était bien. Oui, mais vous n'allez pas imaginer quoi que ce soit. Je veux juste vous expliquer quand même le problème des décisions à la française. Les régions, par exemple, ou l'ensemble des collectivités, nous sommes dans la même logique. Nous, ça fait des années, à la région Hauts-de-France, que nous avons mis en place, Rêve 3, la troisième révolution industrielle.
C'était une idée de mes prédécesseurs qu'on a développée, amplifiée, rendue très concrète. Vous dites que les collectivités ne se sont entendues pas avec l'État ? Attendez, juste pour vous dire que ça fait des années qu'on est engagés là-dessus. Et on veut marier écologie et économie. Ce qu'on réussit à faire, c'est la même logique que l'écologie à la française qui a été expliquée hier. On a appris les décisions à la télévision. Imaginez, imaginez, si nous étions capables, en France, d'avoir l'État, les ministres, où nous nous voyions avant, pour avoir un plan concerté, ça donnerait quoi ? Plus d'efficacité. L'intérêt général décuplé. Et c'est ça qu'on n'arrive pas à faire.
Vous voyez, dans des pays comme l'Allemagne...
Je sais pas, un instant, il y a un ministre en charge de la transition écologique et de la cohésion des territoires, Christophe Béchut. Ça veut dire que, ce matin, vous nous expliquez qu'il ne fait pas son travail de transition écologique et cohésion des territoires.
Est-ce que je veux vous dire ? Est-ce qu'on veut être plus efficace ? Oui. C'est un débat qui dépasse les clivages politiques. On pourrait l'être en Allemagne, par exemple. Le chancelier, la chancelière, voit régulièrement les présidents des lenders, mais pour des vraies réunions de travail qui peuvent durer des heures et des heures. Si nous étions capables d'avoir cette même logique de travail en commun, on serait plus efficace. Vous ne voyez pas le président ni la première ministre pour parler de tout ça ? Ah, non. Non.
Et certainement pas pour des réunions de travail, qui sont des réunions de travail, de vraies réunions de travail, où on fait part des désaccords, où on trouve des accords, où avec des compromis, on se donne les moyens d'être efficace. C'est ça, aujourd'hui, qui manque. Et après, il y a aussi un autre aspect qui est, pour moi, très important, c'est que cette écologie, pour réussir l'écologie à la française, elle doit être une écologie populaire. C'est-à-dire que tout le monde puisse avoir accès à ce changement, sans oublier les classes moyennes.
Est-ce que ce n'est pas ce que fait le gouvernement ? Vous parliez des réunions, pour le coup, Elisabeth Borne en fait une aujourd'hui, avec les distributeurs, les producteurs de carburant, pour leur demander de vendre à prix coûtant. Vendre à prix coûtant, est-ce que ce n'est pas précisément préserver le pouvoir d'achat des plus modestes et des classes moyennes ?
Bon, attendez. Je voudrais avant tout juste finir sur la question de l'écologie à la française, qui est un sujet clé. Je reviens sur le carburant. Parce qu'en fait, la question, c'est comment est-ce qu'on fait la transition écologique ? Il y a plusieurs choses. Dans cette écologie à la française, il y a la méthode dont je vous ai parlé, on pourrait être plus efficace. Et après, il y a aussi la finalité. Nous allons faire beaucoup plus d'efforts pour être encore plus vertueux, plus efficaces, et c'est normal. D'accord ? Mais allons jusqu'au bout du raisonnement. Moi, ce que j'attends du président, c'est que ce débat, ce combat pour l'écologie, soit un combat international.
Nous sommes le pays des accords de Paris. Nous avons donc une mission. Et cette mission, c'est de tordre le bras aux pays qui, eux, ne respecteront pas les accords, qui ne respecteront pas la Chine et aux Etats-Unis, par exemple.
La Chine, aux Etats-Unis, la Russie, l'Inde. Mais Xavier Bertrand, comment la France, toute seule, tordre le bras à la Chine et aux Etats-Unis ? Emmanuel Macron, pour le coup, le fait sur la scène internationale. Il parle d'écologie, il parle de transition.
Si vous avez raison, mais c'est tout seul, on n'arrivera pas au même résultat, c'est avec l'Europe. Et nous avons un moyen de le faire. Ces pays-là continuent à produire n'importe comment, alors dans ces cas-là, leurs produits seront lourdement taxés quand ils arriveront en Europe.
On vous rapprochait beaucoup de choses d'Emmanuel Macron, Xavier Bertrand, mais pas de ne pas être pro-européen, il défend l'idée qu'il y a une voie européenne.
M. Ging, arrêtons cette logique. Tiens, le type, il est de l'opposition, il leur est critique matin, midi et soir. Je vous dis comment nous pourrions être plus efficaces. Et encore, vous nous dites ce que ne fait pas le chef de l'État. Nous avons un autre débat, c'est qu'il faudra peut-être aussi tordre le bras à nos amis allemands, qui eux pensent avant tout à leurs importations, leurs exportations dans ces pays-là, et qui ne veulent pas bouger. Si nous voulons vraiment avoir des résultats, pas pour notre génération, pour nos enfants, pour nos petits-enfants, il faut se battre. Et il faut se battre en imposant parfois des bras de fer. Je souhaite que la France soit à la pointe de ce combat.
Il dit par exemple sur les prix de l'électricité, en octobre je ferai des annonces, et il dit justement qu'on est sur des discussions nationales avec EDF, mais européennes aussi. La discussion sur le marché européen de l'électricité, elle a été faite avec nos partenaires, avec les Allemands.
Cela fait un an que nous demandons qu'il y ait justement une évolution de cette réglementation européenne. Voilà un an, je demandais aussi, est-ce que ce que les Allemands, enfin pardon, ce que les Espagnols, Portugais ont pu obtenir, est-ce que les Allemands blocs soient clairement levés ? Parce qu'autrement, à la fin de l'année, nous risquons d'avoir à la fois un problème de prix, un problème de disponibilité. Mais vous voyez, ce qu'il faut vivre aujourd'hui, c'est qu'il faut se battre en permanence, c'est vrai, pour défendre les intérêts de la France, les intérêts des Français.
Et cette écologie populaire, cette écologie aussi pour les jeunes générations, c'est un combat qui dépasse normalement les clivages.
Mais justement... On parle carburant ? Oui, parce que la question que vous posez, elle est très simple, c'est qui doit faire cet effort ? Est-ce que c'est à l'État seul ? Vous nous avez dit, il y a le combat européen. Est-ce que c'est aux industriels ? Parce qu'à un moment, quelqu'un va devoir payer, quelqu'un va devoir faire des économies, quelqu'un va devoir renier sur ses marges, ses taxes, etc. Je reprends donc l'exemple du carburant, tout à l'heure réunion en Matignon. Est-ce que vous, vous considérez comme le gouvernement que ce sont aux distributeurs de faire des efforts pour que le carburant soit moins cher ?
Le président de la République a dit, personne ne doit faire de marge. C'est ce qu'il a dit dimanche soir, sur votre antenne. Alors l'État non plus. Ce combat pour la baisse du prix des carburants, je le mène depuis des semaines. Qu'est-ce que je ne me suis pas pris dans la figure ? Y compris la part du chef de l'État dimanche soir. Oui. Que les présidents de région baissent leur taxe. Oui, toujours est-il qu'il a reconnu que ce combat était juste avec un premier pas. C'est le fameux chèque de 100 euros qu'il a décidé de faire. Voilà quelques semaines. Madame Borne, M. Le Maire, me disait que j'étais un inconscient, un irresponsable, et qu'il ne fallait rien faire.
Donc il y a déjà un premier pas, ce qui montre qu'on a toujours raison de se battre pour des causes justes. Vous devez bien avoir été entendus, pour le coup. En partie, pas suffisamment. Pourquoi ? Parce que le chèque qui a été annoncé, c'est un chèque qui devrait s'appliquer à partir du 1er janvier 2024. Bien ça ? Ça veut dire qu'octobre, novembre, décembre, l'État va continuer à encaisser plein pot des recettes fiscales supplémentaires. Ensuite, 100 euros, ça ne vous fait pas énormément pour toute l'année. Donc ça veut dire qu'il faudra certainement que cet effort-là soit prolongé si les prix du carburant restent plus hauts.
Je pense pour ma part qu'il y avait plus simple à faire, c'était une remise sur le prix du carburant, ce qui a déjà été fait. Et enfin, le dernier aspect... Ou il y a une baisse des taxes, quand vous dites une remise, ou il y a un effort du distributeur ? C'est tout simplement que l'on rende aux Français le surplus des taxes.
Et parce que vous pensez que l'État s'enrichit sur le dos des Français aujourd'hui ? Bien évidemment. Dans un pays qui a 3 000 milliards de dettes ?
Alors, l'inflation, M. Gindre, c'est un impôt en plus. C'est un impôt en plus qui appauvrit les Français et qui, c'est comme ça, enrichit l'État. L'inflation enrichit l'État. Parce que l'État a donc un surplus de taxes, de recettes et de recettes fiscales. L'État a aussi des coûts qui augmentent ? Pas les mêmes que les Français. En 2022, le surplus de TVA a représenté 15 milliards d'euros. Le surplus d'impôts sur les sociétés, ça doit être, je crois, 11 milliards d'euros. Le surplus d'impôts sur le revenu, 10 milliards d'euros. Et en 2023, c'est pareil, l'année n'est pas terminée.
Ce que je veux vous dire, c'est que quand les Français ont des difficultés, comme c'est le cas aujourd'hui, il faut que l'État prenne moins de taxes, en tout cas qu'il n'y ait pas de surplus.
Pas de cagnotte, pas de pactole. Mais Xavier, attends, l'État, c'est nous. L'État, l'argent, il ne le met pas de côté pour partir en vacances. L'État, il dépense, il investit, il dépense pour son fonctionnement, voire il rembourse sa dette éventuellement, parce que je rappelle quand même qu'elle est colossale. Alors il faut dire la vérité.
Il faut dire la vérité. Moi, ce que j'attends, c'est que le ministre de l'Économie et des Finances dise voilà, il y a un surplus de recettes fiscales. Nous avons décidé de les consacrer uniquement au désendettement. Il faut dire que les patrons sont les agences de notation. Ou alors, moi c'est mon choix, il y a une partie sur le désendettement et une partie pour accompagner les Français, pour justement leur permettre de préserver leur pouvoir d'achat, leur niveau de vie. C'est ça qui est important aujourd'hui. C'est une question de choix. Je sais compter, je dirige une région dans laquelle je dois faire des économies tous les jours, mais je suis aussi attentif à aider mes concitoyens.
Dans la région des Hauts-de-France, celui qui prend la voiture pour aller travailler, fait 20 kilomètres, il a une aide de 240 euros par an. Ce n'est pas beaucoup. Je n'ai pas les moyens de l'État, mais j'aide les Français, surtout dans ce moment difficile. Vous voyez, ce qu'il faut bien comprendre aujourd'hui, c'est que c'est mon rôle d'opposant, mais quand on joue la carte de l'intérêt général, on fait aussi des propositions. J'ai été en partie entendu pas suffisamment, je ne lâcherai pas ce combat.
Mais est-ce que vous, par exemple, en tant que président de région, vous pouvez faire encore davantage d'économies pour, par exemple, justement, permettre qu'on baisse la fiscalité sur les carburants ? C'est un peu ce que disait le chef de l'État dimanche soir. Il vous renvoyait la balle en disant « Chiche, en fait, responsabilité partagée, tout le monde prend de la fiscalité. » Est-ce que vous savez combien l'État encaisse
sur un litre à deux euros ? Beaucoup, beaucoup plus que vous. Non, un peu plus d'un euro. Et la région des Hauts-de-France ? Ça se compte en centimes. 1,8 centimes. Voilà. J'ai les moyens de l'État, j'ai la TVA de l'État, je fais tout de suite ce que je suis en train de vous dire. Alors après, il y a un point sur lequel...
C'est plus facile pour l'État que pour les régions.
Ils n'ont pas les mêmes moyens. Oui, mais les volumes sont beaucoup plus gros, ils ont beaucoup plus de dépenses. Mais vous savez quelle est la différence entre l'État et les collectivités locales ? C'est que nous, nous devons gérer, comme le font les Français, on n'a pas le droit de faire du déficit. On n'a pas le droit. Un budget doit être voté en équilibre. Et si le budget de l'État était voté, préparé, comme il est le budget des communes, qui bien souvent l'État fait la leçon, des départements et des régions, on n'en serait pas là avec un tel déficit. C'est la question du train. En l'occurrence, la RER métropolitaine.
700 millions annoncés par le président hier. 700 millions ? Alors il manque un zéro. Il reconnaît que le projet, c'est un coût à 10 milliards,
mais c'est un premier chec. Non, non, non. Quasiment 10 milliards par projet. On va être très précis pour celles et ceux qui nous écoutent. Il y a un projet de RER Haute-France. C'est un projet qui aujourd'hui nous est annoncé à 7 milliards d'euros, 7 milliards et demi, et qui finira dans 10-15 ans à 9 milliards d'euros. S'il y a 700 millions pour l'ensemble des 13 projets métropolitains, ça veut donc dire que dans les Hauts-de-France, il y a 55 millions d'euros. Je vais vous dire tout de suite. Ceux qui ont proposé ces chiffres, ceux qui ont donné ces chiffres au président de la République ne sont pas des gens sérieux. Ces chiffres, il ne les a pas trouvés lui-même.
Si c'est le ministre des Transports qui lui a donné ces chiffres, il n'est pas à la hauteur de ses responsabilités, le ministre des Transports. Ça, c'est pour Clément Brunson ? Oui, tout à fait. Parce que quand on nous dit 700 millions d'euros, tout le monde dit que c'est un chiffre important, ce chiffre-là, si ça n'est que cela, le RER Hauts-de-France ne se fera pas dans les Hauts-de-France. Mais ce n'est qu'un début que c'est du RER Trans, c'est 700 millions. Ce n'est pas pour solde de tout compte sur toute la durée du projet. Mais regardez ce que ça représente, c'est ridicule cette somme sur un projet. Moi, je veux qu'il se fasse ce projet.
J'ai notamment dans ma région le préfet qui aussi est très moteur, les élus locaux le sont. Mais à Paris, on se contente d'agiter des chiffres et de faire justement une opération rideau de fumée. Ceux qui ont donné ça au Président de la République ne sont pas des gens responsables. Vous demandez combien à l'État et combien vous mettrez vous-même sur ce projet ? Alors, sur ce projet, ce qu'il faut savoir, c'est que déjà, le fonctionnement de ces nouveaux RER, c'est la région plein pot qui les paiera. C'est-à-dire investir dans des nouveaux trains et financer ces trains parce qu'aujourd'hui, notamment les trains régionaux, nous payons, nous, 73% du prix du billet.
Donc, c'est nous qui allons payer. Mais sur l'investissement, si je n'ai pas l'État et l'Europe, nous ne pourrons pas réaliser cet investissement. Vous demandez est-ce que l'État et l'Europe financent l'intégralité de l'investissement ? Non, on peut très bien imaginer qu'ils financent 50%, 60%, 80%. Nous, nous payerons en plus le fonctionnement. Mais encore une fois, si c'est une volonté de l'État, il doit aussi mettre les moyens nécessaires. Et ça, ça se fait autour d'une discussion. Mais si, pour commencer, c'est 700 millions pour toute la France, ça ne pourra pas avoir le jour.
Vous parliez du ministre des Transports, Clément Beaune, il pousse aussi l'idée d'un passeraille à 49 euros qui doit permettre, donc c'est inspiré d'un exemple allemand, qui doit permettre de prendre les TER, les intercités, les transports locaux en illimité partout en France. Est-ce que ça, vous y êtes favorable ? Oui, je l'ai dit dès le départ.
Je l'ai dit dès le départ, mais là aussi, je dis chiche. Nous prendrons, nous, une partie du financement. L'État devra aussi prendre une partie du financement et s'assurer aussi que ce soit sur tout le territoire. Tiens, prenez notamment les Hauts-de-France. On met en place ce pass, par exemple, à 49 euros. Si la région Île-de-France n'est pas aidée par l'État et qu'elle ne le fait pas, le passeraille, il va être un peu court. Donc, vous voyez, si vous voulez que ce soit sur tout le territoire, là, c'est la responsabilité de l'État d'organiser les choses sur tout le territoire. Encore une fois, je ne suis pas du genre à dire, ah non, surtout pas.
Je dis oui, mais regardons concrètement les meilleures chances d'aboutir.
Si je comprends bien, il y a un congrès des régions de France qui va se tenir à Saint-Malo. Vous allez vous y voir en milieu de semaine, mercredi et jeudi. La première mise, d'ailleurs, doit venir. Le message, ce sera, donnez-nous plus d'argent et écoutez-nous plus.
Faites-nous confiance, tout simplement. Travaillons en confiance. On n'a pas forcément les mêmes idées, mais que ce soit au moment de la crise Covid, que ce soit pour la réindustrialisation. Je suis la région de la transformation industrielle avec les batteries électriques. Quand les planètes sont alignées, quand tout le monde bosse ensemble, honnêtement, il y a du bon travail qui se fait. Mais on voit bien qu'ils nous regardent un petit peu en chien de faillance. L'État ne nous fait pas suffisamment confiance et c'est dommage.
Moi, d'ailleurs, je plaide pour qu'on ait une nouvelle répartition des rôles dans notre pays, que l'État s'occupe bien, mieux, de sécurité, de justice, de lutte contre l'immigration clandestine, de la préparation de l'avenir, mais pour le reste, qu'on fasse confiance dans les territoires. C'est ça, la vérité, de ce qui nous permettra d'être actifs dans un quinquennat qui, aujourd'hui, nous donne le sentiment qu'on est en train de prendre beaucoup de retard et où les problèmes des Français ne sont pas réglés, mais les problèmes des Français s'aggravent. Du retard sur quoi ?
Sur le pouvoir d'achat, sur l'écologie, je veux dire.
Sur le pouvoir d'achat, sur le niveau de vie, avec aussi un autre sentiment qui est beaucoup plus grave, sur la reconnaissance de la valeur travail. Vous voyez, vous avez parlé tout à l'heure des 100 euros. Les 100 euros vont s'adresser à celles et ceux qui gagnent au maximum le SMIC ou 5% de plus que le SMIC, qui seront les oubliés ? Les classes moyennes. Les classes moyennes qui ont le sentiment que parce qu'elles travaillent, elles ne sont pas aidées, ce qui est vrai, pas partout. Moi, vous voyez, même si ça me coûte, dans la région des Hauts-de-France, la prime de rentrée scolaire pour les lycéens, elle est versée quels que soient les revenus des parents parce qu'ils ont des frais.
L'aide au transport dont je vous ai parlé, elle est versée jusqu'à 2 800 euros net par mois, les classes moyennes encore. Et nous payons 90% du permis à des jeunes qui vont vers l'emploi, même quand les parents font partie de ces classes moyennes. On n'a aujourd'hui pas le droit d'oublier les classes moyennes qui portent le pays mais qui sont toujours les éternels oubliés en matière d'aide. Mais encore une fois, on peut en parler, j'essaye d'agir avec mon équipe régionale pour apporter des réponses.
On a beaucoup parlé de ce que l'État pourrait faire en plus. Le fait est que même si lui, il s'endette, il doit quand même trouver des ressources et des recettes dans le budget qui vient et qui sera présenté demain. Qu'est-ce que vous attendez soit en termes d'économie soit en termes de nouvelles recettes ? Par exemple, il y a la taxation des surprofits des autoroutes et des aéroports qui a été posée par Bruno Le Maire. Il y a la question des franchises médicales. Est-ce qu'il faut les augmenter ou pas ? Quel levier, vous considérez qu'il faut activer pour faire rentrer de l'argent dans les caisses ? Déjà,
pardonnez-moi, c'est demain qu'on y verra clair et qu'on verra si c'est un bon budget pour la France et les Français ou un mauvais budget. La question des franchises, je sais à quel moment ça a été mis en place, ça remonte maintenant à 16 ans. Si on augmente les franchises, c'est un impôt, pas se raconter d'histoire. Si les Français payent plus de leur poche, ça revient à un impôt qui ne dirait pas son nom. Je crois que... C'est tabou. Pardon ? C'est tabou de se dire qu'il faille des efforts en précie. J'attends de voir exactement ce qu'il y a dedans. J'ai entendu que certains allaient dire qu'ils allaient voter le budget alors même qu'on ne sait pas ce qu'il y a dedans.
J'attends justement pour voir. Et si c'est un mauvais budget, je n'hésiterai pas, pour ma part, à dire à mes amis, et je le dirai publiquement, qu'il ne faut pas voter ce budget. Quel est le problème depuis quelques années ? Y compris aller jusqu'à la censure ? Pardon ? Y compris aller jusqu'au déployé ? On va attendre de voir ce qu'il y a de ce budget mais en ce qui me concerne, je dis que c'est un mauvais budget pour les Français. Il n'est pas question de laisser passer cela. On va jusqu'au bout du raisonnement. Le vrai problème, je l'ai dit tout à l'heure, c'est que les collectivités locales, par exemple, ont dû faire des économies depuis des années.
Nous, à la région des Hauts-de-France, plus de 200 millions d'euros d'économies. Ça veut dire savoir dire non. Être juste, mais savoir dire non. On a le sentiment que l'État ne dit jamais non, qu'on continue à dépenser comme si de rien n'était. Et derrière, alors même que l'inflation procure des recettes supplémentaires à l'État, je pose une question. Où passe l'argent ? Où passe l'argent ? Il y en a de plus en plus. Quelle réponse vous y apportez ? Où passe cet argent ? C'est tout un travail qui doit être fait en totale transparence, que je fais notamment avec mon mouvement Nous France pour apporter des solutions.
Vous avez des taxes, des impôts qui sont parmi les plus importants et on a un système de santé dont les soignants s'en vont et pour lequel la confiance n'est plus au rendez-vous pour beaucoup de patients. C'est de l'or que nous avons avec notre système de santé.
C'est une organisation pour vous ?
Ce n'est pas seulement une question d'organisation, c'est aussi une question de priorité. Regardez la question de l'éducation, regardez nos différents services publics, ce qui tient les Français. Donc la question c'est où passe l'argent et il y a des domaines dans lesquels clairement il faut pouvoir économiser. Je vous l'ai dit tout à l'heure, si l'État était sur ses priorités à lui et qu'il ne soit pas partout et parfois si mal,
nous n'aurions pas telles difficultés. Vous parliez à l'instant du budget, vous dites on verra demain, effectivement on aura la présentation par le gouvernement dans le détail demain. En revanche, il y a déjà un texte qui est sur la table, c'est la loi de programmation des finances publiques qui fait ses prévisions jusqu'à 2027. Ça conditionne, si on écoute le gouvernement, à la fois le versement des dettes européennes et l'image de la France sur les marchés, donc la capacité à se financer. Est-ce que là, vous dites que les Républicains, vos amis les Républicains doivent aller jusqu'au vote contre ? Écoutez, vous prenez,
on aura cité les quotidiens. Oui, allez-y. Les quotidiens, les échos, très sérieux, qui dit aujourd'hui que les chiffres qui sont annoncés ne sont pas très réalistes. Donc la première des choses, si vous voulez parler de budget, il faut qu'il y ait une sincérité. Que cette sincérité soit établie. Je pense que les débats Assemblée nationale et Sénat vont pouvoir clairement montrer que ce qui est aujourd'hui mis sur le papier ne correspond pas à la réalité de demain. Donc aujourd'hui, si vous étiez vous parlementaire, vous vous diriez contre ce texte ? Écoutez, s'il n'est pas sincère, ah oui, je voterai contre ce texte.
Vous savez, on est à un moment donné, les Français font de moins en moins confiance à la politique. Ce n'est pas qu'ils n'aiment plus la politique. Ils n'aiment pas la façon dont aujourd'hui on fait de la politique. Où on a le sentiment que l'effet d'annonce remplace les résultats. Où on a le sentiment que toute polémique vaut mieux que l'action concrète pour nos concitoyens. Mais eux s'en rendent compte, un grand discours, des effets d'annonce, ça ne change pas leur vie. Et ils sont confrontés à aux mêmes difficultés, les Français. Si vous voulez commencer à tenter de rétablir la confiance, il faut jouer la transparence et dire la vérité.
Et les Français seront juges. La transparence, c'est ce qui me concerne, Xavier Bertrand. Est-ce que c'est de nous dire que vous parlez ce matin en tant que président de région, point, ou en tant que président les Républicains d'une région ? Est-ce qu'aujourd'hui vous vous sentez engagé, comptable, de ce que deviendra ou de ce que devient LR ?
Écoutez, je suis adhérent de LR. Je suis survenu après la primaire que j'ai brillamment remportée à l'époque. On ne s'en souvient. Moi le premier. Mais en tout état de cause, je garde ma liberté. Et la façon dont je travaille justement pour trouver des solutions, par exemple la raison pour laquelle je suis venu sur le carburant, c'est avec une partie de ce Tour de France que je n'ai pas interrompu pendant cet été. J'ai vu les gens me parler de cette question du pouvoir d'achat, du niveau de vie, de ces classes moyennes éternellement oubliées pour les bourses et autres. C'est avec nous, France, que je fais ce travail, bien évidemment.
Et j'ai bien sûr cette responsabilité première qui est de, pas de faire vivre seulement, de transformer une région de 6 millions d'habitants. On n'est pas là seulement dans une décennie de transformation pour gérer. On doit aussi transformer. Quand il y aura 20 000 emplois directs avec les batteries électriques dans la région, c'est une région qui va voir revivre son industrie. Le canal Sénor Europe, 15 000 emplois, c'est des nouvelles voies de communication plus écologiques. Je crois profondément à cela.
Merci beaucoup, Xavier Bertrand, d'avoir été sur LCI ce matin. Dans un instant, c'était Elisabeth Martich ou le temps de l'info. D'abord, la météo dans Genoux. D'abord, le temps de l'info.
C'est parti. D'abord, le temps de l'info. C'est parti. C'est parti.
Xavier Bertrand