Véronique Louwagie, l'experte du Budget de la droite
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Bonjour Véronique Louwagie.
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Vous siégez à l'Assemblée depuis 2012 sous les couleurs du groupe Les Républicains.
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Ce n'est pas un peu vexant pour vous, après plus de dix ans, qu'on vous qualifie de révélation ?
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Et d'une institution comme celle de l'Assemblée nationale aussi ?
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Et en gros, il y a les barons de la droite, trustaient les places, occupaient la première ligne.
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Alors ce terme de révélation employé par le Figaro, il peut surprendre.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« Non, pas du tout. Je crois qu'on peut exister sans pour autant faire la une des médias. »
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« Effectivement, je suis une passionnée des chiffres, puisque c'est mon métier, expert comptable. »
- 1:40Invité politiqueFait
« Oui, c'était ça, parce qu'il y avait, je dirais, une certaine envie, en tout cas de certaine fierté, d'être à la Commission des Finances, un certain prestige. »
- 2:53Invité politiqueFait
« Olivier Marlex m'a associée pour tout ce qui concernait les finances, et m'a laissée, finalement, un petit peu maître pour discuter sur le premier projet de loi de finances rectificatif, qui concernait le pouvoir d'achat. »
- 4:39Invité politiqueFait
« Non, je crois que ce n'est pas un échec personnel. »
- 5:05Invité politiqueFait
« Je ne renonce aucunement à mes convictions, parce que c'est important, je les porte de manière très forte. »
- 5:22Invité politiqueFait
« Non, ça n'a pas fonctionné, nous en sortons affaiblis. »
- 6:27Invité politiqueFait
« Je pense que j'ai un peu le sens de la perfection, en tout cas le sens de l'engagement. »
- 6:56Invité politiqueFait
« Pour moi, c'est quelque chose de fort. »
- 7:20Invité politiqueFait
« Vous savez, quand on est expert comptable, on est quand même proche des chiffres. »
- 7:42Invité politiqueFait
« Et véritablement, les finances publiques, c'est la déclinaison de toutes les politiques publiques qui parlent au quotidien aux Français. »
- 8:31Invité politiqueFait
« J'ai été effectivement conseillère municipale sur un mandat qui a duré 6 ans. »
- 8:44Invité politiqueChiffre
« J'ai eu 3 enfants en 3 ans. »
- 9:31Invité politiqueFait
« Effectivement, on a fait un petit conseil de famille avec mon époux et mes trois enfants. »
- 10:38Invité politiqueFait
« J'ai voulu effectivement faire en sorte que ce fossé qui existe entre les citoyens et le député ou les élus, d'une manière générale, qu'on fasse en sorte qu'ils soient moins importants. »
Temps de parole
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Elle aime manier les chiffres, éplucher les projets de loi de finances, mais avec le temps, la technicienne est devenue plus politique, au point de s'imposer aujourd'hui comme une figure incontournable de la droite à l'Assemblée. Bonjour Véronique Louvagie. Bonjour. Alors vous siégez à l'Assemblée depuis 2012 maintenant sous les couleurs du groupe Les Républicains, et il a fallu attendre votre troisième mandat pour que le Figaro vous consacre un article avec, pour titre, Véronique Louvagie, révélation de la droite à l'Assemblée. Ce n'est pas un peu vexant pour vous, après plus de dix ans, qu'on vous qualifie de révélation ?
Non, pas du tout. Je crois qu'on peut exister sans pour autant faire la une des médias. Effectivement, je suis une passionnée des chiffres, puisque c'est mon métier, expert comptable. J'aime aller au bout des choses, et je pense qu'on prend du temps aussi à comprendre les mécaniques des finances publiques, à comprendre les mécaniques d'un projet de loi de finances, d'un budget de l'État. Et je crois qu'aujourd'hui, je les comprends bien.
Et d'une institution comme celle de l'Assemblée nationale aussi ?
Oui, tout à fait. Parce que moi, j'ai voulu en 2012 faire partie de la Commission des Finances, aussitôt quand je suis arrivée ici, et je n'ai pas pu immédiatement, parce qu'en 2012, parmi les députés de la droite, il y avait tous les anciens ministres, un grand nombre d'anciens ministres, et finalement, l'accès à la Commission des Finances leur a été réservé. Donc j'ai dû attendre un petit peu pour accéder à la Commission des Finances.
Et en gros, il y a les barons de la droite, trustaient les places, occupaient la première ligne.
Vous avez dû... Oui, c'était ça, parce qu'il y avait, je dirais, une certaine envie, en tout cas de certaine fierté, d'être à la Commission des Finances, un certain prestige. Et j'ai dû attendre 2014, où là, François Baroin, qui faisait partie de la Commission des Finances, est parti au Sénat. Et donc là, il y a eu une place, et hop, comme je suivais ça, comme le lait sur le feu, j'ai pu accéder à la Commission des Finances.
Alors ce terme de révélation employé par le Figaro, il peut surprendre. Et en même temps, dans cette assemblée sans majorité absolue, vous avez pris une dimension nouvelle, que ce soit sur la remise sur les prix du carburant, au début de la législature, ou sur la réforme des retraites, c'est vous, avec Olivier Marlex, qui êtes allé discuter, négocier, en tout cas, à Matignon, avec Elisabeth Borne, ou à Bercy, avec Bruno Le Maire. C'est un nouveau rôle ? Ce sont de nouvelles responsabilités qui vous ont plu ?
Oui, effectivement, sur les deux mandats précédents, la situation était complètement différente. Là, nous nous retrouvons avec un paysage politique particulier à l'Assemblée nationale, et donc le gouvernement essaie de discuter avec un certain nombre de groupes, dont le groupe Les Républicains, et Olivier Marlex m'a associée pour tout ce qui concernait les finances, et m'a laissée, finalement, un petit peu maître pour discuter sur le premier projet de loi de finances rectificatif, qui concernait le pouvoir d'achat.
Et je me suis trouvée à discuter, donc, avec la Première Ministre en premier lieu, et ensuite avec Bruno Le Maire, lors du débat, lors de l'examen de ces textes, c'est vrai que c'était assez inédit, à la fois dans la forme, parce que nous ne connaissions pas, et puis, moi, me retrouver ici, je dirais, c'était un peu particulier.
Mais ça vous a plu ? Vous avez pris du plaisir à vous retrouver comme ça, en première ligne, au cœur du pouvoir, un peu ?
Dire que j'ai retrouvé du plaisir à être en première ligne, non, mais j'ai trouvé beaucoup de satisfaction à pouvoir être active, finalement, et à pouvoir, je dirais, avoir les mains dans le cambouis, être proche pour discuter, être le relais de mon groupe, et j'ai essayé de le faire au mieux. Et je me souviens que, quand un jour, le ministre m'a demandé de le retrouver à l'Assemblée nationale, en m'indiquant, nous nous retrouvons au bureau des ministres à l'Assemblée nationale. J'ignorais...
Un bureau des ministres à l'Assemblée ?
J'ignorais, après dix ans de présence ici, qu'il y avait un bureau des ministres à l'Assemblée, c'est dire que ça n'était pas du tout habituel. Et vous l'avez trouvé, ce bureau ? Oui, j'ai demandé à Olivier Marlex où était ce bureau, et c'est lui qui me l'a indiqué, parce que, finalement, il n'y avait que les députés qui étaient là au moment où ils appartenaient à la majorité, donc pas beaucoup à droite, qui connaissaient l'existence de ce bureau des ministres ou des personnes qui étaient un peu plus proches, je dirais, de la manne politique et de l'organisation.
Sur les retraites, vous avez trouvé un compromis avec le gouvernement, sauf qu'une partie des députés LR a quand même refusé de voter cette réforme, alors que vous étiez engagée auprès d'Elisabeth Borne, vous aviez un peu donné votre parole au nom du groupe Les Républicains. Vous l'avez vécu comme un échec personnel, ça ?
Non, je crois que ce n'est pas un échec personnel. Nous avons, en fait, une nouvelle méthode à construire au niveau de l'Assemblée nationale, et nous apprenons. Je crois que l'exécutif aussi, le gouvernement apprend, et nous, les groupes de l'opposition, nous apprenons. Moi, je veux construire. Nous avons ici cinq ans, le pays a besoin de nous. Il faut que nous puissions avancer. Donc, je ne renonce aucunement à mes convictions, parce que c'est important, je les porte de manière très forte, mais je crois que quand quelque chose est bien, il faut pouvoir avancer. Alors, il faut que nous tirons des enseignements de nos erreurs, de nos échecs, parce qu'il faut reconnaître que nous sortons...
Sur ce sujet, ça n'a pas fonctionné. Non, ça n'a pas fonctionné, nous en sortons affaiblis, et donc il faut rebondir, mais il faut tirer des forces de ces échecs. Et je crois que c'est ce que nous essayons de faire aujourd'hui avec Olivier Maralex et Éric Ciotti.
Alors, vous êtes l'une des députés les plus assidus dans l'hémicycle. J'ai lu qu'à plusieurs reprises, vous vous êtes retrouvée à siéger toute seule sur les bancs de la droite, au point que vos adversaires ont rebaptisé votre groupe LR du nom de vos initiales VL, pour Véronique Louvégie. C'est vrai, ça ?
Oui, c'est vrai, parce que l'examen d'un projet de loi de finances, c'est quelque chose qui dure assez longtemps.
On vous voit, sur cette image, vous êtes toute seule.
Oui, vous avez des séances qui commencent le lundi à 16h et qui se terminent quelquefois le samedi ou le dimanche. Donc, effectivement, je me suis retrouvée quelquefois seule. Et donc, voilà, un petit peu par sourire, par rire, les députés des autres groupes m'ont appelée le groupe VL.
Et qu'est-ce qui vous fait tenir comme ça, dans des séances de nuit, parfois jusqu'à une heure du matin, à défendre des amendements qui ne sont d'ailleurs pas forcément les vôtres, mais ceux de vos collègues du groupe LR ? Alors, il y a des amendements qui, pour la plupart, sont rejetés.
Je pense que j'ai un peu le sens de la perfection, en tout cas le sens de l'engagement. C'est-à-dire que quand je m'engage, et là, je me suis engagée au nom du groupe des députés Les Républicains sur cette question du projet de loi de finances. Et donc, je vais jusqu'au bout. En tout cas, je suis revenue plusieurs fois, les dimanches notamment, pour être l'orateur du groupe Les Républicains au moment des discussions générales sur les motions de censure. En tout cas, je suis très attachée à ça, parce que j'ai une valeur très importante sur la notion d'engagement. Pour moi, c'est quelque chose de fort.
Alors, vous faites partie du petit club des spécialistes des finances publiques à l'Assemblée. Vous avez même été élue vice-présidente de la Commission des Finances. En général, les finances publiques, ça ne fait pas forcément révéler les députés. C'est souvent jugé très technique, un peu rébarbatif. Qu'est-ce qui vous plaît dans cette matière ? C'est votre passé d'expert comptable qui vous a attiré vers ça ?
Vous savez, quand on est expert comptable, on est quand même proche des chiffres. On aime les chiffres, sinon, je pense que ce serait une catastrophe. Voilà, donc on a une attirance. J'ai beaucoup appris aussi avec Gilles Carrez, à partir de 2014, j'ai beaucoup aimé l'homme. Ancien président de la Commission des Finances. Oui, tout à fait, un spécialiste des finances publiques. Et véritablement, les finances publiques, c'est la déclinaison de toutes les politiques publiques qui parlent au quotidien, aux Français, donc sur la question de la santé, de l'éducation nationale, du logement.
Et je pense qu'au travers, les chiffres, derrière, je dirais, il y a des orientations, des prismes qui concernent tous les Français. Et moi, je veux modifier, je veux améliorer un certain nombre de points qui concernent la vie des Français. Finalement, c'est mon objectif. Et d'où cette importance des comptes publics.
Alors, votre premier engagement politique, il remonte à 1983. Vous aviez 22 ans à l'époque, je crois. Vous avez été élue conseillère municipale d'un petit village dans l'Eure. C'est là où vous habitiez à l'époque. On vous voit d'ailleurs en photo, là, de cette époque, dans une course de sac. C'est la jeune conseillère municipale. Sauf qu'ensuite, plus rien jusqu'aux années 2000. Pourquoi ?
Alors, j'ai été effectivement conseillère municipale sur un mandat qui a duré 6 ans. Et ensuite, je me suis trouvée, enfin, juste avant de finir ce mandat, j'ai eu 2 enfants. J'attendais un troisième. J'ai eu 3 enfants en 3 ans. Et je me suis engagée aussi dans une activité d'expert comptable, où j'ai créé mon cabinet d'expertise comptable. Donc, j'avais beaucoup d'engagements à la fois familiaux, à la fois professionnels. Et ayant déménagé, je n'avais plus aucun attrait dans cette commune, où j'avais été élue. Donc, du coup, je me suis retrouvée, je dirais, et à m'occuper de mes enfants, et à m'occuper de mon cabinet d'expertise comptable, où j'y ai passé beaucoup de temps.
J'y ai trouvé beaucoup de plaisir et je me suis beaucoup engagée aussi.
Et alors, la politique est revenue dans votre vie et tout s'est accéléré pour vous. À partir de 2010, en 3 ans, vous avez été élue conseillère régionale, conseillère départementale, puis députée en 2012. Pour ce qui est des législatives, vous y êtes allée contre l'avis de vos enfants et de votre mari. Oui, c'est vrai. Ils ne voulaient pas.
Effectivement, on a fait un petit conseil de famille avec mon époux et mes trois enfants. Et tous les quatre m'ont dit « Non, il ne faut pas que tu y ailles, c'est trop ». Et donc, je les ai laissés parler. Ça a duré une petite heure. Et à la fin, je leur ai dit « J'irai ».
Vous y êtes allée. Donc, vous avez été élue. Vous en êtes donc, je le disais aujourd'hui, à votre troisième mandat. Et alors, vous dites que le plus dur, ce n'est pas la première élection, c'est la deuxième.
Oui. Pourquoi ? Alors, la première élection, vous n'êtes pas élue, je dirais, sur un bilan. Vous bénéficiez, je dirais, de la méconnaissance, oui, de votre personne. Et donc, on peut faire confiance. La deuxième, vous êtes élue sur un bilan, sur un passé, avec quelquefois des prises de position qui ne correspondent pas forcément à ce qu'attendent les citoyens. Donc, je dirais que c'est beaucoup plus difficile parce que vous n'avez plus le bénéfice du doute. Et je crois que là, je le dis d'ailleurs à tous mes collègues, la deuxième élection, pour moi, c'est la plus difficile.
Localement, vous avez mis en place un dispositif assez original de démocratie participative. Vous appelez ça les conseils de circonscription. Ça fonctionne comment ? Expliquez-nous.
Alors, j'ai voulu effectivement faire en sorte que ce fossé qui existe entre les citoyens et le député ou les élus, d'une manière générale, qu'on fasse en sorte qu'ils soient moins importants. Et donc, je suis créé un groupe avec 70 personnes. Donc, je fais des appels à candidature. Des personnes ont répondu. Nous avons ensuite fait une sélection. Je fais une sélection en fonction notamment des âges pour avoir autant de femmes que d'hommes, de répartition aussi sur la circonscription de profil. Et ces personnes se réunissent régulièrement en conseil de circonscription avec une déclinaison en commission. Il y a six commissions, économie, santé, etc.
Et vous les faites travailler sur des sujets comme ça ? Voilà. Là, nous avons travaillé sur la fin de vie.
Et ils votent ?
Pas toujours. Mais sur le dernier conseil de circonscription, je leur ai fait voter.
Et alors, ces votes, vous en faites quoi après ?
Ça vous engage ? Ça ne m'engage pas parce que je suis libre de mes convictions. Mais en revanche, ça m'alimente. Et je crois que c'est très important en tout cas que nous, nous ayons un point de discernement du terrain, des remontées du terrain. Je crois que ça, c'est fort.
Alors, on va passer à notre quiz à présent. Vous allez devoir compléter les phrases que je vais vous proposer. D'accord. C'est parti. À ceux qui disent que je pourrais rallier Emmanuel Macron. Pas possible. Pas possible. Parce que votre nom circule parfois comme ça. Oui. Mais laissez les noms circuler. La meilleure blague entre experts comptables.
Alors, vous savez, les experts comptables, on est assez sérieux. On est basé un peu sur le réel puisque finalement, on constate la réalité à travers des bilans à compte de résultats. Et souvent, on se dit à quoi servent les économistes. Et notre blague, c'est de dire qu'heureusement qu'ils sont là pour que nous puissions rire d'eux.
Parce que les économistes
partent dans des théories loin de la réalité. Les comptables, nous ne sommes pas forcément des gens très drôles en général. Nous ne sommes pas perçus comme ça.
Quand je ne serai plus député, je pourrais enfin
pouponner auprès de mes petits-enfants. J'ai 10 petits-enfants et ce sera un vrai bonheur.
Et là, c'est compliqué avec votre engagement.
Oui, oui, oui. Mais vous savez que je le disais à mes collègues députés, je leur disais faites comme moi. Ayez 10 petits-enfants, il n'y aura plus de problème de réforme des retraites.
On équilibre le métier. Merci beaucoup Véronique Louvagi d'être venue dans La Politique et moi.
Merci à vous. Merci. Merci.
Véronique Louwagie